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 l'enfant et la pensée de la mort

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ideuc



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MessageSujet: l'enfant et la pensée de la mort   Dim 5 Sep 2004 - 10:29

mon petit fils de 4 ans me pose souvent des questions sur ma prochaine mort :" tu es vieux papy, est ce-que tu vas bientôt mourir mais bientôt?..

en souriant, je lui réponds que bien sûr qu'un jour je vais mourir mais que je ne suis pas pressé et que de toute façon il pourra toujours me voir ds le ciel car je serai l'étoile la plus scintillante et que je penserai toujours à lui.

s'agit-il de la bonne réponse? car à chaque fois je suis un peu décontenancé! je pense que le "petit" le ressent car il revient souvent "à la charge"
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êm
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MessageSujet: l'enfant et la pensée de la mort   Sam 11 Sep 2004 - 8:09

bonjour Ideuc. J'ai eu besoin de parler de ce sujet, car très souvent, j'ai posé cette question à mes parents lorsque j'étais petite. Ils me répondaient la même chose. Un ciel d'où ils me verraient, la plus grosse ou brillante étoile. leur protection de là-haut.. enfin, c'était à les entendre l'endroit le plus merveilleux. ça me rassurait bien sûr mais en même temps, çà me paraîssait tellement..divin! que je voulais y aller. Quoi de plus naturel? Quatre ans on écoute, six ans on scrute l'endroit magique, dix ans on imagine et quand survient la première déprime on repense à ces choses et on se dit " c'est à cet endroit que je ne souffrirai plus". Je passe sur la suite. Alors répondons bien sûr que nous allons mourir, mais soyons prudents. Ne rajoutons pas trop d'artifices. Plus tard, beaucoup plus tard, j'ai cru en Dieu. Je sais que là bas, il y a quelque chose, mais pour ce qui est, des réponses faites à mes petits enfants, je suis prudente et je leur demande à eux ce qu'ils pensent de ce que je serai. Suivant leur réponse, de toute façon, je dis la vérité. Ensuite selon leur conversatioon, on va au-delà, si je puis dire ainsi. Mais un enfant a toujours peur de perdre ses grands parents. Le mot mamy, papy, mémé, pépé, à eux seuls sont vieux à leurs yeux. Ils représentent la vieillesse donc la mort. A Bientôt. Em.
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ideuc



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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Dim 12 Sep 2004 - 18:16

Merci êm!!

j'apprécie beaucoup ta réponse et ta délicatesse!!!
si besoin, je demanderai au petit de "me" dessiner....
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isis



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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Mar 14 Sep 2004 - 3:19

Je suis assez étonnée que ce bout de chou parle de la mort à 4 ans .Je croyais qu'on ne pouvait la comprendre que vers les 8 ans . Il s'agit sans doute d'une première approche , sans véritable compréhension du caractère définitif de la mort .
Bref , on est toujours très mal à l'aise quand les premières questions arrivent , car sommes nous à l'aise nous-mêmes ?
Quand ma fille a commencé à m'en parler , ellle a beaucoup pleuré parce qu'elle venait de comprendre qu'on ne revenait pas d'entre les morts .
Nous avons alors parlé de ce que nous transmettent nos ancètres , du souvenir qui perdure et à travers lequel nous revivons , des légendes familiales qui prolongent le souvenir , et redonnent un peu la vie . Cela lui convient mieux que l'idée qu'ont ses copines d'un paradis où il y aurait une boom permanente...Mais il reste encore des angoisses , certains soirs .
De manière générale , je pense qu'il faut faire très attention à ne pas banaliser la mort , c'est un sujet grave , qui ne doit pas non plus se transformer en fascination, mais qui fait partie de la vie ...
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emilie



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MessageSujet: em   Mar 14 Sep 2004 - 10:46

