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 au jour le jour

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gérard hocquet

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MessageSujet: au jour le jour   Ven 25 Oct 2013 - 13:18

Préambule.
Ce n'est pas une nouvelle nouvelle, ni un blog à papotes, encore moins un journal. Disons un carnet de voyages au jour le jour avec les yeux, les oreilles, l'imagination et la réflexion ouverts, agrémenté quelquefois de croquis et enrichi de mes recherches. Bienvenue à ceux et celles qui voudront lire, partager, échanger. Je voudrais y soigner la forme comme le fond


Le 24 octobre 2013

Il faudrait écrire tous les jours un peu. Comme un carnet de voyage sans voyage.
Faire état de ce qui me secoue les yeux, les oreilles, l'imagination et m'emmène parfois en rêve ou simplement sur une recherche dans un livre ou avec internet, ou encore dans la mémoire. Ecrire les coïncidences comme les éléments d'un même sujet qui se croisent simultanément dans la vie, à la radio, au bout du fil téléphonique, comme par hasard.
Ecrire et dessiner, comme un besoin de respiration quotidienne, et le partager.

Aujourd'hui par exemple, je ne sais plus comment, m'est revenu le loriot. Il y a au moins deux oiseaux qui me fascinent : la huppe fasciée et le loriot.
J'ai entendu ce dernier dans la Brenne, un soir de juillet, mais pourquoi avoir omis d'en parler dans mes carnets d'été ? Un chant de gorge, sensuel. Et un plumage jaune vif taché de noir sur la tête, les ailes et la queue.
Pourquoi le loriot ? Grâce à Emily DICKINSON :
"Entendre chanter le loriot
peut être chose commune
ou bien divine
l'oiseau n'y est pour rien
qui chante de même, seul
ou pour la foule
l'oreille a son monde
et ce qu'elle entend
de gris ou de blond
que le chant soit rune
ou qu'il soit néant
dépend du dedans.
L'arbre fait la chanson
dira le sceptique
Pas du tout, c'est toi !"

Comment expliquer qu'immédiatement, à l'écoute de ce chant inconnu, je me suis dit : c'est un loriot ! L'attente latente s'est éveillée : the bobolink !
Et je l'ai vu deux fois : près du chalet des chasseurs, en haut d'un peuplier, et il a croisé ma route en partant vers Mézières. Un merle d'or.

Et puis, durant cette longue journée où je me trouvais incapable d'effort pour sortir, j'ai dessiné. En m'inspirant de François DILASSER, un peintre mort il y a peu dont j'ai vu quelques oeuvres au domaine de Kerguéhennec dans le Morbihan. Il a dit pour expliquer son oeuvre : j'ai rempli des carnets de dessins et parmi ceux-ci, je me suis attaché à développer des moments d'entre eux. Exactement ce que j'ai parfois en tête à partir de mes croquis d'atelier pour passer à la peinture. Comme quoi.



Puis en dessinant au pinceau à encre, j'en suis venu au "schéma de fonctionnement". Il me semble que nous avons tous des cycles de fonctionnement sur des périodes plus ou moins longues. Le mien serait de 14 à 18 mois. Une intuition, pas un diagnostic. Et à l'intérieur de ces cycles, j'ai imaginé qu'il s'en mêlait d'autres, plus courts, et encore à l'intérieur de ces derniers, un schéma de fonctionnement répétitif de comportements, de mots, d'habitudes...Tout en étant incapable de nommer des faits, des exemples, mais demeurant convaincu de penser vrai. Si on rapproche cela du temps compté, c'est l'évidence de la seconde dans la minute puis dans l'heure, le jour, la semaine, le mois et l'année. Sauf que "mon" rythme n'est pas celui-là, il est autre. Je l'imaginerais bien schématiquement en une spirale dont chaque point de la ligne serait le point d'un cercle qui change de plan à chaque passage à un point différent : en s'élevant ou en plongeant, suivant la dynamique intérieure. Plongeante jusqu'à un certain âge, déconstruisant jusqu'au bord de la rupture, puis en élévation.
Enveloppant cette ligne, une autre spirale elle-même enrobée d'une troisième et ceci sans que je puisse donner de limite.
Je ne sais pas si cela peut se réduire à un schéma aussi simple dans sa régularité, ni s'il ne se superpose pas des cycles différents aux rythmes autres. Il donne une idée de la complexité potentielle des fonctionnements individuels, comme irrémédiablement inscrits sur le disque dur de nos premières expériences de vie et qui nous donnent cette impression de ne pas changer en changeant. Comme les photos d'âge en âge disent la permanence et la variation.





