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 LA PUNITION

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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: LA PUNITION   Dim 10 Avr 2011 - 19:17

La Punition








Ils étaient douze enfants, douze garçons qu’on avait fait mettre en file indienne et qui attendaient, piétinant sur place dans la cour de l’école, maladroits et honteux ; douze gamins qui auraient préféré, à cet instant précis, être des oiseaux libres, des albatros peut-être, légers comme dentelle dans le ciel au-dessus des flots, très loin au large, assez haut et assez loin pour qu’on les oublie.

Ils allaient être punis parce qu’ils avaient fait une bêtise. Eux ou d’autres. C’est sans importance dans ces circonstances. A défaut de coupables identifiés, vingt-quatre garçons de douze ans "seraient sanctionnés", selon l’expression employée par la voix. Pas question de s’y opposer. Aucun moyen de fuite. Ces douze-là, pleurnichant, reniflant, venaient d’assister à la punition des douze autres. Maintenant c’était leur tour. C’est comme ça. Douze écoliers en file indienne. Douze gamins de douze ans, troupeau hétérogène comme sont les enfants à cet âge indécis, certains pas plus hauts que trois pommes, affichant encore des visages de poupons, quand d’autres arborent déjà la stature des grands gaillards qu’ils s’apprêtent à devenir. J’ai pensé à mon fils et je me suis dit que je serais peut-être rentré pour fêter ses douze ans. Comment sera-t-il ? Encore malingre comme je le suis resté, ou déjà bien charpenté, comme sa mère ?

La voix a ordonné "Avancez !" et la file indienne s’est mise en mouvement lentement, maladroitement. Douze gamins mal à leur aise, qui reniflent, qui pleurnichent ou qui se tiennent coi. Disparates comme un vestiaire de brocanteur : en blouse ou en pull renforcés aux coudes, en short ou en pantalons rapiécés, certains avec une coiffure, béret ou casquette, d’autres nu-tête. L’un d’eux, le plus petit, disparaissait presque sous une pèlerine noire à la capuche démesurée. On eut dit un lutin. On ne le discernait qu’à peine mais on savait qu’il avait douze ans, comme les autres. J’ai compté et j’ai su que c’est lui que j’allais punir.

La voix a ordonné "Halte !" et ils se sont arrêtés. "A gauche… gauche !" La plupart ont pivoté du bon côté, mais quelques-uns on fait un quart de tour sur la droite, deux un demi-tour gauche. L’enfant à la cape n’a pas bougé. Je me suis dit "On dirait qu’il n’est déjà plus là". La voix a répété l’ordre. Ceux qui n’avaient pas pivoté dans le bon sens ont rectifié leur position, certains qui avaient bien exécuté le premier ordre ont tout de même obéi au second et se sont retrouvés face à leur camarade de gauche. La voix s’est mise à aboyer et, après un petit moment de confusion, tout est entré dans l’ordre. C’est-à-dire dans le rang. La voix a hurlé "Vous n’avez pas été sages alors vous allez être punis". Ceux qui pleurnichaient ont cessé de pleurnicher et se sont mis à renifler. Certains s’essuyaient le nez sur une manche. Quelques-uns regardaient vers le sol, penauds, comme s’ils se sentaient coupables. Et d’ailleurs ils étaient coupables puisqu’ils allaient être punis. D’autres scrutaient la foule des spectateurs qu’on avait convoqués, à la recherche du regard maternel – une maman doit pouvoir s’opposer à ce genre de punition, non ? – avec des yeux soit tellement tristes, soit tellement désemparés ou même tellement terrorisés qu’on aurait dû leur mettre un sac sur la tête pour cacher ces airs de chiens battus et rendre à la scène un peu de dignité.
Le gamin en pèlerine adoptait la bonne attitude, lui. Il se faisait le plus petit possible dans ses vêtements trop grands et il me sembla que son pantalon tombait maintenant davantage sur ses godillots. On ne voyait déjà plus ses yeux, mais seuls dépassaient encore de sa capuche son nez et son menton. Je me suis dit "Celui-ci a bien compris la stratégie : se faire oublier, disparaître". Deux ou trois gosses ont murmuré "Maman !" mais la voix a ordonné "Silence !". Alors ceux-là se sont remis à pleurnicher, c’était insupportable. Ils auraient mieux fait d’essayer de disparaître dans leurs habits, comme le petit lutin en face de moi. Lui s’en sortirait, j’en étais persuadé.

