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 Bandas [théâtre]

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MBS

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MessageSujet: Bandas [théâtre]   Sam 28 Juin 2014 - 17:53

ACTE I – SCENE I
(Adartza / Faustine)

La scène correspond au bureau de la maire de la petite ville de Jatxsaritz-sur-Bidouze (à gauche) et à son secrétariat (à droite). Lorsque le rideau se lève, la secrétaire est avachie sur le clavier de son ordinateur. Entre alors Faustine.

Faustine
- Eh bien, Adartza ?! Vous avez encore picolé hier soir ?

Adartza
- Et alors ?... J’ai pas le droit peut-être ?...

Faustine
- Je ne peux évidemment pas vous l’interdire mais si c’est pour vous trouver dans un état semi-comateux le matin quand j’arrive à la mairie.

Adartza
- Je ne suis pas dans un état semi-comateux, je cherche ma gomme.

Faustine
- Sur le clavier de l’ordinateur ?

Adartza
- Non, elle est sous mes pieds… Mais à chaque fois que je me penche pour la ramasser, il y a le clavier qui m’en empêche.

Faustine
- Dites plutôt que vous avez une casquette en plomb sur la tête et que vous savez bien que si vous vous penchez, vous n’allez pas pouvoir vous redresser ensuite… Qu’est-ce que j’ai ce matin ?

Adartza
- A 11 heures, vous avez une réunion avec le SIVOM à propos du renouvellement de la benne à ordures. Il paraît que cela fait trois fois qu’elle tombe en panne à mi-tournée. Au hameau des Etchémenguy, cela fait une semaine et demi que les ordures n’ont pas été ramassées ; les habitants ont demandé qu’on leur livre des masques à gaz en urgence.

Faustine
- On va régler ça… Je ne suis pas écologiste juste pour gagner les élections municipales… Je crois à la nécessité de rendre à notre planète un élan vers la nature qui…

Adartza
- Madame, ce n’est pas la peine de tester votre prochain discours avec moi, vous savez que je ne vote pas…

Faustine
- Quelle idée !

Adartza
- Dame ! Imaginez !... Si je devais supporter dans ce bureau un candidat que j’aurais voulu voir battu, ça ne serait pas une vie !

Faustine
- Vous avez raison ! C’est une décision courageuse que de renoncer à son droit de citoyenne pour un tel motif. Vous vous voulez neutre… Et c’est pour ça que vous allez noyer votre chagrin dans l’alcool en buvant en Suisse.

Adartza
- Mais, je tiens bien la boisson… Regardez, la gomme… Je me penche, je l’attrape et je me redresse… Voyez ! Pas un tremblement !

Faustine
- Oui, eh bien, quand vous aurez fini de travailler votre numéro d’équilibriste pour le cirque Pinder, vous finirez peut-être de me dire qui je vois ce matin.

Adartza
- A 10h30, une nouvelle habitante a pris rendez-vous pour venir se présenter.

Faustine
- Une nouvelle habitante ?... Une jeune ?...

Adartza
- Ah non, madame… Faut pas rêver ! On est, je vous le rappelle, en pleine montagne basque. Le premier McDo est à 40 kilomètres, qu’est-ce qu’un jeune viendrait s’enterrer ici ?

Faustine
- Cela aurait pu être une créatrice d’entreprise qui aurait voulu profiter de notre zone d’activités Gédéon Hitchaguy…

Adartza
- C’est sûr que ça vous aurait fait du bien. Ca a été votre première décision quand vous êtes arrivée à la mairie, il y a 5 ans. Je vous entends encore : « Grâce à la zone d’activités Gédéon Hitchaguy, c’est le monde qui va prendre racine à Jatxsaritz-sur-Bidouze ». Cinq ans après, il y a du goudron, des rebords de trottoirs, de grands panneaux d’affichage et c’est tout…

Faustine
- Oh, ça va ! J’ai l’impression d’entendre Bricaud-Perrin !...

Adartza
- Ben justement, madame le maire, vous allez l’entendre… Il a téléphoné hier soir pour prendre rendez-vous.

Faustine
- Rendez-vous ? Quand ça ?...

Adartza
- Hier soir…

Faustine
- Mais non ! Je ne vous demande pas quand il a pris rendez-vous mais pour quand il a pris rendez-vous…

Adartza
- Pour dans un quart d’heure…

Faustine
- Pour dans un quart d’heure ?... Mais ce n’est pas possible ! Dans un quart d’heure, je serai retournée à la pharmacie… C’est que j’ai du travail là-bas… La mère Cronchin va venir acheter son paquet de patchs anti-tabac quotidien… A mon avis, elle ne doit pas se les mettre sur la peau, elle doit les manger… Faudra que je lui explique le mode d’application…

Adartza
- Oh madame ! Ca, je ne croyais pas que c’était possible !...

Faustine
- Quoi ?

Adartza
- Que vous vous dégonfliez devant Bricaud-Perrin !... Je sais bien que tout le monde pense qu’il va vous battre dans quatre mois mais quand même… J’espérais que vous feriez face avec un peu plus d’énergie.

Faustine
- Mais je vais me battre… Je vais me battre… Il faut juste que je trouve « le close-combat pour les nuls » et que je m’entraîne un peu… Et vous allez voir, le Bricaud-Perrin… Il va rien lui manquer… Et puis d’abord qu’est-ce qu’il me veut ? M’humilier en me faisant sentir qu’il est en position de force ?

Adartza
- Paraitrait que c’est en rapport avec le Jatxsaritz Rugby Club dont il est l’heureux président…

Faustine
- Heureux ?... Vous rigolez ?... Ils n’ont pas gagné un match depuis le début de la saison… C’est même le seul espoir qu’il me reste… Que le club s’enfonce encore plus dans les sables mouvants de la défaite et qu’il entraîne avec lui son président. A cette condition seulement, je pourrais rêver à me maintenir dans mon fauteuil de maire et à garder ma pharmacie… Parce que, si je suis battue, je serais la risée du village et je n’aurais plus qu’à m’en aller sous les quolibets et les rires méchants… Parce que les gens sont méchants ici… Et ils n’ont pas la reconnaissance des services rendus…

Adartza
- Allons, allons, madame… Ne vous mettez pas dans un état pareil… Rien n’est perdu…

Faustine
- Bien sûr que rien n’est perdu… Tant que Pétillon Zakanimendy entraîne l’équipe…

Adartza
- Pourquoi, madame ?... Vous voulez dire que ?...

Faustine
- Eh !... Je me bats avec les armes qu’il me reste… Pétillon est l’homme à tout-faire de la commune. On l’a récupéré alors qu’il avait sombré dans une vie dissolue après la fin de sa carrière de joueur en Fédérale 2. Comme il avait une petite expérience du haut niveau, on l’a recruté pour diriger l’équipe… Ben je lui ai rappelé que s’il tenait à son poste à la mairie, il ne fallait pas que Briaud-Perrin gagne les élections.

Adartza
- Oh ben ça !... Je savais que vous étiez rusée… mais pas à ce point-là…

Faustine
- Chuuuut ! Ce sera notre secret… Je passe un coup de téléphone à ma fille et je vous dirais quand vous pourrez introduire ce monsieur…


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MessageSujet: Re: Bandas [théâtre]   Sam 28 Juin 2014 - 17:54

ACTE I – SCENE II
(Faustine / Adartza / Bricaud-Perrin)

Faustine entre dans son bureau, décroche son téléphone et appelle sa fille.

Faustine
- Allo ?!... Oui, je te réveille… je sais bien que je te réveille… Mais moi, je suis au boulot depuis 6 heures du matin… Là, il est ?... (criant) Adartza, quelle heure est-il ?

Adartza
- 10h15 ! L’heure de votre rendez-vous !... Et je crois bien qu’il arrive…

Faustine
- Oui, il est 10h15 !... Et toi, tu as 20 ans, tu devrais être dans une grande école ou une université mais non, tu glandes toute la journée à la maison devant des émissions débiles à la télé… Et le matin, tu fais la grasse matinée jusqu’à 11 heures… Oui, pas aujourd’hui… Mais justement, à partir d’aujourd’hui, ça va changer… Je vais te remettre la tête à l’endroit, moi… Tu vas arrêter de changer de mecs tous les deux jours… Quoi ?! Tu l’as largué… Alors de changer de mec tous les jours… Et tu vas bosser !... Où ça ?... Mais… Là où il y a du boulot… A la pharmacie…

Bricaud-Perrin entre au secrétariat avec toute l’aisance d’un type sûr de lui. Pendant ce temps, Faustine entreprend de se pomponner pour se présenter sous son meilleur jour.

Bricaud-Perrin
- Vous aviez bien noté mon rendez-vous, mon petit ?

Adartza
- Pardon ?! J’avais rendez-vous avec vous, monsieur Bricaud-Perrin ?

Bricaud-Perrin
- Mais non !... Je vous ai demandé de prendre rendez-vous avec l’autre, la future ex-maire. Vous l’avez fait, mon petit ?

Adartza
- Mais pourquoi vous m’appelez « mon petit » ?... On n’a pas gardé les gâteaux basques ensemble que je sache.

Bricaud-Perrin
- J’appelle toutes mes secrétaires « mon petit »… Il faudra vous y faire, mon petit…

Adartza
- Et moi j’appelle tous mes patrons « mon grand con »… J’espère que vous n’aurez pas trop de mal à le supporter.

Bricaud-Perrin
- Mon grand con ?... Pourquoi ça ?...

Adartza
- Parce que c’est la première chose qui me passe par la tête quand je vous vois… « Tiens, voilà le grand con ! »

Bricaud-Perrin
- Je vais vous virer, mon petit, si vous vous comportez mal…

Adartza
- Ah non, monsieur… Vous n’allez pas me virer parce que ce n’est pas dans vos attributions… Je fais partie de cette mairie comme ce bureau ou la plante verte… Et encore, la plante verte peut crever et le bureau, on peut le changer… Mais moi, j’y suis j’y reste comme disait l’autre…

Bricaud-Perrin
- Mac Mahon…

Adartza
- Ou Mac Ringo, je ne sais plus… (Faustine actionne l’interphone) Madame le maire va vous recevoir, monsieur Briaud-Perrin. (Elle se lève, lui ouvre la porte, la referme, revient à son bureau)… Bon, il faut que je trouve un imprimé pour m’inscrire en urgence sur les listes électorales… J’ai des principes mais un con pareil tous les jours dans la pièce à côté, ça dépasse tout… Je préfère encore voter pour une écolo que pour un grand con… Ah, ça m’énerve… Et quand on m’énerve, c’est plus fort que tout, j’ai soif (elle se lève et sort).


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MessageSujet: Re: Bandas [théâtre]   Sam 28 Juin 2014 - 17:54

ACTE I – SCENE 3
(Faustine / Bricaud-Perrin)

Bricaud-Perrin reste debout un moment, Faustine faisant semblant de lire et de signer son courrier.

Bricaud-Perrin
- Elle est à l’envers…

Faustine
- Quoi ?...

Bricaud-Perrin
- La feuille que vous lisez… Elle est à l’envers…

Faustine
- Et alors ?...

