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 Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur

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lucarne



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MessageSujet: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyMar 27 Juil 2010 - 14:05

« Il ne peut être question en aucun cas pour moi d’accepter l’honneur supposé qui m’est fait. »

Lettre de Jacques Bouveresse, philosophe français, à Mme Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, en réaction à l’attribution d’une Légion d’honneur qu’il n’a jamais demandée, Jacques Bouveresse nous a transmis la lettre (en date du 17 juillet 2010) par laquelle il a refusé cet « honneur ».

...

Madame la ministre,

Je viens d’apprendre avec étonnement par la rumeur publique et par la presse une nouvelle que m’a confirmée la lecture du Journal officiel du 14 juillet, à savoir que je figurais dans la liste des promus de la Légion d’honneur, sous la rubrique de votre ministère, avec le grade de chevalier.

Or non seulement je n’ai jamais sollicité de quelque façon que ce soit une distinction de cette sorte, mais j’ai au contraire fait savoir clairement, la première fois que la question s’est posée, il y a bien des années [1], et à nouveau peu de temps après avoir été élu au Collège de France, en 1995, que je ne souhaitais en aucun cas recevoir de distinctions de ce genre. Si j’avais été informé de vos intentions, j’aurais pu aisément vous préciser que je n’ai pas changé d’attitude sur ce point et que je souhaite plus que jamais que ma volonté soit respectée.

Il ne peut, dans ces conditions, être question en aucun cas pour moi d’accepter la distinction qui m’est proposée et – vous me pardonnerez, je l’espère, de vous le dire avec franchise – certainement encore moins d’un gouvernement comme celui auquel vous appartenez, dont tout me sépare radicalement et dont la politique adoptée à l’égard de l’Éducation nationale et de la question des services publics en général me semble particulièrement inacceptable.

J’ose espérer, par conséquent, que vous voudrez bien considérer cette lettre comme l’expression de mon refus ferme et définitif d’accepter l’honneur supposé qui m’est fait en l’occurrence et prendre les mesures nécessaires pour qu’il en soit tenu compte.

En vous remerciant d’avance, je vous prie, Madame la ministre, d’agréer l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Jacques Bouveresse


Source : http://blog.agone.org/post/2010/07/26/Il-ne-peut-etre-question-en-aucun-cas-pour-moi-d%E2%80%99accepter-l-honneur-suppose-qui-m-est-fait
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyMar 27 Juil 2010 - 14:15

Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur Chinois Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur Chinois Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur Chinois le monsieur, ils sont rares ceux qui refusent.

Quand on voit à qui on la donne, on les comprend!
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thierry

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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyMar 27 Juil 2010 - 17:32

chinois chinois chinois
J'aimerais voir la tête de ce gouvernement en lisant ça...
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyMer 28 Juil 2010 - 0:00

Formidable.
Je comprends que ca le défrise de faire partie de la "promotion" Mireille Matthieu ou autre absurdité.
En tous cas, chapeau.
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptySam 31 Juil 2010 - 14:46

C'est dommage, il aurait pu rejoindre de grands hommes :



AngeR
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lucarne



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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptySam 31 Juil 2010 - 20:21

mèche


Jacques Bouveresse refuse la Légion d'honneur pour ne pas se « retrouver en bien mauvaise compagnie »

Professeur au Collège, titulaire de la Chaire de philosophie du langage et de la connaissance, Jacques Bouveresse a pris sa retraite de l'enseignement en cette fin d'année universitaire. Quelques jours plus tard, l'un de ses amis et collaborateur l'informe que son nom est cité parmi les «promus» du 14 juillet de la Légion d'honneur. Jacques Bouveresse n'avait pas été informé et, aussitôt, il décide d'écrire à Valérie Pécresse, à l'origine de ce qu'il prend comme une très mauvaise nouvelle, pour lui signifier son refus (lire sa lettre ici). On ne peut manquer de rapprocher, par contraste, cet épisode d'un autre: celui de la remise de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre par Éric Woerth. L'occasion pour Jacques Bouveresse de nous expliquer les raisons de son refus mais aussi de nous livrer ses commentaires sur l'affaire Bettencourt-Woerth.

