Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9744
Age : 69
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)   Ven 18 Oct 2013 - 16:55

18/10/13

PELERINAGE AU PAYS D'ETE

   

La première étape s’était avérée bien plus difficile à franchir que je ne l’aurais cru : se procurer LE GUIDE. Qui ne se trouvait pas n’importe où. Inutile d’arpenter les rayonnages des super marchés du livre qui ne proposent que des produits modernes standardisés.
Je  fouinais dans  les boutiques de livres anciens, chez les antiquaires, aucun ne connaissait l’ouvrage.
Je finis par le trouver, dans une petite ville à l’écart du temps.


Le vieux libraire se montra heureux mais non surpris par ma requête.
« - Je savais que quelqu’un viendrait bientôt. »
Il tourna la pancarte « Fermé » sur la porte vitrée.
« - Installez vous, il faut que je vous explique, ce n’est pas un guide comme les autres.
Vous aimez les crêpes et le cidre, je vous en apporte. »
Ce n’était pas une question. Mais je commençais à m’en poser : où avais –je mis les pieds, que contenait ce guide que je ne puisse lire par moi-même ?
Je regardais autour de moi, les poutres peintes du plafond, les piles de livres partout, et le chat, noir évidement, qui me regardait perché sur la plus haute d’entre elles.
Extérieurement, le livre n’avais rien d’exceptionnel : une couverture cartonnée verte unie, et en bleu son titre : « Guide du Pays d’Eté ».
J’attendais… quoi au juste ? Un grimoire relié cuir couvert de signes cabalistiques ?

Quand on s’embarque pour un tel voyage, on s’attend à tout, sauf aux apparences ordinaires.

Le vieux libraire posa l’assiette et la chope.
« Voilà, nous sommes tranquille.
Vous savez, vous êtes la première depuis bien longtemps, aujourd’hui, les gens ne veulent plus partir pour l’Aventure, il leur faut du confort, du sécurisé. Ho, ne vous inquiétez pas, le temps des dragons est révolu, mais… peut être…
Ce guide ne se lit pas de la première à la dernière page comme un roman, ou comme ferait un touriste qui ne veut rien manquer. Il faut toutefois commencer par la liste du nécessaire. »
Il avait ouvert à la page, la liste était courte, j’en connaissais certains éléments. Le contenu du sac, pas trop lourd, le bourdon, les bonnes chaussures, mais…
Il lu ma surprise dans mon regard.
« - Ca vous étonne ?
  - Je ne m’attendais pas à devoir trouver un loup et une chouette .


Comment faire et surtout comment de nos jours voyager par les chemins en telle compagnie ?
  - Ca vous fait peur ?
  - Non, j’aime les loups et les chouettes, je m’interroge sur l’aspect pratique, j’ignore comment me comporter avec eux, comment les nourrir, où trouver un hébergement qui les accepterait…
  - Bien sûr que vous les aimez, sinon on ne vous les demanderait pas.
  - Vous voulez dire que la demande varie selon les personnes qui consultent le Guide ?
  - Bien sûr ! C’est un voyage très personnel, votre équipement doit vous convenir totalement, vous avez souvent rêvé de voyager avec un loup et une chouette. Et un cheval, mais le cheval est proscrit, ce voyage ne peut se réaliser qu’en marchant.
Et je ne vois pas que loup et chouette doivent être en chair et en os, lisez bien.
  - Vous emporterez le loup et la chouette »
J’avais lu à voix haute, comme une écolière, sans saisir la signification cachée de ces mots : un loup, une chouette. Je suggérai timidement :
« - J’ai une broche qui représente une chouette, et un pendentif en forme de loup.
   - Hé, bien, vous voyez, ce n’est pas si compliqué. »
Revenir en haut Aller en bas
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9744
Age : 69
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)   Sam 19 Oct 2013 - 15:59

Je feuillette le GUIDE.
Il est divisé en chapitres :
Le Marais
La Montagne
La Forêt
La Pierre
L’Eau

