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 Florence AUBENAS

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lucarne



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MessageSujet: Florence AUBENAS   Jeu 17 Juin 2010 - 12:10

Ce n'est pas vraiment de la littérature et le livre n'est pas un chef d'œuvre, mais son contenu est passionnant d'un point de vue humain.




Avez-vous déjà porté attention à la personne qui nettoie votre lieu de travail ? Votre lieu de vacances ?

Pendant six mois, de février à juillet 2009, Florence Aubenas s'installe à Caen, dans une petite chambre meublée. Munie de son seul baccalauréat, elle cherche du travail, pointant au Pôle Emploi. Embauchée comme femme de ménage, cumulant les contrats précaires, elle plonge dans un autre monde. Un monde où le travail est rare et les nuits brèves, l'exploitation maximale.

Comment vit-on avec moins de 700 euros par mois ? Que trouve-t-on comme travail, quand on est une quadragénaire sans qualification ? Un retraité à la pension insuffisante ? Un jeune qui sort de l'école ? Une mère de famille ? Non pas un contrat, mais "des heures" de travail (qui n'atteignent jamais 35 heures), des boulots de femmes de ménage qui vous ravagent le corps ("en un quart d'heure, mes genoux ont doublé de volume, mes bras sont dévorés de fourmis..."). Des petits chefs qui redoublent d'exigence, allongeant votre temps de travail au-delà de ce qui sera payé. Plusieurs employeurs, différents lieux de travail, des horaires infernaux, tôt le matin, tard le soir, souvent week-ends et jours fériés, alors que vous êtes entièrement dépendant des transports en commun. Et impensable de refuser la moindre proposition !

Entre colère et résignation, chacun lutte pour sa survie, au jour le jour. De cette précarité totale, la journaliste rend remarquablement compte dans ce livre émouvant.


Morceaux choisis...

Je repère une nouvelle annonce.
- À Caen, vous participerez à une tournée événementielle d'envergure nationale. Urgent.
Je téléphone et - incroyable - la ligne n'est pas occupée. L'homme qui décroche se présente comme le "manager'" Il m'explique que la tournée événementielle consiste à distribuer des échantillons de déodorant dans une rue piétonne du centre-ville, un samedi après-midi. "Vous avez plus de vingt-cinq ans ? Alors pourquoi vous me faites perdre mon temps ? Vous savez bien que c'est un mauvais point pour ce genre de job. Et à quoi vous ressemblez ? Blonde ? Rousse ? Quel style ? Glamour ? Rockeuse ? Je vous préviens, j'ai une pile de candidatures devant moi : au deuxième mauvais point, je raccroche."

Nous calculons ensemble comment faire pour arriver à l'heure. Depuis Caen, le trajet prend une demi-heure. Pour attraper le car qui nous conduit au ferry, il faut être à 21 heures sur le port. Autrement dit, nous avons à peu près une heure de déplacement et d'attente dans chaque sens. Comme seul le temps passé à bord est payé, on prend deux heures pour en gagner une. Le visage de Marilou ne reflète aucune contrariété. Je lui demande : "Tu penses que c'est trop de temps gâché pour le salaire qu'on touche ?" Elle ne comprend pas. D'où je sors pour ne pas savoir que c'est normal ? Pour le boulot du matin, elle a trois heures de trajet.

Je monte dans le Tracteur [une vieille voiture qu'on lui a prêtée], péniblement. Il ne démarre plus. (...) J'ai tout à coup conscience de la fragilité de mon organisation, l'impression d'être à la merci de tout et de tout le monde. Il faudrait que je trouve autre chose, au cas où, tout d'un coup, un détail ferait écrouler l'ensemble. On m'a parlé d'une agence d'intérim pour les cas difficiles. Ça me paraît tout à fait approprié à la situation.

Dans le ménage, les employeurs n'aiment pas embaucher au-delà de 20 heures hebdomadaires. Je l'ai souvent entendu dire. "Les femmes [notez que la notion de parité s'est évaporée] sont plus rentables à 20 heures qu'à 40 dans le ménage. Il ne faut pas leur donner plus. De toute manière, elles n'y arrivent pas physiquement.'"Avec le salaire, c'est un peu pareil. Pour les métiers de la propreté, une convention collective fixe le taux horaire légèrement au-dessus du Smic, une dizaine de centimes en plus. Rares sont ceux qui l'appliquent, lorsqu'ils passent une annonce officielle par Pôle Emploi, organisme d'État. J'ai souvent demandé aux conseillers pourquoi ils ne faisaient pas respecter la loi. À un stage - mais lequel, je ne sais plus -, une conseillère m'a dit ne rien y pouvoir. L'autre jour encore, un patron l'a appelée : "Je mets l'heure au Smic, je me fous de vos accords de branche. Et faites comme je vous le dis, sinon je mets mon annonce ailleurs." La conseillère est allée voir son directeur, qui s'est mis à se désespérer de la chute des offres depuis la crise et des problèmes avec le ministère si les chiffres continuaient de s'effondrer. "Ne commencez pas à décourager les employeurs, agissez comme ils vous le demandent, ne les contredisez pas. Les offres ne sont pas faites selon vos désirs à vous, mais selon les leurs." De toute façon, il n'y a pas de contrôle pour les employeurs, simplement pour les employés.

