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 Poèmes à forme fixe (Théorie)

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Alf
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MessageSujet: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Sam 23 Juil 2005 - 9:43

À ceux qui souhaitent essayer de composer des « musiques » anciennes, médiévales, en respectant les règles de Clément, Joachim, François, Monfaucon, Voiture…
Sans prétention aucune, voici le modeste guide né de l’expérience d’un petit mais riche atelier d’écriture du fin fond de la Navarre…
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Sam 23 Juil 2005 - 9:48

Poèmes d'une strophe

Le sens doit finir avec elle et ne point appeler d’autres strophes.
Il sont la plupart du temps composés en alexandrins mais peuvent être bâtis sur la une autre métrique de votre choix.

Le distique : Deux vers rimant ensemble

Pour plate qu’elle fut, sa rime vint de moi
Et sa richesse fit de sa faim de « Vous », « Toi ».

Le tercet : Trois vers rimant ensemble

Plongeant sous les sourcils aux lueurs de lampyre,
Ma plume dans vos yeux, encriers de porphyre,
Puise sa sève bleue en poésie de lyre…

Le quatrain : Il se construit sur deux rimes croisées ou embrassées (ABAB ou ABBA)

Le parchemin gaufré de votre peau de myrrhe
Offre à ma plume émue un air de cantilène ;
Aux plis de votre cou, que sa césure admire,
S’abreuve mon vers nu, assoiffé de sa veine…

Le quintain ou quintil : Trois rimes masculines et deux féminines ou inversement, entremêlées (AABAB)

Ma plume, en rimes de diamant,
Un poétique enjambement,
En vous rêvant, apprend à dire,
Des anacoluthes d’aimant
Et de doux vers decachemire…

Le sixain : Il ne se construit que sur trois rimes. Deux vers à rimes plates suivis de quatre vers à rimes croisées ou embrassées. (AABCBC ou AABCCB)

Six vers pour vous : preuve par six…
Le faut-il ? Repetita bis !
Six fruits cueillis dans ma coudraie :
Pieds menus, rimes d’hirondelle,
En sixain pour votre prunelle,
Six fleurs du cœur de mon ivraie…

Le huitain : Il se construit sur trois rimes, dont l’une est répétée quatre fois. Ce sont deux strophes de quatre vers unies par le fait que le quatrième et le cinquième vers ont obligatoirement la même rime. (ABABBCBC)

Si je n’eusse point écrit
Tout cela pour vous que j’aime,
Enjambements en doux cris,
Acrostiches en diadème,
Embrassements en poème,
De mon lundi à mon dimanche,
Ma feuille fut restée et mon front en est blème,
Désespérément blanche !

Le dizain : Il se construit de deux strophes de cinq vers liées. Il a quatre rimes différentes. Le premier vers rime avec le troisième, le second avec le quatrième et le cinquième. Les rimes de la seconde partie sont placées dans l’ordre inverse (ABABBCCDCD).

Fleuve de vers, tercet, villanelle, odyssée,
Madrigal, virelai, sonnet, pantoum, ballade,
Rondel d’alexandrins, musique entrelacée,
Acrostiches en flux, césures en croisade,
Stances, strophes, couplets, triolets en cascade,
Sextines oubliées, ïambes, lais, chants royaux :
L’arbre de poésie me perd dans ses rameaux !
Mais pourquoi psalmodier en un discours-poème
Ce que je veux vous dire et qui tient en trois mots ?
Mon dizain médiéval vous chante : « Je vous aime ! »
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Sam 23 Juil 2005 - 9:57

Poèmes à strophes multiples…

Il sont bien sûr les plus nombreux et chacun possède ses règles de construction.


Le lai : Il s’appelait également « arbre fourchu » à cause de l’aspect typographique de ses vers. Il se compose de vers de sept, cinq trois ou deux syllabes et est construit sur deux rimes entremêlées à volonté, pourvu que l’une soit dominante et féminine. Essayons cinq et deux… Le schéma est fort simple, même si trouver de telles rimes ne l’est (lai !…) pas forcément… AAB AAB AAB...

J’écris pour ma Muse
Car elle ne m’use
Jamais !
Son poème fuse,
Ma plume diffuse
Son jet !
À ceux qu’elle amuse,
Émeut qu’on m’excuse,
Je plais !
Celui qui m’accuse,
Disant que j’abuse,
Est laid !


Le virelai : Il se construit comme un lai mais, au choix du poète, la rime « vire » et la dominante devient masculine... Simple n’est-ce pas ? AAB, AAB, AAB, BBA, BBA, BBA.

