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 Copiers-collers et Stuporwar

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zoé sporadic
Jasmine calamardesque
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Localisation : "j'étais pas là"
Date d'inscription : 02/05/2007

MessageSujet: Copiers-collers et Stuporwar   Dim 22 Jan 2012 - 19:34

Copiers-collers et Stuporwar
ou les tribulations d'une ingénue libertine sur le oueb.
Farce à la sauce modernitude.
 
Personnages :
Danielle, …………….. une senior.
Le facteur, Romain…….. dix-neuf ans.
Le plombier, Philippe......... homme proche de la retraite.
Babette, une copine………… la cinquantaine.
Loulou, fille de Babette…….. vingt-deux ans.
Un employé du réseau d’électricité, deux infirmiers.

Off :
Jérôme, son fils……… la quarantaine.
Justine.
Le médecin.

 
 
Scène 1
 
Un séjour, le soir. Mur du fond, au centre, une fenêtre, un mince quartier de lune montante s’y encadre. À gauche de la fenêtre un portrait en pied de jeune femme qui brandit un trophée de verre, devant une affiche "Radio-crochet, Foire de Montcuq sur Tamiz, 1965". À droite, une portière de voile transparent rebrodé de lys masque l’entrée d’une autre pièce. Sur le mur de droite, une porte et des miroirs.
Face au mur de gauche, la femme est assise devant un ordinateur posé sur une petite table. Au-dessus de celle-ci, un grand miroir, l’ordinateur est cerné de flacons, en fait il s’agit d’une table de toilette. Ses yeux vont de celui-ci à l’écran. Soupir. Elle se penche par-dessus pour s’approcher du miroir. Effleure délicatement du bout des doigts le sillon nasogénien, se masse ensuite les tempes en comptant consciencieusement :

‒ Un, deux trois… trente.
Elle tape laborieusement quelques mots sur le clavier en épelant...
‒ J’étais secrétaire de direction... j’avais une très belle carrière en vue... malheureusement l’entreprise a fait faillite... C’est triste parce que mon directeur m’appréciait beaucoup... et c’est lui qui m’apportait le café... Après la crise est venue.
Elle se recule, cambre la taille, détaille son visage de droite et de gauche, tend la poitrine, la fait saillir à pleines mains et exhale à nouveau un gros soupir mais cette fois, de satisfaction.
‒ Tout de même : je pourrais encore en allumer quelques-uns !
Elle se lève, effectue trois entrechats pour venir vers le public, un sourire extatique aux yeux, fouille ses poches nerveusement, sort un téléphone de son jean. Compose un numéro. Attend la communication en tapotant du pied…
‒ Jérôme ! Mon adoré ! C’est ta Maman ! Fais vite un bisou à ta Maman ! J’étais sans nouvelles…
‒ …
‒ Tu ne me demandes pas comment je vais ? Méchant garçon ! Oublierais-tu que je souffre les havres de la mort à cause de ton père ? À cause de sa crétine de mégère ! Elle me chipote jusqu’au premier sou de ma pension. J’ai encore dû consulter, j’avais perdu tout appétit !
‒ …
‒ Comment ça dix ans ! Mais tu es un monstre ! Et puis tu as les préjugés de ta génération, comme si je pouvais m’abaisser à une telle abjection ! Elle ricane… Amoureuse de mon généraliste ? Mais tu sais bien que c’est un ami…
‒ …
Effondrée :
‒ Et tu voudrais que je vienne le garder, mais moi, je n’ai jamais fait la varicelle ! À mon âge, imagine un instant que je l’attrape, je pourrais en rester défigurée!
‒ …
Évasive :
‒ Tu crois ?... Je ne me souviens plus…
‒ …
Son visage se détend…
‒ J’ai une idée, tu pourrais me l’amener, et par la même occasion m’installer ce nouvel ordinateur que tu m'avais promis…
‒ …
Elle se renfrogne à nouveau :
‒ Mais tu sais bien que je n’ai pas de caméra sur le mien. C’est quand même la moindre des choses que tu puisses faire pour moi. Je suis si seule. Et puis comme ça je pourrai voir les petits et l’avancement de vos travaux.
‒ …
Elle rayonne :
‒ Ah, tu vois, quand tu veux ! Bonsoir, mon adoré ! À demain !
Elle glisse son téléphone dans sa poche, trépigne, applaudit, prend un flacon de parfum sur la table et s’en asperge. Puis elle monte sur la chaise, dos au miroir, se démonte le cou pour s’y voir tout entière et se masse amoureusement les fesses. Elle marmonne :
‒ Quelques jours pour m’y repérer, ça devrait être bon…
Elle descend de la chaise et sort par le fond…

Rideau.
 


Scène 2
 
 Il fait jour. Un rayon de soleil entre par la fenêtre. Même décor, mais une seconde table est disposée, à côté de la première, avec un second ordinateur allumé et un autre miroir.
Elle rêvasse, le regard dans le vide…
Devant l’ordinateur éteint :

