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 La facilité

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Tryskel
Miserere mei


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MessageSujet: Re: La facilité   Lun 26 Nov 2012 - 14:21


Hé oui, besoin de rigueur (pas celle économique dirigée contre toujours les mêmes que nous imposent nos socialistes préférés). Quand on est intéressé, quand on croit à ce qu'on fait la tentation est de partir un peu dans tous les sens. mais il faut tailler, choisir, aller à l'essentiel surtout avec des élèves,et des adultes. J'ai préparé des jeunes profs aux concours, c'était pas triste non plus, ils attendaient du "Comment réussir en faisant le moins possible clefs en mains."
En bref, leur proposer les moyens en leur fournissant bases et méthodes pour approfondir eux mêmes s'ils le souhaitent. Ca s'appelle la "Culture"
La "méthodologie" très à la mode à la fin des années 80 a disparu des écrans radars de l'EN. Pourtant c'est de cette grille dont ils ont besoin. J'ai expérimenté qu'on s'en sort avec une méthode même si les connaissances ne sont pas très profondes. Ainsi ai-je réussi un exercice sur: "La syntaxe chez Claudel" pour un concours alors que ce brave Paul m'ennuie profondément.
Ils sont débordés par la masse de connaissances qu'on veut leur faire ingurgiter, sans fondations solides.
Que des petits malins surfent sur ce créneau pour se faire de l'argent n'a rien de surprenant dans une société profondément mercantile adepte de la facilité en tous domaines.
"Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine" disait un certain Michel voici 5 siècles, le message n'est toujours pas passé! incl36

Un exemple de consommation: l'Université permanente de Nantes, qui fait un travail remarquable, proposait une conférence de Boris Cyrulnik, que j'apprécie beaucoup et même un peu plus. Sachant qu'il y aurait du monde, je suis arrivée à 14H pour 14H30, déjà complet. Des gens faisaient la queue depuis le matin! Je n'ai donc pu y assister, j'ai râlé bien sûr, mais je m'en suis remise. Je suis convaincue que cette affluence n'était pas due à l'intérêt de sa pensée, mais à sa notoriété, il fallait y être, comme il faut avoir vu "ABSOLUMENT" telle expo.
Cette attitude ne date pas d'hier, mais certains de nos jours assument sans complexe que la Culture doit être un objet de consommation comme les autres.
Sauf que Culture que ce soit intellectuel ou agricole signifie travail, préparation du terrain, semailles, entretien, récolte...
Mais nous sommes dans le principe d'un substrat stérile qu'on enrichi à coup d'engrais, du tout tout de suite, le sens de l'effort n'est plus et les marchands d'engrais se frottent les mains! Je suis un dinosaure néanderthalien, j'assume!
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MBS

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MessageSujet: Re: La facilité   Lun 26 Nov 2012 - 15:05

Ouais eh ben la culture ça commence avec une bonne connaissance de la Préhistoire... Y avait plus de dinosaures à l'époque de Néandertal !!!

mdr mdr mdr

Mais je sais que tu le savais... contrairement à plein de gens qui disent a - do - rer la Préhistoire et la pensent comme dans Jurassik Park...



D'un autre côté, notre discussion a un petit côté élitiste quand même. Après tout, on doit pouvoir être heureux sans cette culture. Peut-on avoir besoin de ce qu'on ne connaît pas ?

Quant à la méthode, elle n'a pas disparu des écrans radar. On ne veut plus en faire un préalable, solution à tout. Mais pour qu'elle ne soit pas un préalable, il faudrait qu'il y ait quelque chose avant elle dans la tête des élèves. Et souvent, il n'y a pas...

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Romane
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MessageSujet: Re: La facilité   Lun 26 Nov 2012 - 15:15

On peut ne pas avoir besoin de ce qu'on ne connaît pas, mais apprendre à connaître davantage, ne serait-ce que pour le plaisir... est un plaisir.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Tryskel
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MessageSujet: Re: La facilité   Mar 27 Nov 2012 - 2:02

"Ouais eh ben la culture ça commence avec une bonne connaissance de la Préhistoire... Y avait plus de dinosaures à l'époque de Néandertal !!!"

Ouais, mais moi je suis un cas rare, comme disaient les sculpteurs de marbre! mdr

J'ai pensé au côté élitiste de notre discussion, mais bon sang, ça fait du bien de temps en temps d'être de l'élite, et pas celle auto proclamée qui se fait mousser dans les postes et les journaux! Ange

Je rencontre avec mes élèves des cas divers, mais surtout le problème pour ceux qui travaillent de savoir comment travailler et quoi faire de leurs connaissances, comment les organiser. Mon 3ème vient de me dire alors que je lui faisait remarquer qu'il ne développait pas assez ses devoirs que "les profs sont pas cons, ils savent" donc moi élève j'ai pas besoin de leur dire. Il est vif, curieux, intelligent, il sait beaucoup de choses, mais ses devoirs sont mauvais. En bref, il ne joue pas le jeu scolaire, ça l'emmerde! Et il manque des bases élémentaires en grammaire, fait quasi une faute à chaque mot. Il y a un effort de mise en culture qui doit être accompli pour remplir les critères de l'EN et passer les exams. Un rituel que j'ai toujours trouvé plutôt con y compris au niveau de l'Agreg, sauf que sachant l'enjeu, j'ai joué le jeu.
Et que je crois profondément à la culture, le machin qui reste quand on a tout oublié et qui permet de connecter les diverses connaissances qu'on a acquises ici ou là.
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MBS

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MessageSujet: Re: La facilité   Mar 27 Nov 2012 - 2:40

Aujourd'hui (ou plutôt déjà hier), heure d'Accompagnement personnalisé avec mes secondes (en fait, une moitié de classe composée de 18 élèves). Pas de vraie idée de comment j'allais prendre le truc. J'y ai réfléchi tout le week-end et la journée. Après les derniers devoirs cata de chez cata, les quelques remarques indiquées plus haut, je voulais vraiment essayer de leur faire comprendre qu'ils faisaient fausse route dans leur façon de travailler. J'avais imaginé une enquête à remplir, une sorte de jeu où ils tiraient des questions sur leur façon de bosser, y répondaient avant de les poser à deux camarades au choix, un travail de groupe autour d'une pratique... Mais dans tous les cas, je savais qu'ils allaient répondre ce qu'on attend d'eux. C'est bien ce que tu indiques, Trys, il y a un système scolaire et, bons ou pas, ils le lisent de la même manière. Ca m'a pris des années à comprendre ce coup du non-développement des réponses parce que "le prof il comprendra bien que j'ai compris"... Mais tu as beau insister, il y en aura toujours qui te présenteront un texte de 1916 sans dire qu'il se situe pendant la Première Guerre mondiale. C'est tellement évident que pourquoi le dire...

Donc, je suis parti dans ma séance avec une simple question écrite sur une page word projetée au tableau : qu'est-ce que vous mettez derrière le verbe "travailler" au lycée ? J'ai eu tout ce qu'on pouvait attendre : apprendre ses leçons, faire des exercices, faire des fiches, poser des questions, participer, être autonome... Bien sûr, personne ne fait tout ça (ils savent ce qu'il faut faire mais ne le font pas). C'est donc par ce biais que j'ai poursuivi. Comment on apprend ? Quand ?... Jusqu'à ce que ça parte sur l'univers de travail... La plupart travaillent devant la télé (ça ne m'étonne pas, ma fille aussi mais on peut se dire qu'en Licence 3 ce n'est pas tout à fait pareil) et ils ne voient pas en quoi c'est un problème. Alors j'image mon explication en symbolisant par une ligne droite optimale une concentration idéale et en semant de pics une concentration perturbée par les variations de sons et les changements d'images. J'explique la différence entre le fond musical qui peut être positif et la musique de al radio à fond. Ca porte évidemment mais ce soir ils n'ont pas forcément changé de façon de faire.
Un élève se plaint qu'il y a trop de choses à faire. Je compatis et approuve mais je retourne l'argument. S'il y a beauoup de choses, plutôt que s'en tenir à le déplorer, il faut au contraire chercher l'efficacité. Donc, ne pas se disperser en cours et écouter (ils n'écoutent que quand je dicte... oui, oui, je dicte... ils sont incapables de prendre des notes), se résumer l'essentiel sur les fiches et s'auto-interroger entre élèves (pourquoi pas pendant les interclasses sous forme de jeux, sans se prendre la tête).
Et puis tombe le nom terrible de la prof de maths et la moyenne trimestrielle de la classe avec elle qui ne dépasse pas 6.5... Et voilà que tout ce que j'expliquais avec conviction s'effondre sur ce terrible mur des notes et du passage dans la classe supérieure. En gros, ils se découragent au premier échec, détestent ne pas réussir mais ne font rien pour que ça change parce que, dans leur tête, c'est comme ça et puis c'est tout. Alors, j'explique la lourdeur des programmes, l'élève idéal qui doit pouvoir préparer Sciences-Po et l'ENA avec ce qu'il a appris au lycée... Je redis que les profs sont des professionnels et pas des machines qui tranchent à la seule vue des notes. Convaincus ? A certains moments j'ai l'impression que oui mais les habitudes prises sont trop lourdes, les réflexes étonnants ("vous ne comprenez pas, on a le téléphone qui sonne sans arrêt" ; "eh bien, éteignez-le quand vous travaillez !"... là je suis à la limite du blasphème ou de la maltraitance).
"De toute manière, à quoi ça sert les vecteurs ? Les maths à part pour compter l'argent à la boulangerie"... Eh oui, le bon vieux réflexe. Ce qu'on nous apprend ne sert à rien. Faut pas me brancher là-dessus. Je trouve la parade. "Et qu'est-ce qu'il se passe le jour où ta boulangerie est fermée ? Pour en trouver une autre, tu vas être obligée de faire des maths pour voir sur un plan laquelle est la plus près, mesurer la distance". Réplique "c'est pas pareil". "Mais si c'est pareil... On fait des maths pas pour les maths en eux-mêmes mais pour vous apprendre à réfléchir... C'ets ça qui traverse toutes vos années en maths... Après, comme chez nous, on a des spécialistes pour enseigner toutes les disciplines, ils sont tous persuadés qu'ils doivent transmettre tout leur savoir de spécialiste... Alors arrêtez de vous demander à quoi ça sert. Parce que même si vous avez appris un truc utile, il n'est pas sûr que vous vous en souveniez quand vous en aurez besoin..."
Voilà... Comme ça pendant une heure... Coup d'épée dans l'eau j'en suis sûr. Mais en répétant et répétant, en mettant le pied à l'étrier pour des opérations de remise à niveau des bases (car tout vient de là), on ne sait jamais. Quelqu'un va à Lourdes ces jours-ci ?...
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Vivor
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MessageSujet: Re: La facilité   Mar 27 Nov 2012 - 11:36