M. Nardon [un gros employeur de la région dans le domaine du nettoyage, a pris le micro : "Bon sang de bonsoir, on vit une époque où on a du mal à faire confiance. On s'emballe pour quelqu'un, et puis au bout de six mois on est déçu. Je viens d'embaucher une fille, elle est formidable. J'y crois. Eh bien, si ça se trouve, elle va être enceinte avant la fin de l'année. (...) Un emploi, c'est un échange. Il faut se sortir les doigts du nez et s'y mettre."

Quand les gens du ménage parlent de cette quête du travail, tous disent la même chose. Le pire, c'est cette première fois, ou plutôt toutes ces premières fois, se lever dans la ville endormie, rouler la nuit vers des endroits inconnus en se demandant où on va tomber. Ce serait exagérer de parler de peur, un pincement plutôt, qui vient s'ajouter à ce fond de fatigue, impossible à résorber. On tient aux nerfs et à l'espoir, celui d'arriver enfin quelque part, mais le but paraît toujours plus lointain.

Elle abat le travail rapidement, en mouvement réglés, sûrs. J'ai du mal à la suivre et je compense par une agitation trépidante. L'aspirateur dans une main, dans l'autre des chiffons imbibés qui dégoulinent, je cours dans tous les sens. Le soleil est déjà haut, embrasant les bureaux où arrivent les premiers salariés. Ils se renfrognent en voyant que le ménage n'est pas terminé. Certains s'installent ostensiblement alors que nous sommes toujours dans la pièce, déplaçant les objets, comme si nous les avions mal rangés. (...) Les portes claquent. Des yeux pleins de réprobation nous suivent à travers le couloir.
"Plus vite", me souffle Marguerite. Elle n'arrête pas de regarder sa montre. Il reste les toilettes à faire, je m'y précipite. Ça y est, 8h55, on a fini. Nous courons vers le local ranger le matériel. (...) Pour la rejoindre, je manœuvre brusquement le charriot. Le seau rempli d'eau sale tangue. (...) En silence, je le vois glisser lentement sur le sol brillant. (...) Je dis : "Excuse-moi, c'est ma faute. Vas-y, tu es pressée. Je vais m'en occuper." À genoux dans le hall, au milieu des salariés qui débarquent en masse, je mets une heure à tout éponger. Je ne me souviens plus d'avoir vu partir Marguerite.

Elle doit penser sans cesse à ses convocations à l'agence, surtout la nuit. Elles sont obligatoires une fois par mois, toute la journée y passe, elle le sait, il faut venir de Dives pour être reçue vingt minutes à Pôle Emploi - et parfois même dix, comme la dernière fois. Dans un bureau ouvert à tout vent, un conseiller qui soupire d'autant plus qu'il ne lui proposera rien. Et pendant ce temps, sur toutes les chaînes, elle entend les politiques expliquer que les chiffres du chômage ne sont pas si mauvais. C'est à devenir fou. Elle a hâte d'être rentrée à Dives, cela lui semble désormais la seule chose vraiment importante : retrouver l'appartement, les enfants, la terre ferme, comme si le reste du monde n'avait aucune consistance. Et qu'importe, après tout, qu'elle soit radiée de Pôle Emploi.
La dernière fois, on l'avait convoquée à une réunion spéciale d'information. (...) Arrivée là-bas, il avait fallu une fois de plus raconter sa vie devant toute l'assemblée, énumérer la somme de fatalités qui avaient conduit chacun d'eux à se retrouver au chômage. Comme si elle n'y pensait pas assez comme ça !
Puis, rien ne s'était passé. Il était apparu assez vite que Pôle Emploi n'avait, en réalité, rien à annoncer à cette réunion.
Dans le groupe, certains avaient protesté. (...) Un conseiller avait fini par leur expliquer les "consignes" qui leur étaient données, ici comme ailleurs, et depuis longtemps : les chiffres du chômage doivent s'améliorer, quoi qu'il arrive. Cette réunion était un des moyens. On convoque une catégorie de chômeurs, cadres, Rmistes, peu importe. Une partie ne viendra pas, et sans justificatif, c'est statistique. Ils seront radiés. "Ce n'est pas grave", avait tempéré le conseiller. Ils peuvent se réinscrire après, s'ils veulent, mais cela permet de faire chuter les chiffres, même pour quelques jours. Le conseiller, qui s'était mis à parler à regret, avait tout déballé, les petites combines pour masquer les chiffres, les contrats pour les collectivités avec des abattements de charge, les formules bidon pour les jeunes, ou les aides au temps partiel qui poussent l'employeur à embaucher deux mi-temps plutôt qu'un plein temps. Il disait qu'il regrettait, (...) c'était le système qui voulait ça.

