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 Relaxation, lâcher-prise et dormir

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Romane
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MessageSujet: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Ven 24 Juin 2011 - 12:13

Pris à la suite du fil Blog d'Hestia ;

Vic Taurugaux a écrit:
Souvent, les rêves, les cauchemars résultent de sensations contemporaines. Mais, l'imagination animée par l'angoisse cherche plus loin. J'ai suivi en relaxation plusieurs enfants, adolescents pour des troubles du sommeil. Soit qu'ils avaient beaucoup de mal à s'endormir, soit qu'ils étaient réveillés, ou gênés dans leur sommeil par des cauchemars.

L'endormissement suppose que le sujet lâche prise sur son corps, sur la maitrise de son corps, maîtrise musculaire mais aussi psychique. Durant la veille, pour bouger, se déplacer, chacun a besoin d'un tonus adapté à l'action et aussi de rester suffisamment conscient de son état corporel, (de savoir si on se trouve assis ou debout, proche ou éloigné d'un objet, d'un appui, d'une personne). Ces informations préconscientes n'envahissent pas la pensée mais demeurent nécessaires, en arrière fond, pour ne pas tomber.
On observe des troubles de cette vigilance par exemple chez les tiqueurs qui consacrent une énergie importante à tenter de contrôler des gestes parasites.

Dans l'écrit d'Hestia, revient souvent l'idée d'une perte de contrôle corporelle. Son cœur d'abord qui s'accélère, et les tremblements. On perçoit que pour s'endormir, il faudrait qu'Hestia se calme, ralentisse son rythme cardiaque, mais que c'est le contraire qui se produit. Il existe comme un conflit entre sa pensée folle qui imagine que tomber dans le sommeil serait équivalent à mourir,( etou la logique corporelle (sous-corticale) lui propose des solutions adaptées, comme accélérer son rythme cardiaque pour anticiper sa fuite, demeurer aux aguets devant le manque d'informations extéroceptives) et sa raison qui aimerait pourtant bien s'endormir.

Dans mes séances de relaxation, j'invite toujours et d'abord le sujet à écouter scrupuleusement les bruits à l'extérieur de la salle, à porter son attention au nombre de voitures qui passent dans la rue, aux chants des oiseaux masqués par ces bruits de moteur, enfin toutes ces sortes de choses qui continuent à exister même si on ferme les yeux. Puis, j'invite mon patient, à garder les yeux fermés et à me décrire la salle où nous nous trouvons, les meubles qu'elle abrite, la couleurs des murs, la nature du sol, la hauteur du plafond, la profondeur, la chaleur, la lumière ou la pénombre de tout cela. Moi, yeux ouverts, j'accompagne cette visite aveugle en la guidant quand elle trébuche. J'aide de la voix mais aussi de ma présence, en touchant au besoin de la main la personne qui cherche à se relaxer.

Ce n'est qu'après cette mise en confiance de la pérennité de la réalité extérieure, que je propose au sujet de sentir le contact de son corps sur le tapis. La partie de son crâne qui repose sur ce dernier, ses épaules, son dos etc, (il faut un long temps pour passer en revue tout ce qui touche le sol, et comment). On découvre alors le poids du corps, les différences de poids de ses différentes parties. On fait la part des choses. Le côté droit et le côté gauche sont-ils symétriques autour de l'axe corporel ? Tout cela, ce n'est pas de l'imagination, mais des sensations qui prouvent au sujet la préexistence de son corps sur sa pensée. Au fur et à mesure que l'introspection corporelle continue, par exemple en se centrant sur la respiration, les mouvements du ventre qu'elle implique, le sujet relâche son attention au monde externe. Le tonus musculaire s'ajuste à la position couchée sans à coups et le cervelet n'a pas besoin de paniquer l'ensemble en faisant croire qu'on tombe car, il y a belle lurette qu'on se trouve à plat sur le sol et qu'on demeure non seulement vivant mais conscient de l'être.

Hestia dit : Elle ne hurla pas pendant sa descente, elle restait les yeux rivés sur la mer.
Quand on ressent que le mouvement des vagues qui berce le corps endormi n'est autre que les effets d'une respiration calme, le cœur accepte cette idée que l'on ne va pas se noyer, mais flotter. Du coup, la panique, l'agitation n'est plus d'actualité. Le sujet peut très bien s'auto-materner.