‒ Comment on fait déjà ?
Elle consulte un bloc posé à côté de l’ordinateur…
‒ Mmmm… gnin, gnin,gnin… Mais je fais tout ça ! Alors qu’est-ce qu’il a, hier, il était pourtant pas en panne…
Elle tape frénétiquement. L’écran reste noir.
‒ Mais ! Heu…  Est-ce que c’est cette jalouse qui aurait pu... ? Elle, elle connaît tout des ordinateurs… mais elle est jalouse de moi. Je l’ai bien senti…
Elle s’écarte du clavier et croise les bras, se renfrogne, s’accroche un ongle, faux, qui se détache, saisit une lime à ongles dans le pot à crayons… la repose, cherche dans le pot et en sort un petit tube, se recolle l'ongle et le maintient serré.
‒ D’abord, elle ne parle jamais d’elle. Elle a quelque chose à cacher. Elle doit être moche, mais moche ! Encore une frustrée, une intello qui ne sait pas comment attirer les hommes. Je pourrais lui en apprendre, moi ! J’en connais un rayon ! Elle relâche son ongle, se regarde dans la glace, écarquille les yeux et se lisse les cils… Ce n’est pas en les éblouissant de son savoir qu’elle va y arriver ! Elle sourit perfidement… Mais si elle croit que je vais l’aider… Elle est bien trop bête ! D’abord me la mettre dans la poche, lui passer un peu de pommade sur son talent, elle est si naïve, bien plus que moi… en plus elle pourrait m’aider lorsque Jérôme est en déplacement… J’ai oublié de lui demander comment on fait marcher la caméra…
Coup de sonnette.
 ‒ Il est à l’heure, chic !
Elle jette un coup d’œil à la pendule, se lève et se dirige vers la droite de la pièce, laisse émerger négligemment une épaule de son peignoir en éponge mauve, se compose un air désespéré puis ouvre la porte :
‒ Ah, c’est vous Quentin ! Mon ange, mon doux messager ! Laissez-moi vous faire un bisou ! Elle s’exécute, malgré le mouvement de recul du jeune homme. Je suis heureuse de vous ouvrir mon huis, vous êtes mon rayon de soleil. Laissez-là votre destrier, vous m’obligeriez grandement à me prodiguer un conseil…
Le facteur, éberlué, lui tend un crayon et un bordereau :
‒ Doux ?... je ne sais pas, mais moi c’est Romain. Quentin a terminé son cédédé il y a plus de deux mois et vous avez un recommandé…
Elle cueille le stylo bille de ses mains avec une tendre insistance en plongeant ses yeux dans les siens, puis, tout en fignolant sa signature d’un cœur transpercé :
‒ Pardonnez, je vous prie à une vieille dame désemparée par les havres de la modernité… Voici… Elle lui rend le bordereau. Mais vous pourriez me rendre un minuscule service ?...
‒ Voilà votre lettre, ne la perdez pas, c’est l’électricité… si ce n’est pas trop long…
Elle glisse vivement la lettre dans sa poche et le prend alors par l’épaule et, malgré sa résistance, l’entraîne vers le centre de la pièce. Lui :
‒ C’est que j’ai très peu de temps, vous savez ! Nous sommes contrôlés…
Elle lui fait face et lui oppose un regard implorant d’urgence :
‒ Juste un petit service pour une pauvre femme. Je suis certaine que les ordinateurs n’ont pas de secret pour le jeune homme brillant et plein de sollicitude que vous êtes. Ne dites pas non, votre sourire respire la bienveillance, et je suis si faible, tant de gens m’ont déçue après ce que j’ai fait pour eux…
Il soupire et pose son sac…
‒ Je vais essayer de voir, mais rien qu’un instant… Si ça doit durer,  je reviendrai cet après-midi…
Elle rayonne, attendrie et lui désigne l’engin éteint tandis qu’il regarde l’autre…
‒ Mais celui-là fonctionne, non ? Elle acquiesce d’un signe de tête…
Il s’est assis devant le premier ordinateur, elle l’a suivi et s’appuie un instant au dossier de sa chaise comme étourdie, humant sa chevelure... Romain tâtonne à la recherche du câble d’alimentation... le découvre sous la table, le remet en place, appuie sur le bouton de mise en marche et attend quelques secondes la connexion en tapotant la table. Tandis qu’il s’active, la sonnette retentit, elle parle tout en allant à la porte :
‒ Oui, mon fils me l’a installé la semaine dernière, mais il est toujours par monts et par vaux, je ne peux absolument pas compter sur lui, sauf pour me demander de garder ses gosses mal élevés ! Il a remmené le petit dernier hier, mais si vite qu’il ne m’a pas tout expliqué…
Elle referme haut son peignoir avant d’ouvrir…
‒ Oh, c’est vous, Philippe ! Je ne vous attendais pas ce matin !
‒ J’ai pu reporter un dépannage, je sais que chez vous l’installation est fragile…
Sa sacoche sur le ventre, Philippe entre sans façons en habitué, se dirige droit vers la porte de la cuisine. Il jette un coup d’œil en passant au facteur et lance goguenard :
‒ Je ne savais pas que la poste et les télécoms avaient de nouveau fusionné !
Romain rit brièvement :
‒ Comme chantait mon grand-père : le bonheur c’est toujours pour demain ! Souriant à Danielle : il vaut mieux brancher le câble d’alimentation, vous avez une prise multiple sous la table !
‒ Oh, que vous avez été patient et bon avec moi! Elle lui glisse une pièce dans le blouson. Vous me direz quand votre contrat se terminera, je penserai à vous tous les jours pour que vous trouviez un travail plus digne de vos immenses capacités !
Elle le pousse maintenant vers la porte, avec la même fermeté que pour le faire entrer…
‒ Au revoir ! Et surtout n’oubliez pas : toujours commencer par vérifier qu’il est branché !
La porte refermée, elle se précipite vers la cuisine, le rideau de celle-ci retombe.
Voix off de Philippe :

‒ Ah… une semaine, je n’en pouvais plus !
‒ Oh, mon doux, comme tu es dur ! Comme tu sens bon ! Vois, comme je suis belle !
‒ Mmmm… ma fontaine ardente ! Toujours tes inondations ?
‒ Je t’aime tellement !
‒ Ce ne serait pas plutôt les effets du facteur ? Note que je m’en fous, il ne sait pas ce qu’il rate cet imbécile ! Ils rient…
‒ Oh, mon cosson bien-aimé ! Ze fonds !
Ensemble !
‒ Hahhhhhhhhhhh !

Le rideau tombe sur la voix de Julio Iglésias : "non je n’ai pas changé…"

 

Scène 3
 
C’est le soir de nouveau. La lune est au premier quartier dans l’embrasure de la fenêtre qui est ouverte. Danielle est assise devant le premier écran, un masque de boue sur le visage…
‒ Je vais passer dire bonsoir et lire les poèmes érotiques. Il y en a de si beaux… je vais les recopier sur mon cahier pour les apprendre…
Elle s’applique à taper en marmonnant :
‒ B o n s o i r  m e s a n g e s  b i s o u s
Hihi! J’ai oublié un espace, ça fait mésanges, c’est beau tout de même, mais je vais préciser… Elle tape de nouveau, en tirant la langue :
‒  Mes anges ! Je n’ai pas écrit mes passereaux, ne croyez pas que je vous prenne pour des bécasses ou des butors, vous êtes tous mes rossignols. D’ailleurs je peux vous le chanter : Rossignol, rossignol de mes amours…
Elle s’est mise à chanter à tue-tête avec des envolées du menton… Puis, lorsqu’elle a fini la chanson ajoute un nouveau post :
‒ J’ai obtenu un prix avec cette interprétation. Il est là sous mes yeux en bouée de larmes, j’ai toujours les mêmes frissons qui me montent quand je le regarde. Non, je n’ai pas changé.
Elle pose une couche de vernis à ongles puis reprend :
‒ Je prépare un album, mon imprésario veut me faire enregistrer les plus beaux refrains de chansons d’amour à boire en costume d’époque. C’est pour faire les jingles dans une série hercynienne. Elle renifle, un paquet visqueux se détache de son nez et tombe sur le clavier.
‒ Mèèèèche, alors !
Son regard s’affole, du miroir au clavier. Elle s’agite, porte la main à sa bouche et se barbouille les yeux… Tâtonne dans le vide, de plus en plus agitée…
‒ Zutalors ! Plus de clinex !
Effleure les touches de son peignoir de soie blanc qui se barbouille de marron, la goutte s’immisce lentement sous le clavier. Elle court à la cuisine, revient précipitamment le rouleau d’essuie-tout à la main, arrache dix feuilles d’un coup et frotte frénétiquement le clavier, s’en barbouille les doigts qu’elle essuie dans ses cheveux…
‒ Ah, je l’ai eue !
Le rouleau est tombé et s’est déroulé, en voulant le ramasser elle heurte des fesses son portait qui tombe du mur, le sous-verre se brise…
‒ Mon Dieu ! Du verre blanc ! Sept ans de malheur ! En plus il est grand ! Elle hurle : je suis brisée ! Ma vie a perdu son sens ! Je ne vais pas m’en remettre !
Elle court à la cuisine, en rapporte une bouteille de Maribrisart qu’elle boit au goulot, à longs traits… met un disque d’Édith Piaf sur le phono à plein régime… Regarde désespérément le clavier puis tape avec application :
‒ Le sort s’écharne sur moi.  ..mote de peur ! On vient de me lacer un pojetil par la fenêtre, uis défigurrée !
La sonnette retentit, elle sursaute, puis se dirige vers la porte en titubant un peu sur ses mules argentées, regarde par l’œilleton pendant une minute… Se recule enfin, rectifie la position de son peignoir et ouvre très digne, fait un effort pour articuler :
‒ Bonsoir, ma chère Babette ! Tu as encore oublié d’acheter des œufs ?
Babette éclate de rire :
‒ Non ! Mais c’est quoi cet accoutrement ? Tu fais dans le grunge maintenant ? Baisse le son s’il te plait, le colonel est venu sonner à ma porte, il croyait que le bruit venait de chez moi !
‒ D’abord c’est p...pas possible, le colonel est sourd, ma chère ! Dis plutôt que tu t…t’ennuyais encore ! T… t’es jalouse de l’ambiance q… qui règne c… chez moi !
‒ Justement, oui, il est sourd ! Mais il a entendu ! Simplement, il ne savait pas si ça venait de chez toi ou chez moi... et je me serais bien passée de ressortir, mon copain est là… Baisse le son, je te dis ! Y en a encore qui vont appeler les flics. Je repasserai demain, quand tu auras les idées plus claires !
‒ Q… quoi p… plus claires ? Elle chancelle…
‒ Oui, tu sais de quoi je parle ! Allez, à demain !
Danielle lui claque la porte au nez. La musique décroît enfin sur un "emporté par la foule…", elle sort par le fond en titubant.

Rideau.




Scène 4
 
Le lendemain matin. Fenêtre ouverte. Petit rayon de soleil. Des oiseaux chantent. Danielle arrive par la cuisine, elle soulève la portière avec précaution, cligne des yeux, elle n'a pas encore fait sa toilette, son peignoir est chiffonné. Elle tient à la main un verre dont s'échappent des bulles :
‒ L'Alequaselzer, on n'a toujours rien trouvé de mieux !
Elle se passe douloureusement la main sur le front, s'approche du miroir de droite :
‒ Oh la la ! Mon Dieu ! C'est de leur faute aussi... Je vais voir si quelqu'un a répondu à mon message...
Elle va à l'ordinateur, s'installe, pose son verre et allume consciencieusement.
‒ Ne pas m'énerver... Il faudrait pourtant que je sauvegarde mes meilleures réponses et les adresses... Elle lit les messages...
‒ Gnin, gnin, gnin... Oui, eh bien, je pourrais aussi bien être morte... Elle tape en parlant : J'ai été prise en charge à temps hier soir, mais il s'en est fallu de peu qu'on me trouve baignant dans mon sang. Ma voisine avait besoin d'une serpillère, heureusement pour moi qui vis seule. Si ma fenêtre avait été fermée, je serai morte dans mon sang. Elle m'a conduit aux urgences et l'interne de garde a vu tout de suite la gravité de mon cas, il m'a faite passer avant les autres. Il m'a recousu, j'ai beaucoup souffert. Mais il m'a dit qu'il n'avait jamais vu une femme aussi courageuse que moi. Et à la fin, il m'a donné un biaiser. Oh, quel homme! Il était si beau et si tendre, j'ai lu dans ses yeux qu'il me comprenait ! J'y retournerai dans dix jours pour enlever les fils. Il m'a dit que j'avais tout de même eu beaucoup de chance, parce que la cicatrice ne se verra pas sous mes cheveux. J'ai les cheveux très épais. D'ailleurs mon Directeur ne voulait pas que je les coupe quand j'étais secrétaire de direction. Il disait que ça plaisait aux clients. Il dirigeait la plus grosse succursale de pièces détachées pour machines outils du Département. Mais là, j'ai un énorme pansement sur le crâne, je vais devoir attendre qu'on me l'enlève pour sortir, parce que je ressemble à un fakir. Hi, hi ! Je fais des rimes ! Je n'ose pas déranger ma pauvre voisine qui se traîne à cause de ses varices, elle a de si vilaines jambes ! La pauvre n'est pas gâtée par la nature... Mais moi, je ne peux pas aller chercher mon pain avec ce pansement. D'ailleurs j'ai des vertiges !
Elle se relève, appuie sur le bouton de la chaine stéréo, Piaf entonne "l'hymne à l'amour". Elle porte la main à sa gorge, s'étreint de l'autre bras et se pâme...
‒ Rahhhhhhhhh...
L'ordinateur couine, la sonnette retentit... elle jette un regard apeuré au miroir...
‒ Oh, mon Dieu ! s'affole... Va précipitamment à la porte, regarde par l'œilleton, murmure :
‒ Oh, non ! Pas elle... pourtant...
De l'autre côté de la porte, la voix de Babette retentit :
‒ Danielle ! C'est moi, Babette... Tu vas bien, dis ?... T'en fais pas pour hier soir... je sais que tu es là... éteins cette musique, tu veux ?
Voix rauque de Danielle :
‒ Rahhhh... Laisse-moi... C'est parti pour sept ans, c'est la fin!
Babette :
‒ Danielle ! Ouvre-moi, tu veux? Je voulais t'emmener faire un tour en forêt. Faut que tu sortes, ma poule ! C'est pas sain de rester devant ton clavier à longueur de journées !
Danielle, impérative :
‒ Ah, ne sois pas vulgaire, s'il te plait ! Je ne supporte pas qu'on m'appelle ma poule !
Babette, soulagée :
‒ Bon, tu te prépares, je passe avec Loulou tout à l'heure...
Danielle, intéressée :
‒ Ah, Loulou est là ? Tu sais si elle a reçu ma commande ?
Babette :
‒ Ça, c'est vos affaires. Tu verras avec elle... Fais-toi belle, on repasse te prendre pour onze heures...
Danielle, dédaigneuse, hausse les épaules :
‒ Comme si j'avais besoin de me "faire belle" !
Elle jette un regard à la glace avant de disparaître vers la cuisine :
‒ N'empêche, vous me mettez le couteau sous la gorge...
La voix de Piaf s'éteint sur "même si j'ai tort, laissez-le moi encore..."

Rideau.
 

