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 Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire

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filo

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MessageSujet: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Jeu 20 Oct 2011 - 21:49

Ma fille Chani, 26 ans, est animatrice référente dans une école primaire réputée difficile. En effet, son école vers le quartier Petit Bard-Celleneuve à Montpellier est une espèce de ghetto accueillant principalement des enfants d'immigrés (arabes, gitans, turcs, kurdes) peu enclins à se laisser enseigner, et dont les parents n'apportent pas d'aide, au contraire. De plus ces communautés sont parfois en conflit, et il est très fréquent de séparer des enfants de moins de 10 ans s'affrontant à l'arme blanche, ou de régler des problèmes de racket, de fatwa et réglements de comptes étonnants pour cet âge.
L'animatrice référente est responsable de tout le personnel non enseignant de l'école et principalement de l'équipe d'animateurs qui assure la prise en charge des enfants dès qu'ils mettent le pied hors de la classe. Dans ce cas, la responsable des enfants n'est plus la directrice de l'école (Education Nationale) mais l'animatrice référente (Mairie). Certains référents se cantonnent à une présence derrière un bureau ; Chani, elle, est constamment sur le terrain, organise un maximum d'activités éducatives, connaît tous les élèves intimement, et se fait respecter auprès d'eux d'une manière exemplaire qui lui a valu plusieurs fois les félicitations de ses supérieurs.
Mais il arrive certains cas particuliers où elle remet en question l'attitude à adopter dans son rôle.

Voici un texte qu'elle a écrit ces jours-ci à ce propos, et que je voulais vous soumettre, car il m'a touché :


"Ce petit tour aux urgences avec ce gamin et son père m’a vraiment bouleversée Je me suis rendue compte de la proportion « humaine » du travail que je fais au quotidien.

Je revois ce gamin qui souffrait tellement, et son père qui ne comprenait pas ce que disait le médecin, qui me suppliait du regard de le rassurer.

Comment peut-on être aussi fort là bas, avec eux, lui caresser les cheveux en lui disant que tout va bien, que demain il sera de retour en classe et qu’il n’aura plus mal, alors qu’en fait on a une boule d’angoisse énorme dans l’estomac ?

Comment peut-on ensuite faire abstraction de cet après midi dans cette famille si secrète ?
Avec ce père et ce gamin de onze ans qui t’expliquent comment ils ont du fuir leur pays oppressé pour venir se réfugier ici.
Je ne connaissais rien de l’histoire de ce peuple, et pourtant cela fait trois ans que je côtoie ses réfugiés dans notre école.

Peut-on mieux comprendre leur esprit communautaire alors ?

Ce qui est sûr (et je ne suis pas du tout certaine que ce soit quelque chose de positif dans mon travail), c’est que je ne regarderai plus jamais cet enfant de la même manière. Et ce sentiment est réciproque je pense, il m’a vu émue devant ce que disait son père, il s’est laissé porter dans mes bras et examiner dans un moment de souffrance.

Maintenant quand je le verrai se battre ou déborder de quelque manière que ce soit, je le reverrai me parler en français, traduire à son père en kurde et à son ami en turc, alors je penserai que c’est tellement dommage, et je le lui dirai, comme j’ai pu le faire hier : « On a beaucoup de respect l’un pour l’autre, alors écoute-moi calmement, écoute-moi et regarde-moi ».

Est-ce que l’on peut considérer ça comme un traitement spécial ? Est ce que j’ai tort d’être attendrie ? Est-ce que les autres vont le ressentir ? Est-ce que les autres verront que le sourire que l’on s’adressera le matin au portail est différent ? Et est-ce que cela aura une incidence sur son comportement si difficile ? Est-ce que je peux espérer que oui, sans être franchement déçue et me sentir ridicule après ?

Ce qui est certain c’est que je m’engage à essayer d’être aussi ferme avec lui qu’avec les autres, je suis sûre de pouvoir y arriver, et j’espère que ça n’entamera en rien la confiance qu’il a en moi.
Mais la confiance que tous les élèves ont en moi est en jeu, et je suis sûre qu’il le sait. Je lui ai dit que ce qu’on fait pour lui, par rapport à son comportement, c’est sincèrement pour l’aider à avancer, à s’intégrer.

Depuis mon retour de l’hôpital je navigue sur internet et cherche à comprendre ce qui est arrivé à ce pays, le Kurdistan. Comment se fait il qu’on soit si peu informé ? Peut-on estimer que le rôle des médias est joué correctement ? Comment peut-on fermer les yeux ?