Bricaud-Perrin
- Bon, je n’ai rien dit…

Faustine remet la feuille à l’endroit, la signe puis la jette dans la corbeille…

Bricaud-Perrin
- Mais vous…

Faustine
- Et alors ?... C’est une demande de subvention pour l’année prochaine de la part du club de tricot artistique… 300 euros pour acheter de la laine et des aiguilles… Je signe parce que je suis d’accord pour la donner et je la jette dans la corbeille parce que quand vous serez dans ce fauteuil vous l’annulerez d’un trait de plume… Nos amies du club de tricot artistique, elles n’auront plus un sou puisque vous avez prévu de désengager la commune de toutes ces dépenses affreusement coûteuses… Sauf bien sûr vos amis du comité des bêtes… Je veux dire du comité des fêtes… Hein, ils sont bien cul et chemise avec vous… Enfin, surtout chemise j’espère pour vous…

Bricaud-Perrin
- Vous me faites un procès d’intention…

Faustine
- Parce que vous ne m’en faites pas en permanence, vous ?... Et en plus chez moi ! Vendredi, vous êtes bien venu acheter du collyre ?

Bricaud-Perrin
- Oui j’avais de la conjonctivite… J’avais les yeux rouges…

Faustine
- C’est bien le seul truc que vous pouvez avoir de rouge, mon pauvre Bricaud-Perrin… Peut-être bien la gorge aussi de temps en temps… Mais, collyre ou pas, vous vous êtes quand même exclamé avant de sortir que les prix pratiqués dans ma pharmacie étaient exorbitants et qu’on voyait bien que j’étais en position de monopole dans la ville.

Bricaud-Perrin
- Ce n’est pas vrai peut-être ?

Faustine
- Mais ce n’est pas moi qui fixe mes prix et vous le savez bien…

Bricaud-Perrin
- Bien sûr que je le sais… Mais vos clients, eux, ils ne le savent pas… Il faut bien leur dire ce qu’ils doivent penser parce que si on attend qu’ils réfléchissent par eux-mêmes…

Faustine
- Vous insultez mes administrés, Bricaud-Perrin !

Bricaud-Perrin
- Jamais quand ils sont là… Oh, vous pouvez prendre l’air outragé !... Vous savez ce que votre assistant a crié devant tout le monde quand j’étais au guichet : « Vous prenez votre boite de 15 préservatifs comme toutes les semaines, monsieur Bricaud-Perrin… les DSK-special comme d’habitude ? »

Faustine
- Et alors ? Vous n’achetez pas une boite de 15 préservatifs toutes les semaines ?...

Bricaud-Perrin
- Bien sûr que si !... Mais vous savez bien que ce n’est pas pour les utiliser, c’est pour faire croire que j’en ai encore l’utilité… C’est pas pareil… Oh mais vous savez, je vois clair dans votre jeu… Vous cherchez à me déconsidérer auprès de nos citoyens…

Faustine
- Moi ?!

Bricaud-Perrin
- Oui, vous !!!... Et vous avez commencé par essayer de me frapper lâchement en utilisant ma position de président du Jatxsaritz Rugby Club… Ah, il fait du beau boulot votre Pétillon depuis le début de l’année… Un entraîneur comme ça, il le faudrait dans toutes les équipes qui ont pour projet de descendre dans la division inférieure. On se l’arracherait !... Mais je ne suis pas tombé de la dernière pluie océanique, moi !... Je ne connais rien au rugby, c’est clair… Mais, au moins, contrairement à vous, je fais semblant… Et c’est en faisant semblant que j’ai fini par comprendre que j’avais une brebis galloise dans le staff…

Faustine
- Une brebis galloise ?

Bricaud-Perrin
- Non, galeuse… Une brebis galeuse… Pétillon Zakanimendy … Comme me l’a dit un joueur : « pour un jeu pétillant, il faudra faire péter Pétillon »…

Faustine
- Et donc ?

Bricaud-Perrin
- Et donc je le vire !...

Faustine
- Vous le virez ?!... Mais de quel droit ?!... Ce n’est pas conforme aux valeurs de l’Ovalie…

Bricaud-Perrin
- Je m’en fous des valie de l’ovaleur !... J’y connais rien, je vous ai dit… Sauf que quand on m’a parachuté dans cette ville, on m’a expliqué que les gens ici naissaient – enfin, s’il en nait encore – avec deux choses déjà gravées dans le cœur : les couleurs rouge et verte et la haine pour ceux de Bidarray…

Faustine
- C’est vrai que personne ne peut les sentir… A force on ne sait plus pourquoi d’ailleurs… Il paraît qu’au XVIIème siècle, une fille de par chez eux aurait fauté avec un gars de par chez nous, mais il n’y a jamais eu personne pour me le confirmer… Le dernier supporter de Bidarray qui s’est pointé ici pour le derby, il y a deux ans, il a fallu que je le planque dans la chambre froide de la pharmacie pour qu’il ait la vie sauve…

Bricaud-Perrin
- Eh bien, puisque vous avez essayé de m’enfoncer par le rugby, je vais vous couler par le rugby. Dans une heure, je convoque une assemblée extraordinaire du bureau du club. Ce pauvre Pétillon est renvoyé à sa fonction d’employé municipal chargé des pelouses, des fleurs et des déjections canines. Et j’intronise comme nouvel entraineur…

Faustine (à elle-même)
- Allons bon, qu’est-ce qu’il va me sortir comme nom ?

Bricaud-Perrin
- Lhuis… (prononcer Lui)

Faustine
- Qui ça ?


Bricaud-Perrin
- Lhuis

Faustine
- J’ai bien compris que c’était lui mais c’est qui ce lui ?

Bricaud-Perrin
- Mais enfin, on ne connait que lui ! Lhuis !... Bertrand Lhuis…

Faustine
- Connait pas !... Ah mais attendez, si… Mais il faut dire Lhuis… Avec un « s » bien sifflant… Sinon, ça fait lui… Comme si c’tait la porte quoi…

Bricaud-Perrin
- Oh ! Lui ou Lhuis… Là n’est pas l’essentiel…

Faustine
- Ah ben si quand même, si c’est pas lui et que c’est Lhuis, ça change… Bertie le cinglé, tout le monde le connaît ici…

Bricaud-Perrin
- Vous savez qu’il a milité dans notre parti… Alors j’ai demandé si on pouvait le convaincre de venir relancer sa carrière ici… Il n’avait rien, il est venu…

Faustine
-Et vous allez le payer comment ?

Bricaud-Perrin
- Ah ça, c’est une surprise !...

Faustine
- Encore une ! Oh mais décidément vous me gâtez !... Deux surprises pour une seule matinée, c’est Noël avec deux mois d’avance… Puisque Pétillon n’a plus à s’occuper de l’équipe de rugby, je vais lui dire d’accrocher les guirlandes dans les rues… C’est des basses consommations, ça devrait pas trop peser sur notre budget communal…

Bricaud-Perrin
- Viendrez-vous assister à notre réunion de bureau dans trois quarts d’heure ?

Faustine
- Ca aurait été avec plaisir mais je dois sauver le hameau des Etchémenguy d’un empoisonnement aux déchets toxiques… Avec un peu de chance, je vais sauver quelques habitants qui ne s’intéressent pas au rugby… Il y en a peu dans la commune mais s’il y en a, ceux-là il faut que je les bichonne. Vous n’avez qu’à voir avec Gabirel Extesipoza, mon adjoint aux sports… Monsieur Bricaud-Perrin, j’ai bien l’honneur de vous saluer…

Bricaud-Perrin
- Madame le maire… (il sort, revient sur ses pas). Oh, et puis, pour vous montrer que je ne suis pas du genre à exploiter tous les cancans… Surveillez un peu plus votre fille… Parce que si elle a décidé de fatiguer tous nos joueurs, je me verrai obligé de lui interdire l’accès aux tribunes les soirs d’entrainement…


Faustine
- Ca ne risque plus d’arriver… Elle va travailler…

Bricaud-Perrin
- Travailler ?... Vous oubliez que le taux de chômage est de 25 % dans la commune !…

Faustine
- Eh bien, elle travaillera à aider ceux qui cherchent du travail à en trouver… Allez, je ne vous retiens pas… (Il sort, elle se désespère)… Bertrand Lhuis… Bertrand Lhuis… Non, non, pas lui !... Pas lui !... (le téléphone sonne) Allo !... Quoi encore la mère Cronchin ?!... Elle suce les patchs à la nicotine ?!... Mais, Gilou, on le savait ça… Ah, vous avez goûté et vous aimez ?... Ne bougez pas, j’arrive !... (Elle prend sa veste sur le dossier de son fauteuil et sort).

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Dernière édition par MBS le Sam 28 Juin 2014 - 17:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bandas [théâtre]   Sam 28 Juin 2014 - 17:55

ACTE I – SCENE 4
(Adartza / Appletown)

Adartza rentre avec une certain difficulté à garder son équilibre, elle a visiblement trop bu. Elle regagne tant bien que mal son bureau en maugréant…

Adartza (en maugréant)
- Il faut que je reprenne ma place qu’elle a dit madame le maire… Que je reprenne ma place… Et elle est où ma place… Ah oui, je vois la chaise… Pourquoi y en a deux ?... Eh j’ai pas grossi tant que ça qu’il me faille deux chaises ! (Dès qu’elle est assise, elle retrouve toute sa distinction de secrétaire). Bon, je disais, remplir une demande d’inscription sur les listes électorales pour moi…

Entre Kathryn Appletown, femme d’un certain âge d’une grande classe pour ne pas dire d’une certaine raideur.

Appletown
- Bonjour… Je suis miss Appletown, j’ai appelé hier pour attraper un rendez-vous.

Adartza
- Tout à fait, miss Appletown. Madame le maire a dû s’absenter un petit instant. Veuillez vous asseoir, elle ne devrait pas tarder.

Appletown
- Mais certainement… Ce sont des choses qui arrivent…

Elles restent comme cela un moment. On voit, par ses mimiques, l’Anglaise s’agacer de plus en plus de l’absence de ponctualité du maire.

Appletown
- Quand même, ce retard est vraiment disgracieux je trouve…

Adartza
- Je trouve aussi… Ce n’est pas dans les habitudes de madame le maire… Ne quittez pas, je l’appelle…

Appletown
- Je ne quitte pas… Je ne quitte pas… Je ne suis pas pressée, je suis à la retraite… Mais enfin, quand même, si mon pauvre mari voyait ça… Il serait…

Adartza
- Madame le maire ?... Oui, c’est la mairie… Vous avez votre rendez-vous qui attend… (se tournant pour parler plus à son aise) Et elle a pas l’air patiente… Quoi ?! La mère Cronchin est en train de braquer la pharmacie pour que vous lui vendiez des patchs à la nicotine !… Mais qu’est-ce qu’on peut faire ?... Appeler la gendarmerie ?... Mais pourquoi vous le faites pas ?... Ah d’accord, ça sera plus discret si c’est moi qui le fais… D’accord… (à miss Appletown) Madame le maire est confuse, elle est retenue à la pharmacie… Je passe un coup de téléphone pour qu’on vienne la libérer et elle est à vous.

Appletown
- Vous êtes trop aimable… (pour elle-même) Satanés Français, avec leur Sécurité Sociale, ils font des trous partout dans les comptes… Mais on comprend pourquoi, ils passent leur vie dans les pharmacies.

Adartza
- La gendarmerie ? Ici la mairie… Ah c’est vous gendarme Copacabenec ?... Comment ça va gendarme Copacabanec ? La Bretagne vous manque toujours ?... Oui, je sais… C’est aussi très vert chez nous mais pour trouver une crêperie, il faut faire 100 bornes… Mais ne vous en faites pas, dans six mois, vous trouverez que la Bretagne c’est loin et c’est chiant… Comment je sais ça ?... J’ai passé deux jours à Brest… Oui, sinon, tant qu’on y est, pour hier soir, vous pouvez vraiment rien faire ?... Parce que bon, c’est vrai que j’avais un peu bu… Oui, un taux d’alcoolémie de 2,1, je sais… mais bon, si on se place sur l’échelle de Richter qui va jusqu’à 7 c’est pas si grave que ça… Ouais, bon, donc, vous ne voulez rien faire… Même en étalant un peu comme un crédit en trois mois sans frais… Vous voyez une sorte de taux d’alcoolémie homéopathique… Ah non, décidément, vous êtes pas arrangeant… Je ne vous salue pas, monsieur… (elle raccroche, furieuse)

Appletown
- Alors, ça s’arrange ?...

Adartza
- Non, ça s’arrange pas… Je vous jure, les flics qui ne sont pas du coin, c’est pas simple… Ils ne… (se rendant soudain compte qu’elle a oublié l’essentiel, elle s’interrompt, décroche à nouveau le téléphone). La gendarmerie ? Ici la mairie… Qu’est-ce que vous foutez ?!... Il y a la mère Cronchin qui fait du scandale à la pharmacie et vous ne vous bougez pas le cul… Attendez que je vois un peu l’adjudant et je vais lui dire ce que je pense de votre inefficacité… Que je ne lui dise rien, Copacabenec ?.. Ah mais je ne sais pas… Vous déchirez ma contredanse… Ah ben voilà, vous voyez quand vous voulez… Oui mais en attendant, filez à la pharmacie… Comment ça, vous savez pas où elle est ?... Ok, vous êtes là depuis trois jours mais je vais vous donner un truc pour la trouver, il y a une grande croix verte qui clignote en permanence… Allez, grouillez-vous Copacabenec, madame le maire est en train de prendre du retard dans son planning de la matinée. (Elle raccroche).

Appletown
- Alors ça s’arrange ?...

Adartza
- Ca s’arrange… Enfin, si la gendarmerie a mis à jour son GPS sur sa fourgonnette… En attendant, je vais vous faire attendre dans le bureau de madame le maire. (Elle se lève, titube, reprend le contrôle de ses pas), conduit Kathryn Appletown dans le bureau voisin, revient et, épuisée par l’effort, tombe à genoux et finit à quatre pattes son retour vers son bureau.

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MessageSujet: Re: Bandas [théâtre]   Sam 28 Juin 2014 - 17:56

ACTE I – SCENE 5
(Appletown / Adartza / Lhuis)

Bertrand Lhuis entre tandis qu’Adartza finit de se hisser péniblement sur son fauteuil. Pendant toute la scène, Kathryn Appletown s’em… dans le bureau d’à-côté, finit par fouiner un peu et tirer une grille de mots croisés.

Lhuis
- Je peux vous aider ?

Adartza
- Non ça va, je gère… J’avais perdu ma gomme…

Lhuis
- Mais elle est sur votre bureau !

Adartza
- Ah c’est pour ça aussi que je ne la trouvais pas… Vous avez rendez-vous, monsieur ?

Lhuis
- Je suis Bertrand Lhuis…

Adartza (qui regarde sur son agenda)
- Lhuis avec un S ?

Lhuis
- Oui et avec un h aussi…

Adartza
- Un h ?... Vous le mettez où le h ?

Lhuis
- Entre le l et le u…

Adartza
- Je suis désolé, monsieur… même avec un h entre le l et le u, vous n’avez pas rendez-vous… J’ai un Dhoumerc avec un h entre le d et le o cette après-midi mais c’est tout ce que j’ai avec un h aujourd’hui…

Lhuis
- C’est que je ne vous ai jamais dit que j’avais rendez-vous…

Adartza
- Je peux vous en donner un alors ?

Lhuis
- Je crois que ce ne sera pas nécessaire… Je voulais saluer madame Etchegaray en même temps que lui demander si elle ne connaitrait pas une maison à louer dans le village…

Adartza
- La ville, monsieur… Pas le village, la ville… Si vous dites à madame le maire qu’elle dirige un village, elle ne va pas apprécier… Vous pensez… C’est pas payé pareil…

Lhuis
- C’est que je la connais… Enfin un peu… C’était à l’époque où elle faisait ses études de pharmacie à Bordeaux et que j’étais…

Adartza
- Oh mais, vous êtes… Oh, j’aurais dû vous reconnaître. Cette carrure, cette gueule de travers… mais oui, vous êtes Lhuis… Bertie le cinglé, l’entraîneur de rugby.

Lhuis
- Oui, bon, Bertie le cinglé, c’est un truc de journaliste… Je suis pas plus cinglé que n’importe qui….

Adartza
- Et vous venez vous installer chez nous, Bertie ?… je veux dire monsieur Lhuis.

Lhuis
- Oui, il paraît que je dois avoir du travail…

Adartza
- Du travail ? Ici ?... Ah, on vous aura raconté des craques… ici, on n’a tellement pas de travail que ce sont les travailleurs qu’on délocalise… On en a quatre fois que de places… Les deux derniers qui sont partis sont allés s’embaucher en Mongolie pour 10 euros par jour dans une usine qui fabrique des coquillages en polymères élastoplastiques.

Lhuis
- C’est monsieur Bricaud-Perrin qui m’a fait venir…

Adartza
- Bricaud-Perrin, le toubib ?!... Oh alors, si c’est lui qui vous a fait venir c’est qu’il est encore plus occupé que je le pensais…

Lhuis
- Qu’est-ce que vous voulez dire ?

Adartza
- En ville, nous avons deux médecins… Le docteur Pratxarazu qui est un vrai généraliste, il soigne tout… l’année dernière, j’avais une flémingite aigüe, il a soigné ça… Avec des gouttes… 50% Cognac, 50% Armagnac… Je suis repartie au quart de tour. Tandis que le docteur Bricaud-Perrin, c’est plus un spécialiste. Lui, il fait plutôt dans le traitement par papier à en-tête… L’arrêt de travail, la dispense de sport dans la commune c’est lui… Pratxarazu vous soigne, Bricaud-Perrin vous arrête… Le trou de la Sécu c’est lui !... Vous me direz, ça lui laisse du temps pour ses autres activités… Comme la présidence du club de rugby…

Lhuis
- Justement… C’est là que je vais avoir du boulot…

Adartza
- Au club de rugby ?... Mon Dieu !... La patronne est fichue !

Lhuis
- Pourquoi ?...

Adartza
- Je peux pas vous expliquer… (elle fouille dans un tiroir de son bureau, boit une lampée d’une bouteille d’alcool)... Fallait que je reprenne mon traitement… Non, n’insistez pas, je peux pas… Asseyez-vous, j’espère que madame le maire ne va plus tarder.


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MessageSujet: Re: Bandas [théâtre]   Sam 28 Juin 2014 - 17:57

ACTE I – SCENE 6
(Appletown / Adartza / Lhuis / Clara)

Lhuis est assis dans un coin de la scène, dos tourné par rapport à l’entrée. Appletown continue à attendre dans le bureau de Faustine. Adartza lutte contre l’envie de rouvrir son tiroir. Entre Carla, habillée jeune, maquillée, lunette de soleil sur le nez…

Carla
- Salut Adartza ! Elle est là la croulante ?

Adartza
- Non, elle est à la pharmacie !

Carla
- C’est justement pour ça que je passais… Il y avait un attroupement devant la pharmacie et il m’a semblé que le nouveau gendarme, Macabanesurlebec…

Adartza
- Copacabenec… Il est Breton d’origine brésilienne, pas canadienne…

Carla
-Oui, enfin, que le gendarme en question arrêtait la mère Cronchin… Tu sais ce qu’il se passe…

Adartza
- Ce qu’il se patch ?... (elle se met à rire comme une idiote)

Carla
- Mais elle va revenir, maman ? Parce que je dois prendre le bus de midi pour retrouver des copines pour faire les magasins à Bayonne cette aprem…

Adartza
- Et vous allez rentrer comment ?... Comme la dernière fois, votre mère devra faire les 80 bornes pour vous récupérer à l’entrée de la rue piétonne ?... Carla, il faudrait grandir ma petite…

Carla
- Et toi, tu devrais arrêter de picoler !... Ca te gâte le jugement et la beauté… Et encore, je ne sais pas si tu as été équipée un jour des deux.

Lhuis (qui se redresse et se retourne)
- Mademoiselle, je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais vous devriez avoir plus de respect pour vos aînées…

Carla
- Papa !!!



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MessageSujet: Re: Bandas [théâtre]   Mer 22 Oct 2014 - 19:09

ACTE II – SCENE 1
(Pantxi – Pétillon)

(Pendant la pause, un air de bandas à la gloire du Jatxsaritz Football Club est diffusé)

Pantxi
- Et voilà ! Pas mal hein ?

Pétillon
- Oh ouais ! C’est toi qui l’as fait, Pantxi ?

Pantxi
- Oui, c’est moi qui l’ai fait !

Pétillon
- Eh beh c’est bien… Parce que tu vois, depuis que l’équipe gagne tous ses matchs en mettant 40 points aux autres, ben il manquait vraiment un hynne... un hymme… un hymne qui fusse-t-à la hauteur…

Pantxi
- C’est aussi ce que je me suis dis.

Pétillon
- Et elle en a dit quoi de ton air, madame le maire ?

Pantxi
- Rien ! Elle m’a dit qu’elle en avait par-dessus la tête du rugby, que ça allait lui faire perdre les élections et qu’elle ne voulait plus en entendre parler…

Pétillon
- Ah ouais, ça se comprend… Attends, depuis que Lhuis dirige l’équipe, on gagne tous nos matchs en mettant 40 points aux autres… Et le président, il se frise la grosse tache…

Pantxi
- C’est pas la grosse tache, Pétillon… C’est la moustache… Il se frise la moustache !

Pétillon
- Pas possible ! Il en a pas de moustache, il peut pas se la friser… Et puis de toute façon, Bricaud-Perrin c’est une grosse tache !... Avec ou sans moustache… Faut voir dans quel état il met madame le maire chaque fois qu’elle le voit… Une fois, j’ai vu… Elle a changé de trottoir pour ne pas le voir… Ben, elle est quand même tombée dessus parce que c’était rue de l’abattoir et qu’il y a pas de trottoir des deux côtés.

Pantxi
- Ah oui… C’est sûr que si on gagne encore six matchs, on finit premier et on va se retrouver en finale d’accession… Mais tu vois, j’ai beau aimer ce club, ça me fait quelque chose de voir madame Faustine comme ça. Elle est toute triste tout le temps…

Pétillon
- C’est à cause de sa fille…

Pantxi
- Sa fille ? Qu’est-ce qu’elle a encore fait la Clara ?... Des bêtises de son âge ?...

Pétillon
- Pire que ça !... Elle croit que Lhuis c’est son père… Elle va tout le temps à l’entrainement pour le voir et Lhuis il a beau lui dire que c’est pas possible, elle insiste… Mon papa par-ci, mon papa par-là…

Pantxi
- C’est embêtant !...

Pétillon
- Surtout que tu la connais la Clara… Elle a pas froid au pieu…

Pantxi
- Aux yeux, Pétillon ! Aux yeux !...

Pétillon
- Mais attends, tu dis n’importe quoi… On a jamais froid aux yeux… Aux pieds, aux doigts, oui… Mais aux yeux, t’as pas froid… T’as déjà mis un cache-nez pour avoir chaud aux yeux, toi ?

Pantxi
- Pétillon, si tu n’étais pas un copain depuis l’école, je crois bien que…

Pétillon
- Si je dis qu’elle n’a pas froid au pieu, c’est parce qu’elle drague tous les joueurs de l’équipe. Juste pour énerver Lhuis et qu’il veuille s’occuper un peu d’elle.

