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 Les Princes et la Vie Privée

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Tryskel
Miserere mei
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MessageSujet: Les Princes et la Vie Privée   Mar 11 Oct 2011 - 16:22

Sexe et pouvoir
Vie publique, vie privée






Octobre 2011 : pour la première fois depuis les débuts de la République française, un nouveau-né sera enregistré au palais de l’Élysée, résidence officielle du Président.

Ce choc entre vie familiale et vie publique n’est pas chose nouvelle. Sous l’Ancien Régime et plus loin encore au Moyen Âge, le chef de l’État est en permanence en représentation. La confusion entre la vie privée et la vie publique du monarque atteint son paroxysme avec Louis XIV.



Soucieux du prestige de sa dynastie et de son royaume, le roi impose une «étiquette» très contraignante pour lui-même.

L’étiquette participe au prestige de la monarchie capétienne, sanctifiée par le sacre de Reims et une légitimité qui repose sur la règle de primogéniture masculine (la couronne va à l’héritier masculin le plus âgé).

D’Hugues Capet à Charles X, cette règle n’a connu qu'une anicroche à la succession de Charles IV le Bel, dernier Capétien direct.

Tous les faits et gestes du monarque sont observés par les courtisans et enregistrés par les chroniqueurs. Ceux-ci, toutefois, y mettent les formes, de même que les peintres et sculpteurs chargés de diffuser son image. Le roi apparaît toujours en digne père de ses sujets.

L’intimité du monarque est à peu près nulle. C’est ainsi qu’en 1685, Louis XIV se fit opérer en public d’une très douloureuse fistule anale.

Chaque jour, à son lever, les courtisans étaient tenus informés de son devoir conjugal. S’il s’en était acquitté, Louis XIV les en avisait d’un claquement des deux mains. Cela dit, on ne lui en demandait pas autant concernant ses maîtresses !

La reine elle-même se devait d’accoucher en public, devant familiers et courtisans. Ce rituel a au moins une raison pratique : couper court à toute rumeur sur une éventuelle substitution de l’enfant.

On s’en acquitta très consciencieusement le 29 septembre 1820 en faisant entrer des anonymes et des gardes dans la chambre où Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, veuve du duc de Berry, héritier de la couronne, donna le jour au futur duc de Bordeaux.

Faiblesse et fragilité

Avec les derniers rois de l’Ancien Régime, Louis XV et Louis XVI, l’étiquette demeure mais perd de son sens. Elle ne met plus en relief la majesté du souverain mais souligne au contraire son autoritarisme velléitaire.

L’opinion publique éprouve un sentiment d’insécurité devant un roi doté d’attributs quasi-divins mais qui se laisse balloter par les coteries de la cour et change de ministre au gré de celles-ci. Le pouvoir conféré à un seul homme convient tant que cet homme se montre à la hauteur de ses responsabilités.

Lorsque le monarque défaille, on ne se satisfait plus de l’image hiératique dessinée par les chroniqueurs et les peintres officiels ; on monte en épingle ses écarts de conduite et ses faiblesses réelles ou présumées. Ainsi des frasques sexuelles du vieux Louis XV - Berlusconi avant l’heure -, comme de l’impuissance du jeune Louis XVI et de la frivolité de la reine.

Aussi Louis XV fut-il dans la deuxième partie de son règne moqué dans les chansons de rues et honni du peuple, de même que son successeur et l’épouse de celui-ci, Marie-Antoinette.

N’est pas monarque républicain qui veut

Le général de Gaulle, monarchiste de cœur, républicain de raison, songeait à Louis XIV quand il a formulé la Constitution de la Ve République, avec un Président arbitre et au-dessus des partis. Lui-même s’est moulé sans difficulté dans ce rôle taillé sur mesure. Et tout en protégeant son intimité, il a veillé à ce que rien d’inconvenant ne vienne altérer son image de premier serviteur de l’État.

Son successeur présomptif, Georges Pompidou, eut moins de chance. Dans l’ombre du Président, pendant six ans, il assuma sa fonction de Premier ministre avec l’austérité qui convient à ce rôle, en dissimulant avec soin sa vie privée.

Mais à partir de 1968, lorsque l’imminence de la succession se fit jour, c’est sur cette vie privée que se concentrèrent les attaques de ses concurrents potentiels de la majorité. Georges Pompidou découvrit alors des rumeurs immondes sur son épouse à laquelle il était très attaché, mais qui avait la faiblesse de fréquenter les défilés de mode et les cercles branchés de Saint-Tropez et de la capitale.

Ces rumeurs contribuèrent à la dégradation de sa santé mais ne l’empêchèrent pas d’être élu à la présidence ni de conserver l’estime de ses concitoyens car il sut, tout ce temps-là, gouverner avec la majesté requise par la fonction.

Son successeur Valéry Giscard d’Estaing, élu à seulement 48 ans, lors de la première crise pétrolière, crut habile de descendre du piédestal présidentiel. Ainsi, le jour de son investiture, descendit-il à pied et en complet veston une partie des Champs-Élysées. Puis il s’invita à dîner chez des Français ordinaires et se montra à l’accordéon. Il lui prit même la fantaisie d’inviter des éboueurs à partager son petit-déjeuner à l’Élysée.

