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 Après le dernier jour

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aristée
Dard-d'Art


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MessageSujet: Après le dernier jour   Mer 27 Juil 2011 - 9:24

Ce compte rendu, que j’écris actuellement, étant appelé à être publié, je ne m’étendrai pas sur mes pensées profondes personnelles. Je me contenterai de dire qu’un humain, en présence d’une femme très jolie et intelligente, et ne voyant pratiquement qu’elle, durant toute une période, ne pouvait rester insensible à son charme.
CHAPITRE 6
A mon réveil, nous nous sommes retrouvés, Anna et moi, attablés dans la salle à manger, et dégustant ce que je sentais être mon dernier repas parmi les esprits. Certes, je n’avais pas acquis la faculté de lire dans les pensées de ma convive, mais je devinais qu’elle ressentait une certaine tristesse, et je ne pouvais m’empêcher de croire (en tous cas d’espérer) que mon départ proche en était la cause.
Nous arrivions au dessert, et contrairement à nos habitudes, nous n’avions pas prononcé plus de deux ou trois phrases. La silhouette de François se matérialisa peu à peu, et son incarnation terminée (toujours à l’exception de son regard qui restait inexpressif) il me dit que, comme je l’avais deviné, j’arrivais à la fin de mon séjour parmi eux.
- Vous allez maintenant devoir remplir la mission, pour laquelle vous avez été désigné, formé, et informé. Vous allez remonter dans votre avion, sans oublier vos cahiers, bien sûr, et vous allez retourner chez vous.
Pour votre voyage, vous n’avez rien de particulier à faire. Dès que vous serez installé dans votre cockpit, vous serez pris en charge par un faisceau de rayons cosmiques.
- Ah, oui, le nuage bleu ?
- Non. Il n’y aura pas de nuage bleu. Pour votre venue, nous avons tenu à vous éviter un stress inutile. Songez un instant quelle aurait été votre réaction, si, subitement, sans aucune préparation, vous aviez vu défiler à une allure vertigineuse, des planètes, leurs satellites, et des étoiles….Vous seriez peut être devenu fou de terreur. C’est pourquoi nous vous avions entouré d’un voile bleu. Mais pour le retour, ce sera inutile, puisque vous savez désormais qu’il s’agit d’un phénomène normal.
Il faut que vous soyez pénétré de votre mission, et que vous soyez convaincu de son importance ….universelle.
L’esprit Suprême, je vous l’ai dit, est en lutte constante contre une puissance qu’il avait lui-même créée et qui est entrée en dissidence. La Terre, elle, et ses abords, est sous le contrôle absolu de L’Esprit Suprême, mais si vous en sortez, vous risquez de tomber sous la domination de cette force que nous appelons Caliure, et qui s’est donnée pour mission de détruire les créations de l’Esprit Suprême. La capture d’une partie des humains serait pour Caliure d’une importance extrême, car il sait que les esprits humains, affinés dans nos centres sont indispensables pour conserver les vertus créatrices de l’Esprit Suprême.
Lorsque vous serez de retour sur terre, nous ne pourrons plus rien pour vous. Il faudra, qu’avec les éléments que nous vous avons fournis, vous parveniez à convaincre l’humanité toute entière, que vous êtes bien venu chez nous, et que nos prescriptions selon lesquelles, les hommes ne doivent pas s’évader de la terre, doivent être rigoureusement respectées.
A plus tard, car vous nous reviendrez d’une façon normale, après la fin de votre séjour terrestre. Maintenant, j’autorise Anna à vous accompagner jusqu’à votre appareil.
- Merci. Mais vous avez omis un petit détail : Je ne dois plus avoir beaucoup d’essence dans mon appareil.
- Détrompez-vous. Nous n’oublions jamais rien. Votre réservoir contient encore le tiers de sa contenance, ce qui vous est largement suffisant. Je vous l’ai dit, vous serez transporté par un faisceau de rayons cosmiques, et vous serez lâché à environ 100 km de votre point d’atterrissage. Vous avez largement assez d’essence pour arriver chez vous.
- Comment saurai-je à quel moment, je serai en autonomie de vol ?
- Tout simplement, quand vous perdrez de l’altitude. Cela signifiera que vous ne serez plus porté par les rayons cosmiques, et qu’il sera temps de reprendre votre appareil en mains.
Sans même me dire au revoir, ou bonne chance, la silhouette de François disparut, et je me retrouvai seul avec Anna.
- Allons, me dit-elle, il faut y aller. C’est vrai que vous serez seul sur terre pour accomplir votre mission, mais sachez que je ne cesserai de penser à vous et de souhaiter votre réussite.
Mon appartement et les meubles qu’il contenait disparurent et un escalier, éclairé sur cinq mètres devant moi, comme d’habitude, apparut. Anna et moi, nous avons commencé à monter, et après une cinquantaine de marches, nous nous sommes retrouvés « dehors » c'est-à-dire sous la grande voûte.
A quelques mètres de là, mon appareil n’avait pas été déplacé, et m’attendait comme je l’avais laissé.
La pesanteur étant infiniment moindre que sur terre, je n’eus qu’un petit bond à faire, pour me retrouver dans mon cockpit. Je n’avais pas voulu faire trainer nos adieux avec Anna, et je savais qu’elle était d’accord avec moi sur ce point. Après m’être équipé, je n’eus pas à toucher le moindre instrument, pour que mon avion parte, sans me faire subir la moindre pression..
Je n’avais eu aucun « G » à encaisser, ce qui était plus que surprenant si l’on considère l’accélération phénoménale à laquelle j’avais été soumis, en passant de la vitesse 0 à des milliards de kilomètres par heure En fait, j’étais aussi à l’aise que dans un transat sur terre.
Ma vitesse, était si incommensurable, que mon œil avait à peine le temps d’apercevoir grossir des planètes, que déjà elles avaient disparues.
Je n’ai aucune idée du temps que dura ce vol intersidéral, mais je sentis soudain, que je n’étais plus porté, et que mon appareil perdait de l’altitude. Je pris en main mon manche à balai, et je constatai que je survolais la terre.
Tous mes appareils fonctionnaient, et je tentai de prendre contact avec la tour de contrôle de l’aéroport d’Agen, qui, et j’en fus presque surpris, me répondit immédiatement.
Mon extraordinaire voyage se terminait là.
Depuis mon arrivée dans mon appartement, à Agen, j’ai écrit »non stop » durant 10 heures. Je vais me reposer, et demain, je ferai mon plan pour accomplir ma mission.
FIN)
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aristée
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MessageSujet: APRES LE DERNIER JOUR   Jeu 28 Juil 2011 - 9:57

DEUXIEME PARTIE


CHAPITRE 1


Je viens de dormir pendant 15 heures. Je me suis réveillé avec un abominable mal de tête, fatigué, comme si je venais de courir un marathon.
La pesanteur terrestre est vraiment pénible, quand on vient de vivre en un lieu où, l’attraction des corps se faisait peu sentir.
Après avoir pris un analgésique, je me mis à relire ce que j’avais écrit la veille. Plus que lorsque j’avais tracé ces lignes, plus que lorsque j’avais vécu les évènements rapportés, je me rendais compte de l’étrangeté de mon aventure.
J’en venais même à me demander, si je n’avais pas rêvé ce que je racontais dans mon compte rendu. Heureusement, la lecture de mes cahiers, étaient là pour me confirmer que tout cela était réel, mais je me rendais parfaitement compte des difficultés que j’allais affronter pour persuader les hommes de cette terre de la véracité de mon histoire, puisque moi-même, j’avais du mal à y croire.
Après une longue réflexion, je me suis décidé de procéder de la façon suivante.
En premier lieu, j’allais chercher sur internet un cabinet, susceptible de traduire en plusieurs langues, mon compte rendu. En ce qui concerne mes deux cahiers, je préférais ne pas les divulguer dans l’immédiat.
Il me fallait 7 traductions dans les langues maternelles des esprits que j’avais entendus. Donc des traductions en Chinois, en Portugais ( pour les Brésiliens), en Anglais ( pour les Américains et les Anglais), en Russe, en Japonais, en Allemand, en Turc, outre la version française que je venais d’écrire pour les Français et les Sénégalais.
Pour trouver une société de traduction, je n’eus que l’embarras du choix, et, rapidement, j’eus l’engagement de l’une d’elles, de me fournir le travail sous trois jours.
Ayant réglé ce problème, je pensais, que puisqu’il s’agissait de diffuser le plus largement possible une information, la meilleure solution était
d’essayer d’entrer en contact avec l’Agence France- Presse.
Mon histoire était tellement extraordinaire, que je ne tentais même pas de l’exposer par téléphone. Je préférais me retrouver devant un homme, auquel je fournirais des preuves irréfragables et surtout il me serait possible de me montrer plus persuasif.,
Je parvins à joindre un haut cadre de l’Agence France-Presse, et pris rendez-vous pour le lendemain au début de l’après midi, à 14 heures, avec monsieur Dubois, Fondé de Pouvoirs.
Ces dispositions prises, j’avalai un repas léger, et me couchai à 6 heures de l’après midi.
Si je n’avais pas senti vraiment la fatigue, là haut, au moment du départ, elle m’écrasait maintenant.
J’avais décidé de me rendre à Paris avec mon avion, et je décollai le lendemain vers 9 heures du matin, de l’aérogare d’Agen, avec mes précieux documents.
Je fus reçu à l’heure prévue, 14 heures exactement, par un cadre d’une quarantaine d’années, qui, en homme très occupé, me dit qu’il m’accordait cinq minutes pour exposer mon problème.
C’était un homme, imbu de sa personne et de l’importance de ses fonctions. Il n’entendait pas perdre son précieux temps pour des broutilles débitées par des individus plus ou moins fantaisistes.
En fait, je sortis de son bureau à plus de 19 heures, après avoir pris un nouveau rendez-vous pour le lendemain à 14 heures également, car dans la matinée du lendemain, il devait organiser une réunion de tous les dirigeants de l’Agence.
Il lut mon compte rendu, et me dit tout d’abord, qu’il ne s’occupait pas d’édition, et que si j’étais un auteur de science fiction, je n’avais pas frappé à la bonne porte. Il s’était déjà levé pour marquer que l’entretien était terminé, lorsque je lui dis :
- Monsieur, vous pouvez douter de l’exactitude du récit que vous venez de lire. Mais si je vous apportais la preuve que j’ai rencontré des esprits de différentes nationalités, récemment décédés et qu’ils m’ont rapporté des faits que seule, une personne encore vivante peut connaitre. Ne seriez vous pas tenté d’examiner un peu plus sérieusement le récit de mon aventure ? Je dois vous dire, qu’une mission m’a été confiée et que je la remplirai, soit avec vous, soit par un autre canal si c’est nécessaire.

mais dans ce dernier cas, il faudra vous préparer à quitter votre beau fauteuil.
Je ne connaissais pas ce monsieur Dubois, mais il semblait que j’avais touché un point sensible, car il s’adoucit immédiatement.
- Avez-vous vraiment en votre possession des témoignages de diverses personnes sur des faits tenus secrets ?
Je lui fis voir les 3 cahiers en ma possession, et lui énonçais les nationalités des esprits récemment décédés. Je lui fis lire le témoignage du français, et il parut ébranlé par l’abondance de précisions qu’il contenait.
- Tous les témoignages recueillis sont-ils aussi précis ?
- Tous ! Mais pour l’instant, je pense qu’il ne serait pas opportun de les divulguer sans en avoir discuté avec les plus hauts dirigeants de votre organisme.

