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 Textes stage Montbron Juillet 2012

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Tryskel
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MessageSujet: Textes stage Montbron Juillet 2012   Sam 11 Aoû 2012 - 21:01


Premier exercice:



23/07/12

Phrase de début : JE N’AURAIS JAMAIS DU COMMENCER PAR…
Mots obligés : Bio ; Cannabis ; Résille ; Torchon ; Radis ; TGV.

JE N’AURAIS JAMAIS DU COMMENCER PAR…


Je n’aurais jamais du commencer par accepter cette mission : infiltrer le « Gang du Cannabis Bio ».

Pendant 18 mois de travail en sous marin, j’ai du porter des costards/ cravates, et de grands couturiers s’il vous plaît, bon c’était le gang qui raquait mais c’est pas franchement mon style.
C’est que - je vous explique-, les « Cannabis Bio » n’étaient pas n’importe qui. Pas le genre casquette de base-ball à l’envers et sweat à capuche trop large, non, pas du tout.
Ils opéraient dans la haute, ils ont tout de suite pigé que le filon « Bio » serait fortement rentable dans le domaine des stupéfiants, s’envoyer en l’air au « naturel » c’est plus tendance
Et quand on fraye avec les VIP, faut se saper avenue Montaigne.
Le TGV, quand ils daignaient le prendre parce que leur chauffeur avait un rhume, c’était toujours en classe pro.
Moi qui suis du genre jean/ T shirt, j’ai du forcer mon personnage, mais c’était pour la bonne cause.
Quand le grand patron a vu mon mouchoir à carreaux, il m’a balancé sèchement :
« C’est un torchon ça, nous ne portons que des pochettes de soie !
Ecoutez mon vieux, j’accepte de vous prendre à l’essai parce que vous m’êtes recommandé par le Duc de Radis- Résille, plus qu’un client, avec un réseau épatant de relations, mais vous devez vous conformer à nos règles.
La discrétion, l’élégance sont nos meilleurs arguments marketing. Nous faisons du commerce, uniquement du commerce de produits 100% naturels, mais nous le faisons avec classe ! »

Radis- Résille, tu parles ! Il m’avait recommandé parce qu’il n’avait pas le choix : pris la main dans la culotte d’un petit garçon au milieu de ballots de cannabis bio, c’était la taule et le scandale ou il devenait notre taupe. On lui accordait un joint de temps en temps, mais sous contrôle, fallait pas risquer qu’il vende la mèche un jour où il serait trop défoncé.

Comme ces gens là sont méfiants, ils ont commencé par me filer des petits boulots sans conséquences si je me faisais piquer par mes collègues. Puis comme je me suis montré efficace, je suis vite monté en grade. J’assurai la liaison avec les fournisseurs d’Amsterdam, et je contrôlais les plantations pour vérifier que les cultures étaient bien bios.
Paris/ Amsterdam ; Amsterdam/ Paris… J’en ai bouffé des Km en TGV.
J’aime pas le train !
Mais ils disaient : « C’est plus discret, l’avion est trop surveillé, les voitures trop contrôlées. Vous transportez les échantillons dans une mallette sans étiquette que vous placez avec les bagages, si les douaniers la fouillent, elle n’est à personne. Portez toujours de gants pour la manipuler, ça évite les empreintes. »

Ma couverture c’était représentant en graines bio (pas tout à fait faux d’ailleurs). Des radis, j’aime pas les radis ! Une nouvelle variété que ce vaniteux de Duc avait fait baptiser « Résille » parce qu’il avait financé en partie la recherche.

