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 La rationalité

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thierry

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Nombre de messages : 601
Localisation : Savoie.
Date d'inscription : 28/10/2009

MessageSujet: La rationalité   Sam 14 Aoû 2010 - 22:11

Du jour au lendemain.
Le 14/08/2010 à 12:02
http://la-haut.e-monsite.com/

C'est le titre du film que nous avons regardé hier soir. Avec Benoit Poolvoerde.

Totalement désespérant...L'histoire d'un homme qui "du jour au lendemain" va voir sa vie passer d'un long marasme quotidien, avec une rupture sentimentale, une situation professionnelle humiliante et de multiples désagréments quotidiens à un bonheur parfait, sans aucune explication, sans avoir changé quoique ce soit en lui, une transformation totalement irrationnelle. Et cette absence d'explication va rendre pour lui ce bonheur totalement insupportable, il ne va pas s'y retrouver, l'image à laquelle il est attaché, dans laquelle il se reconnaît s'est effacée, les autres, ses proches, ne le voient plus de la même façon, tout ce qu'il vit est empli d'un bonheur immédiat, sans qu'il élabore le moindre projet, sans qu'il intervienne le moins du monde dans cette accumulation de situations positives. On sent alors, au fil des jours, que cette situation l'angoisse, qu'il semble attendre, guetter sans cesse l'instant où tout va s'arrêter, que ça ne peut pas continuer ainsi alors que rien ne l'explique...Cette disparition de ce qu'il était va le conduire à la folie...Alors que sa femme est revenue à ses côtés et qu'elle attend un bébé, il est interné en hôpital psychiatrique. C'est un homme inapte au bonheur et qui sombre.

Le médecin explique à sa femme que seul un évènement déclencheur pourrait le ramener à la vie.

C'est la cafetière qui va s'en charger, cette cafetière, qui au lieu de dysfonctionner chaque matin s'était mise à faire normalement du café, de façon irrationnelle, alors qu'il n'avait nullement cherché à la réparer, cet engin anodin va de nouveau s'emballer. Ce retour à une vie passée, celle qu'il voulait retrouver, celle qui correspond à ce rôle de "perdant", va le sortir de sa torpeur et le ramener à la vie...Mais quelle vie ?...Celle d'un homme qui n'a pas su saisir ce que la vie réelle lui proposait, celle d'un homme qui préfère rester enfermé dans ses conditionnements, sa "raison", son histoire...Il préfère être ce qu'il a toujours été que d'accepter cette irrationnalité, ces phénomènes inexpliqués, qui n'ont aucune "logique" pour lui...



http://www.youtube.com/watch?v=Z5rs6jZ7-vQ



"Mais qu'est-ce que vous avez tous avec votre amour?"



Tout le problème est là. Cet homme ne peut pas être aimé, pas de façon aussi universelle, la vie ne peut pas être aussi belle, pas avec son histoire..."Se libérer du connu." Voilà ce qui aurait pu le sauver.

Et c'est là que ce film passe, à mes yeux, de la comédie, ou satire sociale à une vision désespérante de l'humain.



Cet enfermement "rationnel" est avant tout éducatif et social. L'identification de cet homme à son histoire, une histoire qu'il a lui-même fabriquée par une attitude constamment négative, va l'emporter sur le changement "irrationnel" qui lui est proposé par la vie elle-même. Il ne s'agit pas de "chance", de "destin",mais de l'opportunité d'appréhender la vie d'une autre façon. Mais la peur va être la plus forte, la peur de ne plus exister dans un rôle, la peur de ce changement considérable d'existence. Celui qui ne change pas est avant tout un être qui a peur, ça n'est pas une question d'incapacité mais d'interdiction. C'est en cela que le conditionnement est une enceinte, un carcan, une geôle adorée. Se plaindre de cet enfermement est plus rassurant que d'en sortir...C'est effrayant...



J'ai longtemps eu peur, après la rémission inexpliquée de mes trois dernières hernies discales, que le mal me retombe dessus. Ca n'était pas rationnel, les médecins n'y comprenaient rien, moi non plus. Je savais bien que j'avais vécu une situation incompréhensible, que j'avais basculé à un moment dans une dimension inconnue mais cette absence d'explication était une torture. J'avais peur. Ca ne pouvait pas durer cette rémission, ça allait me retomber dessus sans prévenir, revenir aussi brutalement que ça avait disparu. Ce bonheur n'était pas pour moi...L'identification...Je devais me libérer du connu, de ce passé morbide, de cette détresse à laquelle je m'étais attaché parce qu'elle m'offrait un rôle en "or"...La victime, le malheureux, le supplicié...C'est là que j'ai compris que je devais écrire " Les Eveillés", aller chercher au plus profond de mes traumatismes les plus anciens la source de cette inaptitude à être heureux...Comprendre aussi que le seul instant réel, c'est celui dans lequel j'existe, que je n'avais aucune réalité dans ce passé assassin, que je n'étais rien dans cet avenir incertain, mais que le fait de me lever librement de ma chaise, sans tituber, sans canne, de pouvoir marcher, puis courir, puis skier était la seule réalité, la seule vie réelle.

J'ai enfin appris à vivre. Ca m'aura pris quarante-deux ans. Six ans que je vis pleinement, librement. Libre de moi-même, de l'autre, celui qui est mort lorsque je suis né.

La rationalité
Le 14/08/2010 à 20:08





J'en reviens à cette fameuse raison qui fait que bien souvent nous ne parvenons pas à saisir ce qui est proposé parce que cela ne correspond à rien de connu dans le domaine culturel de notre raison.

« L’irrationalisme » pose comme principe que la connaissance ne repose pas uniquement sur la raison. Cet irrationnel n’est pas simplement ce qui reste à expliquer. Il est bien davantage un aspect irréductible des phénomènes. Ceux concernés par la métaphysique notamment.



Hegel dit que « tout ce qui est réel est rationnel. » Cela voudrait dire que le refus bien réel de certains hommes de s’intéresser à l’irrationnel est rationnel…

Lancer une bombe atomique sur une population civile ne peut pas être une décision rationnelle…Empoisonner des vaches avec de la poudre de vaches mortes et vendre cette viande ne peut pas être un acte rationnel. Utiliser du sang contaminé pour faire des transfusions, vendre des produits alimentaires constitués d’organismes génétiquement modifiés, faire des essais d’explosions nucléaires, jeter dans les océans des containers de déchets radioactifs, rejeter dans l’atmosphère des poisons comme autant de bombes à retardement, voter pour Nicolas Sarkozy…, tout cela et le reste (la liste est longue) ne peut pas être rationnel.

Ou alors la raison est une abomination.



La raison de certains hommes est totalement déraisonnable si on se place du point de vue universel. Leur irrationalité a des fins mercantiles et égoïstes. C’est malheureusement réel. Et c’est leur « raison » d’être.



Tous les actes humains seraient donc générés par la raison, même si ces actes vont à l’encontre des hommes, de la planète, de la vie elle-même. On ne peut par conséquent se fier corps et âme à cette raison. Ca serait totalement déraisonnable…



Blaise Pascal avait démontré que la condition de l’homme était irrationnelle. Rien ne pouvant justifier le fait que nous existions. Leibniz se demandait « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »

Sartre à son tour écrivait que « tout existant naît sans raison. »



C’est complètement irrationnel tout ça ! Ah oui, bien sûr, il suffit de faire intervenir Dieu et son projet pour que la raison l’emporte. Dieu serait donc rationnel ? Hum…Finalement, la raison émet des supputations que l’irrationnel adore…Certains sont très doués dans la dialectique pour détourner la raison…

Et si tout cela n’avait aucune raison, si le phénomène de la Vie n’avait aucun objectif, aucune raison d’être, sinon juste d’être là ? C’est notre raison cartésienne et obsessionnelle qui imaginerait une justification à l’ensemble. Mais l’imagination n’est pas rationnelle. Diantre, on tourne en rond !!



Si je reprends le film dont j’ai parlé hier « Du jour au lendemain », c’est bien parce que l’absence de solution rationnelle laisse libre cours à l’imagination que le personnage principal part en vrille et se retrouve interné. L’imagination ne peut pas expliquer les phénomènes rationnellement. Seule la science peut le faire. Mais si celle-ci se retrouve désemparée, que reste-t-il à nos âmes égarées ?

La folie ou la métaphysique. Guère d’autres choix. Ah, si, bien sûr, le sommeil éveillé ! Continuer à vivre comme un pantin, conditionné, formaté, cultivé, moulé, encapsulé. Ce modèle a beaucoup de succès d’ailleurs. Très à la mode. Reproductible à l’envie, facilement transmissible.



Pour la science, dire que l’eau est chaude ou froide n’est pas une vérité. Il convient d’en mesurer précisément la température pour établir une vérité vérifiable à l’infini. Il y a bien évidemment par conséquent des vérités scientifiques. Mais qu’en est-il de la souffrance, des espoirs, des rêves, des regrets, des pensées, des émotions, des perceptions sensorielles et extra sensorielles, des intuitions, des coïncidences, des synchronicités, des visions prémonitoires, des rémissions, des guérisons médicalement inexplicables, des miracles ? N’y a-t-il pas également des « vérités » invérifiables, injustifiables, incompréhensibles mais pourtant répétées un nombre de fois incalculable par des millions d’individus dans une réalité visible, palpable, connue, à défaut d’être reconnue? Est-ce parce que tout cela n’est pas reproductible scientifiquement qu’il n’est pas possible d’y voir un phénomène autrement caractérisé par l’irrationalité ? Je peux me permettre d’en parler, j’ai déjà dit pour quelles raisons.

On se souviendra qu’Alfred Wegener en son temps était rabroué pour sa théorie de la tectonique des plaques. Il est mort au Groenland en tentant de prouver qu’il avait raison et que la raison scientifique de l’époque n’était tout simplement pas assez évoluée pour accéder à un système aussi étourdissant à l’échelle humaine.



Cette raison ne devrait-elle pas garder raison en s’interdisant d’interdire ?



Qui peut dire aujourd’hui ce que sera le niveau de connaissances dans mille ans ? Peut-être les hommes de ce temps à venir éclateront de rire en étudiant l’ignorance dans laquelle nous évoluons sur un plan spirituel, métaphysique, philosophique…Il serait raisonnable d’y songer.



Ce que je n’aime pas finalement c’est l’oppression scientifique, cartésienne. Cette idée selon laquelle, tout ce qui n’est pas de l’ordre du rationalisme n’est pas réel est une hérésie aussi destructrice que d’affirmer outrancièrement que Dieu existe. On entre dans l’hermétisme, le fanatisme, le prosélytisme, le terrorisme spirituel. Pour Descartes et Platon avant lui, il s’agissait de fonder la connaissance sur autre chose que le mythe ou la religion. Si ce rationalisme devient à son tour une entrave, un cadre infranchissable, on ne s’en sort plus…



Et d’ailleurs, aucun scientifique ne parviendra à me convaincre que je ne suis pas réel alors que je marche irrationnellement. Alors, quoi, je suis un monstre, une erreur, un plantage de la matrice ? On pourrait monter un sacré grand club tellement nous sommes nombreux. Tiens, en voilà, une idée qu’elle est bonne…

Maldevivre et Antidote
Le 14/08/2010 à 20:25

Est-ce que quelqu'un oserait dire que sa réponse est irrationnelle?



http://www.dailymotion.com/video/x9axew_regard-d-espoir-contre-le-cancer_news



Est-ce que l'amour est irrationnel ?
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http://la-haut.e-monsite.com/
 
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