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 Est-on, ou devient-on ?

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Romane
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MessageSujet: Est-on, ou devient-on ?   Dim 19 Sep 2010 - 21:56

A ceux qui se posent la question "qui suis-je", je soumets ici un thème : est-on ou devient-on jour après jours, à force de se frotter aux situations, aux circonstances, aux systèmes d'une société, aux habitudes culturelles, aux expériences de vie ?

En fait, se transforme-t-on à petits pas, à petits points, ou est-on fondamentalement un et soi, malgré le mouvement alentours ?

Qu'en pensez-vous ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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thierry

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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Dim 19 Sep 2010 - 22:44

Romane a écrit:
A ceux qui se posent la question "qui suis-je", je soumets ici un thème : est-on ou devient-on jour après jours, à force de se frotter aux situations, aux circonstances, aux systèmes d'une société, aux habitudes culturelles, aux expériences de vie ?

En fait, se transforme-t-on à petits pas, à petits points, ou est-on fondamentalement un et soi, malgré le mouvement alentours ?

Qu'en pensez-vous ?

Oufti !! Une interrogation à ne pas dormir de la nuit ça !!!

Au premier abord, je répondrai bien évidemment qu'on se transforme effectivement tout au long de notre existence. On évolue, on change, pas seulement physiquement mais bien entendu intérieurement, dans nos convictions, nos idées, nos passions, nos amours, nos espoirs. Même nos pires regrets finissent par s'effacer parfois.

Et puis ensuite, si on essaie de sortir de cette vision "primaire" , celle qui est visible, analysable par le mental, on peut se demander si effectivement il n'y a pas une part immuable...

J'ai bien une petite idée mais faut que je l'affine...Je reviendrai Smile
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Romane
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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Dim 19 Sep 2010 - 22:56

Oui oui, affine et reviens, ça m'intéresse !

Et pendant que j'y suis : le métier que l'on choisit est il influent sur notre regard ?
Et j'ajoute : le fait d'avoir pratiqué plusieurs métiers très différents a-t-il pour conséquence de nous permettre un regard plus étendu, plus vaste, multiple, je dirais ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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thierry

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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Dim 31 Oct 2010 - 11:23

Et ben voilà, j'ai affiné Smile En fait, je me suis retrouvé dans cette réflexion par rapport à ce que je vis avec les enfants en classe. Alors voilà.


Une réalité instable.

Je suis stupéfait et parfois consterné par la puissance des croyances. Ces croyances qui construisent en nous une certaine réalité. Un exemple. J'ai dans ma classe un élève qui a toujours été considéré par les enseignants comme un perturbateur, un enfant paresseux, soutenu par les parents, un "fardeau", comme me l'a dit la collègue précédente...

Comme chaque année, je refuse de lire les dossiers scolaires de mes élèves et je leur dis le premier jour de classe que je ne sais rien sur eux, que je ne veux pas qu'ils entrent dans ma classe avec l'idée qu'ils vont encore être jugés sur leurs "défauts", comme s'ils avaient une étiquette collée sur le front, qu'ils savent quels comportements ou quelles lacunes ont servi aux enseignants précédents pour que ce jugement les poursuive et qu'ils doivent par conséquent travailler sur eux-mêmes pour se défaire de cette étiquette, que je fais toujours la différence entre leur nature d'enfant et leur fonction d'élève et que ce qu'ils font n'est pas la même chose que ce qu'ils sont, que je ne veux pas qu'ils établissent en eux des croyances liées aux regards et aux "condamnations" que leur porte les enseignants, qu'il m'importe avant tout qu'ils cherchent en eux ce qu'ils veulent être et non se laisser piéger par l'image néfaste dont certains adultes les affublent.

"Vérifie toujours à chaque instant, que tes pensées, tes choix, tes décisions et tes actes sont à l'image de la personne que tu veux être."

C'est affiché au-dessus du tableau et je les renvoie souvent à ce texte. C'est leur propre regard qui doit être le seul juge de paix. Je ne suis parfois, quand c'est nécessaire, que le déclencheur de cette réflexion en eux.

Cet enfant dont je parlais au début a totalement changé. Il s'est révélé très curieux, dynamique, intéressé et intéressant, il participe, apprend ses leçons, lit à la maison, raconte à ses parents tout ce qu'il vit en classe. La maman est venue me voir pour me faire part de son bonheur, ainsi que de son mari, quant au plaisir de son fils de venir à l'école. "A table, on ne peut plus en placer une, il a toujours quelque chose à raconter."

Ce petit garçon s'est cassé le bras trois jours avant la rentrée de septembre, c'est dire la peur qu'il avait de revenir en ce lieu maudit...

Je suis évidemment très heureux de son évolution.

Mais également consterné, effrayé par la puissance destructrice ou bénéfique des croyances que nous adoptons. Ce petit gars avait une mauvaise image de lui-même et ne parvenait plus à en sortir. A force d'entendre qu'il était "nul", il avait fini par adopter le comportement associé à cette image. Cette certitude en lui d'être un moins que rien le conduisait immanquablement à n'exister qu'à travers des attitudes "rebelles". En le félicitant à la moindre occasion, en le valorisant, en l'encourageant, sans jamais porter de jugement sur ce qu'il faisait mais en le renvoyant si nécessaire à l'image qu'il voulait avoir de lui-même, je sais que j'ai réussi à inverser en lui cette croyance que l'école ne pourrait jamais le rendre heureux.

Le soir de la réunion avec tous les parents d'élèves, j'ai considérablement insisté sur la force des mots.

Dire à un enfant qui vient de faire une bêtise, "tu es vraiment nul" au lieu de dire "ce que tu as fait est vraiment nul", c'est ancrer en lui une image destructrice. Nos actes ne sont pas ce que nous sommes mais le reflet d'une émotion qui parfois nous dépasse : la colère, la jalousie, la paresse, l'inattention, l'indifférence, c'est ce qui existe en nous à un instant T mais ce n'est pas ce que nous sommes intrinsèquement parlant. Si l'individu n'avait pas commis cet acte, il serait toujours le même.

C'est le jugement porté par les pairs qui ancre dans l'individu cette idée que je suis ce que je fais. Un jugement qui doit disparaître.

Les évènements qui surviennent dans nos existences sont générés par de multiples paramètres et il suffirait qu'un de ces paramètres diffèrent pour que cette "réalité" change.

Ce petit garçon en est un exemple supplémentaire. Il a suffi que sa "réalité" quotidienne prenne une autre tournure pour qu'il devienne un autre élève. Mais l'enfant est toujours le même, l'individu n'a pas changé dans sa profondeur. C'est la façon dont il gère les évènements exogènes qui a changé parce que la réalité de sa vie d'élève a changé.

Où se situe la réalité dès lors ?

Est-il possible d'identifier clairement ce que nous sommes, cette réalité intime, existentielle ?

Dès lors que nous subissons des atteintes diverses et que nous n'avons pas la lucidité de faire la part des choses entre les tourments internes de nos interlocuteurs et notre réalité, comment établir une image stable et claire de ce que nous sommes ? On imagine bien l'immense difficulté que cela représente chez de jeunes enfants...

Il y aurait donc une réalité instable, liée à notre vie sociale, et une réalité existentielle, liée à notre être.

Mais cette réalité d'être est-elle un état originel ou quelque chose qui se construit en fonction de la réalité instable de notre vie sociale ?

Si l'an prochain, ce petit garçon de ma classe, en arrivant au collège, tombe sur un ou plusieurs professeurs destructeurs, qui sera-t-il ? Un élève perturbateur ou un élève passionnant et passionné ?

Existe-t-il en nous un individu stable ou sommes-nous uniquement des individus formatés et modelables ?

L'idée m'effraie considérablement.

Il suffit de penser à ces gardiens des camps de concentration. Certains n'auraient jamais imaginé tenir un tel rôle...Rien en eux ne les destinait à une telle abomination. Comment ont-ils pu se laisser entraîner de la sorte ? La force des conditionnements, des peurs, le désir d'adhérer à un pénomène de groupe pour exister et prendre une importance ...Il n'y avait chez certains d'entre eux aucune haine du peuple Juif. Bien d'autre paramètres sont entrés en jeu. La réalité sociale avait pris le pas sur la réalité existentielle. On sait que certains se sont suicidés à la libération comme si l'effondrement de cette réalité sociale avait brisé en eux la réalité existentielle et que le dégoût de soi avait pris le pas sur tout le reste.



On connaît ces histoires de jeunes de banlieue, brûleurs de voitures, dealers, petits pions au coeur d'une bande et qui un jour, pour diverses raisons, prennent conscience avec une violence immense de l'errance de leur existence et sortent de cette réalité sociale pour retrouver leur réalité existentielle. Certains deviennent éducateurs de rues.



La lutte constante de cette vie ne reviendrait-il pas à identifier constamment ce qui relève de cette réalité instable des conditions de vie et ce qui concerne notre réalité intérieure.

Ce que nous faisons n'est pas nécessairement ce que nous sommes.

Le bonheur serait par conséquent de réussir à vivre en actes comme en esprit. Faire ce que nous sommes, à chaque instant, dans chaque circonstance de vie pour que cette vie instable ne prenne jamais le dessus sur notre réalité.

Etre réel dans notre réalité.


__________________________________________________________________________________________________________________________________
Réalisme et réalité


1) "Réalisme" : Disposition à voir les choses comme elles sont et à agir en conséquence.

"Vous avez fait preuve de beaucoup de réalisme sur ce but."

On pourrait remplacer "réalisme" par "lucidité".



2) Tendance littéraire et artistique de la seconde moitié du XIX ème siècle à représenter la nature et la vie telles qu'elles sont.

Le réalisme est un mouvement artistique moderne apparu en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle, notamment en Italie et en Allemagne. Celui-ci naquit

du besoin de réagir contre le sentimentalisme romantique et contre « la sottise, le poncif et le bon sens ».

Il cherche à dépeindre la réalité telle qu'elle est, sans artifice et sans idéalisation, choisissant ses sujets dans les classes moyennes ou populaires, et abordant

des thèmes comme le travail salarié, les relations conjugales, ou les affrontements sociaux. Il s'oppose ainsi au romantisme, qui a dominé la première moitié du

siècle, et au classicisme. Il s'étendra ensuite à l'ensemble de l'Europe et à l'Amérique, où il survivra jusque dans les années 1950.

Stendhal, Balzac, Zola, Flaubert, Maupassant...

source wikipédia.



Et bien quand je repense à mes lectures de lycée, je ne vois pas dans le réalisme littéraire un saisissement de la réalité mais juste une étude des imbrications sociales au coeur d'une réalité instable. Il ne s'agit toujours pas de cette réalité existentielle dont je parlais précédemment. Loin de moi, l'idée de critiquer ces oeuvres et ces artistes mais je trouve que le terme "réalisme" prête à confusion. Il s'agissait d'une étude sociale libérée des enluminures du romantisme. On ne peut s'en plaindre mais de là à avancer l'idée qu'il s'agit de la réalité des individus, je n'irais pas jusque là.

Cette réalité existentielle est bien ailleurs que dans ces agitations relationnelles.

"Si tu n'es pas toi-même, qui pourrait l'être à ta place ?" demandait Henry David Thoreau. Et bien, tout le monde en fait lorsqu'il s'agit de cette vie sociale dans laquelle nous sommes engagés. L'individu peut chercher à être son idole, c'est très fréquent ou moins gravement à être intégré dans un groupe ethnique, religieux, politique, professionnel...L'individu n'est pas une entité individuelle mais une partie d'un tout. Et sans ce tout, il ne se sent plus rien. Combien de dépressions à la retraite, combien de désoeuvrés à la mort de M .Jackson, combien d'inconsolables à la mort d'une mère, d'un leader politique, d'une icône sportive...Inutile de chercher bien longtemps pour déceler de multiples dérives de cette sorte.



L'individu manque de réalisme dans cette réalité instable. Il manque de lucidité parce qu'il n'existe pas en lui-même mais extérieurement à lui-même. Il existe par rapport à une donnée rapportée. Le réalisme littéraire décrivait admirablement bien justement toutes ces imbrications relationnelles, toutes ces implications complexes. Mais il ne parlait pas de la réalité existentielle. Ca n'était sans doute pas son objectif d'ailleurs. Il y avait bien assez à faire comme ça...

Henry David Thoreau voulait sans doute décrire cette dérive de l'identification qui consiste à ne vivre qu'en fonction d'un pair. (d'un "père?") Si je ne suis pas moi mais que je vis par procuration en vénérant un être que je vois comme étant supérieur à moi, qui pourra prendre ma place en moi ? Et bien cet individu adulé justement. C'est lui qui vit en moi étant donné que je pense comme j'imagine qu'il pense, que je vis comme j'imagine qu'il vit, que je rêve surtout comme j'imagine qu'il rêve. Je suis lui sans que lui ne soit jamais moi. Je resterai immanquablement enfermé dans cette carapace rajoutée. Il ne saura rien de ce que je vis et je ne serai rien de ce qu'il est. Tout n'est que chimère.

Dans cette situation là, il est évidemment impossible de parler de "réalité".

Ni de réalisme.

Et pourtant, combien de fois avons-nous rêvé de ces vies rêvées de nos stars ?...Des vies par procuration. Heureusement, les contingences quotidiennes nous ramènent vite à la réalité instable qui se révèle cette fois infiniment préférable.



Alors qu'en est-il de ce réalisme ?

"Opportuniste, pragmatiste, utilitariste, matérialiste, naturaliste, positiviste, cru, sincère."

Je suis surpris des sens associés. Rien sur la lucidité. Sans doute parce que le terme est généralement employé pour des notions extérieures et non spirituelles, des façons précises d'appréhender la vie et non de l'explorer. Il suffit d'ailleurs de lire les quelques phrases proposées sur le net employant le terme. C'est effectivement très souvent matérialiste."

"Tu as manqué de réalisme en achetant cette voiture que tu ne peux pas payer."

Que voudrait dire la phrase :

"Je manque de réalisme envers moi-même."

Que je ne suis pas assez opportuniste ? Matérialiste ? Pragmatique ? Sincère ?

Rien à faire, je lui préfère le mot "lucidité".

Mais allons plus loin. Ce mot "réalisme"appartient à la famille de "réalité". Pourrait-on dire que je ne suis pas assez réel envers moi-même ? C'est là que je m'interroge depuis ce matin. Si je ne suis plus mari, père, enseignant, que suis-je ? Sommes-nous toujours ce que nous sommes par rapport aux autres ? Existons-nous nécessairement dans une relation d'altérité ? Même un moine chartreux existe par rapport à Dieu. Pas pour lui-même. Nous sommes condamnés à exister par rapport aux autres. Les écrivains réalistes tels que Zola parlait bien donc parfois d'existentialisme. Y a-til une réalité individuelle libérée du regard des autres ?

Bernard Moitessier dans son tour du monde à la voile en solitaire se sent exister par rapport à la mer, à la nature. Il n'existe pas en lui-même, c'est toujours au coeur d'une relation.

La différence essentielle avec le commun des mortels, c'est l'extrême lucidité qui l'habitait. C'est là que se trouve le réalisme existentiel. Il se savait relié mais sans se perdre dans cette interdépendance. Pas de disparition mais une élévation. Le réalisme consisterait à identifier clairement les liens qui nous unissent, à juger de leur puissance, à s'en détacher lorsque c'est nécessaire, à ne pas en être dépendant. Les relations ne nous donnent pas vie, il ne s'agit pas de soumission mais d'accompagnement. On en vient immanquablement à l'amour. Celui-là n'est pas une addiction mais un tuteur. On ne meurt pas sous son emprise mais il nous grandit. Parce qu'un tuteur a pour fonction de soutenir et non d'enchaîner. Il n'est pas une entrave mais un tremplin. L'amour destructeur n'a aucun réalisme. L'individu qui s'y soumet n'est pas réel. Puisqu'il n'existe pas en dehors de cet amour.

Je pourrais ne pas être mari, ne pas être père, ne pas être enseignant, j'aurais au moins une relation avec le jardin qui me nourrirait, avec la mer qui m'offrirait du poisson, avec les arbres fruitiers, une rivière, avec le soleil, la pluie, le vent, la nature. L'essentiel, tout comme dans n'importe quelle autre existence, serait de vivre tout ça avec lucidité. Ou réalisme.

A être réel.



Nous ne pouvons pas échapper à la réalité instable mais en identifiant tout ce qui la constitue, nous pouvons y devenir réel.



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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Dim 31 Oct 2010 - 14:59

D'abord on est. Puis on devient.
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Romane
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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Dim 31 Oct 2010 - 15:42

Super développement, Thierry.

Il m'amène à la réflexion suivante :

On dit réagir. Ré-agir.
Réagir à. Forcément à quelque chose.
A une situation (des circonstances) en fonction de la perception qu'on en a.
A une situation confrontée à notre vécu, notre personnalité, nos émotions.
On peut réagir avec soi et malgré soi (simultanément).
Agir comme ceci plutôt que comme cela veut-il dire "être" dans le sens représentatif de l'être ? Ou bien sommes nous décisionnaires pour un certain pourcentage et soumis pour un autre pourcentage ?

Ce qui expliquerait les gardiens des camps, ou les réactions rebelles, et tout un tas d'autres exemples.

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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Dim 31 Oct 2010 - 19:08

Romane a écrit:
Super développement, Thierry.

Il m'amène à la réflexion suivante :

On dit réagir. Ré-agir.
Réagir à. Forcément à quelque chose.
A une situation (des circonstances) en fonction de la perception qu'on en a.
A une situation confrontée à notre vécu, notre personnalité, nos émotions.
On peut réagir avec soi et malgré soi (simultanément).
Agir comme ceci plutôt que comme cela veut-il dire "être" dans le sens représentatif de l'être ? Ou bien sommes nous décisionnaires pour un certain pourcentage et soumis pour un autre pourcentage ?

Ce qui expliquerait les gardiens des camps, ou les réactions rebelles, et tout un tas d'autres exemples.

Bon, ben je vais réfléchir mdr
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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Dim 31 Oct 2010 - 23:07

Histoire de te donner le tournis, que peut-on dire de :

- du fait qu'on puisse être perçu de manière totalement différente par X ou Y. Alors qui est-on ? Ce que X perçoit ? Ce que Y perçoit ? Ce qu'on perçoit soi-même ? Un bout de chaque ?

- Doit-on justifier ce que l'on est ? Si oui, ou si non, pourquoi ?

- Comment le peut-on ?


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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Lun 1 Nov 2010 - 0:09

Romane a écrit:
Histoire de te donner le tournis, que peut-on dire de :

- du fait qu'on puisse être perçu de manière totalement différente par X ou Y. Alors qui est-on ? Ce que X perçoit ? Ce que Y perçoit ? Ce qu'on perçoit soi-même ? Un bout de chaque ?

- Doit-on justifier ce que l'on est ? Si oui, ou si non, pourquoi ?

- Comment le peut-on ?


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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Lun 1 Nov 2010 - 10:55

Cela revient au talent, au nazisme, à l'élitisme.

Nous naissons tous différemment, avec des attirances différentes. Physiquement bien sûr on change, certains par leurs couleurs de cheveux, de musculature etc...
Je crois à l'élitisme mais pas comme les vantards s'en - excusez moi la répétition - vantes. Nous avons tous un passé différent, qu'il soit bon ou mauvais et c'est en cela que l'on s'approche d'un élitisme qui diffère. Par exemple, à seize ans je suis allé jusqu'à l'héroïne ou en hôpital psychiatrique. Certains voient cela d'un regard malheureux, moi, je trouve ça cool. Cool, parce que j'accepte le passé et le présent, en revanche je n'accepte pas le futur, car si l'on se base sur le futur, nous ne sommes plus dans le présent. Le principal, après de multiples expériences c'est que nous devenons. Vous connaissez sûrement le proverbe qui dit "La vie est un livre et celui qui n'a jamais voyagé n'en a lu qu'une seule page."

Effacer son passé, je trouve cela honteux. Oscar Wild disait que l'expérience c'est le nom que l'on donne à nos échecs. Je ne suis pas d'accord, il n'y a pas d'échecs. Si j'avais choisis ne pas me diriger vers l'abime, l'abime ne serait jamais venu à moi. Tout aurait put être différent et cela aurait eu tout autant de sens, comme disait le poète. Le chemin que l'on choisit EST toujours le bon chemin. On vous impose des limites, par les lois, c'est le seul point qui peut nous ralentir. Personnellement, je suis quelqu'un de nihiliste, sans moral ni limite. Pour moi, tout est beau, tout est joli.
J'ai des crises d'angoisse aiguë, une agoraphobie des tas de maladie psychologique, je ne les rejettes pas, je les acceptes. Nous sommes des caméléons, nous sommes Dieu et cela même si je porte la croix inversé, car à chaque pas, nous créons, nous avançons.

Quant au talent, j'y crois aussi. Mais attention, je prends pour exemple la littérature, je ne crois pas au talent dans le sens "Je suis un né pour écrire des textes fabuleux", non je crois au talent d'avoir du plaisir à écrire, le talent de prendre plaisir à aller au cinéma etc... Nous devenons et ce perpétuellement, jusqu'à notre mort. Le principal est juste de s'accepter tel que l'on est et tel que l'on deviendra.
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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Ven 5 Nov 2010 - 11:01

François Ansermet et Pierre Magistretti : "L'individu se révèle génétiquement déterminé pour ne pas être génétiquement déterminé".
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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Ven 5 Nov 2010 - 15:21

Citation :
Effacer son passé, je trouve cela honteux.
Parce que tu crois que c'est possible ? Que nenni ! Tu peux essayer de l'oublier, tu n'arriveras jamais à l'effacer. Tout au plus, tu ta mémoire le transformera.

Citation :
il n'y a pas d'échecs
Bien sûr que si, mais dans un temps défini sur un point défini. Car le tout est de s'en servir pour rebondir vers le positif. L'échec est un instrument de mûrissement, en quelque sorte, et s'ajoute à un tas d'autres instruments, tels que les moments heureux, les réussites.

Citation :
Le chemin que l'on choisit EST toujours le bon chemin.
Comme pour la notion d'échec, tout dépend du regard que tu portes. Dans un sens oui, dans un sens non.

Ta définition du talent est très chouette !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Sam 6 Nov 2010 - 14:12

J'étais ronde,
je suis boulotte,
je deviens empâtée !

J'étais ignorante,
j'apprends,
demain quand Al sera passé...

alors...
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MessageSujet: Re: Est-on, ou devient-on ?   Lun 3 Jan 2011 - 17:39

« Je vais vous dire ce que je ne suis pas ; attention, c'est précisément ce que je suis. » (Freud, La négation)
« Le sujet ne se nie pas comme un qui se suiciderait. Il se nie dans son être, il est cette négation, et ainsi il ne revient pas à soi. Soi est précisément sans retour à soi, soi ne devient pas ce qu'il est déjà : devenir, c'est être au dehors de soi - mais pour autant que ce dehors, cette ex-position, est l'être même du sujet. » (Jean-Luc Nancy, Hegel : l'inquiétude du négatif)

Lu dans un petit bouquin passionnant : Introduction à Freud, le refoulement de la vérité, de Christian Hoffmann.
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