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 Thérapie républicaine

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MBS

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MessageSujet: Thérapie républicaine   Mar 25 Oct 2011 - 14:25

Plutôt que poster dans "Coup de blues" j'occupe le forum Histoire contemporaine pour essayer de faire le point en écrivant sur les doutes qui m'étreignent tandis que je prépare mon deuxième chapitre d'Histoire du nouveau programme de Première. Son titre général ? Les Français et la République. Vaste programme aurait dit le Général.

Je dois pour traiter cette partie du programme en 12 heures aborder deux thèmes "Une République, trois républiques" et "La République et les mutations sociales de la France". Dans le premier thème, j'ai déjà fait (préparé et "administré" aux élèves) la première partie sur l'enracinement de la République dans les années 1880 et 1890. J'avais tablé sur 2 heures, j'ai dépassé un peu (mais d'un autre côté, pouvait-on attendre qu'ils comprennent cet enracinement en ignorant comment cette IIIème République était née ?). Me voici face au deuxième thème "Les combats de la Résistance (contre l'occupant nazi et le régime de Vichy) et la refondation républicaine"... Toujours à faire en deux heures...
Et là, je dois dire que je me sens complètement perdu. En lisant les compléments au programme, je comprends qu'il s'agit surtout de réfléchir sur ce que représente la république durant cette période : bafouée dans ses principes par le gouvernement de Vichy, longtemps dédaignée par la Résistance, la République finit par s'imposer à nouveau comme un idéal au milieu de la guerre au fur et à mesure que la politique de Vichy sombre dans la collaboration la plus visible et la plus inacceptable par les Français. Sauf que je jette un oeil sur les manuels dont je dispose et là ce n'est plus du tout la même chose... On raconte les actions des résistants, on propose l'Appel du 18 juin en s'intéressant aux raisons pour lesquelles de Gaulle pense que la guerre peut être finalement gagnée (mais aucune question pour faire remarquer qu'il n'y évoque pas la République), on raconte aussi le déroulement de la Seconde Guerre mondiale... Bref, je ne retrouve pas la thématique que je dois étudier...
Et s'il n'y avait que ça ! Mais ces cours donnent des interprétations relevant de raccourcis difficilement acceptables historiquement : "Depuis Londres, le général de Gaulle lance le 18 juin 1940 un appel à poursuivre le combat. C'est l'acte de naissance [sic] de la Résistance" (c'ets le retour du résistancialisme !!! De Gaulle a tout fait). "En juin 1944, les troupes alliées et les FFL débarquent en France et libèrent le territoire national" (il y avait autant d'alliés que de FFL ? la libération s'est faite en un seul mois ?...). Un manuel intitule la page de cours "La France de 1940 à 1946" ce qui est quand même voir large...
J'ai beau savoir depuis longtemps que le manuel ce n'est pas le programme, c'est quand même étonnant ce grand écart... Alors je reste là face à mon cours et je me demande ce que je dois raconter. Rester dans le thème ? Broder autour du thème ? Sachant que je n'ai que deux heures, je ne peux pas me permettre de faire l'un et l'autre... Et que se passera-t-il pour mes élèves le jour du Bac s'ils tombent sur quelqu'un qui veut qu'on lui raconte les étapes de la guerre des Français plutôt qu'une réflexion sur la manière dont l'idée républicaine s'effondre et renaît dans les esprits ? Ce flou est proprement insupportable...
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Thérapie républicaine   Mar 25 Oct 2011 - 15:11

Tu te poses trop de questions! mdr

Mais (ça va pas te rassurer) tu as raison de t'inquièter, on n'est plus sur la réfexion long terme qui est quand même le propre de l'Histoire .
Je précise pour d'éventuels esprits chagrins qui intépréteraient mal ou ne liraient pas tout, qu'il ne s'agit pas de faire des élèves des historiens, mais de leur faire comprendre ce qui c'est passé, que ça ne peut se comprendre qu'en sachant ce qu'il y avait avant.
"De mon temps" on apprenait à propos d'un fait: causes et conséquences: Causes profondes, causes immédiates...

Là, c'est le retour à l'événementiel, prendre un événement déconnecté de son contexte, l'isoler... On n'est plus dans l' Histoire mais dans le journalisme!

Coment faire comprendre que la France n'a pas été spontanément républicaine? Tu as eu raison d'insister sur les affres et les douleurs de l'accouchement de la IIIème République, dont la majorité ne voulait pas vraiment, et qui est passée à UNE voix avec l'amendement Vallon!
Cette république tombe avec la 2nde Guerre Mondiale, les anti républicains en profitent, Vichy est un régime dictatorial.
La IV du nom (qui a quand même, c'est à son crédit assuré la reconstruction) s'englue dans les guerres coloniales, et appelle au secours De Gaulle, qui n'est pas fondalement républicain et impose avec la Vème un pouvoir présidentiel!

Je dirais bien qu'il faut travailler sur les Constitutions puisque c'est de républiques qu'il s'agit, mais comme tu dis, ce qui compte c'est de préparer les élèves au BAC! Alors que, si j'ai bien compris, ce n'est pas la guerre le sujet, mais c'est d'elle qu'il faut causer?
Peut être (est ce faisable en 2H?) présenter la guerre en tant que déstabilisante pour l'institution puisque la république est mise entre parenthèses, et dire que la question du régime se repose après la Libération, en présentant les partis en présence, De Gaulle, qui va bouder dans son coin dés 46 (et n'a pas créé la résistance, mais s'en est servi et l'a organisée) n'étant qu'un des éléments?
La France a une passion pour les hommes "providentiels", les "sauveurs" de tout poil...

Ca t'avancera sans doute pas, mais comme disait l'autre:
"MBS, je vous ai compris"! mdr
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MBS

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MessageSujet: Re: Thérapie républicaine   Mar 25 Oct 2011 - 15:20

Pour ceusses qui aimeraient la lecture... Je précise qu'il ne s'agit pas du cours proprement dit mais de ce que j'appelle le cours rédigé, celui qui est accessible sur le site hgmatisse quand le cours en classe est fini. On comprendra que tout cela ne peut pas être dit (et surtout pris en note) en deux heures. On remarquera aussi que j'ai essayé de faire un mix entre les deux options mais en essayant de conserver l'idée qui me paraît centrale, celle de la question républicaine, et pas celle d'un récit de choses déjà vues en 3ème (et supposées connues même si... enfin, bon, je me comprends...)

B) Comment la période noire de la Seconde Guerre mondiale a-t-elle conduit à une revitalisation de l’idée républicaine en France ?

1) Comment la défaite de 1940 remet-elle en cause la République ?

Le souvenir de l’hécatombe de 1914-1918 a conduit au développement d’un fort pacifisme en France dans la période des années 20 et 30. La République, qui avait paru magnifiée par la victoire dans la Première Guerre mondiale, s’est trouvée à nouveau critiquée et contestée dans les années 30 par des mouvements nationalistes et xénophobes d’extrême-droite (échec du coup de force du 6 février 1934). La France entre donc à reculons dans la Seconde Guerre mondiale ce qu’illustre fort bien la période dite de la « Drôle de guerre » (septembre 1939 à mai 1940) durant laquelle aucune offensive notable n’est lancée contre l’Allemagne. En revanche, lorsque les troupes allemandes passent à l’offensive le 10 mai 1940, les armées française et alliées (Belges et Britanniques) se retrouvent rapidement piégées. En à peine plus d’un mois, le nord de la France est envahi et Paris est occupée par les troupes allemandes dès le 14 juin. Le gouvernement replié sur Bordeaux hésite entre deux attitudes : poursuivre la lutte depuis l’empire colonial ou reconnaître la défaite ? Fort de son prestige de vainqueur de Verdun, le maréchal Philippe Pétain réussit à faire prévaloir sa volonté d’un armistice rapide. Le 16 juin, il devient président du Conseil. Le 17, il demande aux Allemands la conclusion d’un armistice qui sera signé le 22 et entrera en vigueur le 25 juin (après la conclusion d’un armistice avec l’Italie). Il s’agit d’une décision qui rend l’Etat responsable de la défaite militaire et, d’une certaine manière, exonère l’armée de ses responsabilités (un armistice signe la défaite d’un pays quand une capitulation signifierait celle d’une armée).
Dans cette atmosphère lourde de naufrage collectif, la « gloire » du maréchal Pétain apparaît à beaucoup comme le meilleur rempart face aux Allemands. Installé à Vichy, le gouvernement manœuvre les parlementaires pour obtenir des pouvoirs renforcés (parmi ceux qui intriguent, Pierre Laval, ancien ministre et chef de gouvernement, qui ambitionne de devenir « l’héritier » d’un Pétain très âgé). Le 10 juillet 1940, à l’exception de 80 parlementaires, députés et sénateurs accordent à Pétain les pleins pouvoirs constituants. Dans les jours qui suivent, le président de la République se retire et les chambres se mettent en vacances. La voie est libre pour Pétain et son entourage qui peuvent mettre sur pied le régime de l’Etat français qui nie l’essentiel des valeurs républicaines. La propagande de ce régime rend la République responsable de la défaite (« l’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice » dit ainsi Pétain dans un célèbre discours). La France se dote ainsi d’un régime fascisant, antiparlementaire, antidémocratique et antisémite (statut des juifs promulgué dès le 3 octobre 1940). Elle sera désormais gouvernée par un chef de l’Etat, Pétain, qui choisira librement les membres de son gouvernement. L’Etat français plonge ses racines dans la France de l’Ancien régime, une France rurale (« La terre ne ment pas ») où le collectif prime sur la personne. C’est le sens de la « Révolution nationale » prônée par Pétain : un retour aux valeurs d’avant 1789 : hormis le drapeau tricolore, les symboles républicains sont supprimés (la devise « Liberté Egalité Fraternité » est remplacée par « Travail Famille Patrie » qui exalte la soumission de l’individu à l’Etat).
Punir les coupables de la défaite apparaît comme un moyen de renforcer ce nouveau régime. Très vite sont montrés du doigt ceux qui ont exercé le pouvoir dans la seconde moitié des années 30, notamment à l’époque du Front populaire. Les grèves de l’été 36, les lois sociales (congés payés, semaine des 40 heures) sont désignées comme responsables de l’impréparation des Français à se battre en 1939. Dès la fin de l’été 1940, des responsables politiques républicains comme Léon Blum sont arrêtés en attendant un procès à venir. Celui-ci s’ouvre à Riom en février 1942. Face aux accusations qui pèsent sur eux, les anciens chefs de gouvernement ou ministres (Blum, Daladier…) démontrent que la défaite n’est pas due au Front populaire mais aux erreurs des militaires qui n’ont pas su préparer à temps une guerre moderne (or, au moment de ces décisions fondamentales, Pétain avait la haute main sur l’état-major de l’armée) : à la demande des Allemands, le procès s’interrompt au bout de deux mois et ne reprend pas. A ce moment, une partie des Français qui avaient vu dans Pétain une chance pour la France se sont déjà détournés des slogans antirépublicains de la « Révolution nationale » pour résister aussi bien aux Allemands qu’au gouvernement de Vichy.

2) La Résistance, un combat pour la République ?

Dans la mythologie résistancialiste créée après la guerre par les gaullistes, la Résistance naît le 18 juin 1940 avec l’appel lancé sur les ondes de la BBC par le général Charles de Gaulle. Outre que cet appel n’a pas été entendu le jour même, un certain nombre de mouvements de résistance sont nés en France sans avoir connaissance de l’existence de ce mystérieux général que pratiquement personne ne connaissait. Cependant, le contexte étant celui de l’humiliation subie en mai-juin 1940, la République n’est pas le moteur de ces premiers mouvements de résistance, le général de Gaulle le premier ne l’évoquant pas. Dans tous les cas, il s’agit d’abord de chasser les Allemands du territoire national, de poursuivre la lutte contre l’ennemi d’une manière ou d’une autre. La question des principes républicains n’est pas au cœur de cette lutte car beaucoup de ces premiers résistants, comme la population française, font confiance encore à Pétain. Ce n’est que progressivement, avec le développement d’une active politique de collaboration avec l’Allemagne, que le régime de Vichy se trouvera discrédité aux yeux de beaucoup et que la résistance mettra sur le même pied la lutte contre les Allemands et la volonté d’un rétablissement de la République.
L’action des résistants prend des formes très différentes depuis l’action armée (combat au sein d’armées étrangères, sabotages) jusqu’au renseignement ou à la propagande (affiches et journaux clandestins). On oppose ainsi couramment la résistance intérieure (celle des différents réseaux constitués peu à peu depuis 1940 et traqués par les Allemands et la police de Vichy) et la résistance extérieure (celle des combattants servant au sein de l’aviation, de la marine ou dans les armes terrestres). Après le débarquement en Normandie, on désignera les hommes de la première sous le nom de FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) par opposition aux FFL (Forces Françaises Libres). L’entrée en résistance répond à des motivations souvent diverses : refus de la défaite et de l’occupation allemande, défense des libertés, obéissance aux ordres du parti (pour les communistes), volonté d’échapper au STO (Service du Travail Obligatoire) à partir de 1943. Même si le général de Gaulle se méfie des partis politiques, beaucoup des réseaux de la résistance intérieure émanent d’organisations déjà existantes (partis, syndicats) qui revivent dans la clandestinité.
Au fur et à mesure que la Résistance s’organise et s’unifie, les buts de son action se trouvent définis et précisés. Le général de Gaulle obtient, notamment grâce à l’action de Jean Moulin, le rapprochement des différents réseaux de résistance intérieure au sein du Conseil National de la Résistance (1943). Celui-ci définit un programme (charte du CNR de mars 1944) dans lequel il affirme la volonté d’un retour aux libertés fondamentales et à la démocratie après la guerre ; c’est donc l’idéal républicain français qui réapparait. Cependant, comme la Résistance intérieure est composée principalement d’hommes de gauche ou de démocrates chrétiens, le programme du CNR prend en compte des éléments économiques et sociaux. La nouvelle République, (car il apparaît impensable qu’on en revienne à la Troisième République, système marqué par la défaite de juin 1940) se devra d’être plus sociale et solidaire. C’est sur ce programme que se fonderont les hommes qui, autour du général de Gaulle, constituent à Alger en 1944 le Gouvernement Provisoire de la République Française.

3) Une République rénovée à la Libération ?

Avant même que ne commence la libération du territoire national, le GPRF entreprend une œuvre de rénovation de la République. Les principes républicains démocratiques sont réaffirmés, les femmes (au nom de leur rôle actif au sein de la Résistance) obtiennent le droit de vote (avril 1944). Dans le même temps, on prépare les conditions à la remise en marche de la démocratie dès la libération du territoire afin d’éviter que se mette en place en France une administration sous contrôle allié (AMGOT) ; le GPRF désigne ainsi des commissaires de la République chargés de gérer des régions autour de grandes villes (pour écarter les anciens préfets) ou des personnes chargées à travers de délégations municipales de prendre en main les grandes villes (par exemple, le socialiste Gaston Defferre à Marseille). Ces représentants du GPRF sont choisis parmi des résistants connus, ayant généralement effectué plusieurs voyages clandestins à Londres pendant la guerre, desquels on attend qu’ils destituent les représentants du gouvernement de Vichy (préfets, sous-préfets, chefs de la police, inspecteurs d’académie…) et désignent de nouveaux représentants de l’Etat, qu’ils reprennent en main les administrations, qu’ils organisent les premières consultations électorales (ce seront des élections municipales à l’automne 1945).
Après l’arrivée du GPRF à Paris, une série de lois et d’ordonnances va mettre en place le programme issu de la charte du CNR : nationalisations d’entreprises entre 1944 et 1946 dans les secteurs industriels (Renault, Berliet), de l’énergie (donnant naissance à EDF-GDF ou aux Charbonnages de France), des transports, de la finance (banques et assurances) ; création de l’Etat-providence avec la naissance de la Sécurité sociale (1945). Toutes ces décisions créent une République plus sociale et solidaire. Il reste cependant à régler la question des institutions, question qui va faire apparaître des fractures importantes au sein du GPRF.
Une première consultation est organisée auprès des Français le 21 octobre 1945. Il s’agit de savoir si on rétablit la Troisième République ou si on va créer une nouvelle République. A 96 %, les Français se prononcent pour une nouvelle République ; les députés élus au cours de la même consultation deviennent dès lors chargés de mettre au point une nouvelle constitution. Ces élections montrent donc le rejet de la Troisième République (les radicaux qui l’incarnaient sont très peu nombreux à trouver un siège à l’Assemblée constituante) mais aussi un basculement de l’électorat vers la gauche (la droite étant elle aussi assimilée à l’ancien système républicain mais supposée s’être compromise avec le régime de Vichy). Trois partis ayant joué un rôle actif dans la Résistance (les démocrates chrétiens du MRP, les socialistes de la SFIO et les communistes du PCF) sont au contraire les principaux acteurs des discussions visant à la création d’une nouvelle constitution. Cependant, des dissensions croissantes opposent ces partis au général de Gaulle qui prône un pouvoir exécutif fort (« un gouvernement qui gouverne ») quand les partis souhaitent un retour à un système parlementaire. Le 20 janvier 1946, de Gaulle démissionne avec fracas de la présidence du GPRF. Ce départ a pour conséquence l’échec du référendum destiné à approuver la première constitution (5 mai 1946). Il faut élire une seconde assemblée constituante (2 juin 1946) dont le projet est finalement approuvé par les Français le 13 octobre 1946 (mais avec un fort taux d’abstention (31 %) et sans une grande marge : 36 % de Oui contre 33 % de Non). La Quatrième République est fondée mais dès le départ c’est un régime qui n’obtient pas l’adhésion de la majorité des Français.
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MessageSujet: Re: Thérapie républicaine   Mar 25 Oct 2011 - 15:24

Sur ce, je vais prendre l'air avant la pluie...

Cela me permettra de réfléchir sur le troisième point "1958-1962, une nouvelle République"... sachant qu'un élève de 1èS n'entendra pas parler de ce qui est, dans l'Histoire de France, est postérieur à 1962 en matière politique.
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MessageSujet: Re: Thérapie républicaine   Mar 25 Oct 2011 - 15:39

Et il pleut !!!

Foutue République !

mdr
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MessageSujet: Re: Thérapie républicaine   Mer 26 Oct 2011 - 12:35

Citation :
prendre un événement déconnecté de son contexte, l'isoler...
Le plus sûr moyen de se planter de A à Z, puisque l'événement se retrouve complètement dévitalisé de sa substance essentielle : la fresque historique l'ayant mené à voir le jour, et donc permettant de l'expliquer avec cohérence...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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MessageSujet: Re: Thérapie républicaine   Mer 26 Oct 2011 - 12:59

L'isolement d'événements ou de situations (je ne sais plus combien nous avons d'objets d'études dans ce programme de Première... pouvant, tous, bien sûr, faire l'objet d'un sujet de composition au bac) n'est pas un problème en lui-même car on nous demande clairement de les étudier avec un regard et une méthode historiques. Le problème c'est celui du temps accordé pour cela. En deux heures, il est impossible de vérifier que les bases sont acquises (d'ailleurs, pourquoi le vérifier ? On sait bien qu'elles ne le sont pas...), de faire faire un travail méthodique (gros besoins sur l'analyse de document qui n'est pas au point) si possible par écrit et d'avoir une approche fine de la question étudiée. Donc, comme d'habitude, on fait comme si tout était faisable en cherchant des moyens, des subterfuges pour que ça tienne à peu près dans le temps imparti.

J'attaque mon troisième point du grand 1... La période 1958-1962... J'ai déjà résumé ce que je voulais que les élèves comprennent en quelques lignes. Si cela passe, à mes yeux, cela devrait être suffisant pour se débrouiller... Sauf que je m'attends en ouvrant les bouquins à trouver toute la guerre d'Algérie détaillée, les faiblesses de la IVème République décryptées (avec son histoire un peu détaillée), les détails de création de la Cinquième République et j'en passe (je parierai même pour que l'attentat du Petit-Clamart soit convoqué). Quand je disais en juin à mes collègues que j'étais pour la disparition des manuels et la réalisation de mon propre manuel personnel, je ne pensais pas être autant conforté dans mon analyse...

Sinon, je le glisse là plutôt qu'ouvrir un nouveau fil, que pensez-vous des élèves qui justifient leurs défaillances par "on ne nous l'a jamais appris" ? En l'occurrence, il s'agissait de la localisation des régions françaises, localisation se trouvant parmi les repères à connaître en fin de 3ème. Le pire, c'est que je les pense sincères dans leurs récriminations (ils sont sûrs de ne jamais l'avoir appris... parce que quand on leur a dit de le faire, ils ne l'ont pas fait... ça n'a pas été évalué... et le prof est passé à autre chose). Mais, pour une fois, j'ai été assez dur et direct en leur expliquant que cette justification ne valait rien et qu'il fallait qu'ils en prennent conscience. Dans la "vraie vie", rejeter la responsabilité de ses manques personnels sur d'autres, ça ne passe pas. Quelques jours plus tard, j'ai entendu la fronde qui s'est levée dans la salle voisine où une collègue demandait à ses élèves de Première d'apprendre la localisation de ces mêmes régions pendant les vacances (on imagine 22 régions métropolitaines + 5 outremer) à apprendre en une dizaine de jours. Elle a bien dû passer 10-15 mn pour que la contestation cesse. Les arguments de la classe ? "C'est trop !", "Ca ne sert à rien !", "On n'a pas le temps"...

Bref, quand on rapproche le casse-tête des programmes de cette forme de mauvaise volonté chronique, on se demande pourquoi on ne profite pas plutôt des vacances pour continuer à écrire...

PS (rajouté) : J'ai été mauvaise langue concernant les manuels... Ils évoquent à peine, voire pas du tout, les éléments cités plus hauts. C'est même presque l'inverse... Il y en a même un qui oublie carrément de parler de l'élection du Président au suffrage universel à partir de 1962... C'est décidément très étrange.
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MessageSujet: Re: Thérapie républicaine   Mer 26 Oct 2011 - 15:24

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/10/06/01016-20111006ARTFIG00612-la-polemique-sur-la-theorie-du-genre-rebondit.php#1

Ici, il s'agit de la polémique autour d'un manuel de SVT, mais les SVT, comme l'Histoire sont des disciplines "à risques" placées sous haute surveillance de gens n'ayant rien à voir avec l'enseignement.
On sait comment sont fabriqués les manuels: un groupe de profs sous la direction d'un ou plusieurs Inspecteurs d'Académie ou généraux, il faut leur patronage, ça passe mieux.
Ils n'écrivent pas une ligne, mais encaissent souvent plus que les rédacteurs, l"Autorité" dont ils couvrent les manuels a un prix!
Et les rédacteurs, outre leurs convictions personnelles (s'ils en ont) sont soumis à des pressions, comme les éditeurs qui eux ne sont que des marchands et pour le fric ne veulent fâcher personne surtout dans les disciplines "sensibles". Les rédacteurs en maths doivent subir moins de pressions!
Mon prof de philo (j'en parle souvent, il m'a marquée) refusait qu'on utilise un manuel!

Le manuel n'est pas le programme, c'est un outil de travail pour les élèves, quand ils daignent l'acheter: "c'est cher", même s'il existe des fonds qui leur sont alloués pour ça. Et l'ouvrir ailleurs qu'en classe, si ils consentent à l'apporter "c'est lourd!"
J'avais tenté une conciliation en demandant un pour deux, mais c'était toujours l'autre des deux qui "oubliait" de l'apporter! Ne pouvant espèrer une recherche personnelle, ni même qu'ils consultent chez eux les documents que leur donnais, je m'appuyais sur le manuel, estimant l'outil suffisant pour ce qu'on leur demandait au BAC, celui qu'on avait était assez bien fait et présentait les exercices attendus avec des corrigés!
C'était encore trop demander à certains!

Quant à l'amnésie des élèves, elle ne date pas d'hier, le prof de l'année d'avant ne leur a rien fait apprendre! J'ai même eu des élèves qui m'ont affirmé que "Non, l'année dernière on a pas fait ça", or, leur prof de l'année dernière, c'était déjà moi, et je savais ce que j'avais fait! mdr
La mauvaise volonté chronique, le refus d'apprendre viennent autant des jeunes eux mêmes que de l'extérieur, à quoi bon se casser à apprendre quelque chose puisque la boîte magique Ternet va tout leur cracher? Puisque les enseignants sont dévalorisés, puisque (j'ai mis un fil dans société) on peut faire faire ses devoirs par d'autres?

http://liensutiles.forumactif.com/t21366-les-petites-annonces-un-miroir-de-la-societe
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MessageSujet: Re: Thérapie républicaine   Mer 26 Oct 2011 - 17:00

Le coup du "on ne l'a pas fait l'année dernière" en ayant été le prof, je l'ai eu aussi... Toujours un grand moment quand tu regardes l'élève droit dans les yeux sans rien lui dire et que tu vois que tout d'un coup il réalise qu'en fait c'est qu'il a oublié... C'est en cela que je pense que, malheureusement, beaucoup d'élèves sont sincères quand ils disent qu'ils ne l'ont pas appris... On leur en met tant dans la tronche à longueur de journée qu'il me semble qu'un élève qui retiendrait tout serait en fait plus savant que ses profs pris individuellement. Après, comme on n'est pas dupe, on ne se fait pas de fausses illusions non plus...

Pour les manuels, je crois l'avoir déjà dit quelque part, il y a de tout à l'intérieur. Un ancien stagiaire (qui me tient pour son gourou), aujourd'hui président de la régionale des profs d'HG, a participé à deux manuels de géo (2nde et 1ère). Il a jeté l'éponge à force de se faire rembarrer par le directeur de la collection (qui n'a aucune idée du niveau réel des élèves... et qui a fait choisir un cartographe nul mais de ses connaissances), après avoir constaté que certains chapitres étaient faits n'importe comment (accoler son nom à une publication, c'est quand même valorisant si on lui trouve de la qualité, non ?) et aussi qu'on était payé au lance-pierres et avec beaucoup de retard... Mon rêve reste (et va rester longtemps) un manuel numérique (léger et riche), intelligent (il s'adapte au niveau des élèves et les aide à progresser), à entrées multiples...
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Thérapie républicaine
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