C'est souvent l'idée de solitude qui crée le désarroi. Sans Maman, comment s'endormir. Les doudous ne sont pas toujours suffisants. La présence de la mère, le bercement perpétuel qu'elle prodigue au corps de l'enfant, demeure pourtant ancrés dans le corps durant le sommeil par l'activité respiratoire et cardiaque. Souvent, le mauvais dormeur répugne à trouver dans son corps propre ces compétences. Il croit que seul une personne extérieure peut l'apaiser. Or, à la fois, c'est vrai, et ce n'est pas vrai à la façon dont le psychanalyste Winnicott décrit la capacité d'un enfant à demeurer seul en présence de sa mère.

L'enfant suffisamment sécure internalise sa mère. Il a en lui à la fois une partie mère et une partie bébé. Et, c'est dans la poitrine, dans la bouche que loge cette partie maternelle, dans ces zones corporelles régies dès les premiers jours de la vie par le système nerveux central tandis que le reste du corps reste soumis à des décharges tonico-musculaires que seules, le dévouement d'une maman externe et réelle peut contenir.

La régression engendrée par la relaxation permet de retrouver cette « eutonie » caractéristique des nourrissons s'endormant sur leur mère et reproductible à tout âge dans les bras de Morphée.





Ta description chronologique de l'apprivoisement de la relaxation est géniale, Vic. Pour ma part, c'est ce que je tente de faire pour trouver le sommeil.

Si je peux me permettre une question : dans la première étape, qui consiste à reprendre conscience de l'environnement (bruit des voitures, des oiseaux, du chat du voisin qui miaule dehors, de la consistance de la chambre, l'emplacement des objets familiers -tout cela constituant pour ma part la représentation symbolique utérine de la vie, si je puis l'exprimer ainsi, donc rassurante-) que faire quand le trop plein du cerveau mouline au point de ne permettre que de brèves échappées sur l'ancrage à l'environnement, comment et où puiser la concentration nécessaire ?
C'est comme une machine déréglée, dont les pièces ne veulent plus s'accorder..

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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JoK
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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Ven 24 Juin 2011 - 13:04

Déguster un bonbon dans le noir.
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filo

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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Ven 24 Juin 2011 - 13:31

J'avais fait aussi un cauchemar récurrent, à une époque, et j'en ai fait une nouvelle, qui ne figure pas parmi celles que j'ai publiées ici. Et à partir du moment où je l'ai posé en récit écrit, le rêve s'est arrêté.
Ma chanson "Birth of a new style" raconte également un de mes rêves.

Il devrait exister un nom littéraire pour qualifier cette littérature à partir des rêves.

Pour abonder dans le sens de Vic, et même le dépasser, Castaneda a décrit l'art de rêver, et de maîtriser ses propres rêves. Le premier truc, c'est d'y chercher ses mains et de les regarder, puis ensuite découvrir le décor en arrière plan des mains (qui restent notre référence). Cela ne peut se faire que lors d'une vague basse du sommeil, où on est à la limite entre le rêve lui-même et la conscience, avant de remonter. Une fois qu'on tient ce double fonctionnement, on peut évoluer de façon quasi-consciente dans l'univers du rêve.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est parfois un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Ven 24 Juin 2011 - 14:09

Romane a écrit:
Ta description chronologique de l'apprivoisement de la relaxation est géniale, Vic. Pour ma part, c'est ce que je tente de faire pour trouver le sommeil.

Si je peux me permettre une question : dans la première étape, qui consiste à reprendre conscience de l'environnement (bruit des voitures, des oiseaux, du chat du voisin qui miaule dehors, de la consistance de la chambre, l'emplacement des objets familiers -tout cela constituant pour ma part la représentation symbolique utérine de la vie, si je puis l'exprimer ainsi, donc rassurante-) que faire quand le trop plein du cerveau mouline au point de ne permettre que de brèves échappées sur l'ancrage à l'environnement, comment et où puiser la concentration nécessaire ?
C'est comme une machine déréglée, dont les pièces ne veulent plus s'accorder...