J’ai réussi ! Au bout de 18 mois de ce manège alors que je frôlais l’overdose de radis en TGV, on les a tous serrés. Le coup de filet du siècle, ils n’ont jamais compris d’où ça tombait…

J’ai réussi, trop bien ! Le succès de l’affaire est monté à la tête de mes chefs qui ont reçu médailles et félicitations pour l’occasion. Moi, que dalle !
« Vous devez rester dans l’ombre pour d’autres missions, vous nous êtes trop précieux.
Vous savez mon cher que les trafics ne cessent jamais, nous démantelons un gang, il en surgit un autre, la concurrence occupe l’espace libéré, et les trafiquants débordent d’imagination. C’est inouï ce qui peut se trafiquer. »

Ca pour être inouï, c’est, inouï !
Me voilà infiltré dans un gang de contrefaçon de bas résille (ils reviennent à la mode).
L’usine est en Roumanie, je prends le TGV une fois par semaine pour aller à Berlin, de là je loue une voiture, banale, pas question sur ce coup là de se faire remarquer avec une berline de luxe ; dommage, j’ai un faible pour les caisses bien carrossées.
Je contrôle la fabrication, je lance la mise sur le marché. Puis je fais le tour des distributeurs en Europe et aux Etats-Unis (ça marche fort à Las Végas les résilles).

Je ne vis plus jamais chez moi, ma femme en a marre, elle demande le divorce…
Je n’aurais jamais du commencer par accepter cette mission d’infiltration du Gang du Cannabis Bio, jamais !





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blue note

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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Sam 11 Aoû 2012 - 23:15

Sympa et dans l'air du temps
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Romane
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Dim 12 Aoû 2012 - 18:13

Autant dire que j'enrage deux fois plus devant l'impossibilité de cette année, en matière d'écriture. Je sais de quoi vous êtes tous capables, la frustration est décuplée. pfff

Celui-ci est encore une petite merveille de régal !!

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Dim 12 Aoû 2012 - 21:05

Pour te consoler Ro! bisou

J'ai profité du calme qui règne chez moi pour retravailler un peu ce texte là:

2ème exercice:

24/07/12


INTRIGUE SOUS LES TROPIQUES BERRICHONNES

Mots : Hémisphère ; Catégorie ; Faramineux ; Coupe-gorge ; Coupe au bol ; ras le bol ; Lubrique.

Inclure 8 alexandrins.

INTRIGUE SOUS LES TROPIQUES BERRICHONNES


Il lui fallait un endroit tranquille, isolé même. Depuis plusieurs mois il ne produisait plus rien de valable. Quelques lignes par ci, par là, rien d’exploitable.
Son éditeur le pressait, il ne fallait pas casser le rythme de parution : un roman tous les 18 mois.

Il, Fanch de Naoned, un nom à la con, mais son éditeur avait été intraitable sur la question. A l’auteur débutant attendant le verdict en tremblant il avait asséné :
« Je vous publie, vous apportez le sang neuf dont le polar a besoin, mais…
Il avait posé l’index sur le patronyme fièrement calligraphié sous le titre :
- Pas sous ce nom là !
Et levé la main pour prévenir toute objection :
- Larousse, je sais pas si vous êtes au courant, mais c’est déjà pris, et François, franchement, vos parents se sont pas foulé d’originalité pour votre prénom. Faut vous en trouver un. Vous êtes d’où déjà ? Ha, oui, de Nantes, c’est où ça ? En Bretagne, voilà, votre flic est breton, alors on va vous trouver un nom breton, ça collera pile/poil !
Et voilà comment il s’était retrouvé affligé de ce pseudo, il avait fini par s’y faire et pour l’heure, ces préoccupations étaient à des années lumières de ça.


Le « Gémi », du nom du commissaire héros de ses histoires policières était attendu avec impatience par un lectorat fidèle depuis 12 ans. Il devait absolument sortir le 10ème volume.


