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 Poésies de l'instant

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Romane
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MessageSujet: Poésies de l'instant    Sam 9 Fév 2013 - 22:47

J'ouvre un nouveau fil, et propose qu'on y laisse une poésie, une citation, quelque chose qui nous plaît, en guise de bonsoir.

* * * *

Evidemment, comment ne pas commencer par lui...

Fièvre resurrectionnelle

Sous un brouillard d'acier
Dans les banlieues d'Izmir, de Suse ou Sant-Fé
6 milliards de pantins au bout de la lumière
Qui se mettent à rêver d'un nouvel univers
Mais toi tu restes ailleurs dans un buzz immortel
À fabriquer des leurres en fleurs artificielles
Pour les mendiants qui prient les dieux et les chimères
Les trafiquants d'espoir aux sorties des vestiaires
Je t'aime et je t'attends à l'ombre de mes rêves
Je t'aime et je t'attends et le soleil se lève
Et le soleil...

Dans un rideau de feu
Dans les banlieues d'Auckland, de Cuzco ou Montreux
6 milliards de fantômes qui cherchent la sortie
Avec des sonotones et des cannes assorties
Mais toi tu viens d'ailleurs, d'une étrange spirale
D'un maelström unique dans la brèche spatiale
Avec autour du cou des cordes de piano
Et au poignet des clous pour taper le mambo
Je t'aime et je t'attends à l'ombre de mes rêves
Je t'aime et je t'attends et le soleil se lève
Et le soleil...

Dans son plasma féerique
Dans les banlieues d'Hanoï, de Sfax ou de Munich
6 milliards de lépreux qui cherchent leur pitance
Dans les rues de l'amour en suivant la cadence
Mais toi tu cherches ailleurs les spasmes élémentaires
Qui traduisent nos pensées comme on traduit Homère
Et tu m'apprends les vers d'Anna Akhmatova
Pendant que je te joue Cage à l'harmonica
Je t'aime et je t'attends à l'ombre de mes rêves
Je t'aime et je t'attends et le soleil se lève
Et le soleil...

Ivre de ses vieux ors
Dans les banlieues d'Angkor, d'Oz ou d'Oulan Bator
6 milliards de paumés levant la tête au ciel
Pour y chercher l'erreur dans un vol d'hirondelles
Mais toi tu planes ailleurs sur des nuages flous
Dans de faux arcs-en-ciel vibrant de sables mous
Tu chantes des arias d'espoir universel
Pour faire que le soleil se lève sur nos e-mails
Je t'aime et je t'attends à l'ombre de mes rêves
Je t'aime et je t'attends et le soleil se lève
Et le soleil...

Là-bas sur l'horizon
Venant d'Hélipolis en jouant Hypérion
6 milliards de groupies qui l'attendent hystériques
Dans le stade au jour j en brouillant la musique
Mais toi tu squattes ailleurs dans un désert de pluie
En attendant les heures plus fraîches de la nuit
Et tu me fais danser là-haut sur ta colline
Dans ton souffle éthéré de douceurs féminines
Je t'aime et je te veux à l'ombre de mes rêves
Je t'aime et je te veux et le soleil se lève.

Thiefaine

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Sam 9 Fév 2013 - 23:54

Un jour finir pêcheur

Un jour, finir pêcheur
Parce que ça grandit l´homme.
Heureux comme ça,
Pas gagner plus d´argent.
Le matin, me lever,
Pas connu, pas guetté,
Parce que ça fait mal,
Ça fait mal a l´homme,
La célébrité.
Finir dans l´eau salée,
Juste savoir compter,
Vider le sablier
Et puis tout oublier
Parce que ça grandit l´homme,
De vivre sans parler,
Vivre sans paroles
Et d´apprendre à se taire,
Regarder sans voir
Les enfants qui dansent
Au bord du miroir.

Mais c´est toujours trop loin,
Toujours dans le noir,
Inaccessible,
Pareil au cœur de la cible.

