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 Maniaco-dépression

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rizlabo
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MessageSujet: Maniaco-dépression   Ven 30 Nov 2012 - 2:13

La phase maniaque de cette maladie est totalement méconnue.
Comme j'en ai été atteint un certain temps, je voudrais livrer mon témoignage
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Ven 30 Nov 2012 - 2:55

L'inverse de la dépression, c'est la manie...
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Romane
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Ven 30 Nov 2012 - 3:26

Est-ce que tu peux essayer d'avancer point par point, mais en expliquant plus précisément ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Ven 30 Nov 2012 - 6:13

http://fr.wikipedia.org/wiki/Manie
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Ven 30 Nov 2012 - 20:16

Dans mon cas, la crise maniaque a démarré progressivement depuis le mois de juillet, atteindre un seuil critique en décembre pour se terminer en février en plein délire, à la suite de quoi j'ai été hospitalisé de force avec 40 jours d'observation, sous le contrôle d'un juge avec obligation de me soigner. J'avais donc perdu uniquement, mais c'est énorme, le choix de ne pas me soigner. Cette procédure est utilisée en Belgique sur recommandation de trois médecins et sur ordonnance d'un juge. Cette observation n'est pas automatiquement renouvable mais je me suis mangé une autre longue période de trois mois car je refusais de prendre un médicament qui m'assommait complètement, refus que j'ai prolongé et que le médecin abandonna finalement, de guerre lasse. En tout, j'ai été hospitalisé 7 mois, car j'étais retombé dans une très sévère dépression, je ne faisais strictement rien à part dormir sans arrêt, je ne parlais presque pas et j'ai énormément regrossi faute d'exercices et la nourriture abondante mais sans excès.
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Ven 30 Nov 2012 - 20:20

Au mois de juillet 2004, le médecin jugea nécessaire de m'hospitaliser car il désirait que je prenne de la Nardelzine, qui est le dernier médicament commercialisé de la gamme d'IMAO, anciens médicaments très efficaces, bien plus que les IRS du genre Prozac mais qui peut présenter des effets secondaires très importants et variés. La notice des effets secondaires de la Nardelzine fait trois pages !
http://www.cbip.be/GGR/MPG/MPG_JCC.cfm
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Ven 30 Nov 2012 - 21:29

