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 Pourquoi j'ai tant aimé le film "le huitième jour"

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yugcib

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MessageSujet: Les enfants "difficiles"   Mer 2 Fév 2011 - 10:32

Les enfants "différents" ont aussi des rêves, des désirs, mais ils ont surtout besoin qu'on les accepte et qu'on les aime TELS qu'ils sont.
[Edwige Fournier, écrivain]
http://fournierlemaitre.canalblog.com/

...

... J'ai vécu une fois durant une semaine, alors que j'étais âgé de 21 ans, dans une auberge de jeunesse en compagnie d'un groupe de ces enfants "différents" et de leurs accompagnateurs éducateurs...
À dire vrai ces enfants étaient de jeunes adolescents voire de jeunes adultes. Mais nous fûmes une semaine durant, ensemble, tels des enfants...
Je ne puis trouver les mots pour dire ces jours si heureux, si étranges, si "intemporels", que j'ai vécu parmi ces jeunes filles et garçons – et leurs accompagnateurs- comme dans une grande famille où, du matin jusqu'au soir et du soir au lendemain matin nous ne nous quittions pas...
Cela se situait dans une dimension relationnelle que par la suite dans ma vie, j'ai "déraisonnablement" recherchée sans jamais plus la retrouver...
C'était drôle, émouvant, parfois "à mourir de rire", d'une gentillesse absolue ; ce n'était que de l'imprévu, il n'y avait plus toutes ces questions sans réponses que l'on se pose tout seul lorsque ça dérive en nous tel un courant boueux de rivière en furie, plus de ces terribles "pourquoi comment", plus de peur... C'était bien mieux que tout ce que l'on raconte sur le paradis, les anges, la vie après la mort et tout le tintouin...
Ces enfants là? Ces êtres là?
Ils ont une autre intelligence que la nôtre. Une intelligence qui nous est étrangère ou à peine perceptible. Ils comprennent tout, vraiment tout, mais à leur manière...
Dès le premier jour il ne m'a pas fallu dix minutes pour réaliser que je venais de rencontrer les meilleurs copains de ma vie jusqu' alors...
Une semaine!
Et après, c'est la vie, la vie qui court, la route du monde qui a comme "repris ses droits", avec ses conventions, ses repères, ses habitudes, ses autres "enfants de la Terre" ; et d'autres rencontres, un autre parcours avec ses "pourquoi" et ses "comment", et ses "pour qui" et "pour quelles raisons"...
Ces enfants là? Ces êtres là?
Dont on dit qu'ils sont un pour mille ou comme une sorte de "huitième jour de la semaine"...
Il y a aussi, comme dans une sorte de même famille... Ces êtres si humbles, si "simples", que l'on ne voit jamais sur des podiums, qui ne disent jamais rien, que personne ne regarde...
Ces êtres "éclopés de la vie" que l'on prend si peu par la main... Et dont on ne sait jamais les rêves qu'ils peuvent avoir...
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BloodyMary
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MessageSujet: Re: Pourquoi j'ai tant aimé le film "le huitième jour"   Mer 2 Fév 2011 - 11:53

Un huitième jour de la semaine, c'est tout à fait ça.
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yugcib

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MessageSujet: Re: Pourquoi j'ai tant aimé le film "le huitième jour"   Mer 2 Fév 2011 - 21:20

... D'autant plus qu'il nous est très difficile voire impossible, à nous, vivant dans une semaine de sept jours et identifiant chacun des sept jours ; d'imaginer ce que pourrait être un "huitième jour" !

Dans notre "jargon" (ou intelligence, ou langage) on dit " le huitième jour c'est lundi" ... Manque de pot, lundi était (avait déjà été) le premier des sept jours qu'on connait...

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cathecrit
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MessageSujet: Re: Pourquoi j'ai tant aimé le film "le huitième jour"   Jeu 3 Fév 2011 - 2:00

ça me fait penser à une citation de je ne sais plus qui "L'intelligence de l'homme, quoiqu'il en soit pourvu, il croit toujours qu'il en a assez, vu que c'est avec ça qu'il juge !"
Tiens un nom me revient ce serait pas Coluche ? Sais plus.
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lucarne



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MessageSujet: Re: Pourquoi j'ai tant aimé le film "le huitième jour"   Jeu 3 Fév 2011 - 9:16

Un livre désopilant et décapant sur le sujet : http://liensutiles.forumactif.com/t19889-jean-louis-fournier
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yugcib

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MessageSujet: Pourquoi j'ai tant aimé le film "le huitième jour"   Dim 17 Avr 2011 - 12:08

....Le film "le huitième jour", de Jaco Van Dormael, avec Daniel Auteuil et Pascal Duquenne... ?

