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 Dictionnaire incorrect de la France

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MBS

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MessageSujet: Dictionnaire incorrect de la France   Sam 31 Aoû 2013 - 11:55

Loire : Fleuve français (oui, monsieur, français ! la Loire n’est pas comme la Garonne ou le Rhône un fleuve traître qui va naître au-delà de nos frontières et pénètre en cachette sur le territoire national) de 1012, 1015 ou 1018 km (cela dépend des sources).

On a appris à l’école que la Loire naissait dans le Massif Central (mais le Massif Central est une imposture – voir article correspondant), au pied du Mont-Gerbier-de(s)-Joncs. Je l’ai vu une fois ce fameux mont pendant une retransmission du Tour de France avec les commentaires avisés de Jean-Paul-Ollivier… Ben, croyez-moi, c’est une fameuse imposture là-aussi… Pas un pet de neige, pas un glacier… Rien ! Nada ! Que dalle !... La Loire naît dans l’herbe, quasiment au milieu des vaches et des agriculteurs en colère de l’Ardèche (en colère, parce qu’ils sont dans l’Ardèche… à cause de Bruxelles bien sûr). Et puis ce « on a appris », il y aurait bien des choses à dire le concernant… L’apprend-on vraiment à l’école (en lisant les programmes, on peut en douter) ou l’apprend-on de la bouche de personnes qui vous rappellent que vous l’avez appris à l’école ?... Vaste problème, terrible question mais qu’on ne va pas commencer à développer ici parce qu’avec 1013 km (selon Wikipedia qui ne se trompe jamais), on n’est pas rendu à l’estuaire mes pauvres amis.

Que dire de fondamental sur la Loire avant d’en aborder une étude plus précise ? Que son nom viendrait du romain Liger lui-même dérivant (les courants dans la Loire sont terribles) du mot celte Liga signifiant championnat d’Espagne de football. Vous me direz quel rapport entre la Loire et l’Espagne ? Eh bien, figurez-vous que pendant longtemps pour toutes les personnes vivant au nord de la Loire, ceux qui vivaient au sud étaient des Espagnols… Et pas seulement à l’époque où le fleuve séparait le territoire des Wisigoths, qui allait du sud de l’Espagne jusqu’à la Loire, de celui des Francs… Non, encore dans les années 70, l’auteur de ces quelques lignes entendait ça dans la bouche de personnes qui vivaient quelques kilomètres au nord de ladite Loire. Comme quoi ce rôle de frontière colle à la peau humide de ce cours d’eau quand bien même il se situe en plein cœur du pays. N’entend-on pas dire couramment à la météo qu’il fera beau au sud de la Loire et moche au nord (rarement l’inverse mais ça arrive parfois) ? Moyennant quoi celui qui habite dans le centre d’Orléans (au nord du fleuve) et travaille dans le quartier de la Source (au sud) est plus largement malade que les autres à cause des chaud et froid (ne cherchez pas, le trou de la Sécu, c’est lui). N’oublions pas de plaindre tous ceux qui ne sont pas au nord ou au sud de la Loire mais à l’est… Pour eux, les prévisions météo sont toujours une grande énigme… D’un autre côté, ils ne vont pas se plaindre, ils auraient pu être allemands ou italiens…

Mais cette question de sud ou de nord du fleuve, à côté de laquelle la guerre de Sécession est une aimable plaisanterie, pose le problème du tracé du fleuve. Un tracé qui évoque clairement le syndrome dit de la chaussure trop petite ou du pied trop fort. En effet, comment un fleuve de 1017 km (en données corrigées des variations saisonnières) peut-il rentrer dans un territoire de 1000 km de longueur et de 1000 kilomètres de largeur (ça aussi, on l’apprend à l’école… ce qui tend à prouver que ceux qui disent qu’on n’y apprend rien n’y sont pas allés ou pas restés assez longtemps) ? Si on ajoute que le dit territoire a une forme d’hexagone (voir ce terme), c’est géométriquement impossible. Meeeeuuuuuh non, c’est possible !… Tout d’abord parce qu’impossible n’est pas français et ensuite parce que la Loire, comme le pied trop fort dans la chaussure trop petite, s’est déformée pour s’adapter à cette contrainte de manque de place. Regardez-la couler vers le nord à travers ce fameux Massif Central (une imposture, je vous dis) et puis soudain, effrayée peut-être par la rencontre avec un fou (Allier), se mettre à décrire une courbe élégante (qui a le mérite de lui éviter de confluer avec la Seine, moyennant quoi les Parisiens en auraient fait un simple affluent de leur fleuve au mépris de toute logique géographique… mais là aussi, nous y reviendrons…). Donc, comme la Terre, la Loire tourne… Et lorsqu’elle a fini de tourner, lorsqu’elle a compris qu’elle réussirait à caser sa grande carcasse de plus long fleuve français sans sortir des frontières (ce sur quoi d’autres fleuves se sont cassés les Rhin), pour elle, cela devient la vie de châteaux (voir article au rayon tourisme de votre fnac préférée). Voici la Loire s’étendant majestueusement dans une vallée auguste, semant dans son lit de nombreux bancs de sable attestant qu’est venu pour elle le temps d’un repos bien gagné. Elle paresse, parfois elle ondule… Parfois même, elle s’autorise à jeter quelques îles en son sein, histoire de croire qu’elle est une mer (une localité du Loir-et-Cher, trompée sans doute par cette illusion, a d’ailleurs adopté ce nom). Cette tranquillité, cette sérénité (si loin des règlements de compte marseillais auxquels la Loire a tourné le dos sans regret) attire à elle de nombreux amis très chers qui viennent ceindre son cours de lauriers, la sèvre de toute inquiétude et amènent une douceur qui lui évite dangers et périls. La voici enfin aux portes de l’océan, s’élargissant en forme d’estuaire (juste pour permettre aux entrepreneurs du BTP de construire des ponts de plus en plus longs, hauts et coûteux). Et voici l’océan Atlantique où la Loire peut enfin montrer sa supériorité en continuant à couler au milieu des eaux salées pendant plusieurs kilomètres (et river leur clou à tous ces instituteurs en blouse grise qui la traitèrent longtemps dans cette région de Loire-Inférieure).

Alors bien sûr, il y a des villes sur ce parcours. Le Puy-en-Velay, lieu de départ des gambaderies spirituo-pédestres de sœur Trisquelle. Roanne, la ville dont on ne parle que pour évoquer des fermetures d’usines. Nevers, euh… passons. Orléans, la ville où plane l’ombre de Jeanne d’Arc (boulangerie Jeanne d’Arc, hôtel Jeanne d’Arc, parking Jeanne d’Arc, médiathèque Jeanne d’Arc, accessoires de jardin et barbecue Jeanne d’Arc…). Tours, dans ses plus beaux atours. Nantes, et sa bretagnitude si contestée (c’est vrai quoi ! Vous avez appris à l’école que la Loire coulait en Bretagne ?). Saint-Nazaire, le port de tous les voyages… Mais de toutes ces villes, et de bien d’autres, nous reparlerons prochainement. Pour le moment, il est temps de laisser filer la Loire en évitant de nous laisser prendre à ses airs de belle endormie. Ses crues, que vous le croyez ou non, sont redoutables et celui qui s’y laisse prendre est cuit. Vendue comme « dernier fleuve sauvage » par les agences de tourisme, elle attire autant les oiseaux que les curieux lesquels se font tout autant plumer car le tourisme en Loire est cher. C’est la rançon de la beauté et du succès…



La Loire à Tours
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Romane
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Sam 31 Aoû 2013 - 16:02

chinois 

La Loire et ses châteaux ! Pour ma part l'un des plus beaux fleuves où mes yeux aiment se noyer. En parcourir un bout en péniche, le rêve !!

Loire au plus haut des cieux et longue vie à elle !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Sam 31 Aoû 2013 - 20:21

Chouette: un dictionnaire!
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MBS

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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Sam 31 Aoû 2013 - 20:54

ça faisait un moment que je trouvais qu'on ne faisait rien pour défendre les noms propres (même pas un achat de lessive de temps en temps)
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Sam 31 Aoû 2013 - 22:41

Zola (Emile) : écrivain français (1840-1902) dont la production littéraire a, en grande partie, dégoûté les moins bons jeunes lecteurs du plaisir de lire.

Fils d’un ingénieur constructeur de canal à qui Aix-en-Provence doit le fait d’avoir de l’eau (ce qui est quand même un comble pour une ancienne ville thermale), Emile Zola était d’ascendance italienne. Mais, contrairement à Claude Barzotti, il choisit de ne pas rester rital, même si dans la cours de récré ses petits camarades ne se génèrent pas pendant longtemps pour lui rappeler ses origines.

Le jeune Zola grandit au milieu des difficultés ce qui ne peut qu’expliquer son goût ultérieur pour le sombre et le dramatique… mais comme Freud ne s’était pas encore vraiment mis au travail, on ne peut en dire plus. Ayant montré dès son plus jeune âge des dispositions pour les lettres en jouant avec ses cubes, Emile Zola devint journaliste et critique littéraire. On le vit donc dire du mal ou du bien des discours prononcés au Corps législatif du Second Empire finissant mais aussi des œuvres de futurs collègues qui, souvent, ne l’oublièrent pas. Bien fait !... En 1867, il publie Thérèse Raquin, ce qui prouve qu’il a vraiment le chic pour choisir des noms d’héroïnes à chier. Doit-on s’étonner dans de telles conditions qu’un critique bien pensant parle à son égard de littérature putride ?...

Seulement voilà, Emile Zola a des convictions et du talent pour les descriptions interminables. C’est en combinant les deux qu’il devient le maître du naturalisme qui consiste à vous décrire systématiquement le ventre des poissons des Halles de Paris sous prétexte que ces poissons ont un ventre. Donc, à ses yeux, tout ce qui existe doit être décrit avec la plus grande précision. Pour décrire les poissons des Halles, il va donc aux Halles. Pour décrire le fonctionnement d’une locomotive, il prend donc le train. Pour décrire les prostituées du demi-monde, il va donc aux… Ouais, bon, cela ne nous regarde pas… C’est un véritable courant littéraire, poursuivant et étendant le réalisme, dont Zola devient le chantre et le modèle. Saisir la réalité dans sa totalité et comprendre les forces intérieures qui commandent le monde est son programme. C’est à travers la série des Rougon-Macquart composée initialement de 30 volumes (mais, ouf, ramenée à 20 seulement) que Zola met le mieux en évidence ses idées. Au rythme d’un roman par an environ, il va donc peindre le destin d’une famille issue de Plassans, une petite ville qui ressemble beaucoup à Aix-en-Provence comme quoi il ne pouvait vraiment rien imaginer par lui-même. Un destin tragique puisque, selon des statistiques issues des services de Canal plus, sur 20 romans, il n’y en aurait que 2 qui finiraient à peu près bien. Si on analyse tout cela à la palette 3D, on se rend compte que généralement les pauvres sont écrabouillés de tous les côtés tandis que les riches pourris s’en sortent. Et ce sont ces romans-là qu’on fait étudier à nos enfants ?! C’est proprement irresponsable ! Et après, on vient nous dire qu’il faut faire des cours de morale !... Mais non, je suis calme…

Mais, voyez-vous, car il faut que les vérités soient rétablies, Zola n’a finalement qu’un succès médiocre. La plupart des critiques le trainent dans la boue et les Académiciens français refusent régulièrement de le faire entrer sous la Coupole… Et à juste raison puisque Zola est italien… Il ne manquerait plus que ça ! Un étranger !... Et pourquoi pas une femme tant qu’ils y sont ?!...

Alors, oui, certains s’enthousiasment à propos de Nana, de la Bête humaine, de l’Assommoir ou de Germinal… (Autant de romans qui seront traités plus en détail dans ce dictionnaire encyclopédique en 57 volumes de cd-rom). C’est vrai que ça se laisse lire si on fait un effort mais quand même Guillaume Musso ou Romain Sardou ça a quand même une autre gueule et puis c’est plus court. Alors, pour être vraiment sûr de rester dans les livres d’Histoire, Emile Zola va se mêler d’une histoire qui ne le regardait pas, celle d’un capitaine de l’armée française accusé d’avoir trahi son pays (ce qui n’est pas bien, on en conviendra). Et là, on ne sait pas ce qui prend à Zola. Il se met à accuser tout le monde, tel un procureur soviétique au moment des grands procès de Moscou. Inévitablement, la justice le rattrape et le juge pour diffamation. Le voilà condamné à de la prison et contraint à prendre la fuite pour se réfugier en Angleterre mais voilà n’est pas Victor Hugo qui veut. Là où le père Hugo y resta plus de 15 ans, Zola ne supporte pas la nourriture anglaise plus d’un an. Sous prétexte que le capitaine Dreyfus était coupable mais innocent, Emile Zola est autorisé à revenir en France. Il reprend sa carrière d’homme de lettres mais soit qu’il ait été pollué par la langue britannique, soit qu’il ait perdu la main (celle avec laquelle il écrivait ses trois pages quotidiennes), les romans qu’il publie alors ne passeront pas à la postérité. En revanche, en 1902, c’est Alexandrine, son épouse, qui passe hériter à la Poste après que l’écrivain ait péri asphyxié dans sa chambre. Certains sont persuadés qu’il s’agissait d’un assassinat, d’autres qu’il s’agissait d’un accident. Peu importe en fait car, faute d’entrée à l’Académie française, ce trépas prématuré permit à Emile Zola d’entrer plus tôt que prévu au Panthéon. Peut-être qu’à l’heure actuelle, il discute de gastronomie anglaise avec le père Victor… Parce que s’ils causent de littérature, ça ne doit pas être très gai.
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Sam 31 Aoû 2013 - 23:42

mdr  j'adore ce ton iconoclaste et insolent !
Bon, et puis que Zola ne supporte pas la bouffe anglaise, c'est tout à son honneur... ça prouve juste que c'était un homme de goût.
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Dim 1 Sep 2013 - 15:22

Charlemagne : Roi puis empereur franc (vers 742-814), enfin pas si franc que ça puisqu’on n’est pas très sûr de son année de naissance. Monsieur faisait des mystères sur son âge sans doute…

Qu’on soit tout d’abord bien clair sur un point, Charlemagne ne s’est jamais appelé Charlemagne pas plus que Charles Magne ou Karl le Magne. Jamais ! C’est clair ?!... Bon, alors on peut continuer.

Le petit Charles était le fils de Pépin le Bref et de Berthe aux grands pieds, moyennant quoi il n’avait rien pour devenir ce qu’il est devenu. Les lois de l’hérédité semblaient le condamner à être petit comme son père et à chausser du 46 fillette comme sa mère. Pas le genre de physique qui permet de s’imposer dans ces siècles de fer où le chef est fort, puissant, sans merci et sans au revoir. Pourtant, sans doute parce que les lois de Mendel n’étaient pas encore connues ou bien parce que ladite Berthe l’avait conçu avec un autre que son époux légitime, Charles deviendra Charles le Grand, Carolus Magnus en latin, ce que les ignares des siècles suivants transformeront en Charlemagne.

La famille est d’emblée un sacré problème pour Charles ; outre les questions d’hérédité, il est pourvu d’un grand-père ayant le même prénom mais pour lequel on a surtout retenu qu’il était un peu marteau et qu’il avait arrêté des Arabes à Poitiers sans qu’on sache très bien si c’était pour excès de vitesse ou parce qu’ils étaient à huit sur le siège arrière de leur chariot Peugeot. Ce grand-père eut pour principale fantaisie de refuser la couronne royale qu’on lui offrait pour rester simple maire du Palais (« commune française située à Belle-Île-en-Mer dans le département du Morbihan et la région de Bretagne » nous dit wikipedia qui est toujours de bon conseil). Du coup, c’est le père (supposé), le fameux Pépin qui dût ramer pour récupérer la couronne pour sa pomme. Et des pères surchargés de travail, ça fait toujours des enfants mal élevés et qui se réfugient dans la contestation paternelle et dans les jupes de leur mère. Doit-on dès lors s’étonner que Charles ait eu comme ambition de faire mieux que son père afin de pouvoir vivre sur un grand pied ?

La première mention connue de Charles dans les sources intervient en 754 lorsqu’il accueille le pape Etienne III en Champagne. Intimidé par l’importance de l’instant, il se saoule d’abondance en goûtant la production locale et s’écroule aux pieds du pontife. Pour une première approche de la fonction royale, c’est un échec puisque ce rodage se termine dessous pape. Mais cela lui sert de leçon ; désormais, il voudra être toujours au-dessus du pape ce qui explique sa volonté de devenir empereur.

Autre problème familial pour Charles, il a un frère, Carloman… qui lui s’appelle vraiment Carloman. On peut donc en déduire que ceux qui réussissent ont droit à un nom qui claque, qui sonne, qui percute, tandis que les loosers doivent se contenter de garder leur nom à la con. Looser ? Oui, car en un temps où on partage tout entre frères (y compris les goûters Prince de Lu, les servantes et les épouses), Carloman va recevoir une moitié du royaume de Pépin lorsque celui-ci à force d’avoir été bref n’aura plus de souffle pour dire quoi que ce soit. Pour un ambitieux comme Charles, ça fait désordre, mais il lui faut bien l’accepter puisque c’est comme ça et pas autrement. Il se dit que de toute manière puisque Carloman en permanence (n’avait-il pas dit qu’il n’irait pas au Réal ?), le Seigneur finira bien par le châtier. Ce qui arrive en 771. Carloman meurt et Charles récupère tout le royaume des Francs pour lui. Le voilà l’égal de son père !... Oui, mais on l’a déjà dit, Charles veut faire mieux encore !

