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 Troubles mentaux des salariés ; la découverte de l'année...!

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Romane
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MessageSujet: Troubles mentaux des salariés ; la découverte de l'année...!   Lun 19 Déc 2011 - 16:08

Bawi cette bonne blague ! On dirait qu'ils découvrent !
Comment pourrait-on penser que les salariés, contraints à évoluer sur le fil du rasoir et à passer par des trous de souris, sont super bien dans leur tête et envisagent sereinement l'avenir ?

D'autant que la baisse du budget octroyée au salariat n'a eu pour conséquence que d'augmenter les frais en raison du taux d'absentéisme et tout le tralala. Et du coup, la production en a pris un coup.

Je ne comprend pas comment ils ne s'en sont pas doutés avant d'arriver à l'heure du bilan...

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/12/17/les-troubles-mentaux-augmentent-chez-les-salaries_1620062_3224.html

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Tryskel
Miserere mei
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MessageSujet: Re: Troubles mentaux des salariés ; la découverte de l'année...!   Lun 19 Déc 2011 - 19:36

"La mauvaise santé mentale des salariés, et celle des demandeurs d'emploi, encore plus vulnérables, intéresse l'OCDE, parce qu'elle coûte cher. "Selon une estimation prudente de l'Organisation internationale du travail, écrivent les auteurs du rapport, les coûts d'une mauvaise santé mentale pour les individus concernés, les employeurs et la société représentent 3 à 4 % du produit intérieur brut dans l'Union européenne." Les taux de chômage élevés, la "forte incidence de l'absentéisme pour maladie et d'une moindre productivité du travail" expliquent les coûts de ce fléau grandissant."

Ils le savaient, en gros, mais, tant que les coûts en restaient supportables, ils ne voulaient pas le voir! Maintenant que ça tape fort au tiroir caisse, ça devient un vrai problème!

Mais il ya toujours loin du constat aux mesures efficaces réellement prise pour remédier.
Reconnaître le stress au travail (pourtant un thème rebattu depuis des années), c'est pour les employeurs reconnaître qu'ils maltraitent leurs salariés, quelle que soit leur position dans l'entreprise, sauf le PDG, lui il va toujours bien merci, et si ça commence a plus aller aussi bien , il s'envole vers sa retaite chapeau sur son parachute doré!
Reconnaître que l'organisation, les conditions de travail ne sont pas bonnes, c'est hors de question, les patrons des grosses boîtes (globalement c'est moins grave dans les petites, sans être idyillique) ne se remettent jamais en question!

Et il demeure toujours très difficile, voir quasi impossible de faire reconnaître qu'une maladie, à plus forte raison d'ordre psy est liée aux condtions de travail (CF la négation des vraies causes des suicides à Télécom, Renault et autres).
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Diego Ortiz

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MessageSujet: Mobbing et autres   Ven 30 Déc 2011 - 6:25

Par mon métier de psychiatre je suis périodiquement aux premières loges pour assister à la destruction méthodique de personnalités de travailleurs dans le cadre de leur travail, même, et surtout, après des années de bons et loyaux services. Je pratique en Suisse, un petit pays de l'Europe centrale, tout de même limitrophe de la France et dont un tiers de la population est francophone. A Genève, plus particulièrement, et avec des personnes le plus souvent défavorisées, dont les perspectives professionnelles à moyen et long terme se limitent au nettoyage et à la fonction de dame de buffet et de femme de chambre d'hôtels. Je puis supposer qu'il y a des métiers plus dégradants mais il se trouve que d'autres associations les prennent en charge et que nous n'en voyons pas tellement. Autant de coups et blessures, et d'assassinats en moins dans notre clientèle.

J'ai commencé à exercer la médecine en 1983 dans toutes sortes de contextes y compris à l'étranger. Je me borne ici à considérer la Suisse, qui aime à se considérer comme un modèle. La dégradation des conditions de travail y a été spectaculaire depuis une quinzaine d'années et atteint des paroxysmes maintenant. Je crois qu'en France il y a eu, sous réserve de comparaisons douteuses, une évolution plus ou moins parallèle, plus tendue du fait d'un taux de chômage qui représente environ le double du nôtre.

A mes débuts, il n'était pas rare qu'un patron d'une équipe de Kurdes au noir inscrits sous un faux nom, qui vivaient dans des conditions épouvantables, empoigne le téléphone pour me demander des comptes sur la durée de l'hospitalisation et l'arrêt de travail qui allait suivre, en m'enjoignant de ne pas me laisser rouler dans la farine par cette bande de feignants, sans quoi il les licencierait sans aucune forme de procès. Lors de ma première garde, mon propre patron avait dénoncé aux autorités un Kurde mourant d'hypertension artérielle et d'insuffisance rénale aux autorités suisses, qui trois jours après le déportaient dans son village montagnard d'origine, où il ne dut pas tenir davantage qu'une semaine, faute de soins.

A la brutalité de l'époque a succédé une ère plus souple, mais le naturel xénophobe est revenu au galop et nous sommes à nouveau logés à la même enseigne, sous des apparences un peu différentes. Je m'occupe principalement d'étrangers. Ils émargent de nombreuses administrations qui les bombardent d'injonctions contradictoires. La police veut exécuter le renvoi par vol spécial, l'office de la population pourrait entrer en matière s'ils devenaient indépendants de l'aide sociale mais ne leur donne pas l'autorisation de travailler ou met six mois pour renouveler leurs permis de séjour, pendant lesquels aucun employeur ne pourra les embaucher. Ils prennent de petits jobs à durée indéterminée, restent dépendants de l'aide sociale, et finissent par être rétrogradés à un papier blanc au titre ampoulé d' "attestation de délai de départ", renouvelés tous les quinze jours. Cela n'est que la partie de l’État. Il est évident que les employeurs sautent sur cette main d’œuvre servable et corvéable à merci en leur imposant des salaires qui ne pourront jamais leur permettre de s'en sortir - et les dirigent vers les "vols spéciaux" et les centres de rétention administrative, sans que les syndicats ni l'inspection du travail ne lèvent le petit doigt. Naturellement les cotisations sociales ne sont pas payées, non plus que la perte de gains, et à la moindre entorses ils se retrouvent comme des objets de ramassage au bord de la rue. La Suisse n'ayant pas encore admis la possibilité d'un grand nombre de SDF morts de froid, on ouvre les abris anti-atomiques et des voitures-balais sillonnent certains quartiers de la ville. La police ferme les yeux sur ces cas.

J'en connais beaucoup personnellement, et puis assurer qu'ils ne disposent d'aucune défense contre le mobbing, qui se complique chez nous d'une xénophobie toujours montante. Les syndicats ont décidé de ne pas traiter les cas particuliers. Prendre un avocat, même avec l'assistance juridique, se trouve hors de leur portée, bien évidemment. Ils finissent par émarger à l'aide sociale publique où des assistants sociaux débutants souvent très mal formés perpétuent le processus en leur imposant des exigences absurdes afin de ne pas perdre la moitié de leur aide sociale. Celui qui a bénéficié d'un abonnement pour aller se défouler à la piscine alors que son traumatisme caucasien le portait à boire une bouteille de vodka et de démolir le mobilier de son foyer se voit ainsi privé de ce moyen de défoulement, qui semblait bien fonctionner, tandis qu'un couple de cinquantenaires, avec trois enfants, se voient imposer d'aller deux fois par semaine à la piscine par une assistante sociale qui fait la moitié de leur âge, sans possibilité de protester. S'ils ne ramènent pas de justificatifs leur aide sociale sera divisée par deux.

Naturellement, cela ne leur fait pas beaucoup de bien. Cela s'appelle chez nous la politique de dissuasion en matière d'asile, qui consiste à rendre les conditions de vie dans notre pays de plus en plus insupportables pour cette frange de la population. Il y a deux jours le foyer Les Tattes à Genève, dévolu aux renvoyés, et dépourvu de tout encadrement digne de ce nom, a partiellement été détruit par un incendie. Il a fallu encore 24 heures pour apprendre que treize personnes avaient été blessées dont quatre gravement, y compris un enfant de un an. Un nouveau règlement ne sera pourtant pas remis en question, la multiplication par deux de la contenance des bâtiments en installant des lits superposés, quatre personnes pouvant dès lors vivre dans des pièces de 16 m2.

Par cette intervention un peu longue et légèrement décalée par rapport à la situation des salariés des grandes entreprises françaises, je voudrais m'insurger contre un durcissement général dans les rapports contractuels, voire même le refus de tels rapports afin de maintenir des zones grises où l'exploitation par le plus fort est impitoyable et sans moyens de recours.

Je suis convaincu que la santé d'une société peut se juger, du moins en partie, d'après la manière dont elle traite ses populations précaires, dont les exclus, les pauvres, les banlieusards, et les étrangers. Nos pays européens nous offrent une fresque bien éloquente : la situation ne tend pas à s'améliorer.

Voici un lien sur France-Culture qui approfondit un peu la situation française - qui n'est pas forcément la pire - avec un dossier complet, en partie avec des vidéos faciles à regarder et à comprendre, et des rapports très édifiants mais un peu volumineux :

http://www.franceculture.fr/2011-12-14-premier-rapport-annuel-commun-sur-les-centres-de-retention-administrative

Voilà, salutations à tous et bonne fin d'année

D.O.
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