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 La Traite négrière à Nantes

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Tryskel
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MessageSujet: La Traite négrière à Nantes   Mar 12 Juin 2012 - 17:21

07/06/12


LA TRAITE NEGRIERE A NANTES
(XVII- XVIII- XIXème SIECLES)


I) L’ESCLAVAGE

" L'esclavage est le système socio-économique reposant sur le maintien et l'exploitation de personnes dans la condition d'esclaves. Ce terme qualifie également, et originellement cette condition autant légale que sociale de l'esclave, c'est-à-dire de travailleur ou de servant non libre et généralement non rémunéré qui est juridiquement la propriété d'une autre personne et donc, négociable : achat, vente, location, etc., au même titre qu'un objet ou un animal domestique.
L’esclave peut être affranchi par son maître ou en rachetant sa liberté, les affranchis ne jouissent toutefois pas de droits totalement égaux à ceux des nés libres. Mais les affranchis peuvent à leur tour disposer d’esclaves !
.
Les traites négrières transatlantiques et orientales sont les plus emblématiques des pratiques esclavagistes, du fait de leur durée (plusieurs siècles), leur ampleur (plusieurs dizaines de millions d'esclaves), et leur impact historique (notamment aux États-Unis et sur l'Afrique).
Ponctuellement condamné depuis l'antiquité (moralement et parfois juridiquement), et plus récemment interdit par les droits de l'homme, l'esclavage a mis longtemps avant d'être aboli. L'esclavage est aujourd'hui officiellement banni (via par exemple le Pacte international relatif aux droits civils et politiques). Néanmoins, outre le fait qu'il ne suffit pas d'interdire une pratique pour la voir totalement disparaître, il peut encore exister localement des tolérances des pouvoirs publics.
Étymologie :
Le terme moderne « esclavage » vient du latin médiéval sclavus déformation du mot latin slavus (le slave)1. Le mot « esclave » serait apparu au Haut Moyen Âge à Venise2, où la plupart des esclaves étaient des Slaves des Balkans, « une région qui s'appelait autrefois « Esclavonie », puis Slavonie, et qui est récemment devenue indépendante, sous le nom de « Croatie » ».
Rome pratiquant l'esclavage, comme tous les peuples antiques, le latin disposait évidemment d'un terme pour désigner l'esclave : servus, qui a conduit aux termes « servile » et « servilité », relatifs à l'esclave et à sa condition. Ce mot a aussi donné naissance aux termes « serf » du Moyen Âge et aux modernes « service », « serviteur », voire « ciao ».


II) LA TRAITE
La traite est un commerce, le terme intialement ne s’applique pas uniquement aux commerce d’êtres humains.
Si l’esclavage est corrélatif de l’histoire de l’humanité aussi loin qu’on puisse remonter dans celle-ci, la forme qu’il prend à partir de la découverte du Nouveau Monde (Amérique et Antilles) est nouvelle.

Les colonies d’Amérique et des Antilles ont un grand besoin de main d’œuvre pour être mises en valeur.
Les indiens se révélant rétifs (ils se révoltent volontiers) et surtout peu résistants (ils meurent vite), dés son second voyage Christophe Colomb conseille à Isabelle et Ferdinand de faire venir des « nègres d’Afrique » qui sont plus dociles et plus résistants.
Bartholomé de la Casas plaidant pour les indiens dont il est un ardent défenseur, appuie pour les protéger l’emploi de nègres esclaves en leur lieu et place.
Les arabes et les portugais pratiquent la traite depuis des siècles. Mais les européens vont en quelque sorte l’industrialiser. Les plantations sont gourmandes de main d’œuvre, le travail y est pénible : on estime qu’un esclave employé dans les champs de cannes « durait » environ 5 ans. Il faut donc rapidement les remplacer
Les chiffres globaux durant les deux siècles et demi qu’à duré la traite européenne sont sujet à de nombreuses discussions et varient selon les études (de 10 à 50 millions). Ce qui est certain c’est que la traite a vidé l’Afrique de ses forces vives.

III) COMMENT S’ORGANISE LA TRAITE ?

Comme tout commerce, elle doit rapporter un maximum à ses commanditaires.
Les dangers sont grands, les profits énormes.

La traite se met en place sous forme de ce qu’on nomme « Commerce Triangulaire ».
Les navires spécialement équipés partent d’Europe chargés de marchandise la « pacotille » qui sera échangées en Afrique contre des nègres, lesquels sont transportés en Amérique et aux Antilles où ils sont vendus aux planteurs.
Les planteurs payent leurs esclaves en produit exotiques : sucre, tabac, café, coton, indigo… qui sont revendu fort cher en Europe.
Le navire repart avec une première cargaison de ces produits, le solde peut s’étaler entre deux et trois ans, livré en « droiture » directement des Amériques à l’Europe.
Le rapport de la traite est donc différé, ce qui suppose une certaine richesse pour pouvoir attendre les bénéfices.
Document 1 : les marchandises échangées contre des nègres. Journal de Bord de la Marie Ange.

Les européens ne vont eux-mêmes chercher les esclaves, ils se les font « livrer » sur les côtes par des africains avec lesquels ils sont en relations commerciales, qui pratiquent des rafles dans d’autres tribus.
L’attente peut être longue. Les navires restent entre 3 et 6 mois allant de comptoirs en comptoirs.
Plus de 400 sites de traite jalonnent les côtes africaines à la fin du XVIIIème siècle, et les navires nantais descendent parfois jusqu’au Mozambique pour constituer leur « cargaison ».


Découverte en 1492 par Christophe Colomb « Hispaniola » est partagée en deux par le traité de Ryswick en 1697 qui reconnaît officiellement la présence française.
Grâce à sa productivité sucrière exceptionnelle, l’île devient rapidement la principale colonie française, elle est la « Perle des Antilles ». Destination principale des navires de traite pour les nantais nombreux à s’y installer.
En 1791, à la veille des insurrections, on y dénombre 455 000 esclaves, 38 370 blancs, et 8 370 hommes de couleur libres, métis et affranchis.

Contrairement à une idée reçue, si les conditions sont pénibles les captifs ne sont pas mal- traités délibérément à bord. Non qu’ils voyagent dans le confort ni que les équipages fassent preuve envers eux de mansuétude (ce sont au mieux des animaux à leurs yeux) mais il ne faut pas abîmer la marchandise dont le capitaine qui n’a droit qu’à un certain pourcentage de pertes, est responsable sur ses deniers.

Sur place, les capitaines doivent s’occuper du des retours des produits coloniaux et batailler avec les colons pour les convaincre de rembourser leurs dettes.
Ils sont payés en partie en esclaves qu’ils peuvent revendre pour leur propre compte (2%). Il y a souvent des conflits entre capitaines et négociants, les seconds soupçonnant les premiers de les voler et de s’attribuer les plus belles pièces, les « pièces d’Inde » alors qu’ils souhaitent que les capitaines se payent en « nègres communs ».
S’il est lucratif, le métier de capitaine négrier est dangereux : révoltes des captifs à bord, tempêtes, naufrages, attaques de pirates…


IV) NANTES ET LA TRAITE .

Comment Nantes est-elle devenue capitale de la traite française ?

Nantes n’est pas la seule cité négrière, elle est concurrencée par Bordeaux et La Rochelle, par ailleurs tous les ports atlantiques ont participé peu ou prou à ce commerce.
C’est une ville où dominent les négociants qui trafiquent avec l’Angleterre et l’Espagne essentiellement. Ils livrent les produits régionaux (vins, cuirs, miel, blé et sel…), mais sont toujours à la recherche d’activités plus profitables.
Le démarrage est plus tardif que celui de l’Angleterre et l’Espagne car la France dispose durant le XVIIème siècle de moins d’influence coloniale.
Saint Domingue reçoit son premier gouverneur français en 1655, et il faut attendre le début du XVIIIème pour que le sucre y commence son expansion. Plusieurs produits (vanille, tabac, indigo…) ont été essayés, mais le sucre se révèle rapidement le plus rentable. Sa culture et son traitement sont exigeants en main d’œuvre, les colons vont donc réclamer de plus en plus d’esclaves d’Afrique, une opportunité dans laquelle s’engouffrent négociants et armateurs nantais, soutenus par la volonté de l’Etat de développer le commerce colonial après la Paix d’Utrecht (1713).

Nantes dispose des moyens humains, techniques et financiers nécessaires au commerce transocéanique, long, aléatoire et coûteux.
Négociants et armateurs se regroupent pour armer à la Traite, partageant autant les bénéfices que les risques. Ils font appel à des actionnaires et s’assurent contre les risque de la navigation (certains sont en mêmes temps négociants ou armateurs et assureurs)
Nombre d’entre eux sont venus d’ailleurs en France, parfois de l’étranger, apportant les capitaux indispensables. Le négoce local est solide, aux mains de familles bien ancrées sur le territoire.
Mais la ville est touchée par la dépression économique qui affecte la France et une partie de l’Europe, le port (à l’instar de Bordeaux qui a son vignoble) ne dispose pas d’un riche arrière pays, les activités y sont peu diversifiées.
Les anciens trafics mis à mal, une reconversion se fait nécessaire. Les liens anciens avec les espagnols, la présence jusqu’en 1733 (date à laquelle elle s’installe à Lorient) de la Compagnie des Indes, ainsi qu’un rôle dans le trafic des engagés blancs recrutés aux Antilles, poussent le négoce nantais vers la traite négrière. Il ne l’abandonnera que contraint et forcé quand l’esclavage est aboli, mais dés 1815 l’interdiction de la traite lui porte un coup, dont il se remet temporairement en participant activement à la Traite Interlope.

Nantes acquiert rapidement connaissance et pratique efficace dans ce domaine (tout en maintenant par prudence les activités traditionnelles).
La Révolution et la Chute de Napoléon conduisent les élites locales à idéaliser la fin du XVIIIème siècle perçu comme un Age d’Or.
Sitôt la Paix retrouvée, nombre de familles issues du négoce reprennent activement la Traite.
Celle-ci permet d’affirmer et de consolider sa position sociale, ou de s’élever dans l’échelle sociale.
A Nantes, les pères d’armateurs négriers appartiennent à trois milieux différents : Capitaines, chirurgiens, gens de mer forment la filière « démocratique » (18% du milieu négrier au XVIIIème). C’est un moyen d’amorcer l’ascension sociale de la famille.
Les fils de négociants sont largement majoritaires (64% du total), il s’agit d’amplifier et consolider la réussite déjà établie.
Nantes ajouta plus nettement qu’ailleurs la filière aristocratique. Au XVIIIème la noblesse bretonne est nombreuse et souvent désargentée. Les familles nobles fournissent alors 14% du milieu négrier nantais. Le père de Chateaubriand en a fait partie.
Dans tous les cas, l’entrée en Traite renvoie à un projet social.

Pour le XVIIIème, les profits annuels sont estimés entre 4 et 6%, avec des résultats très aléatoires.
A l’exception de quelques rares armateurs, la traite est intégrée dans une stratégie diversifiée des activités.
Traite et commerce colonial permettent une croissance de l’économie locale, attirant des suisses qui se spécialisent dans la fabrication d’indiennes de traite.
Négociants et armateurs investissent peu dans l’industrie naissante. Ils préfèrent le commerce et la construction de belles demeures (Feydeau, Quai de la Fosse, « folies campagnardes »), afin de paraître et de vivre en notables.
Ils reconvertissent une partie de leurs biens en capitaux scolaires, politiques assurant dans le temps la reconduction de leur influence.

L’impact dans les mentalités est plus difficilement saisissable.
Capitale de la Traite Négrière, Nantes est montrée du doigt dés la Restauration (1815).
Thomas Dobrée critique « l’Infâme trafic » contre l’opinion commune, mais demeure un cas isolé.


Il faut attendre les années 1990 pour que l’on ose enfin lever la chape de plomb qui recouvrait la mémoire de la traite, d’abord à Nantes, puis à La Rochelle et tout récemment à Bordeaux.
Si les héritiers des négriers ont eu tant de mal à reconnaître cet héritage, c’est que les mentalités ont changé. Ce qui était un commerce parmi d’autres ne choquant personne jusqu’au premier quart du XIXème siècle, devient une honte avec la montée de l’esprit des droits de l’homme, la remise en cause des tyrannies et des absolutismes, et les interdictions multiples de cette pratique.
Noter que la première interdiction de la traite décidée par les anglais, n’est pas corrélative d’une remise en question de l’esclavage lui-même, mais l’interdiction du commerce des noirs en tarissait la source."


Aujourd'hui ça nous scandalise, facile de réprouver ce qui a été fait avant, mais à l'époque ça choquait personne, à part quelques uns qu'on n'entendait guère.
la traite est un commerce, ça rapporte, c'est bon.
Mais notre moderne vertu s'accomode fort bien de formes d'exploitations de l'homme par l'homme largement aussi indignes, qui pour ne pas être stricto sensu de l'esclavage ne maintiennent pas moins des êtres humains dans un état de sujétion et de servitude!
.

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MessageSujet: Re: La Traite négrière à Nantes   Mar 12 Juin 2012 - 18:47

Citation :
Il faut attendre les années 1990 pour que l’on ose enfin lever la chape de plomb qui recouvrait la mémoire de la traite, d’abord à Nantes

Merci Olivier Pétré-Grenouilleau...


