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 L'art : de la poésie au produit

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filo

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MessageSujet: L'art : de la poésie au produit   Jeu 27 Oct 2011 - 22:23

J'ai déjà dit cela quelque part, j'en ai déjà débattu avec certains d'entre vous dans la vraie vie, mais je voulais le fixer ici pour éventuellement en débattre.

Écrire c'est préciser sa pensée, comme lorsqu'on parle, mais encore plus précisément, au détriment de la spontanéité que donne l'oralité.
Mais au delà de la pensée, celle qui nous sert à raisonner, il y a ce qu'on a appelé tantôt l'inconscient tantôt la conscience même, tantôt l'esprit, l'âme, etc, tout dépend de notre philosophie, de notre spiritualité même.
Entre ces deux niveaux, je dirais qu'il y a la Poésie.
Ou plutôt la sensibilité à la Poésie, qu'elle soit émettrice (l'artiste) ou réceptrice (les autres).
Entre l'émission et la réception, il y a un véhicule, c'est l'art.
Sous toutes ses formes : écriture, poétique ou non, théâtre, image & plastiques, musique & chant, danse, etc.
Platon définissait l'art comme une imitation de la réalité, ou une espèce de dévoiement inutile de l'artisanat. Aristote trouva au contraire à l'art une utilité (donc justification aux yeux de la société, du moins de la République). Mais à l'époque, on parlait d'art uniquement pour les arts plastiques ou beaux arts.
Aujourd'hui le mot "art" englobe tant d'acceptions, tant de formes différentes d'expression que l'analyse en est plus compliquée.

Les formes d'art les plus spontanées, où on ne triche pas, où on est nu face au récepteur, seraient pour moi le chant, la danse et le théâtre.

Il est certain que la plupart de ces formes d'expression connaissent hélas de façon exponentielle un consumérisme et un galvaudage regrettables.
Avant, le Beau était la référence, puis après les Lumières et l'industrialisation, il y eut un enchaînement de références, de tendances (principalement le surréalisme) qui ont commencé, sincèrement au début, une surenchère violente, aboutissant à des excès de provocation, dérision, décadence, commerce.
La société de consommation comme facteur principal, l'œuvre devient un produit. Et chaque nouveau produit revendique le jamais vu, le sensationnel, et s'il engendre une mode, c'est gagné.
La décadence notamment, toujours adaptée à son époque, a toujours été prestigieuse pour beaucoup et rédhibitoire pour les autres.

Consensuel, galvaudé, l'art subit cette surenchère, mais qui ne peut pas durer indéfiniment. À un moment ça implose, et on obtient du n'importe quoi.

Cependant, car il y a deux revers sur la médaille, une certaine universalisation de la culture déclenche un volume croissant de créativité, comme il était inenvisageable d'en voir avant les évolutions techniques (et de qualité de vie) donnant un accès facilité à une grande partie de la population, ce qui nous permet de découvrir souvent de grands talents, même s'ils ne sont pas ceux qui ont le plus de (moyens) succès.

Et il arrive qu'un jour on pose la question "pour toi, l'art c'est quoi ?".
Ce qui précède y répond en partie pour ma part, mais pour préciser, je dirais qu'un artiste authentique pour moi, c'est la personne qui, sans rien sur une île déserte, saura m'émouvoir d'une manière ou d'une autre, avec talent, sans équipement technique.
Après vient la technique, mais seulement après.

Bref pour moi, à la base de toute forme d'art, il y a la Poésie. Celle qu'on capte, inhérente au monde, et celle avec laquelle on restitue, on crée.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Dernière édition par filo le Lun 7 Nov 2011 - 15:31, édité 1 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Jeu 27 Oct 2011 - 23:20



Citation :
Les formes d'art les plus spontanées, où on ne triche pas, où on est nu face au récepteur, seraient pour moi le chant, la danse et le théâtre.
Et l'art brut, du moins celui que j'ai approché. Totalement spontané, sans fioritures à tendances commerciales ou publicitaires ou de haut de l'affiche, époustouflant de créativité et ouvert à des mondes insoupçonnés.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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alejandro
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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Ven 28 Oct 2011 - 3:15

L’art ... c’est la question dont on n’aura jamais fait le tour.

