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 Du rêve obligé des mamans.

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Du rêve obligé des mamans.   Mer 31 Aoû 2011 - 18:11

Du rêve obligé des mamans.

Mon cher collègue !Diego s'intéresse aux rêves et à leurs interprétations. Son métier d'ethnopsychiatre le confrontant sans doute énormément aux cauchemars et aux Eldorados animant les populations migrantes qui le consultent. Remplissant des fonctions similaires auprès de personnes plus sédentarisées, je partage pourtant sa même utopie. Faire que ce forum, ou plus modestement l'un de ses fils, soit un lieu où s'échangent des rêves, (un peu comme le font les artistes au quotidien dans leurs concerts, leurs expos, leurs pièces de théâtre, leurs écrits) mais où ces fantaisies seraient protégées des interprétations sauvages de spécialistes toujours prompts à vous pondre de nouvelles théories rationnalisantes sur vous-mêmes.
Car, je voudrais ici attirer l'attention de chacun sur le fait que les patients des psys et les membres de ce forum, s'ils rêvent tout autant, ne le font pas pour les mêmes raisons. Les premiers rêvant pour guérir durant que les seconds le font tout naturellement pour vivre.

Guérir ou vivre, on voit bien là que la frontière est ténue quand on sait combien la vie comme la santé sont de perpétuels déséquilibres. Et, sans doute bien souvent, la rêverie, tout en les remettant d'aplomb, accentue-t-elle le flou de nos existences. Or, je prétends que ce flou à une fonction. Car enfin, dans ses rêves, chacun s'y débrouille comme il peut, avec ou sans l'interprétation des savants et autres docteurs, en se forgeant ou pas a posteriori ses propres théories, et toujours, en se méfiant et à la fois en se laissant porter par ses propres fantaisies.

Bien sûr, j'acquiesce, avec Diego et Tobie Nathan, à l'idée que les rêves, souvent incompréhensibles pour soi-même, demeurent une richesse propre aux humains et qu'ils seraient dommage de ne pas les partager. Mais, j'insisterais pour ma part sur leur qualité de jardins secrets et qu'il serait fort dommage de les profaner au nom de quelque droit d'ingérence abusivement décrété. C'est pourquoi le partage d'un rêve demeure pour moi une confidence, et que souvent, c'est cette confidence même qui donne toute sa valeur au rêve échangé. Extorqué, le songe perdrait toute signification.

Dans ma pratique, je suis pour ma part confronté à des familles qui s'inquiètent pour leurs enfants. J'aimerais ici vous exposer un cas clinique (préalablement anonymisé afin de préserver le secret de cette confidence) afin de vous faire partager mon travail d'interprétation quant à la souffrance psychique de ceux qui nous font confiance et, peut-être aussi, la vanité de nos parti-pris de thérapeute.

Cette histoire commence dans le courant d'un été, avec l'appel téléphonique d'une maman qui souhaite une psychothérapie pour sa fille de 12 ans. En effet, Alice (prénom d'emprunt) souffre d'angoisses, notamment à l'heure de l'endormissement. Ces angoisses sont dues à des pensées difficiles sur la mort alors que depuis quatre ans, la famille a perdu coup sur coup, de longue maladie, les deux grand-mères paternelle et maternelle, un grand-père, et dernièrement, de façon accidentelle, une amie âgée de 20 ans de Sophie, 21 ans sœur aînée d'Alice. L'idée d'une psychothérapie pour Alice a germé au cours de discussions entre la maman et un psychologue devenu ami de la famille (c'est lui qui a donné notre adresse). Ce psychologue est « entré » chez ces gens grâce à ses conseils prodigués pour les études de Sophie qui est actuellement en licence de psychologie. Cette orientation s'est faite un peu par dépit. En fait Sophie voulait devenir orthophoniste. Mais, un article sur leur recrutement stipule que ces professionnels ne doivent pas avoir de problèmes de surdité. Or Sophie a un léger trouble de l'audition. Elle veut alors se réorienter vers le social et le sanitaire. Mais quoi choisir ? Sa maman lui conseille alors une première année de psy, afin de réfléchir depuis la fac. Mais, là, Sophie s'entiche de la psy cho et y demeure. La famille se compose également d'un papa et d'un frère Louis de 17 ans en lycée technique. Comme je me présente comme thérapeute familial, je m'inquiète aussitôt de ce que ces nombreux décès, s'ils ont pu affecter Alice, aient également pu toucher les autres membres de la famille. La maman me précise que, avec le temps, chacun a pu faire son deuil. Je propose alors, plutôt que de recevoir directement Alice, de les recevoir d'abord tous en famille pour que chacun expose son point de vue sur les difficultés de la petite sœur. Madame est d'accord avec cela, émettant tout de même des réserves sur la venue de son mari, ce dernier n'appréciant que modérément la psychologie et dixit Madame, étant en matière de psychologie comme un homme de la préhistoire.

La première rencontre a donc lieu à la faveur de l'été : période durant laquelle Sophie revient chez ses parents qui l'héberge pendant son emploi comme animatrice dans un centre de loisirs pour enfants. Tout le monde est donc réuni pour le premier entretien, du moins presque, puisqu'il manque Alice. En effet, un quiproquo débute ce travail. Quand j'ai invité la maman à venir en famille, elle a compris que nous voulions rencontrer la famille d'Alice, mais sans Alice !
Contrairement à nos habitudes, nous faisons donc une première séance de thérapie sans notre petite patiente. Du moins, si Alice n'est pas là physiquement, réellement, elle y est dans la parole de sa famille, dans nos questions la concernant, bref d'une façon rêvée.

L'inquiétude la concernant peut ainsi être débattue sans que cette dernière ne l'entende. Si la maman est la plus inquiète, le papa l'est aussi dans une autre mesure. Personnellement, il ne se serait pas inquiété pour sa fille si ce n'était l'inquiétude de sa femme. C'est pourquoi, il aimerait bien avoir notre avis : doivent-ils s'inquiéter oui ou non ? Il compte sur nous pour trancher la question. Louis, le frère aîné ne comprend absolument pas les raisons de cet entretien : pour lui, sa petite sœur se porte à merveille, ses angoisses, il n'en a jamais entendu parler, ni aperçu la moindre trace. Sophie, grâce à ses études, a pu par contre expliquer à sa petite sœur que faire une psychothérapie ne signifie pas qu'on est folle ; elle-même ayant plusieurs amies en psychothérapie.

La maman nous explique alors deux choses :
1 Il y a de cela six ans, elle avait demandé un rendez-vous à un psychiatre car elle faisait une dépression. Cette dépression était due à de fortes tensions sur son lieu de travail. Mais,dans le laps de temps nécessaire pour obtenir un rendez-vous chez l'homme de l'art (trois mois), elle avait travaillé sur elle-même, sur sa situation professionnelle, avait beaucoup écrit, afin de démêler sur le papier des idées très enchevêtrées dans sa tête. Lors du rendez-vous, le psychiatre avait alors pu lire son écrit, et avait décrété que tout cela lui semblait fort clair, et conseilla à sa patiente d'envoyer tel quel ce texte à son employeur sans plus rien y toucher, ne serait-ce qu'une virgule. Quant à la psychothérapie, elle n'en avait plus besoin. Le conseil du médecin fut efficace : Madame fut changée de service sans plus de tralala. Mais de psy pour elle, il n'en fut plus question.

2 Il y a de cela cinq ans, la famille habita un temps un quartier où vint s'installer un nombre important de familles gitanes. A l'école, Alice fut approchée par une enfant de ces familles nomades qui lui commanda de lui obéir en tout point, de ne rien dire de cela à ses parents, sinon ses cousins brûleraient sa maison et tous les gens qui s'y trouvaient. Au fil des mois, la maman perçut que son enfant n'allait pas bien, mais quand elle l'interrogeait sur le pourquoi de sa tristesse, Alice ne répondait rien. Un jour, l'enfant fit deux dessins très sombres qu'elle plaça sous l'oreiller de sa mère. Mais, sans plus d'explications, ces messages demeuraient tout aussi mystérieux pour la maman. Alors, cette dernière eut recours à une tante, (qui n'était vraiment psychologue, mais possédait une fonction avoisinante dans une école) afin « qu'elle tire les vers du nez d'Alice ». Comme cette tante était très bonne avec les enfants, très à leur écoute, elle put sans peine recueillir les confidences d'Alice. Dès qu'elle eût compris ce dont il s'agissait, elle conseilla à la maman d'en avertir au plus vite l'école afin que la directrice mette le holà à cette violence psychologique.

Dernièrement, Madame a trouvé dans son étui à lunettes, un billet d'Alice lui confiant qu'elle avait peur de la mort. Aussitôt, Madame en a parlé au psychologue ami plutôt qu'à son mari, car, craignait-elle : le billet cachait peut-être lui aussi quelque chose de plus profond. D'où l'idée de la thérapie conseillée par notre collègue.

Comme toutes ces choses (et d'autres) emplissent ce premier entretien et que l'heure tourne, nous nous proposons de les revoir dans un prochain entretien, avec cette fois la présence d'Alice. Nous cherchons un rendez-vous, difficile à trouver entre le planning du papa et celui de Sophie.

Au deuxième entretien tout le monde est là, exceptée Sophie. Elle nous a téléphoné préalablement pour s'excuser, car le centre de loisir ayant programmé ce même jour une sortie à l'Aqualand, on y a vraiment besoin d'elle.
Mais, foin de Sophie, nous voyons enfin Alice. Elle dénote de la façon dont nous l'imaginions. Pour douze ans, elle est plutôt grande, possède une vraie poitrine de jeune fille dont elle semble fière et des lunettes qui lui donne un air sérieux. Elle semble très heureuse d'être là et de l'attention que lui porte son entourage. A notre question de savoir comment elle va, chacun s'empresse de dire qu'elle va beaucoup mieux. Surtout son père, qui à l'issue de notre dernière séance, l'a prise en tête à tête. Pour lui expliquer que d'avoir peur de la mort, c'est normal. Que lui-même, s'il ne le montre pas trop, n'est pas toujours très fier concernant le sujet et que, lorsqu'il avait douze ans, il avait eu lui-même des angoisses à ce propos. Monsieur est très volubile durant l'entretien quand il parle de cela, très convainquant. Mathieu avait été également touché d'apprendre que sa petite sœur souffrirait sans qu'il ne s'en soit aperçu. Alors, lui aussi à eu, entretemps, des discussions avec elle.
Tout à coup, la discussion s'oriente autour des origines maternelles de la famille. Elles sont hollandaises. Il y a de cela très longtemps (en 1949), ce pays eut à souffrir de nombreuses ruptures dans ses digues. Il y avait de moins en moins de terrains gagnés sur la mer. Alors, le gouvernement avait, pour cause nationale, réquisitionné la ferme du grand-père paternel de Madame afin de transformer ses bâtiments agricoles qui abritaient un cheptel important de vaches en centres sociaux nécessaires à toute une population de sans-abris. Du coup, le grand-père avait du conseiller à son fils (qui partageait la même âme paysanne) de s'expatrier en France où les terrains ne manquaient pas. Le fils obéit à son père et monta dans notre région une exploitation de production laitière importante pour fabriquer du fromage hollandais. Cette entreprise prit un essor d'autant plus important que les trois frères de Madame firent tous de hautes études agricoles, nourrissant de modernisme la volonté ancestrale. Bien sûr, toute cette réussite suscita pas mal de la jalousie de la part des fermes autochtones et la famille hollandaise expatriée dut savoir jouer de diplomatie à coups de portes ouvertes, de manifestations agricoles pour collaborer au mieux avec leurs suspicieux confrères et surtout, afin de démontrer aux Français que leur savoir-faire en matière de vaches ne cachait rien de diabolique. Madame, comme ses frères, se maria avec quelqu'un du terroir pour bien signifier leur intégration. Or, ne subsiste plus aujourd'hui pour cette famille que la nostalgie de cette ferme modèle grand-parentale depuis que, il y a quatre ans Opa et Oma moururent. En effet, on ne fait plus comme avant trois cent kilomètres tous les week-ends pour aller montrer les vaches aux petits. A quoi ça servirait puisque Oma est morte. Les frères ont leurs vies, leurs familles, leurs occupations. D'ailleurs, comme le dit justement le papa, interrompant sa femme, on ne peut plus voyager. A cause des animaux. En effet, depuis quelques temps, notre famille citadine s'est épris d'un nombre incroyable de bestioles : deux chiens, trois chats, un tas de cochons d'Inde et de poules. Qu'on se demande vraiment d'où cela leur vient ! Alice possède notamment une poule qui la suit partout. Elle l'a dressée et c'est devenu une poule véritablement savante, elle sait des tours stupéfiants, vous devriez voir cela ! Je me dois alors de rappeler le règlement très strict de notre consultation : nous ne recevons jamais d'animaux, fussent-ils savants ! Et, je recentre le débat sur Alice. Sur le problème de son endormissement. En fait, outre sa poule, Alice possède également dans sa chambre un ordinateur. Et, un ordinateur dans la chambre d'une adolescente, à deux doigts de la rentrée, pose généralement des problèmes, des angoisses, à tous parents. La stratégie parentale employée ici est la suivante : Papa, (qui a des entrées dans la chambre de sa fille puisque, qu'en cette dernière avait cinq ans, lui avait promis le mariage) Papa donc négocie avec sa fille : Tu sais très bien comment est ta mère : si tu restes veiller trop longtemps avec ton ordinateur, Maman te le confisquera. Alors si tu me promets de l'éteindre à 9h30, je m'arrangerai avec ta mère pour que nous te le laissions.
In petto, je suis assez admiratif des compétences psychologiques de ce monsieur, mais je n'en laisse rien paraître : j'ai toujours eu horreur de froisser les mamans. Par contre, fort de mon droit de psy, je pénètre plus avant dans l'intimité de ma patiente : qu'est-ce que tu fais avec ton ordinateur ?
(Je rappelle ici à mes lecteurs que je ne relate ici que la pure vérité. Aussi incroyable que mon récit puisse paraître, il ne contient pas une once de fiction.)
Alice me dévoile alors toute sa vie intime sans problème. Comme plus tard, elle veut devenir écrivain, avec son ordinateur, elle écrit. L'année dernière, sa prof de français lui a fait découvrir un forum dans lequel les participants jouent à s'écrire des poésies, des fables, à faire tout un tas de jeux littéraires ! Comme nous ne sommes pas dans une thérapie individuelle, je ne demande pas plus de détails, mais je vois en gros ce dont elle veut parler. Je demande alors aux parents s'ils lisent ce que leur enfant écrit. Le père avoue lire de temps en temps en diagonale, mais juste au cas où. Le cas où étant appuyé par une discrète œillade me faisant comprendre par sous-entendu qu'il y surveille là l'éventuelle survenue dans l'écran d'un correspondant quelque peu pédophile. La maman n'entend pas les affres paternelles. Une autre chose la tracasse. Ne devrait-elle pas s’intéresser davantage à la prose filiale pour demeurer en communication avec sa petite dernière. Mais, Alice la rassure très vite, elle n'est pas du tout opposée à ce que Maman la lise, loin de là, mais : tu sais, Maman, on écrit des trucs entre nous, et toi, j'ai peur que tu ne puisses pas nous comprendre. Cette remarque fort judicieuse quoique naïve déclenche l'hilarité du grand frère qui commençait à s'ennuyer.

Plus j'écoute parler Alice, moins je m'inquiète pour elle. Par contre, j'ai beaucoup de compassion pour sa maman. Je veux conclure en disant que : même si la situation ne me paraît pas trop grave, je sais la lourde charge pour des parents de devoir jour après jour gérer trois adolescents. Et qu'aussi, l'adolescence des enfants oblige une famille à muter plus rapidement qu'elle ne l'imagine. Ce qui était vrai hier, ne l'est plus aujourd'hui. Alors, je propose de les revoir dans deux mois pour être sûre que les angoisses d'Alice ne réapparaissent pas, mais je les invite aussi à préparer la prochaine séance en observant d'ici là qui parle volontiers à qui à la maison. Quels sont les circuits de communication entre eux. Que chacun,sans s'en parler, observe les quatre autres. Ainsi à la prochaine séance, durant laquelle on mettra en commun les observations, on pourra peut-être dessiner la cartographie de leurs échanges et avoir une vision plus riche de leur maison. Je fais ça par prévention. L'adolescence va entraîner des bouleversements affectifs importants de par les séparations qu'elle va imposer. Il est toujours préférable dans une famille unie comme la leur de connaître aux mieux les lois implicites qui les gouvernent.
Monsieur réagit sur le fait qu'il ne pourra pas trop observer. Son travail le prend beaucoup et l'éloigne de la maison. Je dis qu'il faut simplement observer ce qu'on voit quand on est là. Il ne s'agit pas de se prendre la tête. Une autre difficulté apparaît : Sophie qui ne rentre que les week-ends. Je propose que Sophie n'observe sa famille que les week-ends, et que réciproquement sa famille ne l'observe communiquer que durant ces deux jours.

Ce n'est qu'à ce moment là qu'Alice explose : les week-ends, qu'en Sophie revient : c'est l'enfer.(Mathieu et Papa acquiescent de la tête : enfin on commence à dire quelque chose). La grande sœur y monopolise la parole, plus personne ne peut en placer une, on a tous droit à l'entièreté de ses cours de psychologie ! Et, maman de devenir toute rouge de confusion !

Hypothèse : Les enfants sont des rêves qui débordent le temps de la grossesse. En effet, si durant cette période idyllique, les mamans peuvent se contenter de rêver ce qu'elles portent en elles, que cela suffit à leur bébé, on voit bien combien, dès après la naissance, elles doivent quotidiennement continuer à rêver leurs enfants pour pouvoir les élever, jour après jour, mais cette fois-ci hors d'elles. Cette contrainte peut devenir épuisante, quand il est difficile de s'avouer ne pas être toujours un parent suffisamment compréhensif. Aussi, pour certaines mamans, ne pas comprendre ce qui passerait dans les rêves de ces définitivement autres qu'elles-mêmes, demeure souvent invivable. Mais, allez donc faire comprendre ce désarroi à un mari ! Faut quand même pas rêver
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Shan



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MessageSujet: Re: Du rêve obligé des mamans.   Jeu 1 Sep 2011 - 0:10

Citation :
Ce n'est qu'à ce moment là qu'Alice explose : les week-ends, qu'en Sophie revient : c'est l'enfer.(Mathieu et Papa acquiescent de la tête : enfin on commence à dire quelque chose). La grande sœur y monopolise la parole, plus personne ne peut en placer une, on a tous droit à l'entièreté de ses cours de psychologie ! Et, maman de devenir toute rouge de confusion !

Serait-ce elle la perturbatrice dans ce petit monde ?

C'est un réel plaisir de suivre tes récits, et autres supputations. Ça devenait rare. Wink
Mais n'es-tu pas soumis à discrétion sur tes patients ?
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Romane
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MessageSujet: Re: Du rêve obligé des mamans.   Jeu 1 Sep 2011 - 2:12

Le rêve (éveillé) d'une mère n'est-il pas une forme d'idéalisation de son enfant par rapport à ce qu'elle aurait voulu être et faire de sa vie ? La maman n'est autre qu'elle-même et probablement a du s'affranchir du rêve de sa propre mère, et ainsi de suite. Je pense que tout amour et toute éducation maternels ne peuvent qu'être racines et accompagnement, mais en aucun cas se substituer à la personnalité de l'enfant, et que s'il ne peut dérouler son propre chemin, il ne trouvera pas son harmonie. La maman non plus, puisque ce qu'elle veut à tout prix, c'est précisément faire le bien de son enfant.

Notre Grand Vic, qu'en pense-t-il ?

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Du rêve obligé des mamans.   Jeu 1 Sep 2011 - 9:10

Shan a écrit:
Citation :
Ce n'est qu'à ce moment là qu'Alice explose : les week-ends, qu'en Sophie revient : c'est l'enfer.(Mathieu et Papa acquiescent de la tête : enfin on commence à dire quelque chose). La grande sœur y monopolise la parole, plus personne ne peut en placer une, on a tous droit à l'entièreté de ses cours de psychologie ! Et, maman de devenir toute rouge de confusion !

Serait-ce elle la perturbatrice dans ce petit monde ?

C'est un réel plaisir de suivre tes récits, et autres supputations. Ça devenait rare. Wink
Mais n'es-tu pas soumis à discrétion sur tes patients ?

Ce n'est pas la pertubatrice: c'est la grande soeur. Monsieur et les deux autres enfants préfèrent effectivement quand elle n'est pas là. Pas la maman. Mon idée était plutôt de démontrer que, peut-être, la véritable perturbatrice dans cette famille, c'est la psychologie. Ou plutôt, une certaine psychologie. Celle qui veut à tout prix comprendre, interpréter, mais du coup, qui n'écoute pas.
En ce qui concerne le devoir de discrétion, j'utilise le même procédé que vous trouvez dans tous les bouquins de psycho illustrant des théories par des vignettes cliniques. Je me garde d'écrire tous détails permettant de reconnaître les personnes incriminées.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Du rêve obligé des mamans.   Jeu 1 Sep 2011 - 9:29

Romane a écrit:
Le rêve (éveillé) d'une mère n'est-il pas une forme d'idéalisation de son enfant par rapport à ce qu'elle aurait voulu être et faire de sa vie ? La maman n'est autre qu'elle-même et probablement a du s'affranchir du rêve de sa propre mère, et ainsi de suite. Je pense que tout amour et toute éducation maternels ne peuvent qu'être racines et accompagnement, mais en aucun cas se substituer à la personnalité de l'enfant, et que s'il ne peut dérouler son propre chemin, il ne trouvera pas son harmonie. La maman non plus, puisque ce qu'elle veut à tout prix, c'est précisément faire le bien de son enfant.

Notre Grand Vic, qu'en pense-t-il ?

Effectivement, c'est bien le problème des mamans de faire que de leur propre chair naisse quelqu'un d'autre. Il leur faut sans cesse rêver leur enfant pour prévoir ses besoins. Et on ne rêve qu'avec ce qu'on est. La difficulté de séparation mère-fille dans mon exemple est amplifiée pour cette pauvre maman par le fait que ses deux filles copient les qualités de leur maman. La première en faisant des études de psycho là où sa mère aurait rêvé pour elle-même d'une psychothérapie, et la seconde, en faisant sa propre thérapie à l'image de ce qu'avait déja fait sa maman: en écrivant. On remarque dans ce jeu de miroir que Louis ne pose aucun problème: sa psychologie on s'en fout, c'est un garçon!
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kate100fin
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MessageSujet: Re: Du rêve obligé des mamans.   Jeu 1 Sep 2011 - 19:39

Merci Vic, pour une fois, j'ai pu tout lire, c'est très intéressant... chinois
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MessageSujet: Re: Du rêve obligé des mamans.   

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