Les "éclopés de la vie", comme je dis... Ceux et celles que la vie n'a point gâtés, les infirmes physiques et mentaux, les trisomiques, les autistes, et d'une manière générale, les oubliés et les exclus de la "scène du monde", les humbles, les "petits", les filles et les femmes que personne ne regarde, les "passés à côté" de tous les regards et de tous les sourires, les enfants difficiles et les vieillards "à problèmes", toutes ces personnes qui ont "quelque chose à dire" et que l'on n'écoute jamais parce qu'elles le disent d'une manière qui dérange ou surprend... Oui, tout cela, chez moi, je le dis, c'est un thème "assez récurrent" et qui revient inévitablement un jour ou l'autre dans mes écrits, sous la forme d'une histoire vraie ou fictive, d'une anecdote, d'un récit ou d'une réflexion...
C'est pour cela que j'ai tant aimé le film " le huitième jour", un film qui met en scène Georges, un trisomique...
L'enfance et l'innocence blessée, une intelligence "différente", des émotions, un humour, des émerveillements surprenants et spontanés mais aussi des colères et des silences... et ces regards à nul autres pareils, ces affections démesurées, cette "injustice" qu'il y a, à devoir vivre "pas comme les autres" en particulier pour ce qui est "des choses de la vie sexuelle", pour ce qui est de tout ce dont tout le monde jouit... De tout cela oui, je dis le regard que je porte, l'émotion qui est la mienne, et la gravité de ma réflexion...

... D'ailleurs dans la seconde partie de mon livre "Grand Hôtel du Merdier" (éditions Alexandrie Online) , j'évoque un jeune homme d'une vingtaine d'années, un "tordu", un crasseux, un "dégueu", qui un matin alors qu'il touche le fond de la désespérance et de l'ennui, et en même temps le fond de sa crasse, une crasse épouvantable dont les détails scabreux sautent à la figure du lecteur... Va avoir soudain une "illumination"... Il va prendre une douche, se rendre chez un coiffeur, s'habiller, se faire "chic et beau", et rejoindre une jeune femme qu'il a connue dans un centre de vacances et qui, à la suite d'un grave accident, se trouve très lourdement handicapée... Il y a dans le récit, dans l'heure qui précède la rencontre, le trajet en métro, cette relation du regard avec les gens dans le métro, cette émotion et cette générosité qui surgissent, ces réflexions que ce jeune homme se fait...
Et suivent bien sûr, d'autres détails "assez scabreux", de la visite chez la jeune femme, à la quelle il fait un "très chic après-midi"...

... Nous sommes bien là, dans ce récit et dans le livre tout entier en ses trois parties, d'ailleurs, dans la dimension peut-être la plus "Yugcibienne" qui soit !
Dans une certaine mesure, je peux dire que le surréalisme (c'est à dire la réalité encore plus surréaliste et peut-être plus "heureuse" que la réalité) et une intention déterminée à l'autodérision... M'ont sauvé du désespoir.
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Romane
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MessageSujet: Re: Pourquoi j'ai tant aimé le film "le huitième jour"   Dim 17 Avr 2011 - 12:41

Vaste débat. Pour côtoyer le handicap moteur, je puis en dire ceci :

De gros efforts d'intégration sont mis en place, c'est une bonne chose mais ils ne sont pas encore suffisants. De nombreux endroits restent inaccessibles à la personne handicapée et en cela, comment peut-elle espérer rejoindre n'importe quel lieu. Les regards commencent à changer, puisque l'intégration qui se fait peu à peu est officialisée, les médias en parlent librement, le sujet est donc un sujet "comme un autre", il devient peu à peu normal de l'évoquer.

De nombreuses structures d'accueil se sont ouvertes, elles rendent d'énormes services, ne serait-ce que par le suivi médical quotidien. Elles mobilisent un nombre impressionnant de professionnels, ce n'est pas du luxe car on n'imagine pas les difficultés auxquelles sont confrontés les personnes appareillées par exemple, pour ne citer qu'elles.

Dans ces structures, sont aussi mises à disposition des activités dont tu n'imagines pas la diversité. Nombre de personnes handicapées peuvent ainsi pratiquer des activités auxquelles tu n'auras jamais accès. Les structures se décarcassent pour trouver des moyens et des idées. Les personnes handicapées vont ainsi fréquemment faire de super balades, elles peignent, font du théâtre, suivent des séances d'informatique, vont au spectacle, partent à l'étranger, font de la moto, prennent des baptêmes de l'air, font de la voile, etc. etc. etc.

Moi, j'avais un atelier d'écriture qui se déroulait dans une salle municipale mise à ma disposition pour accueillir ses membres. Nous avions parmi nous un handicapé moteur qui venait avec son accompagnatrice, jusqu'au jour où elle n'a plus pu l'amener. L'un d'entre nous est alors allé en renfort pour le chercher et le ramener. Cela n'était pas simple, car il faut utiliser un véhicule adapté, et l'accessibilité à la salle n'était pas géniale, il fallait se mettre à deux pour y parvenir. Jusqu'au jour où la personne qui assurait son transport n'a plus pu le faire.

Devant cette situation, le membre s'est désespéré, et nous avons cherché comment nous y prendre pour qu'il ne soit pas frustré et puisse continuer cette activité. Nous avons mis un certain temps à trouver la solution, mais nous y sommes parvenus ; l'établissement d'accueil des personnes handicapées a mis à notre disposition une salle, moyennant finances. Evidemment, nous avons accepté malgré le fait de passer d'une salle gratuite à une salle payante, parce qu'après tout la somme n'était pas si énorme.

Sauf que une fois sur place, quelle ne fut pas notre stupéfaction d'entendre la personne handicapée nous dire fermement qu'après tout, vu que la structure mettait une salle à notre disposition dans ses locaux, il n'y avait aucune raison pour que les inscrits handicapés paie une quelconque cotisation. Et alors, je fais moi, moi ? Je bosse pour des prunes, et je bouffe mes doigts à la fin du mois ?

Je raconte ici cette histoire, pour dénoncer un dérapage qui se produit assez souvent et chez n'importe qui : sous prétexte d'un handicap ou quelque autre inconvénient majeur dont je reconnais sans réserve à quel point cela peut pourrir une vie, la personne handicapée devient exigeante voire totalement nombriliste : tout lui est dû.

Autrement dit, la personne valide lui doit tout.

Autrement dit : attention à ne pas finir par inverser les rôles dans une attitude empirique.

Si tu veux connaître la suite de l'histoire : c'est non. Je veux dire ; je refuse de bosser gratuitement, parce que si j'ai la chance de ne pas être affublée d'un handicap quel qu'il soit, je n'ai pas la chance de pouvoir vivre d'amour et d'eau fraîche, je ne dispose pas du quart du dixième des moyens de me saigner pour me mettre en péril, je gagne péniblement de quoi payer mes charges et manger à ma faim, mais je n'ai pas les moyens de verser dans les excès.

Ce que je considère comme un caprice est à mes yeux inacceptable, et je note au passage que c'est assez fréquent dans ce domaine. L'atelier d'écriture retourne de ce pas dans la salle municipale et continue à fonctionner comme il se doit, dans le respect du travail de l'animatrice (en l'occurrence moi). C'est décidé, je ne boufferai pas que des pâtes ou des patates.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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lucarne



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MessageSujet: Re: Pourquoi j'ai tant aimé le film "le huitième jour"   Dim 17 Avr 2011 - 14:27

Vos deux récits se rejoignent autour du point crucial. Finalement, ce qui fait le plus défaut, c'est l'absence d'un regard "neutre" sur le handicap. Je veux dire qu'il serait tellement plus sain de considérer la personne handicapée d'abord comme une personne. Ni pire ni meilleure qu'une autre. Sans occulter, bien sûr, les difficultés particulières dues au handicap. Mais il faudrait dissocier les deux : d'un côté la personne, de l'autre le handicap. Ce dernier a évidemment une grande influence sur la première, mais chaque personne handicapée le traduit à sa façon. On ne peut pas dire "tel handicap = telle personnalité".

C'est pour cela, entre autre, que j'avais beaucoup aimé le livre de Jean-Louis Fournier : http://liensutiles.forumactif.com/t19889-jean-louis-fournier

Quant à "l'intention déterminée à l'autodérision", je partage pleinement ton point de vue. C'est une qualité qui peut nous sauver bien souvent. Et ceux qui en manquent sont probablement lourdement... handicapés.
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MessageSujet: Re: Pourquoi j'ai tant aimé le film "le huitième jour"   Dim 17 Avr 2011 - 23:45

... Ce qui dit Romane m'interpelle : j'avais déjà pensé qu'en ce qui concerne -surtout- les handicapés "moteurs", il y avait effectivement ce genre de situations où l'on voit ces personnes handicapées "se montrer exigentes" (alors que des mesures leur convenant sont prises et que des gens s'occupent d'eux, et que des structures sont mises en place, avec des possibilités de loisirs, de sports, etc.)

En fait, dans mon esprit je faisais plutôt référence à ce que j'appelle les "éclopés de la vie", c'est à dire ceux qui ne bénéficient de rien, les silencieux, les humbles, les trisomiques, les enfants autistes... et d'une manière générale ceux et celles que la vie n'a pas gâtés et qui ne font pas de bruit, et dont on ne s'ioccupe pas beaucoup...
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Romane
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MessageSujet: Re: Pourquoi j'ai tant aimé le film "le huitième jour"   Jeu 29 Mar 2012 - 18:20

En fait, "Le huitième jour" peut s'appliquer à n'importe quelle personne, handicapée (quel que soit son handicap) ou pas, simplement parce qu'elle ne serait pas dans les clous imposés par la société. Et dieu sait qu'elles sont de plus en plus nombreuses, ces personnes hors sentiers battus, ne serait-ce que parce qu'elles ne supportent pas ou plus les clous. Alors peut-être qu'une autre variété de clous, non déterminés par la société ceux-là, mais plutôt par rejet, rébellion, refus, incompréhension, souffrance, est en train de dangereusement grossir pour les autres clous, les balisés...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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