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 Hassane Makki

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Pierre Bachy

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Nombre de messages : 183
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 06/08/2004

MessageSujet: Hassane Makki   Lun 30 Aoû 2004 - 8:57

Bonjour,

Etonnants ces extraits de la revue Historia du 1 août 2004 sur l'origine arabe de certains mots français !

In : Dictionnaire des arabismes, de (Geuthner Manuels)

Je tenais à vous faire partager mon plaisir...

L'invasion arabe du VIIIe siècle, dont les lourds « vêtus de fer » de Charles Martel brisèrent net l'élan aux environs de Poitiers en l'an 732, n'a pas laissé beaucoup de traces dans notre langue. Au contraire de l'Espagne, envahie par les troupes de l'émir Al-Tarik venues du Maroc. Celui-ci traversa la Méditerranée en droite ligne par ce que l'on appelait encore les colonnes d'Hercule, dirigea un débarquement et un assaut magistral contre cette montagne qui termine l'Andalousie. Tout naturellement, les vainqueurs l'appelèrent djebel al-Tarik, « la montagne de Tarik », qui donna « Gibraltar ».
Les croisades du XIIIe siècle amenèrent des contacts plus prolongés, à une époque où les Arabes avaient développé une civilisation tout à fait brillante. Il nous en reste entre autres l'« alambic » - al-ambic - l'appareil servant à faire de l'« alcool » - al-kohl . Deux mots qui prêtent à sourire quand on sait que, pour le Coran, « une seule goutte d'alcool est maudite ». Notons qu'alcool est le même mot que kohl, le fard à paupières. Le terme peut se traduire par « sublimé », le résultat de l'opération chimique qui, grâce à une chaleur vive, fait passer directement un corps solide à l'état gazeux sans transition par une phase liquide.
Prenons d'autres mots au hasard. Al zard justement, en arabe, désigne le « bourgeon » mais aussi le « jeu de dés », peut-être à cause de la taille de l'objet ou du dessin sur une des faces. On voit la suite. Et qui commande sur mer ? N'est-ce pas un « amiral » ? Eh bien c'est la transcription d' amîr ou emir al-bahar, littéralement le prince ou commandant de la mer !

Autre mot bien connu de nous : le « coton », qutun, reconnaissable en espagnol sous la forme algodón . Au Moyen Age, où on l'appelait « laine d'arbre », on le représentait naïvement comme un noyer donnant de grosses noix et, dans chaque noix, on pouvait voir un petit mouton. N'est-ce pas joli ?

Plus étrange est le cas de l'« abricot ». Les Romains, du temps qu'ils dominaient l'Egypte et l'Asie Mineure, l'appellaient mala praecox, « la pomme hâtive ». Les Arabes s'emparèrent de ce terme latin qu'ils prononcèrent à peu près al-pricocs . Qui a donné par un singulier retour des choses « abricot » en français, albicocco en italien, albaricoque en espagnol. En fait, « abricot », c'est du latin arabisé : qui l'eût cru ?

On pourrait trouver ainsi bien des mots arabes passés en français : des vents « alizés » jusqu'au « zénith » (le sommet du ciel) et au « nadir » (son opposé). Ou même, en cuisine, le délicieux « sorbet », qui vient de chorbât, le dessert à la neige prisé des Arabes de l'Atlas. En revanche, un mot qui a fait le tour du monde, le « bazar », s'il est venu par l'arabe, est originaire d'Iran : c'est un mot farsi. De même que notre « truchement », l'interprète, vient du turc drogman, par l'intermédiaire de l'arabe où il signifie traducteur. Un des rares mots arabes à quatre consonnes !
La conquête de l'Algérie et des pays voisins, à partir de 1830, nous apporta elle aussi une foule de mots nouveaux. Notre brave chien, vulgairement appelé « clébard », vient du kleb arabe. A vrai dire, c'est de l'arabe du Maghreb car en arabe classique, c'est kelb . Le « s » de clebs est-il là pour faire joli ou par erreur, on ne sait ?
Et ne disons-nous pas couramment « toubib » - tabib en arabe - pour médecin ? De même qu'un village isolé de France n'est-il pas devenu un bled paumé ?

Et comment ne pas rêver devant les merveilleux noms des étoiles légués par les astronomes arabes, Altaïr ou Bételgeuse, Fomalhaut ou Achernar, en passant par Aldébaran, Algol et Dénébola ?
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Hassane Makki
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