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 David Vann

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Romane
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MessageSujet: David Vann   Dim 27 Mai 2012 - 17:49

David Vann
Né en 1966 en Alaska



Un excellent article, sur M Livres

Désolations



4ème de couverture : Sur les rives d'un lac glaciaire au coeur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irène et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd'hui adultes. Mais après trente années d'une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irène se résout à l'accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l'assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l'obsession de son mari, elle le voit peu à peu s'enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, toute à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s'annonce un hiver précoce et violent qui rendra l'îlot encore plus inaccessible.

Le livre se lit ultra facilement. Je l'ai abordé comme on se balade dans une contrée dépaysante, avec ses particularités pas forcément engageantes et même plutôt hostiles. Il y fait froid, humide, c'est le bout du monde, les gens sont bizarres, assez déjantés et glauques, la vie de Gary et d'Irène est un ratage par dessus les ratages, et le projet de construire cette cabane rustique pour y vivre donne froid dans le dos.

Et alors justement, si vous lisez ça sous la couette avant de vous endormir, vous savourez en miroir inversé deux fois plus le confort de votre petit chez-vous et le plaisir de jouir d'un climat plus propice aux balades sans risquer d'imposer à votre corps la violence des eaux glacées, du vent à couper le souffle, de l'éloignement de tout, de l'inconfort le plus absolu.

Je ne résiste pas à partager un extrait qui vous donnera une idée sur l'état d'esprit de l'un des personnages (Rhoda, la fille). L'extrait se situe au moment où elle vient d'être demandée en mariage :

Quelque chose avait changé. L'air était étrangement plus frais, peut-être, plus fin, plus isolant. Rien qu'eux deux dans cette maison. Peut-être parce qu'il y avait eu un but, avant. La demande en mariage. Rhoda comprenait désormais comment le mariage pouvait donner une impression de solitude. Un nouveau sentiment qu'elle ne pouvait pas vraiment décrire, ni même cerner. Quelque chose aux confins de son esprit, quelque chose qui lui déplaisait. Elle imaginait de longues périodes pendant lesquelles ils ne se diraient pas grand-chose, évolueraient chacun de leur côté dans la maison. Et elle se demanda si les enfants arrivaient à ce moment-là. Avoir un enfant apportait un nouveau centre d'intérêt commun, un nouveau centre d'attention, un endroit pour leur permettre de se retrouver tous les deux. Peut-être devait-il en être ainsi ? On se consacrait l'un à l'autre jusqu'à décider de se marier, puis on se consacrait ensemble à quelqu'un d'autre. Et que se passait-il ensuite, quand vos enfants avaient grandi, qu'ils étaient partis ? A quoi fallait-il alors se consacrer ? Il y avait quelque chose de terrifiant, à l'idée de ne pouvoir se consacrer à rien. Votre existence ne pouvait jamais être simplement ce qu'elle était. C'était effrayant. Personne n'avait envie de cela.

Mais la cerise sur le gâteau, je ne vous la livrerai pas sous forme d'extrait, il faut y arriver tout seul. C'est l'incroyable description de quelques secondes entre la vie et la mort d'un personnage du livre. De ce qui se passe dans sa tête pendant ces quelques secondes. J'en suis sur le cul.

Le père de l'auteur s'est suicidé. Je comprends pourquoi il a écrit ce passage absolument extraordinaire...

Sinon, pour l'atmosphère globale du livre et les personnages qui l'habitent, je pourrais faire le parallèle avec cet excellent film que vous connaissez sans doute : Bagdad Café. Aussi hostile, aussi minable, aussi repoussante. Et donc, grâce à tous ces ingrédients : aussi attachante.

Au début, il a fallu un temps pour que je me fasse à l'absence de tirets dans les dialogues, et à une écriture assez curieuse par moments. Mais on s'y fait très vite, parce que le plus important, c'est le fond, pas la forme.

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David Vann
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