A mon avis, c'est parce que tu fais la relaxation toute seule et non dans le cadre qu'offre un relaxologue et sa méthode. Je n'ai pas beaucoup d'expérience avec les adultes vu que je travaille surtout avec des enfants et des ados. Mais, l'autorité d'un soignant, d'un docteur en qui on fait confiance est primordiale. On s'applique à suivre sa méthode, on fait les exercices qu'il commande, ect.. Sinon, le cerveau s'échappe. tout seul, l'humain pense pour combler le vide. Un autre humain, réel, consistant, évite celà au départ. Il permet ensuite une prise d'autonomie. Mais, la relaxation, c'est comme tout, il faut d'abord en accepter la discipline.
Quand je demande à mon patient d'écouter les voitures qui circulent dehors, je vérifie ce qu'il entend. Combien de voitures? De camions, de scooters. Je suis très pointilleux sur tous ses bruits. L'exercice ne consiste pas à écouter juste pour le fun. La relaxation, c'est pas cool! Il faut faire des efforts. Et d'abord, de concentration! C'est pour çà, qu'un maître est utile. Le problème est que si tu cherches à te concentrer très fort toute seule, au bout d'un moment une partie de ta conscience va observer si tu te concentres bien. Et bien, permet-moi de te dire, cette partie du cerveau n'est plus dans la consigne!
Au départ, la relaxation, c'est de l'hypnose. C'est plus facile à deux.
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Romane
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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Ven 24 Juin 2011 - 14:36

J'ai bien conscience de tout cela, et je veux bien te convier à l'aide du soir (m'enfin m'étonnerait que ta charmante épouse y consentirait Laughing et au passage embrasse-la pour moi) pour être sûre d'être guidée correctement. Tout cela pour dire que les urgences ne sont pas forcément dans le cabinet du professionnel et que je suppose (à tort ou à raison, je ne sais pas) que pour cela bon nombre de gens ingurgitent des sédatifs (ce que personnellement je refuse farouchement)

Je suis bien d'accord sur la découpe de la conscience entre une qui tente de se connecter sur l'instant présent et réel de l'environnement et l'autre qui se connecte malgré elle sur la première, ce qui laisse entre les deux un mince interstice où s'engouffre l'angoisse : la première va-t-elle y arriver ? La seconde va-t-elle pouvoir se reposer ? Les deux vont-elles pouvoir s'unir dans la plénitude ? Déjà rien que ça, c'est terrible.
Et qui dit angoisse, dit tout ce qu'elle traîne avec elle, ce truc luciférien tentaculaire qui ramène au grand galop l'image et la sensation du corps qui fout le camp en vrille nerveusement épuisé, (donc malaises physiques) et des tournicotis puissants des problèmes à résoudre, qui finissent par devenir un enfer à démanger le corps de se lever pour les solutionner les uns après les autres, alors que ce n'est pas possible (d'où redoublement des malaises physiques + intellectuels)

En fait, je tente dans un premier temps de raccrocher avec l'environnement pour un premier apaisement, puis je tente la concentration sur la respiration en essayant de laisser les portes ouvertes de sorte que si une pensée me traverse l'esprit, je la laisse traverser et sortir par l'autre porte. C'est la première fois que je n'y parviens pas.

Zut, ce n'est pas le bon fil, nous nous sommes installés dans le petit salon de Hestia, j'espère qu'elle ne nous en voudra pas. Embarassed

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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HestiaVesta

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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Ven 24 Juin 2011 - 17:25

Bien sûr que non je ne vous en veux pas ! Je vous lis, et au contraire, je trouve ça fort intéressant. J'apprends de nouvelles choses, et j'aime beaucoup. Merci Vic de nous faire part de tes connaissances. Je n'ai pas le moral à répondre systématiquement, ni même débattre avec vous. Mais dès que je l'aurai, ce fichu moral, je reviendrais parler de ça avec vous. J'ai moi même pas mal de questions. Continuez donc, le débat, l'information et la discussion sont à mon avis le principe d'un blog (ou blog note, dans ce cas là), cela ne me dérange aucunement. Smile
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blue note

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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Sam 25 Juin 2011 - 0:40

