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 Lettres aux écoles : Krishnamurti

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thierry

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MessageSujet: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Jeu 13 Déc 2012 - 10:48

Allez, j'en remets une couche ^^
Étant donné que cet auteur reste celui qui m'a le plus apporté, je ne pouvais manquer le livre qu'il a écrit sur l'enseignement. J'en ai retiré quelques passages et je les ai commentés.

LETTRES AUX ECOLES



lettres-aux-ecoles-vol-1-2-w-79fb3.jpg



"Quand l'enseignant et l'enseigné ont à coeur de comprendre vraiment l'importance extraordinaire de la relation, ils établissent alors entre eux, dans l'école, une relation juste. Cela fait partie de l'éducation et a une autre dimension que le simple enseignement des matières scolaires...

La relation requiert beaucoup d'intelligence. On ne l'acquiert pas en achetant un livre et on ne peut pas l'enseigner. Elle n'est pas la somme d'une grande expérience. Le savoir n'est pas l'intelligence. L'intelligence peut se servir du savoir. Le savoir peut être astucieux, brillant et utilitaire mais ce n'est pas l'intelligence. L'intelligence apparaît naturellement et facilement quand on perçoit toute la nature et la structure de la relation. C'est pourquoi il importe d'avoir du loisir afin que le maître et l'élève puissent calmement et sérieusement parler de leur relation dans laquelle ils percevront leurs vraies réactions, leurs susceptibilités et les barrières qui les séparent, au lieu de les imaginer et de les déformer pour se faire plaisir mutuellement ou bien de les supprimer pour amadouer l'autre."

Krishnamurti

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L'immense problème au regard de cette relation vient du fait que les enfants rencontrent immanquablement dans leur parcours scolaire, cet enseignant qui n'agit que frontalement, qui nourrit et entretient les conflits par son attitude destructrice. Dès lors, la peur est ancrée. La peur de revivre ce cauchemar. Si un autre ensignant cherche pour sa part à établir une relation juste, cette peur va se muer en colère, un sentiment de revanche, au plus profond de l'inconscient, comme un traumatisme qui remonte à la surface, des émotions bridées, étouffées, qui soudainement jaillissent parce que l'enfant sent que les menaces n'existent plus, que le danger est inexistant. Au lieu de profiter de cette situation favorable, la peur emmagasinée, l'humiliation vécue, la colère ressassée, vont guider cette révolte jusque-là contenue. C'est comme un ressort comprimé qui reprend sa forme initiale mais en portant désormais les traces des coups reçus. La justesse du comportement est rendue impossible par la souffrance. Même si l'enseignant concerné n'en est pas responsable. Il faudrait à l'enfant une aide immense pour qu'il parvienne à établir en lui l'observation de sa dérive. Mais le courant a également une force immense... C'est pour l'enseignant un travail gigantesque. Il doit avant même de pouvoir oeuvrer à cette "intelligence" libérer l'esprit de ce qui l'encombre. Un travail bien plus long qu'il n'en a fallu pour que le traumatisme s'installe.

Imaginons maintenant qu'il ne s'agisse pas d'un seul enseignant humiliant mais de plusieurs...Et pendant plusieurs années...

Que deviendra cette intelligence ? Elle sera fossilisée dans la douleur. Quant au savoir, il sera limité par la place prise par cette douleur.

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"La bonté (Intelligence, Plénitude, Lucidité) ne peut s'épanouir dans un climat de peur. Il existe toutes sortes de peurs, la peur immédiate et la peur à venir. La peur n'est pas un concept mais l'explication de la peur est conceptuelle et ces explications varient d'un spécialiste à l'autre ou d'un intellectuel à l'autre mais l'explication n'est pas importante. Ce qui compte, c'est d'affronter le fait même de la peur.

L'enseignant, ne doit pas éveiller la peur chez l'élève. La peur, sous toutes ses formes, rend l'esprit infirme, entraîne la destruction de la sensibilité et un rétrécissement des sens. La peur est le lourd fardeau que l'homme a toujours porté. Elle a donné naissance à diverses formes de superstition, religieuse ou scientifique. On vit désormais dans un monde de faux-semblants et le monde conceptuel dans son essence est né de la peur.

Si dans la relation, il existe la moindre crainte, l'enseignant ne peut pas aider l'élève à se libérer de ses peurs. L'élève arrive avec tout un arrière-plan dans lequel existent la peur, l'autorité et toutes sortes de tensions."
Krishnamurti

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Il est aisé de comprendre qu'aucun enseignant ne peut accompagner un enfant s'il n'a lui-même instauré l'observation constante, approfondie, honnête, lucide de ses propres peurs.

Combien d'enseignants ont réellement accompli cette tâche ?

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"Affronter le réel, le présent et la peur est la plus haute tâche de l'enseignant ou de l'éducateur. Il lui appartient non pas de promouvor seulement un excellent niveau scolaire mais, ce qui est bien plus important, de donner à l'élève et à lui-même la liberté psychologique. Quand vous comprenez la nature de la liberté, vous éliminez alors toute compétition, que ce soit sur le terrain des jeux ou dans la salle de classe. Est-il possible d'éliminer complétement l'évaluation comparative sur le plan scolaire et sur le plan éthique ? Est-il posible d'aider l'élève à ne pas penser en termes de compétition dans le domaine scolaire, tout en excellant dans ses études, ses actes et sa vie quotidienne ? Veuillez garder présent à l'esprit que notre objet est l'épanouissement de la bonté et que cet épanouissement est impossible là où existe la moindre compétition. La compétition n'existe que lorsqu'il y a comparaison et la comparaison n'engendre pas l'excellence.