Le libraire me regarde, il sourit :
«  - A quoi vous attendiez vous ? A des noms, avec : Où dormir, où manger ? Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, n’ayez aucune inquiétude, vous trouverez quand se sera nécessaire.
- J’ai l’impression d’une sorte de Jeu de l’Oie. Des cases à franchir, d’autres où s’arrêter.
- Mais vous n’avez pas de dé, le hasard n’entre pas ici. C’est vous qui tracez votre chemin, qui inventez la route. »


LE MARAIS


    Puisqu’il faut bien se donner au moins une direction, je décide de suivre l’ordre des chapitres, rien n’y oblige, mais c’est plus rassurant, même si rien n’est délimité.



    Le marais peut s’étendre dans la montagne, sur la côte, la pierre se mêle à l’eau et aux arbres, tout est dans tout, il n’y a pas de frontière.
La broche ferme ma cape, le loup pend à mon cou, je n’ai toujours pas compris leur utilité, mais je commence à comprendre qu’il ne faut pas trop chercher à comprendre, juste marcher vers le Pays d’Eté. MON Pays d’Eté, chacun dessine le sien.

    L’homme a longtemps combattu le marais, lieu de miasmes, de brumes et de fantôme,Bouche d'Enfer où l'on précipitait les âmes des conjurés, ces revenants sans repentance.
Lieu incertain où la terre et l’eau se mêlent, tant que le pied n’est pas sûr de trouver un sol ferme.
Mousse et tourbières, fondrières, ferment de vie…







Mais lieu fertile, terre de sel, le sel de la terre, récolté depuis des millénaires.




Le sel est fils de l'eau, du soleil et du vent.

La levée se craquelle sous le soleil.

   
    « Zones humides » aujourd’hui, enfin reconnues, enfin protégées, pour certaines, le marais s’efface, trop vite sous l’avancée de ce que l’on nomme « Civilisation », que tout soit élagué, rangé, bétonné… déjà, il y a des millénaires Héraclés tuait l'Hydre, geste symbolique de la conquête de la nature par l'homme. mais il a conservé le poison, qui plus tard lui a coûté la vie.
L’homme a besoin d’espace, et l’espace étouffe sous l’homme.

    Le marais est un espace encore libre.
Il brasille au couchant:


Cette nuit, je dors à la lisière.
Revenir en haut Aller en bas
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9744
Age : 69
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)   Dim 20 Oct 2013 - 14:21



La liste du matériel comporte un carnet et un stylo (même plusieurs).

« Il faut écrire » a dit le vieux libraire dont je me demande ; est ce la lumière sur l’eau rase ? S’il n’est pas un peu magicien…
Et au retour, lui « offrir », c’est le mot qu’il a employé, lui offrir, ce que j’aurai écrit.
J’écris le soir, à l’étape, mais aussi, je note à la volée toute idée qui passe, comme cette perdrix qui traverse le chemin devant moi.


Il m'a demandé si je savais dessiner, non, mais j'ai mon appareil photo.

ESPRIT DE SEL
« Vous êtes le sel de la terre
S’il perd son goût, qui lui redonnera ? »

Marais Salants, salicorne
Formule chimique,
Formule magique…
Alchimie secrète
Brillant sous le miroir
Du flux retenu
Blanches collines
Trésor des paludiers
Au plat des étiers
Les œillets s’épanchent
En finesse fleur
Cueillie par le geste
Léger de la lousse
Grisé de marée
Mémoire du vent
En doux friselis
Pensée du soleil
Cristaux d’océan
Mettant à la lèvre
Un goût d’infini…





GWERZ AR LAGENN

La salicorne j’ai récoltée,
Sous l’œil attentif des hérons.
Promenant parmi les aigrettes,
Leur pas sérieux de Rois Pêcheurs.

Le statice bleu j’ai ramassé
Sous le rire effronté des mouettes.
Bouquet frêle des vents iodés,
Fleur brumeuse, talisman de fées.