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gérard hocquet

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Sam 26 Oct 2013 - 13:37

vendredi 25 octobre

Un jour semblant inutile. Des messages lancés ici et là et restés sans réponse. Encore une impression de « comfortably numb » et d'un monde extérieur demandant la vérification qu'il vit toujours.
Ma sculpture est achevée, non sans mal. J'ai dû me faire un outil d'un morceau de buis séchant depuis quelques années dans l'atelier. D'où vient-il, je ne me rappelle pas. Le buis est dense, sans aubier, parfait pour réaliser des pièces d'usure comme les axes, les vis de bois. Cet outil manque de finesse encore. Il m'a fallu presque une journée pour le dégrossir au ciseau, à la rape et à la lime. J'ai dû le ré-imaginer à partir d'un ébauchoir vanté par Rayto lors de ma première journée de sculpture chez lui. Une semaine après, je lui demandais de me laisser dessiner cet outil pour que je puisse le reproduire. N'a-t-il pas voulu le retrouver ou l'a-t-il vraiment égaré ? Je ne l'ai pas revu et l'ai reconstruit de mémoire. A l'usage, je l'affinerai à ma main. Le tenir dans la main suffit à une sorte de plaisir. Ce bois poli est doux et chaud.
J'aime me faire des outils, cet ébauchoir, des porte-plume et pinceau en bambou ou véritablement les choisir. Contrairement aux outils industriels quelconques, ils donnent le sentiment de prolonger le corps, de ne pas faire barrage entre le ressenti et son expression. De même, je suis de plus en plus difficile sur les papiers employés, la qualité des couleurs. Cela devient une nécessité que l'ensemble fasse corps.
L'après midi, j'ai terminé une gouache de la montagne Sainte Victoire. Il faudra y retourner. Ce massif m'obsède.




Et comme deux mouches me dérangeaient, je les ai emprisonnées sous deux verres puis à l'intérieur d'une bouteille en plastique coupée en deux, le goulot retourné vers l'intérieur. L'une s'affole et se cogne aux murs transparents de sa prison avant de rester un long moment immobile, prostrée ; l'autre inspecte, explore, n'a de cesse de trouver l'issue. Elles sont cependant incapables de sortir par le goulot. Il n'y aurait que les souris et les hommes pour prendre les voies étroites ?
J'hésite. Entre l'attente de voir comment les captives vont subir la durée et leur libération. Quelle importance une mouche ? Cela m 'interroge qu'on en ait qu'une perception négative de transporteuse de maladies : Dali la considérait comme l'insecte paranoïaque critique, quelle mouche l'avait piqué ?
Il semble que comme les mouettes en l'air et les soles dans l'eau, elles sont des nettoyeuses de déchets et comme elles ne mettent pas de gants, elles nous ramènent nos merdes à la figure. Et comme nous ne manquons pas d'en laisser partout, la mouche domestique, ainsi nommée non par sa capacité à être apprivoisée, mais pour son intrusion dans nos domus, est le plus prolifique des insectes volants, présente partout où l'homme vit, ne vivant elle-même qu'à peine trois semaines.

La cerise sur le gâteau du jour a été mon escapade littéraire du coucher dans un autre livre de Carole MARTINEZ, « Du domaine des murmures », où l'héroïne, emmurée dans une chapelle étroite, comme cela semble courant au Moyen Âge, pour avoir refusé d'être livrée en mariage-pâture à un glouton de la cuisse, certes noble mais juste de titre, porte le doux nom d'ESCLARMONDE. Pourquoi s'efforcer d'imaginer ce que toujours la réalité finit par dépasser ?
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gérard hocquet

