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 Les enfants de Saint-Malo

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fany



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Age : 57
Localisation : Chamalières (Puy-de-Dôme)
Date d'inscription : 15/08/2012

MessageSujet: Les enfants de Saint-Malo   Mar 25 Sep 2012 - 4:03

LES ENFANTS DE SAINT-MALO

A mon père]
Bretagne, oh Bretagne, mystérieuse et légendaire, pourquoi fais-tu périr tes fils, alors que tu abritas en ta forêt de Brocéliande, le roi Arthur et les chevaliers de la Table Ronde ?
Ta rudesse du temps devint celle de tes habitants mais seulement en apparence, car au fond de chacun d’entre eux règne une générosité à tout égard. Tes habitants sont marins de père en fils. Les personnages dont je vais conter l’histoire possèdent cette générosité.


Première partie : YOANN


Bonheur et tristesse

Il était une fois à Saint-Malo, un petit garçon blond comme les blés, qui était triste depuis la disparition de son papa.
Son père, Gwen, tel était son surnom pour le différencier d’un autre Gwénaël, avait disparu en mer. Sven, le capitaine et ami de la famille, avait annoncé cette funeste nouvelle à sa maman, mais il devait se tromper, son papa ne pouvait être mort, il le sentait, mais où était-il ? Aussi, chaque soir, il demandait à sa maman les dernières paroles que son papa avait dit, en laissant couler quelques larmes repensant à son époux. Pour le raconter, elle s’asseyait près de l’âtre et prenait Yoann sur ses genoux, ce dernier se blottissant contre elle.
- Anne, je vais sur le port voir si un chalutier a besoin d’un matelot" avait-il dit durant une semaine.
Le lundi suivant, il revint en souriant.
- Le Libertec lâche les amarres demain à l’aube. Je serais absent pendant environ deux ans.
- Le Libertec ?
- Oui, Sven a rebaptisé le bateau que son père lui a laissé à sa mort.
Anne fit le signe de croix.
- Gwen.
- Oui ?
- N’embarques pas s’il te plait, ça porte malheur un bateau que l’on rebaptise.
- Ne t’inquiètes pas, la saison se passera bien.
- Sois prudent pour l’enfant que j’attends.
- Alors je serai doublement prudent puis s’adressant à Yoann Ma petite grenouille…
- Mais je suis aussi celle de maman ?
- Oui, bien sûr. Tu vas me promettre qu’en mon absence tu veilleras bien sur maman.
- Promis, juré.
Sur ce, Yoann courut comme une flèche dans sa chambre.
- Yoann, papa va partir tôt demain, tu ne seras pas encore levé, viens lui dire au revoir.
Le petit revint en souriant et tendit le coquillage où l’on pouvait entendre les vagues.
- Tiens p’pa.
- Mais je ne peux pas accepter Yoann, tu m’as dis l’autre jour que c’était ton porte-bonheur.
- Oui, mais…je veux te le donner avant ton départ pour qu’il te porte-bonheur et que tu penses à maman et à moi.
Touché par le geste de son fils, il lui ébouriffa les cheveux, qu’il les aimait tous les deux.
- J’aimerai parler un petit moment avec maman, Yoann.
- Ah ! Oui, c’est vrai que vous êtes amoureux.
- Mais où as-tu entendu ce terme ?
- C’est Alan qui me l’a dit parce qu’un jour il a vu son papa et sa maman s’embrasser alors son papa lui dit qu’ils s’embrassaient parce qu’ils étaient amoureux, alors pour vous ça doit être la même chose" et d’ajouter "Je vais le voir, il doit être sur le port. Dis p’pa, tu pourras me faire signe pour que je te dise au revoir ?
- Oui, ma petite puce.
- Ah ! Non ! Pas ma puce, j’suis grand maintenant.
Le petit s’éloigna.
- Gwen, qu’en vas-tu lui dire ?
- A mon retour.
Lorsqu’elle racontait à son fils, les dernières paroles de son époux, elle omettait ce dernier dialogue car il aurai posé des questions et elle aurai du lui révéler le sercret
- Un chalutier a besoin d'un jeunot à bord.
- Je ne peux pas embarquer le jour de mon mariage ?
- Ce n'est pas demain que le capitaine d'un mousse mais maintenant.
- Mais...la célébration vient tout juste de se terminer.
- Comment comptes-tu faire vivre ta famille ?
- Je ne sais pas, mais attends, je vais en parler à Anne."
- Chérie, je vais partir en mer.
- Quand ?
- Tout de suite. Je suis désolé, tu n’aurais pas du m’épouser car je fais parti de la famille de ceux qui partent en mer, pardon.
- Je t’attendrai.
- Merci, mon amour.
Les années passèrent et les saisons de pêche se succédèrent. De mousse, il devint un marin confirmé pouvant seconder un capitaine.
A l’époque, où son père parti, Yoann n’a que quatre ans.
Six mois plus tard, Le Libertec revint à la grande surprise des malouins. Les femmes accouraient de toutes parts. Toutes se demandaient quel malheur avait frappé le bâtiment.
Anne arriva essoufflée avertie par Gwendoline, sa sœur, maman d’Alan. Aussitôt, elle voulut s’enquérir des nouvelles, revoir son cher et tendre époux.
Stephen, son beau-frère, se détacha après avoir embrassé tendrement Gwendoline et Alan, et se dirigea vers Anne.
- Sois courageuse, Anne…
Il ne put continuer sa phrase, Anne éclatant en sanglots au creux de son épaule.
- Que s’est-il passé ?
-Je l’ignore. J’ai entendu des coups, des cris mais je ne puis t’en dire plus. Sven va venir chez toi, il te l’expliquera peut-être.
Renan s’approcha.
- Anne, Gwen et Padrig discutaient lorsque la tempête a commencé, peut-être se sont-ils disputés ?
- Non, Renan, Gwen et Padrig étaient amis depuis leur adolescence, ils ne peuvent s’être disputé. Padrig est sorti pour aller le chercher sur le pont. Gwen m’a dit, peu avant la tempête, qu’il s’attacherait au mât pour sentir les embruns et pour défier les éléments pour que son fils devienne fort.
- Padrig a aussi disparu ajouta Renan
Quelques jours après cette triste nouvelle, Anne mit au monde un petit garçon qui fit le bonheur de la maisonnée.
Un an passa et P’tit Gwen en grandissant ressemblait de plus en plus à son père. Une nuit, l’enfant toussa.
- Yoann, va chercher le docteur, va vite mon petit.
- Dis maman, qu’est-ce qu’il a P’tit Gwen ?
- Ne t’ai-je pas dit d’aller chercher le docteur ? lui dit Anne en élevant la voix.
C’était la première fois qu’elle était dure avec Yoann.
- Oui maman.
- Allez, va vite dit-elle d’un ton radouci
L’un de ses frères avait eu cette terrible maladie qu’est le croup, et en avait guéri mais pour un enfant aussi jeune que P’tit Gwen qu’adviendrait-il ?
Yoann courut de toutes ses forces, tira le carillon de la bâtisse mais aucune lumière ne se fit, il insista et la lourde porte s’entrouvrit.
- Que veux-tu pour me déranger aussi tard ?
- P’tit Gwen, c’est mon petit frère, tousse beaucoup.
- Attends-moi, j’arrive. Madeleine, prépares-moi ma trousse, s’il te plaît, pendant que je m’habille.
- Qu’arrive t-il ?
- C’est mon petit frère qui est malade, madame.
- Comment t’appelles-tu ?
- Yoann, madame, et mon petit frère, c’est Gwen comme mon papa.
- Il fait froid ce soir, entres Yoann.
- Merci, madame, mais il faut que…
- Que ?
- Que je rentre chez moi pour être auprès de ma maman.
- Entres, mon époux ne sera pas très long à se préparer.
- Je ne peux pas madame, mes chaussures sont sales.
- Cela ne fait rien.
Malgré sa réticence, Yoann entra dans le grand hall garni de tableaux et de tapisseries, tiré par la grosse main de l’épouse du médecin.
- Viens avec moi, Yoann.
Ils se dirigèrent vers la cuisine.
- Hortense, servez au petit un chocolat et donnez-lui les galettes que nous avons confectionnées cet après-midi.
- Veux-tu en manger quelques unes maintenant ?
- Non, je vous remercie, madame, je préfère les apporter à maman et lorsque P’tit Gwen sera guéri, il en mangera aussi.
- Quel âge a ton petit frère ?
- Un an, j’crois.
- Tu reviendras avec lui lorsqu’il sera guéri.
- Oh oui ! Madame. Il est mignon avec toutes ses boucles noires.
- Veux-tu manger quelque chose d’autres ?
- J’aimerai bien goûter la saveur du pain, mais, je ne sais pas si je peux vous le demander car si maman l’apprend, je vais me faire disputer.
- Ne te fais pas autant de souci Yoann, si ta maman te grondes, je lui parlerai. Pour l'instant, je vais te faire deux tartines sur lesquelles je mettrais de la confiture. Laquelle préfères-tu ?
- Deux tartines ? C’est beaucoup, je ne sais pas si je peux accepter.
- Je demanderai à ta maman si tu peux venir me voir de temps en temps.
- Maman n’acceptera pas car nous sommes une famille très modeste et de plus de marins.
- Tu es…
- Je suis le fils de Gwen.
Madeleine vit le garçonnet manger les tartines avec plaisir et avidité et boire le chocolat avec délectation.
- Vous êtes très gentille, madame, mais il faut que je rentre car maman doit être très inquiète, pardonnez-moi madame.
- Moi aussi, je serai très inquiète si j’avais un fils comme toi.
Madeleine entendit les pas de son époux.
- Attends Yoann, mon époux va t’accompagner.
Le docteur arriva dans le hall. Viens petit lui dit-il en lui tendant la main.
- Oui monsieur le docteur.
Ce dernier cité ouvrit la porte.
- Ouh ! Mais il fait bien froid ce soir. Madeleine peux-tu me donner mon pardessus et…
Avant que son époux eu continué sa phrase, Madeleine prit les devants.
- Et le petit, tu y penses. Hortense, allez chercher un pull over d’Hervé lorsqu’il avait son âge.
- Son préféré madame ?
- Oui, celui-ci.
- Hervé était votre fils, madame ?
- Oui petit.
- Je prierai pour son âme, madame.
- Comment as-tu deviné qu’il était décédé.
- Parce que vous être triste.
- Merci, mon petit.
Attendri, le docteur mit son bras autour des épaules de l'enfant.
- Où habites-tu Yoann ?
- Ben, y a deux chemins pour y aller mais…j' sais pas si je saurai retrouver celui que j'ai pris tout à l'heure, c'est dommage parce qu'il va falloir passer devant la taverne et j'aime pas.
- Pour quelle raison ?
- Les marins me font peur.
Yoann avait retiré sa petite main de celle du médecin.
- Redonnes-moi la main si tu es aussi effrayé.
- Regardez monsieur le docteur, y a Stephen à la taverne. C'est le papa d'Alan et sa maman s'appelle Gwendoline et c'est la meilleure amie de maman, enfin, c'est la seule.
Stephen entendant le babillage d'un gosse, leva les yeux et s'étonna de voir Yoann seul en cette nuit. Il se leva pour ramener l'enfant chez Anne, lorsqu'il aperçut le médecin.
- Qu'arrive t-il chez Anne, doc.
- Son petit frère tousse beaucoup.
- Non, c'est P'tit Gwen.
- D'accord, pour P'tit Gwen.
- Je viens avec vous fit Stephen
Il souleva le garçonnet et le mit sur ses épaules.
Lorsqu'ils arrivèrent, ils entendirent des pleurs et des mots réconfortants. Stephen reconnut la voix de son épouse.
- Calmes-toi petite sœur. Viens prier Sainte Anne avec moi ces prochains jours.
- Elle ne m'a pas beaucoup aidé ces deux dernières années.
- Maman ! Maman ! Que se passe t-il ?
Le petit entra pour consoler sa maman mais voyant, P'tit Gwen, les yeux clos, il s'écria :
- Non ! Non ! Pas P'tit Gwen, pas lui.
Il se mit à sangloter. Stephen entra et se dirigea vers lui, mit sa main sur l'épaule du petit.
- Viens avec moi Yoann lui dit-il tendrement
- Non, j'veux pas, je reste avec maman.
Ne l'entendant pas ainsi, Stephen le balança sur son épaule tel son baluchon de marin.
- Laisses-moi t'es pas mon père !
Il déposa Yoann au seuil de sa maison, voisine de celle d'Anne.
- Regardes-moi gamin ! Allez du courage !
- Pourquoi le ferais-je ?
- Ton père m'a confié ta garde et ton éducation dans le cas où il lui arriverait un problème.
L'enfant avait toujours la tête baissée.
- Il faut que je te révèle…
- Quoi ?
- Ne soit pas insolent Yoann.
-Tu veux pas que je reste avec maman, j'ai bien le droit d'être en colère.
- Même avec ton oncle ?
- C'est pas possible, papa n'avait pas de frère.
- Oublies-tu ta maman ?
- T'es le frère de maman ?
- Non, Gwendoline est la sœur de ta maman. Allez maintenant, au lit, il se fait tard.
- D'accord fit Yoann d'une moue boudeuse.
- Alan, pousse-toi "gros père", Yoann va partager ton lit.
- Pourquoi il est là papa ?
- Ton petit cousin vient de mourir.
- C'est triste.
- Oui, mon fils.
Après avoir embrassé les deux "loupiots", il sorti rejoindre son épouse et Anne.
- Papa, papa, Yoann pleure.
Son père revint sur ses pas et prit tendrement Yoann contre lui.
- Pleure, petit, pleure, cela te feras du bien.
- Oncle Stephen, c'est d' ma faute si P'tit Gwen est mort…
- Non, Yoann, ce n'est pas…
- Si, si, c'est de ma faute parce que je n'ai pas courut assez vite pour avertir Monsieur le Docteur et pourtant je ne me suis pas amusé en chemin. Tu sais, oncle Stephen, j'avais projeté tant de choses avec P'tit Gwen, maintenant…
- Ne culpabilise pas car ce n'est pas de ta faute. Ton petit frère était déjà très malade lorsque tu es parti.
Bercé par les propos rassurants de son oncle, Yoann s'endormit dans ses bras.
Trois jours après, eut lieu l'enterrement de P'tit Gwen au petit cimetière marin. Anne chercha son fils mais ne le trouvant pas, y alla accompagner de proches. Elle ressentait beaucoup de chagrin mais aussi de l'inquiétude pour Yoann. Où se trouvait donc sa "petite puce" ?

L'appel de la mer

Pendant ce temps, le garçonnet errait dans Saint-Malo. Il n'aimait pas voir sa maman trimer au lavoir depuis la disparition de son papa. Que pouvait-il faire pour aider sa maman ? Travailler ? Oui, mais quel travail ?
Tout dans ses réflexions, Yoann se dirigeait vers le port.
- Qui est ce petit ?
- C'est le fils de Gwen.
- Pauvre gosse.
Voyant des marins l'observer, il leva la tête intrigué, peut-être avaient-ils connus son papa.
- Bonjour Yoann.
De plus en plus intrigué, le petit monta sur le pont.
- Comment tu sais mon nom ?
- Ton papa nous parlait beaucoup de toi, lorsqu'il était à bord.
- Quel âge as-tu maintenant ?
- Dis c'est vrai qu'il a été prit par une déferlante mon papa.
- C'est probable.
- Tu veux dire quoi ?
- Souvent quand il fait gros temps, le ou les marins qui se trouvent sur le pont sont emportés par une très grosse vague.
- Si je te demande ça, c'est parce qu'oncle Stephen, c'est le papa d'Alan mon copain, et Renan ont entendu des coups et des cris alors que l'ami de papa, Sven, a dit à maman que papa avait été prit par une déferlante, alors maintenant, j'sais plus qui croire.
- Petit bonhomme, tu n'as pas encore répondu à ma question.
- Pour mon âge ?
- Oui.
- J'ai cinq ans et je veux embarquer avec toi pour aider maman et retrouver mon papa.
- En quoi aiderais-tu ta maman ?
- Ben…"dit-il en baissant la tête c'est pour gagner de l'argent comme y a plus le salaire de papa, maman est très fatiguée lorsqu'elle revient de son travail le soir. Je n'aime pas la voir aussi pâle.
Gaël et Gregor se regardèrent furtivement, émus et surpris de la maturité de "ce petit bout de chou."
- Si tu embarquais, ta maman aurait beaucoup de peine. Elle serait triste de savoir son petit homme en mer. De plus, la vie à bord d'un chalutier est dure.
Découragé par la réponse, des larmes coulèrent le long de ses joues.
- Calmes-toi, je vais te faire la promesse, que dans quelques années tu embarqueras avec moi.
- C'est dans combien de temps ?
- Dans sept ou huit ans.
- C’est trop loin pour aider maman et puis de toute façon, je sais que l'on voudra pas de moi parce que j'suis plus petit que mes copains et puis t'es pas capitaine.
- Je parlerai de toi au capitaine et puis pour être mousse, tu n'as pas besoin d'être grand. Va vite rejoindre Anne.
- Tu connais ma maman ?
- Oui et je connaissais aussi ton papa. Il m’avait demandé d’être ton parrain mais je n’ai pas pu car j’étais en mer, pour ton baptême.
- J'aime pas mon parrain. Je veux que tu le sois.
- On ne dit pas "je veux" Yoann mais "j'aimerai". Qui est ton parrain ?
- Sven.
- Alors j'accepte.
- Dis tu es gentil, parce que Sven est bourru avec moi.
- Oui, petite puce.
- Allez sauve-toi vite, le capitaine arrive.
Le petit parti, Gaël et Grégor discutèrent de l'aide à apporter à Anne et Yoann.
Le capitaine monta sur le pont et croisa le petit Yoann puis serra la main de ses matelots.
- Qui est ce petit ?
- Le petit de Gwen.
- J'ai entendu parler de sa disparition. Gaël tu seras mon second pour la saison.
Les années passèrent et Yoann n’en démordait pas, il en était sûr, son père était vivant.
Un jour alors qu'il n’avait que dix ans, il vit sa maman pleurer de fatigue et de désespoir car elle avait perdu son travail auprès de la famille du sous-préfet, famille la plus argentée de Saint-Malo et qui constituait le principal de ses gains. Une idée germa dans la tête de l'enfant et s’il embarquait à bord d’un bateau ? Il ramènerait son papa, et sa maman ne serait plus en peine et ils vivraient à nouveau tous les trois, heureux comme avant mais qu'en penserait-elle ? Elle lui interdirait, alors à quoi bon lui dire. Ils auraient tous les deux de la peine mais il devait le faire. Il hésita, mais l'appel du grand large l'emportait que pouvait-il y faire ? C'est dans mes gênes se dit-il. Oui, il partirait, il en était sûr.
Yoann aperçut Alan en compagnie de son père en conversation avec un capitaine. Ce dernier lui serra la main et ébouriffa les cheveux de son copain.
- Alan, va voir Yoann.
- Oui, p’pa, j’y vais.
- Alan !
- Oui, p'pa.
- Regarde, il est là-bas sur le port.
- Merci p'pa.
Stephen sourit.
- Salut Yoann ! Je pars demain avec mon père. Le capitaine cherchait un mousse, alors il lui a demandé s’il n’en connaissait pas un. Quand je l'ai su, j'ai demandé à papa si je pouvais partir avec lui, il a hoché la tête et m'a répondu "et si je demandai d'abord à Yoann ?" Ne m'en veut pas car j'ai dis à papa que ta maman n'avait plus que toi au monde. Sans rancune ?
- Sans rancune.
- Kenavo Yoann.
- Kenavo. Sois prudent.
- J'y penserai.
Tout au fond de lui-même, il était triste d'être trahit par son cousin, son meilleur ami, triste de ne pas pouvoir partir.
- Il faut que je rentre maintenant, parce que je pars tôt demain.
- Alan, viens manger.
- Oui, maman ! Je fais mes adieux à Yoann.
Les deux garçonnets, se firent l'accolade gravement.
Après leurs adieux, Yoann vaqua sur le port regardant les chalutiers du plus petit au plus grand. "Sur lequel va embarquer Alan ?" se demanda t-il.
Cette nuit-là, Alan, eut une nuit agitée car il ne voulait pas manquer le départ pour sa première saison. "Suis-je bête se t-il, papa me réveillera." En se faisant cette réflexion, Alan s'endormit dans les bras de Morphée.
Yoann demanda, ce soir-là, à tous les capitaines qui se trouvaient au port s’ils n’avaient pas besoin d'un mousse. Que nenni.

Le petit mendiant

Stephen, quant à lui, se dirigeait vers la taverne, comme il était de tradition à la veille d'un grand voyage. Cette réunion consistait pour l'équipage à faire connaissance. En chemin, il rencontra le capitaine.
- Je vous remercie, capitaine, de prendre mon fils comme mousse, cela lui apprendra les valeurs de la vie. Il m'a dit l'autre jour qu'il redoutait l'embarquement , c'est un jeune mousse qui lui en a parlé.
- Dites-lui Stephen, que j'interdis aux hommes qui embarquent de faire cette barbarie aux jeunes.
- Je le ferai en rentrant.
Ils entendirent rires et pleurs venant de l'entrée de la taverne.
- Pourquoi tout ce chahut ? Pourquoi riez-vous ?
- Rigole avec nous.
- De quoi m'esclafferais-je ? Et bien, je n'ai pas finis avec cette bande de benêts sussura-t-il.
- Arrêtes tout de suite Renan.
- Pourquoi ?
- Ça te déplait aussi une bonne rigolade ? Aller regardez, tous les deux, nous vous donnons la permission. N'est-ce pas les gars ?
- Oui, ou
Les marins s'écartèrent pour laisser passer le capitaine et Stephen qui distinguèrent dans la pénombre, un tout jeune garçon en haillons, le bras se protégeant le visage.
- N'ai pas peur, nous te voulons pas de mal ?
Pour lui montrer, le capitaine lui caressa la joue.
- Tu sais petit, j'ai eu des enfants.
- C'est vrai monsieur ?
- Oui.
Durant ce dialogue, Stephen ramassait les pièces éparses que l'enfant avait récoltées dans un récipient.
- Viens avec moi.
- Qu'est-ce que tu dis le pédant ? Avoir cette puanteur avec nous.
A ces paroles, Renan se mit devant la porte de la taverne, les poings serrés près à cogner son supérieur.
- Renan, le capitaine aimerait que tu le laisses passer.
Impressionnés, tous s'écartèrent, quant à Renan, il se mit sur le côté de la porte tout en baissant la tête.
Le capitaine de Couec tendit la main à l'enfant qui lui prit qui leva la tête et regarda son "sauveur" en souriant.
- Viens petit.
Le capitaine et l'enfant se dirigèrent vers l'épouse du tavernier.
- Anaïs pouvez-vous demander à votre fille cadette de donner un bon bain à ce jeune garçon ?
- Vous n'êtes pas au courant Arzhur ?
- De quoi ?
- Ma petite fille s'est enfuie il y a cinq ans.
- Mais, n'est-ce pas au moment de son agression par mes deux lascars ?
- En effet.
- Si je pouvais réparer le mal qu'ils lui ont fait. Vous savez Anaïs, il n'y a pas un jour où je regrette leurs actes.
- Capitaine, un seul de vos fils l'a agressé.
- Lequel ?
- Il me semble que c'est Kevin mais je n'en suis pas certaine.
L'enfant pouilleux tira la manche du capitaine.
- Vous savez, monsieur, je sais me laver tout seul, seulement si je dois le faire, il faut que je mettes des vêtements propres sinon je vais de nouveau sentir mauvais.
- Stephen !
- Oui, cap'taine.
- Ton fils a-t-il des vêtements qui pourraient aller à notre moussaillon ?
- Oui, ils sont sensiblement de la même taille, je demanderai aussi à Anne. Je m'en retourne et vous les apporte.
- Stephen, Alan ne sera-t-il pas trop déçu de ne pas partir avec nous.
- Il comprendra.
- Nous t'attendons.
Gaël ôta son pull et enveloppa l'enfant.
- Je ne peux pas accepter monsieur car il va sentir mauvais.
- Oh ! J'en ai d'autres dans mon baluchon.
Un marin s'approcha du groupe et tira l'enfant à lui.
- Qu'est-ce que je t'ai dit de faire ?
- De, de…balbutia l'enfant
- De, de quoi ?
L'immense Gaël se leva, dépassant de plusieurs têtes l'ignoble individu.
- Laisses-le.
- Non, il doit payer pour embarquer.
- Combien te doit-il Sven ? lui demanda le capitaine
- Bien plus que tu ne puisse.
- Quand pars-tu ?
- Demain au petit matin.
- J'y serai.
- Rends-moi le môme.
- Non, tu auras ton argent.
- Que veux-tu en faire ? Un moins que rien comme tes fils Kevin et Quentin ? ironisa Sven
Le ton montant entre les deux hommes, le silence se fit dans la taverne.
- Mes fils n'étaient pas des voyous. Et s'il n'embarque pas sur ton rafiot ?
- Il a insisté pour embarquer sur le chalut.
- Est-ce vrai petit ?
- Oui monsieur, mais je n'y suis pas monté car avant il fallait que je fasse la quête pour gagner ma place sur le bateau.
- Sale petit menteur lui insuffla Sven
Alors que Sven allait frapper l'enfant, Grégor lui saisit le bras.
- Merci monsieur de me défendre, mais je ne vous cause que des ennuis, il faut que je m'en aille cela sera mieux pour votre équipage.
- Ah ! Ah ! Ah ! Tu vois Arzhur qu'il ne te veux pas comme capitaine.
L'enfant allait sortir de la taverne lorsqu'il se trouva nez à nez avec Stephen.
- Où vas-tu ?
- Je vous cause beaucoup de problèmes.
- Ne t'en fais pas, on les résoudra ensembles. Allez rentres crapouille.
- Pourquoi crapouille ?
- Parce que je ne connais pas ton prénom.
- Je m'appelle Sullivan, monsieur.
- Et moi Stephen.
- Je sais, je l'ai entendu tout à l'heure.
- Et mon fils c'est Alan.
- C'est beau Alan.
- Capitaine, voici des vêtements de mon fils et de Yoann.
- Qui est Yoann ?
- Mon neveu.
- Il a beaucoup de chance d'avoir un oncle aussi gentil.
- Alan et votre neveu ne sont-ils pas trop triste de me donner des vêtements.
- Non, Alan les a choisit car il les aime beaucoup et il m'a dit qu'il voulait t'en faire cadeau.
- Et Yoann ?
- C'est sa maman qui me les a donné.
- C'est vrai ? Vous savez monsieur c'est la première fois que...
L'enfant baissa la tête car il était honteux d'être l'obligé de garçons de son âge.
- Que quoi ?
- Que l'on est aussi gentil avec moi.
Le capitaine voyant son émotion le prit alors dans ses bras et le petit mousse s'y blottit. Le capitaine essayait par ce geste de le calmer.
- J'ai parlé de Sullivan à mon fils et il m'a dit qu'il avait encore le temps d'être mousse. Certes, il a marqué un peu de déception mais telle est sa décision.
- Es-tu d'accord petit pour embarquer sur le chalut du capitaine ?
- Il va falloir que je fasse la quête ?
- Pourquoi ferais-tu l'aumône ?
- Parce que c'est comme ça avec Sven.
- Nous ne te demandons pas de faire la quête.


Un petit clandestin

Ce soir-là, Yoann aida sa maman plus que d'habitude ce qui étonna celle-ci.
- Yoann, que me caches-tu ? Les autres jours tu ne viens qu'à l'heure du diner.
- Rien maman, je dois m'habituer à l'absence d'Alan.
- L'absence d'Alan ?
- Il part demain pour la saison avec son papa.
- C'est pour cela que tu mets la table ? Tu as d'autres copains avec lesquels tu pourrais t'amuser pourtant ?"
- Oui, mais Alan est mon meilleur copain et puis c'est aussi mon cousin. Maman, il va beaucoup me manquer."
Il avait prononcé cette dernière phrase dans un flot de sanglots.
Ils dinèrent en silence puis Yoann alla dans sa chambre se coucher ayant auparavant embrassé sa maman.
- Essaie de dormir ma petite puce."
- Bonne nuit maman, je t'aime."
- Sois sage mon lapin. Tu sais l'océan prends ceux qui l'aime, ne fais pas de bêtises."
Son fils hocha la tête. "Maman aurait-elle devinée ?"
Yoann attendit que sa maman dorme. Alors, il se leva, s'habilla, prit un cahier d'école et écrivit une lettre :
Maman, ce soir j'ai décidé de prendre la mer pour retrouver papa et gagner de l'argent pour que tu ne te fatigues plus. N'ai pas trop peine maman. Yoann, ta petite puce et ton lapin.
Il ouvrit tout doucement la fenêtre de la chambre, que son père lui avait fait ; elle n’était pas bien grande mais il se disait qu’il avait de la chance d’en avoir une, car tous ses copains couchaient dans la pièce principale et se sauva.

Découvert et découvertes

-"Sullivan, fait une pause tu as bien travaillé."
-"Monsieur, je n'ai pas assez…
-"Travaillé mais si."
-"Merci capitaine. Capitaine ?"
-"Oui moussaillon ?"
-"Puis-je aller à l'arrière ?"
-"Oui bien sûr."
-"Sullivan, moi aussi, je fais une pause, veux-tu que je te montre la cambuse et la chambrée ?"
-"C'est très gentil de ta part, euh."
-"Grégor."
-"Vous savez ce n'est pas évident de retenir le nom de tout le monde."
-"Je comprends mais tutoie-moi."
-"Tu sais, j'ai repéré la cambuse et pour la chambrée je demanderai au cook."
-"D'accord."
-"Tu n'es pas vexé ?"
-"Non, tu t'es probablement débrouillé tout seul jusqu'à maintenant."
-"Vous savez monsieur, j'aime bien découvrir, Grégor tu n'as pas besoin de te déranger et puis le capitaine a besoin de toi."
-"C'est vrai."
Gregor lui mit la main sur la tête et le moussaillon la leva en souriant puis Grégor ajouta.
-"Ah petit ! Tu ne sais pas la chance que tu as, d'avoir le plus gentil des capitaines.
Sullivan sentant une bonne odeur de nourriture suivit cette direction.
-"Que fais-tu ici ?"
Yoann baissa la tête conscient d'avoir fait une bêtise.
-"Depuis combien de temps n'as-tu pas mangé ?"
Des larmes coulèrent sur ses joues, tout en répondant à Sullivan. "Je ne sais pas. Depuis le départ, il me semble."
-"Mais, cela fait déjà cinq jours. Viens avec moi, le cook va te cacher et te faire manger."
Sullivan tira Yoann réticent.
-"Allez viens, n'ai pas peur."
-"Cook ! Cook ! Peux-tu lui faire à manger."
-"D'où viens-tu et comment t'appelles-tu ?"
-"Yoann de Sant-Maloù ."
-"Tu parles breton ?
-"Non, mais je croyais que tu le parlais. C'est pour ça que j'ai parlé dans cette belle langue."
Fatigué, Yoann devint très pâle et s'évanouit.
-"Sullivan va avertir le capitaine."
A ces termes il murmura.
-"Non ! Non! Je vous en supplie, il va me jeter à la mer."
-"Ne t'inquiètes pas petit, je te défendrai."
Grégor entendant des voix d'enfants arriva à ce moment-là.
-"Qui es-tu ?" réponds quand je te parle."
Yoann recula vers le bastingage et bascula.
-"Cap'taine ! Cap'taine !"
Entendant l'appel de Grégor, le capitaine confia la barre à Gaël.
-"Qui y a-t-il Grégor ?"
-"Nous avions un petit clandestin.'"
-"Où est-il ?"
-"Il avait peur que l'on ne le jette à la mer" répondit le cook Grégor l’a impressionné. "
-"Naviguons-nous longtemps depuis sa chute ?"
-"Non, cap'taine."
-"Va dire à Gaël de jeter l'ancre. Je vais le chercher."
-"Mais cap'taine ! Vous allez vous noyer."
-"Je sais nager."
Le capitaine plongea et ramena le garçonnet presqu'inconscient.
Le filin fut jeté et le capitaine y attacha l'enfant qui fut remonté rapidement. Le cook l'allongea et appuya ses mains sur son torse. L'effet fut immédiat, l'enfant rejeta l'eau qu'il avait avalée.
-"Capitaine, il n'a pas mangé depuis cinq jours."
-"Merci Sullivan de me le signaler."
-"Viens, petit, je vais te frictionner."
-"Non ! Non ! Capitaine, je vous en supplie."
Un jeune marin qui se trouvait derrière ses congénères intervint.
-"Capitaine puis-je m'en occuper ?"
-"Bien sûr Pierre-Yves, c'est très gentil de te proposer, peut-être aura-t-il moins peur de toi."
Soudain redevenu timide il s'adressa de nouveau au capitaine.
-"Capitaine."
-"Oui."
-"Ses vêtements sont mouillés, il lui en faudrait d'autres."
-"Sullivan…"
-Tenez capitaine, ça devrait lui aller."
-"Donne-les à Pierre-Yves, c'est lui qui s'en occupe."
-"Pierre-Yves ? Mais il discret, réservé, parle peu, comment vas-t-il s'en sortir ?'
Pierre-Yves rougit à ces observations. Le capitaine s'en apercevant lui donna une tape sur l'épaule.
-"C'est bien matelot."
Ce jeune matelot prit la main de Yoann et l'emmena avec lui.
-"Enlèves tes vêtements que je puisse te frictionner"
-"Non ou alors tu te retournes."
-"Tu as honte ? Tu sais nous sommes tous fait pareils."
-"Maintenant je te frictionne."
-"Mais je croyais que tu t'étais retourné."
-"Tiens, termine maintenant."
-"Quel âge as-tu ?"
-"Dix ans."
-"Et toi ?"
-"Quatorze. Veux-tu être mon copain car je n'en ai pas et puis je pourrais te guider, t'apprendre ce qu'il faut faire sur le bâtiment. C'est la première année que je suis marin."
-"Que faisais-tu avant ?
-"J'étais mousse. Pourquoi es-tu monté sur le chalut ?"
-"Je veux retrouver mon papa qui a disparu."
Pendant ce temps :
-"Grégor réunit les hommes."
-"Bien cap'taine."
Arrivé sur le pont Grégor s'écria : "Le capitaine vous demande à l'arrière."
-"Pour quelles raisons ?"
-"Venez les gars. Gaël tiens la barre, nous te tiendrons au courant."
-"Cap'taine, les gars arrivent."
Yoann réconforté par un bon repas et dans des vêtements secs alla sur le pont.
Soudain Stephen l'aperçut.
-"Que fais-tu ici ?"
-"Tu connais ce jeune homme, Stephen ?"
-"C'est mon neveu. Réponds à ma question."
-"Alan est sur ce bateau, alors comme j'avais beaucoup de peine de le quitter, je suis monté, et puis c'est aussi pour retrouver mon papa."
-"Alan, n'est pas sur le chalut."
-"Comment ? Mais il devait embarquer ?"
-"Il a donné sa place à un autre petit garçon."
-"C'est toi ?" demanda t-il à Sullivan.
-"Oui. Mais pourquoi ?"
Stephen ajouta : "Alan m'a dit qu'il avait le temps de devenir mousse."
-"C'est un lâche et puis toi tu es un vilain. Pourquoi as-tu accepté ? C'était la place de mon cousin, pas la tienne."
-"Alan m'a proposé sa place. Ton oncle a déjà répondu à ta question."
-"Yoann, je vais te donner une punition pour avoir mal parlé d'Alan mais aussi de Sullivan."
Yoann fit des crochets pour éviter son oncle jusqu'au moment où le cook le saisit sous son bras. Yoann gigotait mais cela ne le dérangeait pas.
-"Que veux-tu en faire Stephen ?"
-"Mets-le dans la cale."
-"Stephen, ne le punissait pas, s'il vous plaît."
-"Tu es bien généreux Sullivan."
-"Il est petit pour son âge."
-"Il a désobéit et mérite donc une correction. Tu sais, il a laissé sa maman seule. Allez ouste en cale ! Cook donne-lui du pain sec et de l'eau. C'est la correction que l'on donne aux jeunes clandestins Yoann."
Stephen l'amena dans la cale malgré les récriminations du gamin.
Yoann tapa à la porte toute la journée et toute la nuit puis il s'allongea et s'endormit.
-"Yoann, Yoann, réveilles-toi, je t'apporte à manger. J'ai dis au Cook que j'avais très faim et il m'a donné du pain et une saucisse."
-"Sullivan ? Si l'un des marins s'en aperçoit, tu vas te faire disputer."
-"Oh, tu sais j'ai l'habitude, Sven était très cruel, c'est pour ça que le capitaine m'a recueillit."
-"Comment ?"
-"Lorsque j'étais avec mon frère tout allait bien."
-"Quelle chance as-tu d'avoir un frère ? J'avais un petit frère mais il est mort par ma faute."
-"Il faut que je partes maintenant. On discutera lorsque Stephen te sortira."
-"Merci Sullivan. Je te demande pardon pour ce que je t'ai dit."
-"T'inquiètes, je ne t'en veux pas."
-"Sans rancune ?"
-"Sans rancune."
Les marins n'étaient pas dupes de la complicité entre les deux enfants.
La porte s'ouvrit enfin.
-"Nous avons pêché et devons le mettre en cale. Je suis donc obligé de t'en sortir."
-"Oncle Stephen, non je t'en supplie."
-"Tu ne veux pas sortir ?"
-"Si bien sûr, mais tu vas me battre."
-"Non."
Lorsqu'il sorti, il fut aveuglé par le soleil.
-"Viens nous aimerions te parler. Allez crapouille avance."
-"Que va-on faire du petit ?" demanda Gaël
-"Il pourrait remplacer Sullivan qui a beaucoup grandit depuis que nous sommes partis. Qu'en dites-vous matelots ?"
-"Et Sullivan ?"
-"Il deviendra marin comme vous. Pierre-Yves n'est guère plus âgé."
Sullivan vaquait à son travail.
-"Sullivan, viens p’tit."
Le jeune garçon arriva tête basse. Ce dernier croyait avoir des remontrances pour avoir donné de la nourriture à Yoann.
-"Ça ne va pas ?"
Sullivan, rougit et une larme coula, c’était rare de sa part.
-"Capitaine, vous allez me disputer parce que j'ai donné de la nourriture à Yoann alors qu'il était punit ?"
Il ne pouvait continuer, tant il était apeuré.
-"Non matelot ?"
-"Je vais être marin ?"
-"Oui, petit."
-"Je l’ai été, comme le père de Yoann mais j’ai été maltraité, Sven…"
-"Sven…continue, dit moi, que s’est passé, que t’a-t-il fait ?"
-"J’ai fait une erreur, je ne savais pas ce qu’il fallait faire, personne ne me l’avait dit."
-"Et ?"
Le capitaine se trouvait maintenant à la hauteur de Sullivan, il voulait savoir pourquoi son jeune matelot était terrorisé que l’on parla de lui.
-"Il m’a attaché à un mât, a ôté ma chemise et …"
Sullivan, pleurait maintenant de toutes ses larmes.
-"Oh, mon Dieu." laissa échapper l’un des marins
-"Il a prit sa ceinture, et au bout d’un moment, je …"
-"Calmes-toi, Sullivan."
-"Après, je ne me souviens plus. Un marin, que je ne connaissais pas, me soignait le dos. Quand Sven me…. il est intervenu mais il lui a dit de la fermer."
-"Te rappelles-tu du nom de ce matelot ?"
-"Il s’appelait Gwen, je crois et il y en avait un autre avec lui qui me réconfortais, qui s’appelait … j’sais plus."
Yoann se trouvait maintenant auprès du rassemblement près de Stephen.
-"Cap’taine, c’était sans doute Padrig le meilleur ami de mon papa, quant à l’autre marin, ce ne peut-être que papa. Ils étaient souvent ensembles"
-"Approches Yoann."
Yoann arriva la tête baissée tiré par Sullivan. Avait-il fait une bêtise en intervenant ?
-"Yoann, t’inquiètes pas, il est très gentil."
-"Pourtant, hier, les marins voulaient me jeter par-dessus bord."
-"Psst, ...mais non, ils voulaient juste savoir pourquoi tu avais embarqué."
-"Oui, Monsieur."
-"Tu vas prendre la place de Sullivan en la qualité de mousse si Stephen est d'accord."
-"C'est d'accord, cap'taine."
-" Tu peux m’appeler capitaine ou cap’taine, comme le reste de l’équipage."
-"C'est vrai monsieur."
-"Oui, moussaillon. Ton oncle veillera sur toi. "
Un matelot intervint.
-"Excusez-moi, cap’taine."
Le capitaine sourit.
-"Il me semble t'avoir déjà vu ?"
-"Peut-être. "
-'Dis-moi, ne serais-tu pas déjà monté sur le chalut, il y a quelques années."
-"Oui, monsieur."
-"Je m'appelle Renan. Ta maman ne s'appellerait pas Anne ?"
-"Oui monsieur."
-"J'ai entendu parler de l'accident de ton père."
-"Que dis-tu Renan ? "
-"C'est le gosse que vous aviez abordé lorsque vous êtes monté sur le bâtiment. Son père a disparu lors d'une saison avec Padrig. Ils étaient sur le Libertec."
-"Je…"
-"Oui, Yoann, tu veux nous parler."
Le capitaine mit son doigt sous le menton du petit Yoann, pour le relever, celui-ci pleurait en silence.
-"Que se passe t-il ?"
-"Je sens que mon papa n’est pas mort, je l’ai toujours su, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais je sais qu’il ne peut pas être mort. En partant, je lui ai donné mon porte-bonheur."
Les marins le regardèrent avec tendresse. Ils avaient pratiquement tous des enfants et savaient ce qu’ils pensent tout au fond d’eux, lorsqu'ils partent.
-"Allez maintenant au travail, Sullivan va te montrer ce qu'il faut faire."
-"Tu viens Yoann."
Les enfants étaient arrivés à l'arrière.
-"Il faut que tu nettoie le pont. Il y a un balai dans le coin. Bon courage."
-"C'est dur ?"
-"Tu vas te muscler."
Sullivan revenait de l'arrière lorsqu'il aperçut un homme faisant signe.
II couru près du capitaine.
-"Cap’taine, cap’taine ! Venez vite."
-"Que t’arrive t-il ?"
-"Il y a un homme là-bas, qui fait signe."
Yoann s’approcha.
-"Que fais-tu ? Ne t'attendons pas dit de laver le pont."
-"Tu es bien dur Sullivan."
-"Il est mousse mais a bien droit de regarder tout comme toi" lui adressa Gaël.
-"C'est vrai monsieur ce que dit Sullivan, je dois nettoyer le pont."
-"Tu peux rester si tu veux."
Gaël veillerait sur lui le temps de la saison.
Yoann, de ses yeux perçants, adressa la parole au capitaine.
-"C’est Padrig, cap’taine."
-"A tribord, toute."
Le bateau s’approcha de l’île. L’homme qui était sur le rivage était en effet, Padrig. Yoann pensa alors que son père était avec lui. Que nenni.
L’ancre fût jetée mais les marins hésitaient à aller à sa rescousse car ils ne savaient pas nager et dans le cas où la barque chavirait, ils se noieraient. Quant au capitaine, il craignait qu'il y eu des requins.
-"Cap’taine, je peux aller le voir ?"
Gaël, s’interposa.
-"Non, tu reste ici."
-"Mais…"
-"Il n’y a pas de mais."
Gaël regrettait ses paroles.
-"Yoann, si je ne veux pas que tu ailles, c’est parce que je ne veux pas qu’il t’arrive malheur. Qu’aurait dit ton père ?"
-"Gaël, je sais nager, c’est papa qui m’a apprit."
-"Tu sais vraiment nager ? Attention ! Pas de mensonges avec moi, sinon, tu auras une bonne fessée."
-"Non, je sais vraiment nager, s’il vous plait, laissez-moi y aller."
Sullivan, avant qu’il n’aille rejoindre Padrig, lui dit quelque chose dans l’oreille.
-"C’est vrai ?"
-"Oui."
Ce qu’ils se dirent, personne ne le sût.
Yoann descendit courageusement du bateau à l’aide d’une corde.
-"Tu l’aurais fait ?"
-"Quoi ?"
Gaël donna une boutade à l’un de ses compagnons de route.
-"Tu sais bien que non."
Pendant ce temps, Yoann était presque arrivé près de l’île. Padrig fut étonné de le voir.
-"Mais, Yoann, que fais-tu ici ?"
-"Je suis à la recherche de papa. Padrig, il y a des requins j'ai peur."
-" Mais non, se ne sont que des dauphins. Caresses en un. Allez puce."
Timidement, Yoann le fit et le dauphin pendant quelques minutes voulut jouer avec lui.
-"Dis Padrig, il pourrait peut-être nous aider ?"
-"En effet, nous allons nous mettre chacun d'un côté."
-"Et on s'arrêtera à l'ilot que l'on aperçoit, c'est d'accord Padrig ? Viens, je te ramène."
-"Je suis lourd, tu sais."
-"Sur le tout petit ilot, on pourra se reposer."
Yoann y mettait toutes ses forces, car il voulait tellement sauver l’ami de son père.
Padrig sourit. Quelle tête de bourrique le petit Yoann.
Après s’être reposé, sur le tout petit îlot, ils repartirent à la nage. Padrig essaya de faire les mêmes mouvements que Yoann, et ma foi, il n’y arrivait pas si mal que ça. Arrivés près du bateau, ils furent remontés par les matelots, Padrig puis Yoann.
-"C’est bien, p’tit." lui adressa Gaël
-"Dites, monsieur,…"
-"Non, je ne l’aurais pas fait."
-"Vas, changer de vêtements."
-"Mais, je n’en ai pas d’autres."
Sullivan se trouvait auprès d’eux, fier d’avoir un ami qu'il avait bousculé peu auparavant.
-"J’en ai, ils vont être un peu grands car tu es encore petit."
Gaël n’y avait pas pensé, quel âge avait le petit moussaillon ?
-"Yoann, vient manger, et Sullivan ! Tu as la tête dans les nuages ?"
-"Moi, aussi ?"
-"Bien sûr, que toi aussi tu sais bien que nous mangeons toujours ensembles."
Durant le repas, Padrig raconta ce qui était arrivé.
-"Ton père s’était attaché au mât pour sentir les embruns, oh ! Fait ! Yoann, as-tu un frère ?"
-"Non. J'en eu un, mais il est mort."
Le capitaine avait entendu parler de la tristesse d’Anne quand elle avait perdue successivement son mari et l’enfant qu’elle avait perdu si jeune.
-"Si, Yoann, tu as eu un frère mais…"
-"Je sais ce que vous voulez dire."
-"Stephen, ton fils est à bord du Libertec."
-"Il a du monter, clandestinement, je lui avais pourtant interdit car Sven est dur envers ses hommes. Comment avertir ma femme ?"
-"Si l’on croise, un bateau, non seulement, on confie Yoann, au capitaine mais on lui demande aussi de faire ta commission."
-"Mais,… mais, j’ veux pas, j’veux retrouver mon papa."
-"Yoann, ta maman, doit être inquiète." lui dit Padrig tendrement.
Deux jours passèrent sans qu’ils ne croisent un navire.
-"Cap’taine, cap’taine, navire à bâbord."
-"Comment s’appelle le chalut ?" s’enquit le capitaine car il ne voulait pas confier Yoann à n’importe quel capitaine.
-"C’est, c’est le Li…je ne vois pas bien."
-"Essaie, Sullivan, je ne veux pas confier Yoann à n’importe qui."
-"Le Li…ber…, ah ça y est, c’est Le Libertec."
-"Hum, hum ! Je ne vais pas confier le môme à Sven car c’est une brute avec ses hommes et encore plus avec les mousses."
-"Mais ! Il doit prendre la route du retour ?"
-"Sullivan ! Tu deviens insolent."
-"Cap’taine" s’écria Sullivan de la vigie ‘Il vient vers nous."
-"Mais, en effet et oh !…mais quelle cruauté, il va jeter quelqu’un par-dessus bord."
-"Donne-moi, les jumelles, Yoann. Mais, on dirait un gosse."
-"Capitaine, puis-je regarder ? Peut-être que je le connais. Mais, c’est mon cousin Alan ?"
Voyant le capitaine dubitatif Yoann précisa.
-"Alan est le fils de mon oncle Stephen.
-"Va l’avertir, petit."
-"Oncle Stephen, oncle Stephen, le capitaine t'appelle."
-"Qu'y a y-il cap'taine ?"
-"Regardes."
-"Mais c'est mon fils. Ah, le salaud, espèce de chien, se venger par l’intermédiaire de mon gosse pour une querelle sans importance que nous avons eu. C’est odieux. Pauvre p’tit ! Il va se noyer."
Dans le dos des marins, Yoann, se hissa sur le bastingage pour aller au secours de son ami, lorsqu’il se sentit tirer l’oreille.
-"Où allais-tu ? Réponds quand je te parle."
-"Je, je…"
-"Je, je, quoi ? J’attends."
-"Je sais nager, tu l’as bien vu quand je suis allé secourir Padrig, Gaël."
-"On ne tutoie pas ses aînés. Tu as compris ?"
-"Oui, monsieur."
-"Sullivan, je te laisse la garde de ce garnement."
-"Va laver le pont, Yoann. Ne fais pas l'idiot sinon c'est moi qui vais me faire disputer."
Les larmes aux yeux, il acquiesça.
Sullivan alla chercher le seau et le balai pour mettre le petit mousse à l'ouvrage croyant que Yoann avait comprit la consigne donnée par le capitaine, mais l’amitié entre lui et Alan était si forte que celui-ci échappa à la vigilance de Sullivan et il sauta. Le plouf que fit le plongeon de Yoann l’alerta.
-"Vive la raclée." se dit-il
-"Cap’taine, cap’taine, Yoann a sauté ?"
-"Je te l’avais confié, il me semble, répond, oui ou non ?"
-"Oui, mais, je devais."
-"Tu devais quoi ?"
-"Je suis allé chercher le seau et le balai pour que Yoann nettoie le pont, capitaine, je regrette."
-"On va le repêcher, mais ne recommence pas."
-"Oui, monsieur. Monsieur, regardez, ils sont là-bas. Dites capitaine ?"
-"Oui ? Aide-moi d’abord à jeter la corde."
-"Que voulais-tu savoir ?"
-"J’aimerai apprendre à nager."
-"C’est d’accord, la prochaine fois que l’on s’arrête, je te mets dans l’eau et t’apprends."
-"Capitaine, l'autre jour on pouvait vous comparer à un poisson."
A cette réflexion, le capitaine sourit.
-"Vous savez capitaine, c'était la première fois que je voyais un marin nager."
- Ça t’étonnes ?"
-"Un petit peu."
-"J'avais appris à mes fils."
- "Vous avez des enfants, capitaine ? Ils ont bien de la chance d'avoir un papa comme vous, j'aurais tant aimé en avoir un."
- "Tu n'as plus ton père ?"
- "Non, cap'taine, je suis orphelin."
- "Aimerais-tu en avoir un ?"
- "Oh ! Oui !"
- "Quand on sera de retour, je vais demander si je peux t'adopter, si tu acceptes bien sûr."
-"Merci, cap'taine."
Les gosses remontés, ils furent frictionnés par Gaël et Stephen. Lors du repas, ils mangèrent comme deux petits "gloutons".

Père et fils

Quelques jours plus tard, ils firent une halte et le capitaine proposa à ses hommes d’imiter Sullivan, pour apprendre à nager mais la grande majorité refusa. Seuls Stephen, Gaël et Padrig se joignirent à lui. Ils apprirent très vite. Sullivan nageait maintenant comme un poisson. Lorsque Padrig l’aida à descendre une énième fois dans l’océan près d’ilots plus ou moins grands, il remarqua une sirène sur son épaule et lui demanda pourquoi il s’était fait tatouer.
-"Ce n’est pas moi, mais mon papa à ma naissance, c’est une tradition dans ma famille, m’a-t-on dit."
-"Comment t’appelles-tu, Sullivan ?"
-"De Couec, mais le dites à personne."
-"Pour quelle raison ? Sais-tu que tu portes le nom du capitaine ?"
-"Je ne savais pas mais j’ai honte."
-"Pourquoi ?"
-"Maman, a été courtisée par Sven et papa en est mort de chagrin. Lors d’une tempête alors qu’il était sur un bateau, il s’est jeté à l’eau mais j’ignore qui est mon père."
-"Dis-moi, qui t’as appris à nager ?"
-"Yoann et Alan."
Le visage de l’enfant s’était illuminé de bonheur.
-"'Vous savez, ils sont très gentils."
-"J’ai déjà vu la même sirène que toi, De Couec et c’est sur le bâtiment."
-"C’est qui ? Mon papa est sur le bateau ? Est-ce le capitaine ? Dis-moi Padrig ?"
-"Peut-être."
Padrig ne voulait pas donner de faux espoirs à ce jeune adolescent.
-"Quand nous serons montés, je vais bien te frictionner pour que tu n’attrapes pas du mal mais laisse ton épaule en évidence…"
-"Pourquoi ?"
-"Je n’ai pas fini, jeune homme."
Padrig souriait en voyant l’impatience du petit matelot.
-"…car la personne qui a la sirène réagira sûrement."
-"Vous croyez ?"
-"J’en suis sûr."
Arrivés sur le bateau, il frictionna le torse de l’enfant, laissant son épaule bien en évidence. Deux nageurs remontèrent sur le pont, le capitaine et Stephen. Le capitaine resta coi.
-"Ça ne va pas cap’taine ?"
Il ne pouvait plus avancer, ce loup des mers qui les sillonnaient à longueur d’années.
-"Stephen, regarde l’épaule de Sullivan…."
-"Mais, il a un tatouage ! Il est jeune pour en avoir un."
-"…et maintenant, regarde la mienne."
-"Mais ! C’est la même sirène, que cela signifie-il ?"
-"Oui, c’est la même. Sullivan est probablement mon fils. Quand je suis parti, il y a douze ans, mon épouse et moi avions un petit garçon de 8 ou 9 ans, je ne sais plus, et elle attendait un autre enfant. Mon fils s’appelait Gwenaël mais je l’appelais Gwen. Durant ma longue absence, Sven a dit à mon épouse que j’avais fais naufrage pour prendre place à ses côtés, lorsque je l’ai su, je me suis jeté à l’eau lors d’une tempête…un cargo m’a repêché, revenu au château, j’ai appris que mon épouse était morte de chagrin, voilà c’est mon secret et maintenant le tien."
-"Sullivan, retournes-toi." lui souffla Padrig
L’enfant se retourna mais à la vue de "sa sirène" sur l’épaule du cap’taine, il s’évanouit. Ce dernier accourut, prit le petit marin dans ses bras et l’allongea dans sa cabine. Lorsque Sullivan, se réveilla, il le trouva à son chevet.
-"Comment vas-tu Sullivan ?"
-"Oh ! Papa ! Je vous aie tellement cherché."
Sullivan, se jeta dans les bras de son père. Il l’avait enfin retrouvé et sourit en repensant à leur conversation de la veille.
-"Vous savez, papa, avant, mon grand frère et moi étions toujours sur le même bateau mais je n'ai plus de nouvelles de lui depuis l'un de ses embarquements alors j'ai essayé de me débrouiller tout seul en me faisant engager par différents capitaines dont l'un fût Sven. Je pense que même si je croisais mon grand frère, je ne le reconnaitrais pas car j'étais trop petit. J'ai toujours trouvé du travail même cette fois alors que je désespérais. Cela faisait déjà trois à quatre jours que j'étais assis prés de la taverne. J'avais très faim et vous m'avez invité à votre table malgré mes vêtements déchirés. Merci papa."
-"Et je t’ai engagé comme mousse à la place d’Alan. Est-ce le hasard ou le destin qui nous réunit, enfin ? Quand je pense que l’enfant que je n’ai pas connu a déjà dix ans. Dis-moi qui t'as fais tatouer ?"
-"Je croyais que c'était vous père."
- "Non, ce n'est pas moi, c'est sans doute ton grand frère. "
-"Papa, j’ai un frère jumeau mais je ne sais pas ce qu’il est devenu. Nous avons douze ans et non dix. Notre anniversaire c'était hier.
-"Déjà ? Que le temps passe vite. Comment ? Comment ? J’ignorais que tu avais un frère, c’est merveilleux."
- "Dîtes capitaine, comment dois-je vous appeler ? Papa ou cap’taine ?"
-"Comme tu veux mon fils."
-"Vous savez papa, c’est grâce à Padrig que je vous aie retrouvé. Il a vu, un jour, votre tatouage."
Son papa-capitaine lui souriait.
Le cook rentra à ce moment-là.
-"Sullivan, appelle-le papa, tu as mon autorisation, il y a tellement de temps que vous ne vous êtes pas vus."
-"C’est la première fois, que je vois mon papa, cook."
-"Comment ?"
-"Quant à moi, c’est la première fois que je vois l’un de mes fils cadets."
-"L’un ?"
-"Oui, cook, Sullivan a un frère jumeau."
- "Tu sais, cook, je demandais ceci au capitaine à cause de Yoann qui a perdu son papa."
-"C’est bien De Couec de votre part. Es-tu en forme mon fils ?"
-"Cap’taine, appelez-moi, Sullivan."
-"Es-tu en forme, Sullivan ?"
Les yeux de de Couec brillaient de bonheur.
-"Si oui, au travail matelot."
En disant ceci, le capitaine lui fit un clin d’œil complice.
-"Je vais te présenter à l’équipage. Il te connait mais ignore le lien qui nous unis."
- "Sauf, Padrig, papa. Papa, je ne veux pas avoir de privilèges même si je suis votre fils."
-"C’est d’accord. "
Il demanda au cook et à Gaël de faire savoir à l’équipage qu’il voulait les voir.
-"Pourquoi ? s’enquit Stephen
-"Tu verras."
L’équipage alla bon gré, mal gré auprès du capitaine.
-"Matelots, je vous présente mon fils, merci, Padrig, c’est grâce à toi que nous sommes enfin réunis."

Désarrois d'un moussaillon

A ces paroles, Yoann éclata en sanglots et avant que quiconque ne réagisse, sauta du bateau et ne fit aucun effort pour nager, il n’avait plus l’instinct de survie. Voyant cela, Sullivan plongea et le ramena de force. Yoann se débattait mais Sullivan le maintenait fermement. Arrivés près de la coque du navire, il l’attacha de façon à ce que Yoann ne puisse défaire le nœud. La corde fut tirée prestement. Arrivé sur le pont, il se jeta dans les bras de Gaël.
-"Yoann, je te dispense de corvées pour aujourd’hui. Tu vas te reposer, ainsi que Sullivan. Alan, peux-tu aider mes hommes ? " lui demanda le capitaine.
- "Oh ! Oui ! T’inquiètes pas Yoann."
Les deux convalescents restèrent l’un à côté de l’autre et se décidèrent à parler mais ils commencèrent au même moment, ce qui les fit éclater de rire.
-"Merci, Sullivan, de m’avoir sauvé la vie, maman aurait eu trop de peine, s’il m’était arrivé malheur."
-"Tu sais Yoann, tu as beaucoup de chance d’avoir une maman, elle me manque beaucoup, tu sais."
-"Oui, mais tu as ton papa."
-"Yoann, j’ai une idée."
-"Laquelle ?"
-"Et, si…. pstt, psst."
-"Tu crois que ça marchera ? "
-"On peut essayer, "mon frère".
Tout en parlant, Sullivan se souvenait de son enfance, mais qui était son frère ? Heureusement que Gwenaël était là pour les soutenir car Sven était si dur avec les jumeaux, "ils étaient tellement énervants lorsqu’ils pleuraient la nuit". Sullivan était plus robuste que son frère. Ce dernier était mal traité par Sven que Gwen du l’emmener avec lui, ce qui attrista leur mère.

« Complot »

Les marins, voyaient les enfants discutez de façon complice. Qu’étaient-ils en train d’inventer ?
-'Tu crois ?"
-"Oui."
-"Comment vas t-on faire ?"
-"T’inquiètes pas j’ai mon idée."
-"C’est quoi ?"
-"Chut, tu es bien si pressé "frérot" ? "
Pendant ce temps, le commandant, Gaël son second et Padrig désormais discutaient.











Dernière édition par fany le Mar 16 Oct 2012 - 14:56, édité 12 fois
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MessageSujet: LES ENFANTS DE SAINT-MALO   Mar 25 Sep 2012 - 4:42



Une famille réunit

-"Cap'taine, Yoann, n’est pas le fils de Gwen."
-" Mais je croyais qu'il avait perdu son père ? "
-"Vous avez d’autres fils, capt'aine ?"
-"Oui, j’ai eu cinq fils, Pierrick, Yvon, Kevin, Quentin, Gwénaël et maintenant Sullivan. Le capitaine du cargo m’a dit que mon épouse était décédée en mettant au monde un enfant en mon absence. Peut-être a-telle mis au monde des jumeaux. A leurs naissances, Gwenaël a du prendre le frère de Sullivan. Ce dernier n’était pas encore né quand je suis parti, nous avions juste choisi le prénom. Crois-tu que Yoann soit mon autre fils cadet ? "
-"Gwen m'avait confié ce secret qu'il devait lui révéler à la fin de la saison."
-"Alors, Yoann serait donc le jumeau de Sullivan ?
-"Oui, cap’taine."
-"Comment lui dire la vérité ?"
Le lendemain, Gaël et le capitaine convainquirent, Padrig.
-"Oui, capitaine. Je vais lui parler."
-"Kenavo, Yoann."
-"Kenavo." répondit le petit en souriant.
-"Tu veux me parler ? "
-"Comment as-tu deviné ? "
-"Parce qu’à chaque fois que vous vouliez vous parler papa et toi, vous vous disiez kenavo."
-"Ce que je vais te dire, va peut-être, être dur pour toi."
-"Papa est mort ? "
-"Non, il est vivant."'
-"Où est-il ?"
-"Pas très loin de toi."
-"Pouquoi n'allons nous pas le chercher ?"
-"Gwen, n’est pas ton papa."
-"Si, c’est mon papa, pourquoi, me dis-tu ceci ?
L’enfant tout d’abord surpris, pleura abondamment en se réfugiant dans les bras de Padrig.
-"C’est qui alors ? "
Le petit, comme les marins l’appelaient, était en sanglots.
-"Chut, calmes toi, allez respire un bon coup comme te l’aurais recommandé Gwen."
-"J’veux plus que tu me parles de lui, je le déteste. Pourquoi il ne me l’a pas dit ?"
-"Il est trop jeune me disait-il."
-"Tu le savais ?"
-"Oui. Il me l’avait confié quand tu n’étais qu’un petit enfant. Gwen est ton frère."
-"Quoi ? C’est pas possible."
-"Quel âge as-tu Yoann ? "
-"Quand j’ai embarqué, j’avais dix ans."
-"Voyons, voyons, nous naviguons depuis à peu près deux ans."
-"Dis Padrig, c’est qui mon père ? "
-"Le capitaine, et Sullivan est ton frère…ton frère jumeau."
-"Mais…, je n’ai pas de frère, j’en ai eu un, mais il est mort. J’comprend rien."
-"Écoute-moi. Gwen s’est disputé avec ton père, car il n’approuvait pas "son mariage". Contrarié, le capitaine a prit la mer en tant que second mais pendant ce temps, Sven qui n’était pas en mer courtisait non seulement Anne mais aussi ta maman. Lorsque ton papa l’a su, il s’est jeté à la mer mais un cargo l’a repêché. Sur ce dernier, il a appris qu’il avait un autre fils. En fait ! Ta maman avait mis au monde deux garçons."!
-"Il en est sûr ? "
-"Montre-moi ton épaule, pour que je te le prouves. Allez, un peu plus vite."
Padrig, vit alors les armes des De Couec sur l’épaule de Yoann.
-"Dit Padrig, c'est qui maman ? "
-"L’épouse du capitaine."