Parmi les joncs je suis passée,
Sous le vol effilé des sternes
Ballerines ailées de l’aber,
Contrepoint des courants marins.

Les hérons se sont envolés,
Dessus mon rêve de passagère.
Déployant leurs plumes argentées,
Calligraphie des anciens contes.

Lettrines de sel enluminées
Du parfum âcre des goémons
Les sombres légendes éveillées,
Allument la nuit de feux follets





Revenir en haut Aller en bas
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9744
Age : 69
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)   Mer 30 Oct 2013 - 22:03



D’aucuns se diront :
« Mais, ce n’est pas comme ça qu’on rédige un carnet de voyage, de quel marais s’agit-il ? »
Du Marais, pas un marais en particulier, et tous les marais particuliers. Une synthèse, une quintessence, je suis dans l’Esprit du Marais.
Sel, eau saumâtre ou douce, grouillante de vie, décomposition permanente qui porte la vie, le cycle…
Je suis dans le marais du jurassique, parmi les dinosaures qui broutent des herbes géantes.
Je suis dans les marais du Précambrien où se couchent des arbres immenses qui deviendront lignite, puis tourbe, puis charbon et peut être diamant !
Je suis dans le Marais des Morts que traversent deux semis hommes inquiets, mais que rien n’arrête. Là où reposent mêlés les corps de ceux qui ont combattu le Mal.
Je suis au Yeun Elez, là où s’ouvre le Youdic, la Bouche de l’Enfer, où les chiens noirs damnés sont précipités.


Je suis sur cette aire de repos des migrateurs en partance ou en retour qui mêlent leurs couleurs et leur chant.





Je suis à la fois dans tous les marais.

Je commence un peu à comprendre comment fonctionne le Guide.

Je pars pour la montagne, qui est toutes les montagnes.

Revenir en haut Aller en bas
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9744
Age : 69
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)   Lun 4 Nov 2013 - 15:18


LA MONTAGNE




    Est-ce un guide de voyage ou un portail transdimentionnel que j’ai entre les mains ?




J’ouvre au chapitre « Montagne » et je suis à la montagne.



Dans le lit du torrent, les galets disent l’histoire de sa naissance, l’histoire de sa vie.



Une histoire qui remonte si loin, si longue que l’esprit humain demeure au seuil.
Des noms d’époques, d’ères : paléozoïque, cénozoïque, triasique, tertiaire. Des noms qui roulent, comme les galets.
Des galets de quartz, de feldspath, de grès, de granit, des composites agglomérés, des stries, une palette infinie…
Tout est là, le livre du temps ouvert.
Ces galets, arrachés aux sommets, ont roulés des millénaires, emportés par les glaciers et les gaves. Posés là pour que le passant lise…

    Imaginer, essayer d’imaginer les forces colossales en œuvre. Les fosses abyssales ouvertes, la terre pliée, les roches portées à la surface, exhaussées, plus haut, toujours plus haut…
Et à peine jaillies, soumises aux éléments, l’eau, le vent, le feu qui métamorphose la roche originelle.

Le froid qui éclate, le chaud qui émiette. Tout est là, aujourd’hui paisiblement posé sur cette plage, au bord d’une eau limpide et calme.



«  Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons
Dont le front est de glace et le pied de gazon… »




Le poète a toujours raison, la montagne, c’est toutes les saisons en une. Du piémont au sommet, vous partez le matin par grand soleil, et le ciel se couvre, l’orage menace.
L’orage en montagne roule infiniment, comme les galets dans le torrent.
La mer de nuages monte inexorablement.











Le sommet se mérite.



Je reste quelque peu effarée, vraiment, il faut ?
C’est l’instant que choisit le loup pour marcher à mes côtés, bien sûr, il faut, tu es là pour ça.


    Et qu’y a-t-il là haut ?
Grimpe et tu verras.
Chaque détour offre une nouvelle vision, une approche différente. Des rencontres :


.
Non, le loup, on ne touche pas, songe à ta réputation, n’aggrave pas ton cas.