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mer 6 Nov 2013 - 15:39

Les mouches sont mortes.
D'autres, comme des mouches, tombent. La fille de l'un, la mère de l'autre, le clown de là-bas dont la dérision masquait un désespoir...
Les chemins sont marqués de tombes, de calvaires, de fleurs poussées sur des drames.
Pourquoi eux et pas moi, me dis-je certains matins comme celui-ci où dès le lever les douleurs obsèdent ?
On a beau tâter de la distraction, s'occuper les yeux et les rêves, les oreilles et les papilles, la vie, une fois enclenchée par la première bouffée d'air n'est que la longue attente d'Elle.
Plus ou moins, longue.
Celle-ci se fait surprendre avant d'avoir grandi, l'autre s'en va à point sans la mesure de ce qui lui arrive, et le troisième, impatient, Lui dit : c'est moi qui décide. Je me suis demandé l'autre jour, en écoutant les informations calamiteuses sur l'espèce de fuite en avant du monde vers sa perte, -que la majorité déplore, mais qu'une minorité continue d'activer sans que la majorité sache s'organiser pour l'arrêter alors qu'elle en aurait les moyens-, je me suis demandé donc s'il n'y avait pas là l'expression d'un inconscient collectif calqué sur le destin d'échec inéluctable de chaque individu. On en est à se demander : c'est pour quand la fin du monde ? Mais ne cherchez pas de date, ni d'échéance, elle se fait, là, sous vos yeux, tous les jours, grâce à notre capacité de nous plaindre et à notre incapacité d'agir et ma foi, c'est normal. Comme pour chacun d'entre nous, la fin vient, lentement et sûrement. Le bateau, capitaine, coule normalement. Sur l'autel de l'Amour, qui semblerait selon certains la voie unique et salvatrice, qui reste prêt, aujourd'hui, à se sacrifier ? Vivre chacun pour soi est un idéal leurre. Il autorise le peu qui tirent les ficelles à les tendre jusqu'à ce qu'elles cèdent et participe du suicide collectif global. Le paradoxe : mourir à soi pour gagner la vie.
Par ce matin gris, crachineux, venté, où les forces hésitent à revenir et où les douleurs ponctuent chaque geste, je mesure l'inutilité de poursuivre et l'envie d'en finir quand la voix porte sur un désert d'écoute et s'appuie sur sa pauvre contingence, tout sauf exemplaire.
Je m'accroche aux couleurs de l'imaginaire. Car les mots se font rares depuis une plongée effrénée dans les mots des autres : Carole MARTINEZ, LE CLEZIO, Jack LONDON, et Stephen KING, enfin ! J'en oublie : celui et celle qui m'ont détourné vers la Sardaigne et vers Guernica. Parmi ces chemins d'écritures riches, parfois bouleversantes, toujours sources d'apprentissages, je me demande si je dois m'acharner sur les mots. Oui, ils me sont nécessaires. Il me faudra retrouver mon modeste sentier.

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filo

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mer 6 Nov 2013 - 17:08

Ce fil s'avère décidément très riche. S'il fallait choisir entre ta poésie fraîche et épurée et cette prose-là, je ne suis pas sûr que je prendrais les poèmes. Car ici on sent bien que tu livres quelque chose que tu ne livres pas ailleurs, sans souci de forme ou de positivité. Et ça nous parle, enfin moi ça me parle. L'histoire des cycles, les peintures, puis les mouches, et maintenant ce constat terrible, dont la noirceur n'est même pas pudiquement voilée, et tellement bien dit... J'ai presque envie de le dire à voix haute à quelqu'un.
Merci Gé, même pessimiste, tu l'es avec panache.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mer 6 Nov 2013 - 20:56

chinois merci pour ton âme profonde et ta générosité
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Tryskel
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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mer 6 Nov 2013 - 21:54

Gé, chinois bisou pour le dire comme ça.

" Je me suis demandé l'autre jour, en écoutant les informations calamiteuses sur l'espèce de fuite en avant du monde vers sa perte, -que la majorité déplore, mais qu'une minorité continue d'activer sans que la majorité sache s'organiser pour l'arrêter alors qu'elle en aurait les moyens-, je me suis demandé donc s'il n'y avait pas là l'expression d'un inconscient collectif calqué sur le destin d'échec inéluctable de chaque individu."
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Romane
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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mer 6 Nov 2013 - 21:59

J'avais longuement hésité à interrompre la naissance de cette chaîne, à intercaler un petit mot entre deux maillons. Et puis j'avais opté pour "surtout pas". Mais les scrupules s'envolent dès lors que les amis sont passés par là. Juste te dire : je te lis ici comme on interrompt les gestes du quotidien pour se donner un instant de vagabondage de l'esprit. De ces vagabondages qui s'enfoncent si loin au profond de soi qu'ils pèsent tout à coup le poids d'un long chemin.
Merci Gé, pour ce partage.