Pantxi
- Ah oui ! Elle a pas froid au pieu… Au lit…

Pétillon
- Elle s’appelle pas Ollie, elle s’appelle Clara !

Pantxi (après un gros soupir de désespoir)
- Pétillon, si tu n’étais pas un copain depuis l’école, je crois bien que…

Pétillon
- Elle est toujours dans son bureau, madame Etchegaray ?…

Pantxi
- Eh non ! Elle a encore dû aller à la pharmacie… Il parait que la mère Cronchin vient encore de faire des siennes… A peine libérée de prison, elle est allée braquer le rayon des patchs à la nicotine… En manque il paraît…

Pétillon
- Ah ben, je vais l’attendre alors… Parce que j’ai appris un truc qui va faire du bruit dans le stand Pernod…

Pantxi
- Aaaaaaah… Le Landerneau, Pétillon… C’est dans le Landerneau que ça va faire du bruit…

Pétillon
- Mais non !... Ils n’y connaissent rien au rugby les Bretons… C’est au stand Pernod que ça va faire du bruit… Chez les sponsors… Il paraît que Lhuis, il fait prendre des produits aux joueurs.

Pantxi
- Des produits ?... Quels produits ?...

Pétillon
- Des immobilisants… ou un truc comme ça… Et puis de la crétinine…

Pantxi
- Ca la crétinine, y a pas que les joueurs qui en prennent… Y a certains entraineurs qui en ont abusé si tu vois ce que je veux dire…

(Pétillon secoue la tête pour dire qu’il ne voit pas)

Pantxi
- Ca ne m’étonne pas… Pétillon, si tu n’étais pas un copain depuis l’école, je crois bien que…

(Il ne peut pas finir sa phrase car Lhuis et Bricaud-Perrin entrent)

ACTE II – SCENE 2
(Pantxi – Pétillon – Lhuis – Bricaud-Perrin)

Bricaud-Perrin
- Elle n’est pas là ?

Pantxi
- Elle est partie à la pharmacie… Mais moi je l’ai vue avant… Donc je peux partir… Au revoir, messieurs… Rendez-vous tout à l’heure au match… On les aura ! (Il sort)

(Moment de silence… Pétillon s’assoit d’un côté tandis que Lhuis et Bricaud-Perrin se posent devant la porte d’entrée du bureau)

Bricaud-Perrin
- Et l’alcoolique non plus, elle n’est pas là ?... C’est décidé. Dès que je suis élu, je la vire…

Lhuis
- Vous n’êtes pas encore élu… Elle ne se laissera pas faire…

Bricaud-Perrin
- Tu parles ! Elle sait déjà qu’elle a perdu… Et ça ne va pas s’arranger… Ca ne va pas être une défaite pour elle, ça va être une humiliation !... D’ailleurs, Paris m’envoie un conseiller politique pour bien l’écrabouiller. Jatxsaritz-sur-Bidouze va devenir le point de convergence des projecteurs de l’actualité. Je vois déjà les titres d’ici…

Pétillon
- Ben, vous avez une bonne vue… Parce que le bureau de tabac c’est à trois rues et à cette heure-ci le magasin est fermé…

Bricaud-Perrin (sans relever la remarque)
- « Bricaud-Perrin, essai transformé ! »… Ca, ça sera dans Sud-Ouest !... Le Petit-Bleu du Pays basque titrera « Bricaud-Perrin au-dessus de la mêlée »… Et même Le Monde fera un article sur ma victoire… Mais sans référence au rugby… C’est Le Monde quand même…

Lhuis
- Monsieur Bricaud-Perrin, vous vendez la peau de l’ours avant de l’avoir tué… Rien ne dit que dans quatre mois, tout sera toujours aussi rose pour vous.

Bricaud-Perrin
- Ah, ne me parlez pas de rose !... J’aime pas le rose… J’aime pas le rouge non plus… Et j’exècre le vert !...

Pétillon
- C’est embêtant, c’est les couleurs du club… Rouge et vert…

Bricaud-Perrin
- Eh bien, on va les changer !... Bon, je n’ai pas que ça à faire… J’ai des certificats d’absence à signer… Je repasserai… (il sort)

ACTE II – SCENE 3
(Pétillon – Lhuis - Arantza)

Arantza (qui émerge du fond du bureau de Faustine)
- Il va falloir quand même penser à faire dératiser les archives. C’est quand même pas normal de devoir se battre avec deux rats pour attraper le registre d’état-civil de 1932… Ah, tiens, y a du monde !

Pétillon
- Oui… Et encore vous avez raté monsieur Bricaud-Perrin… Il était pas content que vous eusse soyez pas là et il a dit qu’il vous virerarait quand il seraye élu.

Arantza
- Y s’ra pas élu !

Lhuis
- Il y croit en tous cas…

Arantza
- Y s’ra pas élu !

Lhuis
- Et pourquoi ?

Arantza
- Parce que je vais voter !... Pour la première fois de ma vie !... Alors c’est pas pour perdre !... Qu’est-ce que vous voulez ?... Monsieur Lhuis ?

Lhuis
- C’est pour madame le maire… C’est… personnel…

Arantza
- Très bien… Elle ne devrait pas tarder…

Lhuis
- Mais monsieur Pétillon était là avant moi…

Arantza
- Oui c’est une habitude chez vous de passer après lui… A la mairie comme au club de rugby !... Pétillon ? Qu’est-ce que tu veux à madame le maire ?

Pétillon (se redressant et imitant Lhuis)
- C’est pour madame le maire… C’est… le personnel…

Arantza
- Quoi le personnel ? Qu’est-ce qu’il a le personnel ?

Pétillon (s’énervant)
- Mais pourquoi personne comprend jamais c’qu’je dis ?!... Tu lui as pas fait répéter à lui… C’est parce qu’il est cinglé que t’as peur et que tu lui fais pas répéter ?... Hein ?... C’est pour ça ?... Eh ben puisque c’est comme ça, je m’en vais !... Mais je reviendrai… Comme il a dit Marc Arthur aux petites lapines…

Arantza
- C’était Mac Arthur… et c’était aux Philippines !

Pétillon
- M’en fous ! (il sort)

Lhuis
- C’est pas mon style d’être méchant mais il est carrément barré !... Je comprends que l’équipe ait été si mauvaise avant que j’arrive.

Arantza
- Monsieur Lhuis, Pétillon est peut-être un peu fêlé mais allez savoir pourquoi il a le rugby dans le sang depuis tout petit… Et il est fidèle à son club, lui !... C’est juste que tout le monde pensant qu’il est con, personne ne prend la peine de l’écouter.

ACTE II – SCENE 4
(Aratza – Faustine – Lhuis – Irène)

Faustine (qui entre)
- Ah ben voilà… Comme si ça ne suffisait pas d’avoir la mère Cronchin sur le dos, voilà le club de rugby qui s’invite… Encore une journée gâchée !... Qu’est-ce que je peux pour vous, monsieur Lhuis ?

Lhuis
- Je voudrais que vous disiez à votre fille d’arrêter ce petit jeu avec moi.

Faustine
- Parler à ma fille ?... Mais je ne fais que ça !... Matin, midi, soir… Et parfois même, je me relève la nuit pour lui parler dans son sommeil… Des fois que ça marcherait… Et elle, elle n’en fait qu’à sa tête !...

Lhuis
- Elle aurait bien besoin d’avoir un père !... Et je sais de quoi je parle !

Faustine
- Qu’est-ce que j’y peux, moi ?...

Lhuis
- Ben, vous ne manquez pas de toupet ! Ce n’est quand même pas moi qui ai répété à ma fille pendant des années que vous aviez rencontré un rugbyman quand vous faisiez vos études et que, bon voilà, neuf mois après elle était là…

Faustine
- Je n’ai jamais dit que c’était vous…

Lhuis
- Ben alors vous l’avez pensé très fort… Parce que Carla en est persuadée.

Faustine
- Je n’ai pas donné de nom…

Lhuis
- Et comment elle a pensé à moi alors ?...

Arantza (qui n’a cessé de descendre derrière son bureau pendant l’explication)
- Je crois bien que c’est moi…

Faustine
- Moi quoi ?...

Arantza
- Qui ai donné le nom… Il y a cinq ou six ans… Faut comprendre… La petite était toute triste, elle faisait ses devoirs dans mon bureau… Déjà que faire ses devoirs quand on a 14 ans, y a de quoi flipper… mais alors si en plus on ne sait pas qui est son père… Alors, j’avais lu un article sur Bertie le cinglé quelques jours avant… Alors, je lui ai dit à Carla que je savais qui était son père, que vous me l’aviez dit. Je croyais bien faire, moi… Et puis, après tout, vous vous êtes connus un peu non ? C’était plausible…

Lhuis
- Mais c’est faux !... Je ne suis le père de personne !

Faustine
- Oui, eh ben ça, je ne m’avancerais pas à votre place… Parfois, après les troisième mi-temps, on fait des choses et après on ne s’en souvient pas…

Lhuis
- Qu’est-ce que vous sous-entendez ?...

Faustine
- Ah ben rien… Je parlais pour moi…

Irène (qui entre)
- Bonjour… Irène Chombier de la Tribune suisse de Lausanne… C’est bien ici la mairie… Je viens écrire un article sur l’équipe de ping-pong…

Faustine

- On n’a pas d’équipe de ping-pong ! On a une équipe de rugby !... Hélas !!!


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MessageSujet: Re: Bandas [théâtre]   Mar 28 Oct 2014 - 19:59

ACTE III – SCENE 1
(Irène – Carla – Faustine – Appletown)

Carla
- Quand même, maman !... Tu aurais pu me laisser aller su stade cette aprem !

Faustine
- Non, non et non !... Pour que tu ramènes encore un deuxième ligne à la maison !... Non seulement ça bouffe comme quatre mais en plus le dernier s’est cogné la tête en passant une porte… Et Bricaud-Perrin de l’accuser de vouloir affaiblir l’équipe à l’approche de la phase finale… Et puis ce ne serait pas bien qu’on te voit là-bas… Tu es ma fille quand même !...

Carla
- Et je suis aussi la fille de Bertie le cinglé !

Faustine
- Mais puisqu’Adartza t’a avoué qu’elle avait totalement inventé cette histoire !

Carla
- Tu parles ! C’est encore une de vos magouilles… Elle est prête à tout pour que Tricot-Vilain ne devienne pas maire.

Irène
- Qui ça ?... C’est qui ce Tricot-Vilain ?

Faustine
- C’est Bricaud-Perrin… Mais Carla l’appelle toujours comme ça…

Carla
- Je l’aime pas ce type !... Il me parle toujours comme si j’étais une débile profonde… Fais pas ci ! Fais pas ça !... J’ai toujours l’impression qu’il croit que j’ai trois ans…

Appletown
- Ma chère enfant, il faut toujours écouter ce que disent les anciens. Ils sont source de sagesse et donnent de bon conseil. Par exemple, mon regretté papa disait toujours : « maintenant tu la fermes sinon je t’écrase la tête entre la bouilloire et le portrait de la reine »… Eh bien je l’ai toujours fermée…

Carla
- Oh eh quand même, c’est pas cool !... Vous auriez dû vous plaindre à SOS Enfants battus…

Appletown
- Mais pourquoi faire grands dieux ! C’était quand même bien plus simple d’aller fermer la porte sans rien dire.

Irène
- Quand même, j’aurais peut-être dû aller au stade… C’était important pour mon reportage !...

Faustine
- Pour aller vous faire piétiner par une foule en délire et gorgée d’alcool ?... Allons, vous êtes bien mieux ici… Et puis croyez-moi, je peux vous prédire ce qui va se passer… Nous allons l’emporter après avoir flanqué une branlée aux gars du club d’Orthez… 8 ou 9 essais dans la vue… C’est comme ça depuis trois mois et demi, pourquoi est-ce que cela changerait ?

Appletown
- La glorieuse incertitude du sport…

Faustine
- Tu parles !... Depuis que Bertie le cinglé a pris en main l’équipe, il n’y a plus d’incertitude. C’est le même tarif pour tout le monde. Pau, Saint-Vincent-de-Tyrosse, la réserve de Dax… Cinquante points dans la musette…

Appletown
- Et après, le public vient piétiner mes gardénias…

Irène
- Mais c’est quand même fou !... C’est venu comme ça tout d’un coup ?...

Faustine
- En une ou deux semaines… Nos joueurs ont commencé par prendre du muscle…

Carla
- Oh oui, ça c’est vrai… Le Jacky, celui qui fait les pizzas et qui joue à l’arrière, je l’avais pas reconnu… D’un peu plus, crac ! Je le ramenais à la maison !... (elle mime câlins et bisous)

Faustine
- Et puis ils ont commencé à s’entrainer trois fois par jour au lieu de deux fois par semaine…

Appletown
- Et ils arrivaient dans des voitures de plus en plus chères… Au début c’était des Clio, des 206, des Polo… Il y en avait même un qui venait en vélo et qui accrochait son cadenas à mon portail… Mais maintenant, bonté gracieuse ! ils ont tous au moins une petite Porsche… Sauf celui qui avait un vélo, lui c’est l’original de la bande… maintenant il a une DS3 toute équipée avec les phares qui regardent dans les coins et le toit taggé par Karl Lagerfeld.

Irène
- Mais d’où il vient tout cet argent ?...

Faustine
- On ne sait pas mais on cherche… A moins que Bricaud-Perrin ait embauché une vingtaine de petit Népalais pour signer les dispenses de sport à sa place et 24 heures sur 24, je vois pas… Un sponsor inconnu peut-être qui serait venu remplacer Cochonnou et le fromage Belle des champs…


ACTE III – SCENE 2
(Irène – Carla – Faustine – Appletown - Hubert)

(Entre Hubert de la Cassolette de Rineuil dans son beau costume)

Hubert
- Enfin, une trace de vie dans ce village !...

Faustine (en rogne)
- Dans cette ville !...

Hubert
- Si vous voulez… Je n’ai pas pu compter les habitants pour savoir s’il y en avait bien 2000 agglomérés au chef-lieu de commune… C’est d’un calme par chez vous le dimanche…

Appletown
- Calme ?... Je vais vous inviter chez moi, à côté du stade, et vous allez me dire si c’est calme… J’ai fait tous les concerts à Londres des Beatles à Iron Maiden… C’était dix fois plus tranquille.

Hubert
- J’en prends bonne note… Bonne note… Après que vous eussiez évoqué des concerts… Mais excusez-moi, je papote, je papote et j’en oublie de me présenter à vous, mesdames… Hubert de la Cassolette de Rineuil, vicomte de Montels… Je suis sorti premier de Sciences-Po, premier de l’ENA, premier de l’école des chartes et deuxième à Polytechnique…

Carla
- Seulement deuxième ?

Hubert
- Oui, hélas, c’est mon grand regret… Mais que voulez-vous ? Il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur… On ne peut pas toujours gagner… Cette année-là, j’ai eu la grippe… Ca a suffi à tout embrouiller dans ma tête…

Faustine
- Et c’est tout ce que vous avez comme diplôme ?

Hubert
- Oui, c’est tout… Ah non, vous avez raison ! J’allais oublier… J’ai aussi une agrégation de philosophie… C’est que vous voyez, je m’ennuyais quand j’ai eu la grippe alors, hop, j’ai un peu bossé les sujets au programme… Et après veni, vidi, vici…

Faustine
- Monsieur de je ne sais plus trop quoi et j’en suis désolée, je suis pour ma part Faustine Etchegaray, le maire de cette ville… (elle insiste lourdement sur le mot) Et, sans vouloir paraître trop curieuse, je me demande ce qu’un homme aussi brillant que vous peut bien venir faire dans une petite ville (nouvelle accentuation) comme la nôtre…

Hubert
- Avant de vous répondre, je me permets de décliner à nouveau mon identité… D’ailleurs, voici ma carte… Je suis donc Hubert de la Cassolette de Rineuil, vicomte de Montels… Ma mère était une Ribaud de Bazétage par sa mère… Et mon grand-père maternel était donc un Ebréché de la Rochejonquille de Saint-Méran…

Carla
- Et votre grand-père paternel…

Hubert
- C’était un con !...

Faustine (pour elle-même)
- Eh bien voilà, quand on remonte aux sources, on se rend compte que l’hérédité est une science exacte. (à Hubert) Et donc vous êtes ici pour ?... Vous êtes peut-être un nouveau sponsor pour notre club de rugby ?

Hubert
- Le rugby ?... Le rugby ?... Attendez, ne serait-ce pas ce sport qui se joue à 15 contre 15 dans des enceintes qui empestent la sueur et la bière bon marché ?...

Irène
- Ah, vous voyez qu’il n’y a pas que moi qui ne connaissais pas !

Hubert
- Personnellement, j’ai fait de l’aviron, du yachting et du polo. Il faut dire que père avait une écurie remarquable à la Celle-Saint-Cloud et qu’à 8 ans j’avais déjà mon poney, CAC 40…

Carla
- CAC 40 ? Mais c’est pas un nom ça pour un poney ?!

Hubert
- Mais si voyons… CAC 40… Crottin Administré en Continu… (il rit) Que je suis drôle n’est-ce pas ?... Oui, mère disait toujours : « Hubert, vous auriez dû faire l’école du rire, vous auriez relevé le niveau »…

Faustine (qui s’énerve)
- Oui, bon alors ! Qu’est-ce que vous, votre poney qui pue et votre costume à 2000 euros vous venez faire ici ?... Répondez où j’appelle la gendarmerie… Et comme je le connais, le gendarme Copacabenec il doit trouver dans la bibine une consolation à être le seul de la brigade à ne pas avoir pu aller au stade.

Hubert
- Je suis l’envoyé du PETRIN…

Irène
- C’est quoi le PETRIN ?

Carla
- C’est là où on est !

Hubert
- Mais enfin le PETRIN !!! Le PETRIN quoi ! Le Parti Extrémisme des Travailleurs Riches, Industriels et Nationalistes…

Faustine
- C’est la parti de Bricaud-Perrin… Monsieur est le conseiller spécial dont Bricaud-Perrin ne cesse de nous annoncer l’arrivée depuis des semaines…

Hubert
- D’ailleurs, nous allons installer notre permanence dans une habitation qui s’est libérée récemment dans votre commune… Chez la mère Cronchin… Vous savez où c’est ?...

Carla
- Moi je sais où c’est… Je peux le conduire, maman ?

Faustine
- Carla, ma fille, tu ne vas pas quand même… Avec ce type…

Carla
- Mais non, maman, il m’intéresse pas… Il a tellement fait d’études que rien que quand je le regarde, ça me file mal à la tronche… Mais on va voir s’il tient la liqueur d’ajonc et de myrtille… Je suis sûr qu’il a des trucs très intéressants à nous dire… Monsieur de la Caleçonnette de Rincel’oeuil…

Hubert
- Pardon ma jeune amie mais mon nom, comme je le disais à madame votre mère qui m’a l’air d’être une femme admirable est… (ils sortent)

Appletown
- Voilà un jeune homme parfaitement bien éduqué… Mais qui est aussi à sa place ici qu’une lime dans un pudding… Sauf s’il s’agit de faire évader quelqu’un bien sûr… Ma chère enfant, je vais peut-être être triviale mais là je crains bien que pour vous ce soit Trafalgar et Waterloo en même temps. Vous êtes fichue !

Faustine
- C’est clair qu’on ne joue pas avec les mêmes armes. Je suis réglo, je n’ai pas d’argent, le parti veut oublier qu’il me connaît tellement il est persuadé de ma défaite et je ne suis pas présidente du club de rugby. Je crois que je ferais mieux de démissionner tout de suite…

ACTE III – SCENE 3
(Irène – Faustine – Appletown - Pétillon)

(Pétillon entre par les archives et le bureau du maire)

Faustine
- Pétillon ?!... Pourquoi entrez-vous par-là ?

Pétillon
- J’ai couru aussi vite que j’ai pu depuis le stade… ça y est ! Cette fois c’est sûr… On est qualifiés pour la finale d’accession… On les a pulvérisé 75 à 3… L’entraîneur adversaire, il pleure sur son banc depuis la 10ème minute…

Appletown
- Le match est fini ?... Je vais pouvoir rentrer chez moi… Si vous permettez, madame le maire, j’attends encore un quart d’heure que tous ces piétineurs de bégonias soient passés et je m’en irai.

Faustine
- Aucun problème, madame Appletown. Cela me laissera le temps de faire ma lettre de démission et de mettre ma pharmacie en vente sur Leboncoin.fr. Allons, tout est perdu !...

Irène
- Comment ça tout est perdu ?... Mais si vous ne vous battez pas, l’élection n’a plus d’intérêt… Et si l’élection n’a plus d’intérêt, mon article non plus… Il est hors de question pour moi de rentrer à Lausanne sans un truc qui va me donner un prix… Parce que si on m’a envoyée ici c’était pour que je me plante… Et je ne veux pas me planter, moi !

Faustine
- Mais qu’est-ce qu’on peut faire ?

Pétillon
- On pourrait parler du dopage.

Irène
- Le dopage ?! Mais quel dopage ?

Faustine
- Je croyais qu’en Suisse, vous vous y connaissiez en élevage… Vous ne pensez pas que nos joueurs ont pris des biceps et des cuisses juste en jouant à la Nintendo ?... Ils sont shootés à la créatinine depuis des mois. Comme s’ils s’avalaient quatre gros steaks à chaque repas… Ca ne semble gêner personne au village… je veux dire en ville… A part notre boucher-charcutier évidemment… Que de la poudre de perlimpinpin valle une bonne entrecôte, il y a de quoi déprimer…

Irène
- Mais il faut le dire !!! Ce n’est pas bien !... Et l’esprit du sport ?... L’essentiel c’est de participer tout ça ?...

Faustine
- Ici l’essentiel c’est de gagner… Surtout le prochain match… Parce que ce sera contre nos ennemis intimes, l’équipe de Bidarray… Alors, le dopage, si les gens pouvaient, ils iraient chercher eux-mêmes les boites de créatinine en Chine.

Pétillon
- Mais madame Irène, elle pourrait le dire, elle…

Irène
- Oui, dans mon article !...

Faustine
- Il sortira après l’élection, votre article… La belle affaire !... Et puis de toute façon, on saura d’où vient l’info… Et ça me retombera dessus…

(On entend un déluge de klaxons et de grands cris traverser la ville)

Appletown
- Je crois qu’ils sont tous partis, je vais aller enterrer mes pauvres bégonias… Et planter des tulipes à la place… Ou du fil de fer barbelé… J’hésite encore…

Faustine
- Moi, je vais écrire ma lettre de démission… Et puis je prends Carla avec moi… Cela va lui plaire si je vais m’installer dans une grande ville. Elle n’aura toujours pas de père mais elle aura à nouveau une mère parce que je ne serai plus maire…

Appletown (regardant par la fenêtre)
- Justement, la voilà votre fille… Avec le fils du con !... Oh, mais attendez ! Attendez ! Je crois que j’ai une idée.