Concernant la spontanéité, sans dire évidemment que cela empêche l’art, je ne dirais pas non plus que ça en soit un gage. Il est surprenant de lire que le théâtre, plus encore la danse – si on pense comme moi au ballet – seraient les formes d’art les plus spontanés.

De la même façon, je dirais que l’émotion n’est pas en rien nécessaire à l’art. Suffit de penser à des pubs ou à des sitcom calibrées pour en produire, de l’émotion, pour s’en rendre compte.

Vouloir tracer des limites entre l’art et le non art est courir le risque sinon de l’intégrisme, du moins du purisme. A mon avis, à trop s’approcher de la chose artistique pour essayer d’en délimiter les contours on fini par le dénaturer. Quoi qu’on en dise, il y aura toujours des choses qui en seront exclues, alors qu’on a envie de dire que c’en est ; il y aura des chose qui seront inclues alors qu’elle nous paraîtront comme étant « n’importe quoi. »

Il y a beaucoup de façons de parler de l’art, beaucoup d’approches à considérer, qui ne sont jamais exclusives. On peut par exemple dire que le propre de l’art est de se suffire à lui-même. Un objet, par exemple une voiture, une table basse, un micro-ondes, peuvent être soignés, dessinés avec goût, être beaux, très beaux, même. Mais on n’en profitera pas comme des oeuvres d’art, on en profitera comme une voiture, une table basse, un four micro-ondes. Au Moyen Age, les peintres et les sculpteurs n’étaient pas considérés comme des artistes. Certains tableaux et sculptures étaient faits à des fins d’instruction religieuse, d’autres pour de la simple décoration. Ce n’est vraiment que quand on les a admirés pour eux-mêmes et pas pour leur fonction que ces objets sont « devenus » de l’art.
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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Ven 28 Oct 2011 - 14:39

alejandro a écrit:
Concernant la spontanéité, sans dire évidemment que cela empêche l’art, je ne dirais pas non plus que ça en soit un gage. Il est surprenant de lire que le théâtre, plus encore la danse – si on pense comme moi au ballet – seraient les formes d’art les plus spontanés.
Je reprends l'exemple de celui qui sans rien sur la plage d'une île déserte saura m'émouvoir et sera à mes yeux un vrai artiste...
Je voulais dire que le chant, la danse et le théâtre, pas dans leur forme classique ou technique forcément (l'improvisation sur le bord d'une plage par exemple) sont des formes d'expression dans lesquelles on est nu, vrai, sans besoin de technique, on peut se planter comme profondément émouvoir le spectateur, dans l'instant, éphémère, fugace et si émouvant.
Contrairement par exemple aux arts plastiques ou à la photo ou l'écriture, qui eux permettent le droit à l'erreur, des corrections, des ajustements, et dont seul un résultat permanent ensuite constitue l'œuvre.

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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Sam 29 Oct 2011 - 3:17

Sujet passionnant s'il en est ! Peut-être celui qui me passionne le plus...

C'est drôle que tu mettes les arts graphiques à part. La seule différence c'est que le produit fini est plus palpable que le chant ou le théâtre encore que, il y a les enregistrements... Donc il reste un produit plus ou moins fini. Mais tout peut toujours se remodifier par la suite.
Je me suis dis aussi que tu dois aimer l'art éphémère comme les sculpteurs sur glace ou sur sable. Moi, je trouve ça très fort, celui qui accepte que son oeuvre disparaisse si vite dans le temps et qu'il n'en reste qu'une photo ou qu'un film (comme le théâtre ou le chant au fond)
Ben oui tu as raison finalement. Le théâtre et le chant sont tout aussi éphémères et en repensant à tout ce que j'ai pu pratiquer (puisque j'ai tâté de tout à part la sculpture), je pense que c'est ce qui en fait toute la beauté et l'émotion et au fond le bonheur de vivre.
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filo

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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Sam 29 Oct 2011 - 3:32

Oui Cath.
J'ai écrit une nouvelle, souviens-toi, sur ce sujet exactement : "L'Aquarelle d'Ojiisan", où le maître, artiste, enseigne au narrateur que le résultat compte moins que l'acte créatif fulgurant.

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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Sam 29 Oct 2011 - 4:06

Désolé Filo, mais je m'en souviens pas.
Donne-moi le lien quand tu pourras, j'irai voir

Tsss ... Le lien est dans mon post ci-dessus, clique sur le titre. La nouvelle fait partie de mon livre "Le Monde de Juyen".
filo
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blue note

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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Lun 31 Oct 2011 - 0:53

Je crois comprendre ce que dit filo concernant ces "arts nus". Bien sûr, l'art peut être absolument spontané lorsqu'il s'agit d'un dessin, d'une sculpture, d'une photo, mais il y a le biais du support ou/et de la technicité.
Le théâtre peut se résumer à une personne seule, sans accessoire, sans décor, sans autre intervenant, juste un individu qui livre le fond de ses tripes par les inflexions de sa voix, les expressions de son corps, de son visage.
Le chant, c'est faire de soi un instrument, accepter d'être le vecteur de chair d'une mélodie, une musique par une sorte d'alchimie qui se passe au plus profond de son corps, une émotion qui se module. C'est un peu magique, quand on y pense.
La danse, là je peux me permettre d'en parler un petit peu par expérience, ce qui n'est pas le cas des autres arts que j'ai cité plus haut.
On ne peut pas cacher ce qu'on est profondément quand on danse. Le corps joue une rôle trop important, puisque la danse est une sculpture de la chair dans l'espace. Mais l'esprit, la volonté, l'originalité, le lâcher prise, l'âme jouent également.
Si on pense à la discipline incroyable qu'est le classique, évidemment il y a un apprentissage démentiel de mouvements préréglés, codifiés, mais seule une personne extraordinaire deviendra un danseur étoile extraordinaire. Les autres seront des danseurs acceptables, ou au mieux d'excellents techniciens.
Chaque émotion, quoi qu'on y fasse, se transcrit dans le geste, chaque contrariété, chaque blocage psychologique. C'est en transcendant son humanité qu'on devient danseur. Pas seulement à cause de l'implication physique rigoureuse que cela exige, mais parce que cela nécessite aussi un gros travail psychologique.
J'imagine que le chant, qui utilise le souffle, donc la base même de la vie, a ces mêmes implications.
Je reviens d'une semaine de stage de danse.
A un moment, nous étions sans doute fatiguées, nous avions le plus grand mal à faire correctement un enchainement que nous avait montré notre prof et qu'on travaillait pourtant depuis deux jours. La grosse cacophonie, quoi, comme cela arrive parfois, certaines partent à gauche, d'autres à droite, le bazar.
La prof a tout arrêté, elle nous a demandé de nous asseoir et a mis une musique (extraordinaire, d'ailleurs, la musique, une émotion incroyable). Puis elle s'est mise à danser. C'était à couper le souffle, les larmes nous sont montées aux yeux. Quand elle a arrêté, elle a eu droit à une ovation. Nous, naïvement, on croyait qu'elle avait fait cela pour nous motiver, pour nous remonter le moral, quoi qu'on aurait pu être découragé aussi... hé non. C'est la nouvelle chorégraphie qu'on travaille. On croyait que c'était une plaisanterie, pas du tout.
La beauté de cette danse est accessible. Il n'y a pas que la technique, que la mémoire ni le sens du rythme (même si cela fait partie intégrante de l'affaire). Il y a l'émotion profonde, l'envie de nous approprier cette musique, de la restituer. Un ressenti qui se traduit pas un océan de mouvements qui palpitent du coeur aussi. On ne triche pas avec cela.
Et la musique n'est même pas forcément nécessaire. Un des exercices les plus compliqués qui existe en oriental, c'est "la danse du silence". Danser sans musique. J'ai vu faire ça une fois. Ca fout des frissons. Aucun artifice. Juste un être humain au complet.
Les arts nus sont ceux avec lesquels on ne peut pas tricher.
Picasso disait : "A 15 ans, je peignais comme Raphael. J'ai mis 30 ans à redessiner comme un enfant". Mais bon, c'était plus ou moins un génie, non ?
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Tryskel
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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Sam 5 Nov 2011 - 16:20

J'ai bien réfléchi à la question moultes fois débattue et jamais résolue, et lu avec attention ce que vous avez dit.

Je suis d'accord pour les arts "nus", ceux qu'on exerce devant un public, on a beau avoir répété mille fois, travaillé et re, l'acte sera unique et l'erreur est exclue, il n'y a pas de rattrappage possible si on rate un pas de danse, qu'on saute une réplique ou qu'on lance une fausse note! L'exercice de ces arts ne supporte ni l'à peu près ni la médiocrité.

Les arts plastiques et l'écriture permettent les "remords" et la correction tant que l'artiste n'est pas parvenu à ce qu'il souhaite exprimer. A noter que l'écriture a mis longtemps à être considérée comme un art.
Il y a deux composantes (au moins) le travail qui ne doit pas surtout pas se voir, et la créativité, l'inspiration, l'élan, l'âme, appellez ça comme vous voudrez. mais sans sensibilité à la base, ce n'est pas de l'art, c'est un produit.
Art et commerce ne font pas bon ménage, poutant l'oeuvre est devenue un produit commercial comme les autres, un produit hors de prix puisque la valeur est estimée non à la qualité créative mais au montant que certains sont prêts à y mettre!
Il est significatif que dans l'article que j'ai cité le bandeau soit "Une oeuvre d'art assurée 800 000€", ce n'est pas l'oeuvre (qui pour moi n'est pas de l'art) qui est importante, mais les 800 000€!

Pourquoi cette débauche de produits estampillés "Art"?
Baudelaire a écrit:
"Plonger au fond du gouffre, enfer ou ciel qu'importe
Au fond de l'inconnu pour trouver du "Nouveau"
Hier, le nouveau était rejetté, aujourd'hui c'est le must, société de consommation, du tout consommer tout de suite. Les gens qui font la queue dès la veille pour acheter la dernière tablette I Pad ou le dernier Harry Potter, qui se précipitent au nouveau spectacle, à la nouvelle exposition...
Pas le temps d'apprécier ni de revenir, pas de réflexion, on veut du neuf, souvent fabriqué avec du vieux, mais ça n'a pas d'importance puisqu'on a déjà oublié ce qu'on a vu ou eu hier!

Où est partie l'âme?

Pour la photo on peut certes avec le numérique retravailler, retoucher, recalibrer, modifier ect... mais c'est du graphisme, pour moi, ce n'est plus la photo qui doit saisir un instant unique. même avec les possibilités de retour, je considère que j'ai raté une photo si elle ne montre pas ce que j'ai vu et senti, voulu saisir à l'instant où j'ai appuyé sur le bouton!
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Bianca



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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Dim 6 Nov 2011 - 21:30

filo a écrit:

Bref pour moi, à la base de toute forme d'art, il y a la Poésie. Celle qu'on capte, inhérente au monde, et celle avec laquelle on restitue, on crée.


Oui, je te rejoins filo !
Difficile de traduire la poésie dans l’art, car à mon sens, elle s’enchevêtre aux racines même de l’être, à la source impalpable des sensations en éliminant les écrans, les voiles qui nous séparent de notre perception immédiate de notre communion profonde avec la nature. Dans ma sculpture, j’essaye de spiritualiser la réalité (pas dans le sens religieux du terme hein !) mais en transfigurant la forme sensible sous le concept en essayant de rendre visible l’invisible, aller à la source de mon expérience du monde en deçà de tout savoir, de toute conception du réel en re-créant a chaque instant à travers ma perception. C’est la liberté de création qui donne de la valeur à l’œuvre, l’on ne pourra jamais épuiser le sensible et avoir une perception vraie et totale.
Puis bien sûr le partage d’une expérience singulière.



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Romane
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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Dim 6 Nov 2011 - 21:43

Oui, Bianca. C'est pour ça que je pense qu'on ne peut que se laisser immerger par ce que provoque une oeuvre en soi, et qu'il est rudement difficile de décortiquer pourquoi on trouve de la poésie là où d'autres n'y voient rien, et inversement. J'aime cet aspect de l'Art.

Tu sais, Bianca, j'ai rencontré un jour une femme qui fabrique les bijoux qu'elle vend. Elle m'a raconté que chaque perle, chaque élément de chaque création, n'est jamais anodin. Elle y met son coeur, son âme, ses émotions. Tu m'as fait penser à elle, quand j'ai vu tes sculptures pour la première fois.

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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Dim 6 Nov 2011 - 21:54

Tout à fait, Bianca !
À noter d'ailleurs qu'Aristote lui-même avait approfondi cette réflexion en se démarquant de son maître Platon, dans son ouvrage La Poétique (que Le Nom de La Rose d'Umberto Eco traite en faisant de son deuxième tome hypothétique le fameux ouvrage rarissime que Guillaume de Baskerville veut sauver à tout prix).

Extrait de Wikipedia sur le sujet :

La production poétique
Aristote pense la création artistique et la production artisanale comme des productions poétiques (du grec ποίησις, poesis) et non « pratiques » (de πρᾶξις, praxis). Cela signifiant qu'elles n'ont pas leur fin en elles-mêmes à la différence de la praxis, qui a sa fin en elle-même (telle l'action morale).
La production poétique est conçue en outre comme la réalisation d’une idée conçue préalablement dans la Métaphysique. En cela, il s'oppose à Platon, pour qui l’artiste est inspiré par la divinité et ne maîtrise pas le procédé de sa création. Ainsi, toute production nécessite :
- une cause formelle (idée de l’objet à produire présente dans l’imagination de l’artisan ou de l’artiste) ;
- une cause matérielle: la matière sur laquelle l’homme agit ;
- une cause efficiente: la maîtrise technique et l’effort fourni par l’homme pour transformer la matière et la rendre conforme à l’idée initiale ;
- et une cause finale: l'intention ou fin visée.

L’art poétique comme imitation
Dans la Poétique, Aristote semble s’inscrire dans la tradition platonicienne en présentant l’art comme une imitation. En effet, Platon explique au livre X de la République que l'œuvre d'art n'est qu'une imitation d'imitation, la copie d'une copie. Car l’artiste ne fait qu’imiter l’objet produit par l’artisan ou par la nature, objet sensible qui est lui-même la copie ou l'imitation de son essence (l'Idée ou Forme). L’art pour Platon, en tant que production d’objet, n’est donc qu’une imitation de second ordre, copie de la copie de l'Idée. L'œuvre d'art est ainsi de piètre valeur, car doublement éloignée de la vérité. Et l'artiste lui-même apparaît comme un danger pour la réalisation de la République, puisqu'il est un illusionniste, qui fait tenir pour vrai ce qui est faux et peut ainsi renverser dans l'apparence qu'il construit l'ordre des valeurs.
C'est sur ce point qu'Aristote se sépare de Platon. En effet, Aristote ne songe pas à exclure les artistes de la cité : il leur reconnaît tout au contraire une utilité dans l'ordre de la cité. Aristote présente en effet la notion d’imitation sous un jour tout à fait nouveau, qui nous permet d'en comprendre l'intérêt.
Pour lui, les hommes aiment imiter, pour deux raisons essentielles qui sont le plaisir et la connaissance.
Le plaisir esthétique fait ainsi sa première apparition dans l’histoire de la philosophie. Il est produit par l'émotion que provoque l'œuvre, qui touche et excite nos passions qui trouvent en elle un exutoire : « il s'agit, non seulement d'imiter une action dans son ensemble, mais aussi des faits capables d'exciter la terreur et la pitié, et ces émotions naissent surtout et encore plus, lorsque les faits s'enchaînent contre notre attente » (Aristote, La Poétique, chapitre IX - Histoire et Poésie).
Aristote développe alors l'idée selon laquelle nous pouvons prendre plaisir à voir une représentation d’une chose répugnante: « des objets réels que nous ne pouvons pas regarder sans peine, nous en contemplons avec plaisir l'image la plus fidèle ; c'est le cas des bêtes sauvages les plus repoussantes et des cadavres. » (Aristote, La Poétique Chapitre IV - Origine de la poésie - Ses différents genres.) L’important n’étant pas l’objet de la représentation mais cette représentation elle-même.
Il insiste cependant sur la distance existant entre la chose représentée et son imitation :
- L’imitation ressemble à cet objet mais n’est pas lui, elle résulte du travail de l’artiste, de la manière dont il met en forme son modèle.
- L’imitation peut donc être belle, en tant que fruit de l’élaboration de l’artiste, à partir de n’importe quel modèle, et même si ce modèle n’est pas beau en lui-même.
- L'imitation consiste en effet à reproduire la « forme » de l'objet sur une autre scène et dans une autre « matière », à la mimer dans le geste ou le récit, pour que la passion puisse s'y épancher sans toucher l'ordre de la réalité.
L'objet de sa démonstration tient dans l'idée que la représentation artistique, en imitant des situations qui ne sauraient être moralement tolérées dans la réalité de la communauté politique (crimes, incestes, etc.), permet la « catharsis », c'est-à-dire l'épuration des passions mauvaises des hommes qui auraient pu menacer l'ordre réel de la cité si elles n'avaient trouvé à s'épancher dans la contemplation de l'œuvre. L'art est ainsi salutaire pour l'ordre de la cité, qu'il protège en détournant la satisfaction des passions mauvaises dans un autre ordre, celui des imitations, où elles peuvent se satisfaire par imitation ou mimétisme, sans attenter à la réalité de l'ordre politique commun.
En ce qui concerne la connaissance, Aristote s'oppose ici aussi radicalement à Platon qui nous exhorte à nous détacher des apparences sensibles et à nous tourner vers la réalité Idéale. Aristote explique en effet qu’il faut s’imprégner du sensible afin d’en former une idée que l’on garde en mémoire, ainsi pouvons-nous reconnaître instantanément l’objet lorsqu’il nous est à nouveau présenté. De ce fait, l’imitation de la réalité sensible, nous permet de nous en imprégner, donc de la connaître et de la reconnaître plus facilement. C'est la raison pour laquelle nous commençons par regarder des livres d'images.

La tragédie
Aristote accorde une place essentielle à la tragédie. C'est un point débattu entre philologues de savoir si la partie de la Poétique consacrée à la comédie (2e tome), et que certains commentaires d'Aristote semblent attester, a jamais été rédigée.

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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Lun 7 Nov 2011 - 21:44

Héidegger écrit ,« seule l’œuvre fait émerger, l’artiste comme maître d’art ». l’art n’étant pas accessible en lui-même, en dehors de l'œuvre où il s'incarne, c'est à partir d'elle que la quête d'étance devra se faire. La dynamique de la " faisance " est un va-et-vient entre l'artiste et son oeuvre. Il doit donc y avoir un troisième terme qui sous-tende la génération réciproque de l'une et de l'autre, qui les fait "être", et ce serait l'art même.
Ainsi la question de l'étance de l'œuvre devient-elle la question de l'étance de l'art. Par conséquent, c'est l'œuvre d'art qu'il faut d'abord interroger ?

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Romane
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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Mar 8 Nov 2011 - 14:50

Aristote et Platon me paraissent complémentaires dans leurs explications. Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Mar 8 Nov 2011 - 16:21

filo a écrit:
Ou plutôt la sensibilité à la Poésie, qu'elle soit émettrice (l'artiste) ou réceptrice (les autres).
A mon avis, l'art ou la poésie tient dans ce morceau de phrase qui initie le propos de Filo. Ensuite, Filo parle de l'art ou de la poésie, avec l'aide des auteurs grecs mais du côté des émetteurs: des artistes. Quand un artiste produit-il de l'Art? J'entends bien son questionnement, lui-même cherchant à être artiste. Je me demande pour ma part si l'Art ou la Poésie ne résideraient pas plutôt aussi dans la perception du récepteur. Je veux bien croire que Mozart soit un artiste, mais il l'est surtout pour moi par le fait que sa musique touche les gens. Ou plus exactement, par le fait que nombre de personnes sont touchées par sa musique. Peu m'importe alors la façon dont ces gens sont touchés: soit en étant présent physiquement à un concert où un orchestre, un pianiste jouerait du Mozart, ou juste à l'entendre dans une pub vantant du papier toilette... Mais, je crois que c'est le public qui fait l'Art, qui l'écoute, et en devient ou non transcendé.
Autant il existe un acte de création entre l'artiste et la matière, autant cette création est rejouée, recréée par le public qui contemple, écoute, critique l'objet artistique. L'Art ne serait-il pas d'abord dans les gens?

Je m'explique par exemple tiré de mon champ. J'ai participé ce matin à une réuninon de thérapeutes familiaux. Des collègues y exposaient l'une de leur situation qui leur fut envoyée par une pédopsychiatre déçue de son intervention thérapeutique. Une famille dans laquelle la mère de trente cinq ans cherche à élever trois de ses sept enfants avec un nouveau compagnon père de deux d'entre eux, un garçon de 10 ans, une fille de cinq ans. Cette maman a un long parcours psychiatrique du d'après elle au fait qu'elle fut abusée sexuellement par sa mère étant enfant. Avec la pédopsychiatre, elle s'était plainte de ce que sa dernière enfant de deux ans et demi, demandant toujours à être nourrie au sein l'épuisait, la dévorait littéralement. Pour protéger cette dyade mère-enfant la pédopsychiatre avait prescrit un placement provisoire de l'enfant provoquant alors une décompensation psychique d la mère. Son nouveau compagnon du même âge souffre pour sa part d'alcoolisme chronique. Il serait l'enfant d'un psychiatre qui racontait le soir en famille tout le mépris qu'il avait pour ses patients. Les enfants sont retirés de temps en temps à la famille par des services sociaux qui craignent qu'ils soient eux aussi victimes de violence parentale. Dans ce contexte, les premières séances de thérapie servent surtout aux parents à effrayer les thérapeutes en se présentant comme des monstres au langage fortement sexualisé et agressif envers les enfants. Ces derniers recherchent beaucoup d'amour chez ces nouveaux soignants. Puis, les parents s'en prennent plus directement à la consistance des thérapeutes mettant en doute leurs compétences, leurs études, leurs diplômes, etc. Durant le cinquième entretien, le père va accuser ses thérapeutes de ne pas avoir d'humour et va se mettre à attaquer la plus jeune psychologue qui n'a pas trente ans sur son incapacité à les soigner eux qui ont déja épuisé quantités d'éminents psychiatres. Or, la jeune psychologue ne se laisse pas démonter par ce vieux briscard de la psychiatrie. Elle répond du tac au tac à toutes ses provocations sous l'oeil admiratif de sa plus ancienne collègue. Et cette joute verbale, au début violente, devient peu à peu un jeu plus tendre, un peu comme lorsqu'un petit garçon veut prouver à sa maman qu'il est fort. Finalement, ce moment de régression permet à ce monsieur de faire confiance à sa jeune thérapeute qui ne s'est pas laisser défaire tout en le respectant. La plupart des vieux thérapeutes présents à la réunion disent combien ils n'auraient pas supporté les attaques de ce jeune père. Mais, par sa jeunesse, notre collègue a pu offrir à cet homme un espace de jeu non-dangereux et qui aboutit à un respect mutuel.
Celà est du un peu à l'Art, aux compétences de notre jeune collègue, mais à mon avis cela est du beaucoup plus à la façon dont cet homme a pu aller chercher le désir thérapeutique de sa soignante. C'est lui qui fait sa thérapie avec sa thérapeute de la même façon que c'est le public qui fait Mozart en écoutant Mozart.

Maintenant ma jeune collègue est comme une artiste, elle passe beaucoup de temps à travailler ses compétences de psychologue, un peu comme un pianiste ses gammes, en sachant pertinement que si son acte aura la chance d'être un jour thérapeutique, cela le sera sans doute à son insu: son patient apprennant comme ici grâce et malgré elle que toute relation humaine n'équivaut pas à de la violence.

il faut voir aussi sur le sujet de l'Art un joli film qui vient de sortir: le poulet aux prunes: http://www.youtube.com/watch?v=RwRyHTjzh2c
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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Mar 8 Nov 2011 - 16:34

Citation :
plutôt aussi
Heureusement tu as songé à inclure cette formule dans ton message, sinon l'artiste (même celui qui s'ignore, et peu importe d'ailleurs s'il a conscience ou pas, l'important étant ce qu'il a fait) n'existerait pas, seule l'oeuvre vivrait, mais comment pourrait-elle vivre si elle n'avait pas été élaborée par celui qu'on appelle "l'artiste" ? Il y met forcément quelque chose de lui. Sa sensibilité, son regard, ses réactions, sa logique intérieure, appelons-tout ça comme on veut.
De l'autre côté, le public se saisit de l'oeuvre et réagit avec les mêmes ingrédients, sauf qu'il n'a pas conçu l'oeuvre. Par contre, il contribue à continuer à la faire vivre, comme lorsque tu écoutes Mozart, ou bien comme ceux qui s'en servent pour leur pub papier toilettes, tous les chemins sont permis.

Sans doute alors, rien ne serait possible si les trois ingrédients n'étaient pas réunis : l'artiste, l'oeuvre, le public.

Mais alors, que dire d'une oeuvre d'art qui serait planquée dans un grenier, que personne hormis l'artiste n'aurait jamais vue, et qui disparaîtrait dans un incendie, un bombardement ? Qu'elle n'a pas existé ? Pourtant, elle a vécu. En comité restreint, certes, mais elle a vécu. Serait-elle incomplète tant qu'elle n'aurait pas été rendue publique ? Pourtant, ce serait la même, exactement...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Mar 8 Nov 2011 - 16:49

Vic Taurugaux a écrit:
Mais, je crois que c'est le public qui fait l'Art, qui l'écoute, et en devient ou non transcendé.
Le véritable art me paraît être celui qui naît de l'acte créateur entièrement libre, sans s'attacher plus ou moins consciemment à la faveur du public. Le public est toujours limité dans ses goûts, ses appréciations et ses connaissances profondes. Aller au-delà de ce juge si souvent partial, c'est défrayer des voies entièrement neuves, où sans doute il ne suivra pas l'auteur, du moins immédiatement. Combien d'œuvres de conception inédite, dans l'histoire de la littérature (Les Misérables, où l'on fait parler l'argot à certains personnages), dans la musique (L'Héroïque de Beethoven*, Tristan et Isolde, de Wagner), ont-elles été accueillies froidement parce qu'elles rompaient avec le train-train du confort hérité de l'indéboulonnable tradition ?
L'art est le produit autant de l'étude que de l'amour. Connaître et aimer vont ensemble, ils se complètent et s'accroissent l'un l'autre. C'est pourquoi le public, qui n'est évidemment pas destiné à approfondir la matière autant que l'artiste, restera toujours en retrait. L'artiste novateur, et c'est son drame, est un précurseur solitaire, souvent incompris. Mahler disait à un critique qui se désolait de la longueur et du langage de sa neuvième symphonie : "mon temps viendra". Son temps est venu, en effet.

* A propos de l'Héroïque, l'éditeur de Beethoven (son nom m'échappe) disait à Schubert, en feuilletant la partition : "il n'importe, il ne faut pas faire de la musique comme cela". A quoi Schubert répondit : "soyez tranquille, on n'en fera pas beaucoup". On était encore bercé par la forme haydienne, bien rassurante, bien classique, sans surprise pour les oreilles, et Beethoven venait de jeter dans la mare le pavé de la révolution symphonique.
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MessageSujet: Re: L'art : de la poésie au produit   Mar 8 Nov 2011 - 18:56

Vivor a écrit:

Le véritable art me paraît être celui qui naît de l'acte créateur entièrement libre, sans s'attacher plus ou moins consciemment à la faveur du public.

C'est peu ou prou ce que vous dites tous. Mais quand un plasticien se lâche, alors là vous vous étonnez que cela puisse être qualifié d'art.
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