Un jour, finir pêcheur,
Que personne s´en souvienne,
L´écrive ou le dise,
Vider sa valise
Et brûler les journaux,
Les tapis, les photos,
Sans rien vouloir apprendre
Pour que les enfants sachent
Qu´on va quelque part
Quand on oublie tout,
Qu´on oublie les coups,
Qu´on déplie, qu´on secoue,
Que la folie s´attrape,
Qu´on déchire la nappe,
Maladie tout à coup
Que tu portes à ton cou
Comme un collier de fleurs,
De larmes et de couleurs.
Un jour, finir pêcheur,
Mollusque divin,
Peau de parchemin.

Mais c´est toujours trop loin,
A portée de la main,
Inaccessible,
Pareil au cœur de la cible.

Un jour, finir pêcheur,
Tuer le mal de l´homme,
Se libérer de tout,
Prendre dans la mer
Les coraux, les vipères,
Et tout ça dans la main,
Sans lumière et sans gaz
Et sans barbe qu´on rase,
Un jour, finir pêcheur,
Avaler le compteur,
Regarder sans voir
Le calendrier
Qui tombe en poussière.
Qu´elle est loin, la terre.
Qu´elle est loin, la terre.
Le calendrier
Qui tombe en poussière.
Qu´elle est loin, la terre.
Qu´elle est loin, la terre.

Gérard manset
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filo

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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Sam 9 Fév 2013 - 23:57

LE SILENCE

Rappelle-toi
quand le silence équivalait encore à une délivrance,
délivrance de l’âme dans ses moments perdus
déclencheur de rêves et d’évasions
déclencheur de sérénité et d’innocence

Quand le tapage extérieur lésait ma tranquillité
je m’évadais dans mon utopie
où personne n’était doté de la capacité d’entendre
mais où tout le monde aimait à écouter
écouter sans parler
se comprendre comme par télépathie,
le regard remplaçant la parole.

Quand plus aucun bruit ne nuisait à mon évasion,
je partais là-bas,
solitude partagée
seule la nature se permettait l’ivresse et l’égoïsme
d’imposer ses sons harmonieux

Quand mon audace ne connaissait plus de limite
et que parfois, je me laissais surprendre
à sombrer dans le néant,
toujours les flots mélodieux me ramenaient à la réalité
cette réalité dont j’ai souvent voulu m’échapper.


Rappelle-toi quand la nuit se faisait exigeante,
quand le sommeil nous faisait peur,
toujours le chant d’un petit oiseau marchand de prose
nous ranimait.

Mais à présent tout est abîmé,
mon âme est souillée,
je ne sais plus rêver.
Quand maintenant la nuit s’installe,
sage et heureuse je m’endors,
comme le commun des mortels.

Puis j’ouvre les yeux
je tends l’oreille
et j’entends.
Oui, certainement
j’entends le monde
j’entends la vie.
Les oiseaux ne chantent plus,
ils crient.
La rivière ne coule plus,
elle s’échappe.
Ai-je perdu mon innocence ?

Chani

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Alizé

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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Dim 10 Fév 2013 - 0:41

un enfant funambulait
sur quelque rayon de lune
je pensais il a bu les
élixirs des gobelets
préférés des gens de plume
je le voyais vaciller
mais jamais il ne cillait
d’un long regard il allum
ait la nuit pendant que les
hiboux ravis ululaient


J-C Pirotte
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Bianca



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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Lun 11 Fév 2013 - 2:34

La bête n’a pas d’odeur
Et ses griffes muettes zèbrent l’inconnu de nos ventres
D’entre ses mâchoires de guivre
Jaillissent des hurlements
De venins de silence
Qui s’élancent vers les étoiles
Et ouvrent des plaies dans le noir des nuits
Nous voilà pareils à la ramure des arbres
Dignes et ne bruissant qu’à peine
Transpercés pourtant de mille épées
À la secrète incandescence

A. Choplin
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Alizé

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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Lun 11 Fév 2013 - 3:00

"Je place un papier blanc sur la table et j'attends que les mots, attirés par la luminosité, viennent d'y prendre."