Brusquement un silence glacial s’est abattu sur la scène.
Alors la voix a crié : "En joue ! Feu !"


En fait, elle a peut-être crié, la voix : "Neem doel! Fire! ou bien Take aim! Fire! ou encore 瞄准!着火啦!ou Nehmen Ziel! Feuer! اتخاذ! الهدف! النار! მიიღეთ მიზანი! ცეცხლი! קח את המטרה! אש! Prendi la mira! Fuoco! Wyceluj! Fire! Ia obiectiv! Foc! Целься! Огонь! Kuchukua lengo! Moto! Нишани! Пали! נעמט ציל! פֿייַער! Membidik! Fire! 조준! 불이야! Apunta! ¡Fuego! Amaç al! Yangın!
... par exemple.

À ce moment j’ai fermé les yeux très fort.
Il y a eu un bruit assourdissant, le bruit d’une fusillade est toujours assourdissant. J’ai senti l’odeur de la poudre et j’ai rouvert les yeux. Quand le nuage de fumée s’est dissipé, j’ai compris que je n’avais pas tiré. Le petit bonhomme à la pèlerine et à la capuche trop grandes, celui qu’il m’incombait de punir puisque c’est lui que j’avais dans ma ligne de mire, se tenait toujours debout au milieu de ses camarades allongés. Il tremblait énormément mais s’était fait encore plus petit. Ses vêtements plissaient de plus en plus et sa capuche ne coiffait plus me sembla-t-il qu’un trou béant.

La tête d’où sortait la voix est devenue toute rouge sous son képi et a planté ses yeux dans les miens pour me signifier que je serais puni moi aussi. Plus tard. Sans hésiter, le lieutenant à qui appartenait la tête toute rouge s’est avancé, pistolet au poing, vers les écoliers. Je me suis dit "Pourvu qu’il disparaisse à temps ! Pourvu qu’il parvienne à s’évader !" Méticuleusement, l’officier a tiré une balle dans la tête de chaque enfant-cadavre, parce que souvent quelques-uns ne meurent pas sur le coup et ceux qui les enlèvent ne supportent pas les gémissements. Puis il s’est approché lentement du lutin dont on ne voyait plus que les habits, en souriant il a brandi son pistolet à hauteur du trou noir au centre de la capuche. Il s’est tenu ainsi immobile, d’éternelles secondes. La cape a cessé de trembler et le lieutenant a tiré.

Les vêtements, trop grands pour un si petit enfant se sont affaissés, légers comme une lingerie fine qui pend à un fil et qu’un coup de vent impudique viendrait décrocher. Ils sont tombés au ralenti, avec grâce, pour faire au sol un tas de nippes insignifiant, flasque et vide.

Le gosse avait réussi à s'échapper!

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Imprimé par nos soins. Ne pas jeter sur la voie publique.


Dernière édition par Scapinocchio de la Mancha le Mar 12 Avr 2011 - 20:04, édité 5 fois
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Vilain
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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Dim 10 Avr 2011 - 19:37

Waouh !.... chinois
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Tryskel
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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Dim 10 Avr 2011 - 20:11

Vilain a écrit:
Waouh !.... chinois

Itou!
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filo

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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Dim 10 Avr 2011 - 20:16

Court mais bien mené.
Trop même, car du coup c'est terrible !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est parfois un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
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Romane
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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Dim 10 Avr 2011 - 20:22

Toujours aussi beau, toujours aussi terrible, toujours aussi fort. Il y a quelque chose dans ton écriture, d'une grande qualité et d'une grande tendresse. Quel texte !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Dim 10 Avr 2011 - 20:28

Merci !
Pour la petite histoire, c'est le résultat d'un cauchemar qui m'a réveillé l'autre nuit : un gosse encapuchonné qui allait être fusillé.
On a les rêves qu'on peut...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Romane
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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Dim 10 Avr 2011 - 20:34

Justement, je me demandais où tu étais allé pêcher l'idée...

Scapinocchio de la Mancha a écrit:
Merci !
Pour la petite histoire, c'est le résultat d'un cauchemar qui m'a réveillé l'autre nuit : un gosse encapuchonné qui allait être fusillé.
On a les rêves qu'on peut...

