en copie, ce nouveau papier pour le bulletin municipal,
La fougère aigle
Une grande dame controversée
Carte d'identité
« pteridum aquilinium » se distingue de nombreux autres types de fougères en rosaces ou arbustives par la forme de ses feuilles pennées au pédoncule imposant, partant du sol, sur lequel se greffent, alternées, des ensembles de folioles dentelées ressemblant à des ailes. Une coupe au bas du pétiole laisse apparaître comme un aigle à deux têtes qui justifie son nom. C'est une grande dame aérienne semblant voler dans les sous-bois au milieu de nombreuses semblables. Cette vivace ne tolère rien sous elle à part les ronces et se multiplie, non par les spores attachées à ses feuilles, mais par ses racines, des rhyzomes profonds qui se démultiplient.
Elle est aussi une des doyennes de la planète et a survécu à l'ère des dinosaures en se transformant d'arbuste à plante. Est-ce à cause de la profondeur de ses racines ou à sa forte contenance en silice ?
Elle s'installe de préférence en sol acide et profite de la moindre friche ou fissure, aimant les sous-bois aérés.
La controverse
L'envahissement de la fougère, sa difficulté d'élimination et son intolérance à voir évoluer d'autres plantes qu'elle sur son territoire, sa toxicité pour les animaux, font qu'elle peut être haïe; ou aimée si l'on prend en considération ses utilités.
Les usages : au jardin
Elle peut être très utile au jardinier. L'étaler fanée sous le tas de compost permet l'éloignement des rongeurs et apporte à l'humus azote, potasse et phosphore en quantité plus grande que le fumier bovin.
Entre les rangs de salades, elle protège des limaces et entre ceux de fraisiers forme une couverture de sol qui empêche le développement d'herbes indésirables. En couvrir les plants sensibles comme la mâche ou les artichauts, les protège du gel. On l'utilise aussi en purin.
Encadré : purin de fougères : laisser macérer une unité de fougères fraîches (un dixième d'unité de fougère sèche) dans 10 unités d'eau, pulvériser comme insecticide, dilué à 10% sur les attaques de pucerons au printemps et pur, en hiver, pour les cochenilles et le puceron lanigère. Sur le compost pour compenser le manque de magnésie, car contrairement à ce que l'on pourrait croire, la fougère n'est pas acidifiante mais alcalinisante.
À la cuisine :
bien qu'utilisée en d'autres temps pour sa farine de rhyzomes ou pour ses jeunes pousses encore en crosses, cuites ou crues, il est déconseillé de cuisiner la fougère qui aurait des propriétés cancérigènes.
PS : la fougère mâle, « dryoptéris filix-mas », reconnaissable à un pédoncule qui ne se divise pas, à son port moins élevé et à son développement en rosace, peut avoir les mêmes usages que la fougère aigle.
A la prochaine avec le sureau !
Mes sources : internet, « Ravageurs et maladies au jardin, les solutions biologiques » de O. SCHMID et S. HENGGELER, éditions Terre Vivante; « Coccinelles primevères mésanges...la nature au service du jardin » de Denis PEPIN et Georges CHAUVIN, édition Terre Vivante.
j'ajouterai pour vous qu'au cours des siècles et lors de la disparition des dinosaures, les fougères, qui étaient dans l'hémisphère nord arbustives comme elles le sont aujourd'hui dans les régions tropicales, ont muté vers les formes que nous leur connaissons maintenant. Sans aller jusqu'aux tropiques, il en existe au Portugal, au parc magnifique de Bucaçao. Et sans le savoir à l'époque, j'ai ramassé et bien sûr négligé de garder des fossiles de ces fougères arbustives de nos régions que l'on trouvait fréquemment dans les déchets de charbon des mines du nord.

la fougère aigle