Christian Bobin in Ressusciter
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JoK
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Lun 11 Fév 2013 - 3:40

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.

Albert EINSTEIN

Et ici il règne un harmonieux mélange entre la théorie et la pratique : rien ne fonctionne, et personne ne sait pourquoi...

Moi
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Romane
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Lun 11 Fév 2013 - 3:46

@ Papounet : je vois que rien n'est changé.

L'Ile

Aimée, aimée, ô mienne, séparée

Par tant de fois la mer, la neige et la distance,

Menue et mystérieuse, environnée

D’éternité, merci

Non seulement pour ton regard de jeune fille,

Pour ta blancheur cachée, rose secrète, mais

Pour le rayonnement moral de tes statues,

Pour cette paix abandonnée imposée à mes mains :

Pour le jour immobile dans ta gorge.

Pablo Neruda

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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Lun 11 Fév 2013 - 3:46

Le rêve du jaguar

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur,
Dans l'air lourd, immobile et saturé de mouches,
Pendent, et, s'enroulant en bas parmi les souches,
Bercent le perroquet splendide et querelleur,
L'araignée au dos jaune et les singes farouches.
C'est là que le tueur de boeufs et de chevaux,
Le long des vieux troncs morts à l'écorce moussue,
Sinistre et fatigué, revient à pas égaux.
Il va, frottant ses reins musculeux qu'il bossue ;
Et, du mufle béant par la soif alourdi,
Un souffle rauque et bref, d'une brusque secousse,
Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi,
Dont la fuite étincelle à travers l'herbe rousse.
En un creux du bois sombre interdit au soleil
Il s'affaisse, allongé sur quelque roche plate ;
D'un large coup de langue il se lustre la patte ;
Il cligne ses yeux d'or hébétés de sommeil ;
Et, dans l'illusion de ses forces inertes,
Faisant mouvoir sa queue et frissonner ses flancs,
Il rêve qu'au milieu des plantations vertes,
Il enfonce d'un bond ses ongles ruisselants
Dans la chair des taureaux effarés et beuglants.

Leconte de Lisle - Poèmes barbares
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Lun 11 Fév 2013 - 4:28

Rien ne bougeait encore au front des palais.
L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois.
J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes,
et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
Arthur Rimbaud

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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mar 12 Fév 2013 - 3:23

Aime la vérité en toi. N'en use pas.
D'aucuns, par foi ou par habitude, dressent des croix
Sur le bord des chemins, d'autres passent, sans plus.
Je dors, sous les étoiles, ces clartés étrangères.

Pessoa
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Romane
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mar 12 Fév 2013 - 3:31

...
Il y a le festin de neige du cerisier
où les amants couchés dans l'herbe
croient recommencer Noël
il y a nous qui nommons une à une
d'un geste ou d'un sourire qui tremble
les petites bontés des jours ordinaires
celles qui recousent sans cesse
l'étoffe rompue sans cesse
de l'existence
il y a que nous avons une joie
concrète comme la pierre
plus réelle que la pierre
plus inusable que la pierre
à caresser le front de notre enfant qui dort
et qui grandit sous la caresse
il a que nous marchons de semaine en semaine
dans les pas inespérés
des heures qui nous précèdent
il y a que nous avons d'innombrables journées inutiles et douces
comme des mûres dans les ronciers d'automne
mais tu es là
homme de la guerre
tu es là toujours
prêt toujours
prêt à rompre du talon
les châteaux sur la plage
les construction de sable patiemment levées
contre le vent et la vague
dans le plus bête de nos rêves...