Grâce à la Nardelzine (Molécule Phénelzine), je fus spectaculairement sur pied en quelques jours, et je quittai l'hôpital après onze jours. A noter que cette hospitalisation n'est pas vraiment nécessaire, il faut d'abord se sevrer des antidépresseurs ordinaires (IRS) puis monter progressivement la dose. Dans mon cas, la dose minimale possible, soit 15 mg suffit amplement.
C'est ce médicament qui induisit bien plus tard la crise maniaque comme je vais l'expliquer, je ne suis donc pas un vrai maniaco-dépressif, car lorsque le virage de l'humeur est médicamenteux, certains spécialistes refusent de classer ces cas dans la vraie maniaco-dépression.
Lorsque ma crise maniaque fut terminée, très simplement avec l'absence totale d'antidépresseurs, du lithium régularisateur (très utilisé mais pas d'effet sur moi) et un chouïa de calmants. Après quelques jours de ce régime, je me suis mangé une terrible crise d'angoisse qui ne s'est jamais vraiment allée malgré les anxiolytiques à doses maxis et les antidépresseurs successifs qui ne m'ont en rien aidé, j'ai essayé absolument toute la nomenclature, c'est même moi qui choisissait molécules et doses et longueur de cure. Rien à faire. Même deux cures d'électrochocs de 17 séances n'y firent rien et aussi une stimulation magnétique transcranienne inefficace aussi.
Le médecin commença par me prescrire à nouveau de la Nardelzine, à 15 puis 30 mg mais sans résultat.
La cure d'électrochoc n'a rien à voir avec la mauvaise réputation qu'elle traine, cette rumeur est alimentée par le fait qu'au départ, elle fut utilisée de façon fortuite et en dérivant la réflexion sur l'épilepsie, on constata que les épileptiques étaient vaccinés contre la dépression et on imagina de provoquer des petites crises d'épilepsie avec un succès spectaculaire, c'était alors le seul traitement possible de la dépression. Le courant appliqué sur les tempes est très faible, de l'ordre de quelques millivolts et pour un temps très court, trois secondes je pense. Seulement, il était administré sans anesthésie ce qui fait que les contractions provoquaient des fractures.
Depuis longtemps, on administre un sédatif rapide quelques minutes avant une courte anesthésie totale, personnellement je trouvais ça plutôt agréable. Il arrive que le patient perde la mémoire de ce qui s'est passé à ces moments, qu'il ne se souvienne même pas qu'on l'a traité. Il arrive aussi que la mémoire est défaillante pendant une période d'un an, une connaissance m'a dit que pendant des mois, elle était incapable de se souvenir des noms de ses connaissances sans rappel mais que cet état avait disparu après un an.
J'ai aussi essayé la SMT, stimulation magnétique transcrânienne, un traitement encore expérimental et confidentiel. J'ai donc passé 15 jours pour me voir appliquer ce traitement, une semaine en placebo et une autre en vrai. C'était irritant car j'ai bien senti que le vrai traitement était appliqué la première semaine, je savais donc que je perdais intégralement mon temps mais les médecins se montrèrent inflexibles, comme c'est en double aveugle, ils ne sont pas censés savoir quel est le traitement appliqué. Comme j'avais signé un contrat et que les frais étaient limités à une semaine, j'acceptais donc de plus ou moins bonne grâce de continuer le traitement. L'ambiance était assez pénible car le service psy était très éloigné, à un sixième étage avec ouverture contrôlée, il n'y avait guère d'occupation possible, la moitié des gens étaient flamands, langue que je ne maitrise pas bien mais j'ai noué des connaissances fort sympathiques et instructives, notamment une dame qui suivait une cure de sismo et qui s'en trouvait fort bien, c'était son deuxième essai, le précédent ayant raté. Dix ans auparavant, elle avait été guérie spectaculairement avec la sismo, elle avait rechuté gravement comme souvent. Tout allait donc bien pour elle et j'étais content de connaitre quelqu'un pour qui celà avait bien marché à deux reprise. Il y avait aussi une jeune fille très jolie, qui était folle de moi, mais elle était vraiment trop à la masse que pour envisager une liaison, la pauvre. Dommage et tant pis.
Ce qui est curieux, c'est que finalement j'ai été tiré d'affaire avec la Nardelzine en mai 2012 avec une dose de 45 mg. Je suis donc perplexe et je me dit que l'autre psy en qui pourtant j'avais une grande confiance, n'avait pas essayé cette dose, d'autant que l'on peut monter à 90 mg. Il s'est donc découragé trop tôt ou bien craignait une nouvelle crise de manie mais à bien réfléchir il a incontestablement commis une grosse erreur qui m'a couté sept ans de vie. Tant pis.
Ce qui est étonnant, c'est que je n'ai strictement aucun effet secondaire, rien, nada. Je mange absolument ce que je veux (exclusion théorique du fromage à pâte molle notamment). Alcool prohibé mais je n'en ai cure, j'ai meme bu quelques fois de façon exagérée sans effet. Le problème étrange est que je ne ressens aucun symptôme de l'alcool. Ainsi par exemple, à Montbron, le dimanche, j'ai consommé pas moins de... 17 alcools forts, un mélange terrible, le patron était stupéfait lorsque j'ai purgé mon compte. De plus, je me suis envoyé encore une demi bouteille de pinard, et bien rien, pas d'ivresse du tout, j'ai excellement dormi et aucune trace de gueule de bois. Le médecin me dit que ça ne l'étonne pas, je suppose qu'il a déjà rencontré le cas. Bon, c'est un peu ennuyeux, parfois j'aime bien flotter légèrement mdr
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Ven 30 Nov 2012 - 21:36

Au sortir de l'hopital une grande infirmière très élégante intelligente et gentille me dit "J'ai tout de meme l'impression que tu es un peu trop High".
Je le reconnais, j'étais effectivement légèrement excité, mais je me considérais comme étant tout simplement aware comme dit mon compatriote JCVM mdr. En plus, il y avait si longtemps, depuis 1994 que je souffrais d'être down que je pensais avoir récupéré ma légendaire énergie. Maintenant, il me parait évident que j'étais effectivement un peu trop high, mais sans que cela soit inquiétant et surtout pas dangereux
Je me suis créé une grille personnelle d'évaluation allant de -10 à + 10, l'état normal étant de -5 (très maussade et mal dans sa peau) à +5, exceptionnellement en forme et joyeux. Une personne normale, selon ce critère évolue de +3 à -3 au fil des jours et même au cours d'une même journée. En dessous de -5, on passe de la grosse déprime et la dépression caractérisée, le score de -10 étant extrême et rare. Je puis dire que j'ai évolué de -7 à -8 pendant de très nombreuses années.
Je dirais donc que mon état à évolué de +5,5 à +9, le score de 10 n'étant pas atteint à mon avis car j'ai gardé malgré tout une conscience de la disproportion de mes actions et sensations.
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Ven 30 Nov 2012 - 21:41