À Monsieur Voiture,
Je donne en pâture,
Mes vers.
Qu’il n’ait point de dure
Dent pour l’écriture
Qui perd
Ma plume et l’épure.
Mon encre est eau pure
De mer... (Je vire !!!)
Si Virgile en perd
Son latin d’hier
Et jure,
Si Marot, pas fier,
En a un triste air,
J’assure :
Ma plume de fer
N’écrit qu’un éther
Nature !
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Sam 23 Juil 2005 - 10:32

Merci Alfred !
Classification. Est-ce que s'astreindre à tel ou tel système est un pur jeu de virtuosité, ou bien certaines formes ont-elles un intérêt objectif, du point de vue rythmique, au service de texte ?
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Sam 23 Juil 2005 - 10:53

Salut Riz...
Voici ce que dit mon petit livret de versification au chapitre Poèmes à forme fixe: " Ils remontent pour certains aux premiers temps de notre littérature. La pluplrt sont aujourd'hui oubliés mais quelques ont ont eu un regain au XIX° siècle. Presque tous ne comportent pas grand chose de plus qu'une stricte observation des règles, parfois compliquées, de la facilité et, à l'occasion, de l'esprit. Ce sont surtout des poèmes de circonstance, et nos grands poètes se sont rarement astreints à enfermer leurs pensées dans ces cadres étroits. certains, pourtant n'excluent pas la poésie, particulièrement ceux dont la longueur n'est pas limitée."
Nous nous y sommes essayés dans notre ateleir d'écriture.
Romane m'a demandé dans le fil "Moyenâgeusement vôtre" que j'ai ouvert récemment, d'en expliquer les règles techniques de versification, au cas où cela intéresserait quelques uns d'entre nous. Tu penses bien que j'en ai écrit une foule !! Je puis donc faire "profiter" de ma petite expérience.
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Sam 23 Juil 2005 - 11:00

La villanelle : Elle se compose de tercets (trois vers) en nombre impair et d’un quatrain (quatre vers). Elle est construite sur deux rimes, une masculine et une féminine. La rime masculine revient au deuxième vers de chaque tercet et du quatrain final.
En outre, pour corser (ou « corseter » diront certains...) le tout, le premier et le troisième vers du premier tercet reviennent tour à tour à la fin de chaque autre tercet.
Le quatrain final se compose d’un vers féminin et d’un vers masculin, suivis du premier et du deuxième vers du premier tercet... Perdu ?...

1A
2B
3A

A
B
1A

A
B
3A

A
B
1A

A
B
3A
.... etc... jusqu’au quatrain final :

A
B
1A
3A



Villanelle d’hirondelle et autres oiseaux...

Chanson rustique, ô, villanelle,
Donne-moi tes oiseaux cachés
Au cœur des frondaisons si belles !

J’écrirai une ritournelle
Pour celle que je recherchais
Chanson rustique, ô, villanelle,

Tout près du nid de l’hirondelle
Et du pigeon sur le clocher,
Au cœur des frondaisons si belles !

Prête-moi ton bec de crécelle
Pour répéter sans la fâcher,
Chanson rustique, ô, villanelle,

Qu’un jour je volerai vers elle,
Sur un alexandrin perché,
Au cœur des frondaisons si belles !

Et j’aurai du pinson les ailes
Et du milan, sous le bréchet,
Chanson rustique, ô, villanelle,

Un cœur tendre. La tarentelle,
Pour lui chanter, j’irai chercher,
Au cœur des frondaisons si belles !

D’un cou de héron, pour icelle
Que j’aime tant, j’irai pêcher,
Chanson rustique, ô, villanelle,

Des vers luisants où s’entremêlent
Des mots d’amour. Sur les rochers,
Au cœur des frondaisons si belles,

Si tu me prêtes l’hirondelle,
Le rossignol, j’irai lâcher,
Chanson rustique, ô, villanelle,

Mes rimes en pluie, douce grêle,
Pour rafraîchir son cœur mâché,
Au cœur des frondaisons si belles !

Donne-nous des pigeons fidèles
L’amour vrai, pour l’aller nicher,
Chanson rustique, ô, villanelle,

Sur l’antenne du toit, sur le frêle
Rameau du genêt, le clocher,
Chanson rustique, ô, villanelle,
Au cœur des frondaisons si belles !
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Sam 23 Juil 2005 - 12:14

Le triolet : Exemples dès le XIII ème siècle en vogue à la Renaissance. Huit vers sur deux rimes et construit de telle sorte que le premier vers revient comme quatrième, et que le septième et le huitième sont la répétition du premier et du deuxième. La rime dominée n’apparaît qu’aux deuxième, sixième et huitième vers. Une pièce peut être constituée par n seul triolet ou bien par une suite de triolets. (1ABA1AAB1A2B)

Mes vers aux siens sont identiques.
Je les lui offre. Ils sont printemps.
Ils chantent les pavots magiques.
Mes vers aux siens sont identiques.
Et notre amour des mots uniques,
Confondu, bravera le temps.
Mes vers aux siens sont identiques.
Je les lui offre. Ils sont printemps.
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Sam 23 Juil 2005 - 12:47

Le rondel : tout comme le rondeau (voir plus loin), le rondel a eu sa période d’éclat entre le 14° et le 16° siècle. Abandonné par la suite, il a été repris par quelques poètes modernes. Il en est de 9, de 10, de 12, de 13 et de 15 vers. Celui de 13 vers est le plus fréquent. Deux quatrains et un quintil sur deux rimes, dont le « genre » est indifférent.
Le premier et le deuxième vers reviennent comme « refrain » après le sixième vers, et le premier vers constitue de nouveau, par un refrain final, le treizième vers. (1A2BBA AB1A2B ABBA1A)

Elle est ma muse Polymnie ;
Elle est ma Clio et encore,
Mon Érato, ma Terpsichore ;
Elle embellit mon insomnie.