A partir de là, Dubois se mis à me poser une multitude de questions, sur mon voyage lui-même, l’aspect de la planète occupée par les esprits, leur réincarnation etc. Il ne regardait pas sa montre, il n’était plus pressé de me voir partir.
Je lui laissais lire la totalité de mes deux cahiers et demi, et il convint, que si tout ce que je rapportais était d’une vérité absolue, il n’y aurait place, pour aucun doute sur la véracité de mon aventure.
Il regrettait, et moi avec lui à ce moment là, que je n’aie pas pu obtenir plus de précisions sur cet être crée par l’Esprit Suprême (Que nous appellerons ici, le Diable, puisque c’est sous ce nom qu’il est connu sur terre)
C’est vrai que je ne rapportais pas beaucoup d’éléments à son sujet, mais j’étais persuadé, que même en insistant, je n’en aurais pas obtenu beaucoup plus, ce qui était bien normal, car la connaissance de la nature du Diable n’était pas indispensable à la réalisation de ma mission. Il suffisait que je connaisse son existence, et le danger qu’il représente pour nous.
Si, au début de notre conversation, le Fondé de pouvoirs, avait eu à mon égard, une attitude hautaine, un peu méprisante, qu’il devait avoir avec tous ceux qui venaient voler son précieux temps pour des peccadilles, je dois dire que nos discussions avançant, il me considérait de plus en plus comme un homme exceptionnel, qui avait vécu des moments exceptionnels, et pourrait lui procurer, à lui, une renommée….exceptionnelle, elle aussi, puisqu’il était le premier homme à avoir discuté avec le nouveau Messie.
Aussi, la poignée de mains qu’il me donna, lorsque nous nous sommes quittés en fin d’après midi, était chaleureuse, admirative, et…. reconnaissante pour ce qu’il allait pouvoir en tirer personnellement comme avantages.
Lorsque je me suis présenté le lendemain à l’Agence France Presse, le Fondé de pouvoirs qui m’avait reçu la veille, Dubois, était entouré de 5 autres hauts dirigeants de l’Agence.
S’il avait rassemblé toutes les grosses têtes de l’Agence, c’était de bon augure, et je pensais, avec un peu d’amusement, que j’avais devant moi, peut- être, mes premiers apôtres. En quelques minutes, je savais, que je ne pêchais pas par excès d’optimisme.
Dans la matinée, ils avaient eu le temps d’entrer en contact avec la famille du Français, dont l’esprit m’avait longuement parlé, et révélé de nombreux détails connus d’une seule personne, en dehors de l’Esprit . Certes, après l’étude d’un seul cas, ces Messieurs n’étaient raisonnablement convaincus qu’à 99 pour cent, dans l’attente de la vérification des renseignements donnés par les neuf autres esprits qui m’avaient confié les détails de leur vie, mais leur intime conviction était déjà faite.


J’ai du répéter ce que j’avais écrit, et ce que j’avais déjà dit la veille au fondé de pouvoir, mais je le fis sans aucun agacement, car je sentais que je n’allais plus être seul, pour convaincre l’humanité entière.
- Monsieur Moreau, me dit le Président, si vous n’y voyez aucun inconvénient, nous allons nous livrer nous-mêmes, aux neuf enquêtes concernant les familles, dont l’un des leurs, récemment décédé vous a fait des confidences. Bien entendu, afin que le sérieux de notre enquête ne puisse être mis en doute, nous mènerons ces enquêtes conjointement avec des délégués désignés par les plus hautes autorités de chaque pays.
Chaque fois qu’une enquête sera terminée, nous organiserons sur place une conférence de presse à laquelle, bien entendu, vous serez convié. Avez-vous des objections à faire sur notre proposition d’action ?
- Non pas d’objection. Mais deux problèmes à voir avec vous.
Tout d’abord, je vous demande instamment, de rendre public, partout et au même instant, mon rapport concernant toute mon aventure. En revanche, il est primordial que le contenu de mes cahiers, ne soit pas connu pour l’instant. Certains pourraient profiter de l’occasion pour mettre sur pied, je ne sais quelle escroquerie, ou pire, pourraient faire en sorte que le sérieux de ma mission, puisse être mis en doute.
Je demande donc, une sorte de Secret Défense sur les confessions de mes dix confidents. C’est indispensable pour que ma mission aboutisse, sans discussion possible.
Le deuxième problème, que je redoute un peu, est que mon nom, soit divulgué et connu de tous. Or, je ne me sens pas de taille à affronter seul, la presse du monde entier, les paparazzis, et tous les curieux. Aussi, je vous demande conseil : Que dois-je faire ? Vous devez être habitués à ce genre de situation, puisque votre métier, consiste à révéler au public, des faits sensationnels auxquels des hommes ont été mêlés.
- Vos préoccupations sont parfaitement légitimes, et nous allons tout d’abord, répondre à la première. Je propose, que l’un après l’autre, nous nous engagions sur l’honneur, à ne jamais divulguer le contenu de vos cahiers, sans votre accord, monsieur Moreau.
Les promesses furent faites, et le Président, qui me semblait être un homme aimant les choses concrètes, me dit:
- Parlons maintenant du second point que vous avez soulevé. En ce qui concerne la protection de votre personne, et le respect de votre vie privée, je propose que dès maintenant, nous mettions à votre disposition, un appartement dans nos locaux. Vous pourrez ainsi bénéficier de notre système de protection très efficace. Par ailleurs, je crois, Monsieur Moreau que vous êtes en congé, pour encore 10 jours. Mais il serait préférable, que vous ne repreniez pas vos fonctions actuelles de Directeur Commercial adjoint, car vous seriez harcelé par tous, dans votre société. Je vous suggère de donner votre démission, et vous pourriez être engagé chez nous, à vos conditions actuelles. Ainsi, vous n’auriez qu’à vous consacrer en toute indépendance, à votre mission, tout en étant à l’abri, en grande partie, de tous les curieux qui voudraient vous traquer à chaque instant. Que pensez-vous de ma proposition ?
Il faut croire que la fréquentation des esprits, m’avait retiré une partie de mon sens du concret et de mes ambitions, car je n’ai pas songé une seconde, à profiter de ma situation particulière, centrale dans cette affaire, pour obtenir une augmentation…. Mais les intérêts en jeu, étaient sans commune mesure avec ma situation matérielle personnelle.
( A suivre)
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MessageSujet: APRES LE DERNIER JOUR   Ven 29 Juil 2011 - 9:25

Je dois dire cependant, que je fus installé dans un agréable appartement de 3 pièces, au dernier étage de l’Agence, avec une vue magnifique sur tout Paris.

Par moment, je souffrais de troubles curieux, j’en arrivais à perdre la respiration. Il m’arrivait tant de choses incroyables ! Je vivais plusieurs vies en accéléré. Même des gestes très simples, comme me laver les mains, ou boire un verre d’eau, me semblaient décalés dans le temps, comme si ce n’était plus moi, qui étais en train d’agir. Je crois que cela venait du fait que je ne parvenais pas à réaliser, vraiment, l’incroyable aventure, que je venais de vivre, et je me sentais aussi déphasé, ici qu’en haut. Je venais, dans un court laps de temps, de vivre deux vies simultanément
L’Agence France Presse publia un communiqué résumant l’aventure à laquelle j’avais participé, en renvoyant pour plus de détails à la lecture des journaux nationaux.
Deux heures, après la sortie du communiqué de l’Agence France- Presse, Dubois m’appelait sur mon portable.
- Je viens de recevoir un coup de fil de l’Elysée. Demain matin, à 9 heures 30, une voiture viendra vous prendre ici, à l’Agence, pour vous amener à l’Elysée. Le Président veut vous voir.
- Bigre ! Déjà ? Il ne me laisse pas récupérer du décalage horaire ? Ai-je répondu sur le ton de la plaisanterie.
- Il doit y avoir à L’Elysée un gars dont le rôle consiste uniquement à rester à l’affut de tous les communiqués que nous sortons, pour, après un tri sommaire, les transmettre au Président.
- Il a une activité, de 10 dix gros travailleurs, ce gars là. Bon. Je serai dans votre bureau demain à 9 heures 30.
A dix heures et quart, le lendemain, je pénétrai dans le bureau du Président.
Il ne perdit pas de temps en considérations oiseuses. Il me demanda immédiatement ce qu’il y avait de vrai dans le communiqué de l’Agence.
- Tout, monsieur le Président lui répondis-je.
-
- Vous avez des preuves ?
- Oui, monsieur le Président.
Aussitôt, il appuya sur un bouton de son interphone et dit simplement :
- Annulez mon rendez- vous de onze heures. Voyez dans mon emploi du temps pour fixer une autre date cette semaine. Je dis bien cette semaine.
Puis, se tournant vers moi, il me dit :
- C’était le syndicat des producteurs de maïs. Je ne peux pas les faire droguer trop longtemps. Alors ? Il était question de preuves de votre petite virée dans le cosmos. Quelles sont ces preuves ?
Je lui expliquais que j’avais été amené à rencontrer les esprits de 10 personnes récemment décédées, lesquelles m’avaient fourni une foule de renseignements, dont certains ne pouvaient être connus que par une ou deux personnes encore vivantes.
- Si vos renseignements s’avèrent exacts, on pourra en effet considérer que votre récit était réel. Racontez moi en détail, tout ce qui vous est arrivé à partir de votre départ de l’aéroport….d’Agen je crois ?
- C’est en effet d’Agen que je suis parti.
Et je lui ai fait la relation complète de mon aventure.
Le coude sur son bureau, le menton dans la paume de la main, il m’a écouté sans m’interrompre, prodigieusement intéressé.
A la fin de mon récit, sa première réflexion a été :
- Monsieur Moreau, vous allez dans 48 heures avoir un nom plus connu que le mien.
Puis, il remarqua qu’en dehors des 10 esprits- témoins, je n’avais vu, réellement, que deux esprits réincarnés. François et Anna.
- Plus, celui qui s’est matérialisé pour me répondre lors de la première réunion à laquelle j’ai assisté.
- C’est exact, mais c’était un personnage secondaire. Je voudrais que vous me décriviez plus minutieusement ceux qui se sont présentés sous les prénoms de François et d’Anna. Cette dernière est-elle vraiment très jolie ? Quant à François, avez-vous la certitude qu’il s’agissait bien de Léonard de Vinci ?
- Un inventeur de renom qui vivait au XVIème siècle, était italien d’origine et a été amené en France par un personnage très haut placé, voyez vous quelqu’un d’autre, Monsieur le Président ?
- Non, évidemment. Et après tout, il est bien normal qu’un esprit tel que celui de Vinci, occupe, parmi les esprits une place prépondérante. Je me demande quelle place me sera réservée. Avez-vous eu l’impression, que pour se faire une place, là haut, il faut savoir s’imposer…..enfin, se battre avec d’autres ?
- Pour être franc, l’impression qui m’est restée, est que tous les sentiments humains n’ont plus cours entre les esprits. Leur seul souci est semble-t-il de s’améliorer par de nombreuses discussions entre eux, afin de pouvoir être utiles à l’Esprit Suprême. Je pense que c’est leur seul but.
Vous m’avez demandé par ailleurs de vous parler d’Anna. Malheureusement, je n’ai pas assez de mots pour vous la décrire. Selon elle, elle était sur terre, exactement comme elle m’est apparue, et c’est cela que je n’arrive pas à concevoir. Une femme d’une telle beauté, cela n’existe pas sur terre.
- Il y a mon épouse, me dit le Président en souriant.
Un peu courtisan, je lui dis qu’en effet, l’épouse du Président était une très belle femme, mais que, sans pouvoir préciser en quoi, Anna, c’était autre chose.
- Bon, revenons au centre du problème, me coupa le Président. Il faudrait donc que nous stoppions, toutes nos tentatives pour envoyer des humains sur d’autres planètes. ?
- C’est exact. La mission qui m’a été confiée est en effet de persuader les chefs des grands Etats, qu’il serait dangereux pour l’humanité tout entière d’envoyer des hommes dans l’espace et sortant de la zone terrestre, car ils pourraient être capturés par Caliure.
- Ce Caliure, serait donc bien cet Ange déchu que nous connaissons sous le nom du diable.
Mais, dites –donc, Moreau, je vois une contradiction dans ce que vous dites.
- Laquelle, Monsieur le Président ?
- Vous m’avez dit, que parmi les esprits, tous les sentiments que nous connaissons sur terre : Esprit de lucre, orgueil, méchanceté, ambition etc, n’existaient pas la haut.
- C’est exact !
- Mais alors, si c’était vrai, comment expliqueriez vous l’attitude de ce Caliure ? Il est ambitieux, non ? Il veut la perte de votre Esprit Suprême, et le supplanter, non ? Il me semble que ce sont là des sentiments typiquement humains.
- Je m’étais fait cette réflexion, monsieur le Président, et la seule réponse que je peux vous donner, c’est l’explication que m’avait donnée François, d’ailleurs spontanément, sans que je l’interroge. Il m’a expliqué l’attitude de Caliure par quelque chose d’analogue à ce que nous appelons un vice de fabrication. Il s’agirait donc bien d’un cas unique et exceptionnel. Une exception qui justement, confirme la règle
Après quelques secondes de réflexion, le Président me dit qu’il userait de tous ses pouvoirs pour faire cesser toutes les recherches astronautiques, ayant pour but de propulser des humains sur d’autres planètes. Il me dit que son influence, était suffisante, pour rallier toutes les nations européennes, mais qu’en revanche, la partie n’était pas gagnée, auprès de certaines très grandes puissances, dans lesquelles, des lobbies extrêmement puissants, tiendraient à rentabiliser les capitaux énormes, déjà investis dans ce domaine.
L’entrevue se termina par une poignée de main, et le Président me dit, en riant, qu’il aurait bien aimé être à ma place, mais que malgré cela, même en sachant ce qui l’attendait, il n’était pas pressé pour partir définitivement sur Krop.
- Comprenez-moi, me dit-il, je ne suis pas certain d’obtenir là haut des fonctions aussi passionnantes que celles que je remplis ici.

CHAPITRE 2

Les plus importants quotidiens de chaque Etat, ont publié in extenso ma relation des faits, et ont annoncé que des preuves irréfutables seraient apportées confirmant la véracité des faits mentionnés.
Les chefs d’Etat, des pays dont étaient originaires les esprits qui s’étaient confiés à moi, ont eu connaissance de ces témoignages, et ont tous engagé des enquêtes sérieuses, menées par des personnes bénéficiant dans le pays d’une réputation morale irréprochable.
Finalement, nous avons décidé, que, contrairement à ce que nous avions prévu au début, mieux valait, que les résultats des enquêtes ne soient pas divulgués par chaque Etat, au jour décidé par eux
Les résultats de ces enquêtes devaient rester secrets, pour être divulgués simultanément le même jour.
C’était l’ONU qui avait pris les choses en main. Je devais me rendre devant l’Assemblée Générale pour raconter une fois de plus, mon odyssée, puis, un représentant de chacun des pays qui s’étaient livrés à une enquête, devait venir exposer les résultats de leurs investigations.
J’avais un trac fou, lorsque j’ai été appelé à monter à la tribune de l’ONU, et mon intervention a été très brève, car, j’avais déjà tout dit dans mon compte rendu, et chaque participant à l’Assemblée Générale, en possédait un exemplaire dans sa langue.
Puis, ce fut au tour des Ambassadeurs.
( A suivre)
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MessageSujet: APRES LE DERNIER JOUR   Sam 30 Juil 2011 - 9:50

Les
conclusions des 10 intervenants, ont toutes été identiques. Pas la moindre
petite erreur n’avait été trouvée, dans les témoignages rapportés, et tous
concluaient dans le même sens : Mes allégations ne pouvaient être mises en
doute. J’étais bien allé dans le monde des Esprits, et j’avais bien reçu des
renseignements précis, et souvent confidentiels, directement, de la part des
esprits de personnes décédées récemment..


Une décision s’imposait donc : Comme il
me l’avait été demandé, il fallait interrompre
toutes les expériences spatiales, destinées à projeter l’homme sur d’autres
planètes. La survie de l’humanité était à ce prix.

Cependant,
tous les orateurs me posaient deux questions, auxquelles, d’ailleurs, je
n’étais pas en mesure de répondre.

1/
Pourquoi, l’Esprit Suprême avait-Il besoin de nos esprits humains ?
2/ Il était question d’une zone terrestre,
dans laquelle l’Esprit Suprême avait la certitude que son influence ne pouvait
être combattue. Quel était cet espace ? Cette question avait un intérêt
primordial sur le plan pratique : Tous nos systèmes de communications
modernes, sont basés sur des satellites. Les hommes pouvaient-ils poursuivre le
lancement des satellites ? Dans la négative, nous assisterions à un
bouleversement catastrophique de nos Economies et de nos modes de vie.

Je n’avais pas la réponse à ces questions,
mais seule la seconde présentait un intérêt, d’ailleurs, effectivement primordial. La première n’étant destinée qu’à
satisfaire une simple curiosité.
En tout état de cause, il était peu probable
que je puisse être de nouveau en contact avec les Esprits. Je le dis très
simplement, en ajoutant mon sentiment personnel. Les satellites faisant partie
de la zone d’attraction terrestre, il me semblait que dans ce domaine, les
hommes pouvaient sans doute poursuivre leurs expériences.
En effet, L’Esprit Suprême redoutait avant
tout, que des humains soient capturés par ce que nous appelons le Diable. Il me
semblait donc qu’il faudrait cesser d’envoyer des satellites habités, mais
l’envoi de satellites de communication, ou d’observation, de devraient pas
entrer dans le cadre de l’interdiction.
Je ne faisais, que donner là, mon
opinion, mais tous estimèrent que par ma bouche, c’était l’Etre Suprême qui
s’exprimait. Nous verrons ce qui en résultera.
J’avais un énorme besoin de prendre
un peu de repos, de recharger les accus, et plutôt que d’aller dans
l’appartement mis à ma disposition par l’Agence France-Presse, je préférais
aller dans mon cadre habituel, à Agen.
Après moult précautions pour échapper
aux curieux, je suis parvenu de nuit, dans mon appartement, et, mon téléphone
coupé, la sonnette de ma porte débranchée, j’ai pu me reposer tranquillement.
Deux jours après
mon entrevue avec le Président de la République, j’ai reçu un nouveau coup de
fil de Dubois.
-
Vous êtes très
demandé, mon cher. Je viens de recevoir un coup de fil du Vatican. Le Pape serait
très heureux de pouvoir parler avec vous. Il vous demande si vous pourriez vous
rendre à Rome. Vous remarquerez qu’il a pris plus de temps que le Président
pour réagir, et qu’il ne vous impose rien, ni la date, ni même votre venue. Pourtant,
il me semble qu’il est intéressé au plus haut point par les révélations que
vous avez faites.
-
C’est vrai qu’il ne me convoque pas, mais je
suis moralement obligé de satisfaire son désir. Je me rendrai au Vatican après
demain. Je m’envolerai pour Rome demain matin.
La rencontre avec
le Pape fut plus longue que celle que j’avais eue avec le Président. Nous
étions seuls dans son bureau, et il ne s’attarda pas sur le fond de la mission
qui m’avait été confiée. Il voulait le maximum de renseignements sur L’Etre
Suprême et sur Caliure, malheureusement, je n’avais pas grand-chose à lui
apprendre, car à toutes les questions que j’avais posées à leur sujet, il m’avait
été répondu que ma mission pouvait être remplie avec les éléments qui m’étaient
fournis, et que tout le reste, n’était que de la curiosité inutile.
Le Pape parlait beaucoup. J’avais
l’impression qu’il pensait tout haut. La religion dont il avait la charge
suprême était basée sur la croyance, et bien entendu si l’existence de l’Etre
Suprême était confirmée, tout un pan de la religion catholique devenait caduc.
Tous les principes moraux qui devaient être respectés sur terre, pour avoir
ensuite une vie meilleure, n’avaient plus de raison d’être puisque parmi les
esprits, il ne semblait pas qu’il y ait une différence de traitement, entre les bons et les mauvais.
Le Pape était particulièrement tourmenté
par un fait. Dieu avait envoyé des messages aux humains, par l’intermédiaire de
Messies et Prophètes, pour faciliter la vie entre hommes, et maintenant, il
réduisait à néant tout ce travail qui avait demandé des millénaires d’efforts.
« Pourquoi nous faire enseigner
des principes moraux, qu’il fallait absolument suivre, si l’on voulait espérer
avoir une vie éternelle agréable, pour maintenant, démontrer par votre intermédiaire,
que l’Etre Suprême a besoin de tous les esprits, et ne semble pas faire de
différence entre ceux qui ont eu une vie terrestre édifiante et les
autres ? Pourquoi ?
En se posant cette question, il me la posait
également et je n’ai pu que lui répondre ;
-
Je crois que la
réponse à vos questions se trouve en une petite phrase que vous répétez
souvent : « « Les desseins de Dieu sont impénétrables »
Pour la première fois depuis le
début de notre entrevue, le Pape sourit et me demanda si je n’avais pas songé
un jour, à venir les rejoindre.
En poussant un long soupir, et en se
levant pour me signifier que l’audience était terminée, il me dit.
-
Monsieur Moreau,
la croyance est parfois plus confortable, que la certitude. Vous allez,
déclencher un cataclysme, sans l’avoir voulu, bien sûr. Que l’Etre Suprême,
puisqu’il faut l’appeler ainsi, nous vienne en aide, car moi, son représentant
sur terre, je suis déstabilisé.
C’est au cours de cette audience que
j’ai pleinement réalisé les énormes conséquences que mon aventure allaient
avoir sur la vie de l’humanité, et je ne pouvais m’empêcher de penser à la
dernière réflexion du Pape. C’est vrai que la croyance laissait plus de liberté
de manœuvre à l’imagination, que la certitude, qui stérilise toutes les
possibilités d’interprétation.
Je me
trouvais dans mon appartement à Agen, deux jours après mon voyage à Rome, et
j’écoutais les nouvelles à la radio.
La plupart des
commentaires ne mettaient pas en cause mon récit et la grande majorité des voix
qui se faisaient entendre, pressaient les gouvernants à respecter la demande de
l’Etre Suprême.
Mais bien entendu, il y avait
quelques voix discordantes. J’étais un manipulateur, peut être génial ( je les
remerciais au passage) mais il ne pouvait pas y avoir une once de vérité dans
mon pseudo compte rendu, ne serait-ce que parce qu’un corps humain, ne pourrait
résister à un tel voyage intergalactique, surtout en un temps aussi court.
Je ne pouvais qu’admettre leur
raisonnement, mais sans comprendre le comment de mon aventure, je la savais
bien réelle.
Je réfléchissais à l’article que
je pourrais écrire pour plaider ma cause, lorsque j’entendis frapper à ma
porte. Je me gardais, bien sûr, d’aller ouvrir, persuadé qu’il s’agissait de
journalistes qui tentaient leur chance, en venant à mon domicile.
Les coups sur ma porte devenant de plus en
plus violents et insistants, m’étant déchaussé, je suis venu, sans bruit, pour
voir par l’œilleton quel était l’individu qui obstinément, continuait son
vacarme.
En voyant de qui il s’agissait, je faillis tomber de saisissement et m’appuyais un moment
contre le chambranle de la porte.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: Après le dernier jour   Dim 31 Juil 2011 - 10:02

CHAPITRE 3
C’était Anna, et je lui ouvris immédiatement ma porte.
Jamais, jamais, je n’aurais pu imaginer une aussi belle vision.
J’avais toujours vu Anna, revêtue de sa toge. Là, elle était habillée avec une élégance inouïe. Elle portait un tailleur de couleur crème, à revers bordeaux, dont la veste, cintrée, mettait en valeur sa taille mince et sa superbe poitrine.
Elle souriait devant mon étonnement, et m’expliqua :
- Vous pensez bien que je ne pouvais pas me promener parmi les Humains en toge blanche. Cela aurait attiré la curiosité.
- Sans doute. Mais croyez-vous que votre beauté inégalable, vous fasse passer inaperçue ?
- Peut être que les autres ne me voient pas avec les mêmes yeux que vous ?
Je la fis entrer dans mon petit salon et, immédiatement, lui posais la question qui me brûlait les lèvres.
- Pourrez-vous rester longtemps parmi nous ?
- Non, hélas. Deux de vos jours seulement.
- Et si vous restiez un peu plus, qu’arriverait-il ?
- Dans quarante huit heures, je me désincarnerais et mon esprit reviendrait à sa vraie place.
Voyant que j’étais déçu et malheureux, elle se leva, vint vers moi, me caressa la joue d’une main incroyablement douce et me dit.
- Vous savez, le temps est chose très relative. Et deux jours peuvent paraitre très longs.
Je me levai, et la pris dans mes bras.


Lorsque nous avons fait l’amour, il y avait quelque chose de divin qui participait à la fête de nos corps, et ces deux jours, très courts normalement, furent tellement riches, en sensations nouvelles et puissantes pour moi, qu’il me semble maintenant (Anna avait bien raison), que notre vie commune avait été longue, longue, pleine de choses merveilleuses et diverses. Nos conversations ont été enrichissantes, et je ne crois pas qu’elle ignore un détail de ma vie, comme je crois savoir tout ce qu’elle avait vécu durant sa courte vie terrestre.

Cela fait trois jours qu’elle est partie.
Oui, cela fait trois jours, et je commence seulement à reprendre pied dans la vie normale.
Anna était venue en mission, bien sûr, même si nous ne nous sommes occupés de cette mission, que quelques courts instants.
Elle était venue m’apporter la réponse à la question qui m’avait été posée à l’ONU. Oui, les hommes pouvaient poursuivre l’utilisation des satellites, pour leurs communications. Ils pouvaient également aller sur la lune si cela les amusait, puisque c’était également un satellite de la terre. En revanche, interdiction absolue d’envoyer des hommes sur une autre planète, même très proche comme Mars.
Par acquis de conscience, je lui posais la question de l’intérêt que présentaient les esprits humains pour L’Esprit Suprême, mais elle répondit, comme je m’y attendais, qu’il s’agissait là d’une question sans aucune portée pratique, et qui ne relevait que de la simple curiosité. Elle voulut bien me dire cependant, que si le Caliure, (notre diable), était incapable de créer des hommes, en revanche, il pouvait, s’il en capturait, les laisser se reproduire, et en faire des êtres belliqueux soucieux seulement de détruire l’humanité terrestre, car l’homme est un produit malléable, dont il était possible de modifier considérablement les pensées et les actes.
Si les humains ne respectaient pas les directives de l’Esprit Suprême, ils en seraient les premières victimes.
En attendant, le monde humain était en effervescence. Si la mondialisation cherchait un exemple pour se définir, il était maintenant tout trouvé. Toute l’humanité n’avait qu’un sujet de conversation. Dans les cases africaines, les igloos lapons, les palaces occidentaux, les maisons de papier du Japon, les peuplades troglodytes, partout, les habitants étaient au courant de mon odyssée, de la menace qui pèserait sur nous, si nos chercheurs passaient outre aux recommandations de L’Esprit Suprême.
J’ai été appelé à me rendre au Brésil, en Chine, au Sénégal, et bien sûr dans diverses villes françaises, pour parler de mon voyage vertigineux.
Je me suis félicité d’avoir, dès mon retour sur terre, tenu à écrire immédiatement un contre rendu de ce que j’avais vu, car, je dois bien l’avouer, lors de mes conférences, j’ai conscience d’avoir ajouté quelques détails de mon cru, qui à mon sens « faisaient bien » dans le décor, mais où la réalité avait du mal à trouver sa place..Je ne suis qu’un homme.
Seul donc, mon premier rapport, présente toutes les garanties d’une vérité absolue.
Evidemment, je suivais les progrès rapides de mon apostolat, mais franchement, ce qui occupait mes pensées avec opiniâtreté, malgré mes efforts pour me consacrer à ma mission, c’était Anna. Anna, ma merveilleuse, ma belle, ma douce, mon intelligente, ma délicieuse Anna.
Lorsque nous nous sommes quittés, je lui avais demandé, quand elle pensait revenir. Elle n’avait pas pu me répondre, et je lui avais dit avec une sincérité totale.
- Anna, mes sentiments pour vous sont largement au dessus des amours humaines les plus accomplies. Même si jusqu’à la fin de ma vie terrestre, je ne dois plus vous revoir, je ne me marierais jamais, et jamais je n’aurais d’enfant. Je vais passer le reste de ma vie à vous attendre, ou plus exactement à attendre le moment de vous rejoindre.
- Vous êtes un homme merveilleux, mais vous le savez, nous ne pouvons avoir de relations pérennes. Je suis morte il y a quatre siècles. Je ne suis qu’une morte en permission très provisoire. Profitez de votre temps de vie, et lorsque nous nous reverrons, votre temps sur terre terminé, vous constaterez que vos sentiments se seront entièrement modifiés. C’est à juste raison que vous parlez de purs esprits. Ce qui s’est passé entre nous sur terre, aurait été absolument impossible entre des esprits, même réincarnés, là haut.
Je vous le dis, en cet instant, sur terre, je brûle pour vous d’un amour, envoûtant, puissant, mais je sais aussi qu’en quittant la terre, je redeviendrai un esprit, sans ces pulsions charnelles.
Je ne pus m’empêcher de lui dire que l’Esprit Suprême, pourrait bien veiller à ce qu’il y ait un peu plus de justice sur terre. Pour ne parler que de mon cas personnel (qui je l’avoue, présente un intérêt primordial à mes yeux…. ) j’étais condamné à vivre avec, dans le cœur, un amour impossible, alors qu’Anna, revenue chez elle, si elle parvient à se souvenir encore de moi, y pensera d’une façon détachée et sans tourments.
Anna, toujours bonne, me fit remarquer avec un sourire, que d’une part, j’aurais des souvenirs vivaces, plus exaltants, que je pourrais ressentir toute ma vie, alors qu’elle, ne ressentirait plus, même en souvenir, la passion brûlante qui l’avait dévorée sur terre. Par ailleurs, me dit-elle, la justice est une notion purement humaine que l’on a inculquée aux terriens pour rendre leur vie sociétale plus supportable. La justice n’a pas de vertu intrinsèque et universelle. Pas plus que la charité. Mais les hommes ont besoin de ces notions pour survivre d’une part, mais surtout, pour éduquer, affiner leurs esprits qui seront nécessaires à L’Esprit Suprême
Je ne partageais pas cette façon de voir, mais, nous n’allions pas nous disputer pendant les derniers instants passés ensemble. Nous avons fait une dernière fois l’amour, et je l’avoue, lorsque nous nous sommes retrouvés couchés, côte à côté, comblés et malheureux à la fois, j’ai pleuré sur mon bonheur infini……et pourtant finissant.
Anna a refusé de me dire comment, et d’où, elle allait repartir.
- Croyez-moi, me dit-elle, vos souvenirs seront plus enivrants, s’ils restent entourés d’un halo de mystère. Je vais prendre un taxi, et c’est tout ce que vous saurez. Surtout, n’oubliez pas que votre mission ne sera terminée que lorsque les dirigeants de toutes les nations importantes, auront accepté de signer une charte mondiale, aux termes de laquelle, tous les préparatifs en vu d’une évasion vers une autre planète, seront interrompus.
Il m’avait semblé, au début de ce que je pourrais appeler notre évangélisation des terriens, qu’avec les preuves irréfragables que je rapportais, il serait aisé de parvenir à un accord général.
Mais ce ne fut pas si simple !
Car, c’était sans compter, sur certains lobbies qui avaient déjà dépensé des sommes colossales, pour aller sur d’autres planètes et en premier lieu sur Mars.
Bien sûr, les relativement petits pays, France, Allemagne, et Angleterre inclus, ont vite été d’accord pour signer une charte universelle par laquelle toutes les nations acceptaient d’interrompre à jamais les recherches en vue d’envoyer des humains sur d’autres planètes.
Ce sont les Russes, les Américains, et les Chinois, qui se montrèrent les plus réfractaires à la signature de cette charte. Au point, que, certains, en Europe, envisageaient même d’utiliser l’armement nucléaire, pour ramener les Etats réticents à plus de sagesse. Mieux valait, disaient-ils faire la part du feu, et détruire une partie de l’humanité plutôt que de la sacrifier en totalité.
Je fus amené à faire des conférences, dans les grandes villes des Etats Unis et de Russie, et je finis par obtenir un accord sur le libellé de la charte.
Tous les pays, s’engageaient à ne jamais envoyer d’être humains, en dehors de la zone terrestre. En revanche, les Etats, pouvaient continuer à explorer l’univers pour faire progresser la science et notre connaissance du monde, en envoyant dans les espaces intersidéraux, des engins non habités.
Il m’avait semblé pouvoir accepter ce compromis, et une date avait été fixée pour la signature de cette charte par tous les représentants des Etats à l’ONU.
J’ai beaucoup parlé des grands de ce monde et des discussions entre Etats, mais il y avait un phénomène, véritable lame de fond, qui balaya l’humanité tout entière.
Dès l’origine de l’homme, la peur de la mort avait été le sentiment le plus fort et le plus partagé. Chacun s’était posé cette question : Et après ma mort, que vais-je devenir ? Le néant ? Ou alors une partie de moi va-t-elle pouvoir survivre ? Comme il n’y avait aucune certitude, ni dans un sens ni dans l’autre, des religions, sous diverses formes avaient fleuri spontanément, dont la raison d’être, était de donner un espoir aux humains.
Oui, enseignaient toutes les religions, soyez certains qu’il y a une vie après la mort, et si vous avez une vie exemplaire, c'est-à-dire qui épouse tous les préceptes de notre religion, vous aurez une seconde vie plus agréable. Si, durant votre vie terrestre, vous tournez le dos à nos principes, alors, tremblez ! Car vous connaitrez pour l’éternité d’affreux tourments.
Toutes ces religions ne pouvaient que se baser sur la foi, puisque l’on ne connaissait pas la vérité. Il fallait croire, pour adhérer à une religion.
Il était évident, que tous les enseignements tirés de mon odyssée, bouleversaient toutes ces données millénaires.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: Après le dernier jour   Lun 1 Aoû 2011 - 10:05



Il était désormais établi d’une façon irréfutable, qu’à notre mort, notre esprit survivait, et continuait à évoluer en un autre lieu. Et il ne semblait pas qu’il y ait une séparation entre les bons et les mauvais terriens.
Cette certitude enlevait les craintes de tous les humains. Mais elle n’était pas sans danger.
Les hommes, sachant que la mort ,ne signifiait pas la fin totale de leur existence, risquaient d’être, de plus en plus, attirés par le suicide. Pourquoi fallait-il endurer les tracas de la vie terrestre, puisque, délivrés des contingences matérielles, les esprits pouvaient ailleurs, trouver la sérénité ?
Le suicide, jusqu’à nos jours, avait été une exception, parce qu’il fallait être vraiment désespéré pour courir le risque de se détruire à jamais, et ce d’autant plus qu’en général les religions avaient pris la précaution de spécifier que le suicide, entrainait automatiquement une seconde vie très désagréable.
Une religion faisait exception à cette règle : la religion musulmane s’offrait des héros, des combattants pour sa cause, en promettant à ceux qui se suicidaient, pour le triomphe de leur foi, un paradis merveilleux.
Sous réserve de cette dernière exception, plus rien ne retiendra désormais, une personne souffrant par exemple, de migraines persistantes, ou une femme abandonnée par son mari, de préférer passer tout de suite à la vie suivante, puisqu’il y en avait une, c’était une certitude..
Toutes les religions se retrouvaient devant le même problème. La foi, la croyance, qui était le socle de tout leur édifice, n’avait plus lieu d’être, puisque la certitude était établie. Il fallait sans tarder remanier tous les principes qui avaient été établis depuis des siècles et quelquefois des millénaires. Il fallait trouver une parade à la solution facile du suicide, et tous les théologiens avaient l’obligation d’une reconversion….et du pain sur la planche !
Quelques grands esprits humains, dont Einstein, avaient entrevu ce qui semblait être la réalité. Je dis « semblait », car malgré toutes mes découvertes, ni moi, ni même les Esprits rencontrés sur Krop, ne détenons la vérité.
Le grand physicien, sans se prononcer sur les diverses religions, estimait que l’organisation de la Nature, postulait l’existence d’un Esprit Supérieur, auprès de laquelle, l’intelligence humaine était quantité négligeable.
Parmi tous les enseignements religieux, une affirmation était incontestablement fausse. C’était celle selon laquelle, Dieu nous avait créé à son image. La différence entre l’Esprit Suprême et l’homme est si grande, que ce n’est pas une question de degré, mais de nature. Aucune comparaison n’est possible. Le seul enseignement que j’ai pu retirer de mon aventure, est que l’Etre Suprême a besoin des esprits humains pour alimenter son énergie. C’est un peu comme le cheval qui a besoin du foin, mais il y a une énorme différence de nature entre un cheval et le foin.
Je ne pouvais réfléchir à tout cela, que durant mes rares moments de détente, car, je n’avais plus beaucoup de temps à moi.
J’étais appelé aux quatre coins de notre planète, pour faire des conférences, et surtout, on me demandait de venir parce que, chaque homme voulait avoir vu ce nouveau Messie, qui avait apporté la réponse, à une question qui remontait loin, dans la nuit des temps.
Passionné d’aviation, j’aimais faire mes tournées de conférence en pilotant moi-même un appareil que je changeais en fonction des distances à parcourir.
Trois jours, avant la date arrêtée pour la signature de la Charte, j’étais à bord de mon Beach kraft personnel, et revenais de Moscou. Le temps était nuageux, par moment, mais dans l’ensemble le pilotage n’était pas désagréable. Tout allait bien à bord, lorsque soudain, alors que je me trouvais en plein soleil depuis un bon moment, ce fut l’obscurité. Lorsque mes yeux se furent accoutumés je constatais que j’étais dans un nuage bleu. J’eus alors la certitude que mon voyage m’emmènerait plus loin que prévu.
De fait peu de temps après, le nuage bleu se dissipa. Il n’avait servi qu’à me prévenir que j’allais de nouveau effectuer un bond prodigieux dans l’espace, et je vis, comme durant mon voyage de retour, des planètes se succéder à une allure folle.. Elles apparaissaient, grossissaient, rapidement, pour disparaitre instantanément, pendant qu’une autre apparaissait. J’étais en route vers Anna, car c’est à elle, exclusivement, que je pensais immédiatement.
Comme la première fois, je vis bientôt le sol de Krop. Instruit par l’expérience, au lieu de me poser loin des traits noirs, je vins au contraire atterrir tout près de l’un d’eux.
C’est sans inquiétude particulière, mais au contraire avec impatience que je sautai de mon cockpit, et me présentais devant un trou noir.
Comme la première fois, j’étais attendu.
- Bienvenue à vous, me dit une voix. L’escalier vous attend.
En effet un escalier se présenta devant moi, éclairé sur environ 5 mètres, et je m’engageais, sans hésitation cette fois-ci.
Je ne pus attendre d’avantage pour poser la question.
- Pouvez vous me dire où se trouve Anna ?
- Evidemment non. Je ne sais qui vous appelez Anna. Ici, nous ne portons pas de nom, puisque nous sommes identifiables par nos pensées.
Zut ! Comment allais-je faire pour la retrouver ? Je me souvins, alors que François, avait pris ce prénom pour me faciliter les choses, qu’il avait une fonction, ou plus exactement un titre, je crois, que l’on m’avait cité une fois lors de mon premier voyage. Je fis un effort de mémoire et parvint à le retrouver.
Le Ralah ! C’était ça. Et je posai la question :
- Pourrais-je voir le Ralah ?
- C’est vers lui que je vous emmène.
Il était évident, que ce ne pouvait être que lui qui m’avait fait revenir, j’aurais du y penser immédiatement, mais je dois avouer, qu’Anna occupait toutes mes pensées depuis que j’avais compris que j’allais revenir sur Krop.
Au bas des escaliers, qui disparurent, après mon passage, je me retrouvai dans l’un de ces couloirs qui semblaient constituer la totalité de l’architecture des lieux.
En entendant la voix de François, je m’arrêtai, attendant qu’il accomplisse sa réincarnation, ce qu’il fit lentement. Il était toujours souriant et me dit que globalement, j’avais fait du bon travail, mais qu’il restait quelques détails à régler.
Je n’étais pas opposé à la discussion sur les résultats de mon action sur terre, mais j’étais surtout impatient de revoir Anna. Je posai donc la question de savoir si c’est elle, qui allait s’occuper de moi durant mon séjour sur Krop.
Il me répondit….sans me répondre :
- Votre séjour sera très court cette fois ci.
Je ne pouvais pas insister, sous peine de paraitre plus intéressé par mes propres sentiments, que par ma mission. Ce qui était vrai d’ailleurs, et je savais que François ne l’ignorait pas.
Je me sentis soudain très fatigué. Il y avait là, quelque chose de paradoxal. Ce n’était qu’un détail, mais j’ai horreur de ce qui peut paraitre irrationnel. La pesanteur sur Krop est très inférieure à celle existant sur terre. D’accord, les mesures du temps sont très différentes. Mais pourquoi, avais-je l’impression d’avoir besoin de dormir beaucoup plus souvent que sur terre ?
François qui semblait suivre mes pensées (Pourquoi dis-je « qui semblait » ? Je savais parfaitement qu’il lisait en moi) me répondit :
- C’est parce que votre organisme est habitué à une certaine pesanteur, et tout changement entraine un effort d’adaptation, effort qui engendre la fatigue. De même, j’en suis certain, après avoir séjourné ici, lorsque vous vous êtes retrouvé sur terre, vous avez du vous sentir très fatigué.
- C’est vrai….. Ce qui est également vrai, c’est qu’il est pénible de savoir que toutes les pensées que l’on croit intimes sont parfaitement saisies par d’autres. Ce doit être difficile de demeurer ici.
- Absolument pas. Vous raisonnez avec un esprit humain, ce qui est bien normal. Mais lorsque nous sommes débarrassés de notre enveloppe charnelle et de toutes les petitesses qu’elle nous apporte, nous nous connaissons tous parfaitement, sans que cela engendre des sentiments typiquement humains, comme la jalousie, l’orgueil, la méchanceté, et surtout, le besoin d’argent. Nous savons que chacun est comme il est, et que c’est très bien comme cela, puisque chaque esprit, dans son genre, servira à l’Esprit Suprême.
- En quoi ces esprits humains peuvent-ils servir à l’Esprit Suprême ?
- Je crois que vous avez déjà posé cette question plusieurs fois, et qu’il vous a été répondu que vous n’étiez pas là pour satisfaire votre curiosité. Excusez-moi d’être un peu sec, mais il est important que vous concentriez toutes vos facultés intellectuelles sur la mission.
- Cette mission, je l’ai bien remplie, non ?
- Cela aussi, je vous l’ai dit. Globalement, oui. Mais il y a des détails, dont on vous parlera lorsque vous aurez pu réparer et restaurer votre corps. Vous allez rejoindre votre appartement.
Les contours de François s’évanouirent peu à peu, et, lorsqu’il eut entièrement disparu, une autre silhouette se forma, et je savais, bien avant que je puisse la reconnaitre, qu’il s’agissait d’Anna.
Bien sûr elle était vêtue de sa toge blanche.
C’était elle, sans discussion possible, elle était belle, ses yeux étaient vifs, et pourtant, il lui manquait une dimension qu’elle avait sur terre.
- Je suis heureuse de vous revoir. Vous allez occuper le même appartement que la première fois. Vous allez vous reposer, et lorsque vous vous éveillerez, comme d’habitude, je viendrai vous apporter un repas.
- Que vous partagerez avec moi ?
- Je ne pense pas. J’ai subi quelques remontrances, d’ailleurs parfaitement fondées, et il est indispensable que vous fassiez abstraction de vos propres sentiments, car vous ne vous appartenez plus, vous êtes investi d’une mission tellement plus importante que vos petites préoccupations.
- Vous appelez « petites préoccupations » le sentiment que je vous porte ? Vous lisez dans les pensées dites-vous, mais vous lisez bien mal, permettez-moi de vous le dire.
- Votre parole est libre, mais pensez que vous ne connaissez qu’un côté des choses, et il se trouve que c’est le petit, tout petit côté.
J’avoue, que je commençais à en avoir assez de me voir réprimandé sans arrêt, et je ne pus me retenir de lui dire :
- Je n’ai rien demandé à personne. Je n’étais pas candidat à la mission que vous m’imposez. Certes, je ne suis qu’un humain, c'est-à-dire un être inférieur à vous, mais il y a, en ce moment, 6 ou 7 milliards d’hommes sur terre. Choisissez- en un autre, et laissez-moi vivre ma vie de terrien.
- L’ennui, c’est que vous n’êtes pas sur terre, et que vous ne sauriez pas y retourner sans nous. Allons, calmez-vous !
Sans avoir fait un pas, la porte de mon appartement se présenta devant moi. J’entrai, refermai la porte sans dire un mot à Anna, et je me rendis dans ma chambre, où, comme d’habitude, un pyjama m’attendait sur le lit.
Je me déshabillai rapidement et m’endormis presque aussitôt.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: Après le dernier jour   Mar 2 Aoû 2011 - 9:36

CHAPITRE 4


























En me réveillant, je ne me sentais pas
à l’aise. Je cherchais la raison de mon mal-être, lorsque, Anna frappa à la
porte, pour me dire qu’après ma toilette, un repas me serait servi.


Je ne lui répondis pas. En fait
j’étais en colère. En colère ? Pourquoi ? Parce que j’en avais marre
d’avoir été embrigadé dans cette histoire, sans avoir été consulté ? C’est
vrai, ça ! Ils me kidnappent, me confient une mission sans me demander si
je veux bien la remplir, et surtout si je me sens capable de la remplir. Il se
trouve que cette mission, pratiquement impossible, puisqu’il s’agissait pour un
homme seul, banal, bien comme les autres, de persuader l’humanité entière,
qu’il fallait dans un domaine précis, renoncer à tous progrès, cette mission
impossible, dis-je, je suis parvenu à la remplir dans un délai qui, sans me
vanter, me semble fabuleux. Et que me dit-on ? Que ma foi, globalement je
l’avais remplie ! Globalement !! Je vous en ficherai, du
globalement !! Je suis parvenu à faire accepter la signature d’une charte
par tous les chefs d’Etat de la terre ! Globalement ! Qu’est-ce
qu’ils veulent de plus ? J’en ai marre !!


Pour faire une sorte de grève, j’étais
resté dans mon lit. Oui, j’étais en colère. Et puis, peu à peu, je me suis
rendu compte que je me racontais des histoires. En fait, si je ne me sentais
pas bien dans ma peau, cela n’avait rien à voir avec ma fameuse mission. Non.


J’avais
connu sur terre, une femme merveilleuse, qui outre ses qualités physiques, était aimante, amoureuse, et nous avions vécu
en communion parfaite, des moments de bonheur indicibles. Nous étions proches, au
point que nous n’étions pas deux êtres distincts, nos rapports étaient fusionnels,
nous ne formions qu’Un, vivant dans un Nirvana. Et qui retrouvais-je sur
Krop ? Une femme, certes morphologiquement aussi jolie que sur terre, mais
dépourvue de toute chaleur, distante, froide même, à peine heureuse de me
revoir. J’étais vexé, ou plus exactement frustré, et profondément malheureux.


Que m’avait-elle
dit déjà ? Ah, oui ! Qu’elle avait reçu des remontrances. Finalement,
ce n’est peut être pas elle qui est fautive, mais ses pseudo chefs qui, tout de
même, pourraient reconnaitre, qu’Anna et moi, avons, ensemble rempli une
mission, plus que globalement réussie.


Mais non !! Je ne pouvais lui trouver une
excuse. Nul ne pourrait m’imposer, à moi, de ne plus l’aimer. Il devrait en
être de même pour elle !! Ou alors, c’est que son amour est moins
puissant, moins authentique que le mien.


J’en avais marre ! Marre de
cogiter, et je me suis levé pour faire ma toilette.


Après
le repas, banal mais correct, je suis allé m’asseoir dans un fauteuil, bien
décidé à ne prendre aucune initiative et à les laisser venir.


J’étais installé depuis peu, remâchant mes
aigreurs d’un amour mal partagé, lorsqu’à côté de moi, une silhouette se
dessina. J’espérais Anna. Ce fut François.


-
Alors, mon cher,
on fait une petite crise ? Croyez-moi, ce n’est pas très grave.


Tout
d’abord, vous avez fait du bon travail sur terre, et globalement (oui,
globalement, même si vous n’aimez pas ce mot) votre réussite ne fait pas de
doute.


La seule petite réserve, la seule erreur que
vous ayez commise, mais vous allez bien vite la réparer, c’est lorsque vous
avez précisé dans la charte, que la poursuite des recherches humaines dans l’espace
avec des engins non habités, restaient possibles..


Il n’en est pas question.


Toutes choses, dans l’univers, doivent leur
existence à l’Esprit Suprême. Mais il faut bien comprendre, que l’humanité a une place à part. L’Esprit
Suprême a créé les hommes pour avoir en
permanence une provision d’Esprits qu’il utilise pour la poursuite de son
Oeuvre, qui n’en est qu’à ses débuts. Celui que nous appelons Le Caliure, qui
lui aussi doit son existence à l’Esprit Suprême, qui voulait en faire son bras
droit, à la suite de ce que vous appelleriez en langage humain, « un vice
de fabrication » a décidé d’entrer en rébellion contre l’Esprit Suprême,
et de récupérer a son profit, la totalité de ses pouvoirs.


Et c’est là, qu’il faut que vous compreniez
bien toute l’étendue de votre mission.. Vous avez obtenu qu’aucun humain ne
coure le risque d’être capturé par le Caliure, en s’éloignant de la sphère
terrestre. C’est bien. Mais il ne faut pas non plus qu’il puisse s’emparer des
engins sophistiqués produits par l’homme, car, ces objets, il pourrait les
reproduire en grands nombres, et les utiliser contre vous, pour vous détruire.
En résumé, il ne faut pas donner au Caliure des armes qu’il utiliserait à coup
sûr en premier lieu contre les terriens. Quand vous serez bombardés par des
milliers et des milliers d’engins portant des possibilités de destruction,
l’humanité sera condamnée à disparaitre. Suis-je parvenu à me faire bien comprendre ?



Ma hargne n’était pas tombée, et c’est d’un
ton rogue que je lui répondis :


-
Regardez
vous-même, puisque vous lisez en moi !!



-
Je vois, je vois me dit-il. Même pour un
humain, vous êtes vraiment têtu !


Et sa
silhouette s’estompa.


Je pensais, que, comme les autres fois, elle
serait remplacée par celle d’Anna. Mais rien ne se produit. Je restais seul.


J’étais de plus en plus à cran. D’accord,
j’avais compris ce que m’avait dit François sur la nécessité de ne pas livrer à
leur Caliure, notre Diable à nous, nos secrets de fabrication. Mais pour moi,
c’était secondaire. Il y avait deux raisons à ma rogne. D’abord, Anna qui
semblait me battre froid, maintenant qu’elle était revenue dans son élément,
alors que mon amour avait toujours la même intensité. Et puis, il y avait cette
sensation désagréable, plus que désagréable, intolérable, de ne plus avoir de
pensées intimes pour mes interlocuteurs, alors que moi, j’étais dans
l’incapacité de savoir ce qu’ils pensaient.


Cette situation d’infériorité, qu’ils ne
manquaient pas une occasion de me faire ressentir, tous, aussi bien François,
qu’Anna (En tous cas, c’est comme cela que je le prenais), m’énervait au plus
haut point.


Après tout, s’ils sont venus me chercher,
c’est qu’ils avaient besoin de moi, et s’il y a des efforts à faire, c’était à
eux de les accomplir, pas à moi. Je pris la décision de rester dans mon
appartement, sans en sortir, aussi longtemps qu’ils n’auront pas pris
l’initiative, eux mêmes de venir me voir. Alors, je leur expliquerai………..Mais
non ! Je ne leur expliquerai rien du tout : Ils n’auront qu’à lire en
moi.


Je n’avais jamais eu la curiosité, de bien
visiter mon appartement. Je décidai de le faire. J’avais déjà eu l’occasion de
constater que dans la salle de bain, il y avait un petit meuble de pharmacie
avec des comprimés de toutes sortes qui venaient bien sûr de nos pharmacies
terrestres. Je pensais qu’il y avait peut être de la lecture quelque part.


Dans le salon, il y avait en effet, une petite
bibliothèque, mais, les portes pleines, m’avaient caché les livres, bien
alignés sur les étagères.


J’ai eu la certitude, que cette bibliothèque avait été faite pour
moi, car s’y trouvaient tous mes auteurs préférés, et en premier lieu, les
œuvres complètes de Marcel Pagnol.


Je pris le premier volume de la
trilogie, et entrait avec un plaisir, toujours renouvelé, dans le café du Vieux Port de Marseille, pour
y retrouver Marius, César, Panisse, Escartefigue, Fanny, Honorine, et monsieur
Brun, le lyonnais, bien sûr.


Je connais pratiquement par cœur la trilogie
de Pagnol, et je la lis toujours avec un immense plaisir. Mais, pour la
première fois, je lisais des pages entières en me demandant de temps en temps
où j’en étais. Je lisais mécaniquement sans comprendre, et pour ce genre de
livre, cela ne m’était jamais arrivé. Grave !


J’avais décidé de ne pas sortir de
mon appartement, si je ne pouvais pas
lire non plus, alors, qu’allais-je faire ?


Je me renversai dans mon fauteuil,
les yeux fermés, et je pensai fortement à Anna.


Sa voix se fit entendre, j’ouvris les
yeux : Elle était devant moi, toujours dans sa toge blanche évidemment.


-
Alors, me
dit-elle, on rêvasse ?


-
Pourquoi me poser
des questions ? Vous savez tout de moi, ce que je suis, ce que je pense,
quelle idée me traverse la tête….


-
Je vous comprends, Pierre. (Je crois que sur
Krop, c’était la première fois qu’elle m’appelait par mon prénom) Vous vous
sentez en état d’infériorité, mais laissez-moi vous dire que ce n’est pas
fondé. Je sais que vous êtes malheureux d’avoir vos pensées lisibles. Mais ce
que je sais, moi, c’est que je vais me
faire rappeler à l’ordre en vous parlant comme je le fais. Non ! Ne m’enviez pas trop. J’aimerais bien être
une terrienne du XXIème siècle……et vivre une vie terrienne…...en même temps que
vous.


-
Grace à cet aveu, Anne, je me sens déjà
mieux. Merci.


Après un court silence, Anna me
révéla :


François veut que j’aille à lui. Vous le
voyez, Pierre, ne vous plaignez pas trop, je ne suis pas libre non plus.


Et elle disparut.
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MessageSujet: Re: Après le dernier jour   Mer 3 Aoû 2011 - 9:43

C’est vrai qu’elle ne devait pas être heureuse
non plus, en sachant, que tous ici pouvaient
savoir ses pensées, ses sentiments pour moi, ils pouvaient la juger, et ….la désapprouver. C’est bien joli de vivre à l’infini, mais,
si j’ose dire, vivre à l’infini, et être
sans cesse sous observation, ne pouvoir posséder une petite idée à soi, ou
avoir un sentiment personnel, ce n’est pas vraiment une vie !!!!!!!Enfin, il me semble, mais bien sûr, je juge en humain, alors qu'ils sont passés à un stade supérieur.









J’étais de nouveau épuisé. Décidément, le Krop
n’était pas propice à la vie des humains dans sa boule ! Ce truc a été
spécialement bâti pour des esprits non tributaires des nécessités
physiologiques des hommes. Je me demande combien de temps ils vont me laisser
ici. Si je ne peux être avec Anne, j’aime autant repartir sur terre. Encore
faut-il qu’ils le veuillent aussi.


Je venais de pousser un long soupir, lorsque
je vis une silhouette se former. Une visite. Cela devait être François, cette
fois.


C’était lui.


Je ne lui ai pas laissé le temps de prononcer
un mot, et je l’attaquais.


-
Vous m’avez littéralement
kidnappé pour m’amener ici.


Vous
m’avez dit qu’il existait un Esprit Suprême, mais je n’en ai pas la preuve.


Vous
m’avez dit qu’il faisait un élevage d’humains parce qu’il avait besoin de leur
esprit. Qui me le prouve ?


Vous m’avez dit que l’un de ses adjoints, créé
par lui, était entré en dissidence, et que ce Caliure, voudrait bien s’emparer
d’humains. Cette idée farfelue, pourquoi la croirais-je ?


Vous m’avez dit que les humains ne devaient en
aucun cas sortir de la zone terrestre sous peine d’être capturés par le
Caliure. Où est la preuve ?


Vous m’avez demandé d’aller jouer au Messie
pour informer la terre entière de tout cela. J’y suis allé, j’ai remué la terre
entière et suis parvenu à faire accepter la signature d’une charte par tous les hauts dirigeants de
la terre. Vous me kidnappez une seconde fois pour me dire que je n’ai pas
entièrement rempli ma mission.


Alors, zut, zut, et zut !!
Je veux retourner sur terre, et ne plus entendre parler de toutes vos
histoires !


Les yeux sans expression de François étaient
fixés sur moi, et il resta un long moment silencieux, puis il me dit :


-
En somme, vous
êtes le seul humain qui ne croit pas à tout ce que vous avez vu et appris. Vous
avez persuadé des milliards d’humains, alors que, seul, vous restez sceptique. Curieux. Mais je ne répondrai pas à toutes vos
doléances. Je n’y répondrai pas, parce qu’elles ne constituent pas votre
véritable préoccupation. Je vais répondre à la seule question qui vous
intéresse. Et même si vous n’en avez pas parlé, vous le savez parfaitement


A titre tellement exceptionnel, que
ce sera le premier et certainement le dernier cas, je vais autoriser Anne, à
reprendre une seconde vie de terrienne. Lorsque vous reviendrez parmi nous, la
seule sanction que nous appliquerons à Anne, c’est qu’elle redémarrera en
première classe, au lieu de reprendre sa place en cinquième classe. Mais j’ai
tout lieu de penser qu’elle sera d’accord avec mon offre.


Ce problème, primordial pour vous, étant
réglé, nous allons parler du parachèvement de votre mission.


Il faut bien comprendre l’importance de ce
que nous vous demandons.


Imaginons
que vous lanciez des fusées sur Mars, Vénus, ou une autre planète du système
solaire, pour commencer. La puissance de l’Esprit Suprême est encore
insuffisante, faute d’esprits humains qui lui donnent son énergie, pour
contrôler tout l’univers en expansion. Il est malheureusement certain que le
Caliure, capturera ces fusées issues de cerveaux humains, et que, le modèle
sous les yeux, il pourra en créer d’autres, en grand nombre qu’il enverrait sur
terre, avec des produits destructeurs pour la race humaine, et la vie en général.


Il faut que vous sachiez que la terre seule,
dans tout l’univers, abrite des êtres pourvus d’esprit : les humains. C’est là, une chose que vous ne saviez pas.
Nombre de vos savants, se basant sur la loi des grands nombres, croient qu’il
existe d’autres êtres vivants dans l’Univers. C’est faux. Or, les humains sont
indispensables pour la poursuite de l’Oeuvre de l’Esprit Suprême, Oeuvre qui
n’en est qu’à son tout début. Si c’est le Caliure qui prend le dessus, nous
savons qu’après avoir détruit l’Esprit Suprême et les esprits humains, son
projet est de réduire tout l’Univers en une seule boule sur laquelle il
s’installera et empêchera toute évolution, et toutes vies, même primaires.


Vous allez retourner sur terre. Vous serez
accompagné par Anna, qui restera là bas avec vous jusqu’aux termes de vos vies,
et vous allez expliquer tout ce que je viens de dire aux terriens pour qu’ils
signent une nouvelle mouture de la charte.


Devant l’offre totalement inattendue
d’autoriser Anna à revenir sur terre, je ne pouvais que m’excuser, auprès de François pour les termes
véhéments que j’avais utilisés en m’adressant à lui. Puis, je lui assurai
qu’évidemment je ferai tous mes efforts pour qu’un nouveau pacte, plus
rigoureux soit signé, par les principaux
chefs d’Etat de la terre.


Je n’étais pas certain du tout
de réussir, et j’aurais bien aimé pouvoir amener aux hommes, un petit élément
nouveau, pour convaincre plus facilement mes contemporains de la nécessité de
stopper absolument toutes les recherches concernant l’envoi de fusées même non
habitées, en dehors de la zone terrestre.





-
Nous allons y
songer me dit François auquel je n’avais rien dit, mais qui, je l’oublie de
temps en temps, lit parfaitement dans mes pensées.


-
J’ai peut-être une idée à vous soumettre.
Puisque, Anna, a la possibilité de s’incarner et de se désincarner, elle
pourrait en faire la démonstration devant un public nombreux et choisi. Je suis
persuadé que les plus sceptiques seraient convaincus de la puissance de
l’esprit.


-
Malheureusement,
il y a un élément dont vous ne tenez pas compte, et c’est bien normal, car vous
ne le connaissez pas.


Si Anna prend la décision de
redevenir une humaine, elle redeviendra ce que sont les femmes sur terre :
Ni plus ni moins. Elle n’aura plus la possibilité de se désincarner à volonté.


Non. Votre proposition n’est
pas valable.


En revanche, je pense à un autre moyen qui
amènerait les humains à ne pas douter….s’il reste encore des sceptiques, car je crois que
la révélation de certains secrets familiaux a déjà eu des effets positifs. En
fait, Je crois qu’il ne reste qu’un sceptique, et c’est vous !


Il faudrait, qu’une fois de retour sur terre,
vous demandiez à tous les astronomes,
professionnels et amateurs, de braquer leurs télescopes sur la lune.


Ils pourront observer, 8 jours après votre
retour sur terre, qu’une inscription immense, apparaitra sur la lune. Il
s’agira de votre prénom : Pierre.


-
Votre idée est
excellente mais ne pourriez- vous pas ajouter celui d’Anna ? Pierre et
Anna. Cela me ferait plaisir.


-
Je vais vous donner un conseil. Vous êtes déjà
un homme connu. Cela n’est pas sans présenter quelques inconvénients dans votre
vie. Mais si l’on apprend que votre femme (Qui entre parenthèse n’a plus d’état
civil) est une femme morte au XVIIème siècle et ressuscitée, vous n’aurez plus
aucune vie privée, elle et vous.


Je vous conseille, si vous devez vivre
avec elle, tout d’abord de lui donner un autre prénom (Puisque, celui d’Anna
est connu par vos écrits) ensuite de ne pas essayer de vous marier, puisque
vous ne pourriez fournir aucun papier, ensuite de faire en sorte, qu’elle reste
toujours dans l’ombre.


Enfin, il s’agit là d’un simple avis. A vous
ne vous organiser comme vous l’entendez.


Je vous laisse. Nous ne nous
reverrons que lorsque votre séjour sur terre sera terminé.


La forme de François s’estompa peu à
peu, et presque immédiatement, ce fut Anna qui se présenta devant moi. Elle
était souriante et me dit :


-
J’ai lu toutes
les pensées de François. Bien sûr j’accepte ses conditions et ses conseils.
Lorsque je reviendrai ici, je ne serai qu’un esprit de première classe. Sur
terre, nous ne nous marierons pas, et je m’efforcerai de rester dans l’ombre,
pour que nous ayons une vie privée paisible. En revanche, pour le prénom,
pourquoi en changer ? A moins que vous ne le vouliez ? Mais, comme
vous le dîtes sur terre : «Il n’y a pas qu’un âne qui s’appelle Martin »


Pour le prénom, je ne voyais pas
non plus l’intérêt d’en changer. Je sentais bien qu’elle était heureuse, mais
il lui manquait quelque chose, et bien évidemment, elle s’en aperçut.


-
N’oubliez pas
Pierre, que pour l’instant je ne suis qu’un esprit réincarné, je ne suis pas
une vraie humaine. Un peu de patience, et vous retrouverez celle que vous avez
connue, et qui bravant les interdits a été, durant quelques heures terrestres,
une véritable femme.


Elle me prit par la main, nous sommes sortis
de mon appartement, et après quelques pas dans un couloir, nous avons gravi les
marches de l’escalier qui nous menaient à la surface de Krop, où nous avons retrouvé mon appareil.
Une fois harnachés, nous sommes partis à une vitesse stupéfiante vers la terre.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: Après le dernier jour   Jeu 4 Aoû 2011 - 9:47

CHAPITRE 5
Comme la première fois, j’ai repris les commandes de mon appareil, à environ 100 kilomètres d’Agen.
En descendant de mon appareil, je constatais qu’Anna était redevenue une véritable humaine, et nous nous sommes longuement embrassés, devant quelques employés de l’aéroport médusés de nous voir si pressés d’être l’un près de l’autre, alors que nous venions de voyager ensemble.
Lorsque nous étions montés dans mon avion, Anna était vêtue de sa toge blanche. Quand elle en était descendue, elle avait ce tailleur crème que j’aimais tant, et qui lui allait si bien.
J’ai failli lui demander comment cette nouvelle transformation avait pu s’accomplir, puis j’ai pensé en un éclair, que j’avais besoin de savoir si elle lisait encore dans mes pensées. La vie sur terre serait impossible, si elle connaissait toutes mes pensées, alors que moi, j’ignorerais beaucoup des siennes.
- Ne crois pas que je peux encore lire dans tes pensées, je te le jure, ce n’est plus le cas. Mais ma toute petite intelligence humaine me permet de deviner ta surprise. Une femme en toge, s’est embarquée dans ton avion, et à l’arrivée, tu la vois en tailleur. Je puis te dire, que c’est la dernière gentillesse de François, qui a tenu à me fournir un vêtement purement terrestre. Mais tu peux être assuré que désormais, nous serons un homme et une femme, comme les autres. Je suis redevenue une terrienne.
Nous sommes entrés dans mon appartement, et nous avons été l’un à l’autre, dans un tourbillon ascendant, qui, tout à la fois, était d’une violence et d’une douceur infinie.
Lorsque nous sommes revenus sur terre ( au sens figuré), ma mission me revint à l’esprit. Je pris mon téléphone et appelait Dubois, à l’Agence France Presse.
- Ou étiez vous passé ? J’ai du vous téléphoner 5 ou 6 fois, et je suis toujours tombé sur votre répondeur.
- D’où je me trouvais, je ne pouvais pas vous téléphoner.
- Etes-vous en train de me dire que…..vous êtes retourné là bas ?
Au lieu de lui répondre, je lui demandai quand je pourrai le voir. Il me répondit qu’il était à mon entière disposition. Ce n’était décidement plus le même bonhomme, hautain et un peu méprisant, du début de notre première entrevue. Je n’en tirais nulle fierté, ce qui prouvait que mon séjour parmi les Esprits avait laissé une trace en moi, et que je parvenais à prendre quelques distances avec les petits côtés, des sentiments humains.
J’ai donc dit à Dubois, que je serai dans son bureau le lendemain à 14 heures, et que je serai accompagné de ma fiancée, qui craignant que je ne reparte une nouvelle fois, ne voulait plus me laisser voyager seul.
C’est au cours d’une nuit merveilleuse que nous avons décidé d’un commun accord, que nous ne nous quitterions jamais, et que lorsque l’un cessera sa vie terrestre, l’autre le suivra immédiatement.
Le lendemain, en fin de matinée, nous sommes montés dans mon avion, et au début de l’après midi, nous entrions ensemble dans le bureau de Dubois.
Les présentations faites, ce dernier, sans aucune malice, me dit :
- Vous m’avez habitué à des évènements extra terrestres, et je me demande si une femme aussi belle (Et il s’inclina devant Anna) ne serait pas aussi, d’un autre monde ?
Sans faire d’entorse à la vérité, je lui répondis que j’étais allé dans un monde d’esprits, mais que les corps humains ne pouvaient être que d’origine terrestre.
Puis, nous avons abordé le problème qui m’amenait. Il poussa de hauts cris quand je lui dis que la charte qui devait être signée par les chefs d’Etat, était insuffisante et qu’il fallait en signer une autre. Nous avions eu tellement de mal à convaincre certains, qui, travaillés par les lobbies, tenaient à la poursuite des recherches spatiales, que Dubois estimait impossible de remettre en question l’accord intervenu.
Je lui répondis que pour l’instant, il suffisait que l’Agence France Presse publie un communiqué, par lequel, il était demandé, à tous les astronomes professionnels ou amateurs, de diriger leurs télescopes vers la lune, afin qu’ils constatent que pour le moment, son aspect n’était pas modifié, mais que dans quelques jours, ils verraient quelque chose de tout à fait nouveau, qui leur permettrait de constater, que des forces qui
nous sont supérieures, ont un nouveau message à nous transmettre.
Dubois me dit en riant que ma phrase avait été un peu longue, mais qu’elle n’avait pas suffi à lui faire changer d’opinion. Une charte allait été signée, par laquelle, les Etats s’engageaient à ne pas envoyer d’êtres humains en dehors de la zone terrestre. Cela avait été admis par tous les Etats. Bien.
Mais, on ne pouvait pas tout remettre en question, car il était évident, que quelques esprits scientifiques, voudraient à tout le moins pouvoir continuer à faire joujou avec les fusées qu’ils avaient créées. C’était un minimum.
Heureusement, je me trouvais tout près d’Anna, et je lui donnais un léger coup de pied, juste avant qu’elle n’intervienne dans la conversation. Elle avait encore du mal à se mettre dans la peau d’une simple mortelle, et j’avais vu qu’elle s’apprêtait à intervenir pour plaider la cause pour laquelle nous étions là. Normalement, elle devait rester étrangère à ces problèmes.
Par la suite, elle me dit que j’avais vu juste, et que j’étais intervenu à temps, car elle s’apprêtait à faire la démonstration que ma demande ne pouvait être repoussée.
C’est donc moi qui, avec application, me mis à expliquer que justement, les fusées sophistiquées de messieurs nos savants, ne devaient pas tomber sous n’importe quelle tutelle, car elles pourraient nous être retournées en grand nombre, munies de produits nocifs pour l’humanité.
Nous avons discuté assez longuement, car Dubois ne voyait qu’une chose : Nous avions accepté que les chercheurs poursuivent leurs études par l’envoi d’engins dans le cosmos, et revenir sur cet accord, pourrait prouver que toute cette histoire n’était sans doute, pas sérieuse.
Je lui indiquais que c’était moi, un simple mortel, qui avait cru pouvoir faire une concession aux savants de l’astronautique, et que j’étais le seul responsable de l’autorisation qu’à tort, j’avais donnée.
Je lui rappelais que dans quelques jours, des milliers d’astronomes allaient pouvoir constater que des forces infiniment supérieures aux nôtres existent, et qu’elles sont en droit de nous donner des directives fermes..
Dubois finit par me donner son accord, pour passer un communiqué destiné à tous les astronomes, et leur conseillant de braquer leurs télescopes sur la lune. En revanche pour demander la renégociation d’une nouvelle charte, il ne pouvait rien décider et me proposa de revenir dans 48 heures pour organiser une réunion avec tous les dirigeants de l’Agence.
Puis, il me fit raconter en détails (Je n’ai pas parlé d’Anna bien sûr) mon deuxième fabuleux voyage, et il apporta la conclusion.
- Vous avez vécu des aventures extraordinaires. Cependant, je n’aurais pas aimé personnellement me retrouver dans les espaces intersidéraux dans un petit avion conçu pour effectuer des sauts de puce sur notre bonne terre !
- N’oubliez pas que mon avis n’avait pas été sollicité. On m’a kidnappé, et je n’ai pas le mérite d’avoir voulu ces aventures. J’étais en quelque sorte un volontaire désigné.
Afin qu’aucun doute ne naisse dans l’esprit de Dubois, j’ajoutai en regardant Anna dans les yeux :
- Le plus dur pour moi, a été de penser à Anna qui, restée sur terre, devait certainement être très inquiète de ne pas avoir de mes nouvelles.
Entrant dans le jeu, elle confirma :
- C’est vrai que je n’aime pas le voir partir dans son avion, mais quand, de plus, il me laisse plusieurs jours sans me donner de nouvelles, je suis morte d’inquiétude.

Deux jours plus tard, je revenais à l’Agence, en me demandant comment ces messieurs de la direction allaient accueillir ma nouvelle exigence. En fait, je pense que Dubois avait du plaider ma cause avec succés, car ils avaient pratiquement pris la décision de lancer, dès après l’apparition du signe sur la lune, un communiqué demandant une nouvelle négociation de la charte.
Je ne sais le nombre de télescopes, qui étaient braqués sur la lune, au moment où le mot « Pierre » apparut à sa surface, mais ce qui est certain, c’est qu’il y en avait même dans les coins les plus reculés de la terre, et que l’effet fut encore plus extraordinaire que je ne l’avais imaginé dans mes moments les plus optimistes.
Il était incontestablement confirmé d’une part, que des forces qui nous sont supérieures existaient réellement, et d’autre part, que j’étais, moi, Pierre, leur représentant sur terre.
Il me fut demandé une nouvelle fois, de prendre la parole devant l’assemblée générale de l’ONU, et j’eus la satisfaction de constater, que tous les ambassadeurs qui me succédèrent à la tribune, donnèrent leur accord pour qu’une nouvelle charte, interdisant l’envoi de tout engin spatial au-delà de la distance de la lune, soit rapidement signée.
J’ai aussitôt pensé que François lui-même ne pourrait plus parler de mission « globalement réussie ». J’avais obtenu, cette fois, tout ce qu’il désirait.
CHAPITRE 6
Il était évident, que je ne pouvais redevenir un homme anonyme, et j’eus des obligations mondaines très désagréables, car mon seul désir, était de me consacrer à Anna, et à notre amour.
Je parvins cependant à réduire ces obligations au strict minimum, et à consacrer le plus de temps possible à Anna et notre amour. Le premier mois fut idyllique. Dans mes rêves les plus fous, je n’avais jamais imaginé qu’un bonheur aussi complet aurait pu être vécu sur cette terre.
Notre entente était parfaite, et je ne pouvais déceler la moindre fêlure dans nos rapports fusionnels.
Je fus tiré brusquement, de mon nirvana, par Anna elle-même qui me dit un jour :
- Je ne peux rien te cacher, mon Pierre, et je dois te dire combien il m’est difficile de trainer ma carcasse.
- Ta carcasse ? Dis-je en riant. Elle est merveilleuse, et avec ta grâce incomparable, tu ne donnes pas l’impression de te trainer !
- Je parle sérieusement, Pierre. Toutes ces nécessités corporelles, sont pénibles. Il était tellement plus simple, plus beau, de n’être qu’esprit……
- Anna ! Tu n’aimes pas vivre avec moi ? N’es-tu pas merveilleusement heureuse, quand nous nous regardons dans les yeux, quand nos cœurs battent à l’unisson, quand la main dans la main, nous regardons un coucher de soleil, quand nous faisons l’amour, quand nous sentons que nous ne faisons qu’un, que rien ni personne ne pourra nous séparer, et que même, notre vie terrestre terminée, nous seront encore ensemble dans le monde des esprits ?
- Si, bien sûr, me dit-elle sans grande conviction, ces moments là sont bien agréables..
- Bien agréables seulement ? Tu me dis « bien sûr » mais, tu ne sembles pas sûre….d’en être sûre…
- J’ai du mal à te l’avouer, mais tout ce qui est charnel, me lasse …et même, pardonne-moi, me dégoûte un peu.
J’étais abasourdi, et atrocement malheureux. J’avais, depuis le début de notre vie commune, la conviction que tout comme moi, elle était parfaitement heureuse, et je suis resté sans voix un bon moment.
- Ce que tu viens de me dire est horrible. C’est horrible parce que j’étais persuadé que tu étais parfaitement heureuse, comme je l’étais, c’est horrible, parce que, sans issue. Nous sommes des êtres de chair et de sang, et nous vivons ici, nous ne pouvons être autrement, puisque nous sommes sur terre.
- Sur terre, c’est vrai. Tu as parfaitement raison. Nous ne pouvons vivre autrement sur terre.
- Qu’essayes-tu de me dire ?
- Je te dis, très simplement,( pardonne-moi, mon amour) que la condition humaine n’est acceptable que lorsque l’on n’a pas connu autre chose. Or, seule sur cette terre, j’ai connu, une nature purement spirituelle, dégagée de tous ces petits tourments corporels qui s’ajoutent les uns aux autres, pour constituer finalement, la trame dense et principale, de l’existence sur terre. Il faut bien l’avouer : Sur le plan physique, nous subissons plus de petits tourments, que de vrais
plaisirs.
- Mais….Et l’amour essayais-je de lui dire ?
- L’amour est une chose merveilleuse mais dont la dimension spirituelle est infiniment plus importante que la partie purement physique, qui d’ailleurs est fugace, très temporaire.
L’amour physique, n’est qu’un spasme éphémère, alors que pour les esprits, l’amour, se déroule sans à-coups, dans la continuité.
Je ne savais que dire. Il me semblait que lorsque nous étions sur Krop, mon amour de terrien était beaucoup plus puissant que le sien. Mais elle avait un avantage sur moi, c’est qu’elle avait expérimenté les deux situations.
J’étais effondré, et j’ai parfaitement conscience de ne pas avoir été un compagnon très agréable, à partir de cette explication.
Trois jours après cette conversation, j’étais parti faire un tour en avion, pour essayer de me détendre. Alors que je rentrais chez moi, je vis que sur la porte d’entrée, une enveloppe était punaisée.
Immédiatement, saisi par un effroyable pressentiment, je regardais hébété cette enveloppe, sans faire un geste pour m’en saisir. Un voisin, descendant l’escalier me ramena à la réalité, en me saluant, il m’obligea à lui répondre, et reprendre mes esprits..
Je saisis l’enveloppe, entrai chez moi, m’installai dans un fauteuil, et les mains tremblante, je décachetai et lus :

Mon amour
C’était trop insupportable. Je suis repartie sur Krop. Je t’aime, et je t’attendrai là bas, où nous nous aimerons dans la pureté absolue.
Mon corps ne sera pas retrouvé, et comme je n’ai pas d’identité, tu n’auras pas d’ennuis.
A ceux, qui ont pu me connaitre, dis leur simplement que j’étais de passage et que je suis repartie dans mon pays d’origine, les Etats Unis par exemple.
N’écourte pas ton passage sur terre. Tu dois vivre cette expérience jusqu’à son terme naturel, et quand le moment sera venu, tu sais qui t’attendra.
Celle qui t’aime, signe pour la dernière fois :
Anna


FIN
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