Pétillon
- Une idée ? Qu’est-ce que c’est ?

Appletown
- C’est une sorte de pensée qui vous illumine la tête et vous donne une solution à un problème…

Pétillon
- Ah ?!

Appletown
- Monsieur Pétillon, qu’est-ce que vous avez fait comme étude ?

Pétillon
- Maths sup’

Faustine
- Ca veut dire maternelle supérieure…

ACTE III – SCENE 4
(Irène – Carla – Faustine – Appletown – Hubert - Pétillon)

(Carla et Hubert entrent. Elle le soutient…)

Carla
- C’est officiel… Il ne tient pas la liqueur d’ajonc et de myrtille ! Au deuxième verre, il a roulé sous la table…

Irène
- Au deuxième verre ? Mais c’est de l’alcool à combien ?

Carla
- C’est de l’alcool à 10 euros la bouteille…

Faustine
- Mais, au café, ils servent ça dans une chope d’un demi-litre.

Appletown
- Regardez ! Vous ne lui trouvez pas un air de ressemblance avec quelqu’un ?

Carla
- Avec le Philippe… C’est l’ivrogne du vil… de la ville…

Appletown
- Mais non !... Monsieur Pétillon, mettez-vous à côté qu’on compare…

(Il s’exécute)

Irène
- C’est vrai qu’il y a quelque chose…

Carla
- Comme un air de famille…

Hubert (en hoquetant depuis la chaise où Carla l’a déposé)
- Qui parle de ma famille ?... Je vous ai dit que j’avais un ancêtre qui avait participé à la bataille de Marignan… En quinze avec quinze… Non c’est pas ça…

Irène
- Quinze cent quinze !

Hubert
- Oui c’est ça… Quinze sans quinze… Oh j’en tiens une bonne ! Pas pris une cuite comme ça depuis mon bizutage à HEC !...

Pétillon
- Mais qu’est-ce que cela fait qu’on se ressemble ?… (Il le regarde bien) Un peu…

Appletown
- Vous allez prendre sa place et vous allez conseiller Bricaud-Perrin.

Pétillon
- Mais je ne vais pas savoir… Je ne peux pas le remplacer, moi à ce type !

Hubert (glissant à moitié de sa chaise)
- On me remplace pas, on me succède !... Nuance !

Faustine
- Je n’aime pas les coups fourrés… quand j’en suis victime mais encore plus quand c’est moi qui dois les faire…

Carla
- Maman, tu n’as pas le choix !

Irène
- Votre mère voulait démissionner et partir avec vous dans une grande ville…

Carla
- Ca va pas ! Tu vas pas laisser ce ravissant petit vi… petit coin entre les grosses pattes de Chipso-purin !

Irène
- Qui ça ?... C’est qui ce Chipso-Purrin ?…

Faustine
- Bricaud-Perrin… Carla l’appelle aussi comme ça parfois…

Carla
- Maman, je ne veux pas partir d’ici… Ok c’est petit ! Ok c’est loin de tout ! Ok ça fait pas rêver ! Mais c’est ici que j’ai grandi et ailleurs j’aurais l’impression d’être une étrangère. Tu vas pas rendre les armes sans te battre quand même ?!… Ca ne serait pas toi, ça ne serait plus toi… Rappelle-toi comment tu m’as trainée partout quand j’étais petite… Sur le chantier d’une centrale nucléaire… Pour empêcher la construction d’une nouvelle piste d’aéroport… Pour démonter un McDo à Millau… Pour surveiller les nids de balbuzards pêcheurs en forêt d’Orléans… Eh bien là, il est hors de question qu’on s’en aille !... On va lui faire bouffer sa créatinine à Biko-Pétain !

Irène
- Qui… ?

Faustine
- Bricaud-Perrin !

Appletown (toujours à côté de la fenêtre)
- Le voilà qui arrive ! Il faut vous décider !...

Faustine
- Carla ! Conduis-les dans la salle du conseil… Et tu me transformes Pétillon en Hubert de je ne sais plus trop quoi… Prends les ciseaux sur mon bureau…

Hubert (qui rouvre un œil)
- De la Cassolette de Rineuil, vicomte de Montels… C’est pas compliqué quand même… Regardez, je suis bourré et je m’en souviens quand même.

Pétillon
- Mais je ne veux pas être transformé en quoi que ce soit…

Carla
- Allez Pétillon, fais pas ta Cendrillon !

Pétillon
- Mais vous allez me couper les cheveux !

Faustine
- Allez Pétillon, fais pas ton Sanson !...

(Ils sortent tous côté archives)

ACTE III – SCENE 5
(Faustine – Bricaud-Perrin – Lhuis - Olga)

(Lhuis, Bricaud-Perrin et Olga entrent)

Bricaud-Perrin (comme s’il était déjà chez lui)
- Venez donc chère amie voir mon bureau… Bien sûr, je ferai refaire la décoration… (Ils se heurtent à Faustine qui s’est précipitée pour leur bloquer le passage)

Faustine
- Monsieur Bricaud-Perrin, alors « on » a encore gagné ?

Bricaud-Perrin
- On a gagné… Et même si ça vous désole c’est comme ça…

Faustine
- Allons, tant que mes administrés sont contents, je suis contente… Madame doit-elle faire partie prochainement de ceux-ci ?... Oh, ne me dites rien ! Vous vous êtes enfin trouvé une femme ?... Petit cachotier… Oh, elle est pas mal… Elle a un je ne sais quoi de slave…

Olga
- Olga Gamarjoba, responsable Europe du groupe pharmaceutique russe Vitaminia… (elle lui serre la main en lui écrasant les doigts)

Faustine
- Eh bien ! Quelle poigne !

Lhuis
- Le père de madame était international géorgien de rugby. Il en reste quelque chose.

Olga
- Vous comprenez donc que je ne pouvais manquer de m’intéresser à ce qu’il se passe ici…

Faustine
- Je ne connais pas votre groupe pharmaceutique…

Olga
- Nous sommes en pleine expansion… Comme notre nom l’indique, nous faisons surtout dans le complément alimentaire…

Bricaud-Perrin
- Et les laboratoires Vitaminia seront le sponsor maillot du club dès le prochain match. De nouveaux maillots orange…

Faustine
- Comment ça orange et gris ?! Mais ce ne sont pas les couleurs…

Olga
- Ce sont les couleurs de Vitaminia… Orange comme la vitamine C… Avec un bandeau bleu, blanc et rouge pour rappeler les couleurs de notre mère patrie… Ca tombe bien, ce sont aussi celles de votre pays…

Faustine
- Comme vous dites… ça tombe bien… Et je suppose que vous avez déjà une campagne marketing derrière ce sponsoring… Qu’est-ce que vous allez nous vendre ?

Olga
- Mais rien… C’est vous qui allez faire vendre… Le pays basque c’est un endroit où les gens sont en bonne santé… Il ne sera pas très difficile de dire que c’est grâce à nous…

Faustine
- Et vous, Lhuis, vous ne trouvez rien à dire… Où elles sont là-dedans les valeurs de l’Ovalie ?... Vos joueurs sot dopés jusqu’aux dents, vous écrabouillez vos adversaires avec les produits que madame vous fait amener sans doute en conteneur sécurisé et vous trouvez ça normal ?

Lhuis
- Vous êtes une idéaliste, Faustine… Vous croyez que le monde peut vivre rien qu’avec les petits oiseaux qui chantent et l’eau pure des sources… Et puis d’abord mes joueurs ne sont pas dopés, ils suivent un entrainement qui est devenu scientifique et rigoureux c’est tout… De toute manière, je ne m’occupe pas de la préparation médicale… J’ai confié ça à un spécialiste…

Faustine
- Un spécialiste ? Qui ça !

Lhuis
- Le docteur Bricaud-Perrin…

Faustine
- Vous ?!... Mais vous n’y connaissez rien… Vous, vos spécialités c’est l’orgelet mal placé, la bronchite simple et la gastroentérite banale…

Bricaud-Perrin
- Et vous oubliez parmi mes spécialités, la victoire électorale… D’ailleurs à ce propos, vous ne sauriez pas où est mon conseiller spécial. Il est arrivé tout à l’heure, on l’a vu au bar où il a forcé un peu sur notre apéritif local…

Faustine
- Il est aux toilettes… Il découvre le deuxième effet de notre apéro… Ingurgitation, dégurgitation…

Olga
- Si personne n’y voit d’inconvénient, je vais aller prendre possession de ma chambre d’hôtel… Vous m’accompagnez monsieur Lhuis ?

Faustine
- Moi je vois un inconvénient… Vous allez me laisser seule avec cet ambitieux sans scrupule…

(Olga et Lhuis sortent)

ACTE III – SCENE 6
(Faustine – Bricaud-Perrin – « Hubert »)

Bricaud-Perrin
- Et Hubert ?

Faustine
- Hubert ?

Bricaud-Perrin
- Oui, Hubert de je ne sais plus trop coin, vicomte de chez plus trop où…

Faustine
- Ah, il va falloir vous habituer à lui donner son nom complet. Il est susceptible sur ça… Vous ne voyez pas qu’il se mettrait à vous donner de mauvais conseils pour votre campagne. Ce serait ballot quand même…

Bricaud-Perrin
- S’il avait un seul gramme d’esprit écologiste, je vous l’aurais prêté… Histoire de vous rendre une petite chance de gagner…

Faustine
- Gna gna gna… (elle rentre dans son bureau et appelle. Bricaud-Perrin la suit) Hubert ! Hubert ! Vous êtes prêt ? Monsieur Bricaud-Perrin vous attend !...

(« Hubert » arrive)

« Hubert »
- Me v’là ! C’est y que c’est vous, Bricaud-Perrin ?

Bricaud-Perrin
- Quel langage ! Quand je vous avais eu au téléphone, vous ne parliez pas du tout comme ça…

Faustine
- Ca doit être l’alcool d’ajonc et de myrtille… Ca l’a un peu chahuté… (elle se rapproche d’ « Hubert » et lui parle à l’oreille) Faut parler comme l’autre !

« Hubert »
- J’sais fichtre pas faire ça…

Faustine
- Ben va falloir essayer… Répétez ça ! « Je me sens las… Permettez que j’aille m’étendre quelques heures dans ma suite à l’hôtel… ».

« Hubert »
- Je me sens… (il hésite… Faustine lui fait un geste)… ici… Permettez que j‘aille me tendre au freezer tout de suite à l’hôtel…

Bricaud-Perrin (tout occupé à prendre des mesures mentales pour son nouveau mobilier)
- Faites, faites, cher ami… Reposez-vous… Nous commencerons à travailler demain

(« Hubert » sort en essayant d’imiter la démarche noble d’Hubert)

Faustine
- Eh bien, maintenant que nous sommes seuls, monsieur Bricaud-Perrin, regardez bien ce bureau qui vous fait tellement envie. Regardez-le bien… Dans un mois, vous y serez peut-être mais dites-vous bien une chose… Tu auras peut-être la mairie, gros pourri, mais tu n’auras pas ta fille !



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MessageSujet: Re: Bandas [théâtre]   Mer 29 Oct 2014 - 22:13

ACTE IV – SCENE 1
(Adartza – Lhuis – Pantxi - Olga)

(Adartza est à son bureau. Elle tape un courrier sur son ordinateur. Tout à coup, Lhuis entre à toute vitesse et se précipite pour se cacher derrière le bureau)

Adartza
- Mais enfin ?!... Qu’est-ce que cela veut dire ?...

Lhuis
- Je vous en supplie, Adartza… Si vous avez un peu de cœur, cachez-moi…

Adartza
- Vous cacher, monsieur Lhuis ? Je veux bien, moi… Mais qui vous cherche ?... Je ne voudrais pas dire par inadvertance à la première personne qui vous demandera : « Le cinglé ? Vous le trouverez sous mon bureau » en pensant bien faire.

Lhuis
- Mais je ne sais pas, moi… Tout le monde me cherche… Mes joueurs, les supporters, la presse…

Adartza
- Je vois ce que c’est… C’est la gloire à nouveau et vous vous rendez compte que ça a des désagréments. Plus de vie privée tout ça… Faudrait voir à assumer…

Lhuis
- Mais ne dites pas n’importe quoi !... Je les avais sur les talons, ils ne devraient pas tarder !...

(entre Pantxi)

Pantxi
- Salut, tu n’aurais pas vu le coach ?...

Adartza
- Le coach ?... Tu veux dire monsieur Lhuis ?... Le type le plus fort et le plus courageux de la Terre ?

Pantxi
- Oui…

Adartza
- Il est sous mon bureau !

Pantxi
- Très drôle !... Tu as beaucoup d’humour quand tu es à jeun ! (Il sort)

Lhuis
- Mais vous êtes folle ?... Il aurait pu venir vérifier…

Adartza
- Pantxi ?... Tu parles !... Secrétaire de mairie ça aide à connaître les gens… Pantxi, c’est le roi de l’enquête… Il ne trouverait pas un œuf dans un poulailler…

Lhuis
- Mais ?... (il ne peut pas continuer, Adartza lui enfonçant à nouveau la tête sous le bureau… Entre Olga)

Olga
- Bonjour, camarade basque… Voua avoir vu l’entraîneur de cette équipe de minus ?

Adartza
- Pourquoi ? Il s’est échappé de votre lit ?...

Olga
- Moi pas aimer votre humour… Quand nous avoir contrôle du pouvoir, vous… pfuittt !!!

Adartza
- Vous ne pouvez pas me virer, je suis fonctionnaire…

Olga
- Fonctionnaire ?... En Russie, aussi plein de fonctionnaires… Dans camps de travail…

Adartza
- Vous n’avez pas de bol, on n’en a pas chez nous… Faut dire que du travail y en a plus…

Olga
- Vous pas noyer boisson… Vodka s’aggrave !... Où être Lhuis ?

Adartza
- Je ne sais pas… Et si vous ne me croyez pas, passez-moi au détecteur de mensonges… avec tout ce que j’ai bu pour oublier que je vais être virée dans quinze jours, les résultats seront franchement rigolos à voir…

Olga
- Grrrrr… (elle sort)

Adartza
- Bon, là il faut que vous m’expliquiez… On est à six heures de la finale et vous vous planquez comme si on  voulait vous tuer…

Lhuis
- Mais on veut me tuer !

Adartza
- Mais pourquoi ? Qu’on vous tue si on perd je comprendrais… Mais pas avant de jouer quand même !... Vous pouvez encore servir…

Lhuis
- C’est à cause de la prise de sang…

Adartza
- Ne me dites pas qu’un grand gaillard comme vous a peur des piqûres !

Lhuis
- Mais ne rigolez pas comme ça !... Ce n’est pas moi qui a peur de piqûres !

Adartza
- Ah, je comprends… Ce sont les joueurs… Ils refusent les injections de « glucose » ?

Lhuis
- Mais taisez-vous ! Vous n’y connaissez rien !

Adartza
- Moi j’y connais rien ?! Moi j’y connais rien !... Attendez, vous en connaissez beaucoup des femmes qui savent ce que c’est qu’une passe vissée ?

Lhuis
- Ah oui… Et c’est quoi ?

Adartza (triomphante)
- Une passe pleine de vice…

Lhuis
- C’est bien ce que je disais… Vous n’y connaissez rien… Après une discussion ici même avec Faustine, il y a 15 jours, j’ai eu des doutes sur les performances de l’équipe…

Adartza
- Eh bien, il était temps ! Moi qui n’y connais rien, je trouvais bizarre que des bourrins comme le fils Etchemandi ou le petit-fils Etcheverry, celui qu’on appelait la limace tellement il passait son temps à se rouler par terre, deviennent tout d’un coup des cadors…

Lhuis
- Oui bon, ça va, je n’ai pas été très malin, je le reconnais… Mais si on m’appelle Bertie le cinglé, je ne suis pas fou… J’ai donc dit qu’on avait besoin de faire des tests sanguins avant la finale…  J’ai fait venir l’infirmière… Vous la connaissez ?

Adartza
- La Monique ?... Oui, elle peut pas blairer Bricaud-Perrin…

Lhuis
- Raison de plus pour la choisir, elle… Quand il y a eu des aiguilles qui ont refusé de s’enfoncer dans les veines et se sont cassées net, là je dois dire que je n’avais plus de doutes… J’ai envoyé les fioles à un pote qui bosse au laboratoire de Châtenay-Malabry. Verdict arrivé hier soir par mail… Mes joueurs ont dans le corps un cocktail de toutes les saloperies possibles et imaginables… Il y a même un produit qu’ils n’ont pas réussi à identifier…

Adartza
- Là, j’ai peut-être une explication… Ca doit être notre apéritif local au sirop d’ajonc et à la myrtille…

Lhuis
- Même pas !... Mais en plus, ces produits ne sont pas de bonne qualité. Ils trimballent avec eux tout un tas de merdes… Alors ce matin, j’ai pris mon courage à deux mains et je leur ai dit que c’était fini de prendre n’importe quoi comme si c’était des pastilles pour la toux… Et là, malheur !... Ah le changement de couleur des maillots ça ne les a pas fait bouger un sourcil, mais renoncer au dopage, là pas question… Il parait que leurs bonnes femmes, depuis qu’ils se shootent, elles grimpent au rideau…

Adartza
- Ah parce qu’il y a aussi du Viagra dans vos bonbecs ?

Lhuis
- Faut croire… Ca vous étonne ?

Adartza
- Ce n‘est pas parce qu’on est dans une vallée paumée du Pays basque que je ne me tiens pas un peu au courant des choses. Vous savez, tous les ans, on a le Tour de France qui passe dans le secteur… C’est le jour de l’année où la pharmacie de Faustine fait le plus de chiffre d’affaire. C’est fou le nombre de malades qu’il y a dans la caravane… Ils ont tous des problèmes respiratoires et des besoins en seringues…

Lhuis
- Bref, j’ai dit que ceux qui ne renonceraient pas par écrit  à se doper ne joueraient pas le match cette après-midi… Fronde unanime… Le tumulte a prévenu la centaine de supporters qui étaient autour du vestiaire, plus les deux fouille-merde du coin… J’ai pu m’échapper par un trou de souris… Et voilà toute l’histoire… Vous n’auriez pas un endroit où me cacher… Dans vos archives ?

Adartza
- Oui, les archives, c’est une bonne idée !... Ah non ! Pas les archives !...

Lhuis
- Pourquoi pas les archives puisque c’est une bonne idée ?

Adartza
- Ya un rat !... Un gros rat !...

Lhuis
- Un rat ?... Et vous croyez que ça va me faire peur un rat ?

Adartza
- Attendez de voir ce qu’il a fait au cadastre de 1832… Lui aussi, il doit faire venir ses vitamines de Russie… Peut-être que vous pourriez aller à la pharmacie de Faustine… Dans la chambre froide…

Lhuis
- Ah merci ! Pour ne pas mourir éventré par la foule, il faudrait que je meure de froid… Ah ça fait revenir mon asthme… (il sort un inhalateur de sa poche)

ACTE IV – SCENE 2
(Adartza – Lhuis – Carla)

(Carla entre par l’arrière de la mairie)

Carla
- Adartza, tu as vu papa ?... (elle tombe nez à nez avec Lhuis)

Lhuis
- Je ne suis pas ton père !... (coup d’inhalateur)

Carla
- Ah mais je le sais… Il fallait bien que je trouve une bonne excuse pour aller draguer les gars de l’équipe… Oui, eh ben, je voulais vous prévenir. Bricaud-Perrin vous cherche et il a l’air de l’avoir mauvaise. A mon avis, il va venir ici en priorité

Adartza (regardant par la fenêtre)
- Vous avez raison… Le voilà qui arrive… Avec son toutou derrière lui… Planquez-vous !

Lhuis
- Où ça ?

Carla
- Sous le bureau d’Arantza…

Adartza
- Non, non ! C’est trop évident comme cachette… Mettez-vous là dans ce coin… (Elle le guide dans un coin du bureau et lui jette une grande bâche dessus) Prenez la pose… Vous êtes un marbre de Carrare…

Lhuis
- Mais ?!...

Adartza
- Depuis quand ça parle le marbre ?... Par Saint-Jean-Pied-de-Port, ne dites plus rien, ils arrivent !

ACTE IV – SCENE 3
(Adartza – Lhuis – Carla – Bricaud-Perrin – « Hubert »)

(Bricaud-Perrin entre en fureur avec « Hubert » sur ses talons… Adartza part vers les archives)

Bricaud-Perrin
- Il est pas là ce saligaud ?

Carla
- Maintenant si…

Bricaud-Perrin
- Ah toi, petite trainée, je ne sais pas ce qui me retient de te flanquer une claque…

Carla
- Le manque de courage…

«  Hubert »
- Ce ne serait pas top pour votre image, monsieur…

Bricaud-Perrin
- Ah vous, je ne sais pas ce qui me retient de vous en coller une aussi… Depuis que vous êtes là, tout déraille. Je baisse dans les sondages, les gens me font la gueule et, en plus, mon entraîneur se met à avoir des états d’âme…

« Hubert »
- Cela lui passera… Doublez son salaire…

Bricaud-Perrin
- Vous m’avez déjà dit de le faire la semaine dernière… Et puis vous m’avez aussi dit d’acheter pour la saison prochaine Pelous, Chabal, Berbizier et Lucien Mias… J’ai vu leur fiche, ils sont plus très jeunes… Et le dernier, il est même carrément mort…

« Hubert »
- Justement… Des joueurs sur le retour, c’est moins cher…

Bricaud-Perrin
- Et il y a aussi ces néo-zélandais aux noms imprononçables… Et aussi le petit Spanghero… Je ne sais pas pourquoi mais celui-là son nom me dit quelque chose…

Carla
- Vous avez dû connaître un cheval en conserve qui portait ce nom-là…

Bricaud-Perrin
- Mais enfin, pour un conseiller politique, vous m’avez surtout donné des idées sur le rugby… Promettre de débaptiser toutes les rues de la commune pour leur donner des noms de joueurs de rugby, ça pouvait paraître une bonne idée… Mais à l’usage si les gens du chemin qui longe la Bidouze veulent bien s’appeler avenue Jean-Pierre Rives, ceux de la rue Charles de Gaulle refusent de prendre le nom d’allée les petits… C’est comme le projet de stade de 60000 places, c’est trop tôt… Personne ne veut voir ses impôts locaux multipliés par 5 en un an…

« Hubert »
- Eh bien, ils n’y connaissent rien…

Bricaud-Perrin (montrant la « statue »)
- Et ça c’est quoi ?

Carla
- Une œuvre contemporaine… Pour mettre justement devant votre grand stade… Un stade qui j’espère portera le nom de ma mère… Juste retour des choses…

Bricaud-Perrin
- Il manquerait plus que ça ! Après tout ce qu’elle a fait pour faire perdre l’équipe de rugby.

« Hubert »
- Vous savez, à Lille le stade s’appelle Pierre Mauroy et Pierre Mauroy ne voulait pas de ce stade… Alors…

Bricaud-Perrin
- Mais franchement, vous… Vous êtes avec moi ou contre moi ?... Je vous rappelle que c’est vous qui avez eu la brillante idée de promettre la fête foraine au village tous les mois… Moyennant quoi tous les habitants de la place de la foire… Pardon, de la place Serge Blanco… Enfin bref, ils me font tous la gueule…

ACTE IV – SCENE 4
(Adartza – Lhuis – Carla – Bricaud-Perrin – « Hubert » - Hubert)

Adartza (un cri au loin)
- Et merde !!!

(Hubert, barbu et hirsute, déboule comme à moitié fou)

Hubert
- Monsieur Bricaud-Perrin ?... Monsieur Bricaud-Perrin ?... C’est bien vous ?... Oh monsieur Bricaud-Perrin, comme je suis bien aise de vous rencontrer enfin…

Bricaud-Perrin
- Mais enfin, monsieur… Mais quoi c’est vous, Pétillon ?... Vous vous négligez mon vieux… Je comprends mieux pourquoi on ne vous voyait plus au village depuis 15 jours…

Hubert
- Mais, monsieur, je suis Hubert de la Cassolette de Rineuil, vicomte de Montels… Votre conseiller politique…

Bricaud-Perrin
- Qu’est-ce que ça signifie ?...

Carla
- Que vous vous êtes fait avoir, Tricot-Pétrin… Et que vous avez mis le PETRIN dans le pétrin… En voulant tout faire marcher à la baguette, vos difficultés sont allées croissant et vous allez avoir maintenant chaud aux miches.

Hubert
- Mais enfin, cela ne se passera pas comme ça ! Je connais du monde au ministère de l’Intérieur… Au ministère de la Justice… Au ministère des Sports… J’ai été séquestré pendant 13 jours…

Adartza
- Quatorze ! J’ai compté !

Hubert
- Quatorze… C’est un traumatisme terrible… J’ai été gardé par un rat, une journaliste suisse qui dévorait des tablettes de chocolat sous mon nez et une mamie anglaise qui m’a bourré de pudding… Il faut faire intervenir la Cour de justice internationale… Et l’ONU… Et Europe-Assistance !...

« Hubert »
- Oh mais… Oh mais…

Adartza
- Oui, qu’est-ce qu’il y a ?

« Hubert »
- Je cherche un mot… Ah ça y est !... Oh mais c’est qui cet usurpationniste ?...

Adartza (désolée)
- Bien essayé, Pétillon… mais je crois que c’est raté…

ACTE IV – SCENE 5
(Adartza – Lhuis – Carla – Bricaud-Perrin – « Hubert » - Hubert – Faustine - Appletown)

Faustine (qui entre avec Appletown sur ses talons)
- Ben vous gênez plus… C’est encore ma mairie pour une ou deux semaines… Vous n’allez pas commencer à emménager ici… (montrant la « sculpture ») Et en plus, vous amenez des cochonneries… C’est quoi ?... Faut que j’en profite, c’est sans doute la dernière fois que j’inaugure quelque chose… (elle la dévoile) Ben, au moins pour une fois c’est ressemblant… On dirait qu’il va parler…

Lhuis
- Ecoutez, Bricaud-Perrin, vous feriez mieux de jeter l’éponge. J’ai envoyé les résultats des tests sanguins à la presse… En tant que médecin du club, vous allez être sanctionné !

Bricaud-Perrin
- Me rendre ?! Jamais !...

Carla
- Toutes mes copines du coin m’ont envoyé un sms pour me dire qu’elles voteraient pour maman…

Bricaud-Perrin
- Me rendre ?! Jamais !...

Adartza
- Moi je pense que vous savez que vous avez perdu ma voix depuis longtemps…

Bricaud-Perrin
- Me rendre ?! Jamais !...

Hubert
- Moi je voterai bien pour vous mais je suppose qu’il est trop tard pour s’inscrire sur les listes électorales… C’est bien dommage parce qu’au PETRIN nous avons un système très efficace qu’on a testé en Corse… On réussit à faire voter certaines personnes cinq fois… Cinq fois, dans le pire des cas…

Bricaud-Perrin
- Fermez-la !... Je suis le président du club de rugby, c’est grâce à moi qu’on parle de ce foutu village… Sans moi, on serait toujours le trou du cul du monde…

Faustine
- Ce n’est pas un village ! C’est une ville !...

Hubert
- Je confirme… J’ai eu le temps d’apprendre la liste du recensement par cœur pendant que j’étais parqué dans les archives… Il y a bien plus de 2000 habitants agglomérés au chef-lieu…

Bricaud-Perrin
- Fermez-la ! Je suis le président du club de rugby, c’est grâce à moi…

Faustine
- Un club de rugby ?! Quel club de rugby ?... Voici un avis administratif venant de la Fédération Française de Rugby… Le Jatxsaritz Football Club est officiellement dissous depuis hier…

Bricaud-Perrin
- Ce n’est pas possible ! Ce n’est pas possible !...

Faustine
- Une série de plaintes…

Appletown
- Pour nuisances sonores répétés et déterrage de bégonias…

Carla
- Pour changement des couleurs sans autorisation réglementaire…

Lhuis
- Pour dopage organisé…

« Hubert »
- Pour licenciement abusif…

Adartza
- Pour harcèlement moral…

Faustine
- Et contre tout cela, il n’y a de possibilité de s’en sortir avec une dispense médicale… D’autant que ce papier dit que vous êtes radié du conseil de l’ordre… Alors, Bricaud-Perrin, vous avez le choix entre la honte ou l’exil, le second n’étant pas sûr d’empêcher la première…

ACTE IV – SCENE 6
(Adartza – Lhuis – Carla – Bricaud-Perrin – « Hubert » - Hubert – Faustine – Appletown – Olga - Pantxi)

(Pantxi, en uniforme, entre en poussant Olga devant lui)

Lhuis
- Allons bon ! Voilà que ça se complique… (A Adartza) Cachez-moi !...

Pantxi
- Que personne ne bouge ! Gendarmerie nationale !...

Bricaud-Perrin
- Ah ! Pantxi, vous allez me sauver !... Figurez-vous que…

Pantxi
- Taisez-vous, Bricaud-Perrin ! Et puis appelez-moi adjudant-chef Zubiondo… J’ai pris mon service il y a 5 minutes… Alors maintenant c’est l’ordre qui parle par ma bouche… Grâce à des informations transmises par mademoiselle Grüneweldenson-Mic, chef de la sécurité intérieure de l’état souverain et désintéressé du Dreamland, nous avons pu mettre à jour un trafic de produits dopants dont voici la tête pensante… Madame Olga Gamarjoba, qui vous a commandé dix mille doses de molécules DHZ25TX18 ?

Olga
- Lui !

Bricaud-Perrin
- Mais enfin, Pantxi, vous êtes le chef d’orchestre de la banda du club…

Pantxi
- Madame Gamarjoba, qui vous a commandé dix mille doses de produits masquants TCW76XX22 ?

Olga
- Lui !

Bricaud-Perrin
- Mais enfin, Pantxi…

Pantxi
- Madame Gamarjoba, qui vous a commandé dix-milles blocs d’ordonnances et de dispenses de sport pré-remplies ?

Olga
- Lui !

Pantxi
- C’est bon… Monsieur Bricaud-Perrin, vous êtes en état d’arrestation… (il lui passe les menottes et le traine dehors suivi par tous les présents sauf Faustine et Carla)

ACTE IV – SCENE 7
(Carla - Faustine)

Faustine
- Eh bien, voilà ! Et le combat cessa faute de combattants…

Carla
- Et surtout parce qu’il y a un con battu… (Elle est prise d’un soudain malaise, se précipite affolée vers la corbeille et vomit dedans)

Faustine
- Ca va ?

Carla
- Non… Je ne sais pas ce qu’il m’arrive… ça fait trois jours que ça me fait ça…

Faustine
- Mais enfin, tu ne vois pas ce que c’est ?...

Carla
- Une corbeille dégueulasse… Tu veux dire que je… ?

Faustine
- Mais oui, ma chérie… Tu vas avoir un bébé… Allons bon, je ne m’imaginais pas inaugurer mon deuxième mandat en tricotant de la layette… Et c’est qui le père ?

Carla
- Quelle importance ?... Tu n’as jamais voulu me dire pour le mien… C’est sans doute que ce n’est pas important un papa…

Faustine
- Si, c’est important… Très important… Et je m’en veux de ne jamais t’avoir dit…

Carla
- Tu me diras, un jour ?

Faustine
- Promis… Mais toi d’abord… C’est qui ?...

Carla
- Le numéro 13 !

Faustine (fâchée)
- Le petit Etcheverry ? La limace ?...

Carla
- Non, ce n’est pas lui… C’est Tristan…

Faustine
- Tristan ?... Mais il n’y a pas de Tristan dans l’équipe…

Carla
- C’est qu’il joue dans le camp d’en-face ?

Faustine
- Le camp d’en-face ? Tu veux dire qu’il est de Bidarray ?... (Carla hoche la tête) Eh bien, tu ne dis rien de ça avant le lendemain du second tour, ce serait un coup à me faire perdre la mairie… Après tout  ce qu’on vient de traverser, ce serait ballot… Franchement, Roméo et Juliette au Pays basque… Au théâtre on en rigolerait…

Carla
- Et mon père alors ?... Qui c’était ?

Faustine
- Ton père ? (elle regarde vers la porte, secoue la tête) Ton père c’était un professeur de médecine à la fac de Bordeaux… Grand, costaud, la tête bien faite… Et déjà marié…

Carla
- C’est con…

Faustine
- Non, c’est la vie…
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MessageSujet: Re: Bandas [théâtre]   Ven 31 Oct 2014 - 21:04

C’est la vie, l’Ovalie
(c'est la chanson du final)

http://hgmatisse.free.fr/CEstLaVie.mp3

Un petit village blanc que domine un clocher
Niché au fin fond des Pyrénées
Une ambiance de bandas, histoire de tout faire swinguer
De l’heure du match à celle du coucher

C’est là une histoire qui touche et tout le monde veut s’en mêler
Et même si le temps passe, il n’y aura personne pour tout plaquer.

C’est la vie, l’Ovalie
Tout le monde est au stade et crie à la folie
C’est la vie, le rugby
Après la 3ème mi-temps, toutes les filles sont jolies

Fais l’essai une semaine et tu en seras tout transformé
Introduis-toi dans la danse car c’est un ruck très endiablé

C’est la vie, l’Ovalie
Tout le monde est au stade et crie à la folie
C’est la vie, le rugby
Après la 3ème mi-temps, toutes les filles sont jolies
C’est la vie, l’Ovalie
Toute la semaine n’est là que pour attendre samedi
C’est la vie, le rugby
Ne venez pas me dire qu’ils ont ça à Paris

Le curé, le prolétaire, arrivent les premiers
Histoire de pouvoir s’engueuler
On a Midol sur la tête, le soleil va taper
Et les tribunes, elles, vont trembler

Au milieu des poteaux qui bougent, tu imagines toujours rester
Tu es l’arbitre des élégances dans ton beau maillot basque rayé

C’est la vie, l’Ovalie
Tout le monde est au stade et crie à la folie
C’est la vie, le rugby
Après la 3ème mi-temps, toutes les filles sont jolies
C’est la vie, l’Ovalie
Toute la semaine n’est là que pour attendre samedi
C’est la vie, le rugby
Ne venez pas me dire qu’ils ont ça à Paris

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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