Votre nom figurait dans la promotion du 14 juillet de la Légion d'honneur, comment en avez-vous été informé ?

J'ai appris la nouvelle le 15 juillet, au moment où j'étais sur le point de quitter Paris, par un mail de Jean-Jacques Rosat. Ce genre de chose m'intéresse si peu que je ne jette généralement qu'un coup d'œil tout à fait superficiel aux listes de promus que l'on peut trouver dans les journaux et je ne m'étais réellement aperçu de rien. J'ai d'ailleurs, sur le moment, pensé plutôt à une confusion de noms ou à un canular. Il faut dire que je me croyais (à tort, semble-t-il) à peu près protégé, pour une multitude de raisons, contre ce genre de mauvaise surprise. Je croyais naïvement – comme beaucoup de monde, je suppose – qu'on ne peut pas se voir attribuer une distinction comme la Légion d'honneur sans l'avoir demandée, directement ou indirectement, ou en tout cas sans avoir été au moins informé officiellement de cela. Or je ne l'ai été que par une lettre de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Madame Valérie Pécresse, qui était datée du 15 juillet et que je n'ai eue entre les mains que le 23 juillet à Besançon, à mon retour du Festival d'Avignon, où j'avais été invité par Nicolas Truong pour participer au Théâtre des idées. D'après ce que je crois comprendre, au nombre des innovations décidées par ce gouvernement, qui est toujours en train de réformer quelque chose et qui a l'habitude de procéder plutôt à la hussarde, figure aussi le fait de ne pas se préoccuper de l'avis des gens qu'il souhaite faire bénéficier de sa distribution des honneurs et de ne les mettre au courant qu'après coup.

Vous avez fait savoir que vous refusiez cet “honneur”, pour quelles raisons ?

J'ai effectivement, par une lettre envoyée de Besançon le 17 juillet, autrement dit, sans attendre d'avoir obtenu une confirmation officielle de la nouvelle, informé Madame Valérie Pécresse de mon refus ferme et définitif d'accepter l'honneur que l'on était supposé me faire et qui, je dois le dire, était pour moi à peu près le contraire de cela (quand je parle de mauvaise surprise, pour décrire l'effet que cela m'a fait, c'est presque un euphémisme). Il se trouve que j'étais, à peu près au même moment, en train de lire l'Histoire de mes pensées d'Alain, dans laquelle il raconte, tout au début, qu'il a rêvé, étant enfant, d'être général, de vaincre, de gouverner, de forcer, de terrifier, et ajoute ensuite : « Plus d'une fois j'ai rêvé au sens plein, c'est-à-dire dans le sommeil, que j'étais couronné par les Académies, ou décoré; je le note parce que dans mon rêve j'en éprouvais du plaisir. Or mes rêveries enivrantes allaient bien au-delà de ces médiocres succès. Je n'y crus jamais, cela veut dire que j'en sentis toujours le creux et le ridicule. » Aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, je n'y trouve aucun rêve appartenant à l'une ou l'autre de ces deux catégories; et, pour ce qui est de la deuxième, il n'aurait pu s'agir, je suppose, que du genre de mauvais rêve dont on est particulièrement soulagé, en se réveillant, de constater que ce n'était heureusement qu'un rêve. Il faut croire, cependant, que l'on a toujours tort de se considérer comme à peu près immunisé, sinon par tout ce que l'on a essayé de dire et d'être, du moins par l'ignorance, l'oubli ou le mépris de ceux à qui incombe la tâche de couronner et de décorer, contre le risque de voir, du jour au lendemain, le rêve auquel on a échappé se transformer brutalement en une réalité de l'espèce la plus désagréable.

Alain explique qu'il n'a jamais eu de sympathie pour « la partie de l'homme qui aime la guerre, les honneurs et le pouvoir ». Je n'en ai jamais eu non plus et j'en ai, d'une certaine façon, encore moins aujourd'hui qu'autrefois. Ce n'est, du reste, sûrement pas une chose dont je pourrais être tenté de m'enorgueillir, parce que je n'ai réellement aucun effort à faire pour cela.

Dans le cas des honneurs, je suis simplement trop sensible à ce qu'Alain appelle « le creux et le ridicule » de la chose pour réussir à la prendre au sérieux; et je trouve que les occasions d'être ridicule sont déjà bien assez nombreuses sans cela (je parle ici, évidemment, à titre strictement personnel). Je n'aurais donc sûrement pas accepté l'« honneur » dont nous parlons s'il était venu d'un gouvernement de gauche, mais je suis évidemment encore bien moins disposé à l'accepter d'un gouvernement comme celui dont nous subissons actuellement la politique. Si ceux qui sont à l'origine de la décision de me le conférer souhaitaient me manifester une forme d'égard pour ce que la lettre de la ministre appelle « un parcours professionnel exemplaire et des mérites éminents », la meilleure façon de le faire aurait certainement été de continuer à oublier, autant que possible, mon existence.

D'après ce que j'ai cru comprendre en lisant la presse, le gouvernement a su honorer comme il se doit ses amis à l'occasion de la promotion de la Légion d'honneur du 14 juillet et j'aurais préféré nettement ne pas me retrouver, à mon insu et contre ma volonté, dans la situation, peu agréable pour moi, de quelqu'un qui risque de donner l'impression de faire partie de ceux-ci ou en tout cas d'avoir accepté du pouvoir politique et de lui avoir même probablement demandé une chose dont on pense généralement, à tort ou à raison, qu'elle ne peut guère être obtenue que de cette façon.

Je sais naturellement très bien que les honneurs républicains, comme on les appelle, sont en principe conférés par la République, pour des services qu'elle juge dignes d'une reconnaissance spéciale, et non par un gouvernement particulier, quelle que soit la tendance politique de celui-ci. Mais ils sont malheureusement distribués la plupart du temps, dans les faits, d'une manière telle que l'on a plutôt tendance à se les représenter comme des faveurs que le deuxième octroie à ses amis et à ses protégés, ou en tout cas à des gens qui ont su se montrer suffisamment compréhensifs et même complaisants à son égard. Une conséquence fâcheuse qui résulte de cela est qu'en acceptant les honneurs, on risque fortement de se retrouver dans une compagnie assez peu honorable et même parfois peu fréquentable. Cela ne peut évidemment guère donner, dans la situation actuelle, à quelqu'un comme moi, qui n'a déjà intrinsèquement aucun désir de les obtenir, l'idée de les rechercher.

J'espérais, je l'avoue, en avoir terminé avec les quarante-cinq années que j'ai passées dans l'enseignement non seulement avec la satisfaction du devoir accompli d'une façon que je peux espérer honorable, mais également avec celle d'avoir échappé à une forme de reconnaissance que je n'ai jamais souhaitée – la seule à laquelle j'aie jamais aspirée et qui me suffit largement est celle des gens auxquels j'ai pu être utile par mon enseignement et par mes livres. Mais j'avais apparemment oublié un peu vite que je suis justement sur le point de prendre ma retraite et que, dans ce genre de circonstances, même un gouvernement qui a choisi aussi clairement ses amis que celui dont nous parlons peut se croire autorisé à faire également, en faveur de quelqu'un qui n'en fait assurément pas partie un geste dont il juge superflu de se demander, tellement la réponse semble aller de soi pour lui, s'il ne risque pas d'être perçu plutôt comme un affront que comme un hommage.

Je ne sais pas si ceux qui nous gouvernent, considèrent désormais, contrairement à ce que je croyais, pour ma part, naïvement être l'usage, comme normal d'ignorer l'avis de ceux qu'ils prétendent honorer contre leur gré et de les mettre purement et simplement devant le fait accompli. Si c'est le cas, cela ne constitue malheureusement qu'une preuve supplémentaire du mépris avec lequel ils sont capables de traiter des gens pour lesquels ils n'ont en réalité aucune estime réelle.

La ministre a-t-elle réagi à votre refus ?

Non, pas jusqu'à présent, en tout cas. Mais je n'en suis pas surpris et il ne me viendrait pas à l'esprit de le lui reprocher (elle a sûrement des choses beaucoup plus importantes à faire). Étant donné la façon dont on a procédé avec Jean Guillou, qui est quelqu'un d'autrement plus connu et plus important que moi, tout au moins pour ceux qui, comme c'est mon cas, s'intéressent à l'orgue, je considère que je n'ai pas trop à me plaindre. Je n'ai évidemment pas l'outrecuidance de supposer que ceux qui décident ont une connaissance réelle de la position que j'occupe, que ce soit dans la philosophie ou du point de vue politique, et je me dis, par conséquent, que ce qui a dû se passer est simplement que, quand on cherche à remplir une liste de promus de la Légion d'honneur, les noms de gens qui sont professeurs au Collège de France et de surcroît, comme c'est mon cas, sur le point de prendre leur retraite peuvent sembler constituer un choix relativement simple et naturel. Et il n'y a pas non plus de raisons de craindre d'essuyer un refus de la part de quelqu'un dont on ne sait pas grand-chose et on peut par conséquent présumer qu'il se comportera à peu près comme tout le monde est censé le faire en pareil cas, autrement dit, acceptera avec reconnaissance l'honneur qui lui est fait. Le problème est que les choses ne sont malheureusement pas toujours aussi simples. Je crois me rappeler que Nietzsche, dans Par-delà le bien et le mal, parle d'une sorte de « droit au mauvais caractère » qui doit être reconnu constitutivement au philosophe. C'est un droit que j'ai toujours revendiqué et n'ai jamais hésité à exercer. J'aurais préféré, naturellement, que l'on évite de me donner l'occasion de le faire une fois plus, ce qui, après tout, n'était pas tellement difficile pour des gens qui sont censés réfléchir un peu à ce qu'ils font.

Il y a quelques mois le ministre Éric Woerth remettait la Légion d'honneur à l'employeur de son épouse, M. de Maistre. Que vous inspire aujourd'hui cette conception de l'honneur dans la République française ?

C'est une illustration assez typique de ce que je disais il y a un instant quand j'ai parlé du risque que l'on court, en acceptant une distinction comme celle dont il s'agit, de se retrouver en bien mauvaise compagnie. Étant donné les valeurs que servent réellement ceux qui nous gouvernent (je ne parle pas de celles qu'ils professent officiellement et dont ils se réclament quand ils parlent de choses comme la « moralisation » de l'économie ou de la finance), je ne suis pas du tout surpris qu'ils aient décidé d'honorer un homme comme M. de Maistre. Mais, dans ce cas-là, il vaudrait certainement mieux ne pas chercher à honorer en même temps les gens de mon espèce. Tout cela est évidemment à mettre en rapport avec le fait que, comme le remarquait Karl Kraus, les activités dans lesquelles on parle aujourd'hui le plus volontiers de l'honneur et où on est le plus chatouilleux sur la question de l'honneur sont probablement celles dans lesquelles on a perdu depuis longtemps à peu près toute idée de ce qu'il est. La politique fait malheureusement partie, à un degré élevé, des activités de cette sorte.

Quel regard le philosophe que vous êtes porte-t-il sur ce qu'on appelle désormais l'affaire Bettencourt-Woerth ?

C'est une question qui demanderait des développements beaucoup trop longs pour que je puisse prétendre y répondre réellement ici. Ce qui est certain est que rarement un président de la République et son gouvernement ont fait savoir aussi clairement à la population que le problème principal, à leurs yeux, était de défendre les riches contre les pauvres, et certainement pas l'inverse. Quand on les écoute, on se dit que l'on devrait peut-être, tout compte fait, finir par éprouver de la compassion pour ces pauvres riches, qui ont tellement de difficultés et de problèmes: ils sont en permanence sous la menace d'une multitude de gens aigris et envieux qui rêvent de les dépouiller de leur argent et qui sont encouragés à cela par des intellectuels qui prêchent des formes d'égalitarisme puéril, rackettés par le fisc qui les prive d'une part beaucoup plus importante que partout ailleurs de ce qu'ils gagnent, à tel point que l'on devrait presque trouver normal qu'ils pratiquent la fuite à l'étranger ou l'évasion fiscale, etc. A force de penser et de proclamer que l'argent et, du même coup, ceux qui le détiennent ne bénéficient pas dans notre pays de la considération qu'ils méritent, on finit par en arriver à trouver normale une situation qui ne l'est pas du tout et qui est illustrée de façon exemplaire par ce qu'on appelle l'affaire Bettencourt-Woerth. Il est remarquable que, si quelqu'un se risque à parler à ce propos de «corruption», cela suscite, de la part des gens qui sont au pouvoir, une réaction d'indignation violente, tellement les élites politiques sont persuadées d'être a priori insoupçonnables, même quand elles entretiennent avec le monde de l'argent des relations de l'espèce la plus douteuse qui soit. Si ce que l'on peut craindre fortement se confirme (mais pour cela il faudrait évidemment que la justice ait la possibilité de faire réellement son travail), le mot « corruption » est pourtant bien celui qui convient pour décrire ce dont il s'agit.

Comment expliquer qu'une notion si évidente dans d'autres pays, le conflit d'intérêts, ne soit non seulement pas appliquée mais si mal comprise en France ?

Vous avez raison de soulever cette question, mais je dois avouer que je continue à me la poser moi-même avec la plus grande perplexité et que je ne connais toujours pas vraiment la réponse. Comment des incompatibilités et des impossibilités qui semblent aller plus ou moins de soi pour la plupart des gens ordinaires et du point de vue de ce qu'Orwell appelle la « décence ordinaire » peuvent-elles devenir à peu près impossibles à percevoir pour certains membres de la classe politique? Et cela d'autant plus qu'un bon nombre de pays dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils ne sont pas contaminés par le gauchisme et dans lesquels on a acquis depuis longtemps le genre de rapport beaucoup plus naturel et « décomplexé » à l'argent auquel nos dirigeants politiques déplorent que nous n'ayons pas encore accédé sont capables, sur ce point, de faire preuve d'une sensibilité au risque de corruption et d'une vigilance et d'une rigueur bien supérieures aux nôtres. Si on parle à ce sujet d'une différence de « tradition » et de « culture » politiques, comme toujours avec l'idée que cela pourrait constituer finalement une excuse, cela signifie que la tradition et la culture sont aussi des choses qu'il faut être prêt, dans certains cas, à changer sérieusement.

L'une des questions majeures que pose l'affaire Bettencourt-Woerth aujourd'hui est celle de la non-indépendance de la justice. Qu'en pensez-vous ?

Comme vous pouvez vous en douter, je déplore qu'il soit à ce point impossible, dans une affaire comme l'affaire Bettencourt-Woerth, de croire à l'indépendance réelle de la justice, alors que, dans une démocratie digne de ce nom, la question ne devrait même pas se poser. Ce n'est pas simplement du respect de la présomption d'innocence qu'il faut parler dans le cas de quelqu'un comme Eric Woerth, mais de la quasi-certitude que l'on peut avoir a priori et que beaucoup de gens ont, je crois, qu'il sera déclaré finalement innocent et que rien de sérieux ne lui arrivera de toute façon. Demander le respect de la présomption d'innocence, comme on le fait à chaque fois à grands cris, n'a de sens que dans la mesure où il existe au moins une possibilité de principe d'établir la culpabilité, si elle est réelle, et une volonté de le faire. Je ne crois pas du tout que ce soit le cas en l'occurrence. J'ajouterais volontiers à cela que, pour un homme politique, il ne suffit pas d'être innocent, il faut également, autant que possible, être insoupçonnable. C'est peut-être cela, en fin de compte, que l'on a plus de mal à comprendre en France que dans certains autres pays.

Comment avez-vous reçu les attaques violentes dont la presse a fait l'objet de la part du président de la République et de sa garde rapprochée ?

Je me retrouve sur ce point, comme vous le savez, dans une situation quelque peu paradoxale, puisque j'ai souvent critiqué sévèrement la presse, notamment pour un défaut qu'elle partage assez largement avec le monde politique, à savoir sa tendance à agir en fonction d'une morale relative qui dépend un peu trop directement de l'actualité et des circonstances. Je ne me fais, du reste, pas beaucoup d'illusions sur les raisons pour lesquelles, après une période de docilité remarquable, elle semble être devenue depuis quelque temps beaucoup plus offensive à l'égard du pouvoir sarkozien. Mais je n'ai évidemment aucune difficulté à reconnaître qu'il faut être prêt également à la défendre quand elle est attaquée de la façon stupide et dangereuse à laquelle vous faites allusion. Le comportement du président de la République et de sa garde rapprochée évoque pour moi assez directement celui des gens dont parlait Kraus quand il remarquait: « Je ne sais pas si elle a toujours existé – mais c'est l'engeance qui aurait demandé à Hercule, une fois le travail accompli: dites-moi, je vous prie, qu'avez-vous exactement contre Augias ? » (Die Fackel, n° 734-750, 1926, p. 145). Ce que l'on peut constater une fois de plus est que ce sont les gens qui voudraient nettoyer les écuries d'Augias qui sont accusés d'y apporter eux-mêmes la saleté. Autrement dit, ceux qui sont considérés comme les vrais coupables ne sont pas les corrompus, mais ceux qui dénoncent la corruption. Parler de «méthodes fascistes» à propos de la façon dont une partie de la presse s'efforce de faire sortir la vérité du puits, malgré les obstacles qu'on lui oppose et à un moment où aussi bien le pouvoir politique que la justice, dont il y a des raisons sérieuses de penser qu'elle est plus ou moins à ses ordres, donnent l'impression de manquer totalement à leur devoir, est tout simplement déshonorant. On ne sait réellement pas s'il faut considérer les gens qui tiennent des propos de cette sorte comme absolument ignares du point de vue historique, absolument malhonnêtes ou les deux en même temps. C'est encore moins sérieux et plus inquiétant que le genre de diversion qui consiste, comme on le fait depuis quelque temps de façon systématique, à parler de «populisme» ou à évoquer le spectre de la montée de l'extrême droite pour ne pas avoir à reconnaître le fait que ce qui est le plus utile à l'extrême droite, en plus de la corruption, n'est certainement pas la recherche et la manifestation de la vérité, mais la dissimulation et le mensonge.

Source Médiapart : http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/310710/jacques-bouveresse-refuse-la-legion-dhonneur-pour-ne-pas-se-retrouver-e
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyDim 1 Aoû 2010 - 0:30

Il est bien, cet homme là. Je ne le connaissais pas, c'était un tort.
Quand l'intelligence et la dignité vont de pair, ça donne ça...
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyDim 1 Aoû 2010 - 1:23

Chapeau bas, Monsieur. La corruption n'est donc grâce à vous pas toujours possible, farouchement refusée et vous défendez honorablement votre liberté. Si tous les hommes en faisaient autant...

Du coup, j'ai envie de le lire. Furieusement.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyJeu 5 Aoû 2010 - 21:07

Romane a écrit:
Chapeau bas, Monsieur. La corruption n'est donc grâce à vous pas toujours possible, farouchement refusée et vous défendez honorablement votre liberté. Si tous les hommes en faisaient autant...

Du coup, j'ai envie de le lire. Furieusement.

Pareillement.
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyJeu 5 Aoû 2010 - 21:46

Alors que notre époque tendrait à démontrer le contraire, il est intéressant de constater que certains hommes sont encore couillus. AngeR
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyJeu 5 Aoû 2010 - 22:52

Couillus et dotés de cerveau. Combinaison ô combien rare et admirable.
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyMer 25 Aoû 2010 - 15:34


Que voilà un grand monsieur et que c'est réconfortant qu'il y en ai encore.
Clair, honnête tout simplement...
Je note aussi qu'il faut le lire!
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Romane
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyMer 25 Aoû 2010 - 15:49


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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyMer 25 Aoû 2010 - 16:46

Chapeau, un intello qui a les c... de dire ce qu'il pense et à l'inverse du consensus ambiant, c'est pas si courant.
On devrait l'décorer, c't'homme-là !!! Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur Ange34

J'ai envie de le mettre dans ma PAL aussi !
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JoK
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyMer 25 Aoû 2010 - 18:07

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Lilylalibelle

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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyMer 25 Aoû 2010 - 18:42

Certes, c'est pas le premier, mais là il l'a fait avec argumentaire à l'appui et considérations philosophiques associées. Pas simplement pour faire un coup d'éclat, mais par conviction profonde (je trouve que ça se sent dans son propos).
Ce qui n'enlève rien à l'audace de ceux qui ont refusé avant lui, mais là c'est la classe, quoi. Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur Chinois
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Romane
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyJeu 26 Aoû 2010 - 19:19

http://www.lexpress.fr/actualites/2/un-medecin-refuse-sa-legion-d-honneur-en-signe-de-protestation_914228.html a écrit:
Un médecin refuse sa Légion d'honneur en signe de protestation

Un médecin-anesthésiste très impliqué dans l'action humanitaire a écrit lundi à Nicolas Sarkozy pour l'informer de sa décision de refuser la Légion d'honneur afin de protester contre sa politique sécuritaire.

Le chef de l'Etat avait nommé Anne-Marie Gouvet au grade de Chevalier dans l'ordre de la Légion d'Honneur le 14 juillet pour son "engagement fidèle au service de la France".

Mais le médecin-anesthésiste de Pau (Pyrénées-Atlantiques), qui pratique la médecine humanitaire avec Médecins du Monde depuis 30 ans, a fait part à Nicolas Sarkozy de son refus de cette distinction qui devait lui être remise en janvier 2011.

"Je mesure la gravité de ma décision", écrit-elle.

Elle souligne qu'il ne lui est pas possible "de cautionner toute forme de discrimination ethnique" dans son propre pays en allusion notamment au sort des Roms, dont le gouvernement a accéléré le démantèlement des camps illégaux.

Anne-Marie Gouvet dit avoir "travaillé dans trop de camps de déplacés pour tolérer la manière dont sont traités par la France les réfugiés et autres sans-papiers".

Elle se voit mal repartir à l'étranger avec cette décoration "tandis que les Roms, citoyens européens, vivent dans la boue et assistent, impuissants, à la destruction au bulldozer de leurs rudimentaires campements, avant d'être mis dans un avion vers un avenir aussi pitoyable qu'incertain".

Dans son courrier, elle refuse d'être "associée, de près ou de loin, à la politique mise en oeuvre par (le) gouvernement vis-à-vis des gens du voyage, stigmatisés comme seuls, ou presque, responsables de l'insécurité dans notre pays".
Pour elle cette politique est "absolument intolérable" pour un pays "immensément riche" qui se targue d'être "la patrie des Droits de l'Homme'.

A suivre. Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur Ange34

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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyJeu 26 Aoû 2010 - 20:06

Ils ne vont plus oser en proposer, des légions d'honneur, à part à Johnny (à zut, il l'a déjà...)
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MessageSujet: Re: Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur   Jacques Bouveresse, philosophe français, refuse publiquement la légion d'honneur EmptyVen 27 Aoû 2010 - 14:28

Bravo!!!
j'aime beaucoup ^^
ça fait du bien ^^
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