De fin juillet à décembre je vécu donc une période très heureuse, sur un petit nuage. Je m'étais autodiscipliné à l'extrême de façon quasi militaire, en mangeant par exemple exactement toutes les 4 heures et un horaire inflexible. Je déjeunais donc à 8 heures tapantes, puis mangeait encore à 12, à 16 à 20 et à minuit puis je me couchais et je dormais huit heures comme un bienheureux.
En plus, je renouais avec un tas d'activités de toutes sortes, j'étais curieux de toutes choses et notamment à l'art sur toutes les formes, couleurs, sons et bien sur musique tout le temps. J'achetai d'ailleurs un casque wifi qui ne me quittait que rarement. Très chouette de faire la vaisselle ou la cuisine avec un très bon casque , croyez moi.
Juste que je sentais un stress constant, tout le temps tiré vers l'action, j'avais beau noter mes projets et les réaliser très vite, je les notais, les barrais mais en trouvait immédiatement des tas d'autres. Les calmants furent sans effet
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Ven 30 Nov 2012 - 21:42

Donc, jusqu'ici, si c'était un peu bizarre, je voyais les choses comme un échappement d'activité trop longtemps comprimées et rien d'autre. Je me faisais contrôler et rien à dire.
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 0:46

A partir de décembre, ça devient décousu. Il parait que mon fistounet (19 ans) qui habitait avec moi s'est inquiété auprès de sa mère et de sa soeur jumelle en disant que "papa devenait fou"
Je me lançais alors dans une activité physique frénétique : exercices de stretching, simulation de combat, musculation, course à pied. Je me suis mangé nombre de contrôles de flics car je courais sur les berges de la Meuse, très agréables et aménagée pour mais en T-shirt et short par -10°, et comme je m'allégeais au maximum, pas de pièces d'identité, mais finalement ils me connaissaient, me prenaient pour un tapé et ça se passait fort bien d'autant que je gardais calme et dignité que Ro connait dans des circonstances autrement critiques lol
Je me rappelle que je buvais un peu et je fumais de pétards et qu'à un moment, des soirs d'affiliée, je me croyais vraiment au paradis et j'ai saisi le sens de "paradis artificiel", ça existe et c'est vraiment extraordinaire, je vous assure, incroyable
Sens aigu, ouie, vue, sensations sur la peau, rien ne m'était indifférent. J'écoutais de la musique à jet continu et j'avais une sensualité exacerbée au point qu'il m'arrivait souvent d'avoir des orgasmes en quelques secondes sans me solliciter manuellement, tout à l'imagination. Vraiment extra
Je devenais maniaque au sens commun, je prenais sans cesse des douches, je nettoyais mon appartement à la brosse à dents, une amie était époustouflée devant mon appartement impeccable en déclarant qu'elle n'avait jamais vu ça
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 0:57

Les choses se sont gâtées en janvier. Tous sens exarcerbés, j'avais imaginé errer en me pilotant sur les lumières telles que les chemins de fer les utilisent : bleues et jaunes. Ces lumières sont très discrètes, presque invisible, mais je m'y guidais en m'imaginant qu'elles étaient infaillibles, bleues toujours à ma gauche, jaunes à droite.
De plus, je me baladais quasiment sans ressources, avec ma seule carte de sécurité sociale. J'ai réussi un voyage de 600 kms, plusieurs jours de suite, sans rien payer, j'y allais au culot dans les bus et les trains, énigmatique et fuyant.
Je me suis retrouvé dans le célèbre tram de la côte belge, je souffrais alors très fort d'hyperoxygénation à cause de mes exercices physiques démentiels, et donc j'étouffais avec une sensation de brûlure froide dans les poumons. Dans le tram, juste derrière moi, une dame un peu plus âgée engage la conversation, c'était une flamande s'exprimant très bien en français ce qui est assez courant, et elle finit par dire que comme moi elle s'était enfuie (moi de chez moi ou je vivais pourtant seul, mais j'avais coupé les ponts avec tout le monde) de l'hopital ou son mari et les médecins voulaient la maintenir, selon elle bien sur sans raison. Elle me conseilla de me protéger en respirant le moins possible en m'étouffant d'un foulard et en me réfugiant dans les bois et non dans les lieux ouverts que je préférais. C'était un bon conseil.
De temps en temps, je m'arrêtais à un station de tram, j'allais manger un bout dans un troquet, une soupe, une entrée, et puis je repartais aussitôt, content d'avoir excellement mangé
En février, je ne pesais 65 kgs pour 1,71 mètres, ce qui très bon, sauf que j'avais tant maigri que mon entourage s'inquiétais. Une de mes soeurs, bien bonne, surgissait périodiquement pour me forcer à manger des gaufres au fruit. Par après, elle me dit que j'étais si amaigri et si speed qu'elle croyait que je prenais massivement de la cocaïne, ce qui est totalement faux, jamais je n'ai touché à ça et je n'ai nulle envie d'essayer, encore que... Mais c'est vraiment trop cher, 50 € le gramme, faut pas pousser. Ce n'est pas dangereux, mais bon c'est pas mon truc, un peu de mariejeanne, justement, pour me calmer un peu. D'autant que la Hollande est ses coffee-shops, c'est à 10 minutes de voiture, on n'y parle wallon comme sur la grand-place mdr

