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 Belgique

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rizlabo
Saigneur des Grands Crus
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Localisation : Poireaux et blaireaux, it's my way
Date d'inscription : 05/04/2005

MessageSujet: Belgique   Ven 19 Oct 2012 - 0:07

Conformément à son statut de neutralité garanti dès la fondation de l'Etat indépendant, l'armée se déploya à la fois contre l'Allemagne et la France, bien que de nombreuses voix criaient au scandale. Cependant, il y avait des accords secrets pour que les alliés interviennent à côté des troupes belges et tout le monde était conscience que le danger venait de l'Allemagne. A l'attaque allemande, l'armée comptait 500.000 hommes, ce qui est énorme pour un pays de 8 millions d'habitants. En comparaison, la France aurait du mobiliser 2 millions d'hommes. Le fort d'Eben-Emael, réputé imprenable fut neutralisé en quelques minutes par un commando commandé par le célèbre Skorzeny qui atterrit en planeur directement sur les toits ! Français et anglais se précipitèrent à la rencontre de l'ennemi mais toutes ces forces durent reculer en bon ordre devant l'impétuosité allemande puissamment aidée par l'aviation et les panzers.
Après 17 jours, le Roi signa la capitulation, la lutte étant sans espoir, l'armée étant refoulée sur le petit réduit de l'Yser comme en '14 et était désormais incapable de lutter contre une guerre de mouvement. A noter une particularité belge : le Roi est le chef suprême des armées. Il capitula sans avertir ses alliés et contre l'avis du gouvernement qui se réfugia en France, puis parvint en Angleterre après beaucoup d'aventures. La scission entre le Roi et le gouvernement fut consommée lorsque le Roi refusa de rejoindre le gouvernement et choisit de rester prisonnier, d'abord dans son palais ensuite en forteresse en Allemagne. Après la guerre, les PG furent fâchés d'apprendre les excellentes conditions de captivité du Roi et surtout son remariage avec une roturière qui fut célébré religieusement mais non civilement ce qui est tout à fait illégal. La question royale empoisonna toute la politique d'après guerre, conduisit à un état de début de guerre civile, d'autant que flamands et wallons n'étaient pas d'accord, les flamands étant plutôt partisans du Roi. Un referendum ne parvint pas à apaiser les esprits car il révéla une fracture significative entre l'opinion du Nord et du Sud. Finalement, le roi abdiqua au profit de son fils et les choses rentrèrent dans l'ordre. Sauf que les nationalistes flamands, encore actuellement, poussent à l'amnistie des collaborateurs, bien plus nombreux au Nord, d'autant que l'Allemagne favorisa les flamands et même les PG.
Un exode massif de la population belge fut motivé par le souvenir des exactions des "boches" en 14-18, exactions réelles mais il faut signaler que ces histoires de bébés aux mains coupées étaient pure invention de propagande anglaise et que le troufion allemand, vert de peur, tirait sur tout ce qui bougeait pendant l'invasion de peur des snipers alors que c'était le bruit de l'artillerie. N'empêche qu'il y eut des milliers de fusillés civils durant cette période. Tous ces gens furent assez mal accueillis par les français qui étaient de fort mauvaise humeur devant la capitulation de l'armée, mais cela cessa assez rapidement devant leur propre défaite.

Pendant l'occupation, la résistance fut très vive, tout le monde détestait "les boches", d'autant que très vite des problèmes aigus de ravitaillement se firent jour qui ne firent que s'aggraver avec la prolongation des hostilités, les rafles, le STO, etc... La résistance communiste prit une part prépondérante, réunie dans le Front de l'indépendance qui regroupait cependant toutes les tendances politiques sans exclusive. Il y avait même des nationalistes d'extrême-droite ! A la différence de la résistance communiste française, elle abandonna assez rapidement la lutte armée directe pour privilégier le sabotage et le renseignement, estimant qu'elle était trop coûteuse. Les communistes gagnèrent leurs galons après la guerre puisqu'ils firent partie du gouvernement d'après-guerre quoique leur influence baissa assez rapidement avec une politique assez sectaire et en butte à une social démocratie très influente qui n'avait pourtant joué aucun rôle pendant la guerre
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rizlabo
Saigneur des Grands Crus
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MessageSujet: Re: Belgique   Ven 19 Oct 2012 - 0:34

En Belgique, contrairement à d'autres pays dont la France il n'a existé aucun gouvernement de collaboration, le pouvoir appartenant à quelques hauts fonctionnaires, le "comité Galopin", qui avait une certaine marge de manoeuvre et s'occupait le moins possible de politique. La population, généralement, lui faisant confiance, c'était la seule source officielle pour alléger les misères de l'occupation et de la pénurie généralisée.
Le Rex était un mouvement politique d'extrême droite de type populiste qui eut un succès relatif avant guerre avant d'être combattu par son milieu de prédilection, cad les milieux catholiques.

Il y avait un groupe collaborationniste important en Flandre, le VNV, tandis qu'en Wallonie, le Rex et son chef, Léon Degrelle s'enfoncèrent de plus en plus dans la collaboration, inventant une théorie fumeuse du caractère germanique des wallons, ce qui est risible, poussa jusqu'à la formation de la SS Wallonie qui combattit sur le front de l'Est, se fit sévèrement étrillé à Tcherassy puisque 600 hommes seulement sur 1700 étaient encore en état de combattre. A la fin de l'occupation le Rex se livra à la contre insurrection, exécutant de nombre de notables bourgeois, mais il fut lui-même en butte à une terreur implacable, et ainsi on dénombra 169 exécutions par des commandos spéciaux en un seul mois à Charleroi ! Toute la guerre, le Rex tenta d'occuper les postes de l'Etat et y parvinrent dans une certaine mesure mais ces responsables s'avérèrent être des incapables motivés par l'appât du pouvoir et du gain exclusivement. Comme tous les mouvements collaborationnistes, ce que l'on ignore généralement, Rex était l'objet du mépris et de l'indifférence des allemands et des nazis et n'eurent jamais le pouvoir escompté. C'est pourquoi Degrelle poussa sans cesse vers une collaboration de plus en plus étroite jusqu'à la nazification en espérant qu'une victoire allemande en Europe allaient les amener au pouvoir.
Fait notoire : Degrelle et sa division défilèrent à Bruxelles en uniforme, c'est un cas unique en Europe occupée. Degrelle a toujours prétendu que Hitler lui avait dit que s'il avait un fils, il voudrait qu'il soit comme lui, mais étant donné le caractère mythomaniaque du "beau Léon", c'est sujet à caution... Toutefois, il faut lui reconnaitre un indéniable courage physique et un sens de l'intrigue politique hors du commun, quoique finalement stérile.

Pendant l'offensive von Rundstedt en hiver 44, Degrelle fit une incursion remarquée en Belgique, bravache comme toujours. La résistance avait exécuté son frère, pharmacien à Bouillon, qui était aussi rexiste mais non vraiment actif. En représailles, Degrelle fit exécuter... l'unique pharmacien concurrent et plusieurs dizaines d'habitants, et réclama des mesures plus féroces auprès d'Himmler mais celui-ci refusa.

Contrairement à la France et à Pétain, la collaboration était donc unanimement rejetée et haïe. A la libération en septembre 44, ils se réfugièrent par trains entiers en Allemagne, espérant un sursaut. A la capitulation, un certain nombre disparu à jamais, pour une part décédés et pour l'autre part réfugié on ne sait où, on ne saura jamais. Une autre minorité se réfugia en Espagne, au Portugal et en Amérique du Sud ou comme Degrelle, ils ne vécurent pas trop mal et même prospérèrent. Les autres, rentrés en Belgique tentèrent leur chance en invoquant la force irrésistible, l'ignorance, bref la non culpabilité mais beaucoup furent exécutés.
Degrelle lui servit d'emblême à toute l'extrême-droite européenne pendant toute sa trop longue vie, il se répandait en interviews et en écrits, jamais il ne manifesta de regrets, bien au contraire. A noter son style caractéristique, boursouflé et emphatique que l'on retrouve chez JMLP himself.

L'échec total de l'extrême-droite plane toujours sur l'échiquier politique belge, elle est morcelée, insignifiante et assez ridicule, sauf en Flandres au travers du Vlaams Blok, rebaptisé Vlaams Belang après son interdiction mais il fait l'objet d'un "cordon sanitaire" par tous les partis, cordon dans l'ensemble fort bien respecté. Aux élections communales de 2012, le VB prit la claque et perdit de 10 à 15% partout, son président vient de déclarer qu'il abandonnait la politique, pris par un autre parti nationaliste plus modéré la NVA et son charismatique leader, Bart de Wever

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gérard hocquet

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MessageSujet: Re: Belgique   Ven 19 Oct 2012 - 11:46

Content de lire des éléments de l'histoire belge pendant la dernière guerre. Un pays où j'ai habité pendant quelques années avec bonheur.
Je serais intéressé de comprendre les tenants et aboutissants de l'imbroglio actuel qui a laissé la Belgique sans gouvernement pendant de longs mois. Va-t-on inéluctablement vers une partition entre Flandre et Wallonie ?
Et puis, je t'informe qu'à Lille, si tu t'intéresses à la peinture, il y aura bientôt (si ce n'est déjà) une grande expo sur la peinture flamande.
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Belgique   Ven 19 Oct 2012 - 15:53

Hé bien nous étions effectivement sans gouvernement fédéral pendant longtemps, et de très nombreuses formules ont été essayées en vain. Il faut dire que la coalition actuelle comprend 7 partis tous très différents et que cette équation a été finalement résolue grâce à la légendaire diplomatie de compromis des politiques belges. La population elle était largement indifférente car il y avait tout de même un gouvernement qui expédiait les affaires courantes et que les gouvernements régionaux étaient effectifs. Le gros problème était le budget et donc rassurer les banquiers.
Aux dernières élections, la NVA a conquis du terrain, mais elle est incapable d'organiser la partition du pays car il faut une majorité des deux tiers absolument introuvable. C'est pourquoi, la NVA se dit plus ou moins confédéraliste (j'ignore ce que cela implique exactement et je m'en fiche), et attends une dissolution de la Belgique dans une Europe des régions bien hypothétique. Les flamands cherchent constamment depuis des décennies à s'autogouverner et il y a une surenchère dont on se demande ou elle va s'arrêter.
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