Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Résistance plus que passive...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Pascal9

avatar

Nombre de messages : 645
Age : 58
Localisation : Nord de la France
Date d'inscription : 03/11/2004

MessageSujet: Résistance plus que passive...   Mar 14 Juin 2016 - 16:09



En parlant du langage utilisé au sein de l’entreprise :Cette langue obéit à cinq règles de base :L'entreprise fait «compliqué » quand on peut faire simple. Elle utilise « initialiser » à la place de commencer, verbe qui fait beaucoup trop trivial, « finaliser» au lieu du très ordinaire finir, et « positionner » pour le terre-à-terre placer. Elle choisit son vocabulaire de façon à se donner plus d'importance qu'elle n'en a réellement. «Coordonner », « optimiser », sont plus porteurs qu'« exécuter ». Mais c'est «décider » qui trône au panthéon des verbes, d'une courte tête devant «piloter» ou « chapeauter ». Elle ne lésine pas sur les mots en « ence » :pertinence,compétence, expérience, efficience, cohérence, excellence, tous ces mots donnent en apparence de l'importance.” De l’art et la nécessité d’en faire le moins possible en entreprise. - Bonjour Paresse - Corinne Maier
Nous vivons dans un monde incohérent… Dénué de toute limpidité. Prêtez une oreille attentive l’espace d’une journée, vous serez étonné du nombre de fois où vous entendrez le mot « travail »… Cité comme une panacée, un remède universel à tous les maux de la société. Tous les hommes politiques, les syndicalistes, les “journaleux”, les échotiers mielleux ou fielleux (choisissez qui vous voulez…) se gargarisent d’un terme qui n’a plus aucun sens philosophique ou moral.
L’homme (la femme aussi d’ailleurs... Mais les femmes ont une propension au travail qui relève de la génétique, c’est leur nature profonde que d’être courageuse…)  se libère peu à peu du carcan du travail et ce n’est pas une initiative très prisée par les molochs qui pilotent la grosse machine économique. Cette vieille morale judéo chrétienne éculée prête une haute valeur éthique à des vies professionnelles souvent dénuées d’intérêt. Cet asservissement délectable ne fait la fortune  que des organismes de prêt, des banques et des fournisseurs de pacotille ainsi que des prestataires de spectacles abrutissants tels le football, entités cannibales révélés par Guy Debord dans son essai « la Société du Spectacle ». On se prend à rêver que depuis 1967, les choses n’ont guère évoluées, bien au contraire. Cette pacotille et cette violence codifiée nécessaires à l’ensemble des fidèles afin de compenser, justement, le vide abyssal de leur vie quotidienne.
Il est de bon ton de glorifier le courageux, d’encenser le bosseur, cet otage volontaire d’un système en bout de course… Tel le sage méditant au sommet de sa montagne depuis tant de lunes, je suis arrivé à la conclusion que la seule forme véritable de résistance au système est : de ne strictement rien faire justement… Ne pas bouger un cil, rester le plus immobile possible… Mais cette pratique nécessite une seule condition : Se dégoter un job dans une entreprise avec salaire qui vous paye à ne rien faire, en vous faisant ignorer ou oublier. (Cherchez bien, vous verrez, qu’il en existe bien plus que vous ne le pensez...). Si nous pouvions comptabiliser les gens qui ont un travail véritablement utile et nécessaire et donnions le pouvoir aux squales immondes du système libéral  de licencier les postes superfétatoires, nous arriverions à un chiffre de chômage vertigineux, ce qui embêteraient bien les vendeurs de pacotille et les voyous de la FIFA, ces aigrefins pourvoyeurs de rêves frelatés et de mauvaise bière.
Donc… Il est arrivé le temps de ne pas faire justement, de recevoir sans aucune contrepartie, la juste récompense de cette escroquerie universelle que l’on appelle travail… C’est une forme de hold-up très lent et non violent, mon salaire constituant l’impôt révolutionnaire que me verse mon employeur en échange de rien, même pas un sourire… Dans ces conditions, il est assez jouissif de constater comment les sociétés libérales, toutes férues de capitalisme, sont relativement stupides… Il faut bien entendu opérer dans un secteur ou la production est invisible, les média par exemple. Ces fournisseurs de vent ne sont producteurs que de mots ou de clichés abscons, ce qui est commode. A part de l’angoisse, les média n’ont rien à vendre, c’est peut-être pour cela qu’ils rejoignent les politiques, avec qui ils copulent volontiers,  dans le mépris que leur voue la quasi-unanimité des citoyens.
«Les employés, enrégimentés toute leur vie, happés par le travail au sortir de l’école et mis entre parenthèses par leur famille à l’âge préscolaire puis à celui de l’hospice, sont accoutumés à la hiérarchie et psychologiquement réduits en esclavage. Leur aptitude à l’autonomie est si atrophiée que leur peur de la liberté est la moins irrationnelle de leurs nombreuses phobies. L’art de l’obéissance, qu’ils pratiquent avec tant de zèle au travail, ils le transmettent dans les familles qu’ils fondent, reproduisant ainsi le système en toutes façons et propagent sous toutes ses formes le conformisme culturel, politique et moral. Dès lors qu’on a vidé, par le travail, les êtres humains de
toute vitalité, ils se soumettent volontiers et en tout à la hiérarchie et aux décisions des experts. Ils ont pris le pli. » Robert Black – Travailler, moi jamais.

Générations en devenir, si vous voulez vous lever tôt, le matin choisissez la voie véritable du travail dans la seule trilogie humaine qui vaille : Aide. Soins. Éducation. Le reste du temps produisez selon vos besoins véritables, à taille humaine et éthique, créez et jouez. De multiples grains de sables vont enrayer la machine économique, ce sera long, sans véritables affrontements, simplement une part croissante de l’humanité va découvrir de nouvelles règles et pour de multiples raisons : écologiques, politiques ou  tout simplement humaines, le moloch n’ayant plus de raison d’être disparaîtra. Je ne le verrai pas, mes enfants non plus, je pense, mais mes petits enfants peut-être... Les utopies les plus folles ont cette capacité à devenir des réalités. Des graines ont été plantées et le vent souffle, il va souffler longtemps et doucement, mais le paysage se transformera, c’est inévitable.
“Il nous faudra répondre à notre véritable vocation, qui n’est pas de produire et de consommer jusqu’à la fin de nos vies, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes.” Pierre Rabhi
Lille, 14 juin 2016.
Revenir en haut Aller en bas
http://calepinsenbalade.blogspot.fr
 
Résistance plus que passive...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Littérature :: Vos écrits : Poésie, nouvelles, romans, théâtre... :: Espace collectif : Prose-
Sauter vers: