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 Défi de la rentrée 2013

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Romane
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MessageSujet: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 22:45

Je suggère à ceux qui seraient partants, d'écrire un texte à base de ces ingrédients :

L'histoire se passe ici :



Les ingrédients devant intervenir dans l'histoire :
- une valise bourrée de clés de douze
- une toile cirée signée
- un chapeau à voilette
- la statuette d'une accordéoniste
- quarante trois gouttes d'eau dans le couloir
- Un tube de rouge à lèvres
- un percepteur dans le placard

A vous les scribouillards. écrit

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 22:46

Longueur ?... Parce que je me connais...

AngeR 
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Romane
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 22:53

mdr  ah oui, c'est vrai. Disons que vous vous donnez une heure à partir du moment où vous posez les doigts sur le clavier.

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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 22:56

Bon, alors, c'est râpé pour ce soir... Je suis déjà en train de podaniser...
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 22:57

C'est pas à un jour près. Faut commencer cool !

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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 23:03

Attends, si je mets deux heures pour faire le rapport de visite de ma stagiaire, je peux faire quelque chose en une heure quand même en trouvant ça très cool, non ?...

mdr 
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 23:06

Si tu veux tout faire ce soir et tout très cool, c'est même aussi possible. Il suffit de le faire cool. mdr

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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 23:08

Ah ben non, faut pas exagérer... S'il y en a trop, je cool...
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 23:10

Au boulot, au lieu de bavasser ! Tu m'étonnes que t'es pas efficace et que tu rames à rameuter des volontaires pour le théâtre.... Chuuttt Ange mèche mdr

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Tryskel
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 23:32


C'est quoi une "clef de douze"? mdr 
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 23:33

Un truc qui ouvre mieux les portes qu'un téléphone portable...
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mar 17 Sep 2013 - 23:55


Tryskel a écrit:

C'est quoi une "clef de douze"? mdr 

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Mer 18 Sep 2013 - 0:07

ça ressemble plutôt à une clé de treize
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Jeu 19 Sep 2013 - 1:56

18/09/13

LA FOLIE

« - Vous êtes certain que c’est la bonne adresse ?
- Tout à fait, je suis déjà venu. Nous entrons ? »
Entrer, là dedans ? Si grande était sa déception qu’il hésitait.
«  Je comprends, je comprends, vous voulez le contempler pour mesurer votre chance ! »

    Sa chance ?
Il regarda le grand type à côté de lui en se demandant s’il allait lui falquer son pied aux fesses ! D’abord comment pouvait-il se balader en costar cravate impeccablement boutonné, et probablement sur mesures par cette chaleur ? Lui transpirait malgré son pantalon en toile et sa chemisette au col ouvert.
Une semaine plus tôt, il avait reçu un coup de fil inattendu :

«  Je suis bien chez Mr Degras ? » avait susurré la voix sensuelle d’une secrétaire.
«  - Oui, c’est moi
- Ici le cabinet de Maître Papraz, avec un Z. Il souhaiterait vous rencontrer au plus vite.
- A quel sujet ?
- Il vous le dira lui-même. Vendredi à 9H. »
On était Mercredi, ça ne lui laissait guère le temps de souffler ni de savoir qui était ce « Maître Papraz", avec un Z !
Il s’était donc retrouvé dans le cabinet dudit, à l’heure, et c’était un exploit pour lui d’être levé et prêt à pareille heure.
« - Vous êtes bien Aimery, Jean, René Degras, né à Nantes le 25 Juin 1983 ?
  - Oui, voilà ma carte d’identité.
  - Bien, vous devez vous demandez le pourquoi de cette convocation ? J’ai mis du temps à vous trouver Mr Degras.
  - Me trouver, mais pourquoi ? Je ne me cache pas !
  - Certes, non, certes non… j’ai été chargé de retrouver le dernier parent vivant du Comte de  Valdyr Toymesme. Ce nom vous dit quelque chose ? »
Oui, ça lui disait. Son arrière grande tante avait épousé un aristocrate, et c’était la fierté de la famille, même si elle n’en avait aucune retombée financière. Une comtesse dans les aïeux, pour des charcutiers traiteurs, c’était une gloire !
Une gloire dont la photo de mariage jaunie trônait au dessus de la cheminée de chaque Degras.
Le couple était parti en Amérique, et on n’en avait plus entendu parler depuis des lustres. Silence qui autorisait tous les fantasmes sur la fortune qu’avec son nom et son titre de Valdyr Toysmesme avait forcément accumulée là bas.
Quel rapport avec lui, fils unique de Louis Anatole Degras et d’Emilie Rondeau, décédée d’un accident de bicyclette peu après sa naissance ? Son père avait pris des maîtresses (il faut bien s’entretenir disait –il) mais ne s’était jamais remarié. Il avait fait prospérer le commerce de charcutier traiteur hérité de son père qui l’avait hérité de son père qui l’avait hérité de…
Flairant le filon du bio/ terroir avant tous ces concurrents, il avait gagné une clientèle chic, pas une cérémonie, une réception sans qu’on s’adresse à lui. Il avait même, fierté suprême, été demandé par l’Emir de Pétrolus lors de sa visite dans la capitale.
Bien que nantais d’origine, les Degras étaient monté à Paris dés la fin du XIXème siècle.
Mais il ne voyait toujours pas où l’autre voulait en venir, lui Aimery, était comédien, la charcuterie, très peu pour lui. L’affaire confiée à un directeur qui avait longtemps travaillé avec son père, tournait assez bien pour lui permettre de vivre entre deux saisons de théâtre.  Sa troupe était modeste et les pièces qu’il écrivait, faute de connaître le critique oracle qui lui ouvrirait les colonnes d’un journal lu par les gens branchés, recevaient au mieux un succès d’estime en province.
Donc il se trouvait le dernier parent vivant du comte, un petit fils ou même arrière petit fils, mais pourquoi cet américain faisait-il rechercher la branche française ?