Alors, il se demande comment faire… << réflexion intense – ne pas déranger >> Ca y est ! Il a trouvé ! Puisqu’il ne peut pas agrandir le royaume des Francs de l’intérieur, il va l’agrandir sur l’extérieur. En 774, il rachète les éditions du Lombard, des éditions italiennes spécialisées dans les ouvrages gothiques et se fait dès lors appeler Carole Lombard, nom sous lequel il tentera vainement une carrière cinématographique avant de se rendre compte qu’il n’avait pas le bon sexe pour coller à ce nom-là. Cette révélation sur son problème de sexe l’amène tout naturellement à diriger toute son attention sur cette question… mais, comme Charles ne sait ni lire, ni écrire, il se trompe et parle de Saxe à ceux qu’il consulte… Aussitôt, ses troupes se mettent en route vers l’Est et, en plusieurs campagnes, conduites au son d’un chant qui dit « Saxons, Saxons, qu’un sang impur abreuve vos sillons », la conquête de la Saxe est faite. Rassuré, Charles va désormais avoir une vie sexuelle plus qu’épanouie puisqu’on lui attribue six épouses (parfois simultanées) et toute une kyrielle de maîtresses (sans qu’aucune n’ait jamais réussi à lui apprendre à lire et à écrire ce qui dénote un dysfonctionnement grave de l’école en ce temps-là).

Car, oui, il y a déjà des écoles en ce temps-là et, n’en déplaise à France-Galles (10-22), Charles n’a rien inventé en la matière. A qui fera-t-on croire que Socrate et Platon n’avaient pas appris à lire et écrire et que Pythagore a appris à compter tout seul sur ses doigts ? A personne !... Donc, Charlemagne (puisque c’est ainsi qu’on l’appelle dans cette formulation doublement erronée), s’il a inventé quelque chose, est plutôt le créateur de l’ancêtre de l’ENA puisque ce qu’il voulait c’était de bons religieux, bien instruits et capables d’aller débrouiller tous les problèmes un peu partout dans son royaume/empire.
La culture est donc quelque chose d’important aux yeux de Charles, même s’il n’en est lui-même qu’un piètre consommateur. Son Jack Lang s’appelle Alcuin et son Jacques Attali, Eginhard. C’est à cet aréopage de savants hommes que l’on doit la minuscule caroline (qui n’est pas une princesse de Monaco qui serait trop souvent passée à la machine à laver), le développement du monachisme et de leurs scriptorium où on recopie tous les ouvrages ayant de la valeur (ce qui explique qu’on n’est rien gardé des premiers romans de Marguerite Yourcenar sortis à cette époque). Les historiens, par manque d’imagination et de vocabulaire, qualifient cette période de Renaissance (voir ce mot à la lettre R comme Renaissance)… ce qui fait plusieurs renaissances pour l’Occident qu’on ne doit donc plus voir comme un territoire mais bien comme un phœnix.

Parmi les terres de conquête de Charles, il y a aussi le nord de l’Espagne et la Bretagne, régions sauvages, occupées par des peuples barbares. Ce qui prouve que cette conquête n’a rien changé. Pour être bien sûr qu’il n’y aura pas de risque de contamination de ces espaces arriérés sur l’empire à la civilisation renaissante, Charles instaure des marches ce qui fait ressembler l’Europe à une sorte de grand escalier. Ce sont donc de très longues distances que doivent parcourir les envoyés de Charles, ceux qu’on appelle les missi dominici (aucun rapport avec Gaston Dominici pour les accros de Faites entrer l’accusé). Des distances si longues qu’on n’est plus dans un royaume mais dans autre chose. Un véritable empire.

C’est à la Noël 800 que Charles reçoit le titre impérial en cadeau (cadeau aussi pour les élèves des siècles suivants qui n’auront jamais de mal à mémoriser cette date, sauf qu’ils lui rattacheront le baptême de Clovis ou la bataille de Marathon). Un drôle de cadeau puisque c’est quand même à la base une vacherie du pape Léon III qui lui a donné ce que Charles voulait prendre lui-même. Du coup, il se retrouvait à nouveau sous le pape et ça a ronflé sévère parce que faire tout ça pour se retrouver dans la même situation qu’au départ c’est sacrément rageant… D’autant que cet empire tout neuf, Charles, sentant ses vieux jours l’emporter sur les jeunes jours, sait qu’il lui faudra bientôt le céder… Ce qui veut dire un nouveau partage et entre plein de fils plus ou moins légitimes et plus ou moins coopératifs. De quoi pourrir la vie d’un pauvre vieux qui se console en regardant pousser sa capitale Aix-la-Chapelle (ce qui à tout prendre est plus passionnant que l’intégrale de Derrick) jusqu’à ce que sonne l’heure du trépas le 28 janvier 814.

Il reste encore un point à préciser concernant Charlemagne. La barbe diront ceux qui ne lisent ce dictionnaire que pour les mots se trouvant à la lettre D comme Dorothée, Divonne-les-Bains ou Dalida ! Ben justement, c’est de barbe qu’il s’agit car contrairement là aussi à une légende fort tenace, Charlemagne n’avait pas de barbe fleurie à cause d’une rupture de stock sur le terreau fertiligène KB Jardin. Pas de fleurs du coup mais par contre beaucoup de poux (hiboux, genoux, cailloux, nailloux, Fouroux…) ce qui fait que pour éviter les démangeaisons, il ne portait pas de barbe du tout, du tout, du tout. Alors qui a eu cette idée folle d’inventer autant de conneries sur Charlemagne ? Ceci est une autre question et que nous saurons traiter (au KB Jardin) en son temps.
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Lun 2 Sep 2013 - 20:45

mdr mdr mdr mdr mdr 

Si la Loire n'avait pas rencontré la Mer des Faluns, elle coulerait dans la Seine, ce qui ferait quand même un peu désordre puisque la Seine ne serait plus la Seine!
Et quand on sait ce que représente la traversée du Machin Massif, elle a eu bien raison de le contourner, d'ac, c'est plus long, mais moins fatigant!

