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 Parlons Phallus

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Tryskel
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MessageSujet: Parlons Phallus   Ven 24 Oct 2014 - 16:59

Non, vous pouvez lire, ceci n'est pas un fil porno!  Ange

Suite à la querelle du "Plug Anal de la Place Vendôme, j'expose les phallus vus à Pompéi et au Musée Archéologique de Naples (qui recèle aussi et surtout de vraies merveilles non phalliques).
En ce moment la Cité des Sciences de la Villette présente une expo destinée surtout au enfants: "Zizi sexuel, le retour" retour puisque l'expo a déjà été présentée en 2007. Expo qui ne semble encore avoir attiré les foudres des pudiques, après tout, c'est un lieu fermé on y conduit ses enfants si on veut!

Pourquoi le mettre dans " Humains et psycho"? Parce que l'approche de la chose varie fortement selon les périodes, les siècles, les sociétés.
Notre société occidentale qui vire au puritanisme victorien, ne veux plus rien voir des attributs sexuels "Cachez ce sein" et le reste. Mais se régale de "50 nuances de Grey", allez comprendre! Montrer son sexe et s'en servir, relève du domaine de l'intime, du caché, c'est perso!

Les romains, et les grecs avant eux n'avaient pas de ces pudeurs.

" Le symbolisme phallique est le symbole de la virilité et de la fécondité. Dans de nombreuses civilisations et dès l'Antiquité le pénis était par exemple associé à des divinités comme Osiris ou Bacchus. Dans certaines tribus des Indiens d’Amazonie, la taille du phallus est directement liée au rang social. Les hommes mettent ainsi un étui pénien indiquant leur rang social.
En Mésopotamie et en Inde (où l’on voue un véritable culte au phallus, nommé lingam), le caducée — emblème de fécondité — est représenté par deux serpents s’enroulant autour d’un phallus, verge nue ou fleurie, ou encore arbre de vie. Si l’on trouve généralement un oiseau au sommet de l’arbre de vie, on y trouve un serpent à sa base. Il peut être également représenté par un vase dont jaillit l’eau (symbole de vie). Ici, le vase représente le phallus éjaculant, symbole de fécondité.
En Occident, le phallus a été longtemps un symbole de fécondité, et par extension, un porte-bonheur. Sa représentation était fréquente à la porte des maisons, ou pour désigner la direction du lupanar (Pompéi). On le trouvait aussi en érection sur des colonnes hermaïques, dites ithyphalliques, à la croisée des chemins ou devant certains temples (Délos). Il est l’attribut le plus constant des satyres qui accompagnent Dionysos, et du dieu romain Priape. Enfin il était souvent porté en amulette apotropaïque autour du cou, chez les enfants romains.
La christianisation a restreint le phallus à l’acte sexuel. Celui-ci étant réservé à l’alcôve, les symboles phalliques se sont vu classer comme obscènes et païens, et ont disparu.
En Galice, on trouve des horreos, blocs de pierre ornés à un bout de la croix catholique et, à l’autre, d’un phallus païen. Ces constructions servent à conserver le grain.

Lorsqu'au milieu du XVIIIe siècle on entama les fouilles d'Herculanum et de Pompéi, on y découvrit des oeuvres sans commune mesure avec l'idée idéalisée que l'on se faisait de l'Antiquité. Mosaïques érotiques, fresques pornographiques, objets de toutes sortes à motif phallique... furent donc mis à l'index dans une pièce cadenassée par trois serrures. Précaution insuffisante pour l'une de ces oeuvres : un marbre de Pan faisant l'amour à une chèvre, les yeux dans les yeux, fut en plus cloué dans une solide caisse en bois sur ordre de Charles III, roi de Naples. En fonction du contexte politique plus ou moins conservateur, ce "cabinet secret" fut totalement interdit aux visites (et même muré pendant trois ans), ou ouvert sur autorisation spéciale à quelques érudits et visiteurs de marque. Il a été ouvert au public en 1976 pour une brève période, puis fermé pour restauration, et a rouvert au printemps 2000. Sa visite reste interdite aux mineurs non accompagnés.
La sexualité. Antiquité gréco-romaine. Peu de gens se rendent compte aujourd’hui qu’à l’origine de ce qui a été jusqu’à hier un des fondements de notre art, le nu, il y eut une disposition psychologique particulière des Grecs. Le culte de la nudité absolue était pour les Grecs une conséquence de leur idée de la perfection humaine ; il revêtait donc un aspect éthique, et non seulement physique ; conscients de ce qui était implicite dans la beauté physique, ils évitèrent la sensualité et l’esthétisme. Cette union du physique et du psychique leur permit de donner forme humaine à des idées abstraites : statues de divinités qui ont littéralement hanté l’imagination occidentale pendant des siècles, revêtant tour à tour de nouveaux contenus éthiques, chrétiens ou héroïques, jusqu’au moment où – pendant le néo-classicisme –, incapables d’exprimer une idée, elles se réduisirent à une simple enveloppe (souvent à un masque) de perfection formelle. Si la sexualité est ainsi sublimée dans l’art grec, on peut se demander s’il y a lieu de parler d’érotisme à son sujet. Peut-on parler d’érotisme à propos des processions de satyres ithyphalliques peintes sur les vases archaïques déposés dans les tombeaux, si l’on sait que ces images étaient censées favoriser la fertilité de la terre, du bétail et la palingénésie ? Cette même idée faisait placer dans les champs, aux carrefours et dans les maisons des termes de l’Hermès Arcadien avec indication plastique du phallus. La fonction d’éloigner le mauvais œil, propre au phallus, n’a rien d’érotique, pas plus qu’un autre objet qui avait le même but, l’œil apotropaïque. Les guides mal informés disent qu’il faut voir une vantardise du propriétaire dans une peinture du vestibule de la maison des Vettii à Pompéi : un Priape qui pèse sur une balance son énorme phallus. Il n’en est rien : le phallus était comparé pour sa fonction fécondatrice aux fruits, aux céréales et aux légumes qu’on vend au poids au marché. L’influence hellénistique se fit fortement sentir dans le monde romain, les scènes d’accouplement dans le Lupanar de Pompéi en sont un corollaire."


Le jour où je suis allée au Musée, le "Cabinet Secret" était ouvert, tout au fond d'une enfilade de salle, je croyais simplement que c'était la continuité des collections d'objets trouvés dans les maisons d'Herculanum et Pompéi. Ben, oui, mais des objets à ne pas laisser à la vue de tous, qui pourtant étaient familiers dans ces maisons, dans les rues pendant l'Antiquité.







Carillons:





Pan amoureux:







Vase grec, attique à figures noires:


Mosaïque:


Bien sûr, il n'y a pas que ça, ce n'est même pas la majorité, mais c'est ce qui attire, à Pompéi on entend les gens "Elles sont où les fresques érotiques?" "Je veux voir le lupanar". Comme si la ville se résumait à ça. En tout cas ça montre bien que le "mystère" appâte, et que notre XXIème siècle coincé est encore facilement excitable, même s'il a complétement perdu le sens de ces objets. Il y voit du "cul" là où les anciens n'en mettait pas, juste des symboles de fertilités et de fécondité...

J'ajoute que je les trouve plutôt laids ces phallus, mais c'est mon sens de l'esthétique, d'ailleurs ils ne cherchaient pas à être beaux. Le "beau" se situait ailleurs.

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filo

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MessageSujet: Re: Parlons Phallus   Ven 24 Oct 2014 - 21:05

Tryskel a écrit:
Notre société occidentale qui vire au puritanisme victorien, ne veux plus rien voir des attributs sexuels "Cachez ce sein" et le reste. Mais se régale de "50 nuances de Grey", allez comprendre! Montrer son sexe et s'en servir, relève du domaine de l'intime, du caché, c'est perso!
Ça fait quand même quelque quatre siècles que notre société a viré au puritanisme (sous l'influence de l'église catho évidemment, mais aussi et surtout du calvinisme, que les anglais exportèrent en Amérique). Et depuis une cinquantaine d'années, la tendance se renverse tout de même, faut pas exagérer ; surtout en France.
Quant à cette association paradoxale entre le puritanisme officiel et l'intérêt pour l'ouvrage médiocre que tu cites ou la pornographie, à mon avis ce ne sont pas les mêmes personnes : la bien-pensance d'état est de rigueur, mais au sein de la population, de moins en moins de gens sont choqués, je pense.
Sans parler de la banalisation du sexe encouragée par la cyber-culture, qui offre aux plus jeunes générations un potentiel déverrouillé désormais totalement. Plus besoin de musée ou de clandestinité pour voir des phallus, des vrais, et tout le reste de nos jours. Ce qui va même probablement engendrer une saturation entraînant une nouvelle sorte de puritanisme pour les générations à venir, à mon avis.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Parlons Phallus   Sam 25 Oct 2014 - 1:08

D'accord, et pas d'accord.
D'accord sur le fait que le puritanisme hypocrite a envahi nos sociétés depuis des siècles avec deux points culminants: le XVIIème et le XIXème.
Le XVIIIème libertin ayant été une parenthèse en réaction au puritanisme du XVIIème et le XIX bourgeois et victorien une réaction puritaine au libertanisme du XVIIIème... Une posture chasse l'autre. Ces puritanismes s'accompagnant par ailleurs d'une débauche organisée et tolérée pour les hommes qui devaient bien se défouler quelque part dans des lieux et avec des femmes faits pour ça.
mais ça ne touchait qu'une frange de la société. De même que la "Révolution sexuelle" des années 60/70 n'a concerné qu'une fraction de la société occidentale.
Et sur le fait qu'une déferlante de trop de libération entraîne une réaction.

Pas d'accord sur le fait qu'une majorité de la population n'est pas "choquée" de nos jours. Il suffit d'entendre notamment les jeunes. Ce n'est pas une "libération", c'est un défoulement qui s'accompagne d'un sentiment de culpabilité, c'est un voyeurisme malsain, quasi pléonasme, le voyeurisme est toujours malsain!
Ce que j'ai entendu à Pompéi m'a choquée, style "bande de connards, y'a pas que le cul". Je précise que les fresques du lupanar ou ce qu'il en reste n'ont rien de particulièrement osé, on montre hommes et femmes couchant ensemble, le lieu y était dédié. Ca m'énerve que des bandes d'ahuris ne veuillent voir que ça. Pompéi , même si le site mal entretenu, mal signalé est décevant, c'est une vie qui s'est arrêtée, de la chair, des humains, de l'Histoire, enfin pour moi. Des humains qui baisaient, dans des lieux dédiés, parce que les romains si "libres" planquaient soigneusement leurs dignes matrones, toujours pour des raisons de "génération" le ventre ne devait porter qu'une semence!
Mais les femmes, éternelles mineures, se trouvaient émancipées quand veuves ou divorcées, même si le divorce devait recevoir le consentement du père quand il vivait encore. Une fois passées par la case mariage/ enfants elles étaient plus libres! Dans la bonne société, parce que seule les reproductrices patriciennes  devaient être protégées contre elles mêmes.

Il n'y a donc, à part un petit groupe de personnes comme celles que toi et moi pouvons connaître toujours pas de véritable "émancipation", faut entendre les commentaires égrillards de ceux qui ont accès au "Cabinet Secret". Ou les ho/ha effarés sincèrement ou pas! Le fouinage de qui des peoples couche avec qui...

Et je suis sans doute hors circuit, mais le côté égrillard, le voyeurisme me dérangent, parce que le sexe est naturel, parce qu'il fait partie de nous, parce qu'on devrait pouvoir en jouir sans tous ces interdits extérieurs ou intérieurs. Parce que les trois monothéisme et le christianisme catholique en est dés l'Antiquité le plus grand responsable en ont fait une chose honteuse. Parce que ça traîne toujours dans les têtes, et qu'on n'est pas prêts d'être débarrassé de ces blocages.
Ce qui ne signifie pas tomber dans l'exhibitionnisme, ça doit rester privé, on ne doit pas le jeter à la figure des autres, c'est ça la vraie pudeur, faire tout ce qu'on veut en privé entre consentants, et ne pas faire semblant dehors de se pincer le nez.
Non, notre société n'est pas "libérée" de ce point de vue!


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Romane
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MessageSujet: Re: Parlons Phallus   Sam 25 Oct 2014 - 12:06

Notre société régresse mentalement plus vite que la vitesse de la lumière, ne se sent pas choquée devant certaines images qui devraient la faire bondir,  réagir, vomir même, comme toutes celles qui touchent  la guerre, la famine, mais aussi toutes celles qui dénoncent l'avilissement des moins favorisés : ne serait-ce que le système agro-alimentaire et tout ce qu'on sait que je ne vais pas énumérer ici. Je ne cause même pas de la mode ciné et/ou théâtre agressive par ce qu'elle montre pour le plaisir (ben oui, on paie pour voir ça)
Alors le sexe, dans tout ça : cette attirance et cette curiosité naturelle, vissée en soi parce que nous sommes encore dotés d'un petit espace animal planqué ou pas ou à diverses  échelles, en soi, la débauche d'images qui autrefois étaient censurées après avoir passé des périodes alternant entre tabous et extravagances... et qu'aujourd'hui on brandit, soulignée d'applaudissements ou de huées, moi ça  me fait un peu marrer.

Les bien-pensants me gonflent, les performances me débectent, les scoops clash m'emmerdent, les exhibitionnistes me gavent.

Et comme d'hab, la juste mesure, l'équilibre, ne sont pas prêts à faire  partie des qualités humaines. Quant à aujourd'hui, oui, oui, de nos jours, à l'heure où nous sommes vivants et où nous échangeons ici, aujourd'hui est bardé d'autant d'hypocrisie et d'imbécilité qu'autrefois, tous ces autrefois qui ont connu leur sujet brûlant (parfois même au bûcher). Non non, nous ne progressons pas. Nous marinons dans l'absurde et la crétinisation qui font de nous des êtres extra-ordinaires par rapport à la simplicité du monde animalier, et pas que... du monde végétal aussi.

On tait des scandales, ou on les dénonce plus ou moins transformés dans le but de faire sensation auprès du public, on dit que le sexe est une affaire naturelle mais on est encore bardés de tabous, bref, on s'auto-choque et entrechoque entre nos murailles, nos verrous, nos extravagances, nos refoulements et nos regards tordus.

M'enfin, on croise de-ci, de-là, des personnes un peu moins vérolées que les autres, et ma foi,  c'est à chaque fois un grand bol d'oxygène.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Parlons Phallus   Sam 25 Oct 2014 - 17:17

C'est exactement ce que je voulais dire!

C'est pas parce qu'un "Porno Soft" a du succès que l'esprit est décoincé par rapport au sexe, ce serait même plutôt le contraire. Si l'époque où on vous glissait Histoire d'O sous le comptoir dans un sachet en papier pour qu'on ne voit pas ce que vous aviez acheté (pourtant c'était en vente libre ) est révolue, ça ne signifie pas que les gens sont plus à l'aise. entre débauche, qui n'est pas un signe de santé, et interdit, on navigue toujours dans le brouillard.
La gêne, les réactions graveleuses ou scandalisées sont le signe d'un malaise. Le cul se vend bien, il est partout; encore que ça se tasse un peu; y compris dans la pub, mais ça ne nous met pas en cohérence avec notre animalité dont le sexe (et non le cul) est un élément. C'est cette animalité qu'on refuse et ce en grande partie à cause des trois monothéismes, surtout le christianisme dévoyé. Comme tu dis Ro, nous manifestons notre "humanité par de la cruauté de chaque instant, une violence inouïe dans les relations sociales, oh, on se cogne pas dessus à chaque coin de rue, c'est plus larvé, plus hypocrite, plus violent. Les bombardements démocratiques contre les affreux de l'autre bord,  les gens virés de leur boîte pour cause de profit des actionnaires, ça c'est "civilisé." Et ça ne choque pas, c'est loin, c'est l'autre, le sexe c'est moi, et  la grande majorité ne sais toujours pas le gérer!
Le viol continue lui à ne pas toujours "choquer"...

On le sait quand on étudie l'histoire, les sociétés évoluent très très lentement, les mentalités sont longues à bouger et retournent volontiers au passé, plus rassurant, d'autant plus qu'on l'ignore en grande partie et nous sommes dans notre monde occidental libre, libéral et démocratique en pleine régression!

La preuve:
http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/20/france-decouvrit-plug-anal-255583

Le sexe toy, je connaissais, comme tout le monde, le "Plug Anal" j'avais jamais entendu parler, ça sert à quoi ce truc? mdr
Que signifie l'utilisation croissante d'objet autres qu'un bon vieux phallus naturel pour "pimenter" les rapports?
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MessageSujet: Re: Parlons Phallus   Dim 26 Oct 2014 - 2:22

J'ai parlé en introduction de l'expo "Zizi Sexuel" à la Villette, et ben ça y est, elle suscite l'ire des moralisateurs. Mais même la très conservatrice de droite fédération de parents d'élèves PEEP, la défend. Et nul n'est obligé d'y aller. Mais pour avoir été parents de jeunes qui forcément posent des questions sur la chose, une expo comme ça, j'y aurais conduit mes chérubins, qui auraient d'autant plus volontiers suivi qu'ils étaient des fans de la Villette!

http://edito.lexpress.fr/l-exposition-zizi-sexuel-nouveau-combat-des-anti-abcd-de-l-egalite-2033?utm_source=newsletter_dossiers&utm_medium=email=newsletter&utm_medium=dossiers&utm_campaign=actu-23-10-14

"Il n'y a pas eu de réaction en 2007, il y en a maintenant. Il y a peut-être une corrélation, qui n'est pas une relation de cause à effet, mais en tout cas une proximité dans le temps entre les deux débats", a insisté la ministre."Je note qu'il y a une forme de raidissement qui est peut-être lié à des événements qui se sont produits l'année dernière, le débat sur l''ABCD de l'égalité' qui ont sans doute un peu crispé certaines personnes", a ajouté Fleur Pellerin. "
Pas de réaction il y a 7 ans, des réactions aujourd'hui, c'est dans l'air et ça sent pas bon, preuve qu'on régresse, même si c'est pas la majorité. La majorité des parents demeure quand même gênée de parler sexe à ses enfants, qui ne seraient pas là s'il n'y avait pas de sexe, pas d'accouplement, pourquoi est ce encore un sujet si sensible dans l'éducation?
Minorité puritaine, surtout qui veut garder le contrôle sur l'éducation sexuelle de ses précieux chérubins, voire ce qu'est devenue l'Education Sexuelle à l'Ecole, disparue des écrans radars, c'est un sujet réservé à la Famille, un papa une maman, des ados qui se gavent de porno et des ados enceintes de plus en plus nombreuses dans toutes les classes sociales...
Nombre sont ceux qui refusent encore de considérer que les jeunes ont un sexe, et les vieux aussi. La sexualité des pays/ mamys est aussi taboue que celle des jeunes!

"Il y a une forme de raidissement" quoi de plus normal quand on parle de zizi?  Chuuttt  mdr


Dernière édition par Tryskel le Lun 27 Oct 2014 - 2:28, édité 1 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: Parlons Phallus   Lun 27 Oct 2014 - 1:34

Nous sommes des êtres très compliqués. Après avoir planqué pendant des lustres la fameuse toile de Courbet "l'origine du monde", nous l'exhibons maintenant sans problème. Mais c'est une toile. De la peinture sur un support, quoi. Quand une nana a décidé de se planter devant la toile pour offrir le même spectacle, mais en live cette fois, elle s'est vertement fait virer par les gardiens de la galerie ( http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1212713-l-origine-du-monde-2-0-meritait-mieux-que-l-hypocrisie-du-musee-d-orsay.html )
Alors faudrait savoir : qu'est-ce qui dérange, qu'est-ce qui ne dérange pas, et pourquoi ça dérange ou pourquoi ça ne dérange pas ?

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MessageSujet: Re: Parlons Phallus   Lun 27 Oct 2014 - 3:41

" Alors faudrait savoir : qu'est-ce qui dérange, qu'est-ce qui ne dérange pas, et pourquoi ça dérange ou pourquoi ça ne dérange pas ?"

Ce qui dérange ou ne dérange pas dépend des époques, des sociétés, des espaces culturels, des conceptions, des mentalités, des modes, des interdits sociaux ou religieux qui ne sont pas les mêmes, de...
Pourquoi ce qui me dérange ne dérangera pas mon voisin et réciproquement?
Vaste question à laquelle il est si difficile de répondre qu'on n'a toujours pas la réponse aujourd'hui. On pourrait juste espérer qu'aujourd'hui avec nos technologies avancées, dans nos sociétés "libérées" et "permissives" plus rien ne choque de naturel. On est aux antipodes, parce qu'il manque la dimension de laisser l'autre penser (et jouir) comme il le veut, comme il le sent tant que ce n'est pas une violence faite à l'autre.

Perso le tableau de Courbet, bof, la " performance" de la nana à Orsay, bof itou!
La réaction du Musée, préserver la pudeur de visiteurs qui venant se rincer l'oeil n'en avaient pas vraiment! Et aussi se préserver, de quoi le conservateur aurait il été accusé s'il avait laissé faire?
Ce tableau dont on fait tout un cirque était une commande, d'un "Diplomate" un monsieur qui voulait se faire plaisir tout seul ou juste le montrer à des connaissances triées sur le volet , genre "Regardez ce que j'ai" et des oh, des ha et des ohoh, ahah en se masturbant devant, mais en cachette.
Le tableau est arrivé chez Lacan, qui le planquait, puis chez un ponte ottoman, qui le planquait aussi... Et sa redécouverte a bien émoustillé les élites...
C'est juste que c'est une peinture, alors ça peut passer, en vrai un sexe de femme ça passe pas exposé. L'antiquité présentait des nus masculins avec tous leurs attributs et ça gênait personne, c'est le XVIIème siècle si pudique qui a collé de feuilles de vigne pour cacher ce phallus que je ne saurais voir. Mais les antiques de femme ne montre pas le sexe, soit elle sont intégralement à poil mais les cuisses sont serrées, soit elles sont drapées en bas...

Mon sexe si je suis mâle c'est ma force, je peux l'exhiber, j'affiche ma virilité. Si je suis femme je le cache, c'est ma faiblesse, et c'est aussi celle du mâle qui ne saurait quoi faire de son phallus s'il n'avait pas mon sexe où le fourrer.
Mais nos sexes mâle ou femelle sont aussi notre fragilité, on l'exalte ou on le nie. On n'a pas encore trouvé le juste milieu de vivre simplement avec, de savoir aussi en maîtriser les pulsions tant physiques (Brassens disait que la bandaison ça se commande pas) que mentales.

Il a fallu du temps pour que la relation entre rapport sexuel et procréation soit admise, ben vi! Et les monothéismes ont fait du sexe un péché, péché de la femme bien sûr qui en ouvrant cet abîme conduit l'homme vers la damnation. L'Eglise voulait se mêler des rapports sexuels, même entre mari et femme. "Celui qui aime trop son épouse commet la fornication" à partir du moment où il a reconnu (ça se savait bien avant mais il devait finir par l'admettre) qu'il fallait baiser pour engendrer, le christianisme a voulu limiter l'usage du sexe à la procréation, le christianisme nie le corps, normal avec un Dieu engendré mais non créé et né d'une vierge!
Le judaïsme à l'origine était moins rigoureux, même si on prétend lui donner surtout un sens allégorique, le Cantique des Cantiques est un magnifique poème érotique.
L'Islamisme prétend aussi régir le sexe, contrôler le sexe, c'est contrôler ce que l'humain a de plus intime, de plus animal, de plus sacré. pas question qu'il s'en serve comme il en a envie.
Et les interdits engendrent frustrations et violences, viols...
La femme ne doit pas attiser le désir, donc monter le moins possible de son corps, la femme est toujours (on n'a pas encore trouvé le moyen de faire autrement) " "L"origine du monde" celle qui porte l'enfant, et il faut s'assurer de la "génération" que ce moutard soit bien un produit de mon éjaculation, que je me transmette et continue à exister dans une descendance estampillée.

Oui, c'est compliqué... Et tordu parce que ça engendre une hypocrisie et une violence monstrueuses.
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