PS : Le loriot : sais-tu ? j'ai pensé à lui chaque jour de cette dernière escapade en Brenne. Je me suis même surprise à lever le nez vers la cime des arbres, des fois que... mais non, l'Afrique le tient entre ses bras d'ocres pour quelques mois encore... C'est drôle qu'il soit aussi resté dans ta mémoire. Se doute-t-il... ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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blue note

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Jeu 7 Nov 2013 - 1:34

Comment dire des choses amères, lumineuses, tristes, pleines d'espoir ou désespérées, avec comme point commun cette pudeur et cette délicatesse... merci donc de cette mise à nu si innocente, dans le meilleur sens du terme.
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gérard hocquet

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Ven 8 Nov 2013 - 2:41

Merci de vos passages commentés.

Jeudi 6 novembre

De Pink Floyd à Schubert, l'apparence donne une distance de style, d'âge, de culture large comme une faille infranchissable. Mais le voyage à domicile de la curiosité permet ce grand écart. Je m'étais donné ce défi de traduire « Comfortably numb » parce que j'aimais cette musique et voulais comprendre les mots qu'elle accompagnait.
Le même chemin m'a ramené à Schubert et à ses Lieders, à commencer par « der Lindenbaum », le tilleul, cet arbre qui m'est familier dans la cour de la maison, à côté du puits comme dans ce chant, auprès de la fontaine. Et les Lieders de Schubert ont cette particularité sublime que la musique comme le texte peuvent tenir debout seuls, séparément. Ils en ont une autre : j'en partage le goût avec une modèle d'atelier et de se le dire a permis l'empathie nécessaire à la qualité de sa présence et à celle de mes traits.
Cette fois l'allemand m'est plus abordable que l'anglais bien qu'abandonné depuis la fin du secondaire (scolaire, pas géologique).  
Il y a plusieurs problèmes à résoudre. La traduction littérale donne un français de cuisine. D'abord rendre l'esprit de ce texte, au plus près de l'original, dans une expression de notre langue acceptable. Deuxième défi : rester dans le poétique, à la fois dans les mots, dans le rythme et dans les rimes.
J'aime ce genre de défi et j'avais oublié quelque chose.
Il y a quelque temps, lorsque je me trouvais en panne d'inspiration, je reprenais d'anciens textes pour les retravailler. Je me suis aperçu que cet exercice réveillait l'écriture. Je retrouve le déclic avec plaisir.

Le tilleul

A la fontaine près la porte
Un tilleul se tient debout
C'est sous son ombre que m'emportent
Des rêves nombreux et doux

Sur son écorce j'ai gravé
Si souvent des mots d'amour
Que dans la joie ou affecté
Vers lui je reviens toujours

Je devais passer aujourd'hui
Devant lui dans la nuit noire
Dans la profonde obscurité
J'ai fermé les yeux ce soir

Et ses rameaux m'ont murmuré
Comm' s'ils me hélaient : « eho
Viens donc à moi mon ami et
Tu trouveras le repos »

La bise froide m'a giflé
Le visage et mon chapeau
De ma tête s'est envolé
Je n'ai pas tourné le dos

Beaucoup d'heures m'ont éloigné
Aujourd'hui de cet endroit
Et toujours j'entends chuchoter
« Ton repos trouverais là ».

Et ce dessin n'est pas une traduction. Juste un petit voyage en écoutant BACH.



Dernière édition par gérard hocquet le Dim 6 Avr 2014 - 22:39, édité 1 fois
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filo

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Ven 8 Nov 2013 - 6:19

Tricheur, tu t'entraînes déjà à l'avance pour l'atelier dessiner la musique ! tong 

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: au jour le jour   Ven 8 Nov 2013 - 9:41

J'aime beaucoup ce genre d'exercice, c'est très libérateur et riche d'échange - et c'est quelque chose qui te va bien, tu nous amènes des merveilles..chinois 
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Romane
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MessageSujet: Re: au jour le jour   Ven 8 Nov 2013 - 11:48

Gé a écrit:
D'abord rendre l'esprit de ce texte, au plus près de l'original, dans une expression de notre langue acceptable. Deuxième défi : rester dans le poétique, à la fois dans les mots, dans le rythme et dans les rimes.
Je pense très souvent à ça. Je me suis dit : il faudrait être la deuxième main d'écriture de l'auteur, au bout de sa deuxième sensibilité pour en être au plus près, parvenir à une traduction parfaite de sa poésie.
Le penser au plus sensible pour en saisir chaque subtilité, chaque nuance, car le langage poétique du poète n'appartient qu'à lui. Il y a autant de langages poétiques que de poètes. Quel univers extraordinaire !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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gérard hocquet

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Ven 8 Nov 2013 - 15:19

Merci de votre passage. Ce fil est fait aussi pour que chacun puisse y égrener ses éléments de voyage au quotidien dans une manière de partage.

