Romane Administrateur

Nombre de messages: 82361 Age: 57 Localisation: Kilomètre zéro Date d'inscription: 01/09/2004
 | Sujet: Le plaisir d'exister Sam 4 Déc 2010 - 22:13 | |
| Conférence philosophique de Lionel Faurré-Correard, prof de philo à Bayonne.  | Citation: | Lionel Fauré-Correard, professeur de philosophie, auteur de « Belharra », roman paru aux éditions Atlantica, tiendra une conférence philosophique sur le thème « le plaisir d'exister ».
Dans « Belharra », le roman de Lionel Fauré-Correard, le narrateur, discutant avec son ancien prof de philo, se cache derrière un « carpe diem » facile. Cueillir le jour, certes, mais quoi dans le jour ? demande le professeur. Vivre dans l'instant, c'est beau, mais cet instant est infini. On peut cueillir des sensations agréables, des sensations fortes, des sentiments, des idées. Nous sommes entourés d'une infinité de possibilités. Qu'est-ce qui est à cueillir ?
Finalement, le professeur répond : il faut cueillir le pur plaisir d'exister. Comme l'a dit Malraux, « si la vie ne vaut rien, ou pas grand-chose, rien ne vaut la vie ». Pour des êtres de passage comme nous, « la vie est notre seul luxe ici-bas », chantait Brassens dans « Mourir pour des idées ». Ainsi, et c'est un exercice de sagesse croit Lionel Fauré-Correard, il faut développer une certaine gratitude, au moins stratégique. Il faut s'émerveiller de voir la beauté, et s'il n'y a rien de beau à voir, s'émerveiller de voir. Dit autrement et dans un sens non religieux, il y a quelque chose de miraculeux à vivre dans un monde comme le nôtre. « Le bonheur se conquiert, au besoin s'invente. » |
http://tarnos.blogs.sudouest.fr/archive/2010/11/30/conference-sur-le-plaisir-d-exister.html
La séance démarre sur les chapeaux de roue. Ce très jeune professeur a une pêche d'enfer et de l'humour à revendre. Il entame son discours par sa présentation, et tout de suite je pense à filo, figurez-vous, parce qu'il y est question d'un parcours semblant favoriser un cheminement intérieur riche et bien planté, fait d'observation et d'expérience. De mémoire, je cite un séjour dans un monastère, des voyages à la rencontre d'autres cultures, notamment. Bref, tout cela laisse présager du nectar et rien que du nectar.
La première partie penche plutôt sur le bouquin et ce qu'il retire du surf en lien avec une philosophie de vie positive. Les métaphores se succèdent, belles et porteuses d'images parlantes. Le tout émaillé de citations d'auteurs, comme :
- C'est en se tenant assez longtemps à la surface irisée que nous comprendrons le prix de la profondeur (Bachelard - L'eau et les rêves)
- Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu'ils portent sur les choses (Epictète)
- Un moi trop puissant est une prisons dont un homme doit s'enfuir, s'il veut jouir pleinement des biens de ce monde (Russel)
- L'énergie que ces gens dépendent dans des tracas insignifiants serait suffisante, si elle était bien employée à faire et défaire des empires (Russel)
etc. etc.
Ce à quoi il ajoute dans son discours, que j'ai noté au vol :
- Ce que l'on apprend pas dans la sagesse, on l'apprend dans la douleur. - Il faut trouver sa place parmi les autres, et saisir le bon moment, ne pas vouloir l'éternité qui n'est qu'une utopie. - Nous ne voyons pas le monde avec nos yeux mais avec nos concepts. - Sortir du moi égocentrique et borné. - Refuser la soumission intellectuelle et celle aux grands hommes. - Avoir une vie intense pour la remplir : elle suffira. Par contre, si vous perdez votre temps elle ne sera jamais assez longue.
Une série de conseils et/ou constats, passant par la relaxation, l'attention, le pouvoir de représentation, etc. etc.
Ça s'est gâté lorsque les gens ont essayé de poser leurs commentaires ou leurs questions. Car visiblement, ce jeune prof dynamique et fougueux aborde assez superficiellement le sujet qui aurait mérité approfondissement. En fait, l'assemblée était constituée d'hommes et de femmes ayant roulé leur bosse, plus si jeunes et visiblement ayant creusé mille sujets dans leur propre réflexion intérieure. Alors donc les remarques et questions ont posé problème au conférencier, qui n'a pu que répondre "je suis d'accord avec vous" quand il ne laissait pas un temps de silence avant de passer à autre chose, laissant la question sans réponse et le débat sans débat. Apparemment, son chemin à lui n'est pas encore abouti, et c'est bien normal.
Car la simple description ne suffit pas à répondre à ce terrible sujet qui nous emporte vers le plaisir alors même que nous tentons tous de surnager à la surface des problèmes qui nous assaillent et parmi un monde fait de guerres et de tortures. L'ouverture de la conscience engendre la réception d'une avalanche d'images et de ressentis souvent douloureux pour ne pas dire insupportables. Et quand bien même on sait que se morfondre n'arrangera pas la misère d'ailleurs, il n'empêche qu'on est sensible à cette misère et qu'on souffre de ce que l'homme est capable de faire à ses semblables. Respirer trois fois un grand coup et se concentrer sur ses orteils n'est qu'une séance de relaxation pour permettre de souffler quelques minutes.
En fait, je crois que ce qui m'a dérangé dans cette conférence, c'est que ce jeune homme a refusé d'emblée à la première intervention pourtant sensée d'une dame, qu'il puisse exister des liens entre les choses, les états, les situations. Pour se débarrasser de la question à laquelle visiblement il ne savait pas répondre, ni même avouer : je n'y ai pas réfléchi (ce qui n'aurait dérangé personne, nous en sommes tous là et il n'y a aucun complexe ou aucune honte à avoir).
Or, n'importe quel philosophe vous dira que rien n'est cloisonné et que tout est mouvement et enchevêtrement. C'est bien ce qui fait la richesse de la vie, et le plaisir de l'explorer...
Au fait, que diriez-vous du plaisir d'exister ? *"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"* "Il ne suffit pas de dire. Encore faut-il prouver." http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
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