
Le compagnon de ma mère, Stéphane, a une passion : son potager. Depuis quelques années, il ne fait que ça du matin au soir.
Une belle production de légumes bien sûr totalement bio ("je n'y mets rien d'autre que de l'amour" dit-il).
L'année dernière, devant sa belle production de courges, je suis reparti de chez eux avec de beaux spécimens que j'ai préparés avec une grande diversité de plats, expérimentaux ou non.
Fort de ce succès, cette année, il m'a fait la surprise de consacrer une plus grande partie de son petit terrain à la courge, et cet automne encore, je suis revenu avec une belle cargaison, dont une courge de 100 kg. Le poids nous a tellement surpris en la soulevant pour la charger dans mon coffre, qu'elle nous a échappée des mains et s'est fracassée au sol. C'est celle qu'on voit par terre au premier plan ci-dessous.
En plus de toutes ces courges (dont des potimarons), il m'a également donné des céleris, des tomates, des carottes, des choux verts, des choux-fleurs, des poireaux et des salades.
Et voilà comment mon atelier-loft, que les gens prennent déjà tantôt pour une boutique d'instruments ou de luthier ou de bouquiniste, tantôt pour un salon de thé ou un dépôt vente de brocante, passe aujourd'hui pour une épicerie bio !

Ce que je préfère proposer à mes invités lorsque j'ai une belle grosse citrouille, c'est ma potée de potiron au curry et aux amandes.
Sa particularité est d'être servie dans la carcasse crue du fruit : tout le monde autour armé d'une cuillère et de pain pioche dans le plat posé au milieu de la table. Le bout de pain sert de sécurité en dessous de la cuillère lors de son trajet citrouille > bouche, mais normalement ça se tient bien sans couler.

LA RECETTE DE LA POTÉE DE POTIRON AU CURRY & AMANDES :
Très simple, en fait : il faut ouvrir la citrouille en haut en un cercle qui fait couvercle, puis enlever toute la chair, en raclant de façon à ce que la carcasse ne soit pas trouée pour servir de récipient.
La chair est cuite à la cocotte, avec 20% de carottes et pommes de terre, et peu d'eau (qui restera), comme une soupe épaisse.
D'abord faire revenir les morceaux de potiron dans l'huile d'olive, avec une gousse d'ail, ensuite seulement ajouter carottes et patates, le tout coupé en morceaux grossiers. Plus deux poignées d'amandes, effilées ou entières, et des raisins secs.
Pour la cocotte remplie aux deux tiers, je mets 4 cuillères de pâte de curry indienne (la forte, couleur rouille), je remue encore un peu, et là j'ajoute l'eau.
Le curry contient déjà de la muscade, mais j'en ajoute deux pincées, avec du sel. Puis je ferme la cocotte et fais cuire un certain temps (je fais toujours au pif... mais bon quand t'en as marre que ça tourne en faisant pcht pcht...).
À l'ouverture, je prends sur moi pour ne pas être trop subjugué par le somptueux fumet qui s'élève en mes narines, puis je pilonne le tout, avec mon pilon en bois. Certains utilisent le mixer, ça va beaucoup plus vite et ça laisse moins de "grumeaux" ; tu fais comme tu veux, mais les amandes et les raisins secs risquent de ne plus être présentables, dommage (en plus ça fait du bruit cet engin).
Une fois qu'il n'y a plus de morceaux, j'ajoute deux bols de poudre d'amandes en remuant, et un beau bouquet de coriandre fraîche, hachée ou non, puis un verre de crème fraîche et beaucoup de gruyère râpé.
L'option lardons est possible bien sûr.
Tout le contenu de la cocotte va normalement dans le potiron, qu'il reste à servir avec son couvercle.
De la salade est bienvenue pour accompagner.
Je recommande un vin rouge assez fort en bouche, un vieux Gigondas ou même un Chianti ont emporté ma préférence par exemple.

RECETTE DES STEAKS DE COURGE :
Autre astuce pour utiliser la "queue" des courges longues (sur la photo du haut, les plus nombreuses debout sur ma table). Cette partie cylindrique comporte un intérieur totalement plein, la partie creuse avec les graines étant située dans la partie ronde.
Je coupe donc des tranches épaisse comme une entrecôte, je les fais cuire exactement comme un steak de bœuf, dans de l'huile d'olive (bien sûr).
Sur cette photo j'ai choisi l'option miel / gruyère rapé, avec des zestes de citron... mais tout est possible.
(ici, je les ai faites un peu trop cramer, ça se voit bien, et c'était dommage, mais bon j'avais eu une visite impromptue pendant la cuisson)