MBS a écrit:
Quelqu'un va à Lourdes ces jours-ci ?...
On peut s'y rencontrer, étant l'un et l'autre à mi-distance. Ro fera Bernadette, elle doit bien avoir un costume approprié dans son théâtre...
Dur, la vie de prof.
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Romane
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MessageSujet: Re: La facilité   Mar 27 Nov 2012 - 16:06

Autrefois, à l'époque des bancs de l'école, je me souviens avoir tenu le même discours : "A quoi ça sert ?", et ne pas avoir compris le lien entre l'apprentissage et la réalité. Il m'a fallu des années pour piger, lorsque débarrassée de certains parasites j'ai pu voir plus clair dans la démarche éducative. Autre chose aussi : les profs, je les considérais comme des êtres à part, à définition indéfinissable justement, en tout cas peu humains, plutôt des extraterrestres. Aujourd'hui, nombreux parmi mes amis oeuvrent à l'EN et grâce à nos conversations j'ai fini évidemment par comprendre qu'ils sont bien tous comme moi : assaillis de parasites dans leur vie privée, de difficultés dans leur profession, de coups de pompe dans leur tête et dans leur corps, et ainsi de suite.
Mais il faut du temps pour comprendre.

Les parasites : des situations familiales, le fil du rasoir entre l'enfance et et le monde adulte, la découverte de la réalité du monde des adultes, le piège que tend le mode de vie dans une société axée sur la consommation et les chimères, la découverte de l'amour, etc. etc. etc. etc. et l'immaturité.

Avec ça, je comprends bien à quel point vous, profs engagés et passionnés, souffrez et galérez...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Tryskel
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MessageSujet: Re: La facilité   Mar 27 Nov 2012 - 22:17

Tiens bon MBS, il va de soi que j'approuve. Toute façon tu peux pas renoncer à bosser comme ça, c'est ta façon de vivre le métier. Eux et nous ne parlons pas la même langue, et c'est décourageant parce qu'ils sont pas tous bornés, juste formatés, et un peu flemmards pour beaucoup.
Je me souviens de la tête qu'on fait mes élèves quand je leur ai dit que j'aimais travailler! Ils m'ont regardée comme un dinosaure néanderthalien, ou une extra terrestre, d'autant que c'est bien connu: les profs fichent rien! mdr

Pour les maths, conseille leur de regarder "Numbers" c'est une excellente série avec un petit génie en maths qui aide son frère du FBI à résoudre des enquêtes en créant des algorythmes et autres machins et le générique affirme que les maths nous servent tous les jours dans notre vie quotidienne.

Mais un ti conseil: Lourdes à ce niveau de misère c'est pas assez, faut s'adresser à Sainte Rita, la patronne des Causes Déséspérées!
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MessageSujet: Re: La facilité   Mar 27 Nov 2012 - 22:59

Mais, comme le dit Ro, on est flemmard naturellement il me semble... Et on cesse de l'être parce qu'un jour quelqu'un vous prouve que vous pouvez autre chose que ça... C'est un membre de la famille, un prof, un éducateur sportif, une simple rencontre... Alors, si on peut être ce petit booster...

Et, oui, tu as raison, Trys... Vendredi dernier j'étais des accompagnateurs au salon Infosup (je crois que j'en ai déjà parlé plus haut) et, à un moment, je me suis posé cette question au milieu de toutes ces écoles, ces formations proposées : si tu devais recommencer, si tu étais à leur place...

Je n'ai même pas hésité.
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