 


Dernière édition par zoé sporadic le Dim 22 Jan 2012 - 21:09, édité 1 fois
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zoé sporadic
Jasmine calamardesque
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MessageSujet: Re: Copiers-collers et Stuporwar   Dim 22 Jan 2012 - 20:18

Scène 5
 
Même décor. La lumière est plus vive. Danielle apparaît toilettée de frais, elle porte un survêtement de satin blanc, et des chaussures de basket fuchsia. Elle est nerveuse. Va devant son miroir, s’ébouriffe les cheveux, y glisse un bandeau violet et fait dépasser un mèche, elle s’y reprend à plusieurs fois, à droite, à gauche… Soudain elle sort son téléphone de sa poche :
‒ Moins le quart… j’ai le temps… Elle compose un numéro… attend, les yeux au plafond…
‒ …
Elle se recueille, les yeux clos, les mains jointes sur le portable, parle d’une voix de gorge :
‒ Mon Phiphi ! Viens je suis là, je n’attends que toi, tout est possible, tout est permis… Viens écoute ces mots qui vibrent sur les murs du mois de mai…
‒ …
Plaintive :
‒ Mon Phiphi ! S’il te plait… tu es si bon… si vigoureux… tu me feras l’anguille, je serai ton siphon…
‒ …
Interloquée :
‒ Comment ça, Dubaï ? Mais tu reviens quand ?
‒ ...
‒ Phiphi ! Mon amour ! Ne me quitte pas ! Je vais en mourir !
Elle jette le téléphone au sol et saute dessus, au même moment, il se met à sonner, elle le ramasse, implorante :
‒ Phiphi mon amour. Tu sais bien que tu ne peux pas m’oublier puisque tu m’as dans la peau !
‒ …
Gênée :
‒ Oh, c’est toi mon adoré…
‒ …
Sur un ton précipité :
‒ Mais qu’est-ce que tu vas chercher là ? Je répète avec le colonel, nous avons décidé de jouer un sketch pour le goûter des anciens à la Saint-Jean. Il y aura un feu sur le pré-aux-cailles !
‒ …
Agacée :
‒ Eh bien oui, bien sûr, nous répétons dès que nous avons cinq minutes, et il n’est pas si sourd que ça !
‒ …
Elle écume de rage:
‒ Quoi ? Quinze jours ! Mais j’ai des factures, moi ! Tu crois que ma masseuse me fait crédit ? Je ne peux pas rater une séance, sinon je souffre le martyre ! Et ils rentrent des Caraïbes, non ?
‒ …
Dolente :
‒ Mais tu sais bien que je ne peux pas sortir seule, avec tous ces voyous mal embouchés qui m’accostent. Ce n’est tout de même pas de ma faute si je suis encore si désirable ! Et tu sais, Babette est brave mais elle a des goûts si vulgaires, si communs !
‒ …
Suppliante :
‒ Tu ne pourrais pas lui dire de faire un petit effort, la cantine de son petit chieur peut bien attendre, après tout c’est pour la Commune, et elle est bien assez riche ! Imagines-tu que ta maman risque de manquer de pain !
‒ …
Pleine d’amertume :
‒ Il y a longtemps que je ne mange plus de beurre, je dois faire attention, j’ai le foie si délicat !
‒ …
Désespérée :
‒ Vis ta vie, mon enfant adoré. Mais s’il arrive malheur à ta maman, elle ne sera plus là pour te cajoler !
‒ ...
Véhémente :
Il a raccroché ! Il ne m’a même pas fait un bisou ! L’ingrat ! Moi qui ai sacrifié ma carrière pour lui !