   « - Le dernier comte est décédé un peu prématurément, sans descendant direct. Il a fait distribuer la part américaine de sa fortune aux parents américains, mais par amour pour ses racines françaises, a désiré que ses possessions en France leur reviennent.
    - Et il possédait quoi ?
    - Un château, à Nantes ! Ca vous intéresse ? »

    Ca l’intéressait, et c’est ainsi qu’après 2h et quart de TGV, il se retrouvait devant cette bâtisse aux côtés de l’avoué.

   «  - Mais, vous avez parlé d’un château !
       - C’est un château, vous qui êtes nantais, connaissez les Folies ? Vous constatez que le bâtiment est un peu à l’écart de la ville. »
S’il appelait 15km, « un peu » à l’écart, il avait une drôle de conception de la proximité !
Aimery était né à Nantes certes, mais juste né, sa mère avait tenu à accoucher dans sa ville d’origine, mais il avait toujours vécu à Paris.
Une Folie, tu parles ! Des façades délabrées aux fenêtres béantes, des palmiers maladifs surmontés d’un triste toupet de feuilles pendouillantes, et des tags pour compléter le tableau !
Devinant sa déception, l’avocat fit l’article :
« Elle ne paie guère de mine, j’en conviens, mais elle a été inhabitée pendant des décennies. Le comte l’avait acheté pour plaire à son épouse, un charmant pied à terre dans le Cité des Ducs. Ils ne sont venus qu’une fois, elle s’y est ennuyée rapidement, la vie trépidante de New York lui manquait.
 Ils l’ont conservée pour leurs enfants, qui ne s’y sont pas non plus intéressés, ainsi, elle parvint à votre lointain cousin qui ne l’a jamais vue, mais tenait à ce qu’elle demeure dans la famille. »
Beau cadeau, vraiment ! Il voulait qu’il en fasse quoi de ce truc ? 35 pièces, ça faisait du ménage ! Il n’avait pas les moyens de l’entretenir. Lui c’était un artiste, un comédien, un dramaturge, sa vie c’était le théâtre.

    « Réfléchissez Mr Degras, vous m’avez dit être homme de théâtre, ne sauriez vous tirer parti de cette demeure ? Elle ferait un beau décor, un lieu de résidence pour des artistes, vous pourriez la rentabiliser. »
Ce n’était pas idiot, comment n’y avait-il pas pensé tout seul ? Il n’avait aucun sens des affaires, ce qui avait fait le désespoir de son père avant que celui-ci ne le laisse, par amour pour sa chère défunte à laquelle il ressemblait tant et qu’il lui rappelait, vivre sa vocation.
« Nous entrons ? »
Puisqu’il avait fait le voyage, autant aller jusqu’au bout. La clef, une énorme clef en fer forgé, grinça dans la serrure.

    L’intérieur ne valait guère mieux que l’extérieur, enseveli sous une couche sédimentaire de poussière, sombre, ils durent ouvrir ce qui restait des fenêtres pour y voir clair.
La pièce dans laquelle ils pénétrèrent était envahie d’un invraisemblable bric à brac.
Sur un immense bahut qui avait connu des jours meilleurs, étaient entassés :
Un chapeau à voilette posé sur une tête de mannequin aux lèvres écarlates. Les araignées avaient tissé leur toile dans la voilette, lui donnant un aspect fantomatique.
La statuette bariolée d’une accordéoniste à laquelle manquait le bras gauche, la main reposant toujours sur les touches de plâtre écaillées.
Un nécessaire à maquillage dont le tube de rouge à lèvres, ouvert et desséché, donnait à l’écarlate un reflet vénéneux.

    En s’approchant Aimery buta dans une vieille valise en carton ramolli. Le choc provoqua un bruit métallique. Et si c’était des pièces, ou des lingots ? Cette atmosphère étrange lui mettait des idées bizarres dans la tête, lui qui ne s’était jamais intéressé à l’argent. Si c’était ça le véritable héritage, plutôt que cette baraque pleine de courant d’air ?
Il imaginait ce qu’il pourrait en faire : doter la troupe, faire jouer ses pièces dans de grands théâtres, avoir une vraie publicité pour les représentations…
En tremblant légèrement, il s’agenouilla, le couvercle résistait malgré sa vétusté, il glissa la lame de son couteau suisse dans la serrure, et la força, il ouvrit !
« Nom de dieu de merde, c’est quoi cette blague ?
   - Ce n’est pas une plaisanterie, ce sont des clefs de douze, et de très bonne qualité, acier suédois, je m’y connais, je suis bricoleur.
    - Bricoleur, avec son costard trois pièces griffé, ses pompes tellement cirées qu’elles brillaient et ses ongles manucurés ?
Vous vous payez ma tête Maître Paperaz ? Vous vous foutez de moi, vous me prenez pour un con, c’est quoi cette arnaque ? Qu’est ce que vous voulez que j’en fiche de tout ce merdier ? J’ai pas fais plus de 400 bornes pour voir une semie ruine !
    - Estimez- vous heureux, votre TGV était à l’heure. Et savez -vous ? J’en connais un certain nombre qui se réjouiraient d’hériter d’une Folie, elles sont très cotées sur le marché.
    - Et bien refilez leur !
    - Je puis certes me charger de la vendre malgré les travaux que nécessitera son état, mais avant de prendre une décision hâtive, veuillez visiter la suite.

    Ils passèrent dans un couloir éclairé par de grandes fenêtres, enfin éclairé, peut être quand les vitres étaient propres, mais beaucoup d’entre elles manquaient, ou étaient brisées, il suffit là encore de pousser les volets.
Le décorateur avait des goûts de chiotte : un tiers des murs étaient lambrissé, les deux autres recouverts d’un papier peint délavé représentant un berger faisant sa cour à une bergère qui préférait caresser un agneau ridicule.
« Toile de Jouy », précisa l’avoué « Probablement d’époque ». D’époque, laquelle ?
« Stop » Il s’arrêta, c’était quoi cette nouvelle lubie ? Maître Prapraz s’accroupit en prenant soin de ne pas froisser son costume :
«  Un, deux trois… quarante trois ! Il y en a quatre de plus »
    - Quatre quoi, de plus que quoi, que quand ?
     - De plus que la première fois que je suis venu, des gouttes d’eau !
     - Vous comptez les gouttes d’eau ?
    - Qui dit gouttes d’eau dit fuite, qui dit fuite dit dégâts. Ca ne paraît pas encore trop grave, mais il va falloir localiser la fuite et réparer pour ne pas que tout moisisse.
    - Vous vous y connaissez ?
    - C’est mon métier Mr Degras, évaluer les biens, vérifier leur état, estimer les réparations, les frais de remise en état, vendre, acheter, revendre… »

    Le couloir les conduisit à une enfilade de pièces. La première était vide, hormis une immense table sculptée sur la quelle on retrouvait une bonne douzaine d’exemplaires de la statuette de l’accordéoniste, intactes celles-ci, les couleurs criardes heurtaient le regard. Quel esprit tordu avait pondu ces horreurs ? Ca lui faisait penser aux statues de style sulpicien, autant de mauvais goût pompier.
Et sous les statuettes, une toile cirée. Une inscription attira son attention, pâlis, mais encore lisible sur l’orangée du fond, ces mots :
« Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas
Tous les deux aimaient la belle, prisonnière des soldats… »
Pas besoin de lire la suite, il connaissait le poème par cœur pour l’avoir récité lors de son audition d’entrée au cours de théâtre.
Une signature griffonnée : « Louis ».
Il connaissait la légende entourant « La Rose et le Réséda », Aragon l’aurait écrit en quelques minutes sur une nappe de restaurant. Cette nappe là ? Que ferait t elle ici ?
L’avoué l’approcha, et saisi une des statuettes, la retourna : «  Vous avez vu la signature ?
 - La signature sur la nappe ?
 - Non celle-ci, c’est un Platrabouilli !
 - Quoi, cette mocheté est signée, il a pas honte le mec !
 - Platrabouilli était un fabricant de santon, célèbre au début du siècle, le XXème !
 - Ca un santon, c’est trop grand, et puis un santon accordéoniste, ça n’existe pas !
 - Il y a des santons de toutes les tailles, vous avez quelque chose contre l’accordéon ?
Oui, il détestait l’accordéon, le bal musette et les Fiancés d’Auvergne, mais il était bien plus préoccupé par la nappe !
«  Qui a pu apporter tout ce fourbi ici ?
  - Le château a été loué quelques années à un antiquaire.
  - Qui collectionnait les clefs de douze ?
  - Vous savez, ils achètent des lots, sans toujours en connaître le détail, ils espèrent y dénicher une pièce rare.
  - En parlant de pièces rares, vous avez remarqué les portes de ce placard ? »
Elles étaient sculptées de volutes et de fleurs, trop chargé à son goût, mais ne manquaient pas d’un certain charme. Cette baraque baroque allait finir par le séduire.
Il tourna la clef, ouvrit la porte, et recula : un corps venait de choir à ses pieds !

    « Maître Paperaz, Maître Paperaz, il y a un cadavre !
    - Un cadavre, vraiment, dit l’avoué sans s’émouvoir. Par tous les dieux de l’Olympe, c’est le percepteur, zut, je l’ai oublié !
    - Vous avez oublié un percepteur dans un placard ?
    - C’est une histoire un peu compliquée. Je vais faire court.
Je vis aux Etats Unis, descendant d’immigrants grecs. Mon cabinet s’est vu confié la recherche du descendant du comte de Valdyr Toymesme. J’ai ouvert un cabinet à Paris, et engagé un stagiaire. J’ignorais que c’était un agent du Ministère des Finances, c’est la parano chez vous avec l’exil fiscal, les tricheries sur les impôts, et j’en passe, comme étranger, j’étais suspect. Cet espion a signalé que j’allais visiter une Folie pour le compte d’un héritier, cet abruti de percepteur, flairant un bon coup pour me prendre en défaut de détournement c’est pointé ici. Tout seul, il voulait faire un coup d’éclat pour avoir de l’avancement. Il m’est tombé dessus quand je commençais l’inventaire, pour avoir la paix, je l’ai enfermé dans ce placard. Et vous savez ce que c’est, il y a tellement de choses surprenantes dans cette maison, dont certaines ont de la valeur, une expertise le prouvera, qu’après la visite, je suis sorti et lui m’est sorti de la tête !
  - Mais, qu’est ce qu’on va en faire ?
  - On pourrait le vendre comme momie après quelque arrangements, ça paye encore bien les momies !
   - On va le rechercher, je ne veux pas d’ennui avec la police !
   - Vous n’aimez pas la police ?
   - Pas plus que les accordéonistes.
   - Vous acceptez l’héritage ? Vous ne le regretteriez pas.
   - Mais avec un cadavre dans le placard, ça fait désordre quand même !
   - Ne vous inquiétez pas, j’ai des connaissances qui feront le ménage. Votre Folie vous sera remise nickel chrome, vous êtes insoupçonnable. Je ne vous demanderai qu’une chose en échange.
  - Quoi ?
  - La valise de clefs de douze ! »
FIN

J'ai commencé, puis j'ai été interrompue, alors au total, ça a peut être pris plus d'une heure, mais bon, voilà le résultat!
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MBS

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MessageSujet: Les traditions ont bon dos   Jeu 19 Sep 2013 - 22:25

Chez les Gervais de la Prévalière, les traditions étaient une chose sacrée et s’il était bien une tradition qui ne se perdait pas, même dans le noir, c’était la convergence annuelle vers l’ancien hôtel particulier familial, une demeure de style au classicisme vaguement baroque. Cette transhumance s’expliquait précisément par la nostalgie d’une richesse passée et fracassée dans le divorce houleux entre les grands-parents paternels, Edgar-Joshua et Emelyne-Aglaé.
Tout avait commencé par la découverte d’un tube de rouge à lèvres dans la poche intérieure du complet gris poussin d’Edgar-Joshua Gervais de la Prévalière alors qu’il revenait d’un symposium consacré à la statuaire musicale populaire au XXème siècle, symposium au cours duquel il était intervenu pour présenter la figure méconnue d’Yvette Ornière, une accordéoniste du début-milieu du siècle que le succès avait arraché à la boue d’une enfance terrible. Dire qu’on l’avait désormais statufiée et que cette œuvre d’art, si œuvre et art veulent encore dire quelque chose dans ce cas précis, dormait à jamais parmi les reliques de l’hôtel particulier du 112 boulevard Joseph Foch de l’Anguiye-sous-Roche…
Bref, Emelyne-Aglaé avait trouvé la présence de cet ustensile de maquillage terriblement féminin fort incongrue et était tout de suite montée sur ses grands chevaux (Une de juillet, Ourafrique et Idéal du Naseau) avec lesquels elle venait de gagner le prix d’Amérique le week-end précédent dans le désordre.
- Eh bien quoi, Edgar-Joshua ?! Vous avez encore fréquenté une de ces catins d’Hambourg !
- Par tout ce qui m’est le plus sacré, ma chère, je puis vous affirmer qu’il n’est rien advenu lors de ce symposium qui puisse vous mettre ainsi la puce à l’oreille pour me chercher des poux dans la tête.
- Voire !... M’expliquerez-vous ladite incongruité ?
- Le voudrais-je que je ne saurais le faire ! J’ignore absolument quelle fantaisie du destin a fait atterrir ce rouge à lèvres dans ma poche…
- N’était-ce point à Hambourg ?
- Mais ma chère, ce symposium n’était point à Hambourg mais à Izmir…
- Eh bien vous aurez fait un détour sur le chemin du retour… Croyez-moi ! Cela ne se passera pas comme ça ! J’en ai soupé de vos passades !... Et désormais j’aimerais, si vous le permettez déjeuner en paix.
Emelyne-Aglaé enfonça son chapeau à voilette avec une telle force que celui-ci, mal freiné par des oreilles trop menues, lui tomba sur les yeux. La situation, grotesque au plus haut point, arracha un rire nerveux à l’époux supposé volage.
- Ho ! Ho ! Ho ! Que tout ceci est fort drôle !...
- Et vous vous moquez en plus ! répliqua Emelyne-Aglaé en arrachant la voilette qui aurait pu désormais lui servir de bavoir. Eh bien, vous l’aurez voulu ! Tout est fini entre nous ! Je cours de ce pas chez mon avocat, maître Vinaigrette, pour entamer une procédure de licenciement.
- Vous voulez dire de divorce sans doute ?
- C’est la même chose… Il s’agit dans les deux cas de se débarrasser d’un corps étranger.
- Allons ma chère, vous prenez la mouche pour rien…
- Sûrement pas… J’en ai soupé de vos passades !... Et désormais j’aimerais, si vous le permettez, déjeuner en paix.
Ne se rendant pas compte qu’elle se répétait, madame Gervais de la Prévalière s’enfuit par le couloir vers la cuisine où elle savait trouver un appareil téléphonique mettant directement en communication avec l’extérieur, ce qui permettait au personnel de passer les commandes sans empiéter sur la ligne personnelle des maîtres des lieux.
- Jules ! Où est le téléphone ?
- Sur la table, madame !
- C’est affreux, je ne le vois pas…
- C’est sans doute que Madame est gênée par le rond de chapeau qu’elle a devant les yeux.
- C’est jules, Juste… Non, je veux dire c’est juste, Jules…
- Comme il plaira à Madame…
- Mais, Jules, pouvez-vous me dire pourquoi cette toile cirée est signée ?…
- Elle est signée parce que monsieur votre époux vient de m’ordonner de la signer.
- Et comment vous l’a-t-il demandé ?
- Il m’a passé un coup de téléphone.
- Mais… mais… Cette signature, c’est la sienne !...
- Tout à fait… Je l’imite à la perfection depuis des années, ce qui fait que c’est moi qui fais les petits chèques du petit personnel… et un gros personnel…
- Mais pourquoi cette signature sur la toile cirée…
- Ce sont les ordres de Monsieur… Il paraît que vous voulez divorcer et il a décidé de prendre ses précautions. Il me fait apposer sa signature sur tout ce qui lui appartient. D’ailleurs, vous pouvez voir que je l’ai déjà tracée au cul des casseroles et des faitouts, sur la porte de la terrasse… Et je me proposais lorsque vous êtes survenue, titubante et éructante, de l’ajouter sur les 297 bouteilles millésimées grand cru de la cave.
- Juste, vous n’êtes pas jules… Je veux dire, Jules vous n’êtes pas juste !... Que vous ai-je fait pour prendre ainsi le parti de mon mari et non le mien ?
- Justement vous ne m’avez rien fait. Depuis des années, je vous encourage muettement à céder à mes désirs de grand fauve et vous, indolente et supérieure, vous faites celle qui ne voit rien…
- Mais enfin, Jules, comment osez-vous ?...
- Il a fallu choisir un camp très vite, madame… Et puisque vous n’étiez pas avec moi, vous deviez être contre moi… Et si vous aviez été contre moi, je vous aurais prise avec moi. Suis-je bien clair ?
- Non… Sur tous ces événements je n’y vois goutte…
- Eh bien, rajoutez-en quarante-deux et vous ferez la quarante-troisième…
- La quarante-troisième quoi ?
- La quarante-troisième goutte d’eau dans le couloir.
- Pourquoi il y a quarante-trois gouttes d’eau dans mon couloir ?
- Est-ce que je sais moi s’il y en a vraiment quarante-trois ? Il y en avait quarante-deux tout à l’heure lorsque je les ai comptées.
- Mais d’où viennent-elles ?
- Des yeux de votre fille unique…
- Elle pleure ?...
- Oui, madame… Depuis déjà une semaine…
- Tant de temps que cela… Comment se fait-il que je n’ai rien remarqué ?
- Madame ne remarque jamais rien… Tenez, depuis que je vous parle, j’ai apposé la signature de monsieur sur la chaise sur laquelle vous êtes vautrée, sur le miroir au-dessus du vaisselier et sur les couverts Guy Degrenne.
- Vous avez raison, Jules… Je n’avais rien remarqué…
- Même l’hôtel particulier est signé désormais, je viens de déposer quelques gerbes de peinture en aérosol sur le mur… Et vous ne l’avez pas vu…
- Mais enfin, vous me prenez pour une sotte !… Vous n’avez pas bougé d’ici…
- Moi non, mais Monsieur fait sa part du travail et pendant que vous bavassez dans la cuisine, il est en train de s’arroger la possession de tout ce qu’un divorce l’aurait contraint à partager.
- Mon Dieu, soupira Emelyne-Aglaé, qu’ai-je fait ? Je me suis faite rouler dans la farine. Tout ceci était un coup monté… Ce bâton de rouge à lèvres…
- Pardon, Madame… De quoi parlez-vous ?...
- De ce rouge à lèvres trouvé dans la poche de la veste de mon époux…
- Un rouge à lèvres brun nacré avec un tube doré incrusté de paillettes.
- C’est bien à cela qu’il ressemble, en effet…
- Mais Madame !... C’est le tube de rouge à lèvres de votre fille qu’elle se désespère depuis sept jours d’avoir perdu… et qui a provoqué la rupture avec…
- Elle pleure pour un tube de rouge à lèvres ?... Nous pourrions lui acheter tout le rayon maquillage des Galeries Lafayette si elle nous le demandait…
- C’est que ce tube lui a été remis en gage de passion éternelle par son galant, monsieur Pochat-Coutilloux…
- Qu’est-ce là que ce Pochat-Coutilloux ?
- Le percepteur, madame…
- Le percepteur ?... Quelle étrange idée !... Ma fille voit notre percepteur…
- Oui, Madame… Tous les soirs en « i »… et le dimanche en après-midi…
- Et où le voit-elle ?
- Dans sa chambre…
- Dans sa chambre ?... Mais c’est inconvenant !
- Sans aucun doute !... Mais je ne suis pas là pour juler, euh pour juger…
- Et comment le savez-vous ? Je veux dire, qu’elle voit ce percepteur tous les soirs…
- Je les ai surpris il y a trois semaines alors que je portais à Mademoiselle son infusion du soir, verveine citron-framboise acidulée.
- Vous les avez surpris ?!... Oh, Jules !... Dans quelle position inconfortable avez-vous dû être ?
- J’étais debout à l’entrée de la chambre… Juste au moment où le percepteur sortait du placard où il s’était enfermé à ma première arrivée. Je m’étais rendu compte que j’avais oublié de laisser du sucre, je suis revenu sur mes pas et…
- N’en dites pas plus !... Oh j’aimerais mourir là ! Sur l’instant !... Un percepteur dans le placard !...
- Il est à craindre, hélas, Madame qu’il y ait aussi un polichinelle dans le tiroir…
A ces mots, Emelyne-Aglaé Gervais de la Prévalière se pâma. Une fille-mère, un mari escroc, un valet de pied intrigant, un percepteur dans le placard, c’était trop pour son code de l’honneur. Lorsqu’elle s’éveilla au service des neurasthéniques anonymes de l’hôpital de Crémillon-les-Valisettes, le divorce avait été prononcé à ses torts, sa fille avait deux enfants en âge scolaire et le mur de Berlin était tombé. On comprend aisément que pour cette fille de Léontine Rapouillard, repasseuse aux Halles, le sentiment d’un déclin accéléré fut terrifiant et traumatisant. Partie de rien, elle était revenue à rien.

Aussi, tous les ans, lorsque revient le 18 septembre, jour de son malheur, elle se présente devant l’hôtel particulier du 112 boulevard Joseph Foch de l’Anguiye-sous-Roche. Elle sonne, sonne, sonne mais personne ne répond… Elle prend alors dans sa valise remplie de clés de toutes les formes et de toutes les tailles, des clés de 12 avec lesquelles elle essaye d’arracher aux vieux murs de pierre quelques miettes d’un passé fracassé. C’est généralement à ce moment-là que sa fille et ses petits-enfants arrivent, l’arrachent à ce déraisonnable projet et la ramènent au pavillon des forcenés Dominique Strauss-Kahn dont elle s’échappera à nouveau l’année prochaine à la faveur du mouvement social de rentrée.

C'est la lutte FINale !!!
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Ven 20 Sep 2013 - 0:37

mdr mdr mdr 

Ce que j'aime dans ces défis c'est qu'ils donnent lieu à des délires délirant de façon exponentielle selon le délire du délirant!

Nan, pas frapper la statuette de l'accordéoniste avec une clef de douze, ça éclabousserait de 43 gouttes la voilette de la comtesse, ce qui lui ferait mordre son rouge à lèvres, lui donnant un air qui effraierait le percepteur venant estimer la valeur imposable la toile signée dans le placard! Cauchemard mdr 
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Ven 20 Sep 2013 - 9:08

Qui est chargé sur ce forum de faire prendre ses gouttes à MBS?
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Ven 20 Sep 2013 - 10:33

Dans cette valise pourtant déjà bourrée de clés de douze, se trouvaient pêle-mêle rassemblés une toile cirée signée, un chapeau à voilette, la statuette d'une accordéoniste, un tube de rouge à lèvres. Scapi en referma le couvercle et remonta dans ses appartements. Vic distingua alors nettement sur le côté arrière de son bagage une étiquette jaune : matériel pour méli-mélo ! Profitant de la pénombre vespérale et d'un défaut de la minuterie du hall d'entrée, le jeune et athlétique détective, tel un chat, fila le vieil écrivain décati. Le bâtiment avait également énormément vieilli. On reconnaissait néanmoins les fastes d'antan aux moulures ouvragées dessinant les contours des portes et des fenêtres désormais éventrées et, sous les couches crasseuses des tags, brillait encore le luxe d'un papier peint style rococo. L'humidité suintait du plafond et le professionnalisme du fringant policier lui permit d'un coup d’œil de dénombrer quarante-deux gouttes dans le couloir menant à ce qui tenait d'écritoire à l'académicien périgourdin.
-M'est avis qu'il ne me reste plus qu'un seul indice pour élucider toute cette affaire ! Se dit in petto et en lui-même le fin limier dont la France entière suivait désormais les aventures en prime time sur Arte. La série connaissait un tel succès qu'elle se trouvait déjà, à quelques semaines de la rentrée seulement, adaptée pour le public américain et pressentie pour les Grammy Awards ! Vic ouvrit d'un geste vif une porte dérobée et le faisceau de sa torche électrique illumina le fond de ce qui devait être autrefois un placard secret. Vide !
-J'aurais pourtant juré y découvrir un percepteur ! S'exclama intérieurement notre héros. Mais, comme il était doué d'une intelligence hors du commun, il comprit vite que son erreur venait du fait qu'il fallait encore faire durer le suspens ! Désormais, il avait grillé toutes ses cartouches, toutes ses intuitions qui avaient fait son succès dans les derniers épisodes, et le voilà qu'il se retrouvait au milieu de cette histoire aussi démuni qu'un écrivain devant la blancheur de sa page. Or, pour rattraper Scapi, il n'était pas dit que Vic allait se laisser gagner par la morosité d'un blogueur se trifouillant le nombril. Non ! Son public avait droit à un homme d'action et on allait voir ce qu'on allait voir dès le prochain paragraphe !

Tel James Bond, il enjamba la rambarde du palier du premier étage et sauta dans le vide ! Il avait déjà vu faire ça au cinéma dans de grands films policiers et, si cette cascade ne servait généralement pas à grand chose dans le déroulement du scénario, elle offrait par contre un frisson d'effroi au public et permettait ainsi de sauver les plus grands navets. La caméra ne filma pas Vic se fracassant sur un buffet d'époque mais vermoulu, seulement son envol du premier.
- Je suis doublement con, se dit-il en off . Non seulement les quartiers de Scapi se trouvent au second et mon saut m'a fait redescendre au rez-de-chaussée, mais il me reste encore un nombre incalculable de lignes si je veux faire aussi long que MBS.

La première marche de l'escalier craqua sous son poids. Rapidement, avec dextérité, Vic enfila ses chaussons d'escalade qui ne quittaient jamais la poche extérieure gauche de son sac à dos. Puis, félin, il reprit sa mission. Il lui fallait en effet surprendre en flagrant délit son aîné au moment-même où cet escroc de la littérature cacherait ses droits d'auteurs sous son matelas. La France sombrait, ses capitaux fuyant dans des paradis à l'exotisme fiscal, et ceux qui avaient pourtant fait la gloire de notre pays : Gérard Depardieu, François Fillon, et maintenant Scapi dépeçaient notre Patrie pour leur seul et égoïste intérêt ! Les immenses émoluments de l'auteur du Méli-Mélo étaient pourtant aussi imposables que votre maigre salaire. Il y allait désormais d'une justice devant l'impôt dans notre si beau pays ! Vic avait profité de toute cette explication pour atteindre le deuxième. Arrivé sur le palier, il distingua un rai de lumière filtrant sous la porte du grand écrivain. Sans doute, était-il déjà au travail ! Il fallait désormais se hâter afin de poster au plus vite. Seulement, pas la moindre chute ne dessinait dans sa tête !
- Je suis déjà tombé une fois, ça devrait leur suffire !

Mais, le jury était de plus en plus exigeant ! Une histoire sans chute serait très vite déclassée ! Pour gagner du temps, notre héros tant aimé avança à pas de loup dans la nuit. En effet, durant tout ce temps, quelqu'un s'était amusé à murer avec de lourds parpaings toutes les ouvertures de ce qui avait été autrefois le palais de Gallardon ! Sur la joue de notre jeune ami perla, puis roula une larme ! Dans un bruit assourdissant pour les cœurs sensibles, elle se fracassa sur le plancher !
- J'espère au moins qu'ils vont remarquer que c'est là, la quarante-troisième « goutte dans le couloir » : celle qui manquait au début de mon histoire ! Cette épreuve infligée par l'admin était si cruelle ! Vic se remémora ses premiers pas dans le palais de Gallardon ! A l'époque, tout le monde s'extasiait sur ses premiers aRRHeu ! Or, désormais, il fallait produire des délires coûte que coûte ! C'était vraiment trop affreux !

En désespoir de cause, notre ami poussa la porte. Celle-ci, tout en pivotant, grinça dans ses gonds. Assis sur le lit, Scapi faisait face à un homme que Vic ne ne reconnut pas dans un premier temps ! La mansarde était éclairée par une chandelle et les ombres des meubles dansaient au plafond comme l'auraient fait les fantômes d'un passé trop vite enfui.
-Regardez Monsieur le percepteur tout ce qu'il a écrit !: Scapi balançait au préposé au Trésor Public un lourd exemplaire de « Podane de Grimme ».
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Ven 20 Sep 2013 - 12:19

MBS...mdr mdr mdr ... truculent !!
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Romane
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Ven 20 Sep 2013 - 12:42

Vous avez la rentrée alerte :mdr:Encore, encore, encore (je m'en vais vous en fournir, des thèmes !!) mdr mdr mdr

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Ven 20 Sep 2013 - 13:56

Ce que vous ne savez pas, c'est que j'étais décidé à condenser tous les "mots" en moins de six-sept phrases et puis quand j'ai commencé à faire du dialogue, ça m'a emporté et franchement j'aurais pu ne pas m'arrêter... Heureusement qu'il n'y avait pas cinq "mots" de plus sinon ça repartait comme avec le défi où il fallait faire une scène de peur et où ça a abouti à la Septième femme d'Henri VIII.

Mais comment est-ce que cela ne peut pas être délirant vu les contraintes qu'on nous donne ? Si on avait linceul, serpillère, alcoolisme et chemin de fer, on pourrait faire du Zola...
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Ven 20 Sep 2013 - 14:00

Je viens de me rendre comte que Vic a fait plus ou moins ce que j'avais imaginé... Les grands esprits n'est-ce pas...

mdr 

Et Grime prend toujours un seul "m" !!! S....gneugneu !!!!

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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Ven 20 Sep 2013 - 14:08

MBS a écrit:
Je viens de me rendre comte que Vic a fait plus ou moins ce que j'avais imaginé... Les grands esprits n'est-ce pas...

mdr 

Et Grime prend toujours un seul "m" !!! S....gneugneu !!!!

Compte, Monsieur le Duc, on écrit rendre compte!
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Ven 20 Sep 2013 - 15:39

Oui mais n'ayant lus que neuf doigts à force d'en avoir mordillé un tro fort, il y a arfois des lettres qui m'échaent...
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MessageSujet: Re: Défi de la rentrée 2013   Ven 20 Sep 2013 - 15:40

" Mais comment est-ce que cela ne peut pas être délirant vu les contraintes qu'on nous donne ? Si on avait linceul, serpillère, alcoolisme et chemin de fer, on pourrait faire du Zola..."

Ca c'est ben vrai messires! Pas moyen d'être sérieux dans ce fil! mdr 

Comment faire face aux délires conjugués (conjurés?) du blokavic et de Podane? Avec pour seule arme des clefs de douze et une bâtisse délabrée, sans compter (avec un P) le reste!?

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