Shocked

Les rêves forment un fantastique vivier, mine de rien.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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lucarne



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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Dim 10 Avr 2011 - 21:05

J'aime ! Pas si terrible que ça, je trouve, parce que le gosse a réussi son coup.
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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Mar 12 Avr 2011 - 20:08

lucarne a écrit:
J'aime ! Pas si terrible que ça, je trouve, parce que le gosse a réussi son coup.

Ses copains pas trop mais bon ! z'avaient qu'à pas faire de bêtises !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Jeu 14 Avr 2011 - 20:20

Comme toujours dansles jours qui suivent la fin d'une nouvelle, je modifie et fais pas mal de correction.
Alors je la remets la-dessous. (annule et remplace la précédente, comme on dit)

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Jeu 14 Avr 2011 - 20:21





La Punition







Ils étaient douze enfants, douze garçons qu’on avait fait mettre en file indienne et qui attendaient, piétinant sur place dans la cour de l’école, maladroits et honteux ; douze gamins qui auraient préféré, à cet instant précis, être des oiseaux libres, des albatros peut-être, légers comme dentelle dans le ciel au-dessus des flots, très loin au large, assez haut et assez loin pour qu’on les oublie.

Ils allaient être punis parce qu’ils avaient fait une bêtise. Eux ou d’autres. C’est sans importance dans ces circonstances. A défaut de coupables identifiés, vingt-quatre garçons de douze ans "seraient sanctionnés", selon l’expression employée par la voix. Pas question de s’y opposer. Aucun moyen de fuite. Ces douze-là, pleurnichant, reniflant, venaient d’assister à la punition des douze autres. Maintenant c’était leur tour. C’est comme ça. Douze écoliers en file indienne. Douze gamins de douze ans, troupeau hétérogène comme sont les enfants à cet âge indécis, certains pas plus hauts que trois pommes, affichant encore des visages de poupons, quand d’autres arborent déjà la stature des grands gaillards qu’ils s’apprêtent à devenir. J’ai pensé à mon fils et je me suis dit que je serais peut-être rentré pour fêter ses douze ans. Comment sera-t-il ? Encore malingre comme je le suis resté, ou déjà bien charpenté, comme sa mère ?

La voix a ordonné "Avancez !" et la file indienne s’est mise en mouvement lentement, maladroitement. Douze gamins mal à leur aise, qui reniflent, qui pleurnichent ou qui se tiennent coi. Disparates comme un vestiaire de brocanteur : en blouse ou en pull renforcés aux coudes, en short ou en pantalons rapiécés, certains avec une coiffure, béret ou casquette, d’autres nu-tête. L’un d’eux, le plus petit, disparaissait presque sous une pèlerine noire à la capuche démesurée. On eut dit un lutin. Ou un magicien. On ne le discernait qu’à peine mais on savait qu’il avait douze ans, comme les autres. J’ai compté et j’ai su que c’est lui que j’allais punir.

La voix a ordonné "Halte !" et ils se sont arrêtés. "A gauche… gauche !" La plupart ont pivoté du bon côté, mais quelques-uns on fait un quart de tour sur la droite, deux un demi-tour. L’enfant à la cape n’a pas bougé. Je me suis dit "On dirait qu’il n’est déjà plus là". La voix a répété l’ordre. Ceux qui n’avaient pas pivoté dans le bon sens ont rectifié leur position, certains qui avaient bien exécuté le premier ordre ont tout de même obéi au second et se sont retrouvés face à leur camarade de gauche. La voix s’est mise à aboyer et, après un petit moment de confusion, tout est entré dans l’ordre. C’est-à-dire dans le rang. La voix a hurlé "Vous n’avez pas été sages alors vous allez être punis !" Ceux qui pleurnichaient ont cessé de pleurnicher et se sont mis à renifler. Certains s’essuyaient le nez sur leur manche. Quelques-uns regardaient vers le sol, penauds, comme s’ils se sentaient coupables. Et d’ailleurs ils étaient coupables puisqu’ils allaient être punis. D’autres scrutaient la foule des spectateurs qu’on avait convoqués, à la recherche du regard maternel – une maman doit pouvoir s’opposer à ce genre de punition, non ? – avec des yeux soit tellement tristes, soit tellement désemparés ou même tellement terrorisés qu’on aurait dû leur mettre un sac sur la tête pour cacher ces airs de chiens battus et rendre à la scène un peu de dignité.
Le gamin en pèlerine adoptait la bonne attitude, lui. Il se faisait le plus petit possible dans ses vêtements trop grands et il me sembla que son pantalon tombait maintenant davantage sur ses godillots. On ne voyait déjà plus ses yeux, mais seuls dépassaient encore de sa capuche son nez et son menton. Je me suis dit "Celui-ci a bien compris la stratégie : se faire oublier, disparaître". Même sans baguette magique je l’en croyais capable. Mais peut-être la cachait-il sous sa cape. Deux ou trois gosses se sont mis à gémir en appelant leur maman, mais la voix a ordonné "Silence !". Alors ceux qui geignaient ont geint plus fort encore et ceux qui s’était tu se sont remis à pleurnicher, c’était insupportable. Ils auraient mieux fait d’essayer de disparaître dans leurs habits, comme le petit lutin-magicien en face de moi. Lui s’en sortirait, j’en étais persuadé.

Brusquement un silence glacial s’est abattu sur la scène.
Alors la voix a crié : "En joue ! Feu !"


En fait, elle a peut-être crié, la voix : "Neem doel! Fire! ou bien Take aim! Fire! ou encore 瞄准!着火啦!ou Nehmen Ziel! Feuer! اتخاذ! الهدف! النار! მიიღეთ მიზანი! ცეცხლი! קח את המטרה! אש! Prendi la mira! Fuoco! Wyceluj! Fire! Ia obiectiv! Foc! Целься! Огонь! Kuchukua lengo! Moto! Нишани! Пали! נעמט ציל! פֿייַער! Membidik! Fire! 조준! 불이야! Apunta! ¡Fuego! Amaç al! Yangın!...

À ce moment j’ai fermé les yeux très fort.
Il y a eu un bruit assourdissant et j’ai rêvé que le ciel s’ouvrait, qu’un déluge créateur venait submerger la folie des hommes. J’ai vu des enfants de douze ans s’envoler sur des albatros et mon fils Pierre Peter Pedro Petros Pieter Butros Pjotr Petro Perets Piero… s’envoler avec eux une balle en plein cœur. Une fraction de seconde plus tard j’ai rouvert les yeux et j’ai compris que je n’avais pas tiré. Le petit bonhomme à la pèlerine et à la capuche trop grandes, celui qu’il m’incombait de punir puisque c’est lui que j’avais dans ma ligne de mire, se tenait toujours debout au milieu de ses camarades allongés. Il tremblait énormément mais s’était fait encore plus petit. Ses vêtements plissaient de plus en plus et sa capuche ne coiffait plus me sembla-t-il qu’un trou béant.

La tête d’où sortait la voix est devenue toute rouge sous son képi et a planté ses yeux dans les miens pour me signifier que je serais puni moi aussi. Plus tard. Sans hésiter, le lieutenant à qui appartenait la tête toute rouge s’est avancé, pistolet au poing, vers les écoliers. Je me suis dit "Pourvu qu’il disparaisse à temps, que la magie fonctionne !" Méticuleusement, l’officier a tiré une balle dans la tête de chaque enfant-cadavre, parce que certains ne meurent pas sur le coup et souvent, ceux qui les enlèvent ont du mal à oublier leurs gémissements. Puis il s’est approché lentement du lutin dont on ne voyait plus que les habits, en souriant il a brandi son pistolet à hauteur du trou noir au centre de la capuche. Il s’est tenu ainsi immobile d’éternelles secondes. La cape a cessé de trembler et le lieutenant a tiré.

Les vêtements, trop grands pour un si petit enfant se sont affaissés, légers comme une lingerie fine qui pend à un fil et qu’un coup de vent impudique viendrait décrocher. Ils sont tombés au ralenti, avec grâce, pour faire au sol un tas de nippes insignifiant, flasque et vide. J’ai vu à cet instant un albatros disparaître derrière le toit de l’école.


La magie avait fonctionné !

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Ven 15 Avr 2011 - 8:56

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MessageSujet: Re: LA PUNITION   Ven 15 Avr 2011 - 9:47

Ça déméninge !
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