Je suis si fière de faire un travail qui me permet d’apprendre de jour en jour, apprendre sur le monde autour, sur les hommes en général et surtout en apprendre sur moi-même. Se dire qu’on est utile, ne serait-ce qu’un peu pour des enfants, c’est inestimable.

Ce qui en revanche me surprend, c’est que quand je m’imagine de l’extérieur, comme quelqu’un qui ne me connaît pas ou peu, un collègue de travail par exemple, je pense que je ne dois pas être facile à cerner. Je pense n'être naturelle qu’avec mes proches ou devant une classe.
Oui devant une classe ; je suis autoritaire, peut être beaucoup d’ailleurs, mais quand je m’approche pour corriger un exercice je ne peux pas m’empêcher de poser ma main sur l’épaule de l’élève, d’un air qui dit « Je suis ferme avec vous sinon ce serait Tchernobyl en classe mais vous savez que vous m’intéressez sincèrement et que je suis là pour vous, mais n’essayez jamais de me prendre pour une imbécile. »

Est-ce qu’on sait ça de moi quand on ne me connaît pas ? Est-ce que c’est important au final ?

Est-ce que je ne dépasse pas mes fonctions et ce que mon employeur appelle « nos missions-clefs » ?

Et est-ce que ce côté affectif ne m’empêche pas d’être efficace au quotidien ? C’est ce qu’insinuait une collègue quand elle m’a demandé pourquoi je les avais accompagnés, et que j’ai dit que le papa était inquiet parce qu’il ne maîtrise pas le français, et qu’elle m’a répondu « Ah bon, tu parles turc ou kurde ? » grrrreegrrr

Merci, de m’avoir lu, et pour info, S. s’était pris un coup de pied dans les testicules et urinait du sang, sa cheville aussi était blessée. Il va bien mais c’est à surveiller."

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Jeu 20 Oct 2011 - 22:03

missions-clefs.

Je t'en fiches!

Tu es dans l'humain. Non, mieux encore, dans ton humanité !
Missions-clefs ? Quelle mission peut être plus importante que celle de rassurer un enfant.
Missions-clefs... Non, tu as dérapé. Mais tu es une belle personne. Ce que tu écris fait de toi celà, une belle personne...
Des tas de gens dans des tas d'endroits en des tas dépoques ont "dérapé" de leurs missions clefs.. Et ce, pendant les heures les plus noires de l'histoire de l'humanité.
Qui aujourd'hui oserait leur parler de décalage avec leurs missions-clefs.
Soit belle. C'est bien.
Pense juste à te protèger, à n'être pas trop une éponge. C'est tout.

C'est mon humble avis, qui tient bien plus de l'affectif et du ressenti, que de la préconisation strictement doctoral du professionnel de l'éducation.
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JoK
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Jeu 20 Oct 2011 - 22:15

Dis lui de ma part (personnellement) de ne pas lui demander de s'intégrer. Faire cette demande part déjà du principe que c'est un étranger, mais surtout accepter ce regard-là précisément. C'est d'ailleurs aussi le comportement général des parents de ces gosses, puisque eux, très souvent, veulent garder leurs racines, leur culture, et vont les imposer aux gosses.

Je serais plus tranquille et optimiste sur l'avenir des ces enfants, si on leur demandait juste d'apprendre. Ils trouveront tout seul à s'intégrer ou non.
C'est une approche neutre, quoi que non diminuée du sentiment ou de l'émotion.

Cette neutralité lui donnera également plus de respect et considération, parce qu'elle n'aura pas à trancher entre sa hiérarchie ou ces enfants, si un jour elle devait trouver un conflit d'intérêts, autant côté français que turc, kurde, gitan ou arabe.

Sans oublier que ça peut lui permettre de "tenir plus longtemps", et être plus efficace encore. Or plus elle sera là, plus elle sera efficace et plus le respect sera présent, elle entrera alors dans un cercle que je vois comme vertueux, parce que tout le monde y gagnera.

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Romane
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Jeu 20 Oct 2011 - 23:31

Je reviendrai beaucoup plus longuement sur le texte de Chani, filo, mais je voudrais ici rebondir d'abord sur le terme "intégration" qui me hérisse le poil à chaque fois que je l'entends, parce qu'il suppose l'effort d'une personne et pas de l'autre. Cela voudrait alors dire d'abandonner sa culture, d'oublier ses racines, de renier sa terre et les souvenirs de cette terre, son accent, ses saveurs, ses musiques, tout. En quelque sorte : se dévitaliser, faire de soi un réceptacle vierge de mémoire pour pouvoir intégrer le pactole du pays d'accueil.