C'est vraiment très intéressant, tout ce que tu dis, Vic.
Comme Romane, j'ai tenté des exercices de relaxation pour m'endormir, étant donné que je suis une active insomniaque depuis que j'ai 15 ans... rien n'y fait.
Je m'en suis accommodée, par période très mal, jusqu'à il y a trois/quatre ans : là, pendant plusieurs mois j'ai dormi moins de 5 heures par nuit. Impossible à supporter si longtemps. J'ai donc accepté, même si comme Ro j'y suis très réfractaire, un comprimé à prendre le soir pour se décontracter (un anxiolytique, quoi). C'est ce qui devait manquer, parce que là j'arrive à m'endormir correctement et à rester endormie. Ces derniers temps, j'ai voulu arrêter, au moins pour les nuits où je peux dormir plus longtemps, comme le week-end. J'arrive à m'endormir, vu mon état de fatigue, mais je me réveille dans la nuit avec le coeur qui palpite à tout rompre. Et je ne me rendors pas vraiment, ou peu et mal. Il n'y a pas de mal à se faire aider si c'est nécessaire.
J'ai aussi une vie dans les rêves extrêmement active, parfois ça me fatigue tellement mes rêves sont prenants... j'aime bien l'idée, filo, de cette littérature née des rêves. Et puis la manière de contrôler les rêves de Castaneda me semble rudement intéressante. Je vais essayer.
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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Sam 25 Juin 2011 - 1:11

Nombreux sont mes poèmes venus de rêves...je me réveille quand je rêve et je note, puis je reprends mes notes le matin.
Je me réveille quand le rêve est génial, car je ne veux pas le laisser filer. Je me réveille quand le rêve me plaît moins et je lui demande de prendre une tournure moins pénible. Souvent il redémarre là où je l'ai laissé...ou me fait vivre des régressions dans ma vie ou dans celle des autres.
Je dormais très peu lorsque je travaillais, mes nuits étaient des nuits de relaxation. Maintenant je dors au maximum 6h par nuit, car je ne suis plus obligée de me lever à 7h du matin mais je regrette souvent de ne pas savourer la fraîcheur de l'aube.
Je disais à ma grand-mère : ' Je n'aime pas dormir, mémé, je perds mon temps !"
Pourtant se réveiller d'un sommeil réparateur est bien agréable !
J'ai plus l'impression de voyager que de reposer mon corps lorsque je dors. La relaxation m'apporte souvent plus qu'une nuit de mauvais sommeil.

Alors, comment appelle t-on ces poèmes issus du rêve ? La poésie onirique ? (non ça ne va pas, la poésie onirique nous renvoie au rêve, elle ne vient pas de lui !)
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lucarne



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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Sam 25 Juin 2011 - 10:21

Vic Taurugaux a écrit:
Au départ, la relaxation, c'est de l'hypnose. C'est plus facile à deux.
Je confirme. J'ai fait des séances de sophrologie et n'ai jamais eu la moindre difficulté à entrer dans la relaxation. Ce n'était pas aussi simple lorsque j'étais seule. Cependant, la sophrologue enregistrait sa voie lors de la séance et me remettait le CD. Je repartais donc avec et l'utilisais toute la semaine, jusqu'à la séance suivante. Je trouvais cela aidant. Probablement parce qu'en entendant sa voix, je pouvais me replacer dans le contexte et me mettre en situation "d'obéissance", et donc de lâcher-prise. Pour autant, ils n'étaient utiles qu'à la condition que la séance ne soit pas éloignée dans le temps. Aujourd'hui, ils me sont inutiles. Et je pense que la sophrologue le savait puisqu'elle me gravait un nouveau CD chaque semaine.

On pourrait peut-être déplacer ce qui se rapporte à la relaxation dans un fil ad hoc pour pouvoir le retrouver plus tard ?
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Relaxation   Sam 25 Juin 2011 - 13:17