La sonnette de l’entrée retentit, elle jette un regard au miroir et va ouvrir…
 


Scène 6
 
 Babette et Loulou entrent, elles s’embrassent toutes, Loulou porte un grand sac en plastique portant le sigle d’une "chaîne de magasins spécialisée dans la distribution de produits culturels" , Danielle claironne :
‒ Ah ! Vous voilà enfin ! Il va faire chaud maintenant pour la promenade !
Babette et sa fille se font un clin d’œil tandis de Danielle referme la porte… Babette va vers la cuisine et soulève le rideau :
‒ Ben, la fuite est réparée, te voilà tranquille jusqu’à la prochaine ! Il te prend cher ton plombier ? C’est Philippe, non ?
Danielle évasive :
‒ Oui… Pas trop, juste un peu au-dessus du smic, tu sais il vient entre deux chantiers…
Babette rit :
‒ Ca veut dire combien en clair ? Parce que tu connais les tarifs du smic, toi ?
Danielle, de plus en plus gênée et évasive :
‒ Tu sais je n’ai pas tant que ça ! Bien sûr quand je travaillais je n’étais pas au smic…
Babette, taquine :
‒ Mais je blague, hein ? Je sais bien que tu dois compter. Et pour toi, c’est peut-être plus dur parce que tu as dû t’y mettre sur le tard !
Danielle :
‒ Oh, tu sais, comme ce n’est pas déclaré et qu’il est obligé de revenir souvent à cause de l’état de mes lieux, je lui offre de petites bricoles, des chaussettes, un blouson, une babiole, le pauvre est si négligé. Sa femme est une égoïste et une méchante…
Babette retient son rire :
‒ Alice ? Une méchante ?... Tiens, je ne la voyais pas comme ça. Mais je la connais mal, elle est toujours très aimable au guichet de la poste !
Danielle :
‒ Tu ne la connais pas comme moi je la connais !
Babette :
‒ Parce que tu la connais bien, je veux dire personnellement ?
Danielle :
‒ Personnellement, non. Mais on m’a dit qu’elle surveille le courrier…
Babette :
‒ Avec le boulot qu’elle a entre la poste et ses petits enfants, je ne suis pas sure qu’elle en ait le temps ! Tu sais les "on dit" ! Tu rumines trop devant ton écran, tu ferais mieux de t’inscrire au club de danse, tu rencontrerais des gens !
Danielle, amère :
‒ Quelle sorte de gens ? Mes amis du ouèbe me conviennent, ils sont intelligents, et puis ça me permet d’entretenir ma culture ! L’autre jour, j’ai cité Kierkegaard, ça les a sidérés ! Pas un n’a osé moufter !
Babette rit :
‒ Écoute, tu gardes Kirk pour le ciné-club et tu viens au thé dansant ! Tu aimais bien danser, non ?
Danielle, boudeuse :
‒ Oui, le tango, autrefois… mais là, tous les danseurs sont vieux et les meilleurs sont en couple, avec des cageots bien sûr, et ces dames sont d’une jalousie !…
Sur le devant de la scène, à droite, une petite table et deux chaises. Loulou a déballé le contenu de son sac pendant que les autres parlaient, il y a des sous-vêtements et un autre sac mauve, elle finit par s’impatienter :
‒ J’ai reçu ta commande. Bien sûr, si la couleur ne te convient pas, je peux essayer d’en avoir d’autres, mais je te préviens, c’est long et parfois ils n’y a plus de choix dans les tailles…
Danielle :
‒ Je vous sers un apéro ? J’ai du Guignolet…
Babette :
‒ On a dit qu’on allait au bois, j’ai prévu un pique-nique. Elle montre son petit sac à dos. Va pour l’apéro, mais un seul, hein ?
Danielle va chercher les verres dans la cuisine et verse à boire :
‒ Oui, oui ! Mais je voudrais d’abord essayer mes dessous. J’ai besoin de votre avis, toute seule, je ne me rends pas compte !
Loulou lui lance un clin d’œil :
‒ C’est pour draguer le colon ?
Danielle, vivement :
‒ Qu’est-ce que tu me chantes là ? Il a du ventre et en plus il pue du bec! C’est pour moi, voyons ! Il faut se respecter dans la vie. Je n’ai pas tant de satisfactions, et un petit ensemble de soie c’est si doux !
Babette s’est assise, elle feuillette le programme télé qui traînait sur la table. Les deux autres comparent les coupes des culottes et des soutiens-gorges. Danielle a un mouvement de satisfaction de la tête en palpant l’épaisseur de la soie :
‒ C’est du dégriffé ?
Loulou :
‒ Si on veut… Elle pose un doigt sur ses lèvres : tombé du camion…
Danielle est passée derrière le rideau transparent de la cuisine où elle effectue un striptease lascif pour ses commères qui échangent un coup d’œil admiratif et envieux :
‒ Le pourpre d’abord, il est sublime !
 Loulou lui passe l’ensemble :
‒ Il tire un peu sur le magenta, mais c’est vrai qu’il est magnifique, je l’ai pris pour moi ! Danielle est revenue, elle se pavane avec des poses suggestives. Loulou s’approche et remonte les bonnets : un peu large, il faudrait du B, mais je n’en ai plus, Magali a pris le dernier…
Babette :
‒ La Magali de Yolaine ?... Loulou acquiesce de la tête. Pour son andouille de petit copain ! Elle fait bien des frais !
Danielle se contorsionne, tire sur les bonnets qui baillent de toute façon… Loulou :
‒ Il y a aussi ce rouge là, j’ai la bonne taille de bonnets. D’ailleurs Magali l’a pris aussi…
Danielle, avec une moue dégoûtée :
‒ Ce rouge !... Elle tripote le soutien-gorge : il fait pute, non ?
Loulou :
‒ Et pour celui-là, tu as le string !
Danielle :
‒ Oh, là, c’est vraiment vulgaire !
Babette, vivement :
‒ Magali n’est pas une pute ! Disons qu’elle se débrouille un peu, son copain est arrivé en fin de droits, si tu crois que c’est facile ! Danielle lui promène le ventre et les fesses gainés de dentelle pourpre sous le nez. Mais dis donc ? Tu te rases la minette ! C’est pour qui ?
Danielle, dédaigneuse :
‒ Je ne la rase pas d’abord, c’est Justine qui m’épile ! Les poils qui dépassent d’une culotte c’est vulgaire !
Loulou se marre :
‒ Justine ? Ben, ma petite vieille, tu ne te refuses rien !
Danielle :
‒ D’abord je ne suis pas ta petite vieille ! Et puis c’est juste un service qu’elle offre avec les massages. Ce ne serait pas propre sinon. Elle est obligée de me masser tout le bassin pour que je puisse continuer de marcher ! Sinon, je me bloque !
Babette, apitoyée :
‒ C’est vrai toujours ta coxarthrose ! Bon, tu le prends cet ensemble ? C’est le plus cher, cinquante Euros… Elle fait un petit signe de tête à Loulou pendant que Danielle tourne le dos. Mais Danielle les a vues dans le miroir, elle s’écrie :
‒ Cinquante ! Pour un tombé du camion ! Tu abuses de ma faiblesse !
Loulou :
‒ Tu as vu le prix chez Huguette ? Il est en vitrine ! Cent soixante-dix neuf quatre-vingt-dix ! Tout de même, tu fais une affaire !
Danielle, enjôleuse :
‒ Je te le prends, si tu y joins un flacon de "Nuit d’ivresse" !
Loulou :
‒ J’ai tout vendu !
Danielle se palpe alternativement les seins et les fesses avec volupté tout en ronchonnant…
‒ Allez, je vais me laisser faire, mais c’est bien parce que c’est toi ! Et tu me reprendras les bonnets, hein !
Loulou acquiesce puis sourit mystérieuse:
‒ J’ai un nouvel arrivage, quelque chose de tout à fait nouveau ! Elle sort des boites de son sachet mauve…
Danielle :

‒ Tu ne fais plus ces bijoux branchés qui venaient d’Autriche ?
Loulou :
‒ Non, ça marchait bien, mais le chauffeur qui les amenait n’est plus revenu, un copain à lui nous a dit qu’il avait eu des ennuis en Bulgarie…
Babette sort les tubes des emballages, les ouvre et les passe sous le nez de Danielle:
‒ Ça c’est super, sens !
Danielle, les yeux clos :
‒ Divin ? C’est des crèmes hydratantes ?
Babette :
‒ Oui, entre autres ! Des crèmes intimes, pour ne pas se laisser décatir !
Danielle, rougissante et pincée :
‒ Oh ! Mais je ne suis pas du tout décatie !
Loulou :
‒ Tu ne risques rien à essayer, d’abord, à défaut de mâle un petit massage intime ne fait jamais de mal ! Hihi ! Je fais le lot pour quarante Euros…
Danielle, vivement :
‒ Quarante ! Mais c’est quoi le lot ?
Babette :
‒ Y a aussi les décalcomanies !
Loulou :
‒ C’est des tatouages temporaires!
Babette fait un clin d’œil à Danielle :
‒ Oui, mais nous nous comprenons Danielle et moi. C’est des décalcomanies !
Danielle :
‒ Ils feraient bien pour décorer mon cahier de poèmes !
Loulou, hilare :
‒ Euh… C’est plutôt pour la peau ! Tu vois ce serpent ? Je te verrais bien le porter à la limite de la raie des fesses… et puisque tu t’épiles, pourquoi pas cette fille sur la balançoire, elle fait très Belle Époque, tu as tout à y gagner !
Danielle, gênée :
‒ Mais puisque je n’ai pas de… d’… d’amoureux !
Loulou a un geste évasif et soupire :
‒ Il ne faut jamais dire jamais ! Tiens ces algues ondoyantes seraient du meilleur effet également… J’ai aussi des bracelets et des chaînes, mais ce n’est pas ton genre, hein ?
Danielle rentre la tête dans les épaules :
‒ Non, vraiment non… Eh bien dis-moi, tu fais beaucoup de réunions de ce type ?
Loulou :
‒ J’en vis ma belle ! Ca marche avec les dessous, toutes mes copines s’arrachent la marchandise !
Babette :
‒ Alors ?
Danielle, résignée :
‒ Puisque tu me dis que c’est branché ! Soyons modernes !
Elle va vers sa table d’ordinateur et sort des billets du pot à crayons. Elle compte en les donnant à Loulou :
‒ Un… deux… huit. Je t’en dois encore un. Je te le donnerai dans une quinzaine, là je suis juste.
Loulou :
‒ Non, ça va comme ça, je reprends les algues. On verra la prochaine fois !
Danielle remet le pot en place la bouche pincée :
‒ La confiance règne !
Babette :
‒ Tu sais elle a énormément de demandes, mais ne t’inquiètes pas, elle revient bientôt, hein ma poule !
Loulou acquiesce et lui fait un clin d’œil. Danielle regarde la pendule et sursaute :
‒ C’est l’heure de mon rendez-vous chez Justine, on n’a pas vu le temps passer.
Babette :
‒ Du coup on a raté la sortie ! Allez Loulou, on va grignoter au bord du chemin de halage…
Elles s’embrassent, Danielle les raccompagne prestement sur le pas de la porte, referme :
‒ Quelles mesquines ! La prochaine fois, je garderai mon Guignolet…

Rideau.