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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 3:03

A un moment, la je péte un plomb et j'imagine une martingale simplissime pour me faire richissime, inimaginablement, des milliards de milliards de milliards de dollars en automatique complet. Il s'agissait d'une méthode de nettoyage simplissime avec les doigts de la main et une couche de savon. Faites l'expérience, c'est effectivement extrêmement effficace, les doigts se durcissent un peu et puis zou, on nettoye absolument tout en un temps record et impeccablement.
Tiens, je viens de refaire l'expérience, ça marche, il faut surmonter son dégout et la peur de se faire un peu mal. Bien entendu, pas la moindre possibilité de se faire la moindre thune avec ça...
J'étais si obsédé par cette découverte que je n'osais en parler à quiconque de peur qu'on me vole le procédé car dans ma pauvre caboche surchauffée, il n'y avait qu'un seul gagnant, l'inventeur, c'est à dire moi, et je devais me presser pour déposer des brevets que je sais couteux dans le monde entier.
Cependant, une dernière vérification s'imposait auprès de mon père, ingénieur à l'esprit pratique, intelligent et ingénieux. Mais je me compliquais la vie et devint parano, la crainte d'être assassiné ou d'avoir un accident avant de voir mon père, distant de 20 kms et d'à peine 20 minutes.
J'appelai donc mon autre soeur, une femme pratique, solide et de bon sens qui n'avait pas froid aux yeux et pas peur de moi, qui peut me montrer assez effrayant dans mes mauvais jours.
Intriguée par le SOS étrange, elle se précipita et vint me rejoindre. Cependant, j'errais nerveusement au pied de mon énorme immeuble (450 appartements) et à son arrivée, je voulus lui faire une démonstration spectaculaire, je me jettai sur son capot et me roulais en tous sens... pour nettoyer sa voiture... Lol
Sa voiture ? Impeccable évidemment en quelques secondes, mais ma Mimi, résolue, eut le bon réflexe. Premièrement, elle compris de suite ce qui m'arrivait (elle a fait des études complètes de psychologie mais n'a pas le diplome officiel faute d'avoir réussi son mémoire) et elle rentra illico dans la pharmacie toute proche. Bingo, on me connaissait évidemment, et on téléphona aux secours et à mon médecin psy, qui recommanda l'hospitalisation.
Deux infirmiers balèzes et mon beauf, un costaud me prirent en chasse. S'ensuit une mêlée dont je sortis facilement vainqueur car j'étais superentrainé, très souple très vif, je me coulais dans leurs prises comme un serpent, évitais les coups et je leur distribuais des coups de pieds pour les tenir à distance, puis je m'enfuis à toute vitesse, il parait que je filais comme l'éclair, en zigzaguant comme un vrai guérillero et je me planquais des heures de buissons en buissons. Quelle épopée comique au fond ; mdr
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 3:41