Vendredi 7 novembre

Ce jour n'avait pas envie de se lever. Il aurait préféré rester dans sa pisse de la nuit, au chaud sous l'occultation.
Déjà deux cafés pour apprendre à le subir les yeux ouverts et le troisième en marche.
Lorsque je décide, plutôt les matins, de partir en voyage d'écriture et que d'emblée les mots n'ont pas jailli dans le quotidien, j'installe un rituel : musique, café à portée de la main, cahier et stylo prêts à en découdre dans le fauteuil face à la baie vitrée, mon œil sur la rue et les arbres d'en face.
Je regarde et j'attends.
Commence la partie de pêche. (Point à la ligne)
Je me donne le temps du CD. Cela mordra ou pas.
Entre le fauteuil et la peau une courtepointe. Courtepointe ? Non, ce n'en est pas une. La vraie comporte deux épaisseurs. Elle est souvent matelassée de coton ou de duvet. Celle-ci est un assemblage de carrés tricotés avec des fins de pelotes. Un des deux objets qui me restent de ma grand mère.
J'y ai retrouvé l'autre jour l'échantillon de laine rouge foncé chiné de rose perle qui constituait mon pull d'entrée en sixième. J'en ai une photo quelque part en noir et blanc au milieu des copains dont reviennent les noms : Barbier, Gaillard, Villain, Navineau, Moronval...
Parmi les quatre vingt carrés cousus de noir, je pourrais retrouver en cherchant bien les tricots des 19 cousins cousines et ses propres gilets. Tiens, en voici un sous mon coude, violet, couleur du deuil permanent de ses premiers enfants à Saint Etienne pendant l'exode de 14-18.
J'ai redécouvert cette couverture dans un carton oublié depuis 25 ans. Et je ne me lasse pas de la caresser.
Il me faudra reparler au frère aîné de cette grand mère dont j'ignore tout sauf la tendresse. Il détient la mémoire familiale mais ne la lâche qu'au compte-goutte des questions.
Sur le canapé d'à-côté, les 120 carrés cousus d'un ensemble en coton écru ajouré fait au crochet par ma mère. Je la vois y travailler, à temps perdu, sur sa chaise courte près de la fenêtre ouverte de la cuisine. Les géraniums rouges s'épanouissent et je m'apprête à rentrer le charbon dans la cave... Ou pendant les réunions hebdomadaires avec sa mère et ses sœurs, les aiguilles brodant avec les conversations. Comme aujourd'hui ces mots avec la musique de Winterreise.
A raison d'une semaine par élément, il lui aura fallu plus de deux années de travail.
Contrairement à bien d'autres au cours de nombreux déménagements, je n'ai jamais laissé ces objets. Sans plus y prêter attention.
Ils m'attendaient.
Il me faut remercier mes amies. Depuis qu'elles me donnent à voir,-et que je prends le temps de m'y attarder-, la qualité et la persévérance de leurs liens, à moi qui ai travaillé si longtemps à aider les autres dans les leurs en négligeant les miens, je jette un regard neuf sur le seul fil qui me relie aujourd'hui à des êtres chers disparus : ces objets.
En attente dans des cartons au fond d'un grenier comme les liens l'étaient au fond de la mémoire. Le grenier, la réserve à grains, prend tout son sens ces jours où germe une attention nouvelle, empêchée d'être cultivée dans le piège d'une histoire... aliénante, c'est le mot.
Ces objets couvrent un salon que j'ai accepté de mon amie et qui vient de sa mère. J'avais fait ces temps derniers des choix matériels à minima dont était exclus fauteuils et canapé. Et c'est comme s'ils se trouvaient renforcés dans leur vibration et leur appel à être choyés, et à travers eux les chères personnes qui ont magnifié leurs matières.
Objets, vous avez une âme et rassemblés, il faut le vouloir pour ne pas deviner votre aura d'ambre.
C'est novembre ? Non, neuve ambre et le soleil tout à coup éteint le crachin.

