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 Ecrire ou ne pas écrire.

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Bronach

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Nombre de messages : 42
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Localisation : Pau
Date d'inscription : 02/07/2008

MessageSujet: Ecrire ou ne pas écrire.   Ven 24 Déc 2010 - 5:46

Je me suis inscrit il y a bien longtemps sur le site, et je n'ai que très très rarement posté. J'ai toujours eu des problèmes à écrire, si bien que je m'en désespérai. Pourtant l'envie ne m'en a jamais manqué. Peut-être les outils, les mots ou autre chose. Ainsi, cette nuit je me suis poussé un peu à écrire, et il en est sorti trois pages. Trois pages pas très développées d'un point de vue littéraire, mais trois pages de questionnement.

Après réflexion, il le me paraît obligatoire d'ouvrir ma réflexion aux autres. De ne pas la garder pour moi. Peut-être que d'autres ont connu les mêmes questionnements. Peut-être que certains les connaissent en ce moment. Ou peut-être est-ce plus égoïste, et c'est juste un besoin de réponse de ma part.

Peu importe. Il y a autant de manières de prendre un texte qu'il y a de lecteurs à ce texte.

Citation :
Ecrire ou ne pas écrire.

Pendant longtemps je n’ai pu écrire.

J’ai essayé, bien des fois, et encore d’autres fois. Je m’asseyais devant l’ordinateur, au bureau, ou me couchait devant lui sur le lit. J’essayais sur papier. J’essayais d’écrire les premiers mots, les premières phrases. Parfois je tentais d’abattre mes idées sur cette feuille blanche, d’autres fois je les laissais me guider. Mais à chaque fois, au bout de quelques lignes, j’effaçais tout. Je brûlais ou jeter mes débuts de productions. Autant d’infanticides que d’insatisfactions. Si j’eu dû être condamné pour tous ces crimes à mes bébés, j’aurais perdu la tête il y a bien longtemps.

Pourtant l’envie n’a jamais manqué. Toutes ces idées de comptes, de chansons, voire de romans… Toutes mortes nées, sans jamais comprendre. Un vrai supplice, un calvaire infligé, tant à ces rêves d’écriture qu’à tout mon être, que de ne jamais être capable d’aller plus loin que l’ébauche, et que de se sentir obligé de mettre un terme à leurs existences avant qu’elles n’aient vraiment commencées.

Puis j’ai rencontré l’Amour, le vrai, celui avec un grand A. Celui qui te fait douter, remettre en cause tes plans, te retrouver là où tu n’aurais jamais imaginé être. Celui qui mélange douceurs et douleurs, rêves et cauchemars, certitudes et doutes extrêmes. Elle avait un nom de fruits. Non, elle a un nom de fruits : nous ne sommes ni morts, ni séparés. Myrtille. Elle a ce je ne sais quoi que j’aime. L’esprit de liberté, doublé d’une âme d’enfant et d’un talent d’artiste renié. Des planches, à la danse en passant par le gospel et la danse, elle possède ce genre d’âme qui a besoin d’être sans cesse encouragé. Capable du meilleur, mais en ayant tellement peur du pire, qu’elle n’en fait plus rien. Un vrai talent, dans tout ce qu’elle entreprend. Mais tellement peur du résultat et des conséquences, tout comme moi.
Elle a raison sur un point. Nous nous ressemblons peut être trop pour construire une relation qui nous permette de nous épanouir. Mais avec elle, en essayant de la comprendre, j’ai l’impression d’apprendre à me connaître. Comme si le salut de mon âme d’enfant, joueuse, curieuse et inventive, passait par le salut de la sienne. A quasiment vingt-cinq ans pour moi, et trente et un pour elle, le moment est crucial. Le choix s’offre à nous ici. Comment trouver sa route, et en vivre, quand tout son être aspire à rêver, et que le monde « adulte » nous ramène tous les jours à la réalité, au loyer, aux factures, à faire les courses, le tout avec à peine plus de mille euros par mois ? Comment s’affranchir de ces chaînes de la société pour combler un esprit avide de découvertes et d’expérimentations ?

Mais déjà, la magie de l’écriture est là. Je m’écarte de mon idée de base, de mon titre. D’habitude, je laisserais mon esprit divaguer, mais aujourd’hui, le but est d’exprimer mon incapacité à écrire. Revenons à nos moutons. Pas ceux que nous risquons de devenir en écoutant cette société trop bienpensante, mais les moutons de mes soucis d’écriture.

Myrtille me demande souvent de lui écrire des textes. Un poème, une chanson, ou juste de lui exprimer différemment mon amour. J’avoue que jusque-là, je n’ai jamais réussi. Bloqué par cette incapacité handicapante d’écrire. Comme si même l’imagination se bridait à force de ne jamais la laisser s’évader. « Le processus de l’âge adulte ». Il s’agit de ne s’autoriser qu’à penser aux choses « terre-à-terre » jusqu’à ce que le reste disparaisse de soi-même.

Je crois que Myrtille veut libérer mon âme de ses chaînes. Mais tout comme la mienne, la sienne aussi est enchaînée. Et peut-être que comme moi, elle voit dans ma libération un moyen de se libérer. Mais quel travail nous attend alors ! Un chemin qui promet d’être des plus enrichissants !
Pour la fin de l’histoire, j’ai demandé à Myrtille un délai pour pouvoir écrire des textes. J’écrirai des chansons et les mettrai en musique. Elle devra les chanter. Voilà notre arrangement. Je crois que l’envie d’écrire pour la personne que j’aime m’a poussé plus que tout à comprendre ce bridage. Ou que c’est plutôt le besoin de comprendre mon incapacité à écrire pour la personne que j’aime qui me repousse à écrire.

Quand j’écrivais, j’avais peur des réactions de mes potentiels lecteurs. D’entendre que mon texte était mauvais. Pertinemment au fond de moi je sais que mes premiers textes seraient tous améliorables, mais mon besoin de perfection m’empêchait d’entreprendre une chose dont je ne pourrais être fier à la fin. Mais petit à petit, j’ai appris à maîtriser cette envie de perfection, à faire de ce qui était un défaut handicapant tant dans l’écriture que dans la vie sociale, une qualité. Pourtant l’incapacité d’écrire n’a pas disparue. Ce problème est plus complexe, qu’il ne semble. Nous ne sommes pas dans un roman après tout, mais bien dans la vie réelle.

Ecrire, c’est partager avec son lectorat ses pensées. C’est se découvrir. Ecrire est un acte intime, où l’on expose tout son être. Mais cet acte intime se partage ensuite avec plusieurs personnes, surtout aujourd’hui à l’heure d’Internet. Ecrire, c’est un peu comme faire l’amour avec la femme de sa vie, mais devant une caméra qui retransmet en direct sur Internet chaque instant, les plus inavouables comme les meilleurs.

C’est un peu ça dont j’avais peur dans l’écriture. J’ai toujours eu peur des tréfonds de mon âme. Que serais-je capable de faire si je laissais toute la rancœur et la noirceur qu’il y a au fond de moi prendre le dessus ? Jusqu’où mes actes pourraient-ils me conduire ? Machiavel pensait que chaque être humain est foncièrement mauvais. Et si c’était vrai ? La race humaine est la seule race dans tout le règne animal depuis l’histoire de la Création qui tue pour le plaisir, qui extermine des populations entières alors qu’elle a le pouvoir de faire autrement. La seule race animale qui a mis en danger l’équilibre de l’écosystème planétaire. Ce n’est pas rien.

Dans un autre sens, je ne pensais pas à où pourrait me mener une vie consacrée à faire du mieux possible tout autour de moi. Car si je suis capable du pire, je suis aussi capable du meilleur. S’il a existé des gens comme Mère Theresa, l’Abbé Pierre ou encore Coluche, c’est bien pour nous pousser à donner le meilleur de nous-même chaque jour.

J’ai enfin compris que j’avais besoin d’écrire. Que d’écrire des textes noirs me permettrait d’exorciser mes démons. Ainsi, en allant voyager au plus profond de moi-même, peut-être que je découvrirai jusqu’où s’étend le mauvais dont je pourrais être capable. Mais certainement que de faire ressortir sur papier ces choses-là me donnerait l’occasion de mieux me connaître, et ainsi de ne plus en avoir peur.

Dans un même temps, il faut respecter une certaine balance. N’écrire que des textes noirs me plongerait aussi peut être dans une déprime à long terme. Etonnamment, il est plus facile de se montrer sous son angle le plus méprisable que de se montrer vertueux. Pourtant, il est important que je fasse cet effort. Ainsi, j’ai peut-être trouvé ma façon d’avancer dans l’écriture. Explorer la noirceur qui est en moi, mais pour chaque texte sombre écrit, se forcer à en écrire un autre, aussi lumineux que le précédent aura été sombre.

Alors oui. Oui, écrire. Ecrire pour le salut de cette âme d’enfant que j’ai si peur de perdre. Cette âme joueuse, joyeuse, curieuse, bavarde, avare d’expérience. Et pourtant capable de tout, du pire comme du meilleur.

La dernière chose, c’est de trouver le moyen de se tenir à ça. Un contrat moral avec moi-même peut-être ? Oui mais si cette peur de trouver au fond de soi des choses si sombres que rien que le fait d’y penser pourrait mener en prison reprend le dessus, ce contrat n’aura plus aucun pouvoir. Contrat moral avec Myrtille ? Mais alors, si jamais on venait à rompre, étant actuellement géographiquement séparés de plusieurs centaines de kilomètres ; si jamais on venait à rompre, comment ce contrat trouverait une justification ?

Il y a déjà trop de « si » et de « mais ». Alors, la façon la plus simple, c’est de voir l’écriture comme un dialogue. Internet est un outil fabuleux. Pousser les gens qui me liront à me demander de nouveaux textes régulièrement. Mais surtout à commenter ces textes au fur et à mesure. Ainsi il sera possible de les améliorer jour après jour. De mieux exprimer le message à faire passer. D’étoffer le vocabulaire pour être le plus juste possible dans ses mots.

Ainsi c’est à vous tous que je m’exprime. Ce texte est loin d’être arrêté. Il ouvre des questions, des questions que je me pose, mais que je ne suis peut-être pas le seul. Peut-être certains ont-ils trouvés leurs réponses. J’imagine ce texte comme une invitation à réfléchir sur les difficultés à écrire, à concilier vie moderne et imagination créative. J’y expose du personnel, comme avec Myrtille, mais ce personnel n’est que le reflet de moi. J’ai besoin de ça, de dialogues sur ces sujets ; l’écriture, la vie, l’amour. Je n’imagine pas du tout le seul dans cette position, j’espère juste inciter ceux qui ont résolus des problèmes semblables ou ceux qui les vivent à partager dessus.


Merci, David.

Voilà. J'espère pouvoir dialoguer là-dessus.

Et comme je l'ai dit, j'aurai bien besoin d'aide pour me lancer dans l'écriture. Romane, ou d'autres, si tu pouvais me lancer régulièrement des "sujets" d'écriture, je t'en serai infiniment reconnaissant. Un coup un sujet sombre, un coup, un sujet joyeux =)
Et n'hésite pas à mettre des contraintes à l'écriture s'il te plaît ! (Tant qu'elles sont surmontables ;-) )
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Romane
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MessageSujet: Re: Ecrire ou ne pas écrire.   Ven 24 Déc 2010 - 5:58

J'allais d'un clic me déconnecter de la Toile et partir dans l'autre, celle où je flirte avec Morphée, quand je t'ai vu par ici. Bonsoir David, heureuse de te lire, comme d'habitude sauf que d'habitude c'est "heureuse de t'entendre".
Il est tard ce soir, je n'irai pas bien plus au centre de ton post, il vaut mieux attendre d'avoir les idées claires. N'empêche, en premier réflexe j'ai envie de te dire : dès retour en Aquitaine, promis je relance les défis en live, pour retrouver l'élan. Ils te serviront sans doute autant qu'à moi qui n'écris plus de prose poétique depuis plusieurs mois.

Tu vois, ton cas n'est pas isolé. J'en connais d'autres aussi. Juste un passage, peut-être le temps de refaire le plein pour mieux repartir. C'est important de faire le plein. Et pas du tout inquiétant.
Je te connais assez pour savoir que tu n'es pas en panne d'idées. Juste qu'il faut les coucher noir sur blanc.

En attendant de revenir sur ce fil dès que, je vais me coucher. Blanc sur blanc, histoire de ne pas écrire en dormant.

Bises, mon grand, et à tout bientôt. Et d'ici là, belles fêtes à toi. Et j'espère te revoir tout bientôt. Wink

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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