(...) Elle se penche vers le conseiller, et c'est déjà, pour elle, un gros effort de demander calmement :
- Pourquoi est-on obligé de venir à une convocation tous les mois ?
- C'est une obligation fixée par l'administration (...).
- Pour vous aussi c'est une obligation de nous convoquer ?
- Oui, si nous ne recevons pas les gens en temps et en heure, une alerte se déclenche sur nos ordinateurs. Nous aussi, nous sommes sanctionnés. Les primes sautent, la notation chute..
(...) Dans certaines agences, chaque conseiller a parfois plus de 180 demandeurs dans son portefeuille, quand il devrait en compter 60. La région a plus de 4 000 dossiers en retard. Personne n'arrive plus à tenir ce rythme. La chômeuse de Dives se penche à nouveau vers l'homme du guichet et dit : "Je suis désolée pour vous. Bon courage."

Des consultants sont venus de Paris afin d'organiser une "aide psychologique" pour le personnels des agences (Pôle Emploi). Les conseillers ont été convoqués, comme eux-mêmes convoquent les demandeurs d'emploi. Ils doivent parler de leurs "problèmes" à tour de rôle devant tout le monde, comme eux-mêmes font parler les autres. On leur a expliqué ce qu'ils expliquent eux-mêmes : "Apprenez à faire le deuil de l'emploi que vous aviez. Vous ne pourrez pas influencer la situation ou agir contre le projet politique. Il vaut mieux lâcher prise. Si vous résistez, vous risquez la dépression. Les jours où ça ne va vraiment pas, prenez votre voiture, faites le tour du périphérique et allez crier dans un champ."
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MessageSujet: Re: Florence AUBENAS   Jeu 17 Juin 2010 - 19:57

Punaise ! Edifiants, les extraits...! Juste une question ; est-ce qu'en cours et en fin de lecture, on n'est pas un peu plus hérissé contre le système ?


Citation :
Florence Aubenas était le 18 février invitée du 13h de France 2 à l'occasion de la sortie du "Quai de Ouistreham"


Pour écrire ce livre, plongée dans la France des précaires, elle a gardé son nom.


Mais elle s'est inventée une autre vie (séparée depuis peu d'un homme qui l'aurait entretenue vingt ans) et une nouvelle apparence (cheveux blondis, lunettes constamment portées).



Et ô surprise ! Florence Aubenas, dont le portrait fut affiché dans toutes les grandes villes de l'hexagone en 2005, lorsqu'elle était otage en Irak, n'a pas été reconnue: dans la France des invisibles, les médias pèsent peu (et vice-versa...).

L'idée de départ ? La journaliste du "Nouvel Observateur" a expliqué à Elise Lucet qu'elle avait décidé d'aller voir de près la réalité de la crise : "ni comme sociologue ni comme économiste, mais à hauteur d'hommes".


De février à juillet 2009, munie de son seul baccalauréat, elle s'est installée à Caen, dans une petite chambre meublée. Et elle a cherché du travail, pointant au Pôle emploi.


Première surprise, a-t-elle relevé au journal de 13h, "quand je disais 'je suis prête à tout faire', je me suis entendue dire "comme tout le monde".

Deuxième surprise : la difficulté à trouver, non un inaccessible travail à temps plein, mais juste "des heures" de travail (qui n'atteignent jamais 35 heures).



Troisième surprise : "tout le monde est touché". Dans l'univers des précaires, on trouve des retraités à la pension insuffisante, des jeunes qui sortent de l'école, des mères de famille ...

Source : http://culture.france2.fr/livres/actu/signe-florence-aubenas-le-quai-de-ouistreham-59114610.html

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MessageSujet: Re: Florence AUBENAS   Jeu 17 Juin 2010 - 20:01

http://inventerre.canalblog.com/archives/2010/02/21/16973510.html

http://en-aparte.over-blog.com/article-le-quai-de-ouistreham-de-florence-aubenas-46955449.html


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MessageSujet: Re: Florence AUBENAS   Jeu 17 Juin 2010 - 20:54

Romane a écrit:
Juste une question ; est-ce qu'en cours et en fin de lecture, on n'est pas un peu plus hérissé contre le système ?
Franchement, pour ma part non, parce que rien de ce qu'elle raconte ne m'a surprise.
En revanche, si ça fait du bien de voir de travail documentaire publié, ce qui me hérisse, c'est que sa sortie n'ait pas fait plus de bruit que ça !