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Romane
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MessageSujet: Re: au jour le jour   Ven 8 Nov 2013 - 15:33

chinois  +++

C'est drôle, ce que tu dis là. A quelques centaines de kilomètres, depuis le fin fond de l'Aquitaine ballotée entre douceur de fin d'été et humidité automnale, depuis plusieurs jours je plonge les mains, les bras, et la mémoire toute entière entre les étagères, dans les placards petits et grands, pour en extraire ces objets à porter sur soi ou apportés un jour d'une autre vie d'avant. Et les tourne et retourne en soupesant le poids de leur importance. Ont-ils conservé leurs joues d'émotions, ou bien se sont-ils laissé vider de leur âme par quelque tour de passe-passe des strates du temps ?
Des images remontent, des sensations aussi. Beaucoup. Parfois, aucune. Comme une sorte de détachement. Je n'ai pas quitté mon corps, mais mon corps s'est défait de ses peaux mortes. Mon corps physique, mon corps intérieur. Souvent j'hésite. Les émotions peuvent sommeiller avant de connaître un autre réveil au hasard d'un éclat. Je n'en sais rien.
J'ai toujours eu beaucoup de peine à trier dans un but de faire le vide. Je me souviens avoir passé deux jours complets à brasser une montagne de papiers, pour finir par jeter une feuille A4 gribouillée par quelques mots qui ne voulaient plus rien dire. Même le régime des objets n'est pas si simple à tenir.

Je médite beaucoup là-dessus, ces temps-ci...

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Ven 8 Nov 2013 - 16:51


Rien à ajouter pour l'instant, je te suis intensément Gé!
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filo

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Ven 8 Nov 2013 - 17:03

Ça me parle ; j'ai presque le même patchwork mais en grande couverture. Et presque le même genre de souvenir de ma grand-mère. Merci pour ces réminiscences.

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Sam 9 Nov 2013 - 14:57

C'est beau Gé. chinois 
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gérard hocquet

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Lun 11 Nov 2013 - 22:51

Tant mieux si ça vous parle.

Lundi 11 novembre

C'est sans doute la saison qui veut que le ciel crache son eau, chaque année à cette date pour faire lever le blé d'hiver. Mais chaque année ces larmes gardent la couleur du chagrin de 14-18. En plus approche le centenaire et tous les médias sont sur les starting-block. ECHENOZ a devancé le peloton avec « Quatorze », le Goncourt suit, et viendra un peloton multiforme et ambigu : il est bien nécessaire de répéter que la guerre jamais n'est propre puisqu'elle tue, violente, traumatise et défigure la dignité humaine pour la masquer d'un avatar bestial archaïque. Il est moins noble d'en faire une vaste opération de commerce où tout ce qui peut va exploiter le filon même pour en faire quelquefois des œuvres remarquables. Au nom du souvenir des 14 ou 15 millions de victimes de 14-18, il serait intelligent et digne de taxer la plus-value liée à l'évocation de la guerre et d'en faire don aux victimes actuelles ou à des instances qui gagneraient les moyens de faire avancer la paix....Ou la guerre aux mauvaises habitudes d'exploitation énergétique qui fâchent la nature au point de la rendre elle aussi guerrière et meurtrière.

