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 histoire absurde à suivre (*)

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ZeYom



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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Ven 17 Sep 2004 - 12:35

Vous nouerez très vite une amitié sereine avec le plus musclé de ces gardes du corps (Brutus en comparaison est un petit chiot sans défense) puisque celui-ci vous suivra en permanence, s'accrochant à vos semelles pour m'assurer que vous ne faisiez aucun forfait ni aucun crime envers mes chers animaux, semelles que vous devrez lui cirer réguliérement car c'est ainsi que vous lui prouverez l'ampleur de votre amitié que je veux totale dans la mesure où si elle n'est pas totale et profonde vous en subirez les conséquences, or croyez bien que ces conséquences seront facheuses pour l'intégrité physique de vos orteils vu que votre futur meilleur ami a un pittbull assez joueur avec les orteils des menteurs et des infames usurpateurs d'amitié que, je n'en doute pas, vous êtes à vos heures perdues, voire même à vos heures pleines si le risque de la mort violente et douloureuse ne fait pas partie de vos craintes les plus abouties dans l'accomplissement de votre destin que je plains puisque vous avez vécu si longtemps sans me connaitre, heureusement tout malheur touche à sa fin et grâce à moi vous allez enfin connaître le trépas définitif que vous méritez et en cela j'attends de vous un démesuré amour pour mon choix qui s'est porté sur vous, car l'amour, c'est de reconnaitre celui qui vous donne l'opportunité de clore une vie de souffrances par une mort de plus grande souffrance et ainsi va la vie, c'est beau, c'est émouvant, c'est grandiose, c'est ainsi que vous concevrez votre vie désormais et ce en à peine quelques heures après avoir fini de lire mes phrases longues et aussi éternelles dans leur lecture que les neiges du Niagara le sont dans leur chute sans fin vers les tréfonds des gorges profondes d'une vallée sans nom au pied d'un village pollué de touristes armés d'appareils photographiques comme mon armée l'est de bazookas à tête chercheuses, oui, ah, ce que la vie est belle, décidément.
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Romane
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Ven 17 Sep 2004 - 15:04

D'ailleurs à ce propos, vous vous devrez d'entretenir avec soin l'immense et infini désert qui prend naissance derrière le potager pour se perdre à l'horizon, qui ressemble effectivement à un désert mais ne vous y trompez pas, il s'agit là du cimetière accueillant pour leur paix éternelle et bien peu méritée tous les incapables qui ont cru pouvoir me satisfaire sans jamais y parvenir, dans la mesure où mes besoins ne connaissent ni la limite du temps, ni celle de ma propre satisfaction dont je doute que vous puissiez un jour l'effleurer ne serait-ce que de l'ombre de vos pensées, car il vous faudrait être pour cela un tantinet remarquable et le remarquable m'apparaît être la plus grave des lacunes chez mes non-semblables d'autant que j'ai la particularité d'être mon seul semblable et il faudra bien vous enfoncer ça dans la tête, lorsque vous vous armerez d'un balai fin afin de ratisser les allées du désert en prenant bien soin de ne pas abîmer l'emplacement non marqué de vos prédécesseurs, et ce dans le plus grand recueillement, le plus grand respect, en tatouant dans votre esprit le destin qui est forcément le votre, que vous le vouliez ou non, en tâchant, pour demeurer dans l'efficacité constante que je vous demanderai d'honorer sans répit, en tâchant disais-je de repérer d'ores et déjà d'une manière sûre et irréfutable la place qui vous est déjà attribuée et que vous prendrez au premier faux-pas que vous ne manquerez pas de faire un de ces quatre matins, sachant que vous devrez déjà creuser votre propre tombe à l'aide de la petite cuiller dorée à l'or fin qui se range, et je suis sachez le intraitable sur le sujet, d'une manière immuable et sans réplique possible, au fond du premier tombeau du premier crétin qui fut à mon service et par ce détail dont vous conviendrez qu'il revêt une importance capitale, vous comprendrez également qu'il vous faudra impérativement remettre à sa place cette petite cuiller et rendre au désert son apparence de désert, c'est à dire si vous préférez, le reflet intégral de votre moi-profond.
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ZeYom



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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Ven 17 Sep 2004 - 17:19

Je tiens à préciser que l'enfouissement dans le désert est un immense honneur que je ne réserve qu'aux plus fidèles, serviables et aptes de mes porteurs de belle-mère / balayeur de désert / griffoir à chat / amusoir à perroquets / testeur de solidité de glace / décrocheur de téléphone au grenier / tondeur de pelouse du grenier aussi / releveur de boite aux lettres via mongolfiere puis tramway / compagnon de bain (car après tout, c'était ma requête initiale) / souffroir à tout et j'en passe et des meilleures, et j'en oublie et des pires; l'enfouissement en désert, donc, est un des plus immenses honneur que jamais de votre mort vous ne pourriez recevoir, ainsi, si vous ne voulez pas être privé de désert (ah ah, je ris moi-même de mon humour sans fin, tant et tant que je réalise à l'instant qu'il me faudrait penser à changer de robe et de dessous -en latex synthétique rouge et noir qui à leur simple vue vous rendra fou de désir- dès que j'en aurai fini avec cette lettre, si toutefois cela est possible car j'ai l'impression confuse d'en avoir bien trop à dire, et que la taille de mes post-sciptum dépasse déjà celle de l'ensemble du reste de la lettre, ce qui, en soi, reconnaissez-le, est un immense exploit que peu de gens sauf moi pourrait réaliser, mais après tout c'est normal, je suis le/la meilleur(e)), pour ne pas en être privé, disais-je, de désert, et ne prenez pas ces airs hallucinés de celui qui a l'intention soudaine d'aller chercher dix boites d'aspirine ultraforte, car cette lettre est en vérité bien petite en comparaison des millions que j'ai déjà écrites à vos confrères heureux, heureux car enfoui dans le désert dont, je le rappelle, il est un honneur d'être présent ; bref, en un mot comme en deux, pour ne pas être privé de cette fierté, vous devrez, c'est un conseil plus exigeant qu'un ordre, remplir pour moi une mission de la plus haute importance, mais d'une difficulté assez faible, ce qui fait que même un incapable de votre espèce pourrait y arriver, une mission qui consiste à me ramener un petit cadeau d'un petit voyage que vous ferez pour moi, ce petit voyage n'étant qu'une formalité par rapport au reste de vos futures taches puisqu'il s'agit d'aller poser votre pied sur Mars et de me ramener un de ces mignons petit caillou rouge que je puis voir avec mon téléscope que ma tante Ursule m'a offert le jour de mes cent douze mois, et ma pauvre tante Ursule est décédée la semaine dernière, j'en avais de si bons souvenirs, mais vous ne pourrez pas comprendre ma souffrance tant que je ne vous l'aurez pas fait subir, toujours est-il que je souhaite offrir à tata un cadeau original, et quoi de plus beau qu'un petit caillou de la surface matienne, ainsi elle se souviendra de ce jour béni de mon enfance, où elle m'offrât ce téléscope à cristaux liquides d'une précision de un pour sept milliards indicé 7 gravé à mon mot sur le flanc droit, mais, malheureusement, je ne puis me rendre moi-même sur Mars, la faute à un emploi du temps trop chargé, cela me désole, donc vous irez à ma place juste avant de mourir, et si vous réussisez dans ce facile objectif, je vous promets que vous aurez cet honneur d'avoir les os blanchis par les vers du désert brûlant, celui qui se trouve à côté de l'immense plaque de glace sur laquelle vous promenerez à l'occasion ma belle-mère ; une seconde, excusez-moi, mon infirmier veut me donner des pillules, je reviens dans cinq minutes.
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Sam 18 Sep 2004 - 1:16

Le sujet du désert m'amène à aborder le sujet de la musique et vous en conviendrez, l'un ne va pas sans l'autre cela va de soi, combien de fois faudra-t-il que je le répète, c'est fou ce qu'on peut ne pas vous apprendre au cours des années d'études que vous faites mes pauvres gens, vous en sortez on a même l'impression que vous n'y êtes jamais entrés tellement vous êtes ignares et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je suis obligé de m'épuiser à vous préciser ce qui est d'une limpidité remarquablement limpide mais qui n'atteint pas le quart du dixième de votre cervelle atrophiée de petites larves que l'on nomme à tort "humains"; le désert sans musique n'est pas le désert, et comme mon désert est un désert tout ce qu'il y a de plus désert, vous comprendrez parfaitement qu'il n'est désert que parce que la musique y est constante, flottante, ondulante, vaporeuse, évaporée, ruisselante, torrentielle, écumante, foisonnante, latente, douloureusement persistante et merveilleusement éternelle à condition de durer, ce qui impliquera de votre part une attention toute particulière d'autant que vous avez sûrement deviné le sous-entendu et si tel n'était pas le cas vous allez rapidement en prendre conscience, dès lors que je vous aurai précisé qu'il s'agit d'une musique qui n'existe nulle part ailleurs et j'y tiens expressément, c'est une question de vie ou de mort et vous savez bien j'espère que le désert n'est fait que de vie ou de mort avec Rien entre les deux, mais pas ce petit rien quotidien, bas et sale, insignifiant, non, un vrai grand beau Rien, avec un R majuscule en lettre capiteuse police Low Streichs Flox Artmaw enluminée d'une savante arabesque aux bleus déconcertants de l'au-delà, précisément engendrée par la musique de nulle part laquelle ne doit être interrompue sous aucun prétexte sous peine d'anéantir le Rien de mon désert, ce qui veut dire et ce n'est pas pour vous la moindre des conséquences, votre propre justification de présence parmi les vivants et vous en conviendrez, il appartient à celui qui est chargé de l'entretien de mon désert, c'est à dire vous mon brave, mon très brave homme, d'entretenir également la création permanente de cette mélodie comparable à nulle autre, ce qui fait que si vous ne possédez pas les talents d'un virtuose, je ne vois pas vraiment pourquoi vous vous acharneriez à lire ma lettre jusqu'au bout et vous suggérerais d'organiser immédiatement votre suicide de la manière qui vous conviendrait le plus parce que personnellement je m'en moque comme de l'an 40 de la façon dont vous pourriez crever, d'autant que sans moi, vous n'avez pas la moindre importance, et si vous regardez bien autour de vous, vous pouvez même constater que sans moi, votre ombre n'existe même pas, c'est à dire que vous êtes déjà mort avant même que d'avoir vécu et je pense à ce sujet que c'est tout de même dommage de rater les étapes de sa propre vie, mais vous ferez bien comme vous voulez, personnellement je m'en tape, j'ai d'autres chats à fouetter, d'autres belles-mères à tuer, d'autres déserts sous la dent et des dents j'en ai contre la terre entière, une terre sous chaque dent, une dent sur chaque revanche et des revanches plein la têtes, grâce à la puissance illimitée dont m'a dotée ma pauvre défunte mère, décapitée par un fil à couper le beurre qui barrait la porte de sa chambre à coucher une nuit sans lune, ce qui me fait dire, à ce propos, qu'il faudra aussi que vous vous chargiez des mouvements lunaires, mais j'aborderai cette consigne lorsque vous serez parfaitement capable de tailler mon crayon à papier.
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Sam 18 Sep 2004 - 21:17

Le taille-crayon que vous utiliserez à cette fin sera l'un des plus beaux de ma collection, il est fait en machoire d'imbécile, plaqué marbre, et je ne m'en suis jusqu'ici servi que pour l'élaboration de grandes oeuvres dont toute l'humanité devrait admettre, si l'humanité était un tant soit peu honnête avec ses propres sentiments de beauté, qu'elles sont tout simplement, et en toute modestie, les meilleures jamais écrites de tous les temps et ce par la plus merveilleuse des autrices; mais malheureusement l'humanité n'a pas cette honnêteté dont je parlais, ainsi cette inhumaine humanité n'a jamais voulu reconnaître que seule la lecture de mes ouvrages, et notamment de mes lettres aux morts d'avenir, méritait d'être exercée, tandis que les autres prétendus auteurs, comme ce prétentieux Proust aux phrases si courtes, n'étaient que des imitations, certains par anticipation, de mon propre génie, d'ailleurs, parlant de ce fumiste de Proust, il ne m'en faut pour prouver son incompétence que d'évoquer mon chef d'oeuvre ultime, "Roman en une phrase", un magistral livre de mille huit cent trente et une pages, aux caractères écrit si petit qu'une loupe était nécessaire, sans illustration, sans point autre que le dernier, et attention, pas un pauvre livre de poche qui comble l'infamie à n'être lu qu'en une petite heure, non, le mien, mon roman, mon sublime roman, il n'est que dans le seul format digne de louanges, le grand format, celui où les pages sont lourdes, où la crampe vient à celui qui le lit à bout de bras, car c'est ainsi seulement qu'un livre se conçoit: il faut qu'il fasse mal aux coudes, sinon ce n'est pas un bon livre, cependant, si cette condition est nécéssaire, elle n'est pas suffisante, puisqu'il faut aussi que le livre requiert une loupe, or sachez que mon livre, non content d'être le meilleur de tous les temps, est aussi le seul à ma connaissance qui cumule le poids à l'usage de la loupe, le tout servant le récit, à savoir une histoire de haine magnifique et réaliste, que je vais vous résumer en quelques centaines de mots à peine puisque, je l'imagine (en effet tous les sportifs sont incultes et empirent ce fait par ne pas prendre le temps de cultiver autre chose que leurs pathétiques muscles), vous ne l'avez pas lu, et vous avez là bien tort, car ce conte moderne qu'est "Roman en une phrase" deviendra votre quotidien dès que vous serez l'un des meubles mouvants de ma demeure, là voici donc cette histoire, c'est celle d'un idiot, comme vous, qui fait la rencontre d'un génie de la haine et de la torture tant physique qu'intelectuelle, un génie dont on ne saura qu'à la fin s'il s'agit d'un homme ou d'une femme, pour apprendre qu'il est les deux, mais avant cela, l'idiot va être sublimé par les souffrances que lui infligera ce génie de la haine, des tortures raffinées, comme de lui faire manger ses propres orteils avec une sauce moutarde au vinaigre perlé, ou bien des tortures plus terre à terre, comme le labeur d'une terre glacée, culture à betteraves, nu sous un soleil de plomb et fouétté par un vent du nord, sec, au goût salé, enfin picoré par des nuées de moustiques assoiffés de sang, oui, je comprends votre émoi, cet idiot a de la chance de connaître cela, mais ce n'est que le début, le huis clos magnifique entre l'idiot et le génie en arrive à des sommets de fatalisme sur l'essence indigne de l'homme, cette espèce d'hypocrisie qui l'incite à prétendre exécrer la douleur alors même que lorsqu'il y ait confronté, il se tait et espère en connaître plus, toujours plus, pour en apprendre davantage, dit-il, sur ses limites illimitées, et cette fatalité est fort bien expliquée et traduite dans mon livre, comme nul ne l'a jamais ne serait-ce que bégayé, cela dit, il me faut reconnaître que cet aspect d'inédit est compréhensible puisque qui d'autres que moi, je vous le demande, pourrait mieux apréhender et retranscrire la jouissance visible d'un être qui souffre, moi qui ait exercé mon talent tortionnaire sur plusieurs centaines de cobayes, d'idiots comme vous, non, non, personne d'autre que moi ne peut arriver à la cheville de moi-même dans ce domaine, ainsi je suis donc la seule à pouvoir le décrire dans un livre, et c'est ce que j'ai fait, pourquoi, parce que j'ai une âme altruiste et je voulais expliquer, décrire, ce que ce peu de gens connaissent, ce que ce peu de gens, même, ne peuvent imaginer le dixième de l'existence sans se croire fou ou idéaliste, fou pour ceux qui se disent honnêtes, ceux qui en aucune occasion n'ont écrasé un être plus vil qu'eux, pas même une mouche, ou, idéaliste, pour ceux qui au contraire passent leur vie dans l'art de tuer, je parle là des psychopathes, tueurs en série, cannibales, dont on ne trouve aucun équivalent à moi-même, sachez-le, je suis à la fois meilleur que ceux qu'on dit les sages, et pire que ceux qu'on dit les fous, vous en aurez de nombreuses démonstrations au fil des hurlements que vous pousserez lorsque je vous ferai l'honneur de jouer avec les parties les plus intimes ou les moins intimes de votre organisme, tant intérieur qu'extérieur, puisqu'après tout j'aime autant jouer à la corde à sauter avec les viscères de mes non-semblables, que d'arracher les membres et les déguster rotis au four, bien salés et accompagnés de carottes farcies cuites à la vapeur, ou parfois des betteraves, oui, j'aime les betteraves car elles ont une couleur sanglante et cette couleur s'accompagne très bien avec un membre humain, je penses d'ailleurs que, pour vous en convaincre, je vous donnerai l'autorisation de goûter votre bras droit, la partie charnue, croyez-moi, est la plus gouteuse, mais j'y songe, peut-être n'en voudrez-vous pas, ce serait une idiotie, mais elle ne m'étonnerait pas de vous, aussi, ce ne sera pas, finalement, une autorisation, mais un ordre, puisqu'il est vrai que je n'ai rien à vous autoriser et vous n'aurez rien à me refuser, c'est ainsi que je conçois et que vous concevrez notre collaboration, collaboration que j'ai déjà hâte de voir débuter, dans la mesure où, ayant votre photo devant moi, j'ai une envie grandissante de vous couper ce nez si gros et de le faire mariner, ou frire, j'hésite encore, ah et puis vos oreilles, j'adore les oreilles, je ne sais encore comment je les cuisinerai mais pour les oreilles vous n'en profiterez pas, j'aime trop la saveur de l'oreille pour la partager avec quiconque, fut-ce celui à qui elles appartenaient, vous vous contenterez donc de votre bras (il y en a trop, de toutes façons, pour que je le mangeât seule) et peut-être aussi d'une part de votre estomac, mais cela ce ne sera que le jour de votre trépas, car j'ai remarqué que peu de gens survivaient à l'ablation de l'estomac, je ne sais trop pourquoi, alors même que les viscères peuvent être retirées sans que le sujet ne meure dans la foulée, l'estomac, lui, semble indispensable ; est-ce le cas pour le votre, je ne sais, mais une simple expérience me permettra de l'apprendre et d'améliorer mes statistiques, mais je rêve du jour où je découvrirai l'idiot assez moins idiot pour être capable de se priver de son estomac, je n'arrive pas à croire, malgré avoir compté tous les sujets décéder de son absence, je n'arrive pas à croire qu'un bête estomac soit si indispensable; mais enfin, pardonnez-moi, je parlais de mon chef d'oeuvre et, je ne sais trop comment, je me suis interompue, cependant comment résumer une oeuvre d'art, je crois cela impossible, donc je penses plutôt que je vous en dirai plus en vous torturant, ce sera plus amusant, ça vous fera une distraction et enfin ça vous permettra de mourir moins idiot que vous n'êtes né, souffrant, certes, mais sensiblement moins idiot, et vous m'en serez reconnaissant !
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Sam 18 Sep 2004 - 22:55

Vous me serez reconnaissant et vous l'êtes déjà, il suffit que je le pense pour que cela soit ainsi, aussi parfaitement ainsi et pas autrement, comment pourrait-il d'ailleurs en être autrement puisque je décide qu'il en soit ainsi, vous me serez reconnaissant et vous l'êtes déjà, dis-je et ne le répèterai pas une fois de plus, ce serait un outrage à ma personne que de me faire répéter systématiquement tout ce que j'affirme, de tout ce que vous allez apprendre dans cette faveur que je vous fais de vivre près de moi, près, si près que vous vous demandez déjà comment vous avez pu respirer jusque là et je vous l'accorde, maintenant que votre conscience vous révèle enfin un semblant de vérité existentielle, il ne s'agissait pas d'une respiration dite normale, mais d'un infime souffle souffreteux, un chaotique mouvement anarchique de vos poumons privés de la liberté qu'ils découvrent à peine par bribes à la lecture de ma lettre, mais dont ils vont retirer un épanouissement dont vous ne pouvez pas avoir idée, lorsque vous serez entièrement à mon service d'autant que vous ne manquerez pas, si vous êtes doté d'un soupçon d'intuition et d'observation, de remarquer mes nombreuses capacités en toute chose, en tout domaine, en toute circonstance et quel que soit le temps que nous prête l'ingratitude d'un ciel amnésique dont je ne doute pas de venir à bout un jour, puisque c'est déjà fait mais vous ne pouviez pas le savoir donc exceptionnellement je ne vous en tiens pas rigueur, vous verrez donc que non seulement j'excelle dans l'art de la torture, dans l'art culinaire, dans l'art plastique et minéral des objets qui demeureraient sans valeur, sans même l'âme de leur état d'être, si je ne leur donnais pas le sens de leur présence passive à mes côtés, dans l'art de vivre en tuant à petit feu mes inférieurs si nombreux que je me demande encore comment ils font pour supporter leur propre masse semblable à un fléau dont la terre ne pourra jamais se guérir malgré les efforts d'un improbable Dieu sans cesse vomissant les pouvoirs qu'il pensait détenir sans jamais comprendre qu'il n'en possède aucun puisque c'est moi qui me suis moi-même désignée en qualité de gardienne de la toute puissance universelle, mais vous pourrez également vous rendre compte par vous-même de mon incroyable manie d'aimer l'amour dans tous ses états, dans toutes ses défaites, ses aspirations, inspirations, expirations, expectorations, imbrications, suppositions, constatations, explications, sudations, ramifications, d'aimer l'amour et de le faire au point de perdre conscience même de ce que je suis entrain de faire et bien entendu je vous prendrai pour partenaire mais vous l'avez déjà compris, puisque vous commencez à surgir du néant peu à peu avec votre lenteur habituelle, exaspérante et avilissante pour ceux qui n'en sortent pas du tout ; donc il vous faudra, même dépecé, vidé, grillé, arraché, démembré et même mort, il vous faudra assouvir mes fantasmes les plus extravagants de préférence dans la mesure où les petits fantasmes ne sont que des merdes de moineaux atrophiés comparés aux vrais, aux grands, aux gigantesques fantasmes royaux, les miens évidemment, de qui voudriez vous que je vous parle donc, de ces fantasmes dont on ne se remet jamais et croyez moi vous ne vous en remettrez pas si j'en juge d'après la démission par mort subite de vos prédécesseurs qui ont eu le culot de soutenir dans un râle inaudible et dégoutant qu'ils ne pouvaient survivre à une telle explosion érotique, ils étaient bien des larves incolores et inodores à donner l'envie de se jeter par la fenêtre du sous-sol, je n'ai pas de chance tout de même d'être tombée sur des incapables pareils, mais bien entendu, vous assumerez en toute sérénité mes pensées les plus sublimement sombres, les plus intimement sales, les plus déconcertantes, dont vous vous apercevrez rapidement, très rapidement je dirais pour être plus précise, qu'elles reflètent ce que chacun d'entre moi porte en lui depuis la création et qu'il faut pour vivre authentiquement savoir les exploiter dans la plus grande des simplicités parce que l'amour ne supporte pas d'autre comportement que la simplicité dans laquelle je vais vous entraîner à chaque instant tant mon appétit demeure insatiable et obsédant, au point de vous demander constament de me satisfaire et à ce propos, je vous conseille de vous entraîner durant quelques millénaires avant de me rejoindre dans les secondes qui suivent afin de ne pas vous sentir dépossédé de tous vos moyens qu'il me faut dans leur intégralité et même au-delà, sous peine de me décevoir et vous en conviendrez, décevoir une femme, quand cette femme c'est moi, est proprement impensable et passible de la peine de vie à perpétuité ce qui n'arrangerait pas vos affaires, mon brave, malgré vos muscles et votre gros nez, malgré vos orteils démesurés et vos mains en forme de paquebots, je place ici un pluriel car j'ai remarqué sur la photo que vous aviez deux mains et vous en félicite, ce sera très probablement le seul compliment que vous entendrez de ma bouche et je vous conseille de vous en souvenir, car durant nos longs ébats vous n'entendrez de ma part aucun mot tendre, je n'aime pas les mots tendres, ils ressemblent à du mou pour les chats, ce mou tout rouge rosâtre dans lequel les doigts se perdent dès lors qu'ils l'effleurent et comme les miens fourragent plutôt qu'ils effleurent, vous imaginez l'état du mou pour les chats, eh bien c'est la même chose pour les mots, ils se doivent d'être forts, bien plantés, cambrés dans leur fierté de mots, tout mots d'amour qu'ils soient, érigés au point G des divagations dont je maîtrise parfaitement le cheminement pour les avoir arpentées tout au long de mon existence si mal comblée par vos petits copains qui sont mes morts depuis qu'ils reposent honteusement, bande de déserteurs, lâches, incapables, dans le désert là-bas derrière là où vous saurez les retrouver pour leur prédire l'enfer à jamais, ils vous aideront à ne pas oublier qu'il vous faudra une résistance aux épreuves que vous subirez sur ma couche, laquelle je l'exige ne saurait recueillir ne serait-ce qu'un débordement intempestif de votre témoignage amoureux, une once de l'odeur de votre peau, une griffure de vos ongles, le poids de votre corps, pas même un souffle de votre bouche, encore moins l'ombre de votre pensée, car je ne supporte pas de dormir ensuite dans des draps souillésde quelque manière que ce soit, cela m'insupporte et me donne l'impression que je ne suis plus seule à régner, mais je pense que votre instinct animal de brute sportive sans cervelle a déjà pris le parti de vous guider vers un effacement intégral de ce que vous pensez à tort être votre vous, je dis à tort car vous avez bien compris, n'est-ce pas, que vous n'êtes que rien, rien avec un petit r, un petit i, un petit e et un petit n, le tout bien plus petit que ne le trace mon crayon sur ce papier, puisque même un télescope ne parviendrait pas à deviner ce rien que vous êtes et je peux même vous affirmer pour vous remonter le moral que que sens faiblir, cela m'ennuie un peu, m'agace vraiment, que votre moral baisse, je vous confirme donc que vous n'êtes pas, tout simplement parce que le verbe être n'existe pas pour vous ; c'est un verbe à la noblesse destinée à ceux qui le méritent et je suis la seule à posséder ce verbe, par exemple je suis, mais vous mon pauvre, mon insignifiant, que pourriez vous prétendre, soyez lucide au moins une fois dans votre passage éphémère et chimérique au fond de vos baskets infâmes et risibles avec ce petit bout de marque quelconque que je devine sur le côté et que vous avez du payer la peau des fesses, mon dieu ce que vous êtes ridicule et là, vous en conviendrez, être prend un autre sens, c'est un verbe à double sens, l'un pour moi, l'autre pour s'accomoder d'un "ridicule", d'un "petit", d'un "insignifiant", d'un rien pour conclure, puisque c'est de cela qu'il s'agit, ah qu'il est bon que je vous dise cela, je me délecte dans cette vérité profonde que j'ai instaurée voilà bien des années, je devrais éviter l'émotion que suscite un tel souvenir, mais que voulez-vous, c'est plus fort que moi, non que dis-je, rien n'est plus fort que moi, vous me faites perdre le fil avec votre manie de me regarder sans bouger sur cette minable photo avec, je le soupçonne, l'arrière pensée de m'égarer, mais vous ne perdez rien pour attendre car je vous montrerai que rien ne saurait me perdre en ce monde que vous ne méritez pas et dans lequel je vous abandonne sans remord pour aller me recoiffer devant le miroir de la salle de bains.
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Sam 18 Sep 2004 - 23:33

Me mirant ainsi, je me rends compte que je ne me suis pas encore décrite physiquement, et c'est bien dommage car je suis d'une beauté ténébreuse et langoureuse ; mais cette description de LA beauté étalon sera pour une autre fois, car je n'ai plus d'encre dans mon stylo...

[arg; je dépose les armes! Drapeau blanc! Shocked on est malaaaades!!]
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Sam 18 Sep 2004 - 23:34

(tellement scié que j'en oublies de me connecter)

Je déclare vainqueur par KO au 15554784555555eme round et demi : j'ai nommééééééééééééééééééééééééééé Romane !
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Sam 18 Sep 2004 - 23:43

Ze Yom...

Non, attends, c'est moi qui rougis maintenant...
Tu es fou, tu as une écriture incroyablement pertinente. Je me suis régalée, vraiment et plus encore, dans ce duel magnifique. Je crois bien que je vais tout imprimer, c'est trop.

Faudrait qu'on écrive ensemble encore, c'est trop délicieux !

Je te déclare mon égal, mais comme tu es plus jeune que moi, je te déclarerai vainqueur lorsque tu parviendras à mon âge à moi, avec ton talent et ta fougue.

A vite!!!
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Sam 18 Sep 2004 - 23:44

Eh, t'aurais pu faire un effort, y'avait encore un tas de trucs à trouver pour rendre le récit plus complet Wink
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ZeYom



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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Dim 19 Sep 2004 - 0:27

je reprendrai peut-etre plus tard, quand j'aurai moins mal à la main Razz

sinon je crois que je vais aussi l'imprimer Cool

pour l'écriture ensemble, c'est quand tu veux, y'a encore l'histoire de marcel !!!
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Dim 19 Sep 2004 - 10:15

Citation :
[arg; je dépose les armes! Drapeau blanc! on est malaaaades!!]
oui ça c'est sûr Laughing
mais c'est tellement plaisant Very Happy

ps : ne laissez pas tomber le chat... on veut savoir nous ! Wink
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Romane
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Dim 19 Sep 2004 - 14:56

Guardian, petit curieux, tu voudrais bien savoir, hein????

Ben je vais te dire ; comme on est modestes, Ze Yom et moi, mais vraiment très très très très très très modestes...
... on se complimente en privé sur notre écriture respective... afin que personne ne puisse se moquer de notre modestie vraiment... vraiment... très très très très vraiment.
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Xian

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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Dim 8 Jan 2006 - 8:16

ça doit être comme ça qu'ils ont écrit la Bible ...
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Lun 9 Jan 2006 - 20:50

mdr mdr mdr Alors ils se sont éclatés !!

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Mar 10 Jan 2006 - 9:53

Vous serez changés en statues de sel !
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MessageSujet: Re: histoire absurde à suivre (*)   Mar 10 Jan 2006 - 18:25

Ah Sodome Gomorrhe et les trompettes de la renommée Jéricho ! LEA, t'as oublié la salière dans le soupe !
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