« Là, je n’y suis pour rien »



Non, elle est morte seule, et les vautours ont fait le reste.

« Tout là haut, tout là haut, loin de la route sûre… »



On rencontre un lac où les chevaux s’abreuvent.

[/color]
Revenir en haut Aller en bas
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9744
Age : 69
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)   Jeu 7 Nov 2013 - 15:23


Vallées : glaciaires, avec ou sans glacier.
Un glacier c’est un fleuve, au cours très lent, mais il coule. Et emporte avec lui tout ce qu’il trouve, fragment de montagne rongés par la glace, objets humains abandonnés au cours des siècles. Ils arrivent dans la vallée, là où il ne fait plus assez froid pour la glace.
Moraines, débris d’avions écrasés tout là haut dans le froid et la nuit…

Un glacier, ça naît, dans un névé :




Puis, ça suit son chemin, taillant dans la roche, escaladant les noyaux les plus durs, ceux qui ne veulent pas céder :





Puis ça s’en va:




Ca s’en va en laissant des traces de son passage, une belle auge sur les parois et le sol de laquelle se lit l’histoire du glacier, c’est très bavard un glacier, même quand il est parti.
Il faut juste savoir l’écouter, mettre ses pas dans les siens.
« Ce schiste, c’était du tendre, facile à creuser, ce granit, ho là, plus ardu, mais je suis passé quand même. Vous trouvez que le chemin est un peu chaotique ? C’est qu’elles ne laissent pas faire les roches, sous prétexte qu’elles étaient là avant moi. Mais j’étais patient, je suis passé quand même, avec quelques concessions, allez hop, un petit détour qui vous laisse ce beau neck.
J’ai fondu, après cette magnifique période qui nous a vu occuper les trois quarts de ce que vous nommez « Europe », nous étions les souverains c’était notre règne : « L’Age de Glace » !
Mais le temps varie, il s’est réchauffé, nous qui avions vaincu les montagnes, nous avons du faire retraite, emplissant les lacs, emplissant la mer. Séparant les terres, et naquit le Pas de Calais, l’Atlantique se précipita dans la Méditerranée, nous avons créé des mers !
Et aujourd’hui, ça continue, nous disparaissons à vitesse exponentielle, à cause de vous, les humains.


Vallées fluviales :
Un cours d’eau, ça coule aussi, mais plus vite qu’un glacier. C’est pressé de rejoindre la mer, ça peut être torrent.
Ca taille, ça coupe, ça arrache, ça contourne, mais ça passe !



Et l’homme pour passer, construit des ponts.




Celui-ci est romain, il tient depuis des millénaires.
Je vois les soldats le franchir, pour aller encore et toujours envahir des peuples qui ne leur ont rien demandé. Non, ils n’envahissent pas, ils portent la " Pax Romana », laissez nous vous occuper, payez vos impôts, et vous aurez paix et prospérité.
Ca a marché, comme les soldats marchaient sur ce pont, comme je marche sur ce pont, au fond de la vallée…









Revenir en haut Aller en bas
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9744
Age : 69
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)   Ven 8 Nov 2013 - 17:16