La dessus, j'ai erré encore quelques jours, je ne me rappelle plus, c'est évidemment assez confu. Je me rappelle que chaque fois que j'approchais une connaissance, ça se passait assez mal car je sentais une distance, les gens étaient sans nul doute interpellés par mes propos sensés mais à la mitraillette et très long, une logorrhée irrépressible. Je me rappelle avoir longuement parlé à une ex belle-soeur que j'aimais beaucoup et réciproquement. Elle me conseilla de faire une tentative pour renouer avec sa soeur, celle que je considère encore comme "la femme de ma vie", mais je me fis jeter sans ménagement, hihi...
Un jour après-midi, je me trouvais près de chez mon autre soeur, celle qui me nourissait de gaufres au fruit. Je prenais un café au coin du bar, debout en vitesse comme j'en avais pris l'habitude. L'idée me vint de lui téléphoner et de lui demander une visite. Elle me demanda ou j'étais, accepta ma visite mais me demanda de la différer de 30 minutes la traitresse... Elle téléphona aux flics et à ma sortie du bistro, je me fis embarquer pour la permanence. Les flics furent fort aimables et le vieux flic conducteur rentra meme dans mon semi délire et me dit "Tudieu vous êtes fort, vous" et je crois qu'il était sincère. Il me semblait que je sentais même les forces telluriques, des magnétismes presqu'insensibles et j'indiquais le tracé du tram en projet pour profiter au mieux de ces forces de façon à évoluer avec la moindre énergie. Tout ça n'est bien entendu que foutaises guignolesques et d'habitude je n'accorde aucun crédit à ce genre de supputations.
A la permanence, on me boucla dans une vaste cage, tout seul et je fis un nouveau numéro, me glissant partout dans cette cage et repérant le moindre trou. C'est ainsi que je remarquai des usures infimes sur le béton et je pris une position remarquable en ayant repéré une posture habituelle d'occupant que les années avaient légèrement creusé. En tatonnant précautionneusement je suis presque arrivé à ouvrir la grille. Finalement, je dansais, rampait, chantait et ca amusait beaucoup les flics de permanence, ils étaient bien une douzaine à m'observer et me parler. Je remarquais tout à coup, tous sens exarcerbé, un angle de photo remarquable, avec une fliquette assise et l'insigne de la police éclairé de façon spéciale.
La chefferie ayant pris contact avec qui il fallait je me vis proposer l'hospitalisation auprès de mon médecin psy traitant dans le service que je connaissais bien et j'acceptais de bonne grâce. Une ambulance m'embarqua et la mon délire devint paroxystique, je me croyais plus fort qu'Einstein, Churchill, Lénine, Che Guevara, Castro et même.. Staline. Je murmurais et me demandais pourquoi moi, mais pourquoi moi. Je vis le gentil et sympathique infirmier comme un clone de mon beau-fils bref, j'entrais dans la confusion.
C'est ainsi le début de la fin, avec mon hospitalisation que j'ai racontée
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Romane
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 3:51

Je m'infiltre pour quelques lignes au milieu de ton récit plus que passionnant (terrible témoignage, peu l'osent et c'est dommage, car somme toutes cette maladie est un mystère pour la plupart des gens).

Pendant que tu étais hospitalisé pour les électro-chocs : je t'ai téléphoné. Mon constat : tu avais bien toute ta tête, tes propos n 'ont pas été décousus. Juste une lenteur dans la diction, et un petit temps entre questions et réponses, un peu comme dans les conversations téléphoniques via satellite.

Ta venue chez moi en juin, puis à Montbron en juillet : En juin, visiblement tu ne tenais que difficilement en place. Tu as été le seul spectateur à te déplacer dans le théâtre pendant les représentations, par exemple. Egalement, tu t'es souvent absenté du groupe. J'ai senti cette nécessité de bouger quasi incessante.
A Montbron, la nécessité de retrouver des moments hors groupe aussi, irrépressibles.
Cependant, entre juin et la fin du stage, des progrès notoires, que tout le monde a remarqué. Ton attention s'est affinée, ta régularité au sein du groupe aussi.
Des difficultés cependant à tenir les contraintes imposées par les répétitions de la petite scène de théâtre. Il faisait très chaud, ce qui n'arrangeait rien. Mais je crois que le plus difficile a été pour toi de suivre les contraintes physiques : il fallait continuer à jouer ton personnage pendant que d'autres disaient leurs répliques, c'était très dur pour toi. Cependant, tu l'as parfaitement assuré le jour du spectacle. L'adrénaline spectateurs y est pour quelque chose, je pense.