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zoé sporadic
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MessageSujet: Re: Copiers-collers et Stuporwar   Dim 22 Jan 2012 - 20:58

Scène 7
 
  De nouveau c’est le soir. La fenêtre est fermée, mais on aperçoit la lune pleine entre les branches des arbres. Une lampe diffuse une lumière tamisée, sur un chandelier deux bougies sont allumées. Roméo et Juliette pleurent sur le violon d’André Rieu. Le premier ordinateur est éteint. Le nouvel écran scintille. Danielle est en peignoir ouvert sur ses sous-vêtements neufs…
‒ Bon… l’adresse que Justine m’a copiée… Elle sort un papier de son sac à main… Je la recopie en haut et je clique… Elle bat des mains : hihi ! Je l’ai enfin trouvé ! C’est formidable ! Mon pseudo, maintenant, il en jette tout de même : Aube de Saint Luron, ça a de la gueule ! Et clic c’est parti !
De son sac, elle sort une brosse et se recoiffe, se met du gel dans les cheveux… Se passe du fard brillant sur les pommettes… S’admire dans la glace… Soudain une voix d’homme sort de l’ordinateur, amusée :
‒ C’est tout ce que tu as à nous montrer, Aube de Saint Luron !
Danielle regarde l’écran, médusée… La voix reprend plus tendre :
‒ Ne va pas me dire que je t’ai fait peur, coquine ! Tu m’attendais ?
Elle a les mains qui tremblent, les croise sur sa poitrine pour se donner une contenance :
‒ C’est… c’est la première fois… que… que j’arrive à me connecter, mais je ne vous vois pas !
Lui :
‒ Ce n’est pas grave, puisque moi je te vois ! Tu es très belle, tu sais… Je n’ai jamais rencontré une femme aussi belle sur ce site… Quelle charmante soirée nous allons passer ! Pour commencer, quitte ce vous qui ne convient pas à une si douce rencontre…
Danielle :
‒ Mais… je ne sais même pas votre nom !
Lui :
‒ Tu n’as pas besoin d’un nom puisque nous savons, toi et moi, qu’il est faux ! Pour toi, je suis "Toi".
Danielle, mutine:
‒ C’est un peu tôt, non, pour dire que vous êtes moi ? Vous ne connaissez même pas mes goûts. Je suis très raffinée, très délicate, vous savez !
Lui, murmure :
‒ Tu es sublime ! La flamme rend tes traits si vivants, je sens ton souffle sous tes doigts… et ta voix me fait beaucoup d’effet… parle-moi encore…
Danielle, vibrante :
‒ Je chantais dans ma jeunesse, j’ai eu quelques succès, mais mes parents se sont opposés à la signature d’un engagement… ma carrière a été brisée net… J’étais trop jeune pour m’affirmer…
Lui :
‒ Parle, parle ma tendre, ne cesse pas de parler, ma fragile petite fée, tu me transportes vers les sommets… Écarte un peu pour moi ce voile si doux qui nappe ton sein, oh, mon ange… ne sois pas si dure envers un pauvre hère transi…
Subjuguée, elle exhibe ses seins…
‒ Je n’ose…
Lui :
‒ Si, ose… ose…  me montrer ton bouquet de roses… là, plus bas, tout bas… ce petit trésor que tu caches avec tant de modestie…
Danielle, aux anges :
‒ Comme tu t’exprimes bien, tu es un artiste toi !
Lui :
‒ C’est toi l’artiste au goût si sûr… qui a dressé pour moi seul ce décor… et puis ton corps encore… Descend plus bas, je te prie, ne crains pas… je suis là pour te recueillir toute, ma fleur d’aurore…
Danielle s’est levée et fait rouler lentement le bord de sa culotte, avec un déhanchement de professionnelle, exhibant fièrement son pubis décoré à la caméra…
Lui :

‒ Oh oui, écarte-toi pour moi ma tendre romantique, ne crains pas… glisse un doigt pour moi dans ton antre…
La sonnette retentit, elle sursaute et ramène brusquement son peignoir. La voix :
‒ Qui attends-tu, ma douce amie, qui d’autre que moi ?
Danielle, inquiète :
‒ Rien… personne… Nerveuse, elle se penche sur l’écran appuie sur un bouton, un peu au hasard… Puis va à la porte, regarde par le judas et saute de joie en ouvrant la porte :
‒ Phiphi ! Messant ! Pourquoi m’as-tu fait si peur ce matin ? Elle lui saute dans les bras.
Philippe referme la porte d’un coup de talon, la dépose devant les ordinateurs :
‒ Cause pas tant, je suis pressé, je pars demain à cinq heures. J’ai pris le prétexte de faire pisser le bâtard. On n’a pas longtemps…
Le rideau tombe. On les entend :
Philippe :

‒ Ah, ah ! Je constate que tu m’attendais, hein ?
Danielle, rieuse :
‒ Je n’ai pensé qu’à toi… oh, tes mains brûlantes !… Sens ici… Regarde là : j’ai une surprise pour toi… et derrière aussi, ouiiii…
Philippe :
‒ Mmm… Comment tu fais pour me deviner ? Moi j’ai un cadeau, un livre, tu vas me faire la lecture, je m’occupe du reste !
Danielle, suppliante :
‒ Oh ! Ouiiii ! Tout ce que tu veux, mon trésor ! C’est quoi ?
Philippe :
‒ Pierre Louÿs, de la littérature, quoi ! Il lui désigne un poème : Tiens, lis celui-là… Agenouille-toi sur la chaise, c’est plus commode… Lis…
Elle lit :
‒ "Aubade… Sa voix décroit doucement : "Continuez votre prière, Miss, j’écarte vos longs cheveux…

 Noir.
 
 

Scène 8
 
Le matin. Ciel sombre. Silence. Danielle entre en traînant les pieds, visage défait. Elle pose sa tasse de café sur la table, fait un tour dans la pièce, désabusée. Va au miroir, se peigne des doigts, dépose un baiser sur son reflet dans la glace :
‒ Tu as besoin d'un soin de peau, ma fille...
Elle va à la fenêtre, l'ouvre en grand, ronchonne en regardant le paysage, puis revient dans la pièce, prend une paire de lunettes de soleil sur la table et se les colle sur le nez :
‒ C'est mieux...
Elle s'assied, tire son téléphone de sa poche et appelle, mielleuse :
‒ Mon enfant chéri! Je ne te réveille pas au moins!
‒ …
Agressive :
‒ Mais moi aussi je me lève tôt ! J'en suis déjà à mon troisième café. Je voulais te demander si tu connais Dubaï, toi qui as fait le tour du monde !
‒ …
Persuasive :
‒ Mais parce que tout le monde en parle ! Ma pharmacienne y est allée, elle est enchantée ! Mais je me méfie, elle est si superficielle, même si elle a des moyens dont je ne dispose plus !
‒ …
Péremptoire :
‒ Je n'envisage pas de partir la semaine prochaine! C'est juste que je me demandais si la destination valait le coup...
‒ …
Avisée :
‒ Sur l'île où elle a séjourné, les femmes n'étaient pas toutes voilées, c'est réservé aux touristes ! Je me suis tout de suite renseignée tu penses !
‒ …
Lasse :
‒ Mais je connais déjà Ténérife et Split. Maintenant que je suis une femme libre, ce n'est pas pour retourner sur les traces de ton père ! Je veux découvrir le vaste monde, de nouveaux pays, mais la culture est tout de même meilleure au soleil... surtout pour ma coxarthrose !
‒ …
Évasive :
‒ Non, ne t'inquiètes pas, pas avant deux ou trois mois... Je me renseigne simplement... Bisous, bisous, bisous, mon adoré !
Elle pose le téléphone, hausse les épaules :
‒ Ce que les enfants sont ingrats tout de même ! Je ne suis pas jalouse de ses voyages, moi ! Mais s'il pensait un peu à moi... Qu'est-ce que ça lui coûte de m'introduire, il a sûrement des amis là-bas ! Il se fait inviter par tous ces gens qu'il refuse de me faire rencontrer lorsqu'ils viennent chez lui. Ah, je suis bonne pour garder ses mômes quand il s'absente avec sa femme. Cette pimbêche ! Une maison d'édition... Elle hausse les épaules, elle ne sait même pas taper à la machine ! Moi aussi je pourrais monter une maison d'édition et ça tournerait rond, si seulement l'autre ne me privait pas de ma pension !
Elle va à son écran, le réactive, boit son café et lit... Brusquement elle s'étrangle, crache, se prend la tête à deux mains... se relève et court en rond dans la pièce :
‒ Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu ! Je me suis trompée de bouton !
Elle revient à l'ordinateur, referme brutalement le couvercle, le débranche et va le jeter par la fenêtre.
‒ Ils ont tout vu ! Toute l'équipe de water-polo et le manager ! Et mon notaire qui traîne toujours avec eux !... Mon intimité ! Et Philippe et sa... burette ! C'est la faute à Justine ! J'aurais jamais dû me confier à elle. Elle croit qu'on est à elle parce qu'elle nous prodige ses soins... Elle est jalouse parce que le manager l'a plaquée et qu'elle doit rembourser ses emprunts toute seule maintenant ! Et comment je vais faire pour aller chez la boulangère ?
Elle prend son téléphone :
‒ Ah, elle va m'entendre la Justine!... Justine !
‒ …
Elle hurle :
‒ Tu vas me le payer ! Je vais te faire un procès ! Je vais faire jouer mes relations et tu sais, j'en ai !
‒ …
Elle trépigne :
‒ Tu n'as aucune morale ! Tu es une méchante femme ! Une perverse... une... une maquerelle... une...
‒ …
Condescendante :
‒ Mais bien sûr que je connais ces mots là ! Et même d'autres qui te feraient rougir et que je ne prononcerai pas pour ne pas me salir. J'ai vécu, moi, ma pauvre fille ! Mais j'ai su me préserver ! D'ailleurs tu es payée pour le savoir ! Tu n'as aucun sens de l'humain ! Tu...
‒ …
Elle écume :
‒ Tu as abusé de ma gentillesse, moi qui t'ai envoyé Pauline et Sylvette et Marie-Luce ! Hein? Tu as oublié déjà...
‒ …
Vipérine :
‒ Oui, mais avant de passer l'arme à gauche, comme tu dis, elles avaient banqué. Le morceau avalé n'a plus de goût ! La fête passée, adieu le saint !
‒ …
Grave :
‒ Oui, j'avais besoin de compagnie ! Oui, j'aime la jeunesse ! Quel mal y a-t-il à ça ? Mais une équipe entière !
‒ …
Méprisante :
‒ Eh bien, tu aurais dû le savoir ! Tu as de ces fréquentations, ma pauvre petite ! Puisqu'il en est ainsi, j'irai chez toi gratos, maintenant ! C'est bien le moins que tu peux faire !
Elle raccroche rageusement. Va chercher un verre de whisky qu'elle boit cul-sec. Puis elle retourne à son premier clavier...
‒ Heureusement que j'ai encore celui-là... Je vais aller saluer mes amis ! Mes vrais amis, ceux qui se contentent d'écrire de si beaux poèmes... Je suis sûre que je leur manque déjà...
Elle commence à taper sur le clavier :
‒ s o s m e s a m o s ! Mais c'est quoi ce truc ! J'ai pas tapé s o s, j'aurais mis des majuscules ! On cherche encore à me nuire !
Elle regarde le clavier et le frappe plus fort. Les touches centrales sont collées. Elle glisse ses ongles sous les touches, il y restent coincés puis se détachent, elle hurle :
‒ Mèche alors ! Quelqu'un m'en veut ! Ce ne serait pas cette jalouse de Loulou, par hasard, qui aurait mis de la colle pendant que je me changeais?
Elle s'énerve de plus en plus, glisse ce qui lui reste d'ongles sous les touches, ceux-ci restent coincés à leur tour, elle soulève l'ordinateur en secouant les bras, celui-ci tombe. Grand bruit et Babette passe la tête à la fenêtre :
‒ Ma poule, calme-toi ! Te mets pas dans cet état !
Danielle, folle furieuse :
‒ Je me mets dans l'état que je veux ! D'abord... et c'est pas ma faute si toutes les femmes me jalousent !
Babette a enjambé la fenêtre :
‒ Calme, ma poule, calme
Danielle la frappe de ses poings et hurle :
‒ Pas ma poule, pas ma poule, pas ma p... et se laisse glisser sur le sol, dans une posture rigide, la main droite sur le cœur et l'autre raide près du corps.
Babette pousse un soupir :