La nature aussi aurait une âme pour ainsi se « mettre en colère » suite au traitement qu'on lui inflige ? C'est une manière humaine de voir les choses. On pourrait dire de même qu'un moteur se « venge » en serrant parce qu'on ne lui a pas mis d'huile de refroidissement tandis qu'on le sollicitait par ailleurs pour les meilleures performances sur la route.
Les objets peuvent ne pas avoir d'âme, mais être simplement marqués et dépendants de facteurs physiques, chimiques ou autres, qui les font réagir à notre convenance ou à nos dépens.
Je reviens à ma couverture : elle a, pour ce que j'en sais, pour soi et en soi au toucher la douceur de la laine et sa capacité de retenir la chaleur. Peut-être est-elle encore subtilement marquée de l'animal qui l'a portée malgré lavages et teintures.
Ma grand mère lui a donné des motifs, une texture et des couleurs en accord avec sa sensibilité. -Des couleurs qui rejoignent celles que j'emploie en ce moment-. Je la reconnais à travers ces signes laissés. D'où cette vibration ressentie qui serait ignorée par une personne étrangère à notre histoire.
Plus largement, ce n'est pas parce que le chant du loriot est reconnu beau par la majorité des hommes qu'il est beau en soi. Il ne peut être beau, parlant, que par l'existence de notre perception. Un tableau ni un menhir ne vibrent en soi. Ils ne le font que devant témoins qui leur accordent ce pouvoir. Qui peut démêler aujourd'hui dans cette « vibration » ce qui a trait aux propriétés énergétiques de l'objet, à sa marque par les éléments, les hommes et les animaux de particules infimes encore in-mesurables par nos moyens d'investigation autres qu'intuitifs et sensibles, à son association à des éléments de vécus personnels devenus inconscients ?
De même quand je réagis à une situation qui se présente, que puis-je défricher vraiment de ce qui appartient à l'autre acteur, à l'environnement, à mon humeur et à ma sensibilité du moment ? Je réagis, avec une perception intuitive et globale des choses, puis vient l'analyse relative à ma posture, une analyse partielle et subjective qui révèle une part de mystère.
Un jour tous ces mystères seront-ils levés ? Peut-on imaginer que le temps d'un instantané soit suffisant à prendre la pleine conscience de tout ce qui entre en jeu à chaque instant dans les moments de la vie, à habiller chaque objet rencontré par les sens de ce qu'il est et de ce qu'il transporte de manière subtile et à faire apparaître clairement ses éléments d'association à mon vécu ?
Le jour où l'imaginaire ne pourrait plus investir la réalité parce qu'elle serait complètement mise à nu, ne serait-ce pas ce jour-là la fin du monde  puisque tout serait dit sur tout ?
Jusque là, chaque découverte démultiplie les difficultés de l'énigme suivante à explorer. Peut-être cela découragera-t-il un jour les sciences de chercher à tout comprendre si ce tout ne fait qu'aller vers l'infini. Peut-être la priorité deviendrait de comprendre et trouver l'issue au fait qu'un pour cent des hommes font une loi indigne quoiqu'un minimum acceptable pour 20 pour cent des autres et indigne mais complètement inacceptable pour les 79 pour cent restant dont 825 millions souffrent de la faim.

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Romane
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MessageSujet: Re: au jour le jour   Lun 11 Nov 2013 - 23:32

chinois  Homme de coeur, parle-nous encore... bisou 

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mar 12 Nov 2013 - 2:26

Beaucoup de justesse dans ce texte.
Que je partage.

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mar 12 Nov 2013 - 10:05

Autant le texte que l'image, un chemin vers l'essentiel, beau et sensible.chinois 
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Tryskel
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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mar 12 Nov 2013 - 15:34


" C'est sans doute la saison qui veut que le ciel crache son eau, chaque année à cette date pour faire lever le blé d'hiver. Mais chaque année ces larmes gardent la couleur du chagrin de 14-18. En plus approche le centenaire et tous les médias sont sur les starting-block. ECHENOZ a devancé le peloton avec « Quatorze », le Goncourt suit, et viendra un peloton multiforme et ambigu : il est bien nécessaire de répéter que la guerre jamais n'est propre puisqu'elle tue, violente, traumatise et défigure la dignité humaine pour la masquer d'un avatar bestial archaïque. Il est moins noble d'en faire une vaste opération de commerce où tout ce qui peut va exploiter le filon même pour en faire quelquefois des œuvres remarquables. Au nom du souvenir des 14 ou 15 millions de victimes de 14-18, il serait intelligent et digne de taxer la plus-value liée à l'évocation de la guerre et d'en faire don aux victimes actuelles ou à des instances qui gagneraient les moyens de faire avancer la paix....Ou la guerre aux mauvaises habitudes d'exploitation énergétique qui fâchent la nature au point de la rendre elle aussi guerrière et meurtrière." chinois 
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Alizé

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mar 12 Nov 2013 - 17:18

Une prose à suivre...
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blue note

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mar 12 Nov 2013 - 23:33

A suivre de très près, même...
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gérard hocquet

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MessageSujet: Re: au jour le jour   Mer 13 Nov 2013 - 12:36

merci de vos commentaires.

Mardi 12 novembre

L'arbre est la feuille et la feuille l'arbre. L'oiseau le sait-il, perdu dans les branches ?
Pas de chant ce jour. Mon tilleul n'est pas assez grand pour m'inspirer une chanson. Tout juste un aphorisme et un croquis.

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