Mais il n’y parvenait pas. Le commissaire Pierrick Gémi, plutôt beau mec, aussi habile à démêler les intrigues les plus embrouillées que maladroit en amour commençait à le fatiguer.
Il voulait se renouveler, le tuer, le faire mourir à la fin ce bouquin là, c’était une idée, mais une idée qui ne parvenait pas à prendre corps, et c’est ça qui le bloquait. Si Gémi devait finir, ça devait être en apothéose, mais l’apothéose ne s’illuminait pas, vraiment pas du tout, le trou noir, la page blanche. Quelle que soit la couleur, il n’avait pas l’ombre d’une accroche…

Il avait promené Gémi dans toute la France, enfin presque. Pour le feu d’artifice final, il fallait un lieu nouveau, un lieu mystérieux, un lieu qui en lui-même serait déjà une intrigue…
Un ami lui parla du Berry, plus précisément de la Brenne, de ses étangs, ses brumes, ses sorcières, son calme, et, argument encore plus décisif, de sa bière au gratte cul.
Il avait envisagé de partir sous les tropiques, ma foi, le Berry, c’était moins loin, pas besoin de changer d’hémisphère.
Il trouva une maison à louer, bien tranquille au milieu des champs, sans voisin immédiat, au bord d’un étang. Pour 3 mois, délai ultime avant de livrer le manuscrit.
Il s’était quand même assuré qu’il y avait un troquet au village : « pas de polar sans bar ! »

Quand il arriva à la maison, il trouva les pompiers dans la cour :
« Que faites vous ici ?
- On cherche un nid de frelons asiatiques, les propriétaires nous ont demandé de les déloger avant votre arrivée.
Il nota sur son carnet :
-Pompiers
- Frelons asiatiques
Ca peut toujours servir…

Oui, ça allait servir : un meurtre aux frelons asiatiques (se renseigner sur ces bestioles… vive Wiki). Gémi (pourquoi l’avait-il imaginé si nonchalant ?) allait devoir se remuer le cul pour prouver que l’assassin les avait volontairement introduit dans la maison de la victime, fatalement allergique aux piqûres d’insectes…
Ce n’était pas faramineux comme point de départ, mais c’était un progrès : il avait un point de départ, et il pouvait fignoler, ajuster, placer la touche qui faisait le succès des Gémi.
Il en avait ras le bol de traîner ce vide dans sa tête depuis des mois. Cerise sur le gâteau, sa dernière petite amie venait de le plaquer pour un commissaire de police du Sud de la France. Il détestait le Sud !
Juste un SMS :
« Je te quitte pour un flic, un vrai celui là ! »
Il l’avait noté, ça peut servir. Pour écrire, tout peut servir…

Il était assis sur la terrasse sous un parasol bayadère, affreux, mais il savourait le calme, la nouveauté du paysage, pour un citadin pur et dur comme lui, la moindre ouverture sur la campagne était exotique.
Les pièces du puzzle commençaient à s’ajuster. Il griffonna rapidement, tout en levant un œil de temps à autre pour vérifier que les frelons avaient bien été chassés. C’est bien de s’en servir dans un roman, beaucoup moins de les subir à vous zonzonner autour.

« La femme, une riche propriétaire de la Brenne (il n’aurait pas besoin d’inventer un décor, celui-ci convenait à merveille) avait rencontré un homme séduisant et filé le parfait amour jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive qu’il utilisait sa propriété pour des activités qu’on pouvait classer dans la catégorie : « carrément louches .» Vivant partie à Paris, partie sur la Côte d’Azur, ne venant en Brenne qu’une fois par an, elle lu avait confié naïvement les clefs de chez elle, ce serait pratiques pour ses « affaires ».
Lesdites « affaires » provoquaient des allées et venues qui avaient attiré l’attention du plus proche voisin (à 5Km), lequel ne voulant pas se mouiller l’avait signalé à l’adjoint au maire qu’il savait vague cousin de la dame. Lequel adjoint, ne prenant pas de risques, l’avait signalé au notaire gérant de la propriètè. Lequel notaire avait sous prétexte d’entretien envoyé prudemment deux « ouvriers » pour voir un peu ce qui se passait vraiment avant de juger opportun de décider d’avertir sa cliente.
Le rapport s’avérant sans équivoque, il avait écrit :
« Madame, il semble que votre propriété ; dont j’ai la charge ce qui engage ma réputation ; se soit transformé en véritable coupe-gorge.
On y voit entrer des limousines dont descendent des hommes à la mine lubrique qui rejoignent à l’intérieur des femmes que (sans jugement moral notez bien) l’ont pourrait qualifier de « légères. »
Granges et écuries sont encombrées de ballots surveillés jour et nuit par des hommes qu’on peut sans extrapolation considérer comme armés.
Aussi, je me permets de vous engager à prendre les mesures adéquates pour que cesse cet état de fait avant que n’éclate un scandale qui nous serait préjudiciable à tous. »

C’était bon, ce qui avait fait sa réputation c’était ce mélange de langage châtié et de mots plus que courants et familiers. Ces personnages qui cherchaient avant tout à garer leurs miches, quelles que soient les magouilles dans lesquelles ils trempaient. Et le beau Pierrick balançait des coups de pieds dans la fourmilière jusqu’à faire sortir l’assassin du bois.
Une autre exigence de l’éditeur, toujours au moins un meurtre par volume, les lecteurs aiment ça, et les lecteurs remplissent le tiroir caisse.

Il était satisfait, au bout de huit jours, il tenait son intrigue :
La nana allait vouloir virer (discrètement pour pas avoir l’air d’une gourde) son mec. Le mec allait très mal le prendre ; la base d’opération était idéalement discrète ; et décider de la liquider.
A propos de liquider, restait un point crucial : la mort de Gémi, Comment, quand ?
Quand fastoche, il fallait d’abord qu’il dénoue l’intrigue, laquelle allait se corser par l’ajout de détails qui lui viendraient à mesure.
Mais « Comment ? » Il pouvait le noyer dans un étang, mais c’était carrément banal, et Gémi justement haïssait la banalité.

C’était le soir du 10ème jour de son séjour, il réfléchissait à la chute de son 10ème qu’il voulait dernier volume des aventures de Gémi. En vain !
Il avait ôté le parasol bayadère que décidément il ne supportait pas, et sirotait un whisky. Non qu’il apprécie particulièrement ce breuvage, il préférait un bon rouge de Cahors, mais un auteur de polar ça fume et ça boit du whisky !
Il ne le vit pas arriver, mais il était bien là, ses cheveux ailes de corbeau, son jean et son Lacoste, ses yeux verts, son mètre 95.
Et que lui yeux bruns, 1m70, ordinaire quoi, aurait souhaité être.
« Tu m’offres un verre ?-
- T’aimes pas ça, t’es breton, tu carbures au chouchen.
- Toi aussi, t’es breton, toi non plus t’aimes pas vraiment ça. Et puis sors un peu la tête de ton ordi, les bretons font un très bon whisky ! Comme leurs frères irlandais et écossais. Tu sais le surnom que me donnent mes collègues : « le Celte Noir. » je suis comme tu m’as voulu, breton, donc têtu et en 12 ans, j’ai évolué.
- Un celte brun ça plaît aux lecteurs qui en sont encore à « nos ancêtres les gaulois blonds aux yeux bleus… »
Mais… mais, j’hallucine ! Je serais en train de causer avec mon personnage, tu ne peux pas être là, tu n’existes pas !
- Oh, que si mon vieux, j’existe ! J’existe tellement que tu es en train de te triturer les méninges pour te débarrasser de moi, mais tu peux pas ! Tu veux me faire mourir, mais totalement hors de question, je suis un peu toi aussi, t’as envie de te suicider ? Sans moi, Fanch DE, attention, la particule, n’est rien, et je crois pas que nos lecteurs supporteraient.
Au passage, ces lecteurs, je crois pas qu’ils captent la part ésotérique de mes aventures, pas grave, moi j’y tiens, toi aussi.
- La particule, d’ac, c’est prétentiard, mais c’est mon éditeur qui l’a voulu.
- Mon éditeur par ci, mon éditeur par là, c’est pas Dieu le père ce type ! Et je sais qu’il n’aimerait vraiment pas du tout que tu me zigouilles !
Tu me le sers ce verre, comme hôte, t’es nul ! »
Gémi s’empare de la feuille que griffonnait Fanch :
« Et comme poète aussi, c’est quoi ça, des alexandrins ? Tu fais dans la poésie maintenant ?
- J’ai toujours écrit de la poésie, mais mon éditeur refuse de la publier. Un auteur de polar, ça n’écrit pas de poésie et surtout la poésie ça se vend pas ! Mais je voulais qu’avant de disparaître tu laisses deux quatrains en alexandrins.
- Je meurs pas, fourre toi ça dans le crâne ! Je sais que je commence à t’emmerder, mais c’est toi qui m’as créé. Si on s’y met à deux, maintenant que je suis sortie des feuilles de tes bouquins, on va mijoter des intrigues bien tordues, sous les tropiques berrichonnes, déjà t’as une ébauche, et ailleurs, je peux voyager dans le monde entier tu sais.
Toi, voyager, t’aimes pas ça, dés que t’es à quelques bornes de Nantes ou Paris tu paniques, je me demande comment tu tiens depuis si longtemps dans ce trou paumé.
- J’avais besoin de me ressourcer, et je viens de subir une déception sentimentale, tiens, bois et sors moi des alexandrins voir si t’es cap !
- « Rien ne nous rend si grand qu’une grande douleur
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux… »
Pas mal non ?
- Mieux que pas mal, mais c’est pas de toi. Montre moi ce que tu sais faire.
- « Je vaque sur la lande en traînant ma douleur
Aux ajoncs je clame le chagrin de vivre
Sans toi ma toute belle, mon soleil, ma chaleur
Toi qui m’as plaqué emportant tous mes livres. »
- Carrément minable !
- Ben fais mieux pour voir.
- « Mon pauvre cœur brisé déplore ton départ
Tu m’as quitté chérie me laissant esseulé
Depuis je ne vois plus partout que du brouillard
Et je bois du whisky pour mon chagrin noyer. »
- Et c’est moi qui suis minable ? On ferait mieux de se limiter au polar tu crois pas ?
- Si, allez, on s’en ressert un, à quoi tu penses ?
- D’abord, mon adjointe, Jeanne Donrésol- dans le style blague à deux balles et cliché éculé t’as fait très fort- donc Jeanne, elle va tomber amoureuse d’un chanteur de rock. Elle change radicalement de look, vire sa coupe au bol ses lunettes et ses talons plats. Elle prend du galon et change d’affectation pour suivre son braillard.
Moi je passe commissaire principal, et je bosse en solo. J’aurais plus sur le dos mes supérieurs qui pincent le nez devant mes méthodes mais se frottent les mains de mes résultats (ça aussi ça fait cliché). Enfin je peux avoir un petit jeunot avec moi pour le former, un différent à chaque enquête, ça te forcera à imaginer de nouveaux personnages, je soigne ta créativité.
Bon, pas mal ficelé ton début d’affaire, mais si au lieu de faire banalement dans le cul et la drogue le mec assassin faisait dans…





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Mihou
Palala hi hou
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MessageSujet: a   Mar 14 Aoû 2012 - 17:00

bon, nous avons quand même bein pondu quelques textes.....
par exemple: rédiger un texte sur le thème '' intrigue sous les tropiques berrichonnes '' comprenant les mots suivants: hémisphère, catégorie, faramineux, coupe-gorge, coupe au bol, ras le bol, lubrique.

Le début du texte consistait en huit alexandrins lubriques que n'eût pas dédaignés le plus grivois des corps de garde:

Quand tu t'exposes nue avec ta coupe au bol
Des parties de ton corps, celle que je préfère
C'est le creux de tes reins dominant l'hémisphère
Qui transforme mon vis en queue de casserole
Et quand, d'un geste prompt, tu saisis l'ustensile
Tel un vert marmiton, prête à goûter la sauce
Je songe à Henri Quatre arborant son grand os
Devant le petit cul d'une vierge nubile.

Une telle introduction, si je puis dire, aurait pu provoquer mon dégoût, ou du moins me laisser douter de l'intérêt de ce qui suivait, mais, membre de la catégorie des curieux, je poursuivis ma lecture.
J'étais dans le grenier de Montbron où il m'arrive de prendre mes quartiers lorsque rien d'autre ailleurs n'exige ma présence.
Un faramineux trésor, ce grenier! La propriétaire, l'illustre Patricia Romanet-Faucon, m'a confié les clefs depuis son élection à l'académie française. Je me dois d'ailleurs de la transformer en musée au moment opportun: avec celui de George Sand, à quelques lieues d'ici, l'appétit des touristes culturels en Brenne en serait accru.
Une quinzaine de valises, toutes millésimées, renferment les manuscrits soigneusement étiquetés des plus ou moins jeunes ''stagiaires'' venus ici acérer leur plume chaque été auprès de notre alors ''future'' académicienne.
2011: j'avais ouvert celle-là par hasard, désirant connaître la qualité de ces travaux et l'ambiance y régnant, si tant est que les documents la laisseraient transparaître.
Je ne fus pas déçu!
La suite décrivait comment, cette année-là, un serein atelier d'écriture se transforma en coupe-gorge à l'issue d'une saynète particulièrement hilarante où une vieille misanthrope acariâtre suscitait un ras-le-bol général.
Ces vers, mis en exergue, n'étaient que le reflet d'une longue tirade passionnelle, développée plus avant, qu'un malheureux stagiaire cacochyme adressait à la vieille acariâtre.
Le texte, manuscrit, n'est pas signé, et la valise ne révéla pas non plus le nom des acteurs.
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Mihou
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Mar 14 Aoû 2012 - 17:30

autre exercice: rédiger un texte commençant par :''Je n'aurais jamais dû commencer par...'', et intégrant les mots suivants: Bio, cannabis, résille, torchon, radis, TGV.

Je n'aurais jamais dû commencer par considérer les adultes comme des lumières nécessaires à la thérapie de mon aveuglement d'adolescent rebelle.
Père était pigiste dans un torchon local plus utile au renforcement des convictions droitières de ses lecteurs qu'à leur juste éducation culturelle et politique.
Ce métier lui rapportait peu, et dès le 15 du mois, Mère s'entendait dire déjà qu'ils n'avaientt plus un radis en poche...
Ceci aurait dû m'interroger sur la manière dont Mère palliait à ces manquements pécuniaires.
Sans le label « BIO » , ni viande, ni légume, ni boisson ou autre fromage ne franchissaient la porte, sans oublier l'intransigeance de Mère sur les textiles végétaux: comment menions-nous ce train de vie avec le pauvre pécule de Père?
La découverte d'une paire de bas résille négligemment oubliée au fond d'une valise constitua la première étape à la lente réponse à mon questionnement.
Ma maigre connaissance du monde et des humains me laissa perplexe de longues années.
Ce fut un autre oubli, dans une poche de chandail (j'adorais enfiler les chandails de Mère au parfum envoûtant...) qui m'ouvrit tout à fait les yeux : un billet de TGV Autun-Paris aller retour.
La date correspondait à une visite que Mère était censée rendre à sa tante Agathe, de Mousson, que Père exécrait principalement pour ses idées anarchistes, et secondairement pour son addiction militante au cannabis qui eût pu dévoyer irrémédiablement son rejeton de fils.
Mon enquête approfondie détermina que Mère se rendait régulièrement à Paris et tapinait sans vergogne, laissant à Dieu seul le monopole des voies impénétrables et m'offrant un éclairage inattendu sur le monde où je suis né.
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Romane
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Mar 14 Aoû 2012 - 19:46

J'ai beaucoup de plaisir à retrouver ces textes que je savoure encore plus en prenant le temps de les lire.
Mimi, je t'ai déjà dit que tu devrais écrire plus souvent...

Je songe à la rentrée à proposer des jeux et défis en live, que je n'ai pas pu vous mettre sous la dent faute de temps et de confort, mais tout ça rentre dans l'ordre et je pressens encore des petites merveilles étonnantes.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Mer 15 Aoû 2012 - 0:20

Je confirme : vu la saveur de ses textes, monsieur mi devrait écrire plus souvent...
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Mer 15 Aoû 2012 - 2:20


Persiste et signe: c'est toujours un immense plaisir que de se soumettre à des contraintes pour découvrir que de ces contraintes naissent des textes totalement différents!
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kate100fin
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Mer 15 Aoû 2012 - 10:23

Un pan du mur de la carrière de Montbron s'ouvrit. Une silhouette sombre s'engouffra à l'intérieur. Un petit personnage rabougri, boiteux et édenté l'accueillit à l'entrée.
La grande silhouette se frotta les mains :
- Mon petit Tok, ça va chauffer dans l'hémisphère : les lubriques sont prêts à envahir Montbron...
Le petit être répondit avec un sourire grinçant :
- Oui, maîtresse adorée, donnons une leçon à ces andouilles là-bas qui préfèrent la coupe au bol - alors que tout le monde sait qu'il n'y a rien de mieux pour tremper ses tartines !

Le soir même, non loin de là, en la demeure de Dieu, alors que des convives s'apprêtaient autour d'un faramineux repas il se produisit un évènement étrange. En effet, au lieu de se souhaiter bon appétit chacun se mit à insulter son voisin.
La duchesse à talons invectiva la fée Morgane :
- De toute façon, vous n'êtes plus qu'un mythe en guenilles !
Le comte de Mihou pris aussitôt sa défense tout en visant son voisin :
- Tandis-que vous, Madame et votre ami d'Eon, respirez la santé des greniers poussiéreux !
Le chevalier d'Eon pris Dieu à partie :
- Laisserez-vous ce mouflon insulter vos amis ?
Comnios l'Atrébate, silencieux jusqu'ici leva les yeux vers Muche la korrigane et son amie la poule piquante :
- Et que dire de celles-ci aux allures grotesques ?

C'est là que Dieu, à l'instinct imperturbable et à l'oeil animé d'une éternelle lueur de lucidité, tourna son regard vers le mur pour se concentrer. Elle éleva la voix et montra le chemin :
- Taisez-vous et regardez !
Le silence se fit et chacun regarda le doigt de Dieu.
Juste au-dessus de leurs têtes, il y avait un trou dans le mur du logis - et on y voyait entrer de petites créatures dotées de plusieurs yeux et d'ailes serpentines.
La duchesse à talons ôta ses lunettes et fit un pas vers le haut :
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
La fée Morgane s'approcha à son tour :
- Assurément une nouvelle catégorie d'entités troglodytes...
Les deux lutines bretonnes semblaient en réflexion, puis commentèrent chacune leur tour :
- A mon avis nous voilà envahis de créatures sinistres qui percent dans les murs pour troubler nos esprits -
- De part leurs maléfices elles sont évidemment la source des conflits...
Le chevalier d'Eon et le comte de Mihou tirèrent en coeur leur espadon :
- Pourfendons la vermine avant qu'elle ne nous ronge !

Dieu, ravi de contempler ses convives à nouveau réunis autour d'une juste cause, ferma les yeux et leva les bras au ciel :
- Je sais d'où cela vient : c'est la sorcière du Berry. Elle est affreusement vexée de ne pas être invitée. Je la croyais partie en pèlerinage à Salem mais de toute évidence elle a rejoint Montbron.
Comnios l'Atrébate se dressa d'un seul bond :
- Allez, tous dans mon char et allons la chercher, je ne sais que trop bien ce que la division engendre, je n'ai pas peur des sorcières et il reste du vin !

Et voilà comment depuis ce temps, au lieu-dit de Montbron, l'union des différences maintient la paix en Brenne.
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Mihou
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Mer 15 Aoû 2012 - 11:48

ah, qu'ai-je manqué?
super Kate! bisou
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kate100fin
Canta Strophe


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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Mer 15 Aoû 2012 - 15:40

Merci mon p'tit Mimi, tous les textes étaient super , très différents, c'est ça le but et on a bien rigolé de même...