‒ Bon, y avait longtemps !... Elle prend le téléphone dans la poche de Danielle et cherche un numéro :
‒ Surement pas à Docteur... c'est comment son petit nom déjà?... Charles ? Connais pas. Daniel ? Non plus. Fred ? Tiens le baveux... Jean-Louis ? Non, Jean-Louis c'est son ex... Jérôme, c'est son fils... Kléber, c'est le colonel... Ah, Roland ! Elle appuie sur la touche... Bonjour Docteur ! Oui, c'est Élisabeth Coulonneux...
‒ …
‒ Ah, vous avez déjà les échos ? Oui, du coup elle a eu une crise... oui, les combines à Justine, vous savez bien : qui se ressemble s'assemble...
‒ …
‒ Son copain lui a dit qu'il partait travailler à Dubaï ! Il s'est mis avec une petite du côté de Saint Saturnin. En lui parlant de Dubaï, il se dit que ça va l'occuper un moment...
‒ …
‒ Oui, je les attends. Non, comme d'habitude... Et elle a broyé ses deux ordinateurs...
‒ …
‒ Oh, ce n'est que partie remise, le fils lui en rachètera un nouveau... c'est tout ce qu'il a trouvé pour aider sa mère... notez, on peut pas lui en vouloir : il ne connaît que ça ! Oui, vous pouvez compter sur moi ! Elle raccroche.
On tambourine à la porte :
‒ Madame Dugommier ! Y a quelqu'un ?
Babette :
‒ Voilà, voilà ! Elle ouvre... Ah, c'est vous...
‒ Je viens de couper l'électricité, paraît que vous avez six mois de retard de paiements. Mais je vous connais, non? C'est pas vous la propriétaire…
Danielle a ouvert un œil sur l'arrivant, puis se lève avec aisance et un sourire charmeur :
‒ Non, la propriétaire c'est moi. Mais donnez-vous la peine d'entrer, cher Monsieur. Elle le prend par l'épaule et s'appuie sur lui, la porte reste ouverte. J'ai fait un petit malaise et cette dame m'a secourue. Elle se presse tout contre lui : comprenez-moi, cher Monsieur, je rentre tout juste des Antilles où mes enfants résident, alors...
Dehors on entend une sirène d'ambulance, Babette tente de s'interposer :
‒ Excusez-la, mon amie vient d'être gravement malade...
Danielle enjôleuse :
‒ Mais que vas-tu inventer là, voyons, Monsieur voit bien que j'ai la mine reposée !
L'employé :
‒ Moi, vous savez, on me dit de couper, je coupe. Et je préviens, pour le reste... Il fait un geste d'impuissance.
On entend le véhicule s'arrêter dans un crissement de freins. Danielle est cramponnée au bras de l'employé qui essaye de se libérer :

‒ Mon Dieu ! La vie est vraiment devenue odieuse pour nous autres, pauvres femmes ! Il dégage son bras.
Danielle fait demi-tour et se laisse choir comme précédemment. L'employé salue Babette avec un air de commisération. Les deux infirmiers entrent avec mallette et brancard et se dirigent vers Danielle. Ils s'affairent autour d'elle puis appellent le médecin :
‒ Tout est normal...
‒ …
‒ Oui, on lui a libéré une chambre dans le service. Tout juste : un copier-coller des précédentes ! Ils sourient à Babette : merci pour elle ! C'est pas elle qui vous le dira, hein ?
Babette hausse les épaules :
‒ Depuis le temps, je me suis habituée... Bonne journée à vous ! Vous me prévenez, hein, pour sa sortie !
Ils emmènent Danielle toujours aussi raide sur le brancard. Babette va fermer la fenêtre, repousse du pied les morceaux d’ordinateur, éteint la chaîne stéréo et sort. On l'entend tourner la clef dans la serrure. Elle s'éloigne en chantonnant un vieil air des Chaussettes Noires :
‒ Oh Daniella, la vie n'est qu'un jeu pour toi... Oh Daniella, pourtant ne crois pas... Que tu peux, oh Daniella, jouer avec l'amour... Sans risquer de te brûler un jour...

Rideau.
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Copiers-collers et Stuporwar   Dim 22 Jan 2012 - 21:07


Il me semble que... comme une impression de... mdr mdr mdr Chuuttt
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MessageSujet: Re: Copiers-collers et Stuporwar   Dim 22 Jan 2012 - 21:15

de ?... Ange Je t'en prie Trys... il reste de la marge... n'hésites pas...

Le plus difficile, c'est de mettre toutes ces fichues didascalies en italiques... mèche Laughing Laughing Laughing
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Copiers-collers et Stuporwar   Dim 22 Jan 2012 - 22:06

Impression de...

Rideau de scène en toile cirée... AngeR

D'avoir croisé ce genre de créatures dans la vraie vie, même si le trait paraît quelque peu outré, nous sommes dans la Farce, pas dans la mesure délicate, d'ailleurs ces créatures qui ne prétendent être que finesse, fragilité et délicatesse n'en montrent guère vis à vis d'autrui: l'homme est une proie qu'il faut saisir, la femme une rivale qu'il faut éliminer, après le cas échéant, l'avoir utilisée.
Un seul horizon: leur nombril dans lequel viennent se réfugier un instant quelques mâles en deshèrence qui n'ont pas les yeux en face des trous, ou plutôt fixé sur le trou...
Du...
Souffleur!
Qu'alliez vous croire? Fi des pensées graveleuses (même si le personnage y incite quelque peu), nous sommes au théâââââtre!

mdr mdr mdr mdr mdr
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Romane
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MessageSujet: Re: Copiers-collers et Stuporwar   Dim 22 Jan 2012 - 22:50

Ah quand même ! Il est rudement bien, posté ici, ce petit bijou. Mon poisson-rouge et moi-même applaudissons sans restriction.

Suivant ! Wink

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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MessageSujet: Re: Copiers-collers et Stuporwar   Dim 22 Jan 2012 - 23:49

Il me semble que je t’entends bien, Trys ! Au demeurant, tu remarqueras que la longueur des répliques a été conçue à la mesure des capacités mémorielles des différents protagonistes… lk Lorsque le souffle se dévoie à faire des ronds en l’air… il ne reste plus à la gent bavarde qu'à meubler cet espace obtus aujourd'hui déserté par les professionnels... mèche

Romane a écrit:

Suivant ! Wink

chinois Cheftaine ! Oui, cheftaine ! Je vais m’y employer dès à présent… à moins que des auteurs plus prolifiques ne s’y lancent dans un esprit plus… subtil… plus... professionnel... moins... moins trop, quoi! Rolling Eyes Wink
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MessageSujet: Re: Copiers-collers et Stuporwar   Lun 23 Jan 2012 - 1:56


C'est noté, tout:
Les décors: montrent l'ostentantion du personnage et son manque de goût.
Les costumes: un peu lègers mais correspondent à sa volonté d'attirer les mâles et à sa vulgarité.
Les répliques: langage basique malgré une prétention à "bien causer", mêlent les niveaux de langues selon l'image qu'elle cherche à donner...

Ma chère Zoé, vous aurez une critique complète dans Le Chaudron d'Avalon lorsque votre pièce sera terminée, car nous pensons que pour obtempérer à l'ordre divin, vous allez donner une suite...

A titre perso, j'aurai une petite idée mais... c'est pas moi l'auteur mdr
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MessageSujet: Re: Copiers-collers et Stuporwar   

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