Comment voudrait-on que cela fonctionne ? Essayez pour voir de renier votre passé, ne serait-ce que d'une once ? Je parlais aujourd'hui avec ma collègue qui a tout perdu dans l'incendie de sa maison il y a trois semaines. Elle souffre dans son coeur de ne plus pouvoir jamais, jamais, regarder les photos de son père qu'elle a perdu lorsqu'elle avait 18 ans. De ne plus feuilleter les livres qu'elle s'est acheté au gré des coups de coeur. De ne plus pouvoir déplier la nappe brodée de sa grand-mère. De ne plus sortir le service de table familial pour les fêtes de Noël, et même le sapin de cette année pose problème ; les guirlandes de son enfance sont parties en fumée. Elle m'exprimait en quelques mots le désarroi de ses enfants devant la perte qui de son doudou, qui de son journal intime, etc. Des petits riens qui tricotent le chemin d'hier pour arriver à aujourd'hui, parce qu'on a beau dire que tout ce qui est matériel n'est pas important, que l'intelligence peut dépasser le matériel, c'est intellectuellement vrai, mais viscéralement faux. On peut même pleurer un arbre, un chemin, une odeur. Siméon écrit cette petite phrase, dans Le Testament de Vanda : Ils ont tué aussi les chemins, dans leur notre guerre.

Nous commettons l'erreur de demander aux réfugiés d'oublier purement et simplement d'où ils viennent et qui ils sont, qui sont leurs ancêtres. Je vois là une deuxième torture par dessus la première, celle de la fuite et ce qui a provoqué cette fuite.

Puisque nous sommes si généreusement pays d'accueil, pourquoi ne parlerions-nous pas plutôt de vivre ensemble avec nos différences et grâce à elles ? Bien sûr, il y aura toujours des gentils et des méchants, d'un côté comme de l'autre. Mais n'oublions pas qu'à force de bastonner un gentil, on peut le faire virer enragé. Après, c'est facile de lui tomber dessus en le traitant de sale étranger. Pour commencer, laissons-le être d'ailleurs, et soyons nous d'ici où que nous allions, ce qui ne veut pas dire "fermé aux autres" mais "être bien en soi parmi les autres" quel que soit l'horizon.

Evidemment, vous allez me traiter d'utopiste, mais ai-je d'autre choix que celui de regarder en face pourquoi ça cloche ?

Et pour finir juste cela : nous ne savons jamais ce que les gens que nous côtoyons, croisons, effleurons du regard (ou traversons du regard) ont vécu. Leurs poids de vie, leurs casseroles, comme on dit. Pas plus qu'ils ne connaissent les nôtres. Cela devrait nous donner à réfléchir. A tous.

Je reviendrai pour la suite dans les prochains jours.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Ven 21 Oct 2011 - 0:35

Infinitive a très bien saisi la chose : Chani est une belle personne. Je la connais, un peu, et je ne peux m'empêcher de sourire quand je pense à elle. Une belle âme, débordante de vie.
Ce texte me touche profondément, car ce sont des questions que je me suis posée quand je m'occupais des gamins en danger. J'étais dans une empathie qui aurait pu se révéler dangereuse à la longue, et qui a dévoré mon énergie pendant toutes ces années. Mais qui m'a donné aussi un immense sentiment d'utilité et apporté énormément. Plus on donne, sans espoir de retour, plus en fait on reçoit. Un simple sourire suffisait à effacer des journées de 18 heures et la fatigue écrasante qui me saisissait parfois.
Je crois que Chani est dans ce sentiment, et dans ce questionnement. Je sais qu'elle fait son métier avec coeur, autorité et humour. Je ne sais pas si elle pourra se donner autant pendant de longues années. Mais dans cette histoire, elle a agi comme il le fallait, c'est à dire selon son instinct humain le plus profond. Elle devra gérer derrière, mais je pense qu'elle a assez d'intelligence et de finesse pour le faire correctement.
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Ven 21 Oct 2011 - 1:26


Chani a agi selon son coeur et dans l'humain, dans une situation où ne comptait plus l'origine, mais un enfant souffrant. J'aurais fait pareil.

Maintenant, il faut qu'elle fasse attention à ne pas laisser l'affect trop prendre le pas tout en demeurant humaine et juste, ce qui n'est pas facile, vraiment pas! Comme elle le dit, les autres pourraient se sentir délaissés dans un climat perpétuel de tension. C'est un équilibre délicat à maintenir en permanence entre la "mission" désignée et le vécu au quotidien!

Son texte m'a touchée, il mérite réflexion, j'y reviendrai!

Je rejoins Jok et Ro sur "l'Intégration", ça veut dire quoi au juste "s'intégrer", se renier?
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zoé sporadic
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Ven 21 Oct 2011 - 1:41

Zut, j'ai perdu mon post...

Alors je vais faire très court et forcément réducteur.
Très touchée aussi par le témoignage qui respire l'implication de qui a choisi une voie...
Je disais que le toucher est un moyen de contact très efficace avec les gens dont on ne parle pas la langue et qu'il permet souvent de confirmer l'intervention de l'interprète. Surtout lorsqu'on a affaire à des personnes dont la culture est le droit coutumier, pour lesquelles le papier (qu'ils sont dans l'incapacité de déchiffrer) ne représente aucune valeur.

Et puis, à la lecture d'autres intervenants, ne pas confondre l'intégration et l'assimilation, puisque nous sommes ici sensibilisés au langage. Assimiler c'est dissoudre pour faire sien. Intégrer, rendre intégral. Intégral : qui n'est l'objet d'aucune restriction, d'aucune diminution... En l'occurrence, qui peut communiquer avec tout un chacun, et pas seulement avec sa communauté. Le préambule de filo était clair, la violence existe entre les différentes communautés elles-mêmes. Hétérogénéité et ignorance des diverses cultures... Il y a du pain sur la planche...

J'ai le sentiment, à l'avoir lue, que Chani est à l'aise. Cette absence de crainte de l'autre lui donne un poids. Je lui souhaite de pouvoir amener ses collègues à la réflexion et à sortir de leurs bureaux où les stérilisent leurs règlements.

Désolée de ne pouvoir développer plus, mais il est tard... Ange
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Infinitive

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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Ven 21 Oct 2011 - 8:09

Je suis métisse.

Pourquoi je ne vous ai pas pas croisé, dans la rue, quand j'avais
6 ans et que l'on me traitait de mal blanchie ?

Je vous trouve tous beaux ci-dessus.
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Ven 21 Oct 2011 - 23:13

Ben parce que mes parents étaient trop occupés à se faire traiter de sales bougnoules, alors qu'ils n'étaient ni arabes ni musulmans, parce qu'ils venaient, en tant que pieds-noirs, de se faire chasser d'algérie et qu'ils avaient atterri dans une province un rien attardée. Et bien que mon père ait fait bien malgré lui des années de sale guerre contre des gens qu'il considérait comme des concitoyens.
Le monde est bizarre, parfois.
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Sam 22 Oct 2011 - 0:40

Infinitive a écrit:
Je suis métisse.

Pourquoi je ne vous ai pas pas croisé, dans la rue, quand j'avais
6 ans et que l'on me traitait de mal blanchie ?

Je vous trouve tous beaux ci-dessus.

Ton métissage est une chance ; tu es unique. Et de ce fait : aussi précieuse qu'un joyau.
Comme chacun d'entre tous. Wink

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Romane
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Dim 30 Oct 2011 - 12:30

La suite du fil n'ayant rien à voir avec le sujet, a été rapatrié ici :
http://liensutiles.forumactif.com/t21376-roudane-mameri

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Jeu 3 Nov 2011 - 10:21

Citation:

Ben parce que mes parents étaient trop occupés à se faire traiter de sales bougnoules, alors qu'ils n'étaient ni arabes ni musulmans, parce qu'ils venaient, en tant que pieds-noirs, de se faire chasser d'algérie et qu'ils avaient atterri dans une province un rien attardée. Et bien que mon père ait fait bien malgré lui des années de sale guerre contre des gens qu'il considérait comme des concitoyens.
Le monde est bizarre, parfois.

Filo analysez bien ce passage et, vous verrez le pourquoi de ma réaction sur ce sujet.
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Jeu 3 Nov 2011 - 19:02

Pas besoin d'analyse poussée, l'essentiel tient en ce passage :
"ils avaient atterri dans une province un rien attardée"
et celui-ci :
"Le monde est bizarre, parfois"
qui empêchent (en la condamnant de façon implicite) la généralisation stigmatisante dont ta réaction faisait preuve.