C'est la vieux Totor qui a collé une barbe à Carolus Magnus, ça a de l'allure l'empereur "à la barbe fleurie" qui revenait d'Espagne, où soit dit en passant il venait de se prendre une pâtée mémorable par les méchants sarazins!
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 3 Sep 2013 - 0:16

Aa : Fleuve étonnant français (80 km)

Une idée courante et fort courue veut qu’il y ait en France quatre fleuves (5 si on compte le Rhin et 6 si on est un dangereux révisionniste qui considère que la Dordogne en est un). Il suffit d’ouvrir le dictionnaire au début de la partie consacrée aux noms propres pour tomber sur une entrée qui contredit cette croyance bêtasse. Ah ah, vous dites-vous ? Nous aurait-on menti ? Y aurait-il un tabou sur les fleuves en France comme il y en a sur le pourcentage de teinture dans les cheveux de François Hollande ou la part de chant dans les murmures de Carla Bruni ?

Point ! C’est juste que pas grand monde ne parvient à faire la différence entre un fleuve, une rivière, un cours d’eau (et alors entre affluent, sous-affluent, confluent, ça patauge autant qu’un gouvernement se préparant à aller faire la guerre en Syrie… laquelle n’est pas un fleuve soit dit en passant). Qu’est-ce qui fait donc la fleuvitude de l’Aa ? Eh bien, d’abord qu’il a une source (mais ça c’est commun, c’est le cas pour tous les cours d’eau ou pour tous les cumulus qui ont une fuite)… Mais aussi – et surtout ! – le fait qu’il se jette dans la mer. Résumons-nous : une source dans les monts du Boulonnais (une sorte de levée d’écrou, quoi…) et un estuaire qui débouche dans la mer du Nord (une sorte de terrain vague dans le plat pays de Jacques Brel). L’Aa est donc bien un fleuve ! Ce qui n’est pas le cas de cours d’eau bien plus connus comme l’Aube, la Moselle, la Saône, la Sambre-et-Meuse (tsin tan tan tsoin tan tan tan tsoin…).

Coulant entre les départements du Nord et du Pas-de-Calais, on sera surpris d’apprendre que ce FLEUVE est un fleuve de la région Alsace… Mais non, c’est pour voir si vous suiviez !!! C’est bien évidemment un fleuve de la région Nord-Pas-de-Calais… Une région en crise financière grave comme on ne peut l’ignorer désormais puisqu’elle a perdu son triple A et doit se contenter d’un double. Cette situation difficile au plan social ramène beaucoup de paumés vers la bouteille… C’est là que l’Aa est làààà… L’Aa n’est-il pas le fleuve préféré des alcooliques anonymes ? « Que d’eau ! Que d’eau ! » comme aurait dit l’autre !
Mais l’Aa est aussi fort connu des cruciverbistes (qui ne sont pas, mon petit Kevin, des cultivateurs de crucifères ou des collectionneurs de verbes mais bien des amateurs de mots croisés). Donc si vous trouvez « Le premier fleuve de France », « Court dans le Nord » ou « Voyelles redoublées », c’est Aa la bonne réponse… Même si ça ne cadre pas avec le 5 vertical !

« Dans les années 1995-2005, la turbidité et l'eutrophisation d'origine agricole augmentent, et remplacent les pollutions industrielles et urbaines qui ont elles été en grande partie traitées. » nous dit wikipédia. On veut bien la croire mais on préférerait savoir par quelles villes d’importance passe l’Aa. Eh bien, il y en en a deux essentiellement. Deux mégapoles planétaires mondialement connues dans la région : Saint-Omer et Gravelines. Et cela suffit bien ainsi. Ne voulant pas concentrer sur lui trop d’attention, l’Aa s’en tient là et n’en a pas voulu d’autres.

Pour finir, ayons quand même une pensée pour ce pauvre Aa. En effet, telle une personne âgée s’étant cassée le col du fémur, ce malheureux fleuve est corseté et canalisé, ce qui ne l’empêche pas de divaguer et d’avoir plusieurs bras comme un habitant des abords de Fukushima. Quant on est si mal foutu et qu’on est pourtant bien placé en tête du dictionnaire, c’est quand même qu’on doit avoir de la qualité… La preuve en chansons car tout le monde connaît « la chanson de l’Aa » (« Un jour l’Aa…. ») ou «  A l’Aa queue-leu-leu ». Mais savoir que c’est un fleuve, alors là, à part deux ou trois cruvicerbistes, crivercibistes, crubicervistes, ben il n’y a plus personne.

Et je vous interdit de rigoler !
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Lun 9 Sep 2013 - 23:36

Louis XII : roi de France (1462-1515) qui n’a même pas réussi à avoir un vrai surnom. Certes, il a été acclamé de son vivant du titre de « Père du peuple » mais il n’est gros, ni grand, ni juste, ni petit, ni mince, ni rien du tout. Il est juste Louis XII ce qui n’est quand même pas mal quand on y réfléchit mais qui peut peut-être expliquer pourquoi il fallut attendre un siècle pour qu’un autre Louis montât sur le trône de France. Le prénom Louis, après lui, s’était en quelque sorte démonétisé.
 
Louis ne naît pas roi potentiel. A dire vrai, il cumule les tares et les problèmes. D’abord, il est le fils d’un poète ce qui ne fait pas très sérieux à une époque où il faut pouvoir mettre en avant sa testostérone pour exister. Il est aussi fils d’un prisonnier de longue durée (non, non, il n’a pas plusieurs pères… c’est bien du même paternel dont il est question) puisque fait prisonnier à la bataille d’Azincourt en 1415, Charles d’Orléans resta vingt-cinq ans en Angleterre en attendant que soit versée sa rançon. S’égara-t-elle en route ? Y eut-il un mouvement de grève chez les agents de change ? Sa famille fit-elle preuve de mauvaise volonté à son endroit ? Dans tous les cas, Charles d’Orléans ne revint en France qu’en 1440 ce qui rajoute un travers supplémentaire à son statut de père. Louis eut pour père un poète, un prisonnier mais aussi un vieux… Car pour bien compliquer les choses, on colla entre les pattes du barbon une jeunette de 14 ans, Marie de Clèves, plus jeune de 32 ans… Et comme celle-ci fit traîner les choses en faisant mille coquetteries au lieu de se laisser besogner comme il convient, le petit Louis naquit alors que son père allait sur ses 63 ans. On dira ce qu’on voudra, voilà une vie qui partait fort mal.
 
Dans les contes, les fées se penchent sur les berceaux des princes et des princesses. Pour le malheur du futur Louis XII, celui qui se pencha sur ses couvertures avait un air fourbe et machiavélique, portait un drôle de chapeau plein de médailles et le même prénom que lui. Louis XI, puisque c’est de lui qu’il s’agit, détestait la famille d’Orléans (peut-être parce qu’elle lui rappelait tout ce que son trône devait à une certaine pucelle qui s’était couverte de gloire en cette ville justement). Il donna donc au jeune Louis sa propre fille en épousailles alors qu’il était encore fort jeune. Cadeau royal dites-vous ? Que nenni ! Jeanne de France, fille de Louis XI, n’aurait pas été élue miss France même si elle n’avait eu pour rivales que madame de Fontenay, Alice Sapritch et Pauline Carton. Elle était difforme au dernier degré et surtout imb…, enfin pas féconde. Dans son esprit aussi tordu que le corps de sa fille, Louis XI avait trouvé le moyen de stériliser à jamais la branche des Orléans dont il craignait qu’elle vint concurrencer sa propre descendance.
 
Bien évidemment, dans de telles conditions, le jeune Louis d’Orléans fit l’exact opposé de ce qu’on attendait de lui. Il ne cessa, après la mort de Louis XI, de se révolter contre le fils de celui-ci, le roi Charles VIII. Un peu comme un pique-assiette traditionnel, il était de tous les soulèvements nobiliaires avec ses potes François II de Bretagne et René II de Lorraine cherchant sans arrêt à gratter quelque chose. Cela lui valut bien des soucis et même de tâter de la prison… Sauf que Charles VIII n’ayant pas d’enfant vivant, Louis était l’héritier du trône. Au bout d’un moment, ça fait réfléchir et on voit certaines perspectives intéressantes se matérialiser. Nous n’irons pas jusqu’à affirmer - sans preuves - que c’est Louis d’Orléans qui fit qu’une certaine porte du château d’Amboise se trouva trop basse pour Charles VIII et que celui-ci, s’encastrant dans le linteau, y laissa une marque et la vie… Mais bon quand même, cette histoire de porte trop basse, outre que c’est ridicule, ça ne fait pas bien sérieux.
 
En 1498, Louis d’Orléans se trouva donc roi sous le nom de Louis XII… tout en étant toujours marié à la fille de Louis XI ce qui peut plonger certains mathématiciens dans des affres de perplexité. La mission première d’un souverain, tout comme d’une photocopieuse, étant de reproduire, Louis XII vit là l’occasion de se débarrasser de son monstre d’épouse. Il trouva un pape bien disposé pour annuler le mariage et permettre à Jeanne de se donner la chance d’être la seule chose qu’elle pouvait être, une sainte. Et, hop ! Aussitôt, Louis XII épousa… la veuve de son prédécesseur, Anne de Bretagne. Ah, on dira ce qu’on voudra ! Ils n’avaient pas besoin de petites annonces ou de Meetic à l’époque ! On se mariait aussi vite qu’aujourd’hui on se fait livrer une pizza reine. Là où Louis XII ne fut pas finaud, c’est qu’il épousa une femme qui n’avait pas été foutue de donner un héritier mâle vivant à son premier mari. Fallait-il qu’il soit prétentieux pour croire qu’il y parviendrait sans problème !... Tout ce qu’il obtint de la reine Anne, ce fut de pouvoir jouer un peu – mais pas trop ! - avec la Bretagne et une fille, Claude, qu’on ne tarda pas à prendre pour une prune.
 
Mais bon, Louis XII avait une femme ce qui pouvait suffire à son bonheur d’homme mais pas à son honneur de roi. Pour prouver qu’il existait, pour montrer qu’il en avait, il lui fallait faire la guerre… Et cette fois-ci une vraie guerre, pas une révolte à deux balles où on perd un morceau de bataille avant de se rendre comme le premier des chiens galeux. Le problème pour Louis XII, c’est qu’il avait tant guerroyé en tant que prince rebelle dans le royaume que plus personne ne le prenait au sérieux quand il déboulait à la tête de ses troupes. Il choisit donc de délocaliser sa guerre dans un espace plus tendance, à savoir l’Italie. Nous jetterons un voile pudique sur ces opérations militaires. Les défaites furent des défaites et les victoires ne valurent pas mieux car Louis XII n’eut pour alliés que des professionnels de la traîtrise ; donc, dès qu’il gagnait une bataille, ses alliés se retournaient contre lui et s’alliaient avec ses ennemis. On comprend que dans de telles conditions, le roi en eut vite assez… Mais comme il était têtu, il y revenait sans cesse… Avec le même résultat…
 
En plus de perdre ses guerres, Louis XII perdait ses nerfs… Il n’avait toujours pas d’héritier mâle… et il voyait son gendre, François d’Angoulême, déjà caresser du regard la couronne royale tout en se disant que lui saurait faire fructifier une éventuelle victoire en Italie en la rendant impérissable. Raison pour laquelle on connaît la victoire de Marignan de 1515 et pas celle d’Agnadel en 1509. Louis XII était donc un mauvais communiquant. Il en fut réduit à épouser la sœur du roi d’Angleterre, Henri VIII, qui venait de lui mettre une nouvelle pâtée, pour essayer d’avoir quand même un fils. Mais là aussi, Louis XII était mauvais, commun niq… (oui, bon, vous avez compris… il n’eut pas ce fils et Marie d’Angleterre remplit à merveille la mission qu’on lui avait confiée en épuisant le vieux roi et en le conduisant au trépas quand il aurait préféré qu’elle l’amène au Tréport).
 
