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 Bac à sable

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MBS

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MessageSujet: Bac à sable   Mar 5 Juil 2016 - 20:21

C’était un vendredi d’hiver. En cherchant un peu, je pourrais retrouver la date car ce fut le dernier hiver très froid sur la région toulousaine avec de grosses quantités de neige et le canal du Midi gelé plus d’une semaine. Mais bon, pour ce qui suit, on s’en fiche un peu…
C’était un vendredi de veille de vacances et, à dire vrai, l’idée pour les formateurs d’Histoire-Géo renforcés par quelques animateurs de bassins (pour les non-adeptes de notre langage EdNat, les bassins sont des zones regroupant plusieurs établissements d’une même zone géographique et qui peuvent avoir des politiques de formation propres), l’idée disais-je de se retrouver dans cette salle du lycée Bellevue de Toulouse n’avait pas été très enthousiasmante. Il avait d’abord fallu réussir à arriver à travers des bouchons gigantesques, puis se dire que la journée allait être longue. On était là pour parler du plan de formation des professeurs, autrement dit (toujours pour les non-informés) de ces stages qui font que, parfois, un prof est absent un ou deux jours.
De la journée en fait, je ne me souviens pas vraiment… En dehors du fait que ma binôme préférée est arrivée avec près de 45 minutes de retard et en dehors du souvenir de nos trois inspecteurs pédagogiques régionaux installés derrière un long bureau sur la tribune.
Pourtant de cette journée de février, il me reste cette remarque d’un collègue des Hautes-Pyrénées que je ne connaissais pas. Après avoir entendu toutes les exhortations classiques à instiller dans nos formations ce qui devait permettre ensuite que nos collègues utilisent le numérique, développent l’esprit critique de leurs élèves, pratiquent une pédagogie dynamique, il a pris la parole et il a dit quelque chose de ce style…
- Bonjour… Alors voilà, j’essaye de faire tout ce que vous venez de dire avec mes élèves. Monsieur Machin est venu m’inspecter et il m’a encouragé à continuer dans cette voie… Seulement voilà, au brevet des collèges, mes élèves ont en moyenne un point de moins que mes collègues qui font un cours purement magistral et classique. Donc, est-ce que je ne mets finalement pas en danger mes élèves ?
On a bien senti que les trois inspecteurs étaient embarrassés. Un d’entre eux s’est lancé dans un argumentaire que je n’ai pas vraiment bien compris mais qui visait à dire au collègue qu’il fallait qu’il continue à travailler comme il le faisait. La question était vachement bonne (en même temps qu’inquiétante) et l’institution n’avait pas - à clairement parler - de réponse à ça.
Celui qui a clos la discussion – mais d’une manière bien plus inquiétante en y réfléchissant bien – c’est le voisin du collègue.
- Ce qu’il ne dit pas, parce qu’il est trop modeste, c’est qu’en Seconde, ce sont ensuite ses élèves qui ont un point de plus que les autres.
Ce qui fait donc un différentiel de deux points. Ce n’est pas à proprement parler une paille même si on sait ce que valent les notations.
Pourquoi est-ce j’évoque cela aujourd’hui ?
Parce qu’un calendrier fantasque a fait coïncider aujourd’hui les résultats du bac, du CAPES et de l’Agrégation.
Je regarde ces différents résultats et je me dis que ce que le collègue signalait il y a quelques années est de plus en plus vrai et de plus en plus étendu.
Il est faux de dire que tout le monde est armé de la même manière au moment de passer ces concours et examens. Tout le monde n’a pas le même niveau, les mêmes capacités, n’a pas abordé les épreuves avec le même sérieux et la même qualité de préparation, c’est un fait… Mais qu’évalue-t-on réellement ? Où est la prise en compte dans les épreuves de bac telles qu’elles existent en Histoire-Géo de ce qu’on nous demande de transmettre aux élèves et qui ne se limite pas à une masse de connaissances ? On a l’impression qu’un bon travail peut être saqué par un prof correcteur qui n’est pas au niveau. Je pense à deux exemples évoqués par une ancienne stagiaire : une prof de son lycée qui corrige avec des barèmes tellement précis que cela tire les notes vers le bas ; un autre prof qui n’étant pas très au courant l’a repris à plusieurs reprises lorsqu’elle évoquait le livre de Pierre Laborie « Le chagrin et le venin » en lui disant que non c’était « Le chagrin et la pitié ». Je pense aussi à tous ces croquis sur l’Afrique que j’ai vu passer cette année et me disant que l’Ethiopie et le Soudan étaient des puissances émergentes. J’aurais pu saquer… Mais le problème venait du prof et pas des élèves ; le problème venait des manuels qui ne sont pas des bibles, beaucoup l’oublient, mais des produits de consommation et, en tant que tels, soumis à des délais d’urgence de livraison (donc d’erreurs) mais aussi de marketing. J’ai fermé les yeux sur des erreurs quand d’autres en ont vu (ou des manques) là où il n’y en avait pas.
Pour les concours de recrutement, est-on bien assuré que ceux qui ont été bien classés ou même qui ont eu le concours soient de futurs bons profs ? Même si les modalités des concours ont évolué, on est quand même surtout dans une érudition pointue plus que dans la pédagogie. Un évaluateur se félicitait – à juste titre sans doute – de la joie et de la motivation de ces jeunes qui vont devenir des professeurs… Mais quels professeurs seront-ils ?... Des professeurs reproduisant ce qu’on a attendu d’eux dans les concours, c’est-à-dire une connaissance abondante et structurée délivrée à trois ou cinq membres d’un jury, ou des enseignants capables de prendre en compte la diversité de leurs élèves, de penser progrès avant de penser déballage de contenus ? Voilà une question qu’elle est bonne comme aurait dit Coluche. Dans le premier cas, ils feront des têtes bien pleines (pour quelques semaines) ; dans l’autre des têtes bien faites pour –on l’espère – de nombreuses années.
Nous avons donc sur les bras un problème qui dure et qui ne semble pas en voie de résolution quand bien même le temps a passé dans le grand sablier de nos vies. Les professeurs n’attendent pas tous la même chose de leur métier, ils n’ont pas les mêmes objectifs pour leurs élèves et ils n’évaluent pas avec les mêmes critères quelles que soient les consignes données. Et si c’était ça en fait cette fameuse idée qu’on file le bac à tout le monde ? Un gigantesque camouflage pour dissimuler le véritable problème : avec la massification de l’enseignement, et donc des enseignants, le Bac s’apparente à une loterie de plus en plus injuste ?

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MessageSujet: Re: Bac à sable   Jeu 7 Juil 2016 - 13:55

" Nous avons donc sur les bras un problème qui dure et qui ne semble pas en voie de résolution quand bien même le temps a passé dans le grand sablier de nos vies. Les professeurs n’attendent pas tous la même chose de leur métier, ils n’ont pas les mêmes objectifs pour leurs élèves et ils n’évaluent pas avec les mêmes critères quelles que soient les consignes données. Et si c’était ça en fait cette fameuse idée qu’on file le bac à tout le monde ? Un gigantesque camouflage pour dissimuler le véritable problème : avec la massification de l’enseignement, et donc des enseignants, le Bac s’apparente à une loterie de plus en plus injuste ?"

Le résultat de la massification de l'enseignement c'est la production d'un "Prêt à reproduire" ce qui a été ingurgité pendant un an, je dis bien "Un An" parce que la Première et à fortiori la Seconde, les Terminales ont oublié. Ce n'est donc pas la construction d'un savoir et encore moins d'une culture, c'est un empilement qui s'effondre vite faute de fondations solides.
Les concours sont "pointus", exigeants, difficiles, mais ils ne produisent pas des formateurs, des enseignants au sens noble, des pédagogues. D'ailleurs qui composent les jurys, dans la grande majorité des cas pas des formateurs, ni des enseignants, ni des pédagogues, des gens qui ont oublié (s'ils l'ont jamais su) ce qu'est un élève, ce qu'est être devant une classe de 30 (ou plus) par définition hétérogène puisque fi des classes de niveau injustes et inégalitaires. résultat: un nivellement par le bas et des profs de plus en plus soumis à une "obligation de résultats" non écrite bien sûr. Et après le BAC, ben, c'est plus mon problème, moi j'ai du 90%. Mais c'est là que ça se joue, puisque c'est là qu'a été repoussée une sélection qui ne dit pas son nom!

Ils nous ont fait à la télé un numéro sur le "BAC 68", pourquoi, c'est même pas le cinquantenaire? Juste pour dire que, les "68" ont eu un BAC au rabais, donc non valable, on risque plus trop de les vexer, ma génération (je suis une "68" AngeR ) est à la retraite!!! La conclusion c'était que le % a été 80%, puis est retombé en 69, mais que ce 80% est l'objectif actuel, objectif atteint, à quel prix et pourquoi faire?

Et ça va pas s'arranger!!!
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MBS

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MessageSujet: Re: Bac à sable   Jeu 7 Juil 2016 - 19:15

Ce qu'on leur demande n'est pas, quoique les ignorants en disent, plus simple qu'à mon époque (tu l'as constaté comme moi par exemple en lettres). Mais la manière dont c'est évalué c'est un scandale... Pas parce qu'on te donne des consignes de bienveillance, parce qu'elles ne sont pas appliquées par tout le monde. Comme me le disait hier une prof de physique-chimie avec qui on discutait de ça : "Sur une exercice qui vaut 5 points, l'élève a le bon raisonnement mais fait une erreur de calcul, je peux mettre 4 ou 5 parce qu'il a compris... Certains vont mettre 1 parce que le résultat est faux"... Et c'est dans une science "exacte", alors chez nous ou en philo, la moyenne de l'année, mieux vaut ne pas la prendre comme référence pour le bac.
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MessageSujet: Re: Bac à sable   Jeu 7 Juil 2016 - 20:36


Vous avez dit "Notation au BAC"?

http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/781/reader/reader.html?t=1467822094540#!preferred/1/package/781/pub/782/page/10

"Saint Martin" c'est plus que sûrement du privé bien que ce ne soit pas précisé. De plus l'heureuse lauréate ne sort pas des cités... juste pour dire.

Et quand même, le plus meilleur résultat des résultats, c'est une littéraire de Clermont - Ferrand-, (je précise parce les quelques ceux qui savent qu'il y a plusieurs Clermont en France me demandent toujours "lequel" quand je dis juste "Clermont" mdr )
Littéraire donc et UNE, bon c'est bien connu, les littéraires sont des filles, et c'est si facile la section L AngeR AngeR AngeR mais quand même, c'est qui les meilleurs? musique pom pom
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