Ces gestes furent mal ressentis par l’opinion car, d’une part, ils s’accordaient mal avec le personnage, riche bourgeois et faux aristocrate, coureur de jupons et amateur de chasse au grand gibier, d’autre part, ils rompaient avec le rôle dévolu au Président, celui d’un arbitre qui se tient au-dessus de la mêlée et se doit donc d’éviter toute familiarité. Ils lui coûtèrent en grande partie sa réélection.

Ses successeurs se le tinrent pour dit. Tout socialiste qu’il fût, François Mitterrand enfila d’emblée la livrée de Louis XIV et de Gaulle et c’est en grande pompe qu’il se recueillit au Panthéon le jour de son investiture. Il veilla à séparer sa vie privée de sa vie publique et ce n’est qu’à la fin de son deuxième mandat qu’il consentit à laisser filtrer des informations sur sa fille adultérine, dans l’intérêt de cette dernière.

Bien davantage que ses écarts conjugaux, l’opinion lui tint rigueur de sa relation désinvolte avec l’argent public et de ses amitiés coupables avec d’anciens collaborateurs des nazis, au premier rang desquels René Bousquet.

Jacques Chirac, si différent qu’il fût du précédent, eut le même souci de la majesté présidentielle. D’un naturel cordial et empathique, il ne donna jamais prise aux rumeurs sur sa vie sexuelle agitée. Il conserva jusqu’à la fin l’estime de ses homologues étrangers et s’il s’attira de virulentes critiques, ce fut exclusivement sur sa politique et, comme son prédécesseur, sur sa relation avec l’argent public.

Le président Nicolas Sarkozy a renoué avec la rupture façon Giscard. Il est descendu du piédestal gaullien et a donné libre cours à ses pulsions et ses sentiments. Chacun a pu être témoin de ses dépits amoureux comme de ses émois à la rencontre de sa future troisième épouse. La naissance d’un troisième enfant, joie intime survenant au cœur de la crise européenne, est-elle de nature à la rassurer ?

Hérodote.fr 10/10/2011
Les souveraines et dames de la haute noblesse accouchaient en public (les impératrices de Byzance dans une vasque de porphyre rouge au centre du palais) afin de ne pas donner lieu à des rumeurs de substitution d'enfants. L'enfant, surtout si c'était un garçon, était montré aux personnes assemblées et le père en le tenant procédait à sa reconnaissance officielle. On s'assurait du même coup qu'il ne souffrait pas de malformation.

Si au décés d'un monarque on criait: "Le roi est mort, vive le roi" c'était pour marquer qu'il n'y avait pas de rupture dans la succession. sauf à la mort de Charles IV, troisième et dernier fils de Philippe le Bel, mort sans héritier mâle, ce qui entraîna la Guerre de Cent Ans!

Mais nous sommes en République...
Mais sommes nous en république?

On inventa le "Droit à la vie privée" même pour les personnes publiques, droit tout à fait légitime.
Mais... la France est nostalgique d'un monarque et exige une représentation, une représentation qui corresponde non à ce qu'est la personne occupant lea fonction, mais à l'idée qu'elle s'en fait.
Le monarque lui, gére son image en manipulant les médias...

S'il y a différence entre monarque héréditaire et président porté au pouvoir par la Vox Populi, il demeure quant à son image des exigences contradictoires de la part du peuple.
On le veut brillant, lisse irréprochable, on veut (voyeurisme) tout savoir de lui, mais il doit renvoyer l'image que le peuple attend... parce que le peuple peut se vexer de se sentir trompé par son choix même si l'élu n'est ps conforme à ce qu'il en attend.
Mais... au fond, qu'attend réellement le peuple de son Elu?

Complément d'infos:
La clinique de La Muette (quartier hyper chic de Paris) où Carlita va mettre bas est "Sécurisée" surtout pour éloigner les journalistes. Il est vrai que la dame est resté assez discrète pendant sa grossesse pour n'accorder photos et interview qu'à: Match, Gala et autres magazines people ne diffusant que des informations primordiales.
"Sécurisée" signifie que la circulation dans le coin doit pas être facile. C'est qu'un petit Sarko, même pas encore né, ça se protége, on est loin des accouchements publics... Encore que, je gage sans risque qu'on va tout savoir sur l'événement, paraît qu'il affole le ternet!
Mais on verra bientôt papa Nico et son rejeton draguer les voix français en jouant sur la corde sensible. C'est si mimi un nouveau né!

Y'a combien de places à la tête de l'EPAD?
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blue note

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MessageSujet: Re: Les Princes et la Vie Privée   Mar 11 Oct 2011 - 23:54

Pas facile, la vie des souverains.
Le petit qui va naitre a quand même le désagréable privilège d'être le rejeton du président de la Vè le plus détesté.
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http://eaux-douces.bloxode.com
 
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