Jean-Pierre Siméon - Mater Stabat Furiosa (extrait)

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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mar 12 Fév 2013 - 4:20

"Une seule chose est nécessaire: la solitude.
La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne - c'est à cela qu'il faut parvenir.
Être seul comme l'enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l'enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s'en affairent et que l'enfant ne comprend rien à ce qu'elle font.
S'il n'est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d'être près des choses: elles ne vous abandonneront pas. Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays.
Dans le monde des choses et celui des bêtes, tout est plein d'événements auxquels vous pouvez prendre part.
Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien."

Lettres à un jeune poète RILKE
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Alizé

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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 2:18

Au fond de la rue bleue
encore humide
comme une aile pour mourir
comme un dernier mot d'amour

Une perle
un tison
et les prunelles éteintes
là sur les dalles où la poussière s'amoncelle

Jusqu'à l'aube j'ai mis mon ombre
dans le rêve des murs
dans mes creux de falaise

Et une note glisse

L'encre est aussi naufragée qu'une île


Michel Cosem — Poèmes inédits, éditions du Rouergue 1992
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Bianca



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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 3:24

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Démons et merveilles
Vents et marées
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

Prévert
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JoK
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 3:31

Citation :
Deux petites vagues pour me noyer.

2 ?? Une devrait suffire, non ?
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 10:34

Recueillement

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 11:07

Je suis pour rebaptiser ce fil " poésie du soir, de la nuit, du matin"...
Peut-être pourquoi pas tout simplement "poésie de l'instant" ?
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Romane
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 12:29

Je laisse l'âme et je porte en avant
Désert et seul le corps itinérant
et ne m'accorde à moi rien de pareil

Francisco de Quevedo y Villegas

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Mihou
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 13:03

Soir oriental

La nuit tombait à peine ; sur la rive empourprée
Une barque dansait au gré des flots sombres
Du Jourdain. Quelques rayons griffaient les ombres
En lestant d'éclats d'or les feuilles des palmiers.

Des souimangas au loin égayaient de leurs cris
Les hautes branches transpercées de lumière.
Happé par ces bruits, je passai la rivière,
Foulant le sable fin jusqu'à cet oasis.
 
Aux pieds des arbres en feu palabraient les anciens
Dans cette langue lourde à la moiteur de l'air,
Echo impalpable au temps crépusculaire
 
Tandis que les petits à la voix plus aigüe
Piaillaient comme oiseaux en tordant leurs mains nues
Vers leurs mères assises, pour réclamer le sein.


Dernière édition par Mihou le Mer 13 Fév 2013 - 13:47, édité 1 fois
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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 13:24


Tes yeux, plus clairs que lui

Quand une larme y luit,

Tes yeux rendent jaloux

Le ciel d'après la pluie.

Aragon

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Imprimé par nos soins. Ne pas jeter sur la voie publique.
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 13:44

L'herbe s'éveille, se met en marche
et couvre d'un vert vivant les terres arides,
la mousse atteint les rochers, les nuages s'entrouvrent.
Tout se prépare à être.
Moi, je me défends.
Je n'en ai pas encore fini avec moi

Octavio Paz (L'assiégé)

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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 14:50

Se voir le plus possible et s'aimer seulement
Sans ruses et sans détours, sans honte ni mensonge,
Sans qu’un désir nous trompe, ou qu’un remord nous ronge,
Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ;
Respecter sa pensée aussi loin qu’on y plonge,
Faire de son amour un jour au lieu d’un songe,
Et dans cette clarté respirer librement

Alfred de Musset
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Mer 13 Fév 2013 - 17:25

Il est des saisons
où les fenêtres cognent au rivage
quand les yeux sont rentrés.
Il est des heures
entre chien et loup
entre coeur et corps
où la mer et le ciel se confondent
comme le soleil, un moment, avec la lune
les étoiles, souvent, avec les étoiles.
Il est des secondes
où le paysage monte au ciel
avant de plonger dans la mer
qui ne s'éteint plus.

Yvon Le Men
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Romane
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MessageSujet: Re: Poésies de l'instant    Jeu 14 Fév 2013 - 2:13

Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L'enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août

J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa

Louis Aragon

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"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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Poésies de l'instant
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