Comprendre la mort? Un sujet sans fin... Comment un bout de chou, comprendrait-il que l'on meurt à tout âge? Si on parlait de généralité?
A chaque situation, son explication, ça dépend de la reception et de la sensibilité de l'enfant. Mais l'âge n'a rien à voir.
Dans ma petite enfance, il était courant d'assister ou de voir des petits enfants mourir. Deux exemples: j'avais six ans et la classe de CP était "invitée", pardon pour le mot, mais avec le recul il a pris ce sens pour moi, à aller à l'enterrement d'une petite fille de notre âge. Il fallait rester debout dans la cour de la ferme et attendre. Nous avons vu sortir ce petit cercueil blanc de la maison, qu'ils ont déposé sur le trottoir.
Je vous donne ma réaction à ces instants là. J'ai été éblouie par la couleur blanche, (cercueil, fleurs), je l'ai vue notre petite copine de classe en imagination, mais surtout je me suis demandée où elle allait.
La deuxième histoire : On rendait visite aux familles endeuillées, dans le temps, et une petite fille de sept mois était morte étouffée par ses glaires, j'ai accompagné Maman, je suis montée l'escalier et j'ai vu la petite dans son berceau. Pour moi, elle dormait. Rien de plus.
Pourtant je suis restée attachée à ces évenements pendant des nuits et des jours, les images n'ont jamais quittées mon esprit. La preuve!
Mais elles ont été si fortes, que pour faire le deuil, j'ai cru en Dieu pour qu'elles continuent à vivre. Je me disais qu'elles étaient bien quelque part ailleurs. Maintenant à chacun de croire ou non, là n'est pas mon propos. Je sais que pour moi, ainsi je peux continuer à voir ,depuis tous ceux qui sont partis. Pour moi ce sujet est clos. Merci Em
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Romane
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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Ven 24 Sep 2004 - 19:09

Voici mon expérience en ce domaine.

D'abord, il faut que je dise que 4 ans, ça ne m'étonne pas. Il peut y avoir eu tout un tas de choses qui nous échappent à nous adultes, qui sont passées dans l'oeil ou l'oreille ou le domaine du ressenti, je ne sais pas comment dire, de l'enfant.
Par exemple, j'ai très tôt pris conscience de la mort, compte tenu du contexte familial dont je parlais. On a su me répondre pour m'apaiser, avec les mots qui me convenaient le mieux.

On aborde toujours ce genre de sujet en le personnalisant avec l'être que l'on a en face de soi, son âge et les conditions.
Nous avions perdu notre chien et c'est un an plus tard, presque jour pour jour, que mon fils m'a questionné "c'est comment la mort?" et il avait de grosses larmes qui roulaient, parce qu'il m'a parlé de notre chien. Il avait 6 ans à l'époque.
Je n'avais pas réfléchi, c'est impossible de réfléchir avant. On ne sait pas quand la question tombera, ni de quelle manière. On improvise souvent.

Mon truc à moi, ça a été de lui expliquer que quand une voiture ou un aspirateur étaient cassés, ils prenaient la destination de la casse ou de la déchetterie parce qu'ils n'étaient que des objets.
J'ai pu ensuite aborder le problème de l'être, c'est à dire le corps et l'âme. J'ai expliqué que ce qui nous différencie des choses, c'est la capacité de rêver, de mémoriser, d'aimer, de créer, de détester, de réfléchir, etc... c'est à dire l'âme, l'âme avec ce qu'on a dans le coeur.
J'ai donc pu expliquer que le corps s'usait et qu'il finissait par ne plus pouvoir vivre, que nous le mettions en terre ou que nous le brûlions selon le choix de chacun, mais que pour autant demeurait l'âme invisible et éternelle, parce que nous ne sommes pas des choses et que nous avons cela en plus.
Je me souviens lui avoir dit "tu vois, il n'est plus là, notre chien. Mais ferme les yeux et tu vas le voir dans ta tête aussi fort que tu le sens dans ton coeur"
Il a fermé les yeux. Alors je l'ai amené doucement à caresser son chien comme s'il était couché sur le bord de son lit, et il a trouvé un apaisement dans cet acte là.
Après, j'ai pu continuer et lui expliquer que nous devons tous mourir mais que la flamme de l'âme et du coeur demeurent au-delà de l'invisible, puisqu'il avait pu caresser son chien sans qu'il soit matériellement là.
Il n'a plus jamais posé la question et plus tard (il a 19 ans maintenant), nous en avons reparlé sereinement, avec des mots plus adaptés à sa maturité, lorsque nous avons été à nouveau confrontés à la mort.