Louis XII ne trouva rien de mieux que mourir un 1er janvier ce qui était quand même pourrir d’emblée le début du règne de son gendre et successeur François Ier. Celui-ci dut en effet payer salaire triple au personnel des pompes royales funèbres ce qui mit le budget de l’Etat en déficit et le conduisit à se précipiter en Italie pour essayer d’y piller des richesses afin de renflouer le trésor. Mais ceci est une autre histoire et un autre article.
 
Donc, Louis XII ne fut pas forcément un mauvais roi mais il rata beaucoup de choses. Aujourd’hui, nul doute qu’il aurait un poste dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et peut-être pas sa statue équestre à l’entrée du château de Blois.
 


Dernière édition par MBS le Mar 10 Sep 2013 - 13:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 0:37

T'arrête pas. Je commence à aimer l'histoire-géo... mdr mdr mdr

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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 0:49


De récentes études tendent à démontrer que Louis XII a fait exprès de ne pas faire de fils à sa Duchesse, pour que la Bretagne finisse par tomber dans l'escarcelle de la France! AngeR 
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 9:23

J'ai ouï dire aux informations qu'il existerait des problèmes récurrents entachant les épreuves d'histoire-géo lors des dernières sessions du bac. A la lecture de ce fil, je comprends mieux pourquoi ...
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 13:28

Fête de la Fédération : Fête nationale et révolutionnaire tenue à Paris (tu m’étonnes…) le 14 juillet (tiens, tiens…) 1790.

Alors oui, messieurs les journalistes, il est grand temps que vous le sachiez, chaque année, vous affirmez une énorme connerie en disant le 14 juillet qu’on célèbre la prise de la Bastille. Le 14 juillet, on fête une fête (ce qui n’est pas si courant). La fête de la Fédération.

Quesaco ? Eh bien, une sorte de gigantesque sauterie organisée pour rappeler la prise de la Bastille intervenue un an plus tôt. Mais si la prise de la Bastille avait été un moment de violence, la fête de la Fédération se veut un moment de rapprochement, de convivialité et de confraternité. Une sorte d’ancêtre des apéritifs facebook. L’objectif c’est d’accueillir à Paris (évidemment… ils n’allaient pas faire ça à Plougastel ou à Fesenheim) des représentants de tous les départements de France (départements tout neufs et auxquels on trouvait de surcroît une utilité supplémentaire). Ces représentants étaient des gardes nationaux (donc des gens qui gardaient la nation… ils n’allaient pas envoyer des gardes-champêtres qui, eux, sont chargés de garder les champs, et ce même si la fête devait se tenir au Champ-de-Mars). Ils partirent peu nombreux mais par un prompt renfort ils se virent 14000 en arrivant au port du quai de Javel. Là, massés sur une esplanade que ne dominait point encore la lourde structure de la tour Eiffel, ils assistèrent à une messe célébrée par Talleyrand, moment aussi crédible que d’assister à l’entrée de Nabila à l’Académie française ou à un journal télévisé de Jean-Pierre Pernaut expliquant les réalités des crises diplomatiques ou économiques dans le monde. Après la messe, vint… Mais non, pas l’apéro !... J’ai écrit apéritif tout à l’heure pour donner une image, pour fixer les choses un tant soit peu… Donc, je reprends… Après la messe, vint… Mais non, pas un vin d’honneur !... Ce n’est pas possible ! Vous avez un problème avec la boisson, vous !... Attendez, je vais d’abord vous faire souffler dans le ballon et je ne continuerais que si c’est correct… Allez ! Soufflez !... M’ouais… Faudrait voir à arrêter le calva avec le café le matin… Là, on est aux limites du réglementaire…

Donc, après la messe, vint (je sens qu’il va dire vin de messe… retenez-moi où je fais un malheur)… vint le temps des serments. La Fayette fut le premier à amuser la galerie en prêtant serment de respecter la constitution et de garantir l’unité des différents départements s’étant fédérés. Puis, Louis XVI s’avança et lui aussi prêta serment… Oui, oui, il était un peu enrobé, Louis XVI… Oui, oui, il était un peu nerveux aussi… Ah c’est vrai que le contexte n’était pas très favorable pour lui… Chacune de ces journées révolutionnaires minait son pouvoir et son moral… Et alors, vous savez comment ça se passe dans ces cas-là, on grignote, on grignote et on finit par s’en mettre jusque là… Et on grossit… C’est exactement ça, il a fait des rations pensant qu’il ne serait pas à la fête. Bon, eh bien, je vois que vous avez compris. Ce n’est donc pas la peine de s’éterniser sur cet article. De toutes les manières, cette fête tout le monde va se dépêcher de l’oublier. Y compris les journalistes qui l’année prochaine vous rediront que le 14 juillet on célèbre la prise de la Bastille.
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 13:32

MBS a écrit:
vint le temps des serments
De vigne ? Ange mdr 

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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 13:39

Non !... De cœurs !...

mdr 
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 13:52

Je suis sûr que si les profs donnaient des cours en ces termes, les élèves les assimileraient et les retiendraient bien mieux !

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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 14:08

C'est un peu ce que me disaient deux anciennes élèves croisées hier dans le couloir du lycée... "Au moins, avec vous, on ne s'ennuyait pas"... Pas sûr quand même, comme le disait Vic, que le contenu leur assurerait de bonnes notes...
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 14:32

Si on enlève les serments et si on remet l'apéro et le cubi de rouge, c'est un peu la fête des voisins, alors ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Imprimé par nos soins. Ne pas jeter sur la voie publique.
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 14:33

On a le droit de plonger des bastilles dans la boisson, pour la rendre plus gaie ?

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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 18:25

M.G, indigné, propose à l'Akadémy de rétablir le Droit de Veto contre certains écrits iconoclastes! mdr mdr mdr
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 18:27

Pourquoi ? Il n'aime pas les nouvelles aventures de Fiona parce qu'il n'est pas dedans ?
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mar 10 Sep 2013 - 21:52

Mers el-Kébir : événement de la Seconde Guerre mondiale (3 juillet 1940)

La marine française n’a jamais aimé les Anglais. Trop de souvenirs mauvais de l’Ecluse à Aboukir et de La Hougue à Trafalgar (voir à ces différents noms). La marine anglaise a toujours eu peur des Français. Trop de souvenirs d’affrontements gagnés finalement perdus sans trop savoir pourquoi. Voilà pourquoi le 3 juillet 1940 les deux marines vont offrir ce spectacle sidérant et déplorable de deux alliés s’affrontant sans aucune déclaration de guerre.

Plantons le décor. La mer, qu’on voit danser le long des golfes clairs, a des reflets d’argent. L’Algérie, écrasée par l’azur. L’aurore était légère, il faisait presque beau. In the navy. Yes, you can sail the seven seas. Comment ça ce n’est pas clair ?!... Le lecteur est décidément bien difficile en ce moment et s’il est soucieux de s’instruire, on ne peut pas dire qu’il fasse de gros efforts pour y parvenir.

Or donc, Mers el-Kébir se trouve en Algérie. C’est là que les Français ont depuis 1935 une grande base navale qui est, avec Toulon, la grande base de la Méditerranée… Donc, en l’occurrence, plutôt le sud de la Méditerranée. Oui mais voilà, dans la grande tradition de ses branlées mémorables, l’armée française vient d’inventer en ce printemps 1940 le nec plus ultra : la débandade complète sur terre, dans l’air et sous l’eau. Pour pouvoir reculer plus vite, les mauvaises langues disent que les camions de l’armée française avaient une marche avant et cinq vitesses en marche arrière. Les avions français ? Des espèces de cercueils volants de formes rectangulaires qui volent si vite et qui sont si solides qu’il suffit de croiser un seul avion allemand pour conduire des équipages entiers au paradis juste avec le courant d’air. Heureusement, la France avait sa flotte… Une flotte désormais de Vichy ce qui lui assurait au moins la certitude d’être digeste à défaut d’être victorieuse.

Et c’est là que les Anglais se montrèrent méchamment attachés à leurs traditions francophobes. Ils vinrent menacer cette tranquille flotte française invaincue – car n’ayant pas combattu – dans sa tranquille baie de Mers el-Kébir. Oui, on pourrait dire que la flotte française était en rade mais qu’elle fonctionnait toujours. Les Anglais s’approchèrent à pas de loup des navires français et, soudain, ils tirèrent !!!

Forcément, les Français ne se méfiaient pas puisqu’on leur avait dit que leurs ennemis c’était de méchants Allemands avec des casques kakis sur la tête et des motos à side-car ridicules comme dans la Grande Vadrouille. Quand ils virent arriver les Anglais, ils leur firent bon accueil.
- Qu’est-ce que c’est ? Pourquoi qu’on nous dérange le matin alors qu’on pourrait rester au pieu à taquiner la Tonkinoise et à maronner l’Oranaise ?
- Good morning messieurs les Frenchies… Sorry for the derangement… Nous ne voulons pas, bonté divine, que votre navy soit donnée aux Allemands. So…
- Allez vous faire foutre, sales bâtards d’Anglais !
- Si vous le voulez, vous pouvez rejoindre nous et nous irons faire une grande ballade sur l’océan très loin d’ici.
- Cassez-vous, connards de Rosbifs !
-Vous avez aussi la possibilité de rejoindre un anglais port pour poser à bas vos armes.
- V’z’êtes dur du pudding, les Englishs ?! On vous a dit de vous barrer… Sinon, on va se venger de toutes les avanies et de toutes les avaries que vous nous avez fait subir.
- Subséquemment, vous pourriez also aller vous planquer aux Antilles…
- C’est pas possible… Ils ont de la gelée à la groseille dans le cigare !… Foutez le camp, gros nullards ! Ici, on est chez nous… Et on restera chez nous ! Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine ! Parce qu’on vient de les rendre aux Boches…
- Ultime proposition de nous… Vous pourriez couler vous-mêmes vos bateaux… Il suffit de dévisser le bouchon petit qui est au fond de la coque et…
- Pour que vous en fassiez des porte-clés à vendre à Trafalgar Square ?!… Cassez-vous !

Comme on le voit dans ce dialogue d’époque conservée dans les archives, l’amiral Gersoul, commandant la flotte française, se comporta en parfait gentleman, exaltant l’amitié franco-britannique et cherchant à apaiser la situation. Au contraire, les envoyés de l’amiral Sommerville, un ancien Communard, se signalèrent par des propositions irrecevables dont le seul but était de parvenir à l’issue tragique qui a déjà été évoquée plus haut : l’ouverture du feu sur la flotte française.

Salauds d’Anglais ! Ils n’ont pas changé depuis Jeanne d’Arc !

Nota : C’est par une erreur regrettable qu’il a pu être indiqué en certains livres d’Histoire que les chefs de la marine française se seraient mal conduits en cette occasion. On le voit, les documents d’époque sont formels. De même, il est absolument désolant que certains confondent cette bataille de Mers el-Kébir avec la couscousserie Marcel Kébir, 18 rue de l’adjudant Cruchot à Belleville-les-Mouettes dans le Calvados.
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Mer 11 Sep 2013 - 1:13

J'aime bien Michelet aussi...on rigole un peu moins quand même, et puis c'est un peu moins crédible, mais c'est marrant.
Tu fais tes cours comme ça, sinon ?
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MessageSujet: Re: Dictionnaire incorrect de la France   Jeu 12 Sep 2013 - 16:22

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