Je n'aurais jamais dû commencer par faire cette promesse - Qu'est-ce qui m'a pris ? Je me suis emballée,comme d'habitude, persuadée que le hasard n'existe pas.
Je me souviens, je montais à Paris en TGV - je devais assister à la nomination aux Molières de la troupe des "stagiaires de Montbron" que j'avais connu jadis.
J'étais plongée dans une grande émotion - la petite troupe avait fait du chemin -quel bonheur...
Une euphorie béate et profonde avait pris le contrôle de mes sens, comme sous l'emprise tranquille du cannabis - dire que maintenant ils en font du bio, il faudra que j'essaie tiens un de ces jours.
J'arpentais le quai de la gare munie de mon cortège de pensées hors du temps, quand je l'aperçus. Une femme, d'un âge indéfinissable, assise en bord de rail, entouré d'un halo mystique légèrement décati.
Comme je passai près d'elle, elle leva vers moi un regard parfumé d'ocre bleu. Je me figeai soudain, incapable de réaction, incapable de décrocher mon regard du sien.
Elle sortit un torchon plié de son sac puis me le tendit sans un mot. Je pris dans mes mains le tissu blanc et rugueux et par réflexe, je le dépliai - doucement.
A l'intérieur, il y avait trois radis - magnifiques, comme s'ils venaient d'être cueillis. Trois radis, quelle curieuse idée - pourquoi trois ?
J'avais conscience que la femme me confiait là un trésor, son trésor. Pour quelle raison s'en défaisait-elle ? Quel danger la poursuivait au point de la pousser à confier le secret de son âme à une étrangère ? Pourquoi moi ? Il y avait d'autres personnes sur le quai.
Je ne réfléchis pas longtemps. Si j'étais là aujourd'hui, c'était pour un évènement particulier, alors il était normal que tout puisse arriver, que l'incohérence prenne sa revanche sur le monde.
Je repliai donc le torchon et le mis avec délicatesse dans ma poche.
Un sourire de soulagement cisela en douceur le visage de la femme, puis elle se leva.
Je la regardai s'éloigner me demandant si je le reverrais jamais.
La dernière image qu'elle m'offrit était cette silhouette en partance, ces jambes immenses enveloppées dans une furtive résille qui se noyait dans le flou de la marche qui s'éloigne.
J'ai tenu ma promesse - le torchon est toujours dans mon armoire, protégeant son trésor.
Et j'attends - le jour où elle pourrait enfin venir récupérer son âme.
Et j'espère que ce jour viendra, car croyez-moi, garder l'essence d'une âme est une lourde tâche - car si la mienne s'égare, le secret des trois radis sera à jamais, perdu.
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Jeu 16 Aoû 2012 - 1:09

Kate, ton dernier texte est totalement déjanté... et très tendrement poétique. J'aime beaucoup ++
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Jeu 16 Aoû 2012 - 1:33

C'est vraiment très chouette de pouvoir vous relire. Je regrette de ne pas avoir eu la force de poser un mot sur le papier, ne serait-ce qu'un seul. J'ai loupé ce plaisir sans nom. pfff

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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kate100fin
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Jeu 16 Aoû 2012 - 9:30

Et encore, on n'en a écrit que deux, j'en aurais bien fait plus. C'est un exercice qui m'avait beaucoup plu l'an dernier et qui permet de libérer l'esprit, et du coup d'être plus disponible pour se concentrer sur la pièce.
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   Mer 5 Sep 2012 - 21:06

Oui oui oui !!! Extras tous ces textes qui de plus font remonter les souvenirs à la surface......
Bon, je remets la main sur mes textes et je vous les poste... dès que je peux car j'ai repris le travail et je manque un peu de temps... Comme nous tous, je le sais !
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MessageSujet: Re: Textes stage Montbron Juillet 2012   

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Textes stage Montbron Juillet 2012
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