Il n'y a pas de méthode, pas de canevas, rien pour nous guider dans cette démarche, juste notre propre sensibilité et le respect de celle de l'enfant, l'attention que l'on porte à sa demande.
Là, j'ai trouvé le moyen de lui expliquer à la fois d'une manière "technique", je dirais "concrète" et c'est ce qu'il voulait. Comprendre comment on pouvait être là et puis tout d'un coup plus rien et puis après, quoi??
Je passe les détails, mais lors de mon explication, j'ai fourni de nombreux exemples, j'ai donné ma sérénité, ma certitude. Je ne pouvais pas encore lui expliquer que nous sommes parfois partagés sur le sujet, puisque certains croient qu'après il n'y a plus rien et d'autres pensent le contraire.

Je pense que la mort n'est pas assez présente dans notre vie. Déjà lorsqu'elle l'est, nous avons beaucoup de ma à l'accepter. Mais je pense par exemple à la différence des villes où souvent on n'a pas la possibilité de faire comme dans les campagnes, c'est à dire garder le corps deux jours à la maison, lui dire au-revoir paisiblement. Ce "naturel" qui nous fait défaut.
J'apprends cela depuis que j'ai quitté la banlieue. C'est réconfortant. La mort nous est donné au premier jour de notre vie. Nous n'arrivons pas à accepter, ou si difficilement !

Alors que dire d'un gosse qui part prématurément
D'un être avili par la maladie...

La leçon que j'en retire : il faut Aimer. A tout prix Aimer. Sinon, à quoi bon...
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fleurdepat



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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Sam 5 Mar 2005 - 18:21

Il ne faut jamais sous-estimer l'intelligence des enfants. De plus ils ont bien souvent bien plus de courage que les adultes face à la mort. Pour avoir été confrontée depuis la plus tendre enfance à la camarde je peux dire que ce qui efraie les enfants ce n'est pas la mort mais la peur qu'elle inspire aux adultes. affraid
Il sertait temps de prendre exemple sur les enfants et de les écouter nous dire comment ils interprètent la mort et ce qu'ils pensent d'elle en toute simplicité. L'enfant ne craint pas la mort! Soyez en sûr. Lorsqu'il demande quand vous mourrez c'est en fait une question du style ne te reverrais-je plus? dites-lui la simple vérité. A savoir " je ne sais pas ce qu'il y a après la mort mais je pense... ceci ou celà " Peu importe ce que vous lui dites si c'est la vérité , il le saura. Si l'enfant revient à la charge s'est qu'il sait que vous ne lui dites pas la vérité. Il y a droit. Elle seule le conduira vers un apaisement.
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André B.



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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Sam 5 Mar 2005 - 18:57

J'applaudis le message de fleurdepat. Une anecdote :

L'été dernier ma petite fille qui avait quatre ans m'a questionné sur la mort. Contexte : On jouait en famille sur une espèce de place où il y avait des grands arbres et par conséquent des grands troncs derrière lesquels on s'amusait à se cacher. Ma femme était cachée derrière un arbre et moi je restais à côté de la petite pour la surveiller et faire semblant de chercher avec elle. Ce jeu la captivait énormément depuis une bonne demie-heure lorsqu'elle s'est arrêtée de chercher et m'a dit qu'elle ne cherchait plus, que " Maman était morte "...

Comme je cogite parfois assez rapidement j'ai fait le rapprochement avec un décès qu'il y avait eu un ou deux mois plus tôt, sa grand-mère avait perdu une amie et avait raconté à sa petite-fille que l'amie était au ciel, qu'elle était une étoile. Bref, je me suis dit que ma fille allait préciser ses interrogations, ce qui ne manquât pas d'arriver puisqu'elle me demandât ce que c'était qu'être mort, plus précisément, on est où quand on est mort ?

Aïe, je ne me voyais vraiment pas racontant des histoires d'étoiles, je me disais qu'en gros raconter des histoires d'étoiles c'est un peu se dire " ce que je vais lui dire va lui paraître tellement épouvantable qu'il vaut mieux ne rien lui dire ".

Bon, je lui ai donc dit, ce n'est pas très fin mais j'étais pris par l'urgence, qu'être mort c'était comme un oiseau mort, que c'est fini, que l'oiseau mort ne pourra plus jamais voler et je faisais attention à ce que je lui disais en vérifiant bien l'effet de mes propos par des " Tu comprends, il ne peut plus voler puisqu'il est mort. " Au feeling je sentais bien que l'intonation de ma voix était très importante etc etc. Et pour en revenir aux histoires d'étoiles j'ai dit qu'en fait les morts ne devenaient pas des étoiles mais qu'il y avait beaucoup de gens qui croyaient réellement qu'on devenait des étoiles, qu'en fait personne n'en sait rien mais comme il ne faut jamais faire preuve d'incertitude avec les enfants je lui ai dit que " Papa pense que ces histoires d'étoiles c'est des bêtises et que quand on est mort on est mort. "

Et puis en fait malgré un certain ébranlement chez la petite j'ai bien vu que tout passait et que j'avais eu raison, que la confiance rêgnait etc et qu'en fait tout avait dépendu de mon comportement.
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Masques
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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Sam 5 Mar 2005 - 19:11

En ce qui me concerne, j'ai toujours essayé - et je poursuis avec mes deux plus jeunes enfants - de privilégier l'idée que l'esprit survivait au corps. Telle est ma conviction personnelle que j'appuie pour mes enfants de récits tout aussi personnels.

Inévitablement, cela débouche sur l'idée de "Dieu." Ma fille cadette m'a posé la fameuse question : "Mais Dieu, on l'a déjà vu ?" Je lui ai dit que certaines personnes l'affirmaient mais que j'avais des doutes quant à leur bonne foi.

Et nous allons attaquer bientôt l'histoire des religions. Pour qu'elle se fasse une petite idée des options présentées pour Dieu mais aussi, avant tout, pour la Mort.

Inutile de préciser que les légendes comme celle de l'Ankou ont toujours un grand succès chez nous. La bande dessinée "Pierre TOMBAL" aussi ... Wink
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ideuc



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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Sam 5 Mar 2005 - 22:59

en la matière, je ne pense pas qu'il puisse exister une solution "miracle" !
chaque individu s'exprime en fonction de sa culture, nature, de son vécu
chaque enfant reçoit et "digère" les mots en fonction de son imaginaire
le mieux est donc de s'adapter à cet enfant, vous ne pensez pas? Wink
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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Sam 5 Mar 2005 - 23:44

Masques de Venise a écrit:
La bande dessinée "Pierre TOMBAL" aussi
mdr
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Romane
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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Sam 5 Mar 2005 - 23:44

fleurdepat a écrit:
ce qui efraie les enfants ce n'est pas la mort mais la peur qu'elle inspire aux adultes.

Pas toujours.
Je me souviens parfaitement de mes peurs d'enfant.
Bien avant 5 ans, j'ai été confrontée à l'angoisse de la mort. Il y avait bien sûr la terreur de me retrouver seule, "abandonnée".
Mais il y avait aussi des images terrifiantes de la mort dans ma tête.
Je me souviens particulièrement d'un cauchemar (j'avais 6 ou 7 ans), dans lequel je voyais ma mère décapitée devant un tabouret... et je n'avais pas la télévision à l'époque, pour me sugger des images d'horreur...

Maintenant, oui, je suis d'accord avec Ideuc, il faut faire avec chaque enfant selon les circonstances et la personnalité de l'enfant, en restant le plus naturel possible.

André B. tu t'y es fort bien pris. Tu sais, les enfants nous cueillent toujours par surprise, au sujet de la mort ou de l'amour. Il faut donc composer sur l'instant sans se dérober, et je pense que ta petite fille a trouvé là une "vraie" réponse sincère. Comme nous ne savons rien sur "après", la meilleure attitude est de dire ce que l'on ressent.
Est-ce qu'elle t'a à nouveau questionné, depuis ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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André B.



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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Lun 7 Mar 2005 - 3:12

Merci Romane !!! Oui, deux - trois fois dans la dizaine de jours qui a suivi.

Je pense que lorsque nous sommes embarrassés il faut y aller au " feeling " en tenant compte de la situation particulière, de l'âge des enfants etc.

Je pars aussi du principe que lorsqu'un enfant pose une question qui nous dérange c'est que d'une certaine manière il est apte à entendre la réponse. A nous donc de trouver la manière de répondre. Dans mon exemple cité plus haut on voit bien que les enfants s'arrangent pour nous poser les questions qui les préoccupent dans des situations qui nous obligent à répondre immédiatement. Il paraît qu'à l'adolescence ils ne nous parlent de leurs préoccupations profondes que lorsque nous sommes occupés, cela d'ailleurs ne m'étonne pas !

Je pense aussi que la réponse apportée quelle qu'elle soit importe beaucoup moins que la manière dont nous l'apportons. Il faut, lorsqu'on le peut, répondre en fonction de ce que nous pensons mais en précisant qu'aussi incroyable que cela puisse lui paraître il y a des gens qui pensent différemment, il faut le préciser puisque c'est là une vérité sociale.

Mais surtout pas de gêne ou de refus de considérer la question, c'est ce genre d'attitude qui génère les tabous !
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Romane
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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Lun 7 Mar 2005 - 3:53

Tu résumes parfaitement les choses, André.
COncernant les ados, ça se passe effectivement ainsi. De préférence quand on est au téléphone, ou complètement pris par une tâche importante....
Mais quand on est vigilent, pas de problème, on comprend tout de suite...
Mon attitude est la même, quel que soit l'âge de mes enfants.

De même, une personne qui se sait perdue, malade ou âgée, a besoin qu'on lui parle vrai, qu'on l'écoute complètement, qu'on ne lui mente pas.
Je sais aussi assumer ce genre de situation. Curieusement c'est très dur parce qu'on sait que l'on parle à quelqu'un de conscient, mais c'est allégeant dans la mesure où les mots simples et vrais sont dit sans détours, mais dans la tendresse.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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fleurdepat



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MessageSujet: peurs   Lun 7 Mar 2005 - 17:27

Romane, toute peur est basée sur un vécu; peut-être y a-t-il eu dans ton enfance des choses que tu as vues ou entendues qui t'ont effrayées au point d'en cauchemarder? L'enfant interprète les chose au premier degré avec candeur et naïveté et parfois ce qu'il ne comprends pas peu déclencher en lui des cauchemards qui seront interprétés par son jeune cerveau à sa manière. Je sais quant à moi que certaines peurs ne s'en vont pas si facilement mais le jour où l'on comprends l'origine de ses peurs on peut commencer à en guérir.
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Romane
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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Lun 7 Mar 2005 - 17:46

Ta réponse est fort judicieuse, fleurdepat.
Il y avait effectivement traumatisme déjà en partie conscient à l'époque et bien sûr largement décortiqué depuis.
Mais justement, si la conscience éveillée emporte vers une certaine forme de liberté, elle ne permet au regard "intérieur" aucune concession...
Aujourd'hui, les cauchemards se vivent à l'état d'éveil... et ne sont plus les mêmes.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Krazycat
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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Lun 7 Mar 2005 - 19:15

Il y a des cultures où la mort est une fête.
Dans nos sociétés la mort est de plus en plus cachée. Les enfants n'ont pas cette expérience. Enfant, la mort était pour moi une distraction, car ma tante m'emmenait aux funérailles comme si elle allait au cinéma ; c'était une des rare distraction avec les mariages et les baptêmes.
Doit-on agir comme dans La Vie est Belle de Roberto Bellini ?
L'enfant a-t-il tout le temps de savoir combien la vie est cruelle ?

Mon avis c'est qu'il faut le préparer à être fort. Il ne faut pas trop lui cacher la vérité par des fables et des superstitions. Pour l'éducation religieuse, la croyance. Il m'est d'avis que l'on doit s'interdire d'endoctriner son enfant ! il doit pouvoir choisir découvrir par lui-même sa voie philosophique. L'aider à acquérir une conscience signifie qu'on doit le mettre sur différentes pistes, le guider, mais ne pas lui décréter des vérités qu'il aura du mal à remettre en question.

Je reste persuadé qu'une éducation religieuse est néfaste, catastrophique même. Il faut apprendre à l'enfant assez vite à philosopher à acquérir la potentialité de penser par lui-même.
Une bonne chose est de cultiver son imaginaire. De lui faire très tôt pratiquer l'art sous toutes les formes qui pourront l'intéresser. L'art est pour moi ( il va falloir y penser à ce "pour moi" ici!!!) la meilleure réponse faite à la violence du monde et à la mort ! La plus porteuse d'avenir. L'art canalise le désespoir. Le désespoir n'est-il pas une donnée humaine pourvoyeuse de création. Nous n'avons plus de rituels d'initiation, c'est grave ! Il faut que les parents sachent inventer ces rituels : voyage, aventure... L'enfant en a besoin pour prendre la mesure de ce monde. Expliquer la nature, ne pas fabuler à son propos, montrer combien elle est cruelle, mais que le fait que l'homme le sait, indique que l'humain est une transition vers autre chose ; qu'avec l'homme, l'amour devient une donnée de la conscience qui va s'opposer à la prédation ( ceux, d'un autre forum vont rire).
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Romane
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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Lun 7 Mar 2005 - 21:35

Krazycat a écrit:
Il m'est d'avis que l'on doit s'interdire d'endoctriner son enfant ! il doit pouvoir choisir découvrir par lui-même sa voie philosophique. L'aider à acquérir une conscience signifie qu'on doit le mettre sur différentes pistes, le guider, mais ne pas lui décréter des vérités qu'il aura du mal à remettre en question.

Quand un enfant (petit) pose une question, il a impérativement besoin d'une réponse précise pour assouvir sa curiosité et taire son angoisse.
Chacun répond selon sa propre conviction, sans que cela puisse être apparenté à un bourrage de crâne, me semble t-il...
Quand on croit très fort à quelque chose (foi, ou pas foi mais "il y a la vie après la vie", ou alors "rien") je vois mal comment bafouiller à son gosse des "euh...." ou lui répondre : "bon alors voilà, tu as X solutions. La première, etc... la deuxième, etc.... "
Si tu lis bien ce fil, tu verras que la plupart des parents concernés expliquent à l'enfant ce en quoi ils croient, et prennent la précaution d'ajouter que d'autres croient en d'autres choses, et que si on ne peut pas vraiment savoir parce qu'on est jamais passé de l'autre côté du miroir, eh bien on a sa propre conviction et qu'elle nous convient.

D'autant que en général, une fois que l'enfant a pris quelques années et devient un ado, le sujet est abordé d'une manière appropriée à son âge, et qu'il est plus facile de faire part des incertitudes.



Krazycat a écrit:
Je reste persuadé qu'une éducation religieuse est néfaste, catastrophique même.

Tout dépend des croyances de chacun et la façon dont est dispensée cette éducation.


Krazycat a écrit:
Il faut apprendre à l'enfant assez vite à philosopher à acquérir la potentialité de penser par lui-même.
Une bonne chose est de cultiver son imaginaire. De lui faire très tôt pratiquer l'art sous toutes les formes qui pourront l'intéresser. L'art est pour moi ( il va falloir y penser à ce "pour moi" ici!!!) la meilleure réponse faite à la violence du monde et à la mort ! La plus porteuse d'avenir. L'art canalise le désespoir. Le désespoir n'est-il pas une donnée humaine pourvoyeuse de création. Nous n'avons plus de rituels d'initiation, c'est grave ! Il faut que les parents sachent inventer ces rituels : voyage, aventure... L'enfant en a besoin pour prendre la mesure de ce monde. Expliquer la nature, ne pas fabuler à son propos, montrer combien elle est cruelle, mais que le fait que l'homme le sait, indique que l'humain est une transition vers autre chose ; qu'avec l'homme, l'amour devient une donnée de la conscience qui va s'opposer à la prédation ( ceux, d'un autre forum vont rire).

Complètement d'accord sur le développement de l'imaginaire, la pratique de l'art, et ne pas mentir aux enfants sur ce qu'est le monde.
Evidemment, qu'il a besoin de se forger lui-même, mais ce sera toujours par rapport à son entourage et maintenant que nous sommes à l'époque des images du monde, par rapport à ce qu'il reçoit des médias.

Je pense aussi que la mort n'est plus comme jadis dans les campagnes, un état naturel dans l'esprit humain. Jadis (c'est encore ainsi dans ma région), on accompagnait jusqu'au bout, on ouvrait les portes de la maison familiales, on accueillait durant trois jours les voisins, les amis, on parlait avec son défunt dans un état d'esprit naturel : naissance, vie, mort.
Mais de là à dire que l'on va au cimetière comme on va au cinéma.... comme le dit le début de ton message, il y a une grande marge...
Simplement se dire oui, que la mort viendra parce que la vie est là.
Mais le dire simplement, ne pas l'exhiber pour autant, ni la renier.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Masques
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MessageSujet: Re: l'enfant et la pensée de la mort   Mar 8 Mar 2005 - 11:36

KrazyKat a écrit :

"Il y a des cultures où la mort est une fête.
Dans nos sociétés la mort est de plus en plus cachée. Les enfants n'ont pas cette expérience. Enfant, la mort était pour moi une distraction, car ma tante m'emmenait aux funérailles comme si elle allait au cinéma ; c'était une des rare distraction avec les mariages et les baptêmes.
Doit-on agir comme dans La Vie est Belle de Roberto Bellini ?
L'enfant a-t-il tout le temps de savoir combien la vie est cruelle ?"


C'est exact. Je me rappelle que, en Bretagne où j'ai été élevée, on a eu longtemps une vision de la mort qui voulait qu'on amenât les enfants aux veillées funèbres. On leur expliquait la chose simplement - mais certainement avec des implications religieuses, mon cher Krazy Gaga - en leur disant que le disparu était monté au ciel. Je n'ai jamais entendu un seul adulte, fût-ce le plus hostile au défunt, exprimer sa conviction qu'il avait atterri en enfer.

Et je suis quant à moi persuadée que mener les enfants à la rencontre du mort est une excellente méthode pour lui faire comprendre que notre vie terrestre n'est que transitoire. (A condition que le mort soit "présentable", cela va de soi. Encore y aurait-il certaines choses à dire sur cette froideur glaciale qui caractérise les cadavres. Elle peut et doit choquer mais ne montre-t-elle pas également que, sans l'esprit qui l'animait, le corps n'est plus rien ?)

KrazyKat écrit encore :

"Mon avis c'est qu'il faut le préparer à être fort. Il ne faut pas trop lui cacher la vérité par des fables et des superstitions. Pour l'éducation religieuse, la croyance. Il m'est d'avis que l'on doit s'interdire d'endoctriner son enfant ! il doit pouvoir choisir découvrir par lui-même sa voie philosophique. L'aider à acquérir une conscience signifie qu'on doit le mettre sur différentes pistes, le guider, mais ne pas lui décréter des vérités qu'il aura du mal à remettre en question.

Je reste persuadé qu'une éducation religieuse est néfaste, catastrophique même. Il faut apprendre à l'enfant assez vite à philosopher à acquérir la potentialité de penser par lui-même."


Il faut s'entendre sur ce type d'éducation. Indépendamment de toutes croyances religieuses, il faut au moins apprendre à l'enfant qu'il ne doit pas faire à autrui ce qu'il ne voudrait pas qu'on lui fît, lui expliquer que le "Bien" et le "Mal" existe et qu'il leur arrive souvent de se mêler, leur terrain de prédilection étant l'homme lui-même.

Plus que telle ou telle religion, il faudrait expliquer à l'enfant - et ceci très tôt - l'histoire des religions. Chose curieuse, l'enfant admet bien plus facilement que l'adulte qu'un même principe (Dieu) puisse porter différents noms. Et, bien mieux que l'adulte, il s'étonne et s'indigne qu'on puisse faire la guerre au nom de Dieu.

Penser par soi-même, est une formule que je privilégie également. Mais c'est tout un art et ne pensez-vous pas, Krazy Kat, que certaines personnalités en sont et en demeureront incapables ? Ceci par peur ? Il faut beaucoup de courage par exemple pour se dire que Dieu n'est ni omnipotent, ni omniscient en notre monde - théorie que je défends personnellement.

Malheureusement, nous ne sommes pas tous égaux en matière d'intelligence - encore moins en instinct de rebellion. Car celui qui veut à tout prix penser par lui-même est un rebelle-né. Certains enfants partiront en flèche et continueront sans cesse à remettre en cause les fondements de la spiritualité - mais d'autres en seront incapables. Et pas toujours parce qu'ils auront reçu une éducation religieuse très stricte.

De plus, et notre époque le prouve amplement, il faut affirmer le principe de la libre-pensée face à l'invasion religieuse. La plus grande vigilence est à respecter là-dessus.

Et KrazyKat termine par ceci :

"Une bonne chose est de cultiver son imaginaire. De lui faire très tôt pratiquer l'art sous toutes les formes qui pourront l'intéresser. L'art est pour moi ( il va falloir y penser à ce "pour moi" ici!!!) la meilleure réponse faite à la violence du monde et à la mort ! La plus porteuse d'avenir. L'art canalise le désespoir. Le désespoir n'est-il pas une donnée humaine pourvoyeuse de création. Nous n'avons plus de rituels d'initiation, c'est grave ! Il faut que les parents sachent inventer ces rituels : voyage, aventure... L'enfant en a besoin pour prendre la mesure de ce monde. Expliquer la nature, ne pas fabuler à son propos, montrer combien elle est cruelle, mais que le fait que l'homme le sait, indique que l'humain est une transition vers autre chose ; qu'avec l'homme, l'amour devient une donnée de la conscience qui va s'opposer à la prédation ( ceux, d'un autre forum vont rire)."

Je vous rejoins totalement sur la nécessité de cultiver l'imaginaire de l'enfant - et ceci pratiquement très jeune. Je vous rejoins encore quand vous dites que le désespoir est souvent le meilleur moyen pour accéder à la création artistique - le meilleur mais le plus douloureux, hélas ! C'est lui ouvrir ainsi une porte que personne ne pourra plus jamais lui fermer. (Il faudra cependant prendre garde à ce qu'il ne se mette pas à "fuir" dans ce monde-là, et rien que cela.)

Mais c'est là une tâche bien difficile car, dès le départ, il faut que les parents disposent des moyens intellectuels et spirituels pour s'y atteler et aussi, qu'ils trouvent du répondant dans leurs rejetons. Cool
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