Nos écoles ont été crées non pas pour former de simples carriéristes mais pour promouvoir l'excellence de l'esprit. "
Krishnamurti
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Alors quand je vois, les gouvernements successifs s'engager de plus en plus fortement, et cela dès la maternelle, dans des systèmes d'évaluations, de critères normatifs, d'étiquetage, et bien, j'en suis parfois désespéré. C'est là qu'il convient de clarifier en soi l'acceptation de la collaboration ou le choix de la résistance. Rien ne viendra d'en haut.
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"Le savoir ne conduit pas à l'intelligence. Nous accumulons beaucoup de savoir sur bien des choses, mais il semble presque impossible d'agir intelligemment selon ce que nous avons appris. Les écoles, les collèges, les universités cultivent les connaissances sur l'univers, la science, l'économie, la techonologie, la psychologie mais ces établissements aident rarement un être humain à exceller dans la vie de tous les jours. Les savants soutiennent que les êtres humains ne peuvent évoluer que grâce à de vastes accumulations d'informations et de connaissances. L'homme a pourtant vécu des milliers et des milliers de guerres. Il a amassé beaucoup de connaissances sur les diverses façons de tuer et ce sont précisément ces connaissances qui l'empêchent de mettre fin à toutes ces guerres. Nous acceptons les guerres comme une façon de vivre et toutes les brutalités, la violence et le meurtre comme faisant partie du cours normal de notre vie. Nous savons que nous ne devons pas tuer notre prochain mais le fait de le savoir reste totalement étranger à l'acte de tuer. Le savoir n'empêche pas de tuer les animaux et de détruire la terre. Le savoir ne peut pas fonctionner au moyen de l'intelligence mais l'intelligence peut fonctionner en utilisant le savoir. Le savoir ne peut résoudre nos problèmes humains. C'est l'intelligence qui le peut. "
Krishnamurti
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Un regard sur l'Histoire montre à quel point tout cela est exact. Les progrès de la médecine sont des progrès mécaniques, les progrès de la qualité de vie sont des progrès mécaniques. Même s'ils représentent une avancée qu'il n'est pas question de renier, ils sont vides d'une substance pourtant indispensable. C'est cette intelligence. Ce regard existentiel sur le réel. Et non seulement sur la réalité.

L'école s'attache à transmettre les connaissances qui entretiennent la réalité mais à travers le voile des conditionnements. Il ne s'agit pas de tendre vers un individu lucide, capable d'une observation de tous les phénomènes inhérents à cette réalité mais uniquement de conduire l'individu à un statut de citoyen consommateur.

La crise actuelle fait d'ailleurs voler en éclat bien des illusions. A travers les générations, le rôle de l'école a été de porter les enfants à un statut social plus favorable que celui des parents. Les études sont destinées à fournir un diplôme et une qualité de vie supérieure à cette vie des ancêtres. L'objectif a pu être atteint depuis plusieurs générations parce que la croissance économique répondait aux ambitions. Des ambitions honorables. Mes parents ont eu une vie professionnelle bien plus difficile que la mienne. Je ne parle pas de celle de mes grands-parents. Je ne renie pas les structures qui m'ont permis de devenir instituteur.

Mais on voit bien aujourd'hui le désoeuvrement des adultes qui regardent s'effondrer leurs désirs de participer à cette vie sociale proportionnellement à leur engagement dans les études. Le cas de la jeunesse espagnole est dramatique. Ces gens qui se considèrent comme "inexistants", vides de tout, abandonnés. Loin de moi l'idée de les critiquer. Ils ne sont que des victimes d'un fonctionnement archaïque. Tout ce savoir qui se révèle inapplicable se transforme en gouffre, un néant qui les absorbe parce que toute leur existence s'est construite sur ce concept. Le savoir devait les projeter vers le haut mais c'était en fait une échelle mouvante et elle vacille, elle tremble, elle projette en bas les moins solides. Le système sauve toujours en priorité les individus les plus rentables. D'autres chercheront dans des voies parallèles et non "légales" à sauver leur mise. Et puis certains en s'écroulant emporteront avec eux des victimes choisies au hasard des rencontres. Les quatre adolescents qui ont abattu leur "camarade" et brûlé son corps. Désoeuvrement, le vide des existences, aucune valeur humaine, juste une errance nourrie par le désoeuvrement des adultes, par les images multiples d'un monde sordide. Ces drames ont toujours existé. Ils ne sont pas modernes. Ce qui l'est par contre, c'est leur mise à jour à une échelle gigantesque. Le même fonctionnement pervers que celui de "l'art" qui utilise la violence, la folie, toutes les dérives les plus épouvantables. La télévision n'est pas responsable, l'art n'est pas un multiplicateur. Tout ça n'est qu'un reflet. Le miroir n'est pas la réalité. Que des individus choisissent d'agrandir la dimension du miroir ne change pas cette réalité. Elle peut avoir un effet facilitateur sur des individus qui sont sur le fil du rasoir. C'est certain. Mais il est inutile d'analyser l'image reflétée. Cette futilité qui consiste à condamner les projecteurs d'images, c'est consternant.

Si l'éducation n'est pas au service de l'intelligence, si elle ne favorise pas le développement intérieur, si elle ne stimule pas les explorations émotionnelles, les observations lucides, si elle se soumet uniquement à l'accumulation des savoirs avec une unique intention sociale, alors elle fabrique les scissions, les ruptures, les désillusions, les échecs, les images brisées d'une réalité inaccessible.

Cette impression de voir pousser des plantes alors qu'elles ne sont plus ancrées dans la terre. C'est une élévation illusoire, une suspension au-dessus d'un vide existentiel. Certains parviendront, par tous les moyens, à se maintenir dans des altitudes favorables à l'assouvissement de leurs désirs. Beaucoup retomberont au sol.

Est-ce que l'école doit participer à cette réalité, est-ce que l'école a pour mission d'englober les individus dans l'illusoire ascension sociale ?

Il n'est pas question de brûler le système. Il s'agit de l'amener à s'observer. Mais le système en lui-même n'existe pas...Chaque individu construit le système. Il devient nécessaire de mettre un voile sur le miroir. De se détacher du reflet et d'apprendre à ne plus apprendre les reflets. C'est à la source intérieure qu'il faut remonter.
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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Jeu 13 Déc 2012 - 15:43

Merci Thierry.
Cet ouvrage de Krishnamurti n'est pas très connu du public (déjà que le grand public ne sait pas vraiment qui il était et est rebuté au premier abord par le nom qui fait très gourou hindou).
Les deux volumes ont été réunis dans la réédition publiée par la Krishnamurti Foundation elle-même, et c'est la version que j'ai.
Le chapitre 14 du second volume est à mon avis le plus important, et commence ainsi :

L'intelligence n'est pas le fruit de la discipline. Ce n'est pas un sous-produit de la pensée. La pensée est le résultat du savoir et de l'ignorance. Il n'y a pas de discipline sans amour.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Jeu 13 Déc 2012 - 16:51

Une citation indispensable et qui devrait être enseignée à tout enseignant...
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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Jeu 13 Déc 2012 - 16:53



"Nos esprits vivent dans la tradition. Le sens même de ce mot - transmettre - nie l'intelligence. Il est facile et confortable de suivre la tradition, qu'elle soit politique, religieuse ou de sa propre invention. On n'a pas besoin, dans ce cas, d'y penser, on ne la met pas en question ; accepter et obéir font partie de la tradition. Plus la culture est ancienne, plus l'esprit est attaché au passé, vit dans le passé. Lorsqu'une tradition disparaît, une autre vient s'imposer, inévitablement. Un esprit qui a derrière lui plusieurs siècles d'une certaine tradition, refuse de rompre avec elle et ne s'y résigne qu'en faveur d'une autre tradition également satisfaisante et sécurisante. La tradition sous toutes ses diverses formes, de la tradition religieuse à la tradition scolaire, nie forcément l'intelligence. Celle-ci est illimitée alors que le savoir, aussi vaste soit-il, est limité comme la tradition. Dans nos écoles, il nous faut observer le mécanisme de l'esprit générateur d'habitudes et dans cette observation, il y a activation de l'intelligence. "
Krishnamurti
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Je suis convaincu que si le monde enseignant parvenait à établir ce travail de l'observation, de la déconstruction des traditions et des ancrages, les conditionnements finiraient par s'effacer. Et c'est bien pour cela que les instances dirigeantes ne le veulent pas et s'opposent à toute forme de développement personnel. Ce ne sont pas les programmes scolaires de l'école élémentaire qui participent au développement des individus. C'est une aberration de le croire. Aucun enfant n'évolue en tant qu'humain en étudiant la numération ou la grammaire, ni l'informatique ou une langue étrangère, la science, l'histoire de France, l'histoire des Arts, ni tout le reste. Ces éléments pourraient effectivement favoriser ce développement personnel de l'individu s'ils étaient nourris d'une observation des phénomènes internes qu'ils génèrent. Mais dès lors qu'ils n'existent que pour eux-mêmes, ils ne sont qu'une accumulation de savoirs dénués de sens. L'objectif qui est présenté aux enfants est de répondre favorablement à la continuité des traditions ; "Tu auras un travail mon fils..." On pourrait prolonger la phrase par un "Et tu consommeras..."

Il est inconvenant de penser que les programmes scolaires sont chargés de former des individus éveillés, conscients, responsables, autonomes. Non, il s'agit bien évidemment de renforcer les identifications et l'absorption des fonctionnements archaïques. Dès lors que les enseignants adhèrent à ce formatage, ils ne tiennent pas le rôle de cette mission d'éveil inhérente au métier d'enseignant mais ils deviennent des "sergents recruteurs".

Je suis convaincu que ce travail sur l'intelligence et non uniquement sur le savoir, s'il était fait à l'école élémentaire, participerait au bien-être des individus au lieu de les conduire, soit à la rébellion, soit au découragement et dans le moins pire des cas à l'obtention d'un diplôme. Un diplôme attestant de la validté de l'embrigadement. Quelle réussite...

Il est aberrant également d'attendre la classe de Terminale du lycée pour enfin initier les individus à la philosophie. Comment justifier le fait que le parcours scolaire des enfants soient entachés d'une soumission craintive jusqu'à cette classe pour qu'enfin leur soient présentés des "penseurs" ? La raison en est très simple : le formatage est déjà validé et la philosophie ne sera donc plus une opportunité de développement mais uniquement la participation à un diplôme convoité. La philosophie en elle-même n'apparaît que comme une "épreuve" et elle est redoutable pour des esprits qui ont jusque-là été éduqués à ne pas penser à eux-mêmes mais uniquement à l'accumulation d'un savoir livresque. C'est justement cette absence de considération pour l'individu qui explique cette aversion quasi générale des élèves pour la philosophie. Jusque-là, il leur a été répété jusqu'à l'outrance et si nécessaire jusqu'au harcèlement : "Tais-toi et apprends" et là, pendant un an, il va leur être répété "Apprends mais ne pense pas à ce que les Penseurs enseignent. Contente-toi de le savoir. "

Il ne s'agit pas de le vivre. Juste de le savoir. D'ailleurs, la complexité des programmes interdit toute profondeur. Il faut juste absorber, absorber, encore et encore. Juste des éponges. C'est là que repose la Tradition. Ne pense pas, apprends, applique et transmet.

Si les enseignants considèrent qu'ils doivent oeuvrer à ce marasme spirituel, alors effectivement je n'exerce pas le métier d'enseignant.

Pour le prochain ministre de l'Education Nationale, mon programme de l'école élémentaire est simple.

Suppression de l'apprentissage de la langue étrangère, suppression de l'apprentissage de l'informatique, suppression de la moitié du programme de français (le subjonctif par exemple...), suppression de l'Histoire des Arts, suppression de la moitié du programme d'Histoire (culture humaniste, la vaste supercherie...).

Tout le temps libéré sera consacré aux débats philosophiques. Que ceux ou celles qui ne se sentent pas capables de le faire, entament déjà un débat philosophique envers eux-mêmes. Que ceux ou celles que ça n'intéresse pas laissent la place. Et que le recrutement pour la voie enseignante se fasse sur le cheminement existentiel des individus et non sur un master en architecture ou autre aberration du même genre...Le cursus scolaire n'a aucun intérêt si ça n'est qu'une adhésion aveugle à la Tradition.
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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Ven 14 Déc 2012 - 15:54



"Il faut comprendre toute la signification du mot responsabilité. Il vient du verbe répondre ; réagir non pas partiellement mais totalement. Le mot implique aussi de se référer au passé ; réagir à ce qui constitue notre arrière-plan, c'est à dire se référer à notre conditionnement. La responsabilité, telle qu'on la comprend généralement, est l'action de notre conditionnement humain. Naturellement, la culture, la société dans laquelle nous vivons, conditionne l'esprit, que cette culture soit celle du pays natal ou celle d'un pays étranger. Nous réagissons à partir de ce passé et cette réaction limite notre responsabilité. Si nous sommes nés en Inde, en Europe, en Amérique ou dans quelque autre pays, notre réaction dépendra de superstitions religieuses, -toutes les religions sont faites de superstition-, du nationalisme ou de théories scientifiques. Ces facteurs, qui sont toujours limités, conditionnent notre réaction. En conséquence, il y a toujours contradiction, conflit et l'on voit naître la confusion. Cela est inévitable et crée la division entre êtres humains.

Comme le mot l'implique, la responsabilité s'applique à la totalité et concerne non pas soi-même, sa famille, des concepts ou des croyances, mais l'humanité toute entière. "
Krishnamurti
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Je pense qu'aujourd'hui ( ce texte a été écrit en 1976), les conditionnements ne sont plus majoritairement religieux, ni nationalistes, ni même scientifiques mais médiatiques. Les médias et le système commercial.

Étant donné l'insignifiance de ces influences, non pas leur puissance mais les "valeurs" qu'elles transmettent, il est évident que la notion de responsabilité est inefficace. L'idée de responsabilité est associée à une intention. Se montrer responsable ne se fait pas avec un objectif universel mais avec une intention égotique, intéressée.

"Je suis responsable de ma voiture" ne signifie pas que je ne dois pas conduire n'importe comment en mettant les autres en danger, mais que je dois l'entretenir parce qu'elle est à moi !!

"Je suis responsable de mes enfants" ne signifie pas que je doive leur apprendre à être conscient de la vie mais juste à les amener à ne pas se comporter de façon à ce que des problèmes me retombent dessus.

Oui, je sais, l'humanité me désole...

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"Les écoles existent primordialement pour amener une profonde transformation chez les êtres humains. C'est de cela que l'éducateur est totalement responsable. A moins que le maître ne prenne conscience de ce facteur central, il ne fera qu'instruire l'élève pour le préparer à devenir un homme d'affaires, un ingénieur, un homme de loi ou un politicien. Il y a tant de ces gens qi paraissent incapables soit de se transformer eux-mêmes, soit de transformer la société dans laquelle ils vivent. Peut-être eu égard à la présente structure de la société, faut-il des hommes de loi et des hommes d'affaires, mais quand ces écoles furent créées, ce fut et cela reste, dans l'intentiond e transformer profondément l'home. Il faudrait que dans ces écoles, les enseignants comprennent cela réellement, non intellecteuellement, non comme une idée mais parce qu'ils en voient, avec tout leur être, la pleine implication. Notre objet est le développement totale de l'homme et pas seulement l'accumulation du savoir.

Les idées et les idéaux sont une chose, et le fait, l'évènement réel, en est une autre. Les deux ne peuvent jamais aller de pair. Les idéaux ont été surimposés aux faits et déforment l'évènement de manière à le rendre conforme à ce qui devrait être, à l'idéal issu de la société. L'utopie est une conclusion formulée à partir de ce qui se passe et elle sacrifie le réel, pour le rendre conforme à ce qui a été idéalisé. C'est le processus qui s'est poursuivi depuis des millénaires et tous les intellectuels se complaisent dans les idéations. Esquiver ce qui est, c'est le commencement de la corruption de l'esprit. Cette corruption imprègne toutes les religions, la politique et l'éducation, tous les rapports humains.

L'idée détourne l'attention du fait, de ce qui est et ainsi dirige cette attention vers le chimérique. Ce mouvement de pensées pour esquiver le fait conduit aux symboles, aux images, qui prennent alors une importance dévorante. Ce mouvement pour s'écarter du fait, c'est la corruption de l'esprit. Les êtres humains se laissent aller à ce mouvement dans la conversation, dans leurs rapports, dans presque tout ce qu'ils font. Le fait est instantanément traduit en une idée ou une conclusion qui dicte alors nos réactions. Quand quelque chose est vu, la pensée le transpose immédiatement en une image, laquelle devient la réalité.

Krishnamurti
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Le savoir est issu du passé et c'est déjà une corruption lorsque ce savoir est présenté comme un objectif final. Il l'est encore plus lorsque ce savoir est une projection vers le futur et l'obtention d'un statut inhérent à la vie en société. C'est dans cette alternance constante, ce balancement entre le passé et le futur que l'enfant sera déconstruit, éloigné de lui-même, assourdi, aveuglé, formaté. Il ne sera jamais avec lui mais uniquement relié avec le savoir ancien et ce qu'il doit faire de ce savoir pour son avenir. Passé et futur et néant entre les deux.

Le savoir nourrit les idéaux et les individus se repaissent de ces idéaux. Idéal matérialiste, religieux, professionnel, amoureux...Aucun saisissement réel des faits mais une lecture programmée construite sur un savoir ingéré. Le libre arbitre...Vaste supercherie. L'arbitre, dans ce cas, est chargé de réguler la liberté et de lui donner une voie communautaire. Tu seras libre dans l'embrigadement général. Le déterminisme est un fait. Et il est impossible de s'en extraire dès lors que le savoir contribue à son maintien. Le système de l'enseignement en France est justement un sytème. Alors qu'il ne devrait être qu'un contre système. Ce système a une intention. C'est la participation au savoir, son extension par les individus les plus performants, et l'abrutissement des moins actifs.

Combien d'adultes continuent à apprendre une fois qu'ils sont installés dans une voie professionnelle? Je ne parle pas d'aprentissages liés à ce métier mais un apprentissage existentiel.

Combien d'adultes pensent encore ? Non pas des pensées liées aux idées, aux idéaux et au savoir, des pensées externes qui se sont incrustées au fil du temps mais des pensées internes, des observations lucides et approfondies des mouvements de pensées dans le creuset de la réalité existentielle et non de la réalité matérielle ?

Combien d'enseignants savent réellement "penser" ?
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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Sam 15 Déc 2012 - 8:22

"Il semble que les êtres humains aient d'énormes quantités d'énergie. Ils sont allés sur la lune, ils ont escaladé les sommets les plus élevés de la Terre, déployé une énergie prodigieuse pour faire la guerre et pour produire des instruments de guerre, pour développer la technologie, pour accumuler le vaste savoir élaboré par l'homme, pour travailler chaque jour, pour construire des pyramides ou pour explorer l'atome. Quand on considère tout cela, on est frappé de voir la quantité d'énergie que l'homme a dépensée. Cette énergie a servi à explorer le monde extérieur mais l'homme en a dépensé très peu pour étudier toute la structure psychologique.

L'action et la non-action requièrent une grande énergie. La non-action nécessite pourtant beaucoup plus d'action que l'action prétendument positive. Agir positivement, c'est contrôler, supporter, fuir. La non-action est la totale attention de l'observation. Dans cette observation, ce qui est observé subit une transformation. Cette observation silencieuse exige non seulement de l'énergie physique mais aussi une profonde énergie psychologique. Nous sommes habitués à la première et ce conditionnement limite notre énergie"

Krishnamurti

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En début d'année, à chaque rentrée scolaire, mes élèves sont frappés par ces temps de paroles que je leur accorde, par ces multiples échanges dans lesquels nous explorons l'espace intérieur. Ils sortent de la classe avec cette impression de "n'avoir rien fait".

"On n'a rien écrit, t'as vu, on n'a même pas sorti la trousse."

Ce conditionnement qui voudrait que le travail soit associé à une action précise, matérielle, un remplissage de papier, un exercice qui sera corrigé, une note pour couronner le tout ou au moins une appréciation, un repère habituel au regard d'une matière scolaire, tout ce qui établit cette fonction de l'élève au détriment de la nature de l'enfant, ils en sont déjà remplis, salis, alourdis, en fin d'école primaire...Et ils ont pourtant encore tellement à vivre.

Cet arrachement forcené de leur être réel est une abomination. Ils ne sont déjà plus là. Ils ne sont que des copies conformes marquées par quelques plis personnels, des marges hachurées, des coins écornés, des brouillons raturés. Mais, eux, dans leur réalité intérieure, ne sont plus là.

Je leur ai parlé hier de cette image des lampadaires qu'ils peuvent aller allumer en avançant dans le savoir, comme si chaque tube enflammé par un savoir acquis permettait d'avancer dans l'ombre, vers le lampadaire suivant. Mais la question qui est venue s'ajouter à la métaphore les a ramenés à cette quête essentielle : "Qui avance ?"

Est-ce un élève ou est-ce un individu ? Comment établir la distinction et ne jamais perdre de vue l'être humain, comment ne pas se laisser recouvrir par la fonction, comment ne pas étouffer la nature intrinsèque ?

L'image du savoir prend une place si considérable dans leurs esprits que le porteur de ce savoir finit par en être dissous. "Qui allume le lampadaire ?"

Le savoir n'avance pas de lui-même. Il est vital de ramener l'enfant vers cette conscience de lui-même. Il est le porteur de la lumière.

Cette non-action que je leur propose, cette rupture avec le travail scolaire, ils finissent immanquablement par y plonger. Cette liberté qu'ils vivent comme une permission à parler en tous sens, ils en perçoivent peu à peu le sens profond...Les débats, insensiblement, se concentrent, deviennent plus denses, plus ciblés... La parole s'éclaire d'elle-même.

Il arrive un moment dans l'année où le thème lui-même s'efface devant l'observation interne. Le débat n'est plus le porteur mais il est porté par l'observateur et cette observation du cheminement intérieur crée une énergie qui au lieu d'être projetée vers un savoir à acquérir reste incluse dans le diffuseur. Le savoir n'a pas d'énergie propre. Mais il pompe l'énergie de l'individu si celui-ci n'a pas appris à rester tourné vers l'énergie qu'il porte.

L'individu est la lumière, l'incandescence, l'énergie. Le savoir n'est que la blancheur laiteuse qui émane de cette source.

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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Sam 15 Déc 2012 - 9:46

"Débille"


C'est l'annotation d'un professeur sur un devoir de littérature d'un élève de lycée.

"Débille" avec DEUX L.

Au-delà de l'incommensurable connerie de ce "professeur", je me demande surtout ce qu'il attend de cette remarque, de ce jugement, de cette insulte portée à un adolescent.

Des cas comme celui-là, il s'en produit des centaines par jour, des milliers peut-être dans toutes les classes de France.

Je hais considérablement ces enseignants. Je sais le mal qu'ils font, je sais quel est le traumatisme vécu par ces jeunes individus qui subissent quotidiennement l'ire névrotique de ces personnes censées les accompagner dans leur développement.

Je pense que ce milieu enseignant est peuplé de gens malades. Psychologiquement malades. C'est sans doute le pire scandale qui soit au cœur de la fonction publique.

Ils sont malades parce qu'ils n'ont aucune connaissance d'eux-mêmes et que cette absence d'observation des phénomènes internes qui les dirigent les empoisonnent continuellement. La raison en est très simple : ILS ONT PEUR.

Un enseignant n'ayant jamais œuvré à sa propre connaissance agira de façon à recevoir la re-connaissance dont il a besoin pour exister. Il ne vit pas, il existe à travers sa profession et tous les éléments venant parasiter ou même s'opposer à cette re-connaissance dont il se nourrit seront des ennemis qu'il faudra soumettre, contraindre, humilier si nécessaire. C'est sa survie qui est en jeu. Les élèves ne seront jamais rien d'autre que des sujets devant apporter la considération sociale qui contiendra l'estime de soi dont cet adulte a besoin.

En l'absence de CONNAISSANCE DE SOI, on met en place des systèmes œuvrant à la RE-CONNAISSANCE DE SOI.

C'est là que les conflits prennent forme. Des conflits externes parce que l'individu n'est rien en lui-même qu'un vaste chaos.

Cette estime de soi, au lieu de prendre forme à travers un travail spirituel, se forgera dans une posture frontale, une confrontation dont le professeur doit sortir vainqueur pour exister. Tout est bon pour y parvenir, la sanction, l'humiliation, les arrangements pervers à l'intérieur du groupe, la manipulation des esprits les plus soumis pour contraindre les plus retors.

"Ah, mais moi, je ne sais pas faire avec un garçon comme le vôtre, il faut l'emmener voir un psy."

Une phrase prononcée par une enseignante à un mère décontenancée.

L'institution protège ces enseignants-là, l'enfant est l'élément perturbateur, la famille est la source des perturbations. L'institution n'est pas responsable, les éléments qui constituent l'institution se soutiennent, cet enfant doit quitter le cycle "normal"...

"NORMAL" ????

Mais cette institution est remplie de gens qui se conduisent de façon irresponsable. Est-ce cela la "normalité" ?

Monsieur Peillon ne changera rien parce qu'il ne s'attaque pas au problème majeur.

Il veut réformer la formation ? Qu'il commence donc par limiter le droit à se présenter uniquement pour des étudiants ayant mené des études de psychologie. UNIQUEMENT. Pas des masters d'économie...Il faut une connaissance du développement de l'individu.

Qu'ensuite, il mette en place des suivis d'analyse de la pratique. Les conférences pédagogiques, formation continue et autres inspections, c'est un gachis de temps et d'énergie. Trois heures à écouter blablater un intervenant qui n'a sans doute jamais mis les pieds dans une classe. Chacun rentre chez soi et met les documents reçus à la poubelle. En 30 ans d'enseignement, je ne me souviens pas d'une seule séance de formation continue m'ayant apporté quelque chose d'indispensable.

L'analyse de la pratique consisterait à être observé en classe par des personnes ayant le cursus professionnel à même d'apporter une aide psychologique, existentielle, relationnelle, affective, humaine...Des choses indispensables en quelque sorte...Toutes celles qui sont ignorées par l'institution.

Je connais des enseignants qui ont détruit des dizaines d'enfants, traumatisés, dégoûtés, saccagés, humiliés, et qui sont très bien notés par la hiérarchie, considérés même, portés aux nues... L'institution trouve dans ces enseignants-là la validation du système, évaluations, remédiations, graphiques, statistiques, projet d'école, travail d'équipe... Tous ces paramètres n'ont aucune valeur étant donné qu'ils sont au service d'un système destructeur.

Qu'on demande aux Français quelle image première ils ont gardé de leur parcours scolaire ?

Est-ce que la souffrance, l'ennui, la peur, le dégoût, la colère, la révolte, l'absence, la soumission sont des réponses honorables ?

L'école est un service public.

Est-ce qu'un service public a le droit d'exclure, de détruire, de rejeter, d'humilier, d'abrutir, de soumettre ?

Quelle est la mission de l'école ?

Quelle est la mission des enseignants ?

Quels sont les moyens mis en œuvre?

Est-ce qu'ils sont pertinents ?

Qui est habilité à juger du bon fonctionnement du système ?

Et bien, c'est la dernière question qui fait tout s'écrouler. Dès lors que les instigateurs d'un système sont les seuls à juger de sa pertinence ou de son efficacité, les résultats sont faussés. Toutes les structures chargées d'étudier les résultats des élèves ne tiennent compte que de l'aspect cognitif des résultats. Est-ce qu'un organisme indépendant au système s'est déjà interrogé sur le bien-être des élèves, leur développement spirituel ?

Rien que le terme "spirituel" est une aberration dans l'institution. Alors, comment pourrait-on espérer voir un jour une enquête sur le bonheur des élèves.

LES ENFANTS DE MATERNELLE SONT ÉVALUÉS. Ils ont trois ou quatre ans et ils sont déjà étiquetés par l'institution. le dossier va passer de main en main, le renforcement identitaire va s'imposer, peu à peu, tout le système œuvrant à une reconnaissance du système...L'enfant catalogué devient une statistique.

"Il est en échec, il est en décalage, il est agité, il perturbe, il n'écoute rien, il est bête, il est "DÉBILLE."

LES PARENTS SONT BEAUCOUP TROP TOLÉRANTS. Cette peur de l'école, cette peur de s'opposer à l'enseignant, elle est extrêmement révélatrice de l'image générée par l'institution. L'école est un tribunal. Les parents y sont jugés.

Le gouvernement veut s'occuper des élèves en difficulté...

Qu'il commence déjà par virer tout les enseignants qui détruisent ce métier, tous ceux et celles qui ont fait de l'école un centre de détention.

Après, on pourra peut-être avancer.
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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Sam 15 Déc 2012 - 14:15

Je n'aurais pas mieux dit !

Je n'en reviens pas pour le "débille" !

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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Sam 15 Déc 2012 - 18:03

filo a écrit:
Je n'aurais pas mieux dit !

Je n'en reviens pas pour le "débille" !

Véridique pourtant, j'ai vu la feuille de la jeune fille, une ancienne élève. Et c'est le prof de Français...
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Sam 15 Déc 2012 - 22:52

" Un enseignant n'ayant jamais œuvré à sa propre connaissance agira de façon à recevoir la re-connaissance dont il a besoin pour exister. Il ne vit pas, il existe à travers sa profession et tous les éléments venant parasiter ou même s'opposer à cette re-connaissance dont il se nourrit seront des ennemis qu'il faudra soumettre, contraindre, humilier si nécessaire. C'est sa survie qui est en jeu. Les élèves ne seront jamais rien d'autre que des sujets devant apporter la considération sociale qui contiendra l'estime de soi dont cet adulte a besoin."

Juste ça, mais je pourrais citer tout ce que tu dis depuis le début de ce fil. et mille merci de l'avoir ouvert parce qu'il fallait que ce soit dit! chinois bisou

Sauf que, sur l'importance de l'Histoire dans l'éducation et la formation, je ne suis pas d'accord, et ce n'est pas juste une défense de mon près carré!
La Philo, d'ac, il est totalement aberrant que des jeunes jouent leur BAC sur une discipline coef 7 (- 1 point= - 7 points; +1 point = +7 points) qu'ils n'abordent qu'un an, un an pour la Philo, c'est rien!
Mais c'est l'Anglais que notre actuel ministre, un agrégé de Philo pourtant, veut rendre obligatoire dès la maternelle!

Ne me parlez pas de l'Agrégation!

Ce métier est tellement quelque par hors norme, hors convention parce qu'il est travail sur des êtres en construction qu'il ne devrait être confié qu'à ceux qui respectent à la base cet humain à venir, à construire!

Je pourrais présenter de multiples exemples, vécus tant comme élève que comme prof en formation, que comme enseignante en exercice qui conforetent ce que tu dis, tellement que c'en est désolant!
Et juste un point, j'estime beaucoup Krishnamurti, mais sur les "traditions" ma vision est différente. tant qu'on ne les entretient pas en les fossilisant parce qu'on a peur du changement mais sans les comprendre, elles sont un ancrage!

En ce qui me concerne, et n'engage que moi, ce que tu dis conforte ce qui a toujours été ma pensée, mon approche des élèves, et ma façon d'enseigner, avec des moments plus ou moins forts, avec des obstacles, avec des crises de colère, mais avec aussi, ce qui m'a fait tenir jusqu'au moment où... juste, comme un "Ultréïa", même si je les engueulais de justement ne pas donner le meilleur d'eux mêmes, mes élèves!


Dernière édition par Tryskel le Dim 16 Déc 2012 - 0:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Sam 15 Déc 2012 - 23:25

"Ce métier est tellement quelque par hors norme, hors convention parce qu'il est travail sur des êtres en construction qu'il ne devrait être confié qu'à ceux qui respectent à la base cet humain à venir, à construire!"

Et oui Tryskel et c'est justement ce qui n'a JAMAIS été fait. Inutile d'aller chercher les causes du désastre dans des programmes ou des horaires.
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Dim 16 Déc 2012 - 0:32


Et les causes du désastre social que nous vivons.
Le discours occulte totalement l'être; tout pour l'avoir et le paraître. Nos dirigeants sont issus de ce moule, dans la catégorie "fils de" donc membre de l'élite, donc meilleurs par essence! Foutaise, mensonge, catastrophe humaine et planétaire! Mais tant que les dirigeants dirigent et contrôlent pour qu'on ne remette pas en question leurs gouvernance par oukase: "Vous êtes trop ignorants pour comprendre" tout va bien pour eux, et tout va mal pour l'humain et la planète qui sont un même tout!
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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Lun 17 Déc 2012 - 0:22

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MessageSujet: Re: Lettres aux écoles : Krishnamurti   Lun 17 Déc 2012 - 23:39

Une prof retrouvée pendue dans sa classe
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Publié le lundi 17 décembre 2012 à 17H26 - Vu 1481 fois

Philippe Robin

VILLENEUVE-SAINT-GERMAIN (Aisne). En début d'après-midi, une professeur de Bio-technologie du collège Louise-Michel a été retrouvée pendue dans sa salle de classe. Elle avait une cinquantaine d'années.

Vers 14 heures, les cours vont bientôt reprendre au collège Louise-Michel de Villeneuve-Saint-Germain, près de Soissons (Aisne). Une enseignante de bio-technologie n'est pas là pour accueillir ses élèves de 4e SEGPA qui attendent devant la porte. Des collègues s'inquiètent et entrent dans la salle de classe... et font la macabre découverte. L'établissement est sous le choc.

Jean-Luc Lanouilh, vice-président conseil général de l’Aisne n'a pas tardé à réagir : "Je suis choqué et impressionné du nombre d’enseignants qui souffrent d’un mal-être et qui, parfois, portent ainsi atteinte à leurs jours. Ce drame traduit une crise profonde de cette profession".

Une enquête a été ouverte par le commissariat de Soissons, mais le parquet s'oriente d'ores et déjà vers la thèse du suicide.

Un drame de plus dans un milieu qui les cumule. Combien d'enseignants en dépression, combien d'enseignants qui ne peuvent plus gérer la difficulté de cette mission éducative et cognitive ?

Comment est-ce possible que l'institution laisse se dérouler de tels drames ?

Comment peut-on envisager que l'enseignement prodigué par ces personnes considérablement affaiblies soit de qualité et à la mesure de la tâche ?

Combien faudra-t-il de drames du même ordre pour que l'institution réagisse ?

Que va-t-elle dire cette fois encore ? Qu'il s'agissait d'une personne "souffrant de difficultés personnelles ? Mais alors, pourquoi n'a-t-elle pas été accompagnée, soutenue, réorientée si nécessaire ? Pourquoi laisse-t-on des individus en souffrance face à des jeunes qui savent très bien entrer dans les brèches et renforcer ce mal être ?

Il est IMPOSSIBLE de mener à bien cette tâche si on ne dispose pas de toutes ses facultés et il est inadmissible de laisser des enseignants et des élèves se confronter. Il y DANGER. Pour tout le monde. Bien entendu qu'il est impossible d'être constamment performant mais ces situations témoignent d'un manque cruel de suivi psychologique.

A mon sens, il y a un problème immense dans ce domaine : personne dans les établissements n'est véritablement formé pour prendre en charge un enseignant en détresse. Les psychologues scolaires sont submergés de travail, ils ne peuvent pas gérer les enseignants, ils sont de toute façon dramatiquement trop peu nombreux pour le faire.

Il faut revoir le statut de directeur, proviseur, chef d'établissement. Ces gens, s'ils veulent obtenir ces postes, doivent suivre une formation en psychologie du travail, gestion du groupe, psychologie enfantine, ils doivent AVANT TOUT être aptes à entendre, à analyser, gérer des situations existentielles douloureuses. Au lieu de ça, les chefs d'établissement sont aujourd'hui avant tout des gestionnaires administratifs. Bien sûr que certains tentent de pourvoir aux besoins psychologiques mais ils n'ont bien souvent aucune connaissance dans le domaine, aucune analyse de la pratique et ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Les études sont pourtant innombrables, très fouillées, les analyses sont connues dans le secteur privé, les DRH sont formés à ce genre de pratique. Et le milieu enseignant pourrait se passer de toutes ces connaissances ??? C'est soit une prétention criminelle, soit une lenteur archaïque qu'il est urgent de faire voler en éclat. Mais c'est en tout cas tout bonnement hallucinant et il n'est pas étonnant qu'on finisse par trouver des enseignants pendus dans leur classe...Ou des élèves...

Un désastre absolu. Une négation de l'individu jusqu'à la mort alors qu'il s'agit d'oeuvrer à la vie de chacun.

Les gouvernements se succèdent et enchaînent réformes sur réformes. Avec quels effets ? Qui donc aura enfin le courage d'établir un état des lieux existentiels de ce milieu??

Le niveau scolaire n'est pas une cause du désœuvrement de la population, enseignants et élèves... C'est l'inverse.

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