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 John Le Carré

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zoé sporadic
Jasmine calamardesque
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MessageSujet: John Le Carré   Mer 19 Oct 2011 - 3:31

"Il entendit le tintement d’un objet métallique qui tombait sur le pavé glacé, et il sut que c’était le briquet d’Ann, mais personne d’autre ne parut le remarquer. Ils échangèrent encore un coup d’œil, et peut-être chacun pendant cette seconde-là vit-il dans l’autre quelque chose de lui-même." in : Les gens de Smiley

David Cornwell, né le 19 octobre 1931.
Etudes littéraires en Suisse puis à Oxford. Il enseigne d’abord à Eton avant d’intégrer le Foreign Office en qualité de second secrétaire d’ambassade à Bonn…

La suite de la bio sur tous les bons moteurs de recherche…

Son site perso : http://www.johnlecarre.com/

Je terminais il y a quelques jours son dernier roman : Un traitre à notre goût, lorsque mon fils m’appela pour me signaler qu’un nouveau film sortait en Grande Bretagne, tiré de sa fameuse trilogie, la Taupe (Tinker, tailor, soldier, spy). En France il devrait être sur les écrans en février prochain.
La Taupe. Je ne sais ce que donnera la nouvelle mouture. Pour ma part, c’est l’excellente série télévisée produite par la BBC qui m’a menée à lire Le Carré. Alec Guinness (alias Obi-Wan Kenobi) tenait le rôle de Georges Smiley, une espèce d’antihéros, "un petit monsieur bedonnant et myope qui essuie ses lunettes avec le gros bout de sa cravate". Un DVD existe, malheureusement en VO, pourtant l’INA doit bien avoir dans ses cartons une copie de la version française diffusée chez nous sur la 2 (en 81 il me semble…)

Un film avait déjà été tourné en 65, l’espion qui venait du froid. Aussi glacial que son titre, son troisième roman qui avait fait connaître Le Carré du grand public.

Tinker, tailor… C’est la plongée dans le monde de l’espionnage au temps de la guerre froide. L’affaire Kim Philby pour les mémoires bien mûres. Loin des paillettes et des gadgets, Le Carré a souvent été qualifié d’anti James Bond. Amateurs d’action, inutile de vous attarder. Smiley/Le Carré est un homme riche. Riche d’épaisseur humaine, de silences, de patience. Un homme qui n’a de cesse d’avancer pas à pas, pour démasquer le traitre qui liquide froidement ses compagnons, ses amis, qui se sert des moyens les plus sordides pour protéger ses arrières. Smiley prend conscience au fil de ses échecs qu’il va devoir utiliser les mêmes moyens - qui lui répugnent - que l’adversaire pour venir à bout de lui. Karla. Son homologue, son double, son "graal noir". Pas de manichéisme, Smiley fait son devoir…
John Le Carré, lui, a quitté les services secrets pour vivre de ses écrits. Sous un pseudonyme, quoi de plus logique, peut-être un pied de nez à celui qui l’avait "grillé" sur le terrain ? Après la guerre froide, son champ d’investigation s’est élargi. Vous avez peut-être vu au cinéma la constance du jardinier qui traitait des trafics de médicaments, son dernier roman s’attache aux tribulations d’un russe impliqué dans le blanchiment de l’argent sale. Bien sûr les thèmes de ces romans sont convenus et porteurs… Mais il reste le ton, le climat, le rythme.
En Français, les traducteurs se sont succédé sur la suite des vingt-deux romans. Je garde un faible pour Jean Rosenthal qui s’est attaché à la trilogie avec un bonheur particulier. Je ne suis pas experte et je tiens compte de l’impact émotionnel du premier contact avec mon romancier favori. Mais il me semble bien qu’il ait élaboré la meilleure mouture du texte original. Le texte est fluide, pas d’obscurités, il possède un ton, une unité de style de bout en bout qui se coule bien dans l’esprit du roman…
Mimi Perrin ensuite, puis en collaboration avec sa fille Isabelle, Isabelle seule pour les derniers romans, ont pris la relève. Pour cette dernière, depuis qu’elle assume seule la tâche, j’ai un peu perdu l’enchantement. Est-ce Le Carré qui est moins inspiré ? Les trames sont toujours aussi drues, la doc aussi roborative… Les traducteurs ont une part non négligeable dans le succès d’auteurs étrangers. Je pense à Dostoïevski évoqué par Romane, tant de fois repris et toujours abandonné, je vais aller voir du côté des traducteurs…

J’ai beaucoup hésité à parler de John Le Carré. C’est toujours une gageure d’oser parler d’un auteur qu’on admire, mais il manquait ici. J’espère simplement qu’il apportera à d’autres ces heures d’apaisement intérieur que sa lecture occasionne pour moi…

Bon anniversaire, Monsieur Le Carré.
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blue note

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MessageSujet: Re: John Le Carré   Jeu 20 Oct 2011 - 0:40

Quand on aime les romans d'espionnage, John Le Carré est incontournable.
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zoé sporadic
Jasmine calamardesque
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MessageSujet: Re: John Le Carré   Jeu 20 Oct 2011 - 2:48

Et... on peut (c'est mon cas) ne pas s'intéresser aux romans d'espionnage et se retrouver accroché par Le Carré... par la densité des comportements, il taille de chouettes costumes à ses personnages... Wink
Chuuttt
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