INTERMEDE
   


« Dis moi le Loup, non, ça n’a rien à voir avec les glaciers, mais je me demande : pourquoi est ce que tu n’es venu que dans la montagne, pourquoi pas dés le marécage ?
- Parce que, loup et marécage ne vont pas ensemble, tu me vois patauger ?  Le Loup c’est la montagne. Tu sais bien :
« Reviens, reviens disait la trompe. Hou, hou, hou disait le loup »
Elle était vaillante la petite, elle a choisi, elle est allée jusqu’au bout.
- Et, au bout, tu l’as mangée.
- Elle savait que j’étais là, elle est venue parce qu’elle le voulait,  la montagne… la montagne, son rêve. C’est le vieux Seguin qui n’a rien compris. Une chèvre c’est fait pour être libre, pour courir dans la montagne, s’accrocher au bord des abîmes, brouter les herbes et les fleurs, pas être attachée dans un clos riquiqui alors que tout cet espace magnifiquement libre est à sa vue !
- Et se faire dévorer par le loup ?
- Ce sont les règles : un herbivore, un carnivore, le second mange le premier. Regarde comme tu regardes la montagne, tu sais pourquoi tu y es toi, et tu n’arrives pas complément à mesurer ton bonheur d’y être, elle aussi ! Elle savait le prix de la liberté, le risque. Le Seguin, c’est un timoré, il voulait une biquette bien sage dans son petit pré, qui lui donnerait des chevreaux et du lait. Des chevreaux à rôtir et du lait pour le fromage, dont elle ne profiterait jamais, puis au bout de quelques années, trop usée par les traites et les mises bas, à l’abattoir. Elle a choisi, elle a choisi la vraie vie, avec ses dangers, un des dangers, c’était moi, mais au moins, elle a vécu.
Elle m’a remercié tu sais.
- Remercié ?
- Oui, parce que je lui ai donné la fin qu’elle voulait, pas celle d’un bétail, non, une belle mort, elle s’est bien battue. Et je peux te le dire, tu ne le répéteras à personne, non, je ne l’ai pas mangée !
- Tu ne l’as pas mangée ?
- Non, arrête, pas toi, tu marches avec un loup, alors tu vas pas faire comme si tu croyais tous les bobards qu’on clabaude sur moi ?
- Non mais, enfin, je sais plus. Regarde, le soleil se couche sur les sommets.
- C’est sublime, je sais. Non, la petite je l’ai laissée partir, en l’avertissant qu’elle pourrait rencontrer d’autres prédateurs qui seraient moins conciliant que moi. Elle a dit : « Ca fait rien, je veux vivre libre », alors voilà, c’est tout. Et le vieux Seguin ne saura jamais ce qu’est la liberté, ce qu’est la montagne !
De même, je n’ai jamais mangé le Petit chaperon rouge, cette sale gosse désobéissante.
- Le Petit Chaperon  n’était pas dans la montagne.
- Non, dans une forêt, mais la forêt pouvait être sur la montagne, ce n’est pas précisé dans le texte !
Attention où tu marches, on est sur un glacis gauchi. La roche a été bien, bien délitée.
- Merci de prendre soin de moi.
- Ho, mais c’est dans le guide, les notes que tu n’as pas lues, réservées aux  accompagnateurs. Alors, pour la gamine rouge, tu sais ?


- C’est sa grand-mère qui la mange pour préserver sa jeunesse, dans la version originale, mais c’est insupportable pour des gens civilisés, alors on met ça sur le dos du loup !
-  On me met tellement de choses sur le dos, jusqu’à la quasi extermination.
- Qui veut noyer son chien…
- Je suis pas un chien, j’ai parlé avec le chien qui me promettait confort et nourriture quotidienne, mais le collier, pas question ! Je ne mange peut être pas tous les jours, mais je suis libre.
Et je gêne, l’humain prédateur ne supporte pas les autres prédateurs. Que n’a-t-on pas inventé à mon sujet.
Bête diabolique, infernale, tueur fou, sanguinaire…
- Loup garou !
- Celle là, tu  pouvais pas la rater, méfie toi quand même de ton voisin les nuits de pleine lune, qui sait ! »

   Il sourit, un sourire de loup !
Nous marchons, le Doigt de Dieu se pose sur la montagne, annonçant le crépuscule.

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Défi Carnet de Voyage: Pélerinage au Pays d'Eté (En cours)
» Théâtre : Carnet de Voyage - Création Romane - 2011
» [BD/manga] Japan Ai - carnet de voyage
» Louloute - Mai 2010 - Carnet de Voyage sur la Thaïlande
» Carnet de voyage à Séville

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Littérature :: Ecriture :: Défi-Plume-
Sauter vers: