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 Au sujet du nationalisme français

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alejandro
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MessageSujet: Au sujet du nationalisme français   Sam 14 Aoû 2010 - 20:48

Le Grand Soir a écrit:
Quelques remarques sur le nationalisme français
Jean BRICMONT


S’il y a un préjugé fort répandu dans l’extrême-gauche française, ainsi que chez de nombreux étrangers, c’est que les Français sont très nationalistes. Un incident récent permet néanmoins de s’interroger sur la nature de ce "nationalisme".

Un article du magazine Rolling Stone (*) rapporte des propos non démentis du général américain Stanley McChrystal, au moment où il dirigeait encore les forces de l’Otan en Afghanistan. En visite à Paris, McChrystal déclare à son entourage qu’il préfère « se faire botter le cul par une salle remplie de gens que d’aller à ce dîner ». Après qu’il soit parti, le journaliste demande à un de ses assistants avec qui le général va dîner. Réponse : « Un ministre français - c’est un foutu truc de pédés » ("It’s fucking gay", en anglais).

Suite à cet article, McChrystal a été démis de ses fonctions par Obama. Mais bien entendu pas pour ses propos peu élégants sur ses alliés français, mais pour d’autres remarques désobligeantes visant de hauts responsables américains, y compris le vice président américain Joe Biden.

À ma connaissance, ces propos n’ont suscité aucune réaction en France – ni protestation officielle, ni scandale médiatique. Or, vu l’impact exceptionnel de cet article aux Etats-Unis (le remplacement de McChrystal par Petraeus comme commandant en chef de la guerre en Afghanistan), il est difficile de croire que les journalistes et les services diplomatiques français n’en n’aient pas eu connaissance.

Que dit Libération, si prompt à traquer l’homophobie quand elle émane de « beaufs français », de « cathos tradis », ou de musulmans ? Rien. On ne va quand même pas attaquer le grand frère américain et la patrie du capitalisme.

Résumons : des soldats français se battent et parfois meurent en Afghanistan, en réponse aux appels insistants des Etats-Unis, et sous le commandement d’un général américain qui préfère « se faire botter le cul » plutôt que d’aller dîner avec un ministre français. Et cela ne suscite pas un murmure de protestation de la part des autorités politiques, des journalistes ou des excités de « l’identité nationale ».

Où est passé la fierté nationale française ?

En réalité, le nationalisme français a eu, depuis 1789, une nature duale. A cause de sa radicalité, à la fois antireligieuse, antiféodale et égalitariste, la Révolution française a souvent joué un rôle symbolique par opposition aux autres « révolutions bourgeoises », anglaise ou américaine. Au moins jusqu’en 1917, ce sont les idéaux de cette révolution qui servirent de référence à presque tous les contestataires de l’ordre établi et, dans beaucoup d’endroits hors de France, elle fut l’emblème de l’opposition aux oppressions religieuses et féodales et même, parfois, coloniales.

A cause précisément de cela, les réactionnaires et les cléricaux du monde entier ont vu la France de la révolution comme la bête à abattre, au moins symboliquement. Et, en France même, la version de droite du nationalisme s’est appuyé sur tout ce qui, dans l’histoire de France, faisait penser à autre chose qu’à la révolution de 1789 : la longue histoire de la monarchie, les deux Napoléon, l’empire colonial, la fille ainée de l’Eglise, etc. Du point de vue de ce nationalisme, il fallait que la France se repentisse de son exception historique révolutionnaire et devienne une nation « comme les autres », certains de ces « nationalistes » prenant modèle sur l’Allemagne, d’autres sur l’Angleterre, et aujourd’hui, presque tous sur les Etats-Unis. Le Sacré Coeur de Montmartre voulait expier les pêchés de la Commune. Le pétainisme était un régime de repentance – pour les « folies » du Front populaire, et trouvait son inspiration dans les régimes fascistes qui dominaient, avant 1940, presque toute l’Europe, sauf la France.

Bien entendu, tous les nationalismes ont quelque chose de mythique et d’intellectuellement indéfendable - pourquoi être fier d’être né ici et pas ailleurs ? Mais pas plus que les religions, qui sont souvent encore plus irrationnelles. En gros, il y a deux sortes d’instincts qui poussent l’être humain vers l’irrationnel : l’un est l’invention de causes imaginaires (qui engendre religions et superstitions), l’autre le sentiment d’appartenance à un groupe (qui engendre le nationalisme). Les deux sentiments se combinant pour le pire dans les « identités religieuses ».

Mais alors que presque toute la gauche applaudit au rôle progressiste de la théologie de la libération et pour certains, de la résistance islamique (Hamas ou Hezbollah), presque personne ne veut admettre qu’il pourrait y avoir un aspect objectivement progressiste dans une certaine version du nationalisme français, celle qui était présente dans la Commune de Paris, le front populaire et la résistance. Un nationalisme, qui contrairement à sa version de droite, insiste sur la tradition issue de la Révolution, sur la singularité française et sur son indépendance. Un nationalisme qui, étant politique plutôt qu’ethnico-racial, ne s’oppose pas à un véritable internationalisme : il y avait plus d’opposition (même si on peut la juger insuffisante) aux guerres d’Indochine et d’Algérie dans le PCF de l’époque (qui était porteur de ce nationalisme progressiste) que d’opposition, dans toute la gauche actuelle, à la guerre en Afghanistan ou à l’alignement français sur l’état d’Israël. Une ironie de l’histoire veut que la gauche actuellement dominante soit issue idéologiquement de la “nouvelle gauche” des années 60, laquelle est née de la critique du PCF et, en particulier, de la mollesse de son opposition aux guerres impériales.

Mais ce nationalisme progressiste a aujourd’hui quasiment disparu, de même que le PCF, qui d’ailleurs se garderait bien aujourd’hui de défendre la souveraineté de la France comme il le faisait dans les années 1960, à l’époque où il avait encore un certain poids.

Le discours nationaliste est entièrement aux mains de la droite et consiste en une exaltation d’une identité éternelle et mythique, qu’on a essayé pitoyablement et en vain de “définir” – sans arriver à autre chose qu’à une vague islamophobie. Le PS suit, en ajoutant une dose de “laïcité” et de “droits de l’homme”, ou de la femme, plutôt rhétorique. Tout cela va de pair avec une soumission croissante envers l’étranger — les Etats-Unis, Israël ou la bureaucratie européenne. Mais à la gauche du PS, la « riposte » consiste à insister encore plus sur l’auto-dénigrement. C’est-à-dire que ce qui domine aujourd’hui sont précisément les deux faces du pétainisme : prendre exemple sur l’étranger et dénigrer la spécificité française. Le paradoxe, c’est qu’une bonne partie de la gauche, souvent celle qui se croit la plus « antifasciste », assume le rôle de dénigreur, en refusant de percevoir la nature duale du nationalisme français.

En fait, c’est autour de Mai 68, mouvement dont la nature politique était ambigüe, qu’on est passé d’un nationalisme objectivement progressiste (gaullo-communiste), car accompagné d’avancées sociales et opposé à l’hégémonie américaine, à l’auto-dénigrement réactionnaire ; le changement de paradigme étant symbolisé par deux films : celui qui incarne le mythe résistancialiste, "L’armée des ombres", et celui qui a inauguré la religion de la culpabilité, "Le chagrin et la pitié". Sous Pétain, la France devait se repentir des crimes du front populaire ; aujourd’hui elle doit se repentir des crimes de Pétain (et, pour certains, du colonialisme). Mais aucune politique progressiste ne pourra jamais se fonder sur la culpabilité et la haine de soi.

Les discours de De Gaulle à Moscou ou à Phnom Penh dans les années 1960, ou celui de Villepin à l’ONU en 2003, semblent avoir disparu dans les poubelles de l’histoire. Des pays bien moins puissants que la France, comme le Venezuela, Cuba ou l’Iran, tiennent tête aux Etats-Unis et suscitent, comme la France l’a parfois fait dans le passé, l’admiration des peuples du monde.

Les conséquences de ce changement sont catastrophiques, à la fois à l’étranger et en France. Avant 1968, il aurait été impensable d’envoyer des troupes françaises combattre sous commandement américain, par exemple au Vietnam. Si un personnage politique avait suggéré une telle chose, il aurait été dénoncé comme "valet de l’impérialisme américain" par toute la gauche. Aujourd’hui, personne n’oserait utiliser cette expression "désuète" et "stalinienne" pour parler de Sarkozy. Pourtant, rhétorique mise à part, c’est exactement ce qu’il est.

Sur le plan intérieur, on ordonne aux gens issus de l’immigration d’aimer la France (ou, sous-entendu, de la quitter). Mais comment aimer un pays qui ne s’aime pas lui-même ? Qui se soumet aux puissants et qui méprise les faibles ? Qui combat la burqa et accepte les propos de McChrystal ?

Ce n’est que si la France renoue avec ce qui fit, dans le passé, sa véritable grandeur, la liberté de sa pensée, son idéal égalitariste et l’indépendance de sa politique, qu’elle sera acceptée par tous ses citoyens et redeviendra une source d’inspiration pour le reste du monde. Mais aucune force politique, et malheureusement pas la gauche de la gauche, n’est prête aujourd’hui à contribuer à cette entreprise.

Jean Bricmont
6 juillet 2010.

(*) Version originale : http://www.rollingstone.com/politics/news/17390/119236
version française http://www.legrandsoir.info/Le-general-qui-sortait-du-rang-Rolling-Stone.html
URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Quelques-remarques-sur-le-nationalisme-francais.html
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MessageSujet: Re: Au sujet du nationalisme français   Sam 14 Aoû 2010 - 23:42

"Des pays bien moins puissants que la France, comme le Venezuela, Cuba ou l’Iran, tiennent tête aux Etats-Unis et suscitent, comme la France l’a parfois fait dans le passé, l’admiration des peuples du monde."

C'est une plaisanterie, je suppose ?

Je suis allée voir tout ce que je trouvais sur ce monsieur. C'est édifiant. Et visiblement il soutient Dieudonné. Amusant, mais on s'en rendrait bien compte simplement en lisant ses articles sur le sionnisme.
Moi je vois très bien à quel sorte de lobby il appartient. Puant.
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MessageSujet: Re: Au sujet du nationalisme français   Mer 18 Aoû 2010 - 1:19

blue note a écrit:
"Des pays bien moins puissants que la France, comme le Venezuela, Cuba ou l’Iran, tiennent tête aux Etats-Unis et suscitent, comme la France l’a parfois fait dans le passé, l’admiration des peuples du monde."
C'est une plaisanterie, je suppose ?
Qu'est-ce qui devrait être une plaisanterie ? Que ces pays sont moins puissants que la France ? Qu'ils tiennent tête aux Etats Unis ? Que l'opposition aux Etats Unis suscite de l'admiration ?
blue note a écrit:

Je suis allée voir tout ce que je trouvais sur ce monsieur. C'est édifiant. Et visiblement il soutient Dieudonné. Amusant, mais on s'en rendrait bien compte simplement en lisant ses articles sur le sionnisme.
Moi je vois très bien à quel sorte de lobby il appartient. Puant.
Depuis longtemps j'associe le nom de Bricmont à des analyses qui contrastent de par leur pertinence avec les habituels intellectuels médiatiques auxquels on a généralement le droit. Un rapide coup d'œil sur Wikipédia nous apprend qu'il a collaboré avec Alan Sokal (le fameux canular publié dans une revue de sociologie), Régis Debray et Noam Chomsky. Il ne suffit pas d'agiter un épouvantail pour disqualifier une personne.

Sinon, l'article ici posté ne portait pas sur le sionisme, mais sur le nationalisme français ; le lien entre la position de Bricmont sur le conflit israélo-palestinien et le nationalisme français n'est pas évident.

Si tu tiens absolument à aborder ce sujet, tu pourrais être plus précise sur ce qui semble te poser problème. Une discussion serait alors possible, à la place d'un paresseux procès d'intention et d'une basse insulte.
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MessageSujet: Re: Au sujet du nationalisme français   Mer 18 Aoû 2010 - 22:23

La plaisanterie, c'est qu'on cite ces pays comme sous-entendu vertueux parce qu'ils tiennent tête aux Etats-Unis.
En effet, quels formidables exemples de démocratie, de respect des droits de l'homme, de vertu et j'en passe.
Tu trouveras de fort bons articles sur Cuba sur ce forum, par quelqu'un qui a vécu là-bas et peut parler matériellement des problèmes qui y règnent.
Quant à l'Iran, joker. Tu trouveras peut-être qu'il s'agit de paresse intellectuelle, mais que dire sur la condition actuelle de l'Iran sans gerber ?
Et non, il ne suffit pas de tenir tête aux States pour provoquer mon admiration, quelle idée baroque et réductrice.
Les ennemis de mes ennemis doivent-ils automatiquement devenir mes amis, je ne crois pas, sincèrement. Et tu as oublié la Corée du Nord, sympathique régime stalinien qui n'aime pas non plus les méchants américains.
Tapons, tapons sur les Etats-Unis, on pouvait se marrer et critiquer quand Bush était au pouvoir, maintenant ils ont Obama et on a Sarkosy, qui rigole le plus ?
Nous avons quelques liens forts avec ce pays, des liens historiques, et tout le mauvais que nous pouvons observer chez eux peut être contrebalancé par quelques points positifs quand même. L'anti-américanisme primaire m'agace.
Il est vrai que d'un autre côté, je fais de l'anti-ayatollhisme primaire, très primaire, tu as donc le droit de critiquer mon attitude équivoque. Serait-il juste de dire que les intégrismes et dictatures me débectent, et que cela te suffise ?
Serait-il aussi possible de faire remarquer à quel point ceux qui, très vertueusement aussi, se disent juste anti-sionistes, ce qui se tient intellectuellement, sont très étrangement également antisémites. Le terme permet juste de camoufler un truc pas très politiquement correct.
Quand tu dis que le lien que fait Bricmont sur la relation entre le nationalisme français et le conflit israélo-palestinien n'est pas évident, tu as fichtrement raison. Je ne vois même pas ce que cela a à faire dans le sujet (mais j'ai l'esprit lent, je sais).
Ce qui m'a fait bondir, c'est le passage concernant la "soumission envers l'étranger : les Etats-Unis, Israel ou la bureaucratie européenne". Nous sommes évidemment influencés par le modèle sociétal et la "culture américaine" (tu remarqueras les guillemets). Nous nous heurtons à certaines prérogatives européennes qui influent sur notre vie de tous les jours. Mais Israel ? On attend le couplet sur le pouvoir des banquiers aux doigts crochus, le lobby juif, et on oublie aussi les francs-maçons, tiens !
Tu as posté un autre article, me semble-t-il, qui reprenait plus en détail les tenants et les aboutissants du conflit israélo-palestinien, et c'était de la même eau, c'est pour cela que je n'ai pas plus développé ni mis des posts sur les deux sujets.
Par ailleurs, on peut avoir de forts bonnes relations, et d'autres moins recommandables. On ne traine pas dans les parages de gens qui expriment des opinions que je définirais comme absolument puantes, mais c'est mon point de vue personnel, sans en subir les conséquences. Disons que ça classe et oui, ça disqualifie à mes yeux. Même si c'est une opinion tranchée, j'ai le regret de te dire que c'est la mienne. Je peux être peu diplomate, je le reconnais.
Par ailleurs, le mot "puant" s'adressait au lobby, et non à la personne. Parce que je sens que de toute façon, je vais bien peu la fréquenter.
Le monde est plein de gens plus intéressants.
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MessageSujet: Re: Au sujet du nationalisme français   Jeu 19 Aoû 2010 - 18:52

D'un point de vue rhétorique, tu as des méthodes pas très fair play. Tu attaques un texte non en fonction de son contenu - qui en l'occurrence consiste à réfuter l'idée que le Français serait particulièrement nationaliste - mais en attaquant la caricature de propos du même auteur tenus ailleurs.


blue note a écrit:

La plaisanterie, c'est qu'on cite ces pays comme sous-entendu vertueux parce qu'ils tiennent tête aux Etats-Unis.
En effet, quels formidables exemples de démocratie, de respect des droits de l'homme, de vertu et j'en passe.

[...]

Quant à l'Iran, joker. Tu trouveras peut-être qu'il s'agit de paresse intellectuelle, mais que dire sur la condition actuelle de l'Iran sans gerber ?

Ces pays ne sont pas cités comme des exemples de démocratie et de droits de l'homme, mais comme des exemples de pays qui se sont mesurés, avec succès, à plus forts qu'eux. Point.

Soit dit en passant, on n'est pas vraiment, en ce moment, en position de faire de leçons de démocratie au Vénézuela. Chavez a perdu un seul scrutin, un référendum portant sur une modification de la constitution, et il a respecté la volonté populaire.

Mais sinon, tracer une ligne et attribuer aux uns et aux autres une place du coté du bien ou du mal, relève de la paresse.

Dans le texte que je cite, on trouve :

Bricmont a écrit:

Mais alors que presque toute la gauche applaudit au rôle progressiste de la théologie de la libération et pour certains, de la résistance islamique (Hamas ou Hezbollah), presque personne ne veut admettre qu’il pourrait y avoir un aspect objectivement progressiste dans une certaine version du nationalisme français, ...

Peu importe ici s'il a raison précisément sur cette phrase ou pas. Je la cite pour signaler que, manifestement, pour Bricmont, considérer que la résistance islamique du Hamas et du Hezbollah soient à ranger dans le camp du progressisme et de la gauche, constitue une erreur.

blue note a écrit:

Et non, il ne suffit pas de tenir tête aux States pour provoquer mon admiration, quelle idée baroque et réductrice.

Quelqu'un te l'a demandé ?

blue note a écrit:

Tapons, tapons sur les Etats-Unis, on pouvait se marrer et critiquer quand Bush était au pouvoir, maintenant ils ont Obama et on a Sarkosy, qui rigole le plus ?
Nous avons quelques liens forts avec ce pays, des liens historiques, et tout le mauvais que nous pouvons observer chez eux peut être contrebalancé par quelques points positifs quand même. L'anti-américanisme primaire m'agace.

Ca s'écrit Sarkozy, avec un z.

A part ça, il ne s'agit pas de savoir qui de la France ou des Etats Unis est plus vertueux. T'as vraiment un drôle de regard sur la politique. Il s'agit d'essayer de comprendre ce qui se passe. Les Etats Unis ont un certain nombre de particularités, et notamment celle d'être le pays le plus puissant au monde

Sinon, Bricmont a longtemps vécu et travaillé aux Etats-Unis. Je doute que l'on puisse le qualifier de anti-américain primaire. Pour ma part, le regarde plus volontiers le cinéma américain que européen. Je ne pense pas être non plus un anti-américain primaire.

Cela étant dit, l'anti-anti-américanisme primaire peut, luis aussi, être agaçant.

blue note a écrit:

Il est vrai que d'un autre côté, je fais de l'anti-ayatollhisme primaire, très primaire, tu as donc le droit de critiquer mon attitude équivoque. Serait-il juste de dire que les intégrismes et dictatures me débectent, et que cela te suffise ?

Ah mais, je serai bien le dernier de trouver à y redire sur ce que tu penses. Ce qui n'empêche pas le débat, lequel est rendu difficile lorsqu'on use de procédés tels que celui signalé plus haut.

blue note a écrit:

Serait-il aussi possible de faire remarquer à quel point ceux qui, très vertueusement aussi, se disent juste anti-sionistes, ce qui se tient intellectuellement, sont très étrangement également antisémites. Le terme permet juste de camoufler un truc pas très politiquement correct.

La critique de la politique d'Israël est de l'antisionisme et, par là, de l'antisémitisme?

blue note a écrit:

Quand tu dis que le lien que fait Bricmont sur la relation entre le nationalisme français et le conflit israélo-palestinien n'est pas évident, tu as fichtrement raison. Je ne vois même pas ce que cela a à faire dans le sujet (mais j'ai l'esprit lent, je sais).

Excuse-moi mais c'est toi qui a mis ça sur la table.

blue note a écrit:
Ce qui m'a fait bondir, c'est le passage concernant la "soumission envers l'étranger : les Etats-Unis, Israel ou la bureaucratie européenne".

La France aime cultiver ce qu'il est convenu d'appeler une politique arabe pour un tas de raisons, justifiées ou pas. Et les arabes ont un problème, justifié ou pas, avec Israël. De sorte que la logique choisie par la France devrait l'amener à s'aligner, d'un point de vue diplomatique, s'entend, sur les pays arabes, ce qu'elle ne fait pas, car elle se doit de ne pas heurter les Etats-Unis qui eux sont les alliés d'Israël. Du coup, la France, à force de vouloir ménager le chèvre et le chou se retrouve avec le cul entre deux chaises. Voilà le genre de choses à quoi fait référence Bricmont, pas à des banquiers aux doigts crochus. On est d'accord ou non, on estime que c'est plus, on estime que c'est moins, on pense qu'il faut faire ci ou faire ça. Tout ça se discute. Mais traiter un contradicteur qui aborde le sujet d'antisémite, relève de la mauvaise foi.

Concernant les relations de l'union européenne avec les Etats-Unis. A la suite du 11 septembre, les Etats Unis ont voulu pouvoir enquêter sur les européens susceptibles de commettre des actes terroristes sur leur sol. La commission européenne avait déposé un texte dans ce sens qui, faute de pouvoir le rejeter, avait été amendé par le parlement européen. Mais étant donné que la commission fait ce qu'elle veut des amendements du parlement - le fameux déficit démocratique de l'union européenne - elle s'est assise dessus. Résultat des courses, les services secrets américains ont accès à des tas données privées des Européens, comme par exemple les mouvements de nos comptes en banque, sans aucune contrepartie. Les Européens ne peuvent évidemment pas faire autant sur les données des Américains.

C'est un exemple de soumission à une puissance étrangère.

blue note a écrit:

Tu as posté un autre article, me semble-t-il, qui reprenait plus en détail les tenants et les aboutissants du conflit israélo-palestinien, et c'était de la même eau, c'est pour cela que je n'ai pas plus développé ni mis des posts sur les deux sujets.

Si j'avais pensé que les deux articles étaient liés, je les aurais postés sur un même fil. L'autre article n'a rien à voir. Lorsqu'on s'interroge sur le conflit israélo-palestinien, quelque soit la position que l'on défend, on ne peut manquer de s'interroger sur le lien qui unit les Etats-Unis et Israël, et se demander s'il n'y aurait pas un qui manipule l'autre. Est-ce Israël qui contraint les Américains à les soutenir coûte que coûte, à un prix diplomatique sans commune mesure avec ce qu'ils en obtiennent en retour, ou est-ce les Américains qui tiennent les Israéliens dans la main - mais pourquoi? - et sont prêts à les lâcher lorsqu'il n'y verront plus l'intérêt.
C'est une vrai question.


blue note a écrit:

Par ailleurs, on peut avoir de forts bonnes relations, et d'autres moins recommandables. On ne traine pas dans les parages de gens qui expriment des opinions que je définirais comme absolument puantes, mais c'est mon point de vue personnel, sans en subir les conséquences. Disons que ça classe et oui, ça disqualifie à mes yeux.

Sauf que ces opinions que tu attribues à Bricmont ont tout l'air du fantasme.

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MessageSujet: Re: Au sujet du nationalisme français   Jeu 19 Aoû 2010 - 22:24

blue note a écrit:
Serait-il aussi possible de faire remarquer à quel point ceux qui, très vertueusement aussi, se disent juste anti-sionistes, ce qui se tient intellectuellement, sont très étrangement également antisémites. Le terme permet juste de camoufler un truc pas très politiquement correct.
Je suis désolée : je m'incruste alors que je n'ai pas tout lu, pas en état. Mais ça, ça m'a fait bondir. Parce que je suis anti-sioniste. Et PAS antisémite. Et parce qu'il existe aussi nombre de juifs anti-sionistes.
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MessageSujet: Re: Au sujet du nationalisme français   Jeu 19 Aoû 2010 - 23:17

Oui oui, tu as raison lulu et j'aurais du modérer mon propos : disons que beaucoup de gens camouflent leur antisémitisme par un antisionisme de bon aloi. D'ailleurs, ils s'en fichent bien du sort des arabes itou.
Beaucoup mais certainement pas tous, j'en suis parfaitement consciente. Je ne doute pas de ta bonne foi. Et certes, il y a des israéliens juifs qui sont anti-sionistes. Parce qu'il est quand même assez évident qu'il y a des horreurs qui se commettent. Des deux côtés, remarque. Et pour de bonnes ou de mauvaises raisons, la plupart des raisons de tuer son prochain pour moi n'étant pas très bonnes en général.

Ah oui, sinon, Alejandro, ça m'arrive de ne pas être pas très fair-play. Ca m'arrive de montrer les dents, même.
Ce texte et son auteur suscite la plus grande réserve de ma part, pour parler smart. Pour parler plus cru, viscéralement ça me fait gerber. Ne cherchons pas forcément à disséquer, là j'exprime une opinion tripale.

"Ca s'écrit Sarkozy, avec un z." Ah ouiche, désolée, j'ai l'impression que je fais une sorte d'allergie. C'est portugais, donc, pas espagnol.
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MessageSujet: Re: Au sujet du nationalisme français   Sam 21 Aoû 2010 - 1:53

blue note a écrit:

Ce texte et son auteur suscite la plus grande réserve de ma part, pour parler smart. Pour parler plus cru, viscéralement ça me fait gerber. Ne cherchons pas forcément à disséquer, là j'exprime une opinion tripale.

C'est quand on jette la raison aux orties et qu'on réfléchit avec les tripes que l'on se retrouve à coté de la plaque.
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MessageSujet: Re: Au sujet du nationalisme français   Sam 21 Aoû 2010 - 3:14

Pas d'accord. Mais alors, pas du tout. Sans vouloir décapiter l'un au profit de l'autre, je dirais que c'est en faisant marcher sa raison et ses tripes qu'on a quelque chance de ne pas se faire abuser.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Au sujet du nationalisme français   Sam 21 Aoû 2010 - 14:12

Romane a écrit:
Pas d'accord. Mais alors, pas du tout. Sans vouloir décapiter l'un au profit de l'autre, je dirais que c'est en faisant marcher sa raison et ses tripes qu'on a quelque chance de ne pas se faire abuser.

Don Quichotte se fia à ses tripes en s'en prenant aux moulins à vent et y laissa la raison.

Ici, pareil. blue note s'en prend à un fantasme qu'elle croit voir dans un texte et dans l'auteur de ce texte. Comme ce qu'elle croit voir n'existe pas, elle est, sur ce sujet, à coté de la plaque.
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MessageSujet: Re: Au sujet du nationalisme français   Dim 22 Aoû 2010 - 0:14

Alors disons que j'aurais du parler du texte dans sa globalité, des opinions que ce monsieur exprime dans d'autres textes, de son analyse en général, de certain ami en particulier, sans bloquer sur un point de détail que tu estimes mal interprété de ma part.
Dans l'ensemble de ce que j'ai vu ou lu, excuse moi, je le répète, ça pue. Et ça ne ressemble pas à un fantasme de ma part.
Je suis sinon quelqu'un de très méthodique, je décortique, j'analyse, je ratiocine, je découpe le cheveu en 25, je dresse même des listes mentales de "pour" ou "contre". Mais cette belle raison et cette logique ne font absolument pas le poids quand j'ai une impression négative aussi forte.
Réfléchir avec sa tête seulement, c'est s'exposer à stagner et balancer sans cesse. Une belle démarche intellectuelle, mais la vie vous pousse aux fesses et quelque fois s'en fiche pas mal des belles théories. Parfois, il faut écouter son seul instinct. Je t'ai livré ce que disait mon instinct. Disons que je suis une mauvaise débatteuse sur ce sujet, vu que mon opinion est effectivement tripale.
Et comme cette confiance en mon instinct m'a déjà sauvé la peau, je l'écoute.
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