Quand on pense que des associations lui ont fait un procès (ou ont voulu en tous cas) parce qu'il aurait soi-disant soutenu la traite en refusant de la considérer comme un génocide...
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MessageSujet: Re: La Traite négrière à Nantes   Mer 13 Juin 2012 - 0:31

En lisant ton article, un commentaire peu avenant me venait à l'esprit, mais je vois qu'il rejoint ton propos en italiques, en fin de texte, je ne redis donc pas.

Par contre j'ai une question : comment sur place les esclaves étaient-ils embarqués pour leur galère-destin ? Est-ce qu'ils étaient kidnappés dans leur village ?

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MessageSujet: Re: La Traite négrière à Nantes   Mer 13 Juin 2012 - 0:53

Ils étaient souvent le produit d'un commerce entre populations africaines essentiellement fondé sur la capture d'ennemis lors de luttes entre peuples. C'est ce qui pose problème à certaines associations au regard univoque : la traite ne pouvait exister que parce que les Africains vendaient eux-mêmes d'autres Africains aux blancs. Avant la traite atlantique, il y avait déjà vente d'esclaves venus de l'Afrique subsaharienne mais ce commerce se faisait surtout vers le nord et il s'agissait alors de marchands musulmans.

Je suis sûr que Trys pourra compléter ces quelques remarques au cas où tu attendrais une réponse ce soir (le genre de question qui empêche de dormir...).
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MessageSujet: Re: La Traite négrière à Nantes   Mer 13 Juin 2012 - 1:47

Finalement, rien n'a changé. En lisant " L'Equation Africaine de Yasmina Khadra
on s'aperçoit que l'opération rapt/négociations/vente (rançon) est toujours au goût du jour...

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MessageSujet: Re: La Traite négrière à Nantes   Mer 13 Juin 2012 - 21:45

MBS a répondu. les africains pratiquaient autant l'esclavage que les autres. Les européens ne se sont jamais aventurés à l'intérieur de l'Afrique, ils laissaient la partie "capture" aux chefs et rois noirs avec lesquels ils étaient en relations commerciales.

Quoi qu'il en déplaisent à certains, la traite n'a fait qu'intensifier un trafic déjà existant. Les peuples guerriers razziaient les peuples agro/ pastoraux plus pacifiques, et ça remonte à la plus haute Antiquité. Il était du meilleur goût à Rome d'avoir au moins un esclave noir, ça montrait qu'on avait les moyens, venant de loin, ils coûtaient très cher!

Les arabes (bien avant l'Islam) pratiquaient ce commerce, déjà les grecs redoutaient ceux qu'on nommaient les "barbaresques" dont la spécialité étaient la piraterie. Le système était simple: s'emparer du navire, prendre la cargaison et ne conserver de l'équipage que ceux qui avaient des compétences monnayables! Cette insécurité méditerranéenne a beaucoup ennuyé les romains qui ne pouvaient faire régner autant sur terre que sur mer la "Pax Romana"
Très tôt (c'est attesté dés le XIVème siècle, mais antèrieur) les portugais sont entrés dans ce trafic, et ils sont ceux qui ont pratiqué avec le plus d'acharnement la Traite Interlope après l'interdiction (CF le film de Spielberg Amistad fondé sur une histoire vraie).
Les demandes européennes ont intensifié le trafic, elles ne l'ont pas créé.

Les évêques africains ont en 1998/99 écrit une lettre d'excuse pour le rôle joué par les africains et l'Eglise dans la Traite, ce qui a déclenché la fureur de certains qui persistent à nier ce rôle.
Petré Grenouilleau, sur qui je me suis appuyée (très fort) pour mes recherches et la rédaction, est en effet contesté, il dit ce qui a été, sans accuser personne, mais ça plaît pas. Prononcer son nom c'est s'attirer ici à Nantes de la part de certains un haussemnt d'épaules: "Oh lui..."
Et non, la traite est tout ce qu'on veut d'ignoble, mais en aucun cas un génocide, le mot est employé un tisoit à tort et à travers en ce moment. Et dire ça est un constat, en aucun cas une justification.
Les "génocidés" ce sont les indiens, tant d'Amérique que des Antilles, eux ont les a délibérement exterminés, ils ne servaient à rien aux yeux des européens!


Dernière édition par Tryskel le Jeu 14 Juin 2012 - 0:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Traite négrière à Nantes   Mer 13 Juin 2012 - 23:28

Merci pour ce complément. Je voulais en venir à ta conclusion (décidément, nous sommes synchro, Trys) : le riche blanc n'est pas le seul à tremper dans cette histoire de trafic, et s'il est blâmable pour sa partie, il n'en demeure pas moins qu'il n'est pas le seul. Donc dans cette affaire, personnellement j'englobe le genre humain dans sa généralité. Les plus forts prennent les plus faibles et s'en servent. Il n'y a rien de nouveau de nos jours, on a beau ériger des monuments contre l'esclavagisme, la forme a changé mais le fond reste le même....