Mon sentiment personnel est qu'il est impossible de demander à quelqu'un qui a été longtemps bridé et face à l'isolement, de tout d'un coup trouver son équilibre en harmonisant les temps d'action et les temps de repos. Et que le défi du stage a été bien mené par rapport à la longue inaction d'avant. Et donc, que d'ici quelque temps (combien j'en sais rien) la régularité reviendra. En attendant, je constate que tu as un besoin impossible à réprimer de te gaver de sensations, expériences, nouveautés, tout ce qui ressemble à de la curiosité en somme.

Je dirais simplement : tu vis.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 4:08

Autre chose d'impressionnant, dont tu n'as pas parlé ici, mais qui m'a vachement frappée : les cauchemars morbides que tu as longtemps fait, au point d'avoir peur de dormir, tu te souviens ? Alors ça, j'ai toujours pensé que c'était le pire du pire.

Maintenant au sujet de ton récit. Très impressionnant, notamment ces trucs qui te traversent le cerveau, complètement hallucinants. Je ne vais pas tous les re-citer, mais la description de ton spectacle en cellule est exceptionnel, par exemple. En fait, ça pourrait faire hurler de rire, si ce n'était pas la conséquence dramatique d'une maladie lourde et pénible. Et puis autre chose ; tout aussi impressionnant : quand tu as un truc en tête, comme le sport dont tu parles plus haut, tu n'y vas pas de main morte ! Et curieusement, j'ai quand même parfois l'impression que tu ne vas pas au bout de tout ce que tu entreprends. Je crois que la constance revient peu à peu, et ne peut être acquise du jour au lendemain.

Y'a quand même une constante jamais démentie : nous nous sommes toujours donné des nouvelles. Wink
Parfois juste une minute, parfois trente, parfois davantage, mais en tout cas toujours.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 4:37

tout d'abord merci de t'infiltrer, je savais que tu le ferais, je livre ceci afin que ça serve, je n'éprouve pas le besoin d'en parler pour moi meme.
Suis en gros d'accord avec tes constats.
Il est exact que j'ai eu du mal à renouer avec des groupes vivants, il faut dire que nous avions affaire à des gens à personnalité forte, bien dans leur tête et décidés, rodés à la vie de groupe et qui se connaissaient déjà fort bien pour certains. Moi rien, sauf toi. Ensuite, le théâtre j'abordais avec une certaine tension, jamais fait, jamais approché et assez peu d'intérêt au cours de ma déjà longue vie. Ensuite, tensions immédiates avec une personne qui me pistait.
Enfin, j'ai été toute ma vie un franc tireur, j'aime les groupes, la fête, le travail en commun, vécu en communauté très importante pendant 8 ans, des couples et beaucoup d'enfants, du travail en équipe et pas mal de militantisme dans des groupes très structuré et très discipliné. Mais j'éprouve toujours une angoisse indéfinissable, et il me faut souvj'm, il m 'arrive d'être un peu grossier malgré moi comme invité ou convive, et je m'esquives souvent discrètement.
Ceci posé, je pense ne montrer pour l'instant aucun symptome d'excitation quelconque, une amie m'a checké tous les jours avec inquiétude pendant des semaines, elle a connu mon pétage de plomb : résultat négatif
Il est normal que je m'essaye à plusieurs choses et que j'abandonne, je n'ai abandonné que le kravmaga après une seule séance, c'est un peu trop dans un agenda fourni et un seul but que je ne suis pas sérieusement mon agrégation pour l'enseignement à la fac, ça m'emmerde je dois le dire, retourner sur les bancs pff mais je m'arrangerai pour le passer sans assister au cours, je connais la méthode, j'ai décroché mes licences sans jamais mettre les pieds dans un amphi et sans connaitre les profs
Donc, tout est ok et c'est vrai que j'adoucis les angles dans mes fréquentations, comme tu l'as constaté au stage
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 4:43

Les cauchemards étaient un effet inattendu de certains antidep, je ne sais plus lesquels, et j'ai du arrêter tant c'était effrayant.
Un autre, le Remergon procure au contraire des rêves très agréables, surréalistes, comiques souvent, c'est un effet bien connu et fréquent de cet excellent médicament.
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 4:50