La tempête

Le soir, Yoann qui ne pouvait pas croire que Gwen n’était pas son véritable père, se réfugia sur le pont.
-"Où se trouve mon fils ? "
-"Je crois qu’il est sur le pont."
-"Il est contrarié de savoir que Gwen ne soit pas son père."
-"C’est de la folie d’être sur le pont par ce temps."
Renan, étonna tout l’équipage en s’inquiétant du "petit" car il grognait tout le temps contre lui. Yoann ne faisait rien de bon sur le navire, selon lui.
Les vagues étaient déjà grosses.
-"Yoann, Yoann, rentre."
-"Non, j’préfère mourir."
Renan le prit par le bras mais Yoann se débattait, lui assenait des coups de poing, lui donnait des coups de pied. Renan était père de quatre garçons et tous filaient droit sinon ils avaient droit à une correction. Ils savaient qu’ils fallaient obéir à leur père depuis que l’aîné eu affaire à lui. Ceci, Yoann l’ignorait mais comme ce n’était pas son fils, il le prit sous le bras et l’emmena dans la chambrée mais le gosse se démenait encore. Renan le posa à terre et lui donna une bonne gifle ce qui eu pour effet de le calmer et ainsi, ils purent tous deux regagner la cabine.
-"Voulais-tu être pris par la tempête ? lui dit sévèrement le capitaine. Es-tu conscient des conséquences que cela aurait eu ?"
-"De toute façon, qu'est-ce que ça peut vous faire."
-"Tu es aussi ingrat que certains de tes frères aînés."
-"Je ne suis pas ingrat, vous n'êtes pas mon père."
Gaël allat voir si le temps s'était arrangé.
-"Cap'taine. Le brouillard est tombé et j'entends de grosses vagues. Nous allons avoir une tempête."
- Peut-on encore descendre les embarcations ?"
-"Non, cap'taine, c'est trop tard. Entendez-vous le vent hurler ?"
-"Cap'taine, nous vous disons adieu." dirent ensembles les marins qui n'avaient pas voulu apprendre à nager.
-"Nous nous reverrons sur la terre ferme, ne vous inquiétez pas, lorsque vous serez dans l'eau, nagez comme les grenouilles. Nous nous retrouverons tous sains et saufs."
Le bateau qui avait dévié de sa trajectoire heurta un récif au large des Antilles. La coque du navire craqua et le navire sombra.
Des planches du navire flottaient. La plupart des marins se noyèrent, les autres, Yoann ne savait pas ce qu’ils étaient devenus. Le petit mousse s’était agrippé à l’une de ses planches et comme il savait nager, cela lui, faisait moins peur d’aborder la tempête. "Ouf ! Heureusement que "papa" m’a appris puis il eu une pensée pour Anne. Soudain, il perdit connaissance, lorsqu’il revint à lui, il se trouvait dans une barque dans laquelle se trouvaient des gens tout noirs, qui lui caressaient ses cheveux blonds comme les blés en lui parlant doucement. Yoann voulut se sauver mais ils le retinrent. Arrivés sur l’île, ils lui donnèrent à manger, ce n’était pas aussi bon que ce que lui faisait Anne mais il avait si faim.


En Guadeloupe

Un couple de guadeloupéens prit l’enfant chez eux. Ce dernier se mit dans un con de la case car il avait peur qu’on ne le mangea. En effet, il avait lu dans un livre que les noirs étaient cannibales mais peu à peu Yoann se familiarisa avec les personnes qui habitaient l'île.
Yoann fit l’admiration de la population locale car il avait très vite apprit leur langage.
Un jour, Kewan, son frère d’adoption et son meilleur ami lui révéla qu’il y avait quelques années, l’un des indigènes avait retrouvé un corps sur la plage.
-"Comment était-il ? Il était vivant ? Brun bouclé ? dit moi Kewan ?"
-"En effet, il avait les mêmes cheveux que moi. Lorsqu'il s’est éveillé, il pedait la aison . C’était peut-être nomal . Nous l’avons ecueillit quelques temps, et pou nous emecier , il nous a constuit de nouvelles cases. Il nous a dit que son capitaine qui était aussi son ami l'avait jeté à l'eau."
-"C'est sans doute mon frère."
-"L’homme brun c’est ton fèe ?"
-"Kewan, où je suis ?"
-"Sur une île."
-"Elle est grande ?"
-" Pouquoi ?"
-"Dans le navire, sur lequel je me trouvais, nous étions six à savoir nager dont mon père et mon frère. Tu crois que l’on peut faire le tour de l’île pour les retrouver ?"
-"Viens."
-"Le gaçon blond veut faie le tou de l’île pou etrouver son pèe et son fèe ."
Quelques hommes de l’île aguerris partirent plusieurs jours et se dispersèrent dans diverses directions pour retrouver notamment le cap’taine et Sullivan mais peut-être aussi Alan, Padrig et Stephen. Ceux-ci, n’ayant pas trouvé, âme qui vivent commencèrent à s’en retourner lorsqu’ils entendirent des gémissements, intrigués ils allèrent en direction de ces derniers. Allongé se trouvait un homme blessé. Un îlien s’approcha et s’aperçut que l’homme avait été piqué par un serpent et qu’il fallait faire un brancard de suite pour le ramener au village pour le soigner. Yoann discutait avec les jeunes du village. En voyant arriver, les"secouristes", il se précipita dans leur direction pour savoir qui ils avaient retrouvé. Le sorcier soigna plusieurs jours l'homme blessé. Un beau matin, le rescapé sorti de la case. C’était Padrig. Yoann était allé chercher des aliments pour la famille qui l’avait accueillit. Lorsqu’il revint, il le pressa de questions.
-"Padrig, où sont papa, et les autres ? Que t‘es-t- il arrivé ?"
-"Quand ses personnes m’ont trouvé, j'essayais de trouver à manger. J'ai vu un arbre sur lequel je suis monté car il y avait des grappes de fruits jaunes, c’est là où je me suis piqué par une bête. Les autres doivent m’attendre."
-"Te souviens-tu de la direction dans laquelle ils se trouvent ?"
-"Il me semble mais je ne peux t’emmener avec moi. "
-"Pourquoi lis-tu dans mes pensées Padrig ? "
Kewan se trouvait à proximité et s’en retourna après avoir entendu la conversation entre les deux comparses.
-"Papa, il y a d’autes pesonnes pedues ."
Le père de Kewan alla voir le sorcier et il fût décidé que l’homme les conduirait dans la direction où se trouvaient les autres naufragés. Ils revinrent à la nuit. Les enfants été couchés mais des chants les réveillèrent alors, Kewan pris la main de Yoann et le tira en dehors de la case. Tous deux s’approchèrent et d’un coup, Yoann se jeta dans les bras de son père et de son frère mais aussi de Gaël, Stephen et Alan,…il entendit une autre voix, s’approchant de plus près, il aperçut le plus récalcitrant des marins qui n’avait pas voulu apprendre à nager : Renan.
Ils restèrent des mois et des mois attendant un bateau. Quatre ans après le naufrage, enfin, un navire de croisière aborda l’île.
Ils firent des adieux émouvants aux habitants. Les enfants avaient muris et avaient forcis suite aux travaux qu’ils avaient faits pour aider les gens du village qui les avaient accueillis. Sullivan et Yoann avait seize ans et Alan, quinze.
-"Vous venez les enfants, le capitaine va nous ramener à Saint Malo. Mais où est ton frère Sullivan ?"
Le capitaine était fier de ses fils.
-"Kewan, sais-tu où se trouve Yoann ?"
-"La petite fille du socier c’est pedue et il est allé à sa recheche ."
-"Alors, vous embarquez, oui ou non ?"
-"Nous attendons l’un de mes fils."
-"J’attend encore dix minutes, s’il n’est pas là, je lève l’ancre."
Kewan s’approcha du capitaine.
-"Monsieur."
-"Oui."
-"Il y a une lune, un homme blanc avec les mêmes cheveux que vous est repati su un bateau. Yoann m’a dit que c’était son fèe ."
-"C’est mon fils Gwen."
A ce nom, Kewan éclata de rire, moquerie ou soulagement ?
-"Vous voyez cap’taine que vous allez avoir vos fils autour de vous."
Une larme d’émotion coulât, Gaël lui tapa sur l’épaule.
-"Les dix minutes sont passées, vous embarquez oui ou non ?"
-"Ne vous en faites pas cap’taine, le "petit" saura se débrouiller pour repartir de lui-même, sur le prochain navire."
A la grande curiosité des touristes, les "naufragés" montèrent habillés comme les îliens.
Pendant ce temps, Yoann était à la recherche de son amie d’enfance Kewanna, la petite fille du sorcier. Elle était à la recherche de plantes médicinales que lui avait demandée sa grand-mère pour les "gentils blancs", mais elle se perdit sur l’île. Yoann ne la trouvant pas revint au village et fût peiné d’apprendre que ses amis étaient partis sans lui. Le soir, Kewanna n’était toujours pas revenue, Yoann, son compagnon de jeux, inquiet, repartit à sa recherche. Celui-ci la trouva loin du village en pleurs.
Yoann et Kewanna revinrent au village main dans la main. Ils avaient respectivement 16 et 15 ans. Les familles des deux adolescents se firent des signes complices. Les enfants ne se doutaient pas de ce qui se tramait alors. "Qu’est-ce qu’ils sont contents de nous revoir.".
La famille adoptive de Yoann fut invitée le soir même chez le sorcier. Les enfants dormaient. Les deux familles convinrent qu’il fallait marier leurs progénitures.
Les épousailles eurent lieu le surlendemain. Yoann fût attristé que son père et son frère ne soient plus sur l’île. Le mariage fut si magnifique, que sa mélancolie s’envola. Sur le chemin qui les amenaient sur le lieu du mariage, on jetait des fleurs, tous chantaient, qu’ils étaient beaux leurs chants ! Jamais Yoann, n’en avait entendu de pareils. Les familles de chacun des futurs époux remirent à leur fils et à leur fille une couronne et un collier de fleurs.
Une fois mariés, ceux-ci eurent une case bien à eux mais un peu en dehors du village car il fallait, que ce jeune couple fasse plus ample connaissance. Le lendemain, ils trouvèrent comme présents, des fleurs et des fruits, juste devant.
Un an passa. Les familles s’inquiétaient, car les jeunes époux n’avaient pas encore d’enfant. Yoann remarquait cependant, que son épouse avait un peu grossit. Les villageois disaient que c’était normal car les époux au lendemain de leur mariage prenaient du poids car ils devenaient adultes. Un jour, où Yoann, s’était absenté pour aller à la chasse, Kewanna se sentit mal. Elle sortit de la case où elle était en train de préparer des mets rapportés la veille par Yoann, et s’évanouit, une femme qui passait alerta les deux familles. Une vieille du village la regarda et lui demanda depuis combien de temps elle se sentait mal "Depuis plusieus lunes". La vieille lui demanda en lui touchant le ventre "As-tu mal ici ? ", Kewanna lui fit un signe de la tête. Elle sortit de la case et annonça aux deux familles, qu’elles allaient avoir un héritier. Quel bonheur se dirent-ils. On annonça la nouvelle à Yoann, celui-ci voulu voir sa femme mais la case où celle-ci était, lui fut interdite d’accès cependant il resta devant celle-ci. Il y eu de nombreuses invitations pour fêter l’heureux événement. " Ca va être un garçon, tu verras" lui dit un garçon qui avait été l’un de ses premiers compagnons de jeux. Soudain, des cris se firent entendre, puis d’autres. La vieille sortie dépitée car ce n’était pas un garçon à qui Kewanna avait donné la vie mais à deux belles petites filles. Au lendemain, de leur mariage, il avait été convenu entre les jeunes époux que Kewanna choisirait les prénoms de leurs filles et Yoann ceux de leurs garçons.
-"Yoann, que penses-tu, de Luanne et Sloane ?"
-"C’est très joli mon amour."
-"Dis-moi, ma puce, pourquoi, la vieille qui était avec toi, n’était pas contente en sortant de la case."
-"C’est parce que ce n’était pas un gaçon ."
-"Oh ! Je vois."
Les petites filles gazouillaient dans la case sur une paillasse.
Un an après, Kewanna eut les mêmes symptômes et mis au monde, de nouveau une petite fille qu’elle surnomma Paytone.
Les années passèrent et les naissances se succédèrent mais hélas ! Elle n’avait que des filles. Il y eu Edmonise, puis Oriana, Qecia et enfin Roselise car elle était toute rose.
Kewanna avait maintenant 20 ans et allait de nouveau enfanter. Yoann était allé chasser car il était trop nerveux. Il ne revint avec aucune nourriture. Quand il se rendit au village, Yoann entendit des chants et de la musique. Il courru à perdre haleine jusqu’à la case. Sa famille et sa belle-famille lui annoncèrent qu’il avait un héritier.
Dans la nuit, alors que Kewanna sa chère et tendre épouse était à ses côtés, celui-ci l’entendit gémir.
-"Kewanna ! Où as-tu mal ?"
-"La tête me toune ."
-"C’est peut-être parce que tu viens d’enfanter."
Cependant, Yoann, se faisait du souci. "Demain j’irais voir celle qui mets au monde, les enfants".
Le lendemain, Kewanna appela Yoann.
-"Yoann, Yoann, choisit le pénom de note fils avant que je pate de ce monde."
-"Mais non, tu ne veux pas t’en aller."
-"Choisit le pénom ."
-"Que dis-tu de Dieudonné ?"
-"C’est beau."
Kewanna, ferma les yeux. "Elle s’est endormie, je pense que ce qui l’a tracassait était que notre fils n’ai pas encore de prénom."
La nuit tombée, il s'allongea à côté de celle qu'il aimait le plus au monde.
Lorsqu'il se réveilla au petit matin, Yoann trouva sa petite femme encore endormie. Il alla à la chasse sans se soucier de ce qui se trâmait. Lorsqu’il revint, elle dormait toujours. Inquiet, il alla voir la guérisseuse, la traîna même jusqu’à leur case. Quand celle-ci vit Kewanna, elle commença un chant…funèbre, Yoann l’avait déjà entendu lorsque l’on avait enterré un vieil homme.
-"Non, non, ce n’est pas possible."
Il éclata en sanglots.
Yoann, sortit et courru jusqu’à qu’il se fut calmé.
Les habitants se pressaient autour de la case et entonnaît ce chant avec la vieille femme.
Plusieurs jours passèrent. Maintenant, il avait un rite, chaque matin, il allait réveiller ses filles et celles-ci toutes heureuses sortaient en piaillant plus fort les unes que les autres ce qui le faisait rire malgré son chagrin. Mais là, rien. Il ouvrit la petite case destinée à ses petites filles, les paillasses étaient vides.
Il aperçut son compagnon d’enfance, son frère d’adoption arriver en courant.
-"Kewan as-tu vu mes filles ?"
-"Nous sommes fèes , Yoann, et au nom de notre amitié, je dois te die que les anciens ont enlevé tes filles. Il se tient un Conseil, cetains disent que tu dois pati avec ton fils Dieudonné, sur qui je devais veiller s’il t’aivait un accident. Tu dois pati car disent-il tu as fais moui l’une d’ente nous."
Kewan était à peine arrivé que les anciens firent signe à Yoann d’approcher. Celui-ci alla les trouver.
-"Pend ton fils et va t-en."
-"Mais pourquoi ? Où sont mes filles."
-"Elles estent ici."
-"Mais se sont mes enfants."
-"C’est ton fils "l’enfant du malheu "qui a tué ma fille."
Il lui désigna la mer. Yoann alla chercher son fils et résigné, alla sur la plage attendre un hypothétique navire. Il regarda Dieudonné, "comme il ressemble à sa mère".
Dieudonné ressemblait beaucoup à Kewanna. Comme elle, il avait des yeux de braise, un nez aquilin, le teint mat mais ses cheveux étaient blonds.
Un beau matin, un navire croisa aux alentours de la Guadeloupe, il fit des signes désespérés, déchira un bout de la chemise que Kewanna lui avait faite avec amour.


Retour en Bretagne

-"Capitaine."
-"Oui, matelot, regardez un homme nous fait signe."
-"En effet" fit le capitaine
-"Donne-moï les jumelles Maël."
Le jeune mousse s’exécuta et tendit les jumelles au capitaine.
-"Mais que tient-il ? Ma parole, mais on dirait un enfant."
-"A bâbord toute ! Exécution."
Le navire s’approcha de l’île. Yoann avait pris de la nourriture pour son fils mais cela suffisait-elle ? Il voulut faire quelque chose pour remercier le capitaine et ses matelots qui l’avaient sauvé mais ceux-ci refusèrent.
-"Comment t’appelles-tu ?" demanda t-il au mousse
-"Maël."
-"Tu es breton ?"
-"Oui, monsieur."
-"Tu sais, moi aussi, j’ai été mousse."
-"C’est vrai ? vous pouvez me raconter ?"
-"Maël ! grogna le capitaine. Tu embêtes, ce monsieur" dit-il d’un ton à demi-sévère.
Il l’aimait bien son petit mousse. Il avait adopté cet enfant car son père avait péri en mer et sa maman était décédée de la typhoïde. Il s’était dit qu’un enfant de plus ne le dérangerait pas. En effet, le capitaine avait déjà, six garçons et six filles. Qu’il les aimait tous, les siens mais aussi ceux à qui on lui avait donné la garde et qu’il avait pour la plupart adoptés. Il se souvenait des difficultés qu’il avait eu avec Gaël puis Maël, les deux plus jeunes et se souvenait des dialogues.


Come back de l'adoption de Gaël

Gaël se réveilla tard. Maman m’a fait dormir un peu plus tard pensa t-il. Je vais lui dire bonjour et après j’irais à l’école, c’est tard mais le maître comprendra.
Il se dirigea vers la chambre de sa maman.
-"Maman, il faut te réveiller."
Sa maman ouvrit les yeux.
-"Quelle heure est-il Gaël ?"
-"J’sais pas mais on dirait que le soleil est au zénith"
Gaël avait appris ce terme à l’école et l’employait toujours à bon escient.
-"Je vais rater un jour de salaire. Il faudra faire attention à la nourriture que l’on mange sinon nous nous n'en aurons pas assez pour finir le mois. Gaël peux-tu aller chercher le capitaine de Louec, j’aimerais lui demander s’il n’a pas du travail pour moi au château en temps que bonne. Va vite mon petit garçon."
-"Maman, tu ne m’embrasse pas comme chaque matin ?"
-"J’ai pris froid et ne veux pas te donner mon rhume."
Le petit s’exécuta. Il tira le carillon à l’entrée. Deux fors beaux chiens accoururent à la grille mais le capitaine arriva et les chassa.
-"Capitaine, capitaine, maman vous fais demander. Elle aimerait trouver un travail au château parce que l’on pas avoir assez d’argent pour manger jusqu’à la fin du mois."
La cloche de l’église de Saint-Malo tinta. Il était midi, l’heure de manger.
-"Capitaine, je suis désolé je ne connaissais pas l’heure, je ne savais pas qu’il était aussi tard dans la matinée."
-"Oh ! Ne t’inquiète pas, mon épouse à l’habitude de mes retards."
-"Attends-moi, je vais appeler l’un de mes fils pour qu’il attache les chiens."
Un jeune homme arriva au portail.
-"Yannick, que fais-tu ici ?"
-"Le navire vient d’arriver père."
-"Vous êtes revenus bien tôt ?"
-"Le capitaine de Couec…"
-"Mais je croyais qu’il avait prit sa retraite ?"
-"C’est son fils qui commandait le navire."
-"Lequel ?"
-"Gwen."
-"Reprends ce que tu voulais me dire."
-"Le capitaine a vu que le mauvais temps arrivait."
-"Comment est-il comme capitaine ?"
-"Très humain envers ses hommes. Père, qui voulez-vous confier à de Couec ?"
-"Erwann, car il est timide et cela lui fera du bien."
-"Je lui en parlerais."
Soudain, le capitaine se rappela la présence de Gaël.
-"Yannick, peux-tu attacher les chiens pour que ce jeune homme entre."
-"Mais, il faut que je retourne auprès de maman !"
-"Je lui expliquerais, ne t’inquiètes pas."
Le fils aîné s’exécuta, prit les chiens au collier, les attacha puis revint sur ses pas.
-"Gaël entres, tu ne crains plus rien maintenant, allez va petit."
Yannick allait emboîter le pas de Gaël, lorsque son père le rappela.
-"Oui, père."
Pendant ce laps de temps, Gaël admira l’immense parc avec sa roseraie, ses arbres plus que centenaires et la maison avec sa vigne vierge et les glycines sur les deux côtés.
-"Dis à maman de le faire manger avec nous."
-"Père que ce passe t-il ?"
Yannick connaissait son père, il savait qu’il se passait quelque chose d’important, mais quoi ? Son père avait un cœur en or. Ne l’avait t-il pas recueilli ainsi qu’Erwann, Maël et Maiwenn ?
-"Sa maman m’a fait mander mais je ne sais pas pourquoi, je pense qu’il se passe quelque chose de grave, mais quoi, je l’ignore. Allez mon fils, emmènes cet enfant à la maison."
-"Viens Gaël, tu vas manger avec nous."
Yannick, lui prit la main car il le sentait anxieux.
-"Pourquoi, maman m’a demandé d’aller chercher le capitaine ?" pensa t-il.
Lorsqu’il sentit que Yannick l’avait pris par la main, il l’a retira prestement.
-"Appelles-moi Yannick."
-"Yannick, pourquoi, je dois manger avec vous ?"
Le fils du capitaine de Louec lui mit son bras autour de ses épaules.
-"Yannick, j’nais pas de beaux vêtements pour venir manger avec vous et puis ce matin, j’nais pas eu le temps de me laver."
Yannick ébaucha un sourire.
-"Tu sais ce que l’on va faire ? Tu vas prendre un bain…"
-"Un bain ? Je n’en n’ai jamais pris, à la maison je me lave dans une cuvette."
Yannick le regarda attendrit, il comprenait pourquoi son père avait prit cet enfant sous son aile, mais quel âge avait-il ?
-"Après ton bain, je te donnerais des habits de mon frère Maël qui est à peu prêt de ta taille."
-"Nous arrivons. Bonjour tout le monde."
-"Tu es déjà de retour, mon fils, que je suis contente."
-"Je vous présente Gaël, le moussaillon de papa. …"
-"Mon mari, ne tarit que de louanges sur vous, Gaël."
-"Maman, Gaël aimerait prendre un bain avant de mettre des habits de…"
-"Yannick ? "
- "Oui Maël ? "
- "Tu peux lui donner des vêtements à moi."
-"Et à moi."
-"C’est très gentil de votre part, Maël et Erwann."
-"Quel âge as-tu Gaël ?"
-"Huit ans."
-"Assez bavardé." interrompit la mère de famille.
-"Allez viens, mon garçon que je te frictionne."
-"Madame, ça me gêne de me déshabiller et de me faire laver par vous."
-"Ouah, monsieur est prude." ironisa l’un des garçons.
-"Jildas, arrête tes moqueries et viens t’excuser tout de suite."
Ce dernier baissa la tête, s’avança et tendit la main à Gaël.
Jildas connaissait la sévérité de son frère.
Un autre murmura quelque chose que seul Yannick entendit.
-"Josselin, peux-tu nous faire part de ta réflexion ?". L’adolescent devint écarlate.
-"On verra ça tout à l’heure les jumeaux".
Les deux enfants se regardèrent et pâlirent.
-"Je vais te montrer la salle de bain, sauras-tu débrouiller tout seul ?"
-"Oui, je vous remercie Yannick."
Gaël avait entendu les chiens aboyés et aperçu le capitaine par la fenêtre de la salle de bains. Il se dit alors qu’il n’avait qu’à retourner voir sa maman pour l’aider.
-"Mais que t’arrive t-il ? Tu es tout pâle, mon chéri ?"
-"Sa mère vient de mourir. Elle m’a fait promettre de prendre son fils avec moi.’ Comment lui annoncer ? Accepterais-tu un autre fils ?"
-"Bien sûr, on ne pas laisser cet enfant tout seul."
-"Quel âge a-t-il Arzhur ?" demanda t-elle à son époux
-"J’avoue que je l’ignore."
-"Maman, il nous a dit tout à l’heure qu’il avait huit ans."
-"Merci, Maël de me le rappeler mais je suis tellement bouleversée. Pauvre petit, perdre ses parents si jeune. Il sera le bienvenu, la maison est assez grande."
-"Chérie, nous allons prendre la mer demain."
-"Mais, tu ne peux pas emmener cet enfant."
-"Tu as raison, je vais réfléchir à qui de mes fils je vais donner cette tâche."
Relevant la tête il vit tous ses enfants, tous avaient entendus ce que leur père avait dit. Les plus jeunes et ses filles avaient des larmes aux yeux.
-"Ne lui dites rien."
Gaël en voyant le capitaine revenir avait dévalé l’escalier mais le voyant triste, il se dit que quelque chose s’était passé, peut-être que sa maman n’avait pas été gentille avec le capitaine et sans qu’on ne le vit, il s’éclipsa mais quand il arriva au portail, il fit tinter le carillon. Tous se retournèrent et virent le petit orphelin partir.
-"Papa, je vais le chercher."
-"Yannick, il habite la vieille maison à côté de la taverne."
Yannick, partit à grandes foulées retenir l’enfant mais Gaël avait prit un chemin que Yannick ne connaissait pas et qui arrivait à trois maisons de la sienne. Il arriva en trombe en criant "Maman que s’est-il passé, pourquoi, le capitaine est triste ? Maman où es-tu ? Sur ces entre fait, Yannick arriva. "Yannick, ma maman n’est pas là, pourquoi ? Que sais t-il passé ?"
-"Viens petit frère."
Yannick se baissa et prit l’enfant dans ses bras
-"Mais je ne suis pas votre petit frère ? Pourquoi, m’appelez-vous ainsi ?"
-"Gaël, ta maman était très malade c’est pour cela qu’elle a demandé à mon père de venir chez toi."
-"Yannick, ma maman elle est où ?"
-"Es-tu croyant ?"
-"Pourquoi ? Ça n’a rien à voir ?"
Tout en parlant, Yannick ramenait Gaël auprès du capitaine.
-"Nous voilà arrivés, allez ouste au bain."
-"Non, je veux savoir pour maman ? Elle est partie où ?"
Yannick le prit sous son bras et l’emmena prendre son bain.
-"Enlève-moi tout ça."
-"Non, je veux pas enlever mes habits."
-"Maintenant, tu vas m’écouter. Quand mon père est absent, c’est moi qui m’occupe de mes frères et sœurs et quand ils ne veulent pas m’écouter, ils ont une bonne raclée, alors maintenant que tu es mon frère, obéit tout de suite."
Gaël s’exécuta, honteux de se montrer à quelqu’un.
Des plus fraternels, Yannick mit Gaël dans la baignoire et le frictionna puis il lui choisit des vêtements de Maël et d’Erwann en lui demandant s’ils lui plaisaient.
-"Yannick, vous savez c’est la première fois que j’ai de si beaux habits."
-"Tutoie-moi, Gaël, tu es mon petit frère maintenant."
-"Je ne suis pas votre petit frère."
-"Gaël, si ta maman a fait venir mon père, euh, non, notre père auprès d’elle c’est parce qu’elle était très malade…"
-"Mais elle n’était pas malade hier, et ce matin, elle m’a dit qu’elle n’avait qu’un rhume."
-"Ta maman est décédée. Notre père a retardé l’embarquement pour que tu assiste avec tes frères et sœurs à l’enterrement de ta maman. Ta maman qui se savait malade a demandé à notre père de prendre soin de toi, de t’adopter."
-"Allez viens manger maintenant que tu es tout propre."
-"Je n’ai pas faim."
-"Pas de caprices, tu vas manger comme tout le monde."
Ils descendirent, tous les attendaient.
-"Père, j’ai dis la vérité à Gaël. Quant à moi, en tant qu’aîné, je m’oppose à ce que mon plus jeune frère prenne la mer."
-"Il ne prendra pas la mer pour cette fois. Je vais prendre l’un de tes frères."
-"Lequel ?"
-"Je ne sais pas encore, je vais réfléchir et convoquerait celui qui viendra dans mon bureau, tout à l’heure."
Le lendemain, lorsque Yannick alla réveiller ses frères et sœurs, Gaël n’était pas dans sa chambre. Il le trouva sur le perron en larmes.
-"Que t’arrives t-il ?"
-"J’veux partir avec le capitaine."
Au petit déjeuner, il demanda à Maël, Gaël et Erwann de venir sur le port avec leur père puis allèrent au bord de la mer. Le capitaine de Louec rencontra le capitaine Gwen de Couec et ils parlèrent de l’engagement d’Erwann.
-"C’est d’accord capitaine, je vais le prendre comme mousse. Dites Louec, vous avez un autre enfant ?"
-"Oui, Gaël. "
-"J’oubliais vos enfants savent-ils nager ?"
-"Pourquoi, cette question ?"
-"L'un de mes frères doit la vie à la natation, aussi si vous êtes d’accord, jetons-les à l’eau. Avec votre fils aîné, nous sommes trois."
-"Erwann, je te présente le capitaine de Couec, tu embarqueras avec lui dès la prochaine saison, mais avant, allons-y."
Les enfants ne savaient pas ce qu’ils voulaient dire.
Les deux capitaines prirent chacun un enfant mais comme il se débattait, Yannick vint à leurs rescousses puis les jetèrent à l’eau.
-"Au secours."
Les cris alertèrent des marins, Padrig sauta ainsi que d’autres marins et mirent leur main sous le menton d’un enfant en lui disant quels gestes faire pour nager tout en le rassurant.
Quelques jours après l’enterrement de la maman de Gaël, le capitaine demanda à Maël de venir dans son bureau.
-"Gaël, papa m’a demandé de venir le voir dans son bureau, pourrais-tu m’accompagner, j’ai si peur."
-"Ok."
Ils se dirigèrent en direction du bureau, croisèrent Yannick.
-"Yann, papa, euh père veut me voir, je n’ai pourtant pas fais de bêtises ?"
-"Ne t’inquiètes pas. Tu es le plus le plus sage de la fratrie" et regardant Gaël "avec ton frère."
-"Qu’ai-je fais, père, pour que fassiez venir ?"
-"J’ai besoin d’un mousse, acceptes-tu Maël de m’accompagner dans cette aventure ?"
Gaël resta derrière la porte mais Josselin et Jildas le bousculèrent ce qui fit du bruit. Le capitaine ouvrit brusquement la porte et regarda sévèrement ses fils. Son regard allait de l’un à l’autre.
-"Tu veux rentrer Gaël ?"
-"Oui, père."
-"Les jumeaux, Yannick va se charger de vous deux."
Gaël regarda son frère pour qu’il accepte cet engagement. Ils étaient très complices. On ne voyait jamais l’un sans l’autre mais là, ils allaient être séparés.
-"Je viendrais avec vous père."
-"C’est bien, mon fils. Vous pouvez partir. On se reverra sur le bateau. Yannick t’accompagneras."
-"Il est super cool ton père, Maël."
-"Comme toi, Gaël, je suis orphelin. En se promenant, père a aperçu un linge, j’étais emmailloté dedans."
-"Je croyais que la personne qui te battais était ton père ?"
-"Lui ! Ça ne risque pas, il se servait de moi pour mendier."
-"Alors, les loustics que complotiez-vous ?"
-"Je disais à Gaël que moi aussi, j’étais orphelin."
Yannick hésita puis leur confia que lui aussi l’étais.
Les enfants se regardèrent éberlués ne sachant que dire.
-"Père venait de perdre son fils aîné, il m’a trouvé et m’a adopté. Ne le dites pas aux autres car se sont les enfants du capitaine exceptée Maïwen et Erwann."
Dans la nuit, Gaël se sauva et alla sur le port. Il était très triste d’être séparé de Maël pendant de longs mois. Il pensa embarquer clandestinement mais se ravisa car Yannick s’apercevrait de son absence demain matin et c’est le premier endroit où son père et son frère viendraient le chercher et ouh ! Là ! là ! qu’est-ce qu’il prendrait. Non, il faut embarquer demain matin après le petit déjeuner à moins qu’il ne demande à son père de venir les accompagner jusqu’au port.
-"Père, puis-je vous accompagner ? Vous allez tellement me manquer."
-"N’est-ce pas plutôt pour accompagner Maël ?"
-"Oui, aussi, mais je…"
-"J’vous aime papa."
-"Approche."
Le capitaine prit Gaël sur ses genoux. C’était la première fois qu’il le faisait avec l’un de ses fils.
-"Ça ne vas pas ?"
-"J’ai, j’ai,…"
Il ne pouvait poursuivre tant il était ému qu’on l'aima à ce point.
-"Tu as envie de pleurer ? Laisse-toi aller mon fils."
Le garçonnet éclata en sanglots dans le creux de l’épaule du capitaine.
-"Allez, viens avec moi sur le port."
En sortant de son bureau, le capitaine entendit des pas.
-"Attend moi, Gaël. Je reviens."
Le capitaine se dirigea vers un réduit et en sortit Jildaz et Josselin militari et les traîna dans son bureau.
Gaël entendit des supplications et le capitaine parler sévèrement puis des cris.
-"Non, non, père arrêté, s’il vous plait, j’ai mal."
Le tour de Josselin arriva et se fut les mêmes supplications mais aussi la peine punition. La porte s’ouvrit et le capitaine tenait par le bras un jumeau de chaque côté. Ils devinrent rouges en passant à côté de Gaël.
Comme si, la correction donnée par son père ne lui avait rien fait, Josselin, s’adressa à Gaël.
-"Ça te fait plaisir, hein poule mouillée ? Tu n’es qu’un enfant adopté et tu es le chouchou."
Son père n’y tenant pas, lui assena deux bonnes gifles.
C’est eux que j’aurais du emmener et non Maël pensa t-il.
-"Venez avec moi. Nestor ! pouvez-vous vous charger de ces deux garnements ? Mettez-les chacun dans une chambre pour une fois, ça les changera. Dites à Louise de ne pas leur monter à manger."
-"Père, vous êtes sévère. "
-"Depuis qu’ils sont petits, ils ne font que des bêtises, alors maintenant qu’ils ont quinze ans, il faudrait qu’ils comprennent qu’ils n’en ont plus quatre. "


Dernière édition par fany le Lun 8 Oct 2012 - 3:21, édité 5 fois
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MessageSujet: LES ENFANTS DE SAINT-MALO   Mar 25 Sep 2012 - 4:52

La "dure vie "de mousse

-"Allez, au travail. "
-"Mais, père... "
-"Que t’ai-je déjà Maël ? "
-"Il faut que je vous appelle capitaine. "
L’enfant baissa la tête, il n’aimait pas se faire disputer par celui qu’il aimait le plus au monde après ses parents disparus.
-"Je me présente Yoann de Couec."
-"Vous êtes le frère de …"
-"de Gwen."
-"Comment est-il en tant que capitaine ? L’un de mes fils a embarqué avec votre frère. J’aimerais savoir s’il n’est pas trop dur avec les mousses ? "
-"Ne vous inquiétez pas, il est très gentil. Enfant, j’ai vécu avec lui en croyant que c’était mon père. "
Maël arriva en courant.
-"Capitaine venez vite Gaël se sent mal. "
-"Gaël ? "
-"Oui, père, il a embarqué clandestinement, il était tellement triste, s’il vous plaît père ne le disputez pas. "
Le capitaine accourut auprès de son fils suivit de Yoann.
Yoann lui toucha le front.
-"Il a de la fièvre. Pouvons-nous, nous arrêter prés de ces îles que nous apercevons, il se trouve certainement la plante qui fait tomber la fièvre."
Yoann trouva cette herbe avec l’aide de marins à qui il l’avait décrite. Il s’en retourna au bateau en courant, il fallait sauver ce petit.
-"Capitaine, j’ai une requête à vous faire. "
-"Oui, de Couec. "
-"J’aimerais veiller votre fils. "
-"Accordé."
Un marin le dévisageait depuis un moment. Le capitaine s’en aperçu.
-"Que t’arrive t-il Padrig ? "
-"Rien, cap’taine, j’ai cru voir un fantôme. "
A ce nom, Yoann se retourna.
-"Oh ! Padrig, ça fais si longtemps que nous nous sommes vus, comment va père ? Pourquoi n’as-tu pas embarqué avec Gwen ? "
-"Je ne devais plus embarquer, le remord m’a pris quand je l'ai vu partir."
-"Et toi, raconte."
-"Maël, peux-tu t’occuper de mon fils ?"
-"Il faut que j’aille demander à père. "
-"Capitaine, Monsieur de Couec m’a demandé de s’occuper de son bébé, puis-je ? "
-"Bien sûr, tu n’aurais même pas du me poser cette question."
Maël baissa la tête et le capitaine l’ébouriffa.
-"Va vite."
-"Maël."
-"Oui, monsieur."
-"S’es-tu nager ?"
-"Oui monsieur."
-"S’il y avait une tempête, essaie de résister aux vagues et sauve mon enfant."
-"Je le ferais monsieur et Gaël m’aidera s’il est guéri."
-"Viens avec moi voir ton frère."
-"Mais j’ai du travail, si je ne le fais pas le capitaine va me disputer."
-"Ton papa-capitaine, te disputes ?"
-"Non, il ne l’a jamais encore fait. Mon frère aîné nous a dit que Gaël et moi étions les plus sages de la fratrie. Dites, monsieur, qu’est-ce que ça veut dire, fratrie ?"
-"Une fratrie, c’est lorsque on a plusieurs frères et sœur."
-"Alors, on est une grosse fratrie."
-"Tu as autant de frères et sœurs ?"
-"Oui, il y a Yannick, Gaël, Erwann, Jildas et Josselin, Alerig, Morgan et Aël pour mes frères et mes sœurs s’appellent Erell, Tiphaine, Servanne, Mélaine et Maiwenn."
Les jours s’écoulèrent. Le bateau s’était ravitaillé en nourriture. Il rentrait en direction de St Malo, comme il était content, il allait revoir sa famille et il leur présenterait son fils.


Le naufrage

La nuit, alors que Yoann sommeillait, la mer gronda. Yoann savait ce qu’il allait arriver car il l’avait vécu tout jeune. Avant que les vagues ne fussent trop grosses, il emmaillota Dieudonné et mit un mot dans ses vêtements. Il pria pour la paix de son âme et demanda au dieu des mers et océans de les épargner, du moins son fils.
-"Gaël ! Maël ! Venez vite les enfants."
-"Que se passe t-il ? "
-"Il va y avoir une tempête, prenez mon fils et sautez avant que les vagues ne soient trop grosses. Allez les enfants. "
-"Et vous, monsieur ? "
- "-Je vais réveiller l’équipage."
Les enfants prirent le bébé dans les bras en essayant de le protéger du courant.
Les vagues se firent si grosses, tellement grosses qu’elles firent chavirer le bateau.
-"Papa, papa, non, ne mourrez pas."
Les enfants avaient les yeux embués de larmes.
Un phare ne se trouvait pas loin. Il illumina l’océan et donna l’alerte aux marins de St-Malo, et oui ! Nous revenons à notre point de départ, coïncidence ? Peut-être pas. Des dizaines de bateaux sortirent du port, certains firent demi-tour pratiquement tout de suite, une douzaine s’aventura, des bateaux chavirèrent et les autres voyant ceci rentrèrent au port, tous, non, il en restait un.
-. "P’pa regarde." dit Alain.
En temps ordinaire, Alain aurait reçu une taloche car depuis qu’il était mousse, bien qu’il fût son père, il devait l’appeler capitaine, mais là, il n’y avait pas pris attention. Gaël, fixa son regard dans la direction indiquée par son fils et vit un linge blanc qu’il prit pour un effet d’un de ses malheureux. En effet, les enfants dans leur douleur n’avait pas prit attention à l’enfant.
-. "Alain, donne-moi le filet. "
Il y avait peut-être un nom, peut-être ce marin avait-il des proches à St Malo ou dans ses environs.
Il peina pour arriver à prendre ce linge. "Ouf ! Enfin". Il remonta le filet et allait prendre l’effet comme un vulgaire linge quand il entendit des cris. Il l’écarta et n’en croyant pas ses yeux vit un bébé. Le capitaine pourtant "blindé" se détourna pour que son fils ne vit pas qu’il versait une larme qu’il essuya d’un revers de manche. D’autres cris se firent entendre.
-"Au secours ! Au secours ! Nous sommes là."
Gaël, regarda dans la direction des cris et vit des mains s’agiter. Il s’aventura plus loin sur l’océan, c’était risqué mais il fallait sauver ces personnes. Soudain, il aperçu, les deux jeunes garçons à qui il lança une corde. Une fois, remontés sur le bateau, Gaël et Maël se présentèrent.
-"C’est notre père, le capitaine de Louec, qui est à la barre du navire. Nous espérons le revoir bientôt à la maison."
Arrivé à terre, Gaël demanda à son fils d’amener chez lui les petits rescapés mais ceux-ci refusèrent car ils voulaient retrouver leur maman et leurs frères et sœurs.
-"Venez à la maison" leur suggéra Alain
-"Merci, c'est très gentil de ta part mais il faut aller voir notre maman pour la soutenir. Lorsque tu ne seras pas en mer nous viendrons te prendre pour gouter, es-tu d'accord ?"
-"J'aimerai bien mais il faut que je demande à papa."
-"Papa, ces personnes me demande si je peux aller gouter quand nous ne serons pas en mer ?"
-"Nous insistons capitaine."
-"C'est d'accord Alain."
-"Kenavo."
-"Kenavo."dirent-ils en cœur.
-"Comment faut-il annoncer le décès de papa, Maël ?"
Gaël prononça cette phrase, les yeux embués de larmes.
-"Tu sais, maman est forte "lui répondit Maël
Leur arrivée, fut saluée par les aboiements des chiens. La porte de la bâtisse s'ouvrit et ils distinguèrent des silhouettes, l'une d'entre-elle se dirigea vers eux.
-"Yannick, papa est mort."
Yannick serra contre lui ses petits frères pour qu'ils libèrent leurs sanglots.
-"Yann, papa avait recueillit Yoann de Couec avec son bébé, qu'il nous a confié" avant nous a-t-il dit que la tempête ne soit trop grosse et nous a dit de sauter du bateau avec le bébé que le monsieur qui nous repêcher a amené à monsieur le docteur."
-"Il n'y a pas d'autres survivants ?"
-"Je ne pense pas."
-"Comment va-t-on faire sans papa ?"
-"Gaël, nous allons chercher du travail comme mousse."
-"Mais après ? Nous avons déjà 10 et 11 ans. Nous ne serons pas mousse toute notre vie."
-"Après, nous serons marins."
-"Maël, il y a beaucoup de marins à Saint-Malo."
-"Mais on peut toujours demander aux différents capitaines
-"Comment va-t-on faire sans papa ?"
-"Les petits, il faut d'abord annoncer cette funeste nouvelle à notre mère."
-"Yannick, que se passe t-il ? s'écria la mère de famille.
Yannick pressa le pas, ne sachant comment lui dire cette triste nouvelle.
-"Yannick, mon fils, qu'arrive t-il ? Votre père vient avec ses matelots normalement."
-"Maman, je…"
Tout en prononçant ces paroles, Yannick baissait la tête pour que l'on ne puisse apercevoir ses larmes. Le capitaine considérait qu'un homme ne doit pas pleurer même s'il a de la peine.
-"Papa a fait naufrage, seuls Gaël, Maël et le bébé de Yoann de Couec sont survivants."
-"Nous allons faire face les enfants. Réfléchissons."
-"Maman, nous permettez, Servane et moi de servir à la taverne." tint Erell à sa mère.
-"Permettez leur mère, Anaïs veillera sur elles."
-"Quant à nous, nous pourrions broder ou être gouvernantes." proposa Maiwen.
-"Accordé les filles."
-"Je propose que les plus âgés des garçons s'engagent comme matelots."
-"Et nous" dirent les plus jeunes.
-"Vous resterez ici, maman va avoir besoin de vous."









Deuxième partie : DIEUDONNE



L'enfant de Yoann

Gaël couru chez le médecin pour qu’il regarde si l’enfant ne souffrait de rien. Marguerite, l’épouse de Léopold, le médecin, le déshabilla et découvrit un mot, "Prenez bien soin de mon fils, il s’appelle Dieudonné et a environ huit mois.". Elle en fit part à Léopold puis alla chercher les affaires qu’elle avait confectionnées pour son petit Pierre qu’elle avait perdu quelques mois auparavant. Marguerite et Léopold le veillèrent toute la nuit.
Le lendemain, Léopold, alla faire des démarches pour une éventuelle adoption auprès de Monsieur le maire. Ce jour-là, au petit matin, des corps se trouvaient sur la plage, tous les marins qui avaient périt étaient de St-Malo, tous sauf un, semblait-il. Gaël qui ne naviguait pratiquement plus, eu vent de ce naufrage, se rendit au port des marins et reconnu malgré son teint buriné, le "petit".


Le capitaine

Depuis qu'il était à la retraite, le capitaine recevait volontiers ses anciens matelots avec lesquels il se rappelait les bons et mauvais souvenirs.
Ce jour-là, Gaël se rendit chez "son capitaine".
-"Cap'taine ! Cap'taine !
-"Te voilà bien pressé mon "vieux" Gaël."
-"J'ai des nouvelles."
-"Sont-elles bonnes ?"
-"Non, malheureusement."
-"Entrez, monsieur Gaël" lui fit le vieil employé de maison.
-"Merci. Cap'taine, votre fils Yoann est sur la grève."
-"Est-il…?"
-"Oui. Il n'y a que seulement trois survivants : deux mousses et un bébé."
-"Comment s'appellent ces enfants ?"
-"Je m'en retournes pour…"
-"Déjà ! Mais tu n'as pas encore gouté à ton thé ? Tu iras bien à la taverne après ?"
-"Merci, cap'taine de…"
-"Appelle-moi, Arzhur, Gaël, nous avons fait la route si longtemps."
-"Vous croyez ?"
-"Bien sûr."
-"Arzhur c'est gentil de votre part de nous recevoir."
Voyant son vieil employé droit et raide à ses côtés, il l'invita à s'asseoir.
-"Tu vois mon vieux copain, notre Gaël est pressé de s'asseoir à une table pour glaner quelques informations."
-"Merci Arzhur de me laisser partir."
-"Reviendras-tu après ?"
-"Oui, cap'taine."affirma-il en souriant. Que vous voulez-vous savoir ?"
-"Le nom des enfants."
-"Sullivan les connaît peut-être ?"
-"Va mon ami."
A la taverne, les marins grouillaient. Gaël eut des difficultés à se faufiler pour demander une bière à Anaïs.
-"Bonjour Gaël."
-"Je vais m'asseoir."
-"Je t'apporte ta choppe."
Il allait s'asseoir, lorsqu'il croisa un marin dont le visage ne lui était pas inconnu mais dont le nom lui échappait.
-"Ta choppe Gaël."
-"Merci, Anaïs."
-"Viendrais-tu par hasard pour les nouvelles ?" lui demanda t-elle
-"Oui. Tout ce que je sais c'est que Yoann est parmi les victimes."
-"Yoann ? Mais ce n'est pas possible, car je viens de l'apercevoir. Gaël, tu commences à devenir gâteux."
Le vieil homme vexé haussa les épaules.
Soudain, des sanglots se firent entendre.
-"Attends-moi Gaël."
Anaïs entra dans son logement et on l'entendait parler tout doucement.
-"Tu sais maman, je le considérais comme mon fils."
-"Je sais mon cœur. Maintenant, tu vas te reposer."
Durant ce temps-là, le marin que Gaël avait croisé, lui faisait face. L'un des anciens marins d'Arzhur lui tapota sur l'épaule.
-"Bonjour Gaël, salut Gwen."
-"Gwen ? Mais oui, il me semblait que je te connaissais mais je vieillis et la mémoire ne suis plus."
-"Ne dit pas ça Gaël."
Sullivan faisait le tour des tables pour un engagement.
-"Dites monsieur, connaitriez-vous un bon capitaine ?"
-"Adresses-toi, à mon voisin, petit."
-"Monsieur;…"
-"Oui, petit frère."
Sullivan écarquilla les yeux.
-"Vous êtes lequel de mes frères ?"
-"Gwen."
-"Je ressemble autant à Yoann ?"
-"Comme un jumeau."
-"Venez rendre visite à notre père, il est si triste depuis que…"
-"Tu veux parler de Yoann, petit ?"lui demanda Gaël
-"Oui monsieur."
-"Sais-tu quels sont les noms des deux moussaillons et celui de l'enfant ?"
Anaïs arriva près de leur table.
-"Se sont deux des enfants du capitaine de Louec."
-"Pauvres gosses" firent en cœur Gaël, Gwen et Renan.
-"J'ai aussi appris que le bébé a été confié au docteur" ajouta Anaïs. Gwen tu peux aller voir…
-"L'enfant ?"
-"Si tu veux, mais après ma fille."
-"Comment vas t-elle ?"
-"Elle pleure depuis qu'elle est allée voir le bambin."
-"Pour quelles raisons ?"
-"Il est blond madame ?"fit Sullivan. Lorsque nous sommes partis de la Guadeloupe, Yoann était à la recherche d'une petite fille, c'est pour cette raison qu'il n'a pu revenir avec nous. Gwen, n'en veut pas à père, ce n'est pas de sa faute mais celle du capitaine du navire qui nous a ramené. Le bébé est sans doute celui de Yoann."
-"Il est blond, en effet, mais avec le teint mat."
-"C'est normal, car sur l'île, les habitants sont noirs."
-"Nous avons un neveu, Gwen. Allons le voir, tu seras convaincu."
-"En es-tu sûr ?"
-"Oui, certain."
-"Je termine ma bière et j'arrive."
Ils se dirigèrent vers la bâtisse du médecin où Yoann s'était rendu et que "Doc Léopold" avait racheté.
"Elle n'a pas changé" remarqua Gwen en contemplant la maison cossue.
Sullivan prit le heurtoir qui frappa la porte. Cette dernière s'ouvrit tout de suite.
-"Il y a quelqu'un de malade chez toi Gwen ?"
-"Non doc. Nous venons voir l'enfant qui vous a été confié."
Le médecin les regarda l'un après l'autre, que ne comprenait-il pas ?
-"Ça pas doc ?"
Ce dernier était devenu blême.
-"Sullivan, demande à Marguerite un peu d'alcool."
-"Madame, le doc a eu un petit malaise. Pouvez-vous me donner un peu d'alcool ?"
-"Je viens avec toi, petit."
Lorsqu'ils arrivèrent au porche, doc avait reprit des couleurs et s'avançait vers Sullivan, les bras ouverts.
-"Pauvre petit."
Léopold avait enveloppé de ses bras Sullivan qui ne comprenait pas.
-"Entrez, nous allons parler de Dieudonné qui te ressemble beaucoup."
-"C'est mon frère Sullivan."
Gwen lisant dans la pensée ajouta "Sullivan et Yoann étaient jumeaux."
-"Je comprends mieux la ressemblance."
-"Voulez-vous reprendre, ce petit, Gwen ?"
-"Non doc, il sera mieux avec vous."
-"Nous lui révèlerons la vérité lorsqu'il sera en âge de comprendre. Comment va Anne ?"
-"Il lui faut du repos."
-"Votre père a apprit votre retour, Gwenaël et regrette que vous ne soyez pas allé lui rendre visite. Il regrette son impulsion lorsqu'il a apprit votre liaison avec la petite Anne."
-"Vous êtes de connivence à ce que je vois" remarqua Gwen en souriant à Léopold, Marguerite et Sullivan. Je ferais un geste envers la famille de Louec."
-"Merci pour eux, Gwen. Tu sais c'est une famille nombreuse. Deux petites travaillent à la taverne. Quant aux garçons, les plus âgés, s'embarquent comme matelots. Les plus jeunes ont été choqués par le naufrage. D'après ce que j'ai entendu dire, Yoann leur a dit de sauter du bâtiment pour sauver son fils. Madame de Louec vient tout juste de recueillir une petite fille."
-"Combien sont-ils ?"
-"Marguerite."
-"Veux-tu les prénoms ?"
-"Non, le nombre des enfants."
-"Je ne peux te le dire qu'en citant les prénoms."
-"Très bien, s'il n'y a que ce moyen."
-"L'aîné n'a que 19 ans, il se nomme Yannick, sinon les autres sont Josselin et Jildas, Alrig, Morgan, Aël, Erwann, Maël et Gaël.
-"Il n'y a que des garçons ? Je pourrais en prendre comme marins ou mousses."
-"Non, ils ont eu aussi des filles : Servane, Mélaine, Maïwen, Tiphaine, Erell et la petite Soizic."
-"Je demanderais à père ce que l'on faire pour eux financièrement. Je n'aime pas que des filles de leur rang travaillent, enfin je n'aime pas que les filles travaillent. Je lui présenterai en même temps, Anne, et lui demanderai sa bénédiction pour notre futur mariage, lui présenterai Stephen, Gwendoline et Alan. Sullivan, il ira à l'Ecole Navale avec toi."
-"Mais Gwen…"
-"Il n'y a pas de mais" lui rétorqua-il
Gwen s'en alla chercher Anne à la taverne et imposa à Sullivan d'aller chercher Stephen, Gwendoline et Alan.
-"Viens avec moi ma chérie, je vais te présenter à père."
Tous les six s'en allèrent vers la maison. Anne voulut s'enfuir mais Gwen la retint.
-"Sullivan ouvre-nous le portail."
Le vieil employé aperçut Sullivan et s'en allait le réprimander, Arzhur lui ayant donné cette autorisation.
-"Monsieur Sullivan ton père va te disputer car tu arrives bien tard" apercevant les arrivants, il se retourna vers Sullivan "Mais qui sont ces personnes ?"
-"Gwen, Anne et sa future belle-famille, Stephen, Gwendoline son épouse et Alan. Anne et Gwendoline sont sœurs par conséquent Alan est mon futur cousin."
Voyant le vieux copain d'Arzhur éberlué, il précisa "Mon frère Gwenaël, si tu préfères."
-"Serais-tu le petit garçon qui m'a fait enrager bien des fois ?"
-"Lui-même."
-"Vous ne savez pas combien je suis content de voir de la jeunesse. Allez entrez."
-"Quelle va être la réaction de père ?"
-"C'est un vieux grincheux depuis que tu es parti."
Un fou rire prit les deux frères.
Le capitaine entendant une conversation rejoignit son "vieux copain."
-"Qu'est-ce mon vieil ami ?"
-"Vos fils monsieur."
-"Gwenaël, avant que je ne t'embrasse présente-moi ces jeunes gens."
-"Père, je…"
-"Oui mon fils, continu."
Gwen fut ému de la réponse de son père qu'il ne pouvait à peine parler. Son père s'en aperçut et lui tapota l'épaule.
-"Que voulais-tu me dire ?"
-"Père, pourriez-vous me donner votre bénédiction pour…"
Le vieil employé coupa Gwen sachant quelques peu colérique le capitaine.
-"Pour son futur mariage avec Anne."
-"Mais je croyais que…tu étais déjà marié ?"
-"Non père. Nous étions trop jeunes. Nous avons fait croire à bon nombre de nos amis que c'était un véritable mariage mais ce n'était qu'une fête."
-"Je te la donne et t'invites à habiter la maison."
-"Père…"
-"Continu mon fils."
-"Je vous présente ma future belle-famille."
-"Comment s'appelle ces jeunes gens ?"
-"Gwendoline, la sœur d'Anne, Stephen son époux et leur fils Alan. Yoann les considérait comme sa propre famille."
-"Où habitiez-vous ?"
-"Près du port. Pendant votre absence, j'ai pris Yoann avec moi, le considérant comme mon propre fils. Quant à Sullivan, il aidait le mousse."
-"Lorsque tu partais qui s'occupait de Yoann ?"
- "Moi monsieur "répondit Anne en faisant la révérence
-"Vous êtes ravissante jeune fille. Venez dans mes bras que j'embrasse ma future bru."
-"Père, deux des enfants de Louec étaient sur le même chalutier que Yoann. Maintenant qu'ils n'ont plus leur père, nous aimerions, Sullivan et moi les aider financièrement. Ils sont nombreux."
-"Combien sont-ils ?"
-"Quinze, neuf garçons et six filles."
-"Demain, j'irais voir Madame de Louec."
Le lendemain, il tint sa promesse et alla voir Madame de Louec.
-"Enchanté de vous connaître madame. Mes fils, m'ont parlé du malheur qui vous accable et Gwenaël se propose de prendre les plus âgés de vos fils sur son chalut."
-"Je ne sais pas si je peux accepter Capitaine. Je vais les appeler. Yannick, Josselin, Jildas."
A l'appel de leur mère, ils arrivèrent.
-"Oui mère."
-"L'un des fils du capitaine de Louec propose de vous engager comme matelots. Qu'en dîtes-vous ?"
-"Mère, Aël, Alrig, Morgan et Erwann ne peuvent-ils pas embarquer ?"
-"Non Yannick, ils sont beaucoup trop jeunes."
-"Mais comment allons-nous vous aider ?"
-"Ne vous inquiétez pas les enfants, je viendrais personnellement aider votre mère. Votre capitaine embarque demain aux aurores. Pour une première saison je vous conseille de vous coucher tôt."
-"Oui monsieur. Mère, je regrette de vous avoir parlé aussi durement.
Aux aurores, ils embarquèrent.
Pendant ce temps-là, le capitaine rendait souvent visite à Madame de Louec et ils devinrent très proches, si proches que Madame de Louec due réunir ses enfants.


L'embarrassement de Madame de Louec

-"Je ne sais pas par où commencer."
-"Maman, vous n’avez qu’à nous dirent que le capitaine de Couec et vous, êtes très proches."
Yannick et les jumeaux étaient rentrés plus tôt que prévu car Gwen voulait voir ce qu'ils valaient en tant que matelots. Il avait été content de leur attitude mais il les savait inquiets pour leur mère. Tout trois avaient invités Gwen et Sullivan qui étaient devenus comme des frères.
-"Jildas, Josselin,…est-ce de l’insolence ? "
-"Non, mère, mais il est normal que vous refassiez votre vie."
-"Mais, mais,…comment savez-vous ceci ? "
-"Oh, ce n’est pas difficile mère, le capitaine vous fait de fréquentes visites, en somme, il vous fait la cour" lui dit Aël.
Tous ses enfants souriaient, tous non, il manquait Alerig et Morgan. Ils étaient tous très heureux pour leur mère.
-"J’ai vu arriver Monsieur de Couec ainsi que ses fils, maman, où se trouvent t-ils ? "
Madame de Louec s’en alla chercher son bien-aimé.
-"Les enfants, je vous présente, Monsieur de Couec."
-"Bonjour monsieur, soyez le bienvenu." lui fit Mélaine en faisant la révérence imiter par ses sœurs.
-"Je vous présente Gwen et Sullivan. Où se trouvent Alerig et Morgan ? "
-"A la maison, Soizic est en train de faire un caprice."
-"Encore ? Elle se roule encore par terre en suffoquant ? "
-"Je suppose mère."
-"Gwen, Sullivan, permettez-vous que je vous considère comme mes fils ?"
-"Merci mère. Soizic est votre enfant ?" Quelle âge a-t-elle ?" lui adressa Gwen
-"Non, pas exactement. Je l'ai adopté. Elle a quatre ans."
-"Puis-je aller la voir ? "
-"Aël accompagne Monsieur de Couec."
-"Oui, mère. Venez monsieur, je vais vous montrer où se trouve "notre capricieuse.""
-"Tu es bien dur Aël."
-"Mère, n’aurait jamais du accepter de l’adopter."


Soizic

Ils arrivèrent à l’endroit où se trouvait Alerig et Morgan mais aussi Soizic.
-"Que t’arrive t-il Soizic ? "
L’enfant suffoquait.
-"Mes deux papas sont morts."
A ces mots, Gwen se baissa et prit l’enfant dans ses bras. Il comprenait son chagrin.
-"T’es qui ? "
-"Soizic, ne parle pas ainsi."
-"Cela ne fait rien, Aël. Veux-tu que je sois ton grand frère ? "
Aël, Alerig et Morgan furent stupéfaits car le chagrin de leur petite sœur avait soudainement pris fin.
-"C’est vrai ? Eux, ils sont méchants avec moi, mais toi t’es gentil."
Ils arrivèrent près du reste de la famille.
-"Je te présente mon papa et mon frère Sullivan."
-"Toi, aussi t’es gentil ?"
-"Soizic soit polie."
-"Laissez ma chère, à son âge, on ne différencie pas le tutoiement du vouvoiement. "
-"Oui, bien sûr, je suis aussi gentil que mes fils."
-"Lui aussi va être mon grand frère ?" Lui demanda Soizic
-"Oui, Soizic, moi aussi si tu le veux, bien sûr."
-"Ne lui demandez pas Sullivan."
-"Petite fille, accepterais-tu un autre papa ? "
-"Voui."
Tous sourirent à ce mot.
-"Veux-tu venir demain voir mon petit-fils ?"
-"T’as un petit enfant ? "
-"Oui, puce."
Elle tendit, les bras vers le capitaine, et celui-ci l'a prit.
-"Dit, on peut aller le voir maintenant ton petit enfant ? "
-"Soizic, il se fait déjà tard. Monsieur de Couec et ses fils doivent être fatigués."
-"Maman, s’il te plait, je suis si malheureuse de ne pas voir le petit enfant."
S’adressant à Gwen, elle lui fit la même supplication.
-"Monsieur mon frère, emmène-moi le voir,…s’il te plait."
-"Je m’appelle Gwen."
-"Mais t’es un Monsieur ?"
-"Maman, le monsieur va-t-il être un autre papa ?"
-"Non, ton frère."
-"Il est vieux."
-"Soizic" gronda Alerig "
-"Excuses-toi tout de suite" lui sévèrement Jildas
-"C'est l'autre monsieur qui va être mon autre papa ?"
-"Oui. Je vais faire le deuil de ton père et ensuite j’épouserai leur papa."
-"Puis-je vous appeler mère ? "
-"Bien sûr."
-"Alors mère, je vous demande la permission de m’absenter un petit moment jusqu’à la maison du médecin pour que Soizic fasse la connaissance de Dieudonné."
-"C'est un drôle de prénom."
-"Il a toute une histoire."
-"Je veux que tu me racontes."
-"Non, c'est trop triste."
-"On va le voir ?"
-"Oui."
-"Ne cédez pas trop à ses caprices Gwen."
-"Ma rencontre avec votre petite fille m’a beaucoup ému et j’aimerais lui faire ce cadeau."


Les bêtises de Soizic

Gwen fut accompagné par Yannick, Sullivan, Maël et Gaël. Arrivé devant la porte, ils toquèrent.
-"Veuillez nous excusez docteur mais nous venons voir Dieudonné…"
Gwen ne put finir sa requête qu'elle était déjà acceptée.
-"Entrez les enfants."
Léopold déjà âgé les considérait comme tel.
Le petit Dieudonné se trouvait dans un petit lit festonné.
-"Soizic approche."
Gwen lui demanda de s’asseoir et lui mit Dieudonné dans les bras mais une fillette ne se rend pas toujours compte de la fragilité d’un bébé.
-"Attention, de ne pas le faire tomber, ce n’est pas l’une de tes poupées."
-"Oui, Gwen, mais il ressemble à ça."
Pendant qu’ils discutaient avec Léopold et Marguerite, Soizic tournait et retournait le bébé. Maël, se doutant d’une bêtise de sa petite sœur se retourna, il était temps car la petite allait jeter le bébé par terre pour voir ce que cela ferait.
-"Ce n’est pas possible, on ne peut jamais te laisser seule une minute sans que tu ne fasses une bêtise. Je vais signaler celle-ci à maman."
-"Non, s’il te plait, je ferai plus, promis."
Gaël et Maël sortirent avec leur petite sœur car on ne savait pas, ce qu’elle allait encore pouvoir inventer.


La Méchanceté de Sven

Un marin de l'équipage de Sven connu pour chercher la bagarre leur adressa :
-"Salut, comment allez-vous tous les deux ? Venez à la taverne, boire une pinte."
-"C’est-à-dire que nous attendons nos frères."
-"Allez ! Venez."
Apercevant, la fillette, le marin fit la moue.
-" C’est quoi ? "
-"Notre sœur."
-"Ta mère adopte n’importe quoi ma parole, même la fille d'une femme de mauvaise vie. Ha ! Ha ! Ha ! "
- "Ce n’est pas n’importe quoi, c’est ma sœur et n’y touche pas c’est un conseil."
Sven, de la taverne regardait la scène et s’avança vers le groupe des protagonistes.
-"C’est pas des marins, ça, mais des mauviettes qui savent même pas apprécier la bière."
A la voix de Sven, Yannick sortit suivit de Sullivan et de Gwen.
-"Les petits retournez chez le docteur, c’est plus prudent."
Un homme hagard se trouvait à proximité.
-"Monsieur, comment s'appelle votre petite fille."
-"Soizic."
-"Sullivan, rentres avec les petits."
-"Mais…"
-"Il n’y a pas de mais, obéit tout de suite."
-"Ton frère te disputes aussi ?"
-"Ça arrive quelquefois."
-"Ah bon ! C'est curieux, t'es pourtant grand. Dis ils vont se bagarrer ?"
-"Certainement."


L'inconnu

Yannick et Gwen se trouvaient face à face avec Sven, les autres marins s’étaient retirés. L'homme qui avait adressé la parole à Gwen se mit à côté d'eux.
-"Que faites-vous monsieur ?"
-"Je n'aime pas l'injustice."
-"Donne-leur ton couteau Sven car je ne me bats pas avec un homme armé."
-"Gwen, tu n’as pas l’intention de te battre avec ce gueux ? "
A ces mots, Sven se projeta sur Yannick et le blessa. Amoindri, il ne pouvait plus défendre son frère. Yannick avait été blessé au bras et le sang coulait abondamment
Le docteur entendant les cris, regarda par la fenêtre et vit Yannick s’évanouir. Avec l’aide de Gaël, Maël et Sullivan, il le rapatria chez lui. Sa blessure n’était pas aussi grave que le docteur pensait. L'inconnu cogna Sven qui fut mit k.o.
-"Marguerite, que puis-je faire pour sauver ces jeunes ? "
-"Il y a une fenêtre derrière la maison, Gaël peux-tu aller voir les responsables du port ? "
-"Oui, madame."
Le moussaillon se glissa doucement derrière la maison, se baissa pour ne pas se faire voir et alerta les autorités du port qui vinrent et interpellèrent Sven et le marin qui avait déclenché la bagarre. Sven, quant à lui menaçât la famille de Couec.
-"Je te le ferais payer et à toi aussi."
-"Venez avec nous monsieur. Comment vous appelez-vous ?"
- "Je ne connais plus mon nom."
Les garçons et leur petite sœur revinrent au château. Tous les attendaient.
-"Que s’est-il passé ? Mais Yannick tu es blessé ? Que t’est-il arrivé ? "
-"Maman, Sven s’est jeté sur moi avec son couteau. C'est impressionnant mais la blessure est superficielle."
-"Ce monsieur s'est joint à Gwen pour faire face à Sven."
-"Venez manger avec nous monsieur, Louise a préparé un bon repas."
-"Je ne puis accepter."
-"Mère, peut-on héberger cette personne ?"
-"Oui Gwen."
Arzhur s'affairait avec ses employés. Tous trois avaient décidé de faire une surprise à leurs enfants. Lorsqu'il fut prévenu, il s'avança vers sa dulcinée, pour remercier le "sauveur" de ses fils.
L'homme se trouvait sous un arbre, volontairement, pour que l'on ne puisse pas le voir car il avait une balafre qui aurait impressionné des enfants.
-"Approchez monsieur que je vous présente mon père."
L'homme l'air hagard s'avança. Lorsque cet inconnu avança, une larme perlât sur la joue d'Arzhur.
-"Père qu'avez-vous ?"
-"Comment vous appelez-vous ?"
-"Je l'ignore."
-"Eléonore, pouvez-vous aller chercher l'album photos s'il vous plait."
Lorsqu'elle revint, Monsieur de Couec montra des photos à l'inconnu."
-"Tu te trouves ici."
-"Vous me connaissez monsieur ?"
-"Oui."
-"Qui suis-je ? Quel est mon nom ?"
-"Tu es le fils que je croyais décéder, Pierrick."
-"Comment vous appelez-vous monsieur ?"
-"Arzhur de Couec. J'étais en mer lorsque j'ai appris ta disparition."
-"Seriez-vous mon père ?"
-"Oui, tu ne te souviens plus de moi ?"
-"Je ne me souviens de rien."
-"Sullivan, peux-tu aller chercher le médecin ?"
-"Oui père."
-"Tu es mon frère ?"
-"Nous discuterons de cela tout à l'heure."
Sullivan courût chez "le doc".
-"Doc, doc."
-"Qu'y a-t-il Sullivan ?"
-"Père vous fait mander."
-"Léopold seras-tu absent longtemps ?"
-"Je ne sais pas Marguerite car les visites à domicile sont parfois longues. Quel dossier dois-je prendre Sullivan ?"
-"Celui de Pierrick de Couec."
-"Mais je le croyais décéder ? Je ne le trouve pas, je regarde dans les dossiers de mon prédécesseur. Voyons, voyons, enfin le voilà."
Tout en allant à la bâtisse, le médecin regardait le dossier.
-"Pourquoi ton père veut-il que je regarde ce dossier ?"
-"Père a hébergé un homme qu'il croit être son fils."
Le docteur secoua la tête en pensant "Pauvre Arzhur, tu te fais des illusions, ton fils est mort."
-"Bonsoir Léopold. J'ai retrouvé mon fils aîné. Il a du avoir un choc car il ne se souvient de rien."
-"Voyons son dossier. Monsieur de Couec votre fils a disparu en mer…"
-"…mais il n'a pas périt puisqu'il est ici ? De plus, son corps n'a pas été retrouvé."
-"Père, regardez son épaule, il a peut-être les armes." lui fit observer Sullivan
-"C'est vrai, je n'y pensais plus. Montre-moi ton épaule."
Pierrick, tel espérait Arzhur, dévoila son épaule et distingua un tatouage mais était-ce les armes ? Il y avait de nombreux marins qui en avaient un.
-"Suis-je votre fils ?"
-"Je ne sais pas car ce tatouage est très abîmé."
-"Père, Sven l'a menacé, nous ne pouvons pas le rejeter."
-"Tu as raison mon fils."
-"Je vais partir monsieur. Gweny a été très gentil avec moi, en prenant ma défense."
-"Si tu pars où iras-tu ?"
-"Je ne sais pas."
-"Moi j'veux pas que tu partes."
-"Soizic, on ne peut obliger ce monsieur à rester à la maison."
-"S'il te plaît, monsieur, reste."
-"Tu sais, j'ai eu une petite fille qui s'appelait comme toi."
-"C'est vrai, puis-je la voir ?"
-"J'ignore où elle se trouve."
-"Soizic n'embête pas ce monsieur."
-"Oui maman."
-"Monsieur, avez-vous besoin d'un employé ?"
-"Papa s'il te plaît."
-"Se serait avec plaisir mais je ne puis guère vous rémunérer."
Dans la nuit, l'homme hurla si fort qu'il réveilla tous les membres de la famille. Se fut Madame de Louec qui arriva la première au chevet de leur "invité", Arzhur la suivait de près, il délirait.
Le lendemain, Arzhur le prit à part.
-"La nuit dernière vous avez fait un cauchemar. Vous avez parlé, qui défendiez-vous ?"
-"Il m'arrive souvent d'en faire. Qui je défends ? Je ne sais pas."
L'inconnu fit un clin d'œil à Soizic ainsi qu'un grand sourire ce qui lui fit peur car l'homme avait une balafre et elle se réfugia contre Gwen.
-"Assez parlé ! dit la mère de famille "Allons manger."
-"Gwen, mon fils, ce garnement aurait-il fait une bêtise pour être près de vous ? "
-"Non, mère. Mère puis-je visiter la roseraie ? "
-"Nous avons encore un peu de temps avant de manger, allez-y."
-"Tu viens Soizic ? "
-"Oh ! Oui."
La petite lui donna la main et lui fit visiter la roseraie mais aussi le parc ainsi que les recoins où elle se cachait lorsqu'elle avait fait une bêtise.
-"Tu viens, on va manger, ça sent bon, tu ne trouves pas ?"
-"Soizic approche, tu vas me faire la promesse, de ne plus faire de bêtises comme chez le médecin et de te conduire comme une gentille petite fille."
-"Tu vas rien dire ? "
-"Promets- moi, d’abord."
-"Je te le promets parce que t’es gentil."
-"Je ne dirais rien pour cette fois mais si tu recommences gare à toi."
-"Merci, Gwen."
Soizic devint, depuis ce jour-là, une petite fille sage et toujours prête à rendre service ce qui étonna sa famille.
-"Tu es bien sage Soizic."
-"C'est vrai maman ?"
-"Oui ma puce."
-"C'est Gwen qui m'a dit qu'il fallait que soit sage pour qu'il ne me dispute pas."
Soizic parti en courant dans le parc.
-"Gwen, mon fils."
-"Oui mère."
-"Qu'avez-vous dit à Soizic pour qu'elle se soit assagie ?"
-"Je ne sais plus exactement."
Qu'avait-il dits à ce petit bout chou ? Il ne l’avait pourtant pas disputé, il lui avait seulement parlé calmement en lui faisant comprendre que ce qu’elle avait fait été mal.
-"Gwen."
-"Oui, maman, euh mère, veuillez m’excuser mère. Je me suis laissé aller à la familiarité. Je vous fais toutes mes excuses. Je suis confus."
-"Ne le soyez pas Gwen, appelez moi donc maman."
-"Mais vos autres enfants, vous appelle mère."
-"Sauf Soizic."
-"Aël, l’autre jour m’a dit qu’elle était une enfant adoptée. Qui sont ses parents ? "
-"Je l’ignore. Ses parents et la petite dormaient sous le porche de l’église, quand l’enfant s’est réveillée, sa maman gisait à côté d'elle en sang, alors on me l’a confiée. On ne sait pas si c'est le père qui a tué son épouse."
-"C’est horrible. Il y a combien de temps que vous l’avez adoptée ? "
-"Il y a environ une semaine."
-"Scolarisez-vous vos filles ? "
-"Oui, mon mari y tenait beaucoup. Elle ira à l’’école à la rentrée c’est-à-dire dans une semaine. Pourvu qu’elle ne fasse pas de bêtises."
-"Si vous le voulez maman, je l’emmènerais moi-même à l’école."
-"Merci, mon garçon, cela me rassure."
Une semaine plus tard, Gwen alla réveiller Soizic. Ce matin là, elle fit mine de dormir pour ne pas aller dans ce lieu inconnu que représentait l’école. Gwen s’en aperçu et enleva sa couverture puis son drap. Il faisait frisquet.
-"Soizic, arrête de jouer cette comédie, s’il te plaît. Sinon je vais me fâcher. Tu me l’avais promis l’autre jour, as-tu oublié ? Te souviens-tu de ce que je t’ai dit ?"
La petite se le rappelait, aussi, elle se leva prestement en jetant un regard noir à son grand frère qui l’a regarda sévèrement.
Lavez et habillé, elle alla de mauvaises grâces à l’école. Gwen lui tendit la main mais elle l’a repoussa ce qui eu pour effet, une tape sur les fesses –il ne l’avait pas donné fort- c’était juste pour que l’enfant se rende compte que ce qu’elle avait fait était mal.
Gwen l’accompagna jusque dans la cour de l’école et la présenta à son maître.
Son "frère" parti, elle resta dans un coin de la cour, et ne voulut pas rentrer en classe. Aussi, le maître demanda au jardinier d’avertir Gwen. Dix minutes passèrent où le maître essaya de la convaincre de venir en classe mais celle-ci refusa. Soudain, elle aperçu son grand frère ce qui l’a fit rentrer aussitôt mais Gwen ne l’entendait pas ainsi.
-"Maître, Soizic ne viendra pas en classe aujourd’hui, elle ne viendra que demain. Je suis désolé pour son caprice."
-"Allez ouste, à la maison. Que t’ai-je dis l’autre jour ? Réponds."
Soizic baissa la tête. Elle savait que son frère allait être sévère. "Comment puis-je lui demander de retourner à l’école ? " pensa t-elle
-"Gwen, j’aimerais aller à l’école, s’il te plait."
Mais Gwen lui tenait le bras fermement. "Qu’est-ce qu’il va m’arriver ? " pensait-elle
-"Gwen, s’il te plait, j’aimerais aller à l’école, s’il te plait, je t’en supplie, je te demande pardon."
-"Tu te moques de qui ? Non, aujourd’hui, tu resteras au château."
-"Tu vas me punir ? "
-"Oui."
Aux supplications de sa petite sœur, Gwen eut une hésitation mais il tint bon. "Ça lui fera du bien d’être punit."
Arrivés au château, il appela ses frères et sœurs et leur demanda de rester. Il allait prendre Soizic, sous son bras lorsque Jildas intervint.
-"Qu’a-t-elle fait ? "
-"Elle a désobéit à son maitre en refusant de rentrer en classe."
-"Gwen, votre père vous appelle." lui fit l'inconnu
-"Je viens père."
-"Madame de Louec et moi-même aimerions nous marier, j’aimerais que tu me dises si tu es d’accord ou pas ? Et toi qu'en te maris-tu avec la petite Anne ? Tu sais c'est une bonne petite, sans qu'on lui dise elle aide ta mère car elle trouve Louise âgée D’autre part, ne soit pas trop dur avec la petite."
-"J’accepte. Savez-vous père que j’appelle maman, madame de Louec ? Peut-être pourrait-on se marier le même jour. Pour la petite, elle n’aura qu’une petite fessée mais devant ses frères et sœurs. Cela me fend le cœur de le faire mais c’est la seule façon de lui faire entendre raison."
-"C'est une bonne idée, ta future belle-mère te trouve charmant. Nous en avons parlé tout à l'heure et c'est le souhait qu'Eléonore a émit."
Gwen retourna vers ses frères et sœurs mais ne trouva pas Soizic.
-"Elle est partie en courant, nous avons cherché dans le parc mais nous ne l’avons pas trouvé."
-"Erwann, Josselin, Jildas, Aël, venez avec moi."
Arrivés près du labyrinthe, Gwen posta ses frères aux sorties. Quant à lui, il prit l’allée principale mais entendant son grand frère venir, elle se cacha vers une autre sortie où malheureusement pour elle, étaient postés les jumeaux qui la voyant; la prirent chacun par un bras.
-"Gwen, nous l’avons trouvé."
Sur ce, son frère arriva. Celle-ci se débattait, mordait ses frères.
-"J’veux pas, j’veux pas."
-"C’est une bonne correction que tu vas avoir."
-"Non, non, j’tens supplie, j’ne désobéirai plus."
Mais Gwen, ne l’entendait pas ainsi. Arrivés près de leurs frères et sœurs, Soizic sous le bras, il lui donna une bonne fessée puis l’a reposa par terre.
-"La correction que je t’ai donnée est pour les enfants désobéissants. J’espère que tu as compris."


Dernière édition par fany le Lun 8 Oct 2012 - 3:28, édité 10 fois
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fany



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MessageSujet: LES ENFANTS DE SAINT-MALO -SUITE DEUXIEME PARTIE-   Mar 25 Sep 2012 - 5:18

Une mauvaise rencontre

Le lendemain, elle se leva, fit sa toilette puis s’habilla aux aurores car elle ne voulait pas être en présence de Gwen. Celle-ci se dirigea vers la cuisine où Louise préparait la table pour "ses enfants" comme elle aimait le dire. La cuisinière lui servit un bon petit déjeuner puis la petite fille l’en remercia. Soizic retourna dans sa chambre préparer ses affaires pour l’école. Elle avait décidée de s'y rendre seule, on la chercherait mais qu’importe pourvu qu’elle soit à l’école. Elle grimpa sur le mur et couru pour aller en classe mais en chemin, elle rencontra des écoliers, qui se moquèrent d’elle.
-"Elle a reçu une roustad, elle a reçu une roustad ." chantonnaient-ils en langue celte.
Pendant ce temps, Louise qui ne trouvait pas normal que cette fillette se lève aussi tôt, avertit Gwen qui se leva promptement, se lava et s’habilla rapidement. Il se dirigeait vers le portail, lorsqu’il entendit des cris et des pleurs. "Mon Dieu, qu’arrive t-il " Il trouva deux garçons qui brutalisaient sa petite sœur et saccageaient ses affaires d’école.
-"Vous deux, venez par ici."
Les garçonnets s’enfuirent mais Gwen eut tôt fait de les rattraper et de les tenir chacun par une oreille. Yannick qui allait se promener tôt chaque matin vit sa petite sœur en pleurs.
-"Yann, peux-tu ramener Soizic à la maison ? "
-"J’veux pas que tu me donne une correction comme hier."
-"Je te promet ma puce que tu n’auras pas de correction."
-"Sûr ? "
-"Sûr, sûr."
Le maitre comme chaque matin préparait les affaires des enfants, lorsque que Gwen entra dans la classe.
Lorsqu’il le vit arriver avec deux de ses élèves, il fut intrigué.
-"Que se passe t-il avec ses enfants ? "
-"Ils ont agressé ma petite sœur qui ne viendra pas aujourd’hui. Elle était si contente."
-"Si vous voulez, Monsieur de Couec, je viendrais après la classe."
-"Maître, je suis allé à l’école, dans votre classe, je suis Gwen, rappelez-vous, Gwen le terrible, c’était le surnom que vous m’aviez donné. Je vous les confie. Il faut que j’aille chercher le médecin."
-"Ils auront dix coups de règles chacun."
Gwen se dirigea vers la grande maison de "monsieur le médecin" comme les marins l'appelaient.
Léopold ouvrit la porte en pyjama et les cheveux hérissés.
-"Docteur, docteur, venez vite, c’est urgent, c’est pour ma petite sœur."
-"Qu'arrive t-il ?
-"Elle a été agressée par deux de ses camarades de classe."
Il enfila un pardessus sur ses vêtements de nuit.
Ils marchèrent tous deux rapidement.
Yannick était au portail.
-"Yann, que se passe t-il ? "
-"Soizic a perdu connaissance."
Le docteur qui connaissait bien le château pour y avoir été invité souvent par le capitaine de Louec connaissait les lieux, aussi il se dirigea rapidement vers la porte d’entrée. Arzhur de Couec l’emmena dans la chambre où se trouvait Soizic. Il l’ausculta, elle respirait, il soigna ses blessures mais ne se prononça pas sur celle de la tête.
-"Qu’y a-t-il docteur ? "
-"Il faut attendre pour sa blessure de la tête soit elle se réveille, soit…"
-"Elle va mourir ? "
-"C’est une gentille petite fille votre petite sœur car chaque fois, qu’elle passe près de la maison, elle nous demande si nous n’avons pas besoin de nourriture pour Dieudonné mais aussi pour nous-mêmes. La première fois où elle nous l’a proposé, nous lui avons répondu, non mais elle revenait chaque jour et nous lui avons demandé si elle ne voulait pas nous acheter de la nourriture pour le petit. Elle est revenue les bras chargés de nourritures pour bébé. Il restait un peu d’argent que j’ai voulu lui donner mais elle l’a refusé en me disant que son grand frère la disputerait."
-"J’ignorais ceci. C'est vrai c'est une gentille petite, mais un peu cabocharde ce que je regrette."
-"Avec l'âge, cela lui passera."
-"Docteur, venez vite ! Soizic vient de bouger."
Celle-ci ouvrit les yeux et vit tous ses frères et sœurs autour d’elle.
-"Ecartez-vous, laissez respirer votre petite sœur."
-"Pouquoi, t’es là, Léopold ? "
-"Tu ne te souviens de rien."
-"Non, pourquoi ? Pourquoi, je suis au lit ? Gwen, j’veux aller à l’école, s’il te plait accompagne-moi."
-"Tu n’iras pas aujourd’hui. Repose-toi sœurette."
-"S’il te plait, Gwen, j’veux y aller."
-"Je vais rester avec toi, jusqu’à que tu t’endormes."
"Et je prendrais la suite." lui adressa Yannick.
Mélaine ne fut pas en reste "Et moi, celle de Yann."
-"Et bien, dit donc, tu es gâtée d’être aussi aimée par tes frères et sœurs."
-"Et aussi par Sullivan, Monsieur. Dites monsieur, je peux vous appeler papa ? J’appelle la maman de Jildas, maman, alors j’aimerais vous appeler papa. Mon papa battait ma maman enfin c'est ce que j'ai entendu. Elle est morte à cause de lui. Dites monsieur de Couec, j’peux ? "
-"Oui. Je pense que mes fils sont d’accord."
-"C’est vrai ? "
-"Oui, as-tu vu leurs sourires ? "
La petiote acquiesça.
-"Ça veut dire oui ? "
Comme réponse, Arzhur l’embrassa sur la joue.
-"Allez maintenant, essaie de dormir. Ton grand frère va rester avec toi."
-"Puis-je veiller sur cette enfant capitaine ? J'ai terminé mon travail dans le parc."
-"Vous êtes rapide monsieur. Oui, vous le pouvez."


A la recherche de la plante "magique"

Durant la garde de Gwen, celle-ci se mit à crier en dormant. Gwen lui mit la main sur le front, il était brûlant. A ce moment-là, Yannick arriva car c’était à son tour de veiller la petite. Les inséparables, Maël et Gaël descendirent en courant.
-"Yannick, Gaël a eu de la fièvre sur le bateau et Yoann est allé chercher rune plante sur une île. Peut-être existe-t-elle à St Malo ? "
-"Qu'arrive t-il ?" fit l'inconnu
-"Notre petite sœur a le font brûlant. Maël, Gaël vous venez les enfants.
-"Où allez-vous monsieur ?"
-"Chercher une plante que mes petits frères connaissent. Excusez-nous, nous avons pris du retard."
-"Je viens avec vous."
-"Saurais-tu reconnaître cette plante Maël ? "
-"Oui, bien sûr."
-"Alors, venez moussaillons, monsieur, nous allons prendre la mer. Sais-tu où Yoann a trouvé cette plante ? "
-"Oui, mais c’était loin d’ici. Yoann m'a dit qu'une plante ayant les mêmes propriétés se trouvait au large de Saint-Malo."
-"Tu en es sûr ?"
Le petit moussaillon hocha la tête.
-"Gwen, met-lui un linge imbibé d’eau froide pendant que nous sommes en mer."
Lorsqu’ils montèrent sur le bateau, Yann avait une crainte, celle que son navire heurta un rocher.
-"Yann, c'est ici."
Maël, lui montra une île.
-"Es-tu sur que l'une de ces plantes se trouve ici ?"
-"Je ne sais pas mais il faut regarder, pour Soizic."
-"Ça va être difficile d’aborder car il y a beaucoup de rochers."
-"N'ayez crainte, vous pouvez naviguer un petit plus loin."
-"Comment savez-vous cela ? Auriez-vous été marins ?"
-"Peut-être."
-"Je vous cède la barre monsieur."
L'inconnu impressionna Yannick par son habilité à louvoyer entre les rochers.
-"Je ne puis pas aller plus près. Vous saurez vous débrouiller pour aborder le premier rochers ainsi que…"
-"Monsieur, Yann, nous allons grimper sur le premier rocher, et puis regardez, après c’est un jeu d’enfant, on va sauter de rocher en rocher."
-"D’accord, mais faite attention de ne pas glisser."
Agiles comme des singes, les inséparables sautaient de rochers en rochers. Arrivés sur la terre ferme, Maël décrivit la plante à Gaël qui eut tôt fait de la trouver.
-"Yannick, on l’a."
-"Faites attention, les rochers sont glissants."
Ils ne l’écoutèrent pas et glissèrent dans l’océan. Tous deux nageaient maintenant vers le bateau.
-"Quand je dis quelque chose, vous devez m’écouter, compris ? "
Les moussaillons baissèrent la tête.
-"Yann, c’est pour Soizic que nous sommes allés vite. Tu crois que l’on va sauver notre petite sœur ?"
Il quitta son pull, l'homme fit de même et ils en enveloppèrent les petits. Yann et l'homme étaient tous deux grands et costauds et ne craignaient pas l'air frais.
Ils abordèrent enfin au port.
-"Nous voici arrivés, allez vite au château vous réchauffer."
-"Mais et toi ?"
-"J’arrive. Qui courre le plus vite?"
Les enfants se regardèrent et éclatèrent de rire.
-"D’où vient cette hilarité ?"
-"Nous courrons aussi vite que toi Yann et vous monsieur vous courez vite ?"
-"Quand j'étais plus jeune, oui."
-"Vous avez retrouvé la mémoire monsieur ?"
-"La nuit, j'ai des visions mais je ne sais toujours pas mon véritable nom."
-"Veuillez m'excuser monsieur mais je dois faire courir ces deux garnements pour qu'ils n'attrapent pas froid. Vous nous rejoindrez bien sûr."
-"Nous allons te battre à la course."
-"Beuh ! C’est ce que nous allons voir."
Ils firent la course tous les trois mais les petits allèrent trop vite au début et Gaël dut donner la plante qui fait tomber la fièvre à son frère. Lorsque les inséparables arrivèrent à la maison, leurs frères et sœurs virent qu’ils grelottaient.
-"Allez voir Louise pour qu’elle vous donne des vêtements chauds et demandez-lui une boisson chaude."
-"Merci, Gwen de ne pas nous disputer."
-"Yannick m’a tout raconté, mes petits héros."
-"Maël, comment Yoann a-t-il mit la plante sur le front de ton frère ?"
Il approcha et plaça la plante comme il l’avait vu faire.
-"Va vite te réchauffer maintenant."
En partant, Maël embrassa son frère.
Le lendemain, la fièvre était tombée mais Soizic était encore un peu faible. La semaine suivante, elle était guérie mais ses frères ne voulurent plus qu’elle aille à l’école. Elle devint triste, pleurait jour et nuit, ne mangeait pratiquement plus, qu’ils durent faire venir le médecin.
-"Pourquoi pleures-tu petite fille ?"
-"J'aimerais aller à l'école mais papa et Gwen ne sont pas d'accord, c'est pour ça que je suis triste et puis je vais être en retard par rapport aux autres enfants."
-"Soizic, veux-tu habiter chez moi ? Ma maison est juste à côté de l’école."
-"Mais je ne verrais plus mes frères et sœurs ?"
-"L’un de tes frères t’accompagneras et te déposeras chez moi au petit matin et…
-"Je pourrais m’occuper de Dieudonné ?"
-"Si tu veux. …l’un de tes grands frères viendra te chercher le soir après l’école, es-tu d’accord ?"
-"Voui."
-"A midi, tu mangeras avec nous."
Les années passèrent et Dieudonné avait atteint l'âge d'être scolarisé. Il était avide d'apprendre. Doc Léopold lui avait apprit à lire et à écrire. Il avait maintenant trois ans. Soizic lui avait dit qu'ils se verraient à la récréation mais malheureusement les classes de maternelle et de primaire n’avaient pas les mêmes horaires. Soizic quant à elle, avait l'âge de raison A la récréation Dieudonné se fit chahuter, ses camarades de classe avaient formé un cercle autour de lui et le poussait d’un bout à l’autre.
Soizic regardait par la fenêtre lors de ce premier contact avec l’école pour Dieudonné et vit la scène. Elle leva le doigt pour demander à sortir.
-"Ce n’est pas encore la récréation, tu peux encore attendre un petit peu."
Ses camarades sourirent à la réflexion de leur maître.
-"Mais, maître, ils bagarrent mon petit frère."
-"Il faut qu’il se débrouille de lui-même, laisse le faire."
-"Mais, ils vont lui faire mal."
Lorsque vint la fin de la matinée, les deux enfants se tinrent par la main. Soizic en faisant ce geste voulait protéger "son petit frère" mais malgré cela, il fut prit à parti par les enfants de l’école. Soizic le défendit mais elle tomba et déchira sa robe. "Que va dire maman ?"se demanda t-elle ?
-"Pourquoi, s’est-il mit de leur côté au lieu de me défendre ?" pensa t-elle en regardant Pierig.
Soizic avait un petit faible pour ce garçon de sa classe. Elle ramena le petit Dieudonné à la porte de Léopold et Marguerite.
-"Dis Soizic, pourquoi, ils font ça les autres enfants ?"
-"Ils sont jaloux parce que tu n’as pas la même couleur de peau et que tu as de beaux cheveux blonds."
La petite fille lui fit une grosse bise et s’en retourna au château avec quelques inquiétudes concernant la belle robe que lui avait confectionnée sa maman. "Que va-t-elle me dire ?"Arrivée au château, elle alla se cacher pour que l’on ne la vit pas dans cet état et puis de toute façon, n’avait-elle pas ses devoirs dans son cartable ? "
Elle ne déjeunait plus chez Léopold maintenait qu’elle se disait grande.


Ses aventures

Dans la maison des De Couec, l’heure du déjeuner arriva.
-"A table ! "
-"Mais…où se trouve Soizic ? "
Gwen parti à sa recherche tout en prenant un autre chemin que la petite et l’a trouva en pleurs tout en faisant ses devoirs. Ces larmes tachaient l’encre violette.
-"Que t’arrive-il ma puce ? Mais ta belle robe est déchirée, que s’est-il passé ?"
-"Tu ne me disputes pas? "
-"Non."
-"Ils ont chahuté Dieudonné lors de la récréation et à la sortie. Si ma robe est déchirée, c’est parce que je l’ai défendu. Le garçon que j’aimais bien m’a fait tomber. Pourquoi, a-t-il fait ça ?"
-"Parce qu’il ne t’aime pas autant que toi. As-tu mal quelque part ?"
-"Aux genoux."
-"Fait voir. Viens je vais te soigner."
-"Demain, je vous accompagnerai et demanderai à ton maître qui est aussi le directeur de l’école d’expliquer à vos camarades de classe que des personnes peuvent avoir une autre couleur de peau que la leur."
Ils arrivèrent à la salle à manger.
-"Où étais-tu Soizic ?"
La petite éclata en sanglots.
-"Maman, j’ai…j’ai… déchiré…la belle robe que…vous m’avez faite." Chaque parole de l’enfant était entrecoupée de pleurs.
-"Dieudonné a été chahuté à l’école et notre petite sœur a prit sa défense. Certes sa robe est déchirée mais ses genoux sont en sang."
-"Viens, ma petite fille, je vais te soigner. Ma chère où se trouve l’infirmerie ?"
-"Au premier étage Arzhur."
Arzhur et Gwen accompagnèrent le lendemain leur fille et sœur, prirent Dieudonné en passant et les emmenèrent à l’école et ceci tout au long de l’’année.
Les enfants apprenaient très vite chacun de leur côté, aussi tous deux étaient en avance sur leurs camarades de classe ce qui fit naître de l’animosité entre eux. Des camarades de classe essayèrent à nouveau de chahuter Dieudonné mais celui-ci avait apprit à se battre grâce à ses oncles et à cet inconnu que son grand-père avait engagé comme employé.
Avec les années Soizic devint une belle petite fille brune toute bouclée et de plus très gentille.
L'année, où elle du passer son Certificat d'études, du moins le croyait-elle car elle avait terminé ses études primaires, ses pensées allaient du futur de Dieudonné à son avenir. "Il faut que j'ai mon Certificat d'Etudes pour que Gwen soit fière de moi.". Elle confiait tout à son grand frère malgré qu'il soit un peu sévère parfois. Elle savait que c'était pour son bien.
Le maitre l'attendait sur le seuil de l'école.
-"Qu'arrive t-il maître? Suis-je en retard ?"
-"Non, Soizic. Je viens d'apprendre que tu ne pourras pas passer le Certificat d'études ni cette année, ni l'an prochain car tu es trop jeune."
-"Mais que vais-je faire ? Je vais oublier l'enseignement que vous m'avez donné."
-"Si tu veux, tu continueras à venir à l'école et je te donnerais des exercices plus difficiles pour t'y préparer."
-"Merci, maitre."
-"Allez va vite en classe."



Sa tristesse

La saison de pêche arriva et leurs frères et oncles prirent la mer. Dieudonné et Soizic malgré la jalousie des autres enfants, ne se firent plus chahuter.
Le jour du Certificat d’études arriva après deux longues années. Le matin, elle ne put manger tant elle était angoissée. Elle trouva les épreuves d’une très grande simplicité mais ne s’était-elle pas trompée dans telle ou telle épreuve ? Après l’attente de l’examen vint celui des résultats qu’elle allât voir avec ses sœurs.
-"Servane, s’il te plait, peux-tu regarder les résultats à ma place ? De toute façon, je ne l’ai pas."
-"Mais, arrête d’angoisser comme ça, je suis sûre que tu l’as." lui fit Maïwen
-"Tu as réussis petite sœur et en plus, tu as les meilleures notes."
Le garçon qu’avait aimé Soizic, passa et lui fit un beau sourire.
-"Je vois que tu as un prétendant." s’exclama Erell.
-"Comment s’appelle t-il ?"
-"Arrêtez, s’il vous plait car depuis le jour où il nous a chahuté avec Dieudonné, je n’ai plus aucune amitié pour lui."
-"Que vas-tu faire maintenant que tu ne vas plus à l’école." lui adressa Tiphaine
-"Je ne sais pas, enfin si, mais je ne sais pas si cela est réalisable car nous sommes nombreux et cela va couter cher."
-"Dis-nous, ce que tu aimerais faire, ça sera un secret entre nous."
-"J’aimerais enseigner à des petits enfants."
-"C’est vrai ?"
-"Oui, mais, il faut beaucoup d’argent."
A l’occasion de la réussite de leur fille, ses parents organisèrent sans qu’elle ne s'en doute, une grande fête au château en son honneur. La "petite" était triste de ne pouvoir annoncer à ses frères la réussite à son examen. Tous les habitants de Saint-Malo aimaient cette jeune fille et étaient complices, car eux seuls savaient ce qui se tramait dans le dos de l’adolescente. Ce soir-là, ses parents et elle-même se rendirent dans la salle à manger. Léopold, Marguerite et Dieudonné avaient été invités. Les domestiques, Louise et Nestor ainsi que l'inconnu avaient été conviés à cette fête mais une larme coulât sur ses joues, d’autres suivirent, elle était inconsolable.
-"Une réussite ne vaut-elle pas une récompense ?"
-"Mère, vous êtes si bonne. Vous savez, mère, mes frères me manquent beaucoup."
Soizic éclata en sanglots. Tous essayèrent de la réconforter lorsque l’on frappa à la porte.
-"Mère, qui peut avoir la clef du portail ?"
-"Je l’ignore."
Madame de Louec, nouvellement Madame de Couec, alla ouvrir, qu'elle ne fut pas sa surprise de voir tous ses fils, ici, au château.
-"Mais, mais, je vous croyais en mer ?"
Entendant ces paroles, l’adolescente se retourna et se jeta dans leurs bras. Tous lui avaient amené un cadeau de leur voyage.
Soizic était si contente qu’une larme perlât sur sa joue.
-"Comment avez-vous su pour la réussite de votre sœur ?"
-"Ah ! C’est un secret."
-"Jildaz, Josselin, si vous ne voulez pas le dire à mère…-…dites le moi. Gwen, mon grand frère, s’il te plait."
-"Soizic, peux-tu me faire un cadeau ? "
-"Lequel, mère ?"
-"Appelle-moi, maman comme quand tu étais petite."
-"Oui, maman".
-"Viens avec moi." fit Gwen et lui donna le coquillage dont Yoann lui avait fait cadeau.
-"Merci Gwen."
-"J’ai averti tous les capitaines qui avaient un ou plusieurs de tes frères à bord."
-"C’est donc vous Arzhur ?"
-"Et oui, ma bien-aimée, il fallait faire un beau cadeau à notre petite dernière mais surtout à une future maîtresse d’école."
-"Mes sœurs, vous m’aviez promit de garder ce secret."
-"Elles ont bien fait, car tu vas poursuivre ses études si tu le désire autant."
-"Oh, merci, père."
-"Ce n’est plus papa ?"
Soizic, se jeta dans les bras de son père.
-"Merci papa, je vous aime tant."
Des couverts furent ajoutés et Gwen se trouva assis entre Dieudonné et Soizic
-"Quel âge as-tu Dieudonné, maintenant ? Tu ressembles beaucoup à notre frère."
-"Comme si tu ne savais pas ! "
-"Tu vas m’écouter, si tu étais mon fils ou l’un de mes frères, il y a longtemps que tu aurais reçu une correction pour ton insolence mais je laisse juge Léopold et Marguerite."
- "Puis-je sortir dans le parc papa car il fait très chaud."


La guerre de Soizic

Après, le repas celle-ci alla se promener dans le parc. La morosité la rongeait car elle devait attendre pour se rendre à l'École Normale que les hostilités avec l'ennemi se terminent. Soudain, elle entendit une voix et cru à une plaisanterie de l'un de ses frères.
-"Arrête tu n'es pas drôle mon frère."
Comme son frère ne répondait pas.
-"Ais-je entendu des voix venant de l'au-delà ?" se demanda t-elle. Soudain elle réalisa que cette voix venait bien de ce monde. Effrayée, elle courût mais on l'appelait encore. Prenant son courage à deux mains, elle se ravisa et retourna à l'endroit où elle se trouvait auparavant.
-"Petite, petite."
Soizic eu un mouvement de recul.
-"N'ai pas peur."
-"Qui êtes-vous, monsieur ?"
-"J'ai un service à te demander."
-"C'est quoi ?"
L'inconnu lui tendit une lettre.
-"Qu'est-ce que c'est ?"
-"Connais-tu Pierig ?"
-"Celui, qui habite près du port ?"
-"Oui, c'est lui. Donne-lui cette lettre, il comprendra."
-"Demain, car ce soir c'est le couvre-feu."
-"Ne t'inquiètes pas tu n'auras pas d'ennuis si tu vas en ville car tu n'es encore qu'une enfant."
-"J'ai peur, monsieur."
-"Va vite, il faut qu'il ait ces instructions ce soir, demain ça sera trop tard."
Courageusement, Soizic grimpa sur le mur du parc du château et couru chez Pierig, qu'elle avait tant aimé. Elle arriva près du port. Des soldats patrouillaient mais elle trouva une rue désertée par ces derniers qui se trouvaient à "La Taverne". Soizic les entendait rire aux éclats. Soudain, elle se trouva face à un officier allemand.
-"Que fais-tu ici ?"
-"Je suis venue voir l'un de mes frères pour lui annoncer ma réussite à mon examen."
-"C'est bien, va vite car c'est le couvre-feu."
-"Merci, monsieur le soldat."
-"Tu sais, j'ai une petite fille moi-aussi."
-"Comment s'appelle t-elle ?"
-"Gertrude, mais je lui ai donné le surnom de Gardy. Et toi, comment t'appelles-tu ?"
-"Soizic, monsieur le soldat."
"Alors, Soizic, fais attention car il y a d'autres soldats en ville qui pourraient te faire du mal car ils ont beaucoup trop bu."
Soizic parti, se retourna et fit au revoir de la main au soldat avec un beau sourire. "Dans le fond se dit-elle, eux aussi ont une famille. Ils sont comme nous."
Elle frappa à la porte de la maison de Pierig comme lui avait conseillé l'inconnu du jardin.
-" Soizic, que fais-tu ici ?"
-"Ne parles pas si fort, j'ai dis à un soldat que je venais rendre visite à l'un de mes frères, fais moi un autre accueil, vite dépêche toi, j'entends quelqu'un. Tu pourrais au moins me faire rentrer, pour une sœur qui viens voir son frère, ce n'est pas sympa."
-"Oui, c'est vrai, où avais-je la tête ? Entre. "Notre" père, s'est-il que tu es ici ? "
-"Non, pourquoi ?"
-"Tu fais courir des risques aux tiens."
-"Tiens, on m'a donné ça comme consigne pour toi."
On frappa à la porte.
-"Viens Soizic, passe par derrière."
-"Viens avec moi. Pierig… je t'aime." dit-elle en rougissant.
Ce dernier secoua la tête en souriant, lui mit la main dans les cheveux.
-"Moi, aussi, je t'ai toujours aimé. Si tu veux, après la guerre, nous pourrions peut-être nous marier."
Soizic et Pierig étaient arrivés près de la fenêtre. Il n'y avait personne du moins le croyaient-ils.
-"Halte ! "
Les deux enfants s'arrêtèrent net, leurs cœurs battaient forts. Osez, Soizic se retourna et reconnu parmi les soldats, celui avec qui elle avait discuté.
-" Je vais vous raccompagner."
Arrivé à la porte du château, ils tirèrent le carillon. Gwen arriva et les regarda sévèrement.
-"Savez-vous que l'on vous cherche partout ? Allez ouste, au château, nous parlerons avec père de votre escapade, vous savez ce que cela veut dire ?"
-"Non, Gwen, s'il te plait pas ça."
-"Je vous remercie de les avoir ramené. Ils vont avoir une bonne correction."
-"Ne soyez pas trop sévère."
-"En tant qu'un des chefs de famille, je dois sévir. Nous sommes tellement nombreux qu'il y en a toujours un ou deux pour faire des sottises."
-"Un des chefs de famille ?"
-"Oui, nous sommes de deux familles différentes et par conséquent l'ainé de chacune des familles s'occupe de ses frères et sœurs."
-"Lorsque la guerre sera terminée, je vous inviterais dans la Ruhr pour vous présenter ma famille. Êtes-vous d'accord Soizic ?"
La petiote fit un signe de la tête en même temps qu'un grand sourire.
-"A la maison !"
Gwen, ouvrit la porte du château et fit entrer les adolescents.
-"Viens avec moi, Soizic."
Ils se dirigèrent vers le bureau.
-"Entre."
-"Non, Gwen, s'il te plait."
-"Je croyais que tu étais devenue raisonnable mais apparemment, il n'en est rien. Tu es complètement inconsciente. Viens ici, que je te le fasse comprendre."
Soizic était en sanglots lorsque l'on frappa à la porte. C'était Yannick.
-"Épargne-la pour cette fois."
-"Pourquoi es-tu allée en ville ?"
-"Quand je suis sortie tout à l'heure, il y avait un monsieur dans le parc. Il m'a remit un mot que je devais remettre à Pierig. J'ai rencontré un soldat qui m'a demandé pourquoi j'étais sortie alors je lui ai dis que c'était pour annoncer la réussite de mon examen à l'un de mes frères, c'est pour ça que Pierig était avec moi."
-"Si la personne que tu as rencontré parle, nous allons avoir de gros problèmes. En es-tu consciente petite sœur ?"
-"Je ne voulais pas y aller mais il a insisté. Vous savez, Gwen et Yann, j'ai eu très peur."
-"Gwen, nous allons héberger, Pierig jusqu'à que la fin de la guerre."
-"Penses-tu à ses parents ?"
-"Il y a eu une rafle il y a une dizaine de jours et son père était parmi d'autres personne et sa mère est morte de la typhoïde il y a quelques semaines"
-"Oh ! Oui, Gwen demande à papa, s'il te plait."
Seuls quelques membres de la famille furent dans la confidence. Il fallait épargner Marguerite, Léopold mais surtout Dieudonné.


Les enfants

Le lendemain, le soir venu, Soizic qui se trouvait dans le potager que papa Arzhur avait fait, entendit le carillon sonner très légèrement. Elle se dirigea vers ce dernier et s'approchant vit l'homme qui l'avait chargé du message puis aperçu des enfants.
-"Que faites-vous, ici ?"
-"Peux-tu héberger ces enfants ?"
-"Il faut que j'aille demander l'avis de mon grand frère car sinon je vais me faire disputer."
-"Ton grand frère te dispute ?"
-"Oui monsieur."
-"Il ne devrait pas, car ce que tu as fais hier est héroïque. Au contraire, il devrait fier de toi."
-"Il m'a dit que je m'étais les miens en périls."
-"Il n'y a pas que toi qui fait parti de la résistance."
-"Qui donc ?"
-"Moins tu en sais, moins tu mets les tiens en danger."
Ne voyant pas Soizic faire ses devoirs, Gwen alla faire un tour dans le parc lorsqu'il entendit parler.
La personne qui avait parlé à Soizic se cacha derrière un arbre plus que centenaire.
-"A qui parles-tu Soizic ?"
-"Aux plantes. Tu sais mon grand frère, il faut leur parler pour quelles poussent bien ?"
-"Ah ! J'ignorais."
Les feuilles du chêne bougèrent.
-"Qui êtes-vous ? Si vous avez un peu de courage montrez-vous."
Yannick et Sullivan arrivèrent à ce moment-là.
-"Il était blond comme toi Sullivan, grand et fort et le teint buriné."
-"C'est une bonne description petite sœur. Est-il encore dans le parc ?"
-"Oui, il s'est caché derrière le chêne quand Gwen est arrivé."
-"Que voulait-il ?"
-"Que l'on cache des petits enfants."
-"Vous êtes inconscients tous les trois."
-"Non, Pierig est aussi au courant."
-"Tu peux sortir, si Gwen, se met entre nous, nous te défendrons."
L'homme sortit de sa cachette.
-"C'est moi le responsable. Votre petite sœur n'était pas au courant."
-"Comment vas-tu Quentin ?"firent ensembles Sullivan et Yannick
Nous étions en automne mais l'été se faisait encore sentir, aussi Gwen était vêtu d'un maillot à manches courtes. L'homme resta sans voix.
-"Comment vous appelez-vous ?"
-"Est-ce un interrogatoire ?"
-"Vous êtes certainement de ma famille, personne ne peut porter les armes que vous avez."
De la fraicheur de sa jeunesse, Soizic lui répondit.
-"C'est mon grand frère Gwen."
-"Seul Kevin a agressé Anne, je l'ai défendu mais il m'a mit k.o. J'ai une quinzaine d'enfants dont un bébé pouvez les héberger."
-"Jildas et Josselin sont aussi au courant Gwen."
-"Qui d'autres ?"
-"Je l'ignore."
-"Ce qui veut dire qu'il y en a d'autres ?"
-"Je pense."
-"Vous êtes tous inconscients."
Soudain, des pleurs se firent entendre.
-"Il ne manquait plus que cela."
-"Faites les rentrer. C'est toi qui t'en occupera Yannick, je ne veux pas savoir ce que vous faites tous."
-"Yvon m'accompagne."
-"Yvon ?".
-"Que fait-il ici ?"
-"Qui c'est ?" demanda Soizic
-"Notre frère."
-"A l'autre monsieur et à vous ?"
-"Et aussi celui de Sullivan."
-"Alors vous êtes mes grands frères."
Gwen fit entrer tout ce petit monde.
-"Gwen ?"
-"Oui Quentin."
-"Est-ce ta fille ?"
-"Non, c'est une enfant abandonnée."
-"Par contre, nous avons un neveu."
-"Quel est le papa ?"
-"Yoann."
-"Yoann ?"
-"C'était mon frère jumeau."
A ses mots, Sullivan leur tourna le dos lorsqu'il sentit une main bienveillante. C'était Quentin.
-"Pleure petit frère."
Sullivan se jeta dans les bras de son frère en éclatant en sanglots.
Soizic n'était pas rentrée au château comme lui avait demandé son grand-frère.
-"Allez tout le monde à la maison."
Quelle ne fut pas la surprise d'Arzhur de voir deux de ses fils.
L'inconnu se trouvait aussi sur la terrasse.
-"Bonsoir père, salut Pierrick. Où étais-tu durant toutes ses années."
-"Je m'appelle Pierrick ? Comment me connaissait-vous ?"
-"Tu es notre frère aîné."
-"Père, expliquait-leur."
-"Votre frère est amnésique."
-"Père, comment se fait-il que vous vous trouvez chez les De Louec ?"
-"J'ai beaucoup aidé Madame De Louec quand elle perdu son époux et…"
-"…nous sommes devenus de proches amis" ajouta Eléonore
Pendant ce temps, Gwen et Soizic au fond du parc arrivaient lorsque la petite se mit à pleurer.
-"Gwen, je te demande pardon."
Pour toute réponse, il lui tendit la main en la serrant très fort, il l'aimait tant sa petite sœur. Au fond de lui, il était fier de son comportement.


Visite impromptue

L'année 1940 arriva ainsi que l'armistice. La France, désormais, était sous le joug de l'Allemagne.
Les enfants qu'ils avaient accueillis avaient retrouvé le sourire. Un jour, où ils s'amusaient dans le parc, le carillon sonna. Gwen fit signe aux petits de se cacher dans le labyrinthe qui était proche. Au portail, se trouvait l'officier allemand.
-"Monsieur, je sais que vous cachez des petits enfants. Sachez, monsieur, que je ne vous dénoncerais pas car je trouve injuste que l'on fasse du mal. Se ne sont que les innocents d'une barbarie que je n'approuve pas. Je ne vais pas pouvoir vous aider car l'on m'envoie dans une autre garnison. Faites attention, monsieur, car ceux qui nous remplacent ne sont pas "des enfants de cœur", protégez bien la petite Soizic. Je crains pour ma famille, pour ma petite fille Gertrude. Vous savez, je n'ai plus qu'elle au monde. J'espère vous revoir après la guerre. Au fait ! Quel âge a Soizic ?"
-"Elle aura douze ans cette année."
-"Et vous Colonel, quel âge a votre petite fille ?"
-"Gardy à le même âge."
L'officier parti, Gwen réunit dans le salon toute sa famille.
-"Je sais ce que vous ressentez tous, actuellement. L'officier que tu as rencontré Soizic savait que l'on avait recueillit des enfants, s'il parle, nous allons avoir des sanctions."
-"Lesquelles ?"
-"Je ne sais pas, Jildaz. Faites attention, les garçons et toi aussi Soizic. Faites attention à Dieudonné."
-"Dieudonné, pourquoi ?"
- "Il discutent souvent avec les Allemands."
-"Où va-t-on caché les enfants Gwen ?"
-"Comment ? Maël, Gaël, vous aussi ?"
-"Qui d'autres ?"
Tous baissèrent la tête.
-"Que cela, veut t-il dire ?"
-"Ben,…c'est-à-dire que…"
-"Vous êtes tous résistants ?"
-"Oui."
-"Maïwen ?"
-"Gwen, il faut retrouver la liberté."
-"Et bien ! Si je m'attendais mes sœurs."
-"Gwen, il y a un souterrain, l'entrée est dans le labyrinthe les pièces sont égales à celles du château."
-"Comment sais-tu cela, Yannick ?" s'enquit la mère de famille.
-"Maman, tu sais quand j'avais fais une bêtise lorsque j'étais petit, j'allais m'y cacher. Te rappelles-tu, le jour où je ne suis revenu qu'à la nuit ?"
-"Oui."
-"Ce jour-là, je n'arrivais plus à retrouver la sortie."
Tous sourirent. Soizic s'étonna que l'un de ses grands frères ait fait des bêtises. Yann la regarda et lui fit un clin d'œil.
Les enfants furent logés dans le souterrain dans lequel on leur emmena des matelas et des couvertures. Il n'y faisait pas froid car la chaleur du château le réchauffait. Grâce au jardin, tous mangeaient à leur faim.


Gertrude

La fin de la seconde guerre mondiale arriva et Arzhur demanda à ses enfants s'ils voulaient venir avec lui, rendre visite à l'officier allemand. Après de nombreuses recherches, ils apprirent que celui-ci était mort en Russie. Soizic eut beaucoup de peine
-"Papa, le soldat a dit à Gwen qu'il avait une petite fille qui s'appelait Gertrude et avait mon âge. Si nous l'a cherchions."
-"Allons à la mairie, peut-être savent-ils où se trouvent cette enfant."
A la mairie, ils apprirent que Gertrude était placée dans un orphelinat. On leur indiqua. Arzhur de Couec fit des démarches pour adopter cette adolescente. Un autre enfant qu'importe ! Après l'acceptation de cette jeune fille, l'adoption fut rapidement établie et ils rentrèrent à Saint-Malo.

Après guerre, Dieudonné apprit que ces oncles et tantes avaient été dans la résistance et il fut très en colère.
-"Pourquoi, ne pas me l'avoir dit."
-"C'était trop dangereux, tu sais ce n'était pas un jeu d'enfants."
-"Mais je ne suis plus un enfant maintenant, moi aussi, j'ai été résistant. Ne me regardez pas avec des yeux ronds, je servais de facteur pour un groupe."
-"Mais, tu n'avais que sept ans ? Qui commandait ?"
-"Un de tes amis, Gwen."
-"Qui était-ce ?"
-"Sven."

-"Gwen, j'ai complètement retrouvé la mémoire grâce à nos frères."
-"C'est merveilleux."
-"Gwen dans quelles conditions, mère a adopté Soizic ?"
-"Son adoption provient de circonstances très tristes…"
-"Cette niaise."
-"Dieudonné, tes parents ont besoin de toi, m'ont-ils dit."
-"Oh, là, là, quelle corvée."
-"Files."

Dieudonné parti, Gwen et Pierrick purent à nouveau discuter de Soizic.
-"Gweny, un jour, je suis revenu à Saint-Malo avec mon épouse et mon enfant. Nous n'avions plus rien à manger alors j'ai fabriqué une canne à pêche. Lorsque je suis revenu, mon épouse gisait dans son sang, mon enfant dormant à côté. Je suis parti car j'ai eu peur que l'on m'accuse de meurtre"
-"Alors Soizic est ta fille ?"
-"Mon enfant s'appelait aussi Soizic mais il y a en a beaucoup dans notre beau pays."
-"Mère, nous a conté exactement ton récit. Soizic croit que tu as battu ton épouse à mort."
-"Comment ?"
-"C'est ce qu'on lui a dit."
-"Qui ?"
-"Je ne sais pas. Elle ne nous a jamais raconté ce qui était arrivé exactement. "
-"Tu lui demandera lorsqu'elle reviendra ce dimanche."
-"Je ne peux pas. Je ne veux pas la faire souffrir, lui rappeler cet effroyable événement."
-"Si c'est ton choix, je le respecte."
-"Je serai plus souvent avec elle, lui apprendrait ce que père nous a montré. Peut-être qu'un jour, me demandera t-elle pourquoi je m'occupe autant d'elle?"
-"Je vais vous annoncer une bonne nouvelle mais qui devra rester secrète."
-"Laquelle ?"
-"Pierrick est le papa de Soizic."
-"Que dis-tu ? On a pourtant trouvé Soizic à coté de sa mère."
-"Je vous raconterai à la maison."
Le docteur se trouvait à proximité.
-"Enfin votre famille est réunit."
-"Pas tout à fait doc. Maman manque à l'appel définitivement."
-"Je sais Gwen, mais Madame de Louec aimerai vous adopté."
-"Je ne comprends pas. Même Kevin ?"
-"Il est actuellement en prison à cause de ses agissements lors de la guerre."
-"Qu'à t-il fait ?"
-"Il complotait avec les Allemands avec Sven."
-"Mais…Dieudonné nous a dit qu'il servait un groupe dont Sven était le chef. ?"
-"Kevin les aurait-il infiltrés pour apprendre des informations ? Puis-je vous donner un conseil à propos de votre adoption ?"
-"Bien sûr, doc."
-"Acceptés."
-"Qu'en dit papa ?"
-"Il en serait ravi m'a-t-il confié."
-"Nous acceptons."
-"Si mes frères sont d'accord, je n'ai qu'à me résoudre."

Les enfants purent reprendre leur scolarité. Gertrude fut bien accueillit à l'école de Saint-Malo sauf par Dieudonné qui lui faisait les pires misères car elle était allemande quant à Soizic elle alla à l'École Normale.
Dieudonné, déjà pré- adolescent devint ingrat puis l’âge bête suivit. Il méprisait les personnes qui l’avaient aidé durant son enfance, ses copains d’école mais aussi ses oncles et tantes mais tout particulièrement Soizic qu’il jugeait stupide.
Cependant, c’était un enfant qui aimait apprendre ce qui provoquait parfois des bagarres car les autres enfants l’enviaient. En effet, ils étaient jaloux de la facilité qu’avait Dieudonné à apprendre. Le maître demanda la permission à Léopold et Marguerite de lui faire au moins sauter une classe. En effet, l’enfant était curieux de tout, non seulement il posait beaucoup de questions à ses parents mais parfois il restait à la fin de la classe pour questionner son maître. Il aimait beaucoup aller en classe, malheureusement, il du très tôt quitter cette terre pour aller dans un collège réputé.


Ses études

Le premier jour, il fut présenté au directeur par Léopold qui l’avait emmené en voiture. C’était rare, à l’époque, mais un médecin se devait d’en posséder une. Il fit des adieux déchirants à son père puis le directeur le présenta aux élèves de sa classe. Des sourires narquois se firent sur le visage de certains de ces enfants.
La matinée passa, Léopold lui avait acheté le nécessaire, un beau stylo et des cahiers.
A la récréation, il se trouva seul, dans un coin.
-"Tu as vu, il est noir." disait l’un des enfants.
-"Il est peut-être cannibale" dit un autre."
-"Attendez, je vais dans la classe lui prendre ses affaires pour que l’on s’amuse avec, on pourra toujours jouer au ballon avec sa trousse."
L’enfant se dirigea donc vers sa classe prétextant avoir oublié son goûter pour ne pas se faire disputer par le surveillant et revint avec la trousse de Dieudonné dans la poche de sa blouse. Il l’a mit par terre et shoota, Dieudonné se dirigea vers eux pour récupérer son bien mais le surveillant intervint et Dieudonné fut punit, on lui assena dix coups de règle sur les doigts mais aucune larme ne coulât.
Cependant, malgré, les brimades qu’il subit au début de sa scolarité au collège, il tint bon. Il mettait toute son énergie pour être le meilleur et il le fut. Il du sauter sa sixième dès le second trimestre car il avait les connaissances requises. Arrivé en cinquième au second trimestre, il peinât certes un peu mais durant les week-ends passés au collège, il travaillait ce qu’il ne comprenait pas. Lorsque son travail était terminé, la nostalgie le prenait et sur une feuille il dessinait son pays natal, du moins le croyait-il, son port et ses bateaux. Il les envoyait à ses parents qui n’osaient pas lui avouer qu’ils n’étaient pas ses véritables parents car "Il est trop jeune" pensaient-ils. En effet, ceux-ci avaient entendu au journal de midi que ses sœurs le recherchaient. C’est Kewan qui leur avait révélé et raconté toute l’histoire, comment leur mère était morte et qu’elles avaient un père s’appelant Yoann et un petit frère qui avaient été chassés de l’île car leur grand-père maternel en avait décidé ainsi. Aussi, ses sœurs aînées, Luanne et Sloane décidèrent d’aller en métropole. Elles débarquèrent, un jour, à St-Malo, et se renseignèrent. Elles eurent tôt fait de trouver les parents adoptifs de Dieudonné. Tous parlèrent de Yoann et de son fils, mais ce dernier ne sut jamais qu’il avait des sœurs qui étaient venus rendre visite à Léopold et Marguerite, ces derniers auraient voulu lui dirent mais elles leur demandèrent de ne pas dévoiler leur visite. Dieudonné ne se doutait de rien et ses années de collège passèrent très vite. Durant toutes ces années, il avait toujours été le premier, il alla au lycée et eu son bac avec la mention très bien. Léopold et Marguerite étaient très fiers. Ils n’étaient plus tout jeunes mais ils l’inscrivirent dans une école d’architecture car il en avait toujours rêvé. Il sortit major de sa promo. Pour le récompenser, Marguerite lui donna la médaille de Yoann et lui dit la vérité, il était catastrophé. Pourquoi lui avoir caché ? Léopold quant à lui, lui offrit une belle voiture.


Un mariage précipité

Il devint fier et dédaignait ses copains d’école au désespoir de ses parents. Le marin qui avait vu Yoann monté sur le bateau voulut lui parler mais il le rejeta "Tu veux me dire que je suis un batard, c’est ça, hein ! Ça te travaille, un noir avec les cheveux blonds ?"
Comme plus personne n’osait lui adresser la parole, il partit en voiture avec une seule idée en tête, partir de St-Malo, qu’il détestait. Il se croyait un homme mais n’était encore qu’un adolescent.
-"Il faut absolument que je quitte cette ville mais pour l’instant, je vais faire un tour de voiture pour l’essayer."
Il voulait revoir la jeune fille blonde aux cheveux pratiquement blancs qu’il avait aperçu, deux jours auparavant, et qui lui avait sourit.
-"Où peut-elle se trouver ? Je vais aller au bal, peut-être y sera-t-elle ?" Que nenni. Cependant, en rentrant, à St Malo, il vit cette jeune fille traînant son vélo à côté d’elle.
-"Bonjour. Que t’arrive t-il ? "
-"J’ai crevé."
-"Monte, je te ramène chez toi."
-"J’habite dans la maison blanche que tu peux apercevoir."
-"Laquelle ? Il y en a beaucoup."
-"La plus grande."
La jeune fille invita Dieudonné à rentrer pour le présenter à ses parents.
Tous deux avaient la même idée en tête, se marier car tous deux voulaient quitter le cocon familial dans lequel ils étaient enfermés.
Dieudonné revint plusieurs fois chez Noémie. Un jour, alors qu’il avait appris la date de son départ qui était encore loin mais il fallait faire vite car ils avaient envisagés de se marier.
-"Demande ma main à mes parents, ce n’est pas difficile."
-"D’accord, je vais le faire aujourd’hui."
Ils arrivèrent au seuil de la maison.
-"Monsieur, Madame, puis-je vous demander la main de votre fille ?"
-"Oui, bien sûr, mais il faut qu’elle soit d’accord."
-"Qu’en penses-tu Noémie ?"
-"Oh ! Oui, papa, tu sais nous nous plaisons."
-"Alors, je n’ai plus qu’à m’incliner et je vous donne sa main."
-"Qu’en avez-vous projeté de vous marier ?"
-"Le plus vite possible."
-"Pour quelles raisons ?"
-"Voilà, j’ai appris la date de votre départ, certes elle encore loin mais j’ai peur que ce laps de temps ne soit pas suffisant. En effet, je suis allé à la mairie pour me renseigner et l’on m’a dit qu’il fallait publier les bans."
-"Si je vous ai demandé ceci, jeune homme. » Interrompant le père de Noémie "je m’appelle Dieudonné."
-"Donc si je vous demande ceci, Dieudonné, c’est parce que nous ne sommes pas de la région mais du nord de la France."
Les bans furent publiés et les noces eurent lieu. Léopold et Marguerite avaient invité les anciens amis de son fils.
-"Pourquoi sont-ils là ? Je ne les aie pas invités. Je n’invite pas des pouilleux. Et puis toi, tu peux la garder." dit-il dédaigneusement à celle qui l’avait chérit toutes ces années, arrachant la médaille de Yoann.
Léopold et Marguerite avaient été contrariés par ce mariage car leur future bru avait l’air d’une garce et ils avaient peur que leur fils fut malheureux avec elle.


Les naissances

Noémie eut deux enfants, Stella et Barnabé.
Pour Stella, tout se passa à merveille lors de sa naissance. C’était un beau bébé mais ses grands-parents ne purent voir leur petite-fille car disait Noémie. "Ils vont lui donner des maladies." La fillette grandit. Elle avait des cheveux aussi blonds que sa mère et des yeux couleur porcelaine. Noémie avait interdit à Stella d’aller chez ses grands-parents car ils étaient méchants lui disait-elle aussi Stella se mit à les détester.
Quatre ans plus tard, elle mit au monde très difficilement un petit garçon. Elle détestait cet enfant au plus haut point. Non, seulement, elle avait faillit mourir à cause de lui mais en plus, il était noir, avait des yeux de braise et des cheveux noirs bouclés. Eh ! Oui, Barnabé ressemblait à l’épouse de Yoann. Noémie lui avait donné ce prénom car elle le trouvait ridicule.
Dieudonné et Noémie habitaient une belle maison à côté de St-Malo. Les enfants allaient à l’école où leur père avait été scolarisé.
Un jour, ils passèrent devant la taverne et un marin interpella Barnabé.
-"P’tit, viens voir."
-"Nos parents nous ont dit de pas parler avec des inconnus."
-"C’est très bien, mais approche. Es-tu le fils de Dieudonné ? "
-"Barnabé, viens ne l’écoute pas, tu sais bien qu’il ne faut pas leur parler ?"
-"Oui, je sais, mais je suis intrigué car il connaît le prénom de papa."
-"Barnabé, je le dirai à nos parents et tu te feras gronder."
-"Que voulez-vous, monsieur ? Vous connaissez papa ?"
-"Oui." répondirent de vieux marins
-"J’ai connu aussi ton grand-père, il s’appelait Yoann."
-"Mais, mais, mon grand-père c’est le médecin."
-"Non, Barnabé. Ton père a été adopté alors qu’il n'était qu'un bébé. Je me souviendrai toujours de ce jour. Un bateau venait de sombrer au large des côtes et la plupart des embarcations sont sorties pour aller au secours d’éventuels survivants. J’étais avec mon père, ce jour-là. Ton grand-père était blond mais pas autant que ta sœur, plutôt comme ton père."
-"Alors, Barnabé, tu te grouilles."
-"J’arrive. Au revoir, monsieur."
-"S’il te plaît, Stella, ne dit rien."
-"Ok, c’est bon pour cette fois."
-"Papa t’a-t-il dit, Barnabé que nous allons partir d’ici ?"
-"Non."


Le départ

Dieudonné trouvait que le cabinet d’architecture ne le payait pas assez. En fait, c’était plutôt Noémie qui trouvait qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour vivre. En effet, elle le dépensait dans les plus beaux habits pour parader durant les soirées qu’elle donnait.
-"Démissionne de ton boulot. Tu en trouveras un autre, mieux payé. Au fait ! Mon amie Charlotte, qu’il est ridicule ce prénom, mais enfin elle me sert bien, m’a donné l’adresse d’un cabinet où tu seras mieux payé."
-"Où se trouve ce cabinet ?"
-"En Savoie."
-"Nous allons mettre plusieurs jours pour y aller."
-"Ca ne fait rien, au moins, on sera loin d’ici. Stella m’a rapporté que Barnabé avait adressé la parole à un gueux. Ce gosse est insupportable."
Le jour du départ, ils allèrent faire leurs adieux à Léopold et Marguerite. Ils étaient tous les deux souffrants. Que ne feraient-ils pas tous les deux pour toucher l’héritage mais ce qu’ils ignoraient c’est que les parents de Dieudonné étaient allés voir le notaire pour faire une donation à leur petit-fils.
Les adieux furent déchirants mais tellement faux de la part de l’enfant qu’ils avaient élevés comme leur propre fils.
-"Alors, tu viens, ce n’est pas encore fini ces embrassades ? Je te trouve grotesque, tu es assez grand pour quitter tes parents, enfin ! Si l’on peut dire."
-"Ne vous inquiétez pas, nous reviendrons souvent." leur dit Dieudonné
-"Ouais, c’est ça, pour voir si ne vous êtes pas crevés, vieux schnocks."pensa très fort Noémie. "Ma parole, tu es encore dans les jupons de ta mère."
-"Mémé, pépé, on ne vous oubliera pas et puis on vous enverra des dessins qui ressembleront à la région où l’on va habiter, n’est-ce pas Stella ?"
-"Ouais, on verra."
Ils embrassèrent leurs grands-parents, Barnabé du fond du cœur mais Stella du bout des lèvres. Léopold glissa la médaille que portait Yoann, dans une poche de la veste que portait Barnabé car il savait que l’enfant connaissait l’histoire.
Les enfants s’éloignèrent de la maison. Barnabé ne pouvait retenir ses larmes. Stella le regarda et lui dit "Tu es une mauviette, ma parole" et elle partie d’un éclat de rire, au grand désarroi de ses grands-parents.
-"As-tu vu notre petite-fille, elle est comme sa mère, du moins, elle en prend le chemin."
-"Eh ! Oui, Margot, que veux-tu ?"
Ils partirent, Léopold et Marguerite regardèrent la voiture s’éloigner la larme à l’œil.
-"Tu sais, cette petite, je ne la savais pas comme ça, J’espère que Dieudonné la fera changer de caractère


Dernière édition par fany le Lun 8 Oct 2012 - 3:32, édité 3 fois
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MessageSujet: LES ENFANTS DE SAINT-MALO    Mar 25 Sep 2012 - 5:21

[Troisième partie : BARNABE





L’arrivée en Savoie

Dieudonné, Noémie et leurs enfants mirent plusieurs jours pour aller en Savoie. Ils allaient habiter un village de « pouilleux» avait dit Noémie d’un ton méprisant. Barnabé osa dire à sa mère que les villages étaient l’habitat des paysans, pour lui c’était évident. En effet, avant de partir, il était allé voir son maître d’école pour qu’il lui montre où se trouvait la Savoie. Son maître, lui avait demandé dans quelle ville il habiterait et Barnabé avait répondu, que ça serait dans un village.
-"Barnabé, connais-tu la différence du point de vue population entre St Malo et un village ?"
-"Ben, à St Malo, y a des pêcheurs."
-"Oui, mais encore ?"
-"Euh, c’est une ville"
-"C’est bien ça, Barnabé, alors qu’en conclu-tu ?"
-"J’sais pas."
-"Comment appelle t-on les habitants d’une ville. Attention, nous l’avons appris."
-"Oui, oui, je m’en souviens, se sont des urbains."
-"Et bien dans les villages" lui dit le maître "la plupart de la population locale est paysanne, c’est-à-dire que se sont des paysans qui l’habitent."
-"Ah ! Ok. » Avait-il fait échapper, mais gêné par cette expression familière, il mit sa main devant la bouche. Le maître sourit alors et lui ébouriffa ses cheveux bouclés."
-"Où, se trouve notre maison ?" avait demandé Barnabé
-"Tu verras bien, pourquoi ? Tu es si pressé d’aller voir ses "pegnots ?" dit Stella d’un ton méprisant à son frère.
-"Ben, de toute façon, on va bien y vivre dans le village, tu seras bien obligée de côtoyer les paysans." rétorqua Barnabé.
-"Allez ! Dieudonné demande donc où se trouve notre maison ?"
Leur maison était un peu éloignée du village. On leur indiqua.
-"Tu as vu Marcel, comme ils nous ont regardé les gens de la ville ? Seul le petit gars nous a sourit."
Cette famille était hautaine et ne se mélangea pas au reste du pays, toute la famille ? Tous, non, le petit Barnabé avait déjà sympathisé avec un vieux berger qu’il avait croisé en allant à l’école, et qui avait beaucoup de moutons. Le vieux berger qui s’appelait Jean lui expliqua qu’il montait les bêtes à la montagne pour la transhumance.
-"Madame, Monsieur, votre fils pourrait-il venir à la maison ? Mon garçon est de son âge."
-"Il est punit ?
-"Ah ! alors dans ce cas, je n'insiste pas."
En redescendant des "Champs Fleuris", Pierre avait été surpris par le faciès de Dieudonné. "C'est curieux se dit-il "je n'ai encore jamais vu un noir avec des cheveux blonds. "Je demanderai cet après-midi au maitre de Jean s'il a connaissance de ce mystère de la nature."
-"Jean à table ! "
-"Déjà ?"
Marcel passa.
-"Alors Jean c'est pour lundi l'école ? "
-"Beuh."
-"Jean sois poli avec Johannes."
-"Laisses Pierre, j'étais aussi enthousiaste que ton fils."
-"Il va un nouveau. Il est noir."
-"Tu vas te faire un nouveau copain."
-"Ça ne risque pas."
-"Pourquoi mon fils ? Il a l'air gentil ce petit."
-"L'air seulement."
-"Ton père a raison Jean."

Début septembre, les enfants allèrent à l’école du village. Très tôt, Barnabé, étonna son nouveau maître par ses connaissances. Tout comme son père, Barnabé était très intelligent à huit ans. Sa sœur plus âgée que lui, posait des problèmes à leur maître
-"Tu fais encore ton intéressant en levant sans arrêt le doigt."
-"Ce n'est pas vrai, le maitre nous a interrogé pour savoir ce qui était acquit. Je veux dire voir notre niveau?"
-"Tu me prends pour une idiote ?"
-"Tu plissais les sourcils, je croyais que tu ne comprenais pas?"
Vexée, Stella poussa violemment son frère dans les orties.
Jean le berger revenait avec son troupeau à ce moment-là.
-"Eh ! petite, pourquoi as-tu fais ceci ?"
-"Ça ne vous regarde pas."
-"Mais bien sûr que si. Tu lui as fais mal et ce n'est pas bien de ta part. Viens Barnabé je vais te soigner."
-"Je ne peux pas Monsieur Jean car si je suis en retard je vais me faire disputer."
-"Entres Jean et toi aussi Barnabé. Petit, notre berger connaît des cataplasmes contre les piqures d'orties."
Du coin de l'œil, le fils de Pierre le regardait d'un air narquois lorsque son père se retourna.
-"Travailles au lieu de te moquer, te souviens-tu du jour où ton meilleur copain…"
-"Je sais papa."
Soigné par Jean le berger, il rejoignit sa sœur en courant car elle était juste au tournant avant "Les champs fleuris"
-"Tu es comme eux, aussi pouilleux. Nous sommes en retard et allons nous faire disputer."
-"Pas toi, tu le sais bien."
-"Qu'est-ce que tu veux dire ?"
-"Que maman et papa ne te disputeront pas."

Ils arrivèrent peu de temps après, au seuil des "Champs fleuris".
Leurs parents se trouvaient sur le perron assis autour d'une table de jardin. Leurs parents avaient préparés leurs goûters.
-"Vous êtes bien en retard, que sais-t-il passé ?"
"C'est à cause de Barnabé."
-"Encore une bêtise ?"
-"Oui, fit Stella, pour faire son malin, il s'est jeté dans les orties et un monsieur la soigné."
-"Comment ? quelqu'un vous a touché, peut être vous as-t-on donné des poux ?"
-"Barnabé, dans ta chambre tout de suite."
Quelques jours après la rentrée, l’instituteur, convoqua les parents. Cette convocation concernait le petit Barnabé.
-"Faites-vous travailler Barnabé chez vous ?"
-"Non, pourquoi demandez vous ceci ?"
-"Votre fils est particulièrement doué et dois sauter au moins une classe, sinon deux car il est meilleur que certains enfants de 10 ans. Par contre, j’ai un problème avec votre fille, lorsque je lui demande quelque chose, elle me répond systématiquement, de plus, elle ne travaille pas bien en classe. Pouvez-vous la raisonnez ? La faire travailler ?"
-"Bien sûr."
Lorsqu’ils rentrèrent chez eux, Noémie gifla le petit d’être meilleur que sa sœur. Barnabé fut envoyé dans sa chambre.
-"Stella va donc porter du pain sec et de l’eau à ton frère pour qu’il ne dise pas qu’on le brime."
Barnabé malgré, les punitions de ses parents, les respectaient et se disait que peut être, il avait fait quelque chose de mal.
Le lendemain, quand ils allèrent à l’école, ils passèrent devant l’épicier, celui-ci le trouva si pâle, ne sachant que faire lui donna des bonbons.
-"Tient petit, c’est pour la récréation, ils ne sont rien que pour toi car tu es bien palot, pitchoun, par rapport à ta sœur."
-"Je le dirais à papa et maman et tu seras punis."
Lorsque les enfants rentrèrent chez eux, Barnabé se tourna vers sa sœur.
-"S’il te plait, ne le dit pas à papa et maman."
-"Si, je leur dirais et tu ne mangeras pas le bon gâteau que maman a fait."
Arrivée, devant la maison, Stella couru dans la cuisine en criant "Maman, Maman, Barnabé a eu des bonbons de l’épicier mais pas moi. "
Or, cela, était faux, Barnabé avait partagé avec ses camarades de classe et sa sœur.
-"Vous en voulez ?"
-"Oh oui ! "
-"Pourquoi fait-tu ça l’étranger ?"
-"J’en ai beaucoup trop pour moi, c’est pour cela que je vous en propose."


La fugue

Le soir, il n’eu pas droit au bon repas qu’avait préparé sa maman, pour l’anniversaire de sa sœur car il était punit tout comme la veille et eu droit comme la veille à du pain sec et de l’eau. Peiné, il ouvrit la fenêtre de sa chambre et se sauva pour aller se faire consoler par le vieux berger. Il connaissait le chemin. Nous étions en octobre. Il faisait déjà frisquet. Il arriva près du chemin qui monte à la bergerie. Il montait, montait, faisant bien attention où il mettait ses pieds. La température se rafraîchit. "Tant pis" se dit-il. Un peu plus loin, il commença à trouver la neige, n’écoutant que son courage, il continua, lui « le petit guadeloupéen », comme il aimait entendre dirent les paysans, fraîchement arrivé dans ce village de montagnes. Enfin, il arriva à la cabane du vieux berger. Il y avait déjà, au moins dix centimètres de neige. Il frappa et le berger lui ouvrit. Il fut étonné de voir son petit visiteur, son petit copain qui venait parfois l’aider à garder ses bêtes.
-"Entre et met toi près de la cheminée, tu dois être gelé. Que fais-tu ici ?"lui demanda t-il tout en lui servant une soupe bien chaude.
-"Mes parents ne m’aiment pas, voilà deux jours où je dois aller dans ma chambre pour ne manger que du pain et boire de l’eau."
-"Oh, Seigneur ! Pourquoi, tes parents te font-ils cela ?"
-"Je ne sais pas."
-"Écoute tu va passer la nuit et demain on redescendra tous les deux."
Dans la nuit, la neige était tombée en abondance et le village devenait inaccessible. Dans la cabane, le berger avait prévu des provisions dans le cas où cela se produirait.
-"Barnabé, met ça", le berger lui tendit une veste en laine de mouton et lui mit un béret, en l’enfonçant pour que cela lui couvre les oreilles.
-"Tu viens m’aider à rentrer les bêtes ?"
-"Oh ! Oui, t’es gentil, Jean."
Jean comprenait bien ce petit garçon car lui aussi avait connu les mêmes problèmes et lui aussi c’était réfugié prés d’un vieux berger.
Les bêtes furent rassemblées avec l’aide de Dady la chienne, boader colley.
-"Maintenant, tu vas rentrer et boire quelque chose de chaud, car je ne veux pas que tu sois malade."
Le gamin lui fit un signe d’acquiescement de la tête.
Le soir venu, ils ne purent encore descendre au village.


L’avalanche

Un jour, où Jean le berger était dans l’étable, l’enfant alla se promener un peu plus haut dans la montagne, c’était imprudent, il le savait mais il lui avait semblé entendre des cris. "Quelqu’un c’est donc perdu ?" Plus il approchait, plus les appels au secours se faisaient entendre. Il se dirigea dans cette direction. Il aperçut soudain, des bras levés. Une personne était en danger, il fallait la sauver, "Redescendre ? Non, celle-ci mourrait de froid avant que l’aide arrive." Il arriva, enfin, près de la personne et reconnu le maire. Le maire du village était un alpiniste chevronné, comment avait-il pu avoir un accident ?
-"Petit, va vite chercher des secours, des compagnons de cordée sont ensevelis dans l’avalanche."
Le petit, couru jusqu’à perdre haleine, évitant la cabane où le vieux berger se trouvait car il lui aurait certainement interdit d’aller au village chercher les secours. En descendant, il ne faisait pas attention où il mettait les pieds, il n’avait qu’une idée en tête sauver Monsieur le maire.


L’alerte

-"Ouf ! Enfin, me voici arrivé."
Ses parents regardaient leur fille jouer avec les autres enfants, cependant la gamine l’aperçue
-"Maman, maman, j’ai vu Barnabé."
L’épicier habitait deux maisons plus loin que sa famille, il y rentra telle une bombe.
-"Monsieur, monsieur, faut prévenir les secours."
-"Que se passe t-il Barnabé ?"
-"Monsieur le maire et ses amis ont été pris dans une avalanche."
-"Calme-toi, calme-toi."
-"Où étais tu ? Tes parents étaient très inquiets."
-"Ils ne m’aiment pas."
-"Pourquoi dis-tu ça ?"
-"Je suis toujours puni."
-"Tu vas accompagner les secours car toi seul, connaît l’endroit où Monsieur le maire et ses amis se trouvent."
Il y avait tout dans l’épicerie, aussi bien des aliments que des chaussures, vêtements, mercerie, enfin, bref ! Tout un bric à brac.
L’épicier alla chercher l’anorak en plumes de son fils et un bonnet de laine puis il lui mit des chaussettes bien chaudes, des chaussures de montagne et des guêtres. Il était habillé, tout comme "les hommes" et en était fier. L’épicier vêtu comme le petit garçon le pris sur ses épaules et se dirigea dans la direction où se trouvaient les secours.
-"Qu’est-ce que tu viens faire ici Pierre ? Nous n’avons pas eu d’alertes, le maire nous l’aurait dit."
-"Et bien, justement, Marcel, s’il n’y a pas eu d’alerte, c’est parce que le maire est en danger et qu’il faut le secourir. C’est ce jeune homme " dit-il en désignant Barnabé "qui a donné l’alerte ".
-"Comment ? Mais où étais tu ? Nous te cherchions partout."
-"Assez discuter, Marcel, on en parlera après."
Les secours partirent. Pierre avait gardé l’enfant sur ses épaules.
-"Dites, Monsieur, on peut aller voir Jean ? Il a du me chercher partout et doit être inquiet."
Ils arrivèrent près de la cabane du berger, toquèrent à la porte qui s’ouvrit. Le vieux berger avait cherché le gamin mais ne le trouvant pas, il avait cru qu’il était rentré chez ses parents. "Quelle imprudence !"s’était-il dit mais je suis sur qu’il arrivera sans problème au village, il est dégourdi ce gamin."
Hébété, le berger regarda l’enfant et Pierre.
-"Qu’arrive t-il ?"
-"Une cordée dont fait parti Johannes, a été prise dans une avalanche. C’est le petit qui a donné l’alerte."
-"Comment, comment." dit le vieux berger en regardant Barnabé.
-"Je te demande pardon Jean, je ne voulais pas t’inquiéter, dit tu ne va me punir ?"
-"Mais pourquoi le ferais-je ?"
-"Parce que tu t’es inquiété."
-"Mais non, pitchoun."
Barnabé avait les larmes aux yeux car c’était la première fois que l’on était aussi gentil avec lui.
Les secours avaient pris un peu d’avance, mais Pierre, faisait de grandes enjambées et rejoignit ses compagnons.
Barnabé leur montra le chemin, puis Pierre le redescendit dans la cabane de Jean, car ses yeux se fermaient "Ce môme est fatigué. Je vais demander à Jean, s’il peut l’héberger."
Pierre pris l’enfant dans ses bras, ouvrit la porte de la cabane. Jean avait déjà préparé un lit pour coucher l’enfant. Il lui mit une couverture bien chaude.
Pierre resta pour que l’enfant raconte pourquoi ses parents ne l’aimaient pas, il ne comprenait pas, le maire et ses compagnons avaient aussi passés la nuit dans la cabane.
Le lendemain matin, Barnabé, mangea de bonnes tartines beurrées et bu un chocolat chaud avec du lait bourru, une fois restauré, l’enfant raconta son histoire. Certains, parmi les secouristes avaient du mal pour ne pas verser une larme, sur le calvaire qu’avait vécu cet enfant.
Le maire, représentant de la police dans sa commune, redescendit avec les secouristes et Barnabé. Touché par l’histoire de l’enfant, il alerta les services sociaux et Pierre demanda à ce que "le petit" comme il l’appelait resta chez lui et non emmené dans un orphelinat.


La surprise

Après, quelques jours de congé, Barnabé se rendit à l’école avec le fils de Pierre qui l’avait appelé "l’étranger" mais qu’il respectait désormais et allait le défendre de ses camarades de classe au cas où, l’un d’entre eux soit méchant avec lui. Il le considérait comme un héros, il avait sauvé, il fallait le respecter.
Une surprise attendait, Barnabé. En effet, dans la cour de l’école, se trouvaient, non seulement tous ses camarades de la classe unique qui avaient inventé une chanson mais aussi le maire et tous les guides secouristes en habit, leurs cordes sur l’épaule.
Lorsqu’il arriva, Pierre le prit sur ses épaules, car il était encore un peu pâlot, puis ses camarades de classe entamèrent la chanson qu’ils avaient composée avec leur maître. Les guides, s’écartèrent pour laisser Pierre et Barnabé s’approcher vers le maire.
-"Mon petit, je te remets, la médaille que les secouristes reçoivent". Barnabé embrassa Monsieur le maire qui lui dit "Regarde, petit, la médaille, ils l’ont tous, désormais, je te nomme guide secouriste d’honneur." et Barnabé essuya une larme. Il n’aurait jamais pensé, lui le petit guadeloupéen dont la famille avait été rejetée par la population du village, être honoré comme il l’était en ce jour.
-"Monsieur le Maire, où se trouve mes parents, je ne les voient pas ?"
-"Le juge les a entendu et les a sermonné. Ils n’ont plus le droit de vous voir, toi et ta sœur."
Il lui expliqua, alors que les personnes qui étaient méchantes avec leurs enfants ne pouvaient plus les voir, sauf si l’enfant le voulait, mais seulement à partir d’un certain âge que Barnabé n’avait pas encore atteint.


Retour à l école

Barnabé se rendait de nouveau à l’école mais en ayant auparavant, sauté deux classes avec l’accord de Pierre. L’année suivante, il alla au collège, à la ville. Il n’avait que dix ans lorsqu’il rentra en sixième mais par rapport à son père, il ne se fit pas chahuter par ses camarades de classe pour sa couleur de peau qu’il tenait de sa grand-mère morte en ayant mit au monde son père. Il avait les meilleures notes et fut premier dans toutes ses années de collège.
Quand il dut quitter ce dernier pour rentrer au lycée, il avait des larmes aux yeux car la veille, il avait apprit la mort de Jean. "Je serai berger se dit-il, je suis sûr qu’il aimerait que je le remplace auprès des bêtes, mais avant, il faut que j’aille au lycée pour que Pierre soit fier de moi."
Il était resté dans la maison de Pierre. Une fois, il avait voulu revoir ses parents mais ceux-ci lui avait dit les pires méchancetés.
Stella, quant à elle, ressemblait beaucoup à sa mère physiquement, mais les années d’orphelinat lui avait modelé le caractère et elle avait épousé Jean, le fils de Pierre.
Les années de lycée passèrent très vite. Barnabé eu le bac avec la mention TB et on le présenta au concours général. Pareillement, à ses études, il eu de très bonnes notes.


Une décision pensée mûrement

Un jour, Pierre, avait posé à Barnabé cette question "Que veux-tu faire comme métier ?"
-"Si je te demande ceci, c’est pour t’inscrire dans l’école qui te prépara à ton futur métier."
-"Alors, as-tu une idée ?"
-"Oui, enfin non."
-"Que veux-tu dire ?"
-"Dit Pierre, tu ne va pas te fâcher ?"
-"Pourquoi me mettrais-je en colère, hein pitchoun ? Dit moi, que veux-tu faire qui m’aurais mis en colère ?"
Gêné Barnabé commença une phrase "Ben..."
-"Oh ! Que je n’aime pas quand tu commence, tes phrases comme ceci."


L’invitation de sa sœur.

Stella passa devant la maison.
-"Bonjour, p’tit frère, je t’invite ce soir, pour la réussite dans tes études, ok !"
Barnabé ouvrit de grand yeux, n’en revenant pas que sa sœur soit devenue aussi gentille.
-"Pourquoi me regardes-tu comme ça ?"
Barnabé avait du mal à parler, il était si ému que sa sœur l’aima enfin.
-"C’est parce que, parce que…"
Jean, arriva peu après et l’embrassa en frère. N’avait-il pas vécu avec lui ?
-"Barnabé, te regarde comme ça car il se rappelle son enfance. Pas vrai, vieux ? C’est bien ça ?"
-"Oui" dit-il en baissant les yeux.
-"Tu sais Barnabé, si nos parents te traitaient comme ça, c’est parce qu’à ta naissance, maman a faillit mourir, aussi inconsciemment, je te haïssais mais c’est finit car j’ai compris ce que tu ressentais et puis tu sais, nous avons grandis. Alors ce soir, tu viens ? Pierre aussi est invité. Tu verras les enfants."
-"Comment s’appellent t-ils ?"
-"Léopold, Marguerite et Yoann."
-"Tu as donné les noms de grand-mère et de nos grand-pères ?"
-"De nos grand-pères ?"
-"Oui, grand-père, Léopold n’est pas notre véritable grand-père. Tu es génial sœurette."
-"Que veux-tu dire quoi quand…" lui demanda t-elle
-"Alors le frère et la sœur, vous venez ? On discutera à la maison. Tu viens papa ?"
Ils montèrent tous les quatre, dans la maison que Barnabé et Stella avaient habitée avec leurs parents. Ces derniers avaient déménagés.
Ils entrèrent dans la maison. Qu’est-ce qu’elle avait changé ? Jean, avait refait de nombreuses choses, notamment la remettre dans le style du pays.
Lorsqu’ils ouvrirent la porte, trois bambins les attendaient assis sur le sol en train de jouer. Comme des fusées, ils se précipitèrent vers Barnabé.
-"Tonton ! Tonton ! "
Barnabé qui était un grand gaillard, en pris un sur les épaules et comme les deux autres paraissaient très déçus, il en prit un dans chaque bras.
Ils avaient le même âge mais ne se ressemblaient pas.
-"Quels âges ont-ils?"
-"Ils vont avoir huit ans."
Jean intervint, "Stella puis-je faire les présentations ?"dit-il en lui souriant, la faisant rougir
- "Oui, mon amour."
-"Je te présente Léopold, Marguerite et Yoann."
-"Jean, mon grand-père paternel s’appelait Yoann, j’ai entendu les vieux de St Malo, en parler quand j’allais à l’école."
-"Ah ! Mais c’est pour ça, que tu partais avant moi."
-"Oui, en effet. En fait, si j’ai la peau mate c’est parce que notre grand-mère était noire."
-"Comment sais-tu cela ?" lui demanda Stella de plus en plus intriguée.
-"Papa n’est pas né à St Malo mais dans les îles. Son père était parti enfant sur un bateau qui a fait naufrage. Un jour il a averti la personne qu’il considérait comme sa mère pour lui faire savoir qu’il était en vie et qu’il était marié à une jeune femme de la Guadeloupe. Grand-père Léopold m’a donné sa médaille quand nous sommes partis de St-Malo. Notre ancêtre était blond, comme lui." dit-il en désignant un des petits.
-"Quand j’étais à l’orphelinat, j’ai appris le décès de nos grands-parents. Je n’avais jamais fais de dessins pour eux, mais après leurs morts, j’ai demandé à avoir une photo d’eux et je les aie dessiné. Peux-tu allé, chercher mes dessins, Marguerite ?".
La petite revint avec un classeur, les dessins étaient si ressemblants que Barnabé essuya une larme.
-"Que fais tu comme métier ?" demanda Barnabé à sa sœur.
-"Je me lance dans la déco."
-"Et toi que veux-tu faire ?"
-"Ah ! Oui, au fait ?" lui demanda Pierre
-"Ben, je…"
-"Quoi ? Tu nous fais languir." dirent-ils en cœur
Barnabé se leva, leur tourna le dos et dit "Je veux être berger."
Jean ouvrit grand les yeux "Mais, tu as fais des études longues et tu veux être berger ?"
-"Oui, je veux remplacer Jean, en plus, depuis sa mort vous faites venir des bergers qui ne sont pas du pays."
-"J’ai seize ans et je me sens apte à faire ce métier."
On toqua à la porte. Jean alla ouvrir, c’était Monsieur le Maire.
-"J’ai appris que tu étais de retour, alors je viens te saluer et puis j’ai une proposition à te faire. Voilà, je vais être à la retraite des guides, Marcel est nommé Président, mais depuis que tu es parti, nous avons une école d’apprentis guides, si ça te dis, tu seras le bienvenu."
-"Il veut remplacer notre Jean." dit Pierre
-"Oh ! Cela n’empêche rien." rétorqua Johannes
-"Il pourra être berger et aspirant-guide."
Quelque temps plus tard après la visite de Monsieur le Maire, il s’inscrivit à l’école des aspirants guides. C’était le plus jeune.
-"A toi, maintenant." lui disait l’instructeur lui désignant une falaise. Agile comme un singe, Barnabé, dans un silence de morts, grimpa, il retrouvait les sensations qu’il avait éprouvé quand il était redescendu pour avertir Pierre.
Son instructeur le voyant doué, le prit à part pour le faire grimper car il voyait qu’il avait des aptitudes que les autres ne possédaient pas.


Le sauvetage

Quelques jours avant, l’examen, Marcel proposa aux futurs guides un exercice en montagne. Lorsqu’ils furent sur les parois, ils entendirent des cris. C’était certainement un promeneur imprudent, n’avait-il pas vu la menace de neige qui planait sur les montagnes, de plus c’était affichée au chalet de la Compagnie des Guides ? Il se mit à neiger puis à venter. Les visages de ces jeunes gens étaient fouettés par la neige qui virevoltait. Il fallait redescendre c’était plus prudent car avec ce temps, les plaques à vent se forment mais le brouillard tomba. Des jeunes se sentirent prit d’angoisse et durent descendre accompagnés par des camarades de cordée. Barnabé voulut rester ainsi que Jean. Barnabé se rappelait quand il était allé avertir Pierre. Comme, il lui manquait son père adoptif en ce moment. .Ils montèrent en direction des cris, malgré le danger que représentaient les plaques à vent et les ponts de neige. Ils sondaient la neige, évitant les couloirs d’avalanches. Plus, ils montaient, plus les cris se rapprochaient, la neige recouvrait des crevasses à cet endroit.
-"Puis-je y aller ? Marcel, il faut sauver ce malheureux."
La peur au ventre, Barnabé, après l’accord de Marcel qui lui donna des instructions, alla dans la direction des cris. Ces derniers venaient d’une crevasse. Il le savait, Barnabé ne pouvait y aller seul, il fallait avertir Marcel et Jean, pour qu’il l’aida à descendre dans cette dernière. Tous trois montèrent vaillamment. Barnabé descendit dans celle-ci, la corde tenue par ses deux compagnons de cordée. Arrivé près de la personne, il eut un choc. En effet, la personne qu’il voyait au fond de cette crevasse était mate de peau et quelques mèches blondes sortaient de son bonnet. "Non, non, ce n’est pas possible, ce ne peut être mon père car il est dans le nord de la France et de plus il est plus maigre que lui." Troublé, Barnabé harnacha cette personne et demanda à Jean et Marcel de remonter la corde. Barnabé avait froid mais qu’importe ! La corde redescendit et il s’en saisit et remonta auprès de ses compagnons. Ils ne pouvaient avertir les secours, il fallait se débrouiller pour arriver à bon port. Chacun le porta à son tour. Ils étaient presque arrivés en bas de la voie, lorsque soudain, une pierre se détacha d’un sérac blessant sérieusement Marcel.


Professionnalisme de deux jeunes futurs guides.

-"Jean comment va-t-on faire ?"
-"Ne t’inquiète pas, nous sommes tout à fait en bas de la voie, maintenant."
-"Oui, je sais mais le chalet de la Compagnie est encore loin."
-"Barnabé enveloppe avec ta couverture de survie, la personne que nous avons trouvé dans la crevasse, je vais faire de même pour Marcel En attendant, tu vas courir, jusqu’au chalet."
-"Jean, la bergerie se trouve t-elle dans un couloir d’avalanche ?"
-"Non, je ne pense pas, sinon elle aurait été détruite depuis longtemps."
-"Allons-y, car elle n’est pas loin d’ici. On pourra mettre Marcel et l’alpiniste à l’abri dans la cabane en attendant les secours, au moins ils se réchaufferont et n’auront pas de membres gelés. Quand les secours arriveront, le médecin pourra faire les premiers soins."
Ils partirent dans la direction de la bergerie. La montagne grondait, ils avaient peur mais ne le montraient pas. Ah ! La bergerie, elle n’avait pas changé pensèrent-ils tous les deux. Barnabé n’avait pas encore pris ses fonctions. Ils frappèrent et le berger de l’autre vallée, leur ouvrit. Préparant des lits, de la pharmacie s’il y en avait besoin, attisant le feu, le berger s’affairait.
-"Barnabé, peux-tu aller chercher les secours, tu connais ce coin de montagne mieux que moi. Et ! frangin, fait attention à toi."
-"T’inquiètes pas."
Ils se serrèrent la main comme s’ils allaient se quitter pour toujours.


L’inquiétude des proches.

Pendant ce temps-là, les autres jeunes montagnards étaient arrivés au village. Pierre et Stella n’aperçurent ni Jean, ni Barnabé, ni Marcel. Ils se mirent en quête de nouvelles et apprirent qu’ils étaient restés en montagne pour un sauvetage. Un quart d’heure après, son frère déboula telle une fusée, ne s’arrêtant qu’au chalet de la compagnie des guides.
-"Tiens, tiens, un de nos apprenti-guides."
Barnabé coupa la parole à celui qui l’avait chambré.
-"Marcel a reçut une pierre d’un sérac, il est à la bergerie avec l’alpiniste que nous avons sauvé, Jean est resté avec eux pour faire les premiers soins."
Pendant que Barnabé débitait son flot de paroles, les guides se préparaient pour former une caravane de secours.
-"Je viens avec vous."
-"Tu crois que tu n’ais pas assez fatigué, gamin ?"
-"L’alpiniste, je crois que…"
-"Continue."
-"Que, que c’est…"
Des larmes coulaient le long de ses joues.
-"C’est qui ? Tu connais cette personne ?"
-"C’est, c’est…mon père."
-"Ok ! Alors viens, après tout, c’est ton futur domaine, la bergerie."
Ils y furent rapidement. Elle n’était pas aussi haute que Barnabé se l’imaginait quand il était petit.


Les retrouvailles

L’alpiniste attablé lui tournait le dos car il était face à la cheminée.
-"Papa ?"
L’homme se retourna et regarda Barnabé. Il avait vieillit certes mais son fils l’avait reconnu. Ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre. Barnabé se reprit, il avait oublié qu’il serait guide après sa formation et puis il était gêné de ses effusions avec son père devant ses aînés. Son père n’en fit cure et il se mit à le questionner.
-"Alors, c’est dans cette bergerie que tu te réfugiais quand ta mère te punissais ?
-"Oui, mon fils."
-"On pourra aller en Guadeloupe, là où grand-père a grandit ?"
-"Si tu veux."
-"Stella, Jean et les petits pourront-ils venir aussi ?"
-"Bien sûr."
-"Dit P’pa, maman est où ?"
-"Après notre séparation, j’ai demandé le divorce pour rupture de la vie commune. J’ai raconté au juge ce qu’elle te faisait subir."
Jean intervint "Barnabé ne te laisse pas faire."
-"Tu sais Jean, je n’avais aucune emprise sur mon épouse. Quand je la fréquentais, elle était très gentille. Tout c’est gâté lors de notre mariage, elle m’a monté la tête en me disant qu’il ne fallait pas que je fréquente les gens de Saint-Malo puis les gens d’ici car me disait-elle "Tu es trop intelligent pour ces pouilleux."
-"Alors, pourquoi, ne pas avoir défendu Barnabé ?"
-"Ma femme m’avait rendu fier, et puis elle voulait que je fasse toutes ses volontés, je sais, je suis un lâche d’avoir laissé faire les misères qu’elle infligeait à mon fils. Maintenant que nous sommes séparés, j’aimerais reprendre la vie d’avant mon mariage, mais est-ce possible ? Barnabé pardonne moi."


Nominations

Le surlendemain eu lieu les nominations de ceux qui seraient guides. Ils étaient tous intimidés. La cérémonie commença et Marcel remit de ses blessures apporta la corde de guides au plus jeune des aspirants-guides,… à Barnabé. Celui-ci ne comprenait pas, pourquoi c’était par lui que l’on commençait. Une personne que Barnabé ne connaissait pas s’approcha de lui.
-"Jeune homme, je suis très fier de vous honorer de la médaille du mérite car malgré, votre jeune âge, vous avez fait preuve d’un courage exceptionnel avec votre frère, viens petit que je te décore aussi."
La plupart des aspirants-guides eurent leur corde. Cette cérémonie s’ensuivit d’un apéritif.
Marcel appela Barnabé.
-"Ton père, excuse-moi Pierre."
Pierre haussa les épaules en souriant.
-"Donc, tes pères ainsi que ton frère m’ont demandé à ce que tu aille en Guadeloupe, là où vécut ton grand-père."
-"Es-tu d’accord ?"
Barnabé trop ému fit un signe de la tête en signe d’acquiescement. Que d’événements il avait vécu en deux jours mais ce qu’il ignorait c’est qu’une troisième surprise l’attendait.
-"Oyez, oyez, braves gens !"
-"Barnabé, je te propose d’être à la tête de la compagnie des guides car tu es valeureux. Qu’en dis-tu ?"
-"Mais,…je n’ai que seize ans."
Barnabé resta bouche bée. Il ne savait que dire.
-"C’est exact, il faut que ton père, enfin, je voulais dire Pierre donne son consentement."
-"J’y consens, j’en ai d’ailleurs parlé à Johannes, tout à l’heure."
-"Et frangin, alors cette réponse tu nous la donne ?"
-"Ok, mais je vais partir quelques jours, comment allez-vous faire ?"
-"Je vais assurer l’intérim, en ton absence, je ne prendrais ma retraite qu’à la prochaine de nos réunions qui aura lieu en septembre mais pour l’instant, tu mérites quelques jours de vacances."


Sur les pas de leur père et grand-père

Barnabé, Jean, Stella et leurs trois bambins ainsi que Dieudonné prirent l’avion la semaine suivante. En effet, il fallait que les deux guides reprennent des forces.
Lorsqu’ils montèrent dans l’avion, les cœurs de Dieudonné, Stella et Barnabé battaient la chamade. Le voyage se passa fort bien. Arrivés sur l’île, ils se mirent en quête de personnes qui avaient connu Yoann. Quelle ne fut pas la surprise de Dieudonné, lorsque Kewan l’interpella. Il avait épousé l’une des sœurs de Dieudonné.
-"Excusez-moi, monsieur, j’ai crû voir un fantôme, enfin quelqu’un que j’ai bien connu."
-"Quant à moi, je suis à le recherche de personnes qui auraient connues mon père. Peut-être l’avez-vous connu ? Son prénom était Yoann, comme ce petit."dit-il en désignant un fils de Stella.
-"Yoann ? Alors vous êtes Dieudonné ?"
-"Vous avez connu mon père ? "
-"Oui, bien sûr, nous étions son épouse, lui et moi, les meilleurs amis. Votre père vous a-t-il parlé de sa vie, de votre mère, et de vos sœurs ?"
-"Je n’ai pas connu mon père. Mes parents adoptifs m’ont dit juste avant mon mariage qu’ils m’avaient recueilli. Ils m’ont aussi révélé que le navire sur lequel l’on se trouvait, mon père et moi, avait fait naufrage et que j’étais l’un des trois survivants de cette tragédie."
Ils partirent tous les sept en compagnie de Kewan. Le voyage leur parut long pour arriver au village. Enfin, des maisons se dessinaient au loin.
-"Votre père a vécu, ici, ses sœurs habitent toutes le village. Je vais les appeler. « Luanne, Sloane, Paytone, Edmonise, Oriana, Qecia, Roselise, venez vite votre frère est revenu."
Toutes sortirent de leurs cases respectives, elles avaient tant entendu parlés de ce petit frère qu’elles n’avaient pas connu sauf Luanne et Sloane par l’intermédiaire de Léopold et Marguerite, mais ce jour-là, elles ne l’avaient pas vu.
Elles se jetèrent dans les bras de leur petit frère. Dieudonné fut invité chez Kewan et Sloane. Barnabé, Jean et Stella et leurs enfants furent invités respectivement chez Luanne et Roselise. Les enfants s’étaient amusés toute la soirée avec les enfants de Qecia et d’Edmonise.
-"Maman, maman, ont veut coucher là, chez Qecia, car on s’est bien amusés avec nos cousins tout à l’heure, mais on ne veut pas de Marguerite."
Jean les regarda sévèrement, pour la première fois. Les petits savaient qu’ils venaient de dire quelque chose de mal, mais quoi ?
Edmonise intervint.
-"Ne les dispute pas, soit indulgent, tu sais c’est normal, je vais la prendre avec moi, elle s’amusera avec ses cousines."


Les adieux

La semaine suivante, ils devaient rentrer en métropole. Barnabé et Stella allèrent chercher leur père.
-"Papa, viens vite sinon on va rater l’avion."
-"Je reste ici, les enfants. J’ai retrouvé mes sœurs. Vous savez, c’est très important pour moi, mais ne faites pas ces têtes-là ! Je reviendrais vous voir."
-"Ah ! Non. Nous reviendront vous voir." dirent en cœur les sœurs de Dieudonné.
-"Au revoir papa, soigne-toi bien."
Marguerite, Yoann et Léopold se jetèrent dans ses bras.
- "Au revoir pépé."
Ils reprirent l’avion en laissant leur père au bon soin de ses sœurs mais ils ne revirent jamais ce dernier car celui-ci décéda d’une grave maladie. Cette dernière l’avait conduit à vouloir revoir ses enfants.


Epilogue : Que sont-ils devenus ?

Barnabé exerça la profession de guides, c'était le meilleur d'entre-eux mais le jour où il apprit le décès de son père, il partit en course avec un client pour oublier sa peine. Alors qu'il se trouvait sur la falaise, il dévissa. Le client se tua dans la chute. Barnabé quant à lui en réchappa. Suite à cet accident, il se mua dans le silence, il ne parlait plus qu'à ses bêtes et au petit Léopold qui allait le voir. Tous deux discutaient des moutons, Léopold aimaient beaucoup la vie de son oncle. Un jour, sous l'œil attentif de ce dernier, il aida une brebis à mettre bas.
Léo après la classe par un beau jour de printemps ne le trouva pas à la bergerie. Il s'en inquiéta car les moutons étaient encore à l'étable. Léo donna à manger aux bêtes puis sortit et dans la boue, vit des pas qui allait en direction de la plus dangereuse des voies.
Il courut à perdre haleine.
-"Papa, papa, Barnabé n'est pas à la bergerie."
-"Ton oncle Barnabé, a du aller faire paître les moutons, un peu plus haut dans la montagne.'
-"Non, les moutons sont dans l'étable, ils n'avaient même pas à manger."
Jean rassurait son fils mais lui aussi était inquiet.
-"Je vais aller à la Compagnie des Guides pour voir s'il n'est pas parti en course…"
-"Mais il aurait nourrit les bêtes, dit papa, qu'est-ce qu'il a fait oncle Barnabé ?"
-"Tu as raison."
-"Papa ?"
-"Oui, Léo."
-"J'ai vu des pas dans la boue en direction de la voie…"
-"Laquelle ?"
-"Là où oncle Barnabé est tombé."
-"Bon, il faut que j'aille voir les guides."
-"Papa, attends-moi, je viens avec toi."
Ils arrivèrent rapidement au Chalet de la Compagnie des Guides.
-"Adieu le Toine."
-"Adieu. Qu'est-ce qui t'amène ? La montagne te manques ?"
-"Un petit peu mais ce n'est pas ça dont je veux vous entretenir mais de Barnabé."
-"Barnabé ? Pourquoi ? Il a assez fait de mal à la Compagnie, tu ne trouves pas ?
-"L'accident, chacun d'entre vous aurait pu l'avoir."
-"Calmez-vous tous les deux."
-"Que voulais-tu nous dire Jean ?"
Avant que son père ne prenne la parole, Léopold intervint.
-"Ce n'est pas juste ce que vous dites. Mon oncle n'est pas à la bergerie, il a prit la direction où il est tombé, j'ai vu ses pas dans la boue près de l'étable. Venez vite, s'il vous plait avant qu'il ne fasse une bêtise."
-"Le p'tit a raison, il faut le rattraper avant qu'il ne fasse l'irréparable. Allez venez les gars."
Ils montèrent en direction de la voie. Il y avait encore de la neige et ils durent sonder celle-ci.
-"Allons plus haut."
-"Non, c''est trop dangereux."
-"Et bien d'accord, je vais y aller tout seul."
-"Papa, fait attention."
-"Ne t'inquiètes pas "dit Pierre en lui souriant pour le rassurer.
Jean le trouva dans la crevasse près de laquelle était arrivé l'accident, à côté de lui, se trouvait une lettre :
"Chers frère, sœur et neveux, je ne suis plus bon à rien, n'ayez pas de peine. Dîtes à Léopold que je lui donne la garde de la bergerie, c'est un très bon berger. Arr'vi ."
Jean et Stella après cet accident furent compréhensifs avec leurs enfants, surtout avec Léopold qui avait été très affecté de la mort tragique de son oncle. Il demandait souvent à Jean :
-"Dit papa, pourquoi, il a fait ça, oncle Barnabé ?"
Jean aimait beaucoup ses enfants. Léopold ressemblait beaucoup à son frère disparu. Il entendait souvent son fils pleurer dans sa chambre. Lorsqu'il prit la bergerie, Jean allait le voir et le trouvait souvent les premiers temps, les larmes aux yeux. Barnabé, lui avait laissé des consignes pour recueillir les promeneurs, soigner les bêtes, allumer le feu, faire des provisions lorsqu'il voyait le Mont-Blanc car c'était signe de mauvais temps. Toutes ses recommandations avaient été écrites à la hâte sans un ordre précis. Personne ne s'était aperçu de la détresse de Barnabé lorsqu'il avait apprit le décès de Dieudonné puis lorsqu'il avait dévissé.
Yoann, quant à lui, partit à Saint-Malo pour prendre la mer comme avait fait son arrière grand-père.
Jean lui avait demandé, s'il voulait cette dure vie de marin. La réponse fut positive. Après son départ, Stella allât faire la chambre de son fils. Lorsqu'elle sortit elle trouva une lettre sur le sol, devant le bureau de Yoann.
"Chers parents, n'ayez pas trop de peine, si je m'embarque c'est pour oublier, le décès de notre oncle, faites une grosse bise à Léopold et Marguerite. Je vous embrasse tendrement.
Marguerite et Léopold eurent beaucoup de peine, de savoir leur frère si loin d'eux, aussi, ils demandèrent à leurs parents d'aller à Saint-Malo. Le petit-fils de Johannes qui avait eut vent de l'intention de Léopold d'aller voir Yoann, lui proposa de garder la bergerie et les bêtes durant son absence :
-"Reste autant que tu veux, tant d'émotion, t'ont éprouvé."
Quelle ne fut pas la surprise de Yoann de voir ses parents, sa sœur et son frère. Ils se jetèrent dans les bras les uns, les autres. Cela faisait déjà un an et demi qu'il était parti et tous se languissaient de lui.
-"Léopold, tu es bien pâle. Que t'arrives t-il ?
-"Rien."
-"Papa, que se passe t-il avec mon frère ?"
-"Il est dépressif, depuis la mort de Barnabé."
-"Venez, je vais vous présenter ma promise et mon fils."
-"Mais, comment, tu as un enfant ? Pourquoi, ne nous as-tu rien dit ?"
-"J'allais aujourd'hui même vous écrire, mais vous m'avez devancé."
-"Papa, maman, la grand-mère d'Anaïs a vécu avec les frères de notre arrière grand-père."
-"Anaïs, je te présentes, mes parents, mon frère et ma sœur."
-"Entrez, je vais vous montrer, des photos des oncles et tantes de ma grand-mère."
-"C'est incroyable, comme tu ressembles à Gwen, Marguerite et toi Léopold à Dieudonné."
"Anaïs, Dieudonné était notre grand-père. "
-"Où se trouve mon petit-fils que je l'embrasse?"
-"C'est aussi, le mien."
-"Et pour nous, c'est notre neveu."
De la taverne, un jeune homme, regardait Marguerite. Il se dirigea vers la famille de Jean.
-" Veuillez m'excuser, monsieur, mais…je crois reconnaître en votre fille, l'un de mes arrières grands-oncles."
Anaïs, éclata de rire.
- "Je vous présente, l'un de vos cousins."
- "Quoi ? Pourquoi, Anaïs, ne m'as-tu rien dit ?"
- " J'ai oublié de te dire que grand-mère avait onze frères et cinq sœurs, parmi eux plusieurs enfants adoptés : Yannick, Maïwen, Maël, Gaël, Gardy et ma grand-mère et Padrig, son copain. Gwendal est l'arrière petit-fils de Maël et de Maëwen. Marguerite, je crois que Gwendal a flashé sur toi, je me trompe Gwen ? "
Ce dernier devint écarlate et tous ses frères, sœurs, cousins et cousines éclatèrent de rire.
-"Tu sais cousine, si c'est réciproque, tu peux l'épouser."
-"Mais je ne peux pas, je ne veux pas quitter mes parents et mon frère Léopold qui est actuellement en plein désarroi."
Pendant ce temps Yoann discutait avec son frère tout en l'amenant à la taverne où se trouvaient tous ses cousins et cousines.
-"Veux-tu boire quelque chose ?"demanda Gwilherm.
-"Je ne veux pas vous déranger."
Des larmes coulèrent sur les joues de Léopold.
-"Maintenant, vas-tu enfin me dire ce que tu as ?"
-"C'est de ma faute, si notre oncle est mort."
-"Pourquoi dis-tu ceci ?"
-"Parce qu'il m'avait proposé de coucher à la bergerie et j'ai refusé car je ne voulais pas laisser papa, maman et Marguerite seuls. C'est ma faute, Yoann."
-"Non, ce n'est pas de ta faute car de toute façon, il aurait fait un jour ou l'autre ce geste désespéré."
-"Yoann ? Tu me manques beaucoup, c'est vide la maison sans toi, il y a bien Marguerite mais elle a des occupations féminines."
-"Comment trouves-tu Saint-Malo ? " demanda Erik, un descendant de Gaël.
-"C'est différent mais aussi beau que mon pays."
-"Yoann ?"
-"Oui ?"
-"Crois-tu que je pourrais rester quelques jours avec toi car nous ne sommes venus que pour la journée ? Nous avons tellement de choses à nous raconter."
-"Si tu restes, tu prendras probablement la mer sur l'un de ses bateaux et tu resteras ici."
-"Non, c'est juste pour quelques jours."
Un marin s'assit à leur table.
"Demat ."
"Je te présente mon frère. Ma sœur et mes parents sont avec Anaïs."
"Ton frère ? Mais vous ne vous ressemblez pas. Qu'à t-il ? Il n'a pas l'air en forme."
-"Le décès de mon oncle le chagrine."
-"Nous avons le même âge tous les trois." dit Léopold inaudiblement.
Ses cousins s'étaient aperçus que Léo avait parlé mais ils ne l'avaient entendu.
-"Il fait une dépression depuis le décès de notre oncle."
Léopold se leva se sentant mal à l'aise en la compagnie de cousins qu'il ne connaissait pas
-"Reste Léopold, tu es le bienvenu."
-"Je vais vous ennuyer."
-"Mais non, nous aimerions faire ta connaissance."
-"Comment t'appelles-tu ?" lui adressa Gaywin
-"Léopold de Couec."
-"Bienvenue de Couec."
-"De qui es-tu le descendant ?"
-"De Yoann. "
-"Ok."
-"Je te trouve bien pâle, assieds-toi."
Yves n'avait pas terminé sa phrase que Léo s'écroula.
-"Loïc va chercher papa."
Le garçonnet bégayait. Yves appréhendait cela mais il savait tout au fond de lui que l'évanouissement de Léo l'avait impressionné. Ce choc psychologique allait-il lui faire perdre le bégayement dont il souffrait. Ce dernier avait perdu confiance. Yves savait que son petit frère était malheureux.
Loïc partit en courant rejoindre son père médecin.
-"Papa, papa, viens vite un cousin a prit un malaise."
-"Lequel d'entre eux ?"
-"Le frère de Yoann."
Voyant que son fils ne bégayait pas, il lui passa la main dans les cheveux.
-"Où se trouve t-il ?"
-"A la taverne."
-"J'arrive."
-"Papa vient vite."
-"Oui mon fils."
Lorsqu'ils arrivèrent le médecin se baissa et tapota les joues du jeune Léo.
Le gamin reprit connaissance mais il était encore très pâle
-"Yves donne-moi un verre d'eau s'il te plait."
-"Voici père."
Le père d'Yves et Loïc lui en mit sur le front
-"Il y a combien de temps que tu n'as pas mangé ?"
Léo se mit à pleurer.
-"Calmes-toi petit. Yoann peux-tu aller chercher l'un de tes parents ?"
Jean et Stella alerté par cet évanouissement vinrent rapidement.
"Bonjour monsieur, madame. Comment se comporte votre fils en Savoie ?"
-"Mal. Je le surprends souvent en train de pleurer."
-"Manges t-il assez ?"
-"Il n'a pas trop d'appétit depuis l'accident de mon frère et vomit."
-"Je vois. Si vous voulez, je vais le garder avec moi quelques temps. L'air marin lui redonnera des forces."
-"Si vous permettez, père, je peux m'occuper de lui."
-"C'est très gentil de ta part, mais tu es souvent en mer."
-"Il viendra avec moi."
-"Ayez confiance en mon fils, il saura s'en occuper."
-"Je vous remercie monsieur pour votre bonté. Au fait, Léo, tu n'oublieras pas le mariage de ta sœur."
Marguerite se marie ? Avec qui ? Elle n'avait pas dit qu'elle avait un copain."
-"Voici les futurs époux."
-"Gwendal ? C''est sérieux, tu te marie ? dirent tous les jeunes attablés à la taverne.
-"Je vous présente, Marguerite, la sœur de Léopold et Yoann. Vous serez tous les bienvenus à notre mariage."
Ils se marièrent dans la petite église du village de Marguerite qui était trop petite pour contenir tous les descendants.
-"Où allez-vous en voyage de noces ?"
-"Devinez."
-"A Saint-Malo." dit avec un sourire, Marguerite
-"Non, faites un vrai voyage de noces."
-"Tu vas nous quitter Gwendal ?"
-"Non, j'aimerais vivre à Saint-Malo où notre grand-père a grandit. "répondit Marguerite à la place de son époux.

Comme l'avait prédit Yoann à Léopold, ce dernier resta à Saint-Malo et comme il fallait parfois garder les petits-enfants et petits neveux, Stella et Jean vinrent s'installer près de leurs enfants et neveux. Gwendal et Marguerite eurent de nombreux enfants.
Ainsi se termine l’histoire d’une famille de malouins.

Les personnages

Famille de Couec :
Pierrick, Yvon, Kevin, Quentin, Gwen, Sullivan et Yoann : fils du capitaine de Couec
Anne : épouse de Gwen
Gwendoline : Sœur d'Anne épouse de Stephen et maman d'Alan.

Famille de Louec :
Josselin, Jildaz, Morgan, Alerig, Aël, Erwann, Erell, Tiphaine, Servanne, Mélaine : enfants du Capitaine de Louec

Les enfants adoptés :
Yannick, Maël, Gaël, Maïwen, Soizic, Gertrude.

Kewanna : fille du sorcier et épouse de Yoann
Luanne, Sloane, Paytone, Edmonise, Oriana, Qecia, Roselise et Dieudonné : enfants de Yoann et Kewanna

Kewan : ami de Yoann et Kewanna

Padrig, Gaël : amis de Gwen
Gaël et son fils Alain : marin et mousse qui sauvèrent Dieudonné, Maël et Gaël.
Léopold : médecin
Marguerite : l'épouse du médecin

Sven : Capitaine du Libertec.

Stella et Barnabé : enfants de Dieudonné et Noémie
Padrig : ami de Soizic

Gertrude : petite fille du Colonel allemand

Jean : le berger
Marcel, Pierre : guides de haute-montagne
Johannes : le maire et guide
Jean : fils de Pierre
Léopold, Yoann et Marguerite : enfants de Jean et Stella.

Épilogue :
Loïc : fils du médecin de Saint-Malo, arrière petits fils de Gwen.
Gwendal : arrière petit-fils de Maël et Maiwen
Anaïs : Petite fille de Soizic


Première partie : YOANN
Bonheur et tristesse 5
L'appel de la mer 17
Le petit mendiant 22
Un petit clandestin 28
Découvert et découvertes 30
Père et fils 49
Désarrois d'un moussaillon 54
« Complot » 56
Une famille réunit 57
La tempête 60
En Guadeloupe 63
Retou en Bretagne 73
Come back de l'adoption de Gaël 75
Le naufrage 91


Deuxième partie : DIEUDONNE 96
L'enfant de Yoann 97
Le capitaine 98
L'embarrassement de Madame de Louec 109
Soizic 111
Les bêtises de Soizic 114
La Méchanceté de Sven 116
L'inconnu 118
Une mauvaise rencontre 129
A la recherche de la plante "magique" 134
Ses aventures 140
Sa tristesse 143
La guerre de Soizic 147
Les enfants 153
Visite impromptue 158
Gertrude 161
Ses études 166
Un mariage précipité 168
Les naissances 171
Le départ 173

Troisième partie : BARNABE 175
L’arrivée en Savoie 176
La fugue 182
L’avalanche 184
L’alerte 185
La surprise 188
Retour à l école 190
Une décision pensée mûrement 191
L’invitation de sa sœur. 192
Le sauvetage 196
L’inquiétude des proches. 200
Les retrouvailles 202
Sur les pas de leur père et grand-père 206
Les adieux 208
Les personnages 219
Épilogue 220



Dernière édition par fany le Lun 8 Oct 2012 - 3:36, édité 7 fois
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fany



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MessageSujet: LES ENFANTS DE SAINT-MALO   Dim 14 Oct 2012 - 0:59

J'enlève les guillemets, j'en ai pour un certain temps.
























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