Quant à l'emploi du mot "génocide", je suis encore une fois d'accord avec toi, Trys. On est particulièrement attaché à dire n'importe quoi, de nos jours, pourvu que ça frappe fort et que ça fasse du lectorat, du spectateur, bref, du fric.

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MessageSujet: Re: La Traite négrière à Nantes   Mer 13 Juin 2012 - 23:58

Je vais nuancer le dernier propos de Trys sur le génocide... Pour les Indiens d'Amérique du Nord c'est évident parce qu'il y avait quelque chose à leur arracher à savoir les grandes prairies qui étaient leurs domaines. Pour ceux des Antilles et de manière plus générale les "Indiens" de l'Amérique latine, cela ne correspond pas (dans le passé) à une volonté d'élimination. Au contraire, pour les Européens, voir ces types tomber comme des mouches c'était plutôt une mauvaise nouvelle : qui allait exploiter les mines ou les plantations ? Et c'est là qu'on a pensé aux Africains noirs dont on connaissait la robustesse. Tout ça à cause de maladies bénignes en Europe mais contre lesquelles les habitants de l'Amérique n'avaient aucun anticorps.

Et pour la question plus générale sur le génocide, le dernier numéro de l'Histoire consacre son dossier à la Vendée... Avec présentation de ceux qui accréditent l'idée d'un génocide des Vendéens... Je n'arrive pas à comprendre pourquoi on est si cons dans le sud ; on devrait se plaindre nous aussi du génocide perpétré par les armées de la croisade contre les Albigeois. Ou alors c'est qu'on a conscience que le ridicule peut tuer ceux qui parlent sans savoir...
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MessageSujet: Re: La Traite négrière à Nantes   Jeu 14 Juin 2012 - 0:23

Les indiens de Patagonie ont été décimés sauvagement, et pour ceux qui étaient capturés, ils ont été utilisés comme bêtes de foire, exposés dans les cirques ! Il y a quelques années, il restait encore deux d'entre eux, deux vieilles dames (elles étaient soeurs, je crois). Aujourd'hui, il est probable qu'elles sont mortes, et qu'il n'en reste donc plus un seul.
Toute une culture disparue, et pourtant, ces hommes et ces femmes étaient riches dans leur tête !

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MessageSujet: Re: La Traite négrière à Nantes   Jeu 14 Juin 2012 - 1:10


La notion de génocide en parlant des vendéens est une connerie! Certes la République naissante n'a pas été tendre avec eux, mais le terme est totalement inaproprié, pourtant il est à la mode!

D'accord pour les Taïnos, mais les Caraïbes ont été exterminés de sang froid, c'étaient des teigneux qui se laissaient pas envahir si facilement, et on les a accusé de canibalisme pour justifier, comme on s'est servi des sacrifices humains (bien réels mais moins intensifs que prétendu) pour se débarasser des Incas et des Aztéques (eux mêmes esclavagistes). Une fois leur or arraché, comme ils ne voulaient pas aller dans les mines ou qu'ils y mourraient trop vite compte tenu du travail forcé qu'on leur imposait, ils n'ont plus été qu'un encombrement.
Il reste quelques Caraïbes aujourd'hui, parqué dans une réserve à La Dominique.

Ce que j'expliquais hier c'est que si l'interdiction de la traite a du être réitérée c'est qu'elle n'était pas respectée. En Histoire quand il faut rappeller une loi c'est qu'il y a résistance à l'appliquer.
Les sociétés esclavagistes ont freiné des quatre fers parce que c'était toute leur organisation qui était remise en cause par l'arrêt de la traite puis l'abolition. Construite sur le travail servile, qu'allait-elle devenir si on leur enlevait leurs esclaves? C'est grave de demander à une société toute entière de se remettre en cause aussi totalement d'un coup. Ce n'est pas seulement une question de fric, mais de mentalité profonde, ils étaient bien pratiques ces nègres si costauds, si dociles. Si le maronnage a existé très tôt, il ya eu très peu de révoltes, mis à part Haïti qui est resté un cas unique!

Il faut prendre garde à ne pas employer des termes comme "génocide" à tort et à travers, ça leur faire perdre leur sens.

Et tu as raison MBS de préciser "dans le passé" parce qu'aujourd'hui c'est bien à une élimination de ceux qui ont survécu malgré tout qu'on procéde, curieusement, ça ne semble pas toucher ceux qui sont si promts à s'indigner quand on parle vrai du passé!
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