Vais bientôt arriver à la fin de mes anecdotes au fond assez amusantes, mais je voudrais déjà faire un point résumé important.
Je dois dire que j'ai eu beaucoup de peine pendant des années à en parler ou même à remuer cette période, envahi par une grande honte. C'est comme ça, c'est connu, en peu comme si au cours d'une soirée vous avez été ivre mort, vomi, pissé, insulter des gens, montrer vos fesses et votre sexe, peloter ou se faire tripoter, bref le scandale, la totale, le suicide mondain lol
Ce n'est que récemment que j'aborde tout ceci très sereinement. Il m'arrive encore d'avoir des flashes un peu bizarres, une sensation ou une impression ou encore une idée fugitive qui me rappelle un état de cette époque. Mais je pense que chacun à ce genre de bizarreries de temps à autre, sauf que moi ca remonte assez souvent, disons tous les deux jours et que ça me fige instantanément et que je raccorde ça à tous ces délires, mais je reste serein et le prend pour ce que c'est, un pet de l'âme je pense
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 4:57

Trois dangers dans la manie. Le premier, le plus grave et le plus fréquent et malheureusement le plus destructeur pour toute une vie c'est de folles dépenses totalement disproportionnées. On m'a raconté le cas d'un postier qui s'était acheté une porshe, je me demande comment, en se promettant de rembourser en travaillant des heures sups et en noir. Un autre que l'on m'a présenté s'est complètement ruiné alors qu'il était au départ un nanti. Terminus pour lui il vit comme un rat
Comme je l'ai signalé ma crise était accidentelle et je ne crois pas que ça recommencera n'étant pas un vrai de vrai maniaco dep. Mais je connais des cas de gens qui sont presque tout le temps maniaques, ils doivent prendre du lithium mais il est trop tard pour eux, ils sont ruinés, très handicapés et ne peuvent travailler.
Vécu aussi des criseurs qui devenaient très aggressifs, très véhéments, ou bien à l'hopital un brave gars qui se prenait pour un guerrier et faisait sans cesse des mouvements de sport de combat
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 5:00

J'adhère d'autant plus à ta remarque pour cet été, que j'ai moi aussi été déstabilisée par ce qu'on sait, et que pour le coup il m'a été impossible de gérer correctement, ce qui à mon sens a forcément rejailli sur l'ensemble.

Mais je peux dire que tu piges vite, et que le bonheur avec toi c'est qu'on peut dire les choses sans prendre des gants rose fluo. Ce qui raccroche à un autre point de détail important que tu n'as pas dit : pendant que tu étais plongé en plein, tu es resté lucide sur la maladie, ses étapes, les échecs successifs des traitements, curiosité en éveil vers toute solution à envisager qui n'aurait pas été explorée, description des symptômes, etc.

Je comprends tout à fait ce sentiment de honte, bien qu'il soit évidemment ridicule de te sentir coupable ou responsable de quelque chose que tu n'as pas provoqué, ni voulu, qui est une maladie. La même honte tenaille les personnes qui ont été victimes de violences, notamment les femmes violées. Impossible d'en parler pendant "un certain temps", voire "à jamais". Le fait de parvenir à poser les mots hors du cercle des intimes est un énorme pas en avant, un soulagement sans nom.

Je suis vraiment heureuse, vraiment, de cela.

Les réminiscences sont signe que ta mémoire fonctionne bien. Elles mettront du temps à s'estomper, c'est normal. Enfin, moi je le vois comme ça. Bien des traumatisme moins importants laissent des empreintes assez longtemps.

Je vais dormir heureuse, ce soir. T'as encore fait un bond en avant !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 6:27

Ensuite, conduites à risques : un exemple, j'ai voulu sauter dans une cour en contre-bas, 4 mètres. Pas fait.
Un malade m'a raconté qu'il se couchait sur la route dans un virage et passait sous les camions. Vieux truc de gamin, spectaculaire mais pas si dangereux finalement
Un autre, atteint de manie constate me disait qu'il avait tenté d'arrêter...un train. Après coup cependant je compris que cet arrêt aurait été provoqué par la volonté, par magnétisme. J'ai vécu un sentiment semblable en pensant que j'étais capable d'hypnotiser à distance et j'ai donc manipulé du moins je le croyais une très vieille black un peu à la ramasse qui erre dans mon quartier. Immédiatement après tentative avec un oiseau puis un chien. Coup du hasard, ça à marché mais j 'ai compris tout de suite que ce n'était que pure coincidence.
Comportement sexuel à risque, je ne connais pas, je suppose qu'il s'agit de rapports non protégé avec des personnes douteuses qu'on ne fréquente pas en temps normal. Il se peut aussi qu'un désir sexuel très fort, avec un plancher d'orgasme abaissé conduise à nouer des relations inconsidérées et que cela met en danger une relation déjà existante ou son propre équilibre affectif, soit les deux, soit les trois.
Le reste, je ne vois pas, mais les médecins s'accordent à dire que cet état nécessite une hospitalisation urgente et même une mise en observation légale comme je l'ai décrite plus haut, je présume que les législations nationales prévoient des mesures semblables
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 6:45