Suite du fil http://liensutiles.forumactif.com/t20903p15-blog-d-hestia

Quand je propose des séances de relaxation pour troubles du sommeil, je ne propose pas des séances aux heures du coucher mais plutôt dans la journée, plutôt le matin. Le travail de relaxation est un travail à la fois sur le tonus musculaire et sur les seuils de vigilance. Le but de la séance de relaxation n'est pas de faire s'endormir le patient ( mais comme me disait un prof, s'il s'endort: c'est pas grave, on reprendra les exercices à la séance prochaine). L'endormissement peut-être une conséquence du travail, mais ce qui est recherché en premier, c'est une meilleure connaissance de soi, (surtout dans l'eutonie de Gerda Alexander) ou une certaine "discipline" comme dans l'auto-training de Schultz.
Donc, on propose des séances hebdomadaires ou bi-hebdomadaires en journée et des exercices à faire le soir à la maison. Dans les séances chez le relaxologue, on n'est pas tout seul, au moins deux: le relaxologue et son patient, ou plus dans des séances de groupe.
L'exploration du tonus musculaire est pour moi très importante. Sentir à partir de quel moment, quel effort, la contraction d'un muscle ou d'un groupe musculaire produit un mouvement. En passant en revue, les différentes parties du corps, membres, tronc, tête, figure, doigts, on découvre souvent des lieux où résident des contractions inutiles. Contrôler le relâchement, c'est accepter qu'une autre personne bouge des parties de votre corps en restant comme "une poupée de chiffon" puis d'inverser l'exercice en devenant à son tour "contrôleur". Chez les enfants, ces exercices sont très intéressants car ils permettent une discussion autour de la prise de conscience du "schéma corporel". "J'ai soulevé ta jambe, j'ai senti qu'elle était encore tendue, qu'est-ce que tu en penses, toi, qu'est-ce que tu as senti?
A la différence du massage, la relaxation demande au patient d'être lui-même actif sur le relâchement musculaire par des exercices de contraction-décontraction des parties du corps. En plus du contrôle de ses muscles, ces exercices permettent de sentir les articulations et comment les parties du corps sont attachées entre elles et forment un tout. Ce travail est souvent adapté à des enfants à versant psychotique et vivant des angoisses de morcellement. La séance doit toujours visée l'"unité corporelle", ne pas s'attarder trop sur une partie du corps sans la relier à l'ensemble du corps. Le tonus musculaire ne peut se comprendre que dans une harmonie d'ensemble. Par exemple, quand on fait de la relaxation debout. Rester debout avec juste les efforts, les contractions nécessaires. On sent bien alors que de la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, le corps ajuste son équilibre par un ensemble d'infimes contractions-décontractions des pieds, jambes, bassin, dos. Que si les genoux doivent être "bloqués", les chevilles et les hanches doivent rester réceptives aux imperceptiblement oscillations qui maintiennent la projection du centre de gravité au milieu du "polygone de sustentation" dessiné au sol par l'écartement des deux pieds. La relaxation sur un seul pied est encore plus rigolote. On peut rendre les choses visibles pour des jeunes enfants en les équipant d'un fil à plomb, une corde nouée autour de la ceinture et dont un bout descend jusqu'au sol juste au dessus d'un anneau.