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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Ven 4 Nov 2011 - 1:01

C'est vrai qu'il n'y a pas besoin d'une analyse poussée pour comprendre
que je répondais au post précédent.
Infinitive nous demandait où étaient les
gens tolérants durant son enfance, durant laquelle elle a subi des insultes racistes. Je lui répondais que j'étais trop occupée à en subir moi aussi. Mon post ne prêtait pas à confusion, me semble-t-il.
J'ai volontairement utilisé des mots violents pour stigmatiser les personnes qui elles les emploient avec dédain et haine.
Il est sûr que la région où je suis née est un endroit encore très fermé et guère ouvert d'esprit. Trys en a parlé dans un de ses posts, elle connait. Les gens y étaient des paysans riches et méfiants, qui n'appréciaient pas du tout la nouveauté et ne toléraient pas trop la différence.
Mes parents étaient pieds noirs de très vieille souche, ma famille étant installée en Algérie depuis 1848. Ils avaient l'habitude de se considérer comme des français d'algérie et à vivre avec les gens de là bas en bonne entente. Mon père comme ma mère étaient enseignants et donnaient leurs cours dans des écoles publiques où il y avait principalement des enfants arabes, ils n'ont jamais fait la différence.
En plus du traumatisme d'être déracinés après cette sale guerre, ils ont du affronter la méfiance et le racisme des gens de cette province où ils se sont installés. De plus, nous n'avons pas un nom bien français. J'ai donc étais traitée à la fois de sale arabe et de sale juive, ce qui est un comble... ce qui est gênant, c'est que n'étant ni l'une ni l'autre, il était compliqué pour une gamine de savoir comment se défendre. En protestant ? Ridicule.
J'ai pris l'habitude de laisser les gens penser de moi et de mes origines ce qu'ils veulent, c'est plus simple. S'ils sont assez limités pour me juger là dessus, je crains de ne pas trop m'intéresser à eux et à ne rien perdre en ne les fréquentant pas.
Alors réfléchis un peu s'il te plait avant de suggérer que je pourrais être raciste.
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Ven 4 Nov 2011 - 2:17

blue note a écrit:
Alors réfléchis un peu s'il te plait avant de suggérer que je pourrais être raciste.
Je ne pense pas que c'était le cas, Blue.

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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Ven 4 Nov 2011 - 11:12

Bonjour

Je partage le même avis que Ro, on ne peut pas renier ses origines et je ne l'aurai jamais accepté même si toute ma famille est moi même nous nous sommes fait traiter de" sales macaronis qui venaient bouffer le pain des Français " en 59 quand nous sommes arrivés en France.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
C'est ainsi que je veux écrire. Avec autant d'espace autour de peu de mots. Je hais l'excès de mots. Je voudrais n'écrire que des mots insérés organiquement dans un grand silence, et non des mots qui ne sont là que pour dominer et déchirer le silence. En réalité, les mots doivent accentuer le silence. »

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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Sam 5 Nov 2011 - 0:54

J'ai mal compris le commentaire d'halima, alors, je m'en excuse.
nan parce que je ne pensais pas que c'était toi qui pensais que j'étais raciste. Je croyais qu'halima avait mal pris mon commentaire précédent, et donc c'est à elle que je répondais, pas à toi.
ca devient vraiment trop compliqué...
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Sam 5 Nov 2011 - 1:48

blue note a écrit:
ca devient vraiment trop compliqué...
D'autant que Halima est en réalité Roudane, et qui plus est : un homme. Laughing

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Sam 5 Nov 2011 - 1:54

Il change de pseudo tous les six messages ?
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Sam 5 Nov 2011 - 1:57

Point du tout, jeune homme. Juste une fois.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Enfantss immigrés difficiles...   Jeu 10 Nov 2011 - 10:41

blue note, bonjour!

Raciste ? Vous ne l'êtes points. Rassurez-vous. Je ne suis pas de ceux qui traite les gens de quoi que ce soit. Consulter Romane, elle vous le confirmera.
Mes amitiés Roudane.
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   Ven 11 Nov 2011 - 0:55

J'en suis fort aise, roudane, cela m'ennuyait mais je suis rassurée.
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MessageSujet: Re: Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire   

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Enfants immigrés difficiles: éthique et dilemmes en primaire
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