Que faire ? Pour la personne menacée se faire briefer les plus souvent possible, raisonnablement tous les jours par une personne de confiance qui peut tenir la distance. L'idéal est de trois personnes qui se relaient plus le médecin une fois par semaine ou quinzaine. Une fois par mois trop peu, la manie peut surgir brutalement. Un psy avait eu le cas d'un patient qui était parti dans les tours lors d'une course automobile il a vu son ami se tuer devant lui. La crise peut surgir lors d'un évènement très heureux le cas connu est Ted Turner qui sombra dans la dépression au moment ou il reprenait CNN une affaire en or et Jane Fonda, sa femme ne put rien y faire.
Convaincre la personne d'arrêter les antidépresseurs, ce n'est pas difficile, mais la convaincre aussi de prendre du lithium et des calmants genre temesta. Si le médecin le juge nécessaire la convaincre des bénéfices d'un séjour à l'hopital sans qu'on l'y force
L'écouter patiemment, le recadrer gentiment et fermement. Eviter les excitants le café l'alcool le thé la cocaine et si possible le tabac. Marihuana et hashisch, c'est calmant mais ça stimule l'imagination donc pas bon, à mesurer selon habitudes
Je n'ai pas trouvé de truc imparable pour mettre ses économies en sureté. J'ai discuté franchement avec mon banquier, il m'a dit que si je lui demandais mon argent, y compris la totalité, aucun moyen légal de m'en empêcher. Demander une double signature, c'est faisable, sauf que dans cet état on peut se mettre en colère et devenir menaçant, ce n'est pas agréable. Confier la signature au médecin n'est pas non plus une solution, il subira d'intolérables pressions du patient ou meme de l'entourage scandalisé à tort, ce n'est pas son boulot et je suppose qu'il ne l'accepteront qu'en cas extreme.
Le seul moyen est de soumettre volontairement à une administration des biens légale, il faut passer par un juge de paix qui va désigner un administrateur, le plus souvent un avocat qui fera tous les payements nécessaire et laissera un pécule minimal pour les frais journaliers, tout le reste est payé par lui. Il parait que c'est assez facile, mais difficile de s'en défaire, il faudrait que je vérifié, c'est un médecin qui me l'a dit mais je n'ai jamais recoupé, c'est un tort.
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 10:06

Merci pour ton partage Riz.. chinois

Tu dis que tu n'as été atteint que par une crise, contrairement à d'autres, sais-tu pour quelle raison et ce qui a pu la déclencher ?
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Maniaco-dépression   Sam 1 Déc 2012 - 13:33

Oui effectivement, une seule fois. Cette crise est due au médicament que je prenais, la Nardelzine (Phénelzine, c'est la molécule), pourtant à faible dose, la dose plancher. Cette crise est survenue très lentement, très progessivement puis s'est installée et emballée. Donc, j'étais légèrement euphorique de juillet à décembre, puis déclenchement insidieux, ça monte pendant 5 semaines, puis début de la perte de contrôle et ensuite déconnage plein pot pendant 5 semaines, et enfin une seule semaine pour inverser complètement la maladie et très profond abattement avec angoisses, je suis principalement atteint de dépression anxieuse. Le seul avantage est que je flippe tant et constamment que je me bats pour me soigner. Je connais plusieurs personnes qui sont simplement indolentes mais ça ne cadre pas avec leur vie antérieure, souvent très active. Généralement il y a un évènement déclencheur pour les deux types de crise mais ce n'est pas obligatoirement vrai. Donc, deux tendances, certains m'étiquettent maniaco-dépressif car ils disent qu'une seule crise suffit, d'autres disent qu'une crise sous médicaments ne compte pas. Mais même ceux-là, devant la constance de mes symptômes dépressifs ont fini par me cataloguer unipolaire. En langage moderne, on parle plutôt de troubles de l'humeur, ce qui fait l'économie d'une classification parfois hasardeuse, il y a des cas limites et multiformes. Je sais que c'est rare, mais certaines personnes présentent les deux troubles à la fois avec de l'exaltation puis de la dépression, passant sans cesse de l'un à l'autre, ces cas se présentant souvent chez les personnes plus âgées. J'espère ainsi avoir répondu le plus complètement possible à ta question.
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