Tiens... une très bonne idée de lecture pour les filières économiques ou tertiaires... Ange

Les liens sont passionnants (et puis ça rassure de voir qu'on en parle).
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MessageSujet: Re: Florence AUBENAS   Jeu 17 Juin 2010 - 21:25

lucaerne a écrit:
ce qui me hérisse, c'est que sa sortie n'ait pas fait plus de bruit que ça

Ah oui. Je l'ai aussi pensé. Cette semi-confidentialité grâce à la discrétion des critiques me fait songer à un acte délibéré conduit par l'intention de ne pas soulever les foules. Forcément, ça aiderait à la montée de pression, c'est pas l'intérêt des puissants...

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MessageSujet: Re: Florence AUBENAS   Ven 18 Juin 2010 - 1:39

Je regarde les infos régulièrement, même si c'est fatiguant toutes ces horreurs parfois, mais je me tiens au courant.
Hé bien, je n'ai pas entendu parler de la sortie de ce livre.
Sans doute parce qu'il parle de choses vraiment essentielles et terribles, la vie des salariés dans un mode devenu dingue. M'étonne pas qu'il y ait l'omerta là dessus.
Très intéressant.
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MessageSujet: Re: Florence AUBENAS   Jeu 8 Oct 2015 - 10:05

... Lors du dernier festival international de géographie à Saint Dié Vosges, du 2 au 4 octobre 2015, au salon du livre du festival, j'ai acheté le livre de Florence Aubenas Le quai de Ouistreham...

     Florence Aubenas -en tant que femme, journaliste et écrivain- est surtout connue du "grand public" pour avoir été otage en Irak du 5 janvier au 12 juin 2005...
A l'époque de sa prise en otage elle a été soutenue par ses confrères journalistes qui dénonçaient pour bon nombre d'entre eux, ce qu'elle dénonce aujourd'hui, à savoir ce caractère "pyromane" et de "scoop" des médias...
... L'on peut s'interroger cependant, sur le caractère même (et sur la portée) de la dénonciation, de toute dénonciation aussi justifiée et argumentée soit-elle... Qu'y-a-t-il, que trouve -t-on en vérité, derrière la dénonciation?
La sincérité du moment, dans ce qui est ressenti dans l'événement, dans ce que cette sincérité implique? Mais alors, pourquoi lorsque d'autres événements surviennent, lorsque plusieurs mois ou années ont passé... Ne dénonce-t-on plus ?
Or plus que jamais aujourd'hui dans l'actualité dramatique du monde, guerre de Syrie entre autres, et flots ininterrompus de migrants... La plupart des journalistes de télévision, de magazines et de quotidiens nationaux et régionaux, n'ont de cesse de produire de ces "scoops", de ces "effets spéciaux de reportage", de ces "petites phrases", tout cela dans un "consensus" frisant l'indécence, l'outrecuidance dans une forme de "pensée unique" orchestrée par les politiques en place, en France et en Europe.
Dans un Français souvent sommaire et peu respectueux de la grammaire et de l'orthographe, avec des articles à sensation d'un épidermisme consternant, donné "à avaler" à des millions de gens et qui "lamine", "nivelle par le bas", la puissance médiatique fabrique des opinions et de surcroît ment ou dénature...
Florence Aubenas dénonce tout cela à sa façon, c'est à dire sans outrecuidance, avec lucidité, gravité et faisant part d'une dose d'optimisme malgré tout car elle sait bien "de quel bois, de quelle étoffe est fait le cœur, l'esprit des gens, des gens du peuple, des gens auxquels on ne donne jamais la parole, des gens qu'elle fait monter dans sa voiture pour parler avec eux, des gens qu'elle rencontre devant les portails des usines qui ferment, des gens "ordinaires" en somme, donc tous ces gens complètement oubliés de ces cliques de journalistes consensuels et d'intellectuels arrogants qui eux dans "leur monde à eux" se sentent bien !

... Le quai de Ouistreham" est  un récit saisissant de cette plongée dans le monde de la précarité, un monde dans lequel on ne trouve plus un emploi mais "des heures" avec un contrat à "zéro temps" ! Ce monde là, les journalistes qui ont "pignon sur rue" et qu'on voit sur les plateaux télé, n'en parlent qu'à mots couverts, ou pour produire des images pyromanes...
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