Avec les enfants "hyper-actifs" "turbulents", on constate très vite qu'on ne peut pas les toucher car souvent, cela les excite encore plus. Les parents "dépassés" avouent chercher à les contenir au moyen de douches froides, d'enfermement dans leur chambre, etc. pour pas que ces petites bombes détruisent complètement la maison. C'est très fatigant surtout que ces enfants luttent contre cette fatigue en bougeant davantage. Le contact avec eux doit donc être médiatiser. Ils ne semblent pas avoir conscience de leurs limites corporelles et personnellement je m'applique dans un premier temps à explorer avec eux leur force. Soulever des poids comme des ballons lestés, transporter des sacs de sable, des tapis de gymnastique, jeter le plus loin possible des choses lourdes. Leur excitation se nourrit principalement de l'angoisse-fascination de tout casser avec en retour le spectre de la punition qui pourrait les casser de la même façon. Si votre salle de relaxation et vos objets médiateurs sont suffisamment solides et ne cassent pas car suffisament souples, si vous-même, considérer de votre rôle de ranger après la séance tous le chaos qu'on vous y dépose, alors vous avez le bonheur de proposer à ses enfants des séances de relaxation contenante car suffisamment bonne. Bien sûr, elle ne rassure pas d'emblée les parents et enseignants déja rudement éprouvés et il faut également veiller à ce que leur dépression ne vous affecte pas à votre tour. Au bout d'un temps, plus ou moins long, ces enfants font l'expérience que, malgré l'énergie qu'ils développent à tout casser chez le psychomotricien, ce dernier demeure suffisamment relax, c'est à dire ni trop dur, ni trop mou. Ses ballons et ses matelas sont de la même consistance et, à force de s'y confronter l'enfant commence à croire qu'il en ait de même pour son propre corps. La préoccupation constante de l'adulte à ce qu'il ne" se fasse pas mal" durant la séance, aide à ce que ces petits guerriers fendent un peu l'armure et deviennent sensibles à eux-mêmes. Bien sûr, tout mouvement trop rapide envers eux sont encore vécus comme des intrusions dont ils doivent se défendre et vous devez toujours plutôt prendre soin de votre séance, de votre salle, de vos ballons plutôt que de leur personne. Généralement, les enfants hyperactifs sont très orgueilleux et, il faut faire très attention à ne pas les blesser dans leur fierté. Car, c'est en intégrant peu à peu leur image, qu'il intègre leur corps et peuvent ainsi relâcher à l'extérieur cette gesticulation perpétuelle qui leur sert d'enveloppe.
Peu à peu, malgré les espoirs qu'ils y ont mis, les parents constatent que leur enfant ne fait pas de progrès chez le psychomotricien. D'ailleurs, et ce, malgré son extrème gentillesse, ils commencent à douter de lui. C'est un moment très délicat de la prise en charge car, des fois, les parents abandonnent. Il faut arguer de la nécessité de vous laisser du temps. Bien sur, c'est très paradoxal pour eux qui n'en peuvent plus. Mais, c'est souvent à ce moment là que l'enfant comprend que votre lieu est un lieu de régression sécure et qu'il peut commencer à grandir chez ses parents. Ses petits progrès, le fait que les parents s'aperçoivent qu'ils peuvent mieux faire que le psychomotricien amorce une timide prise de confiance dans les compétences de la maison. Finalement, cette maison en vaut bien une autre. On peut même parfois s'y reposer. L'enfant n'est plus que le cauchemar de ses parents.
Car souvent le problème des parents, (un peu comme Romane qui veut s'occuper d'elle-même), c'est qu'ils ont beaucoup d'imagination. Ils donnent quantités de sens à ce que font leurs gamins, mais ce sont des idées, des fantasmes qui les éloigne de la réalité simple et basique de ce qui se passe.
Je me rappele d'une enfant de dix ans dont la mère se plaignait de ses troubles de l'endormissement. Elle imaginait que sa fille avait besoin d'une psychothérapie pour s'en sortir. Pour exprimer ses angoisses. Moi, j'avais dit qu'il valait mieux commencer par la relaxation. Peut-être avais-je un peu blessée la maman qui avait pu penser que je ne la prenais pas au sérieux, en tous cas, elle avait eu beaucoup de mal à trouver dans son planning du temps pour les séances vu que sa fille faisait tout un tas d'activités.

Finalement, au bout de deux séances de relaxation la gamine n'avait plus de problèmes. La maman m'avait alors dit en catimini ce qui l'angoissait elle. Sa fille avait un jour dormi avec sa grand-mère, mais celle-ci, qui prenait des somnifères n'aurait pas pu se réveiller si l'enfant se réveillait. La gamine aurait pu alors s'imaginer de dormir auprès de sa grand-mère morte. Seulement, ce cauchemar était dans la tête de la maman, pas dans celle de sa fille.
L'intérêt des techniques corporelles comme la relaxation, le yoga, c'est de chercher à rattacher au mieux la pensée au corps, au senti-vécu corporel, par à se perdre dans des interprétations.
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Romane
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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Sam 25 Juin 2011 - 13:22

J'ai ouvert ce matin ce fil, ne serait-il pas plus judicieux de tout grouper pour qu'il n'y ait pas doublon, Vic ? Je l'ai classé dans Médecine, mais on peut très bien tout rapatrier ici, qu'en penses-tu ?

http://liensutiles.forumactif.com/t20917-relaxation-lacher-prise-et-dormir

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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Sam 25 Juin 2011 - 13:50

Ah! mince, j'avais pas vu, ça fait des noeuds!
Raccroche les fils au mieux.
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Romane
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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Sam 25 Juin 2011 - 13:54

C'est fait. Wink

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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   Sam 25 Juin 2011 - 23:20

Ce que tu dis concernant la sophrologie est extrêmement intéressant. Je suis amenée, à travers des cours ou des stages de danse, à m'interroger sur ce genre d'équilibre du corps, compréhension des articulations du corps, prise de conscience des appuis et de la provenance de l'énergie pour certains mouvements.
Comme tu sembles vraiment féru sur le sujet, je te recommanderai de lire le bouquin de Virginie RECOLIN, "Introduction à la danse orientale, pratique du mouvement spiral".
Elle étudie particulièrement le concept de la spirale, tant dans la musique, le mouvement, la respiration dans la DO. C'est vraiment passionnant.
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MessageSujet: Re: Relaxation, lâcher-prise et dormir   

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Relaxation, lâcher-prise et dormir
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