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 Fiévreux février

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Pascal9

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Localisation : Nord de la France
Date d'inscription : 03/11/2004

MessageSujet: Fiévreux février   Jeu 3 Fév 2011 - 17:02



L'hiver est là... Dans les esprits aussi, malheureusement... Casse-cou de pratiquer l’utopie à plus de cinquante ans, c’est presque grotesque... La vie du moment ressemble à une sortie en apnée, on touche le fond, on remonte… On coule à nouveau… Revoilà déjà la surface... Je commence un peu à fatiguer, l'âge sans doute? Je commence à ME fatiguer et également, à faire tartir les autres, enfin, je crois... Pourtant, malgré la brume, je perçois un îlot, une faible lueur vacillante qui tremblote à l'horizon, pas encore la bonace mais quelque chose qui lui ressemble.
Il est temps pour moi de poser mes valises, elles sont de toutes façons pleines de pierres lourdes, de choses inutiles, de choses cassées : des regrets, des actes manqués... Comme tout le monde, enfin, je présume ? Tant d'énergies gaspillées en colères stériles… Paradoxalement, cette idée possède le don de me foutre en rogne une fois encore ... Décidément c’est indécrottable. Pourtant, je sens qu'il me faut passer à autre chose, l'indignation gratuite panachée d’une immobilité réprobatrice, voici l’une des plaies contemporaines.
A vouloir trop bien faire, j’ai trucidé le petit môme qui était en moi, enfin, sérieusement amoché... L'auberge de l'amiral Benbow est fermée et Jim Hawkins prend le métro... Long John Silver se cherche des amis sur Face book en attendant la retraite.... L'île au Trésor s’est paumée dans les vapeurs du quotidien... Pourquoi? Par paresse, Pour trop de complaisance envers d’insipides impostures... Les gentils se font manger par les anthropophages du "tous les jours", surtout quand les gentils sont indolents... Dans la glace, le matin, j'ai recherché mon reflet disparu comme Peter Pan a perdu son ombre. Seulement, à la différence de Peter, lorsque Wendy veut recoudre mon ombre, je me carapate... Finalement, la plus belle prison qui puisse exister, c'est celle que l'on se bâtit soi-même...
Heureusement, ou malheureusement, je ne saurai jamais? Me reste l'écriture, l'alignement des signes qui jalonnent mon existence... Mais je dois prendre garde, à trop marcher dans la marge, je finirai par me casser définitivement la gueule entre les interlignes.
Le pire dans l'histoire, c'est que le fait banal de se plaindre me parait des plus indécent, elle est commode finalement la place de victime, elle rassure, elle dédouane le vieil adolescent bien au chaud dans son quotidien. Mieux vaut refaire le monde sur le papier qu'en prenant des risques, pas vrai? C'est un vieux fond qui reste de mes jeunes années de révolte. C'est tellement plus facile d'être sur le banc de touche à critiquer ceux qui s'efforcent de jouer... L'aigreur des cinquantenaires, c'est pire que la mort prématurée. C'est une agonie qui peut prendre des décennies...
Alors, il faut trancher... S'évader des lieux communs, travailler chaque jour à s'assumer tel que l'on est. Les écrivassiers maudits finalement sont des types emmerdants. C'est toujours l'éternelle histoire du verre à moitié plein ou du verre à moitié vide, mais si tu regardes le verre sans y toucher, tu ne sauras jamais : grand cru ou arsenic? Mieux vaut savoir, sinon tu te contentes de piquette et tu as des aigreurs d'estomac pour l'éternité...
Il y a des gens tièdes, et ils sont très heureux ainsi, pourquoi pas? Il n' y a pas de recettes miracles pour le bonheur. Et puis, il y a les "Islandais", terre de feu et terre de glace, volcans et glaciers... Je suis un "Islandais" qui s'est efforcé à la tiédeur depuis des années… Pour peu de choses, par négligence ou par crédulité, certainement. Je ne fais le procès de personne dans ce constat, c'est un constat personnel et je plaide coupable. Le plus navrant est de constater que mon entourage, enfin ce qu'il en reste... N'est pas des plus heureux de me voir ainsi... Par commodité ou par un curieux et anachronique sens de l'honneur, j'ai fait le vide autour de moi, enfin lorsque je dis sens de l'honneur, c'est certainement une litote de plus pour qualifier ce que l'on peut appeler une certaine forme de pétoche. Le comble de l'orgueil, c'est certainement de vouloir jouer délibérément les modestes. Voyez comme je suis affligé. Regardez comme je suis amer de m'être immolé sur l’autel poussiéreux du nivelage quotidien... Les Saints devaient être de sacrés égocentriques! Enfin, Saint n'est pas un qualificatif adéquat en ce qui me concerne.
Les autres... Ils me font peur finalement... Toujours ce souci d'être évalué, mal jugé ou ignoré peut-être? Mais aller vers les autres, n'est-ce pas prendre un risque ou aller vers une découverte qui peut-être parfois intéressante? La solitude n'est acceptable que lorsqu'elle est librement consentie et pour un temps déterminé. La relation à l'autre doit se cultiver mais c'est certainement la chose la plus difficile à faire dans notre société.
Alors ma foi. va pour l'Islandais, avec la glace et le feu, des doutes et des certitudes, des moments d’accords magistraux librement assumés, des tiédeurs soporifiques, des gelées qui nous laissent presque agonisant, ce que certains nomment tout simplement la vie.

Salut les gens !
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Fiévreux février
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