Elle inspire ma nuit, ma mie
Et se fait Calliope au cœur « flore » ;
Elle est ma muse Polymnie ;
Elle est ma Clio et encore,

En mon rêve devient Thalie
Et Melpomène et moi, j’adore
Chanter Euterpe et l’hellébore
Dans les yeux au ciel d’Uranie.
Elle est ma muse Polymnie.
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Sam 23 Juil 2005 - 12:56

Le rondeau : Il se compose de 13 vers sur deux rimes, deux quintils entourant un tercet. Le tercet et le dernier quintil sont agrémentés d’un refrain qui, hors rimes, est constitué par la reprise des premiers mots (ou sonorités) du premier vers. (AABBA AABR AABBAR)

À cet endroit, pensent les fous,
Il s’y perdrait souvent des coups
De pieds... Et les malotrus disent
Des pinçons... Ce sont des bêtises !
Le dos en son bas est fort doux.

Qu’il se dandine avec courroux
Ou qu’il se tortille par goût,
Qu’il se trémousse par surprise,
C’est cet endroit

Qui, dans nos baignoires s’ébroue,
Qui, nos fauteuils et chaises loue
Pour que nous ayons notre assise !
Puis, disons-le avec franchise,
La caresse lui plaît beaucoup,
À cet endroit !
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Lun 25 Juil 2005 - 13:00

Le rondeau redoublé : Il est construit sur deux rimes croisées, en octosyllabes, et se termine par un refrain qui reprend les premiers mots (ou sonorités) du premier vers. Il se compose de six strophes de quatre vers. Chacun des vers du premier quatrain devient, à son raang, le quatrième vers des quatrains suivants. Le dernier quatraoin a ses vers nouveaux suivis du refrain.

1A2B3A4B BAB1A ABA2B BAB3A ABA4B ABABR

Que fais-je là ? Qu’ouïs-je ? Qu’entends-je ?
Le temps présent, est-il , pardi,
Aussi présent qu’on dit, mon ange ?
L’histoire a-t-elle un aujourd’hui ?

Tu prends ta plume et me l’écris,
Aussitôt, en passé se change !
Le futur était-il prédit ?
Que fais-je là ? Qu’ouïs-je ? Qu’entends-je ?

Serait-ce, ma mie, qu’il se venge,
En rappelant les faits enfuis,
De son hier qui le dérange ?
Le temps présent, est-il, pardi,

Annonciateur de l’aujourd’hui,
Qui est le demain que l’on range,
Une fois passé, dans l’oubli,
Aussi présent qu’on dit, mon ange ?

Tu me demandes pourquoi prends-je
Ce ton badin et réjoui
Pour te questionner, mon ange :
L’Histoire a-t-elle un aujourd’hui ?

N’aies point de crainte : pour étrange
Que soit le discours que voici,
Ce double rondeau est louange :
Et au Moyen-Âge un merci
Que je sois là !
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Lun 25 Juil 2005 - 13:02

La ballade : Elle comprend trois « couplets » et un « envoi » composés sur les mêmes rimes. Elle est construite en vers de huit ou dix pieds. Chaque couplet comporte autant de vers que le vers a de pieds (huit ou dix). J’ai « testé pour vous » l’octosyllabe…
L’envoi ou adresse au Roi, au Prince, à Dieu, à une Égérie, Muse, une Fée (c’est mon cas…) reproduit la forme de la seconde moitié d’un couplet.
La ballade est également une pièce à refrain puisque le dernier vers du premier couplet revient comme dernier vers des autres couplets et de l’envoi
On appelle chant royal une ballade composée de cinq couplets de onze vers (au lieu de trois) et l’envoi de cinq, six ou sept. Mais restons « en ma ballade ».

ABABCDC8D ABABCDC8D ABABCDC8D CDC8D


Ma plume alerte, emplie du sang
De mon encre, part en ballade,
Sur la feuille monte et descend,
En expédition d’Alcibiade :
Au sanctuaire de Nymphée,
Les vagues d’une Océanide
Vous diront en accords d’Orphée
Qu’elle est maintenant Hispéride,

Une nymphe des fleurs versant
Le doux parfum d’Hamadryade
Sur mon parchemin bleuissant
Au soleil d’une noire arcade…
Est-ce ma plume de Morphée
Qui, sur vos marbres d’Argolide,
En écrit de cette bouffée
Qu’elle est maintenant Hispéride ?

Si mon vers se fait caressant,
C’est à cause de l’Oréade
Qui le nourrit d’un doux accent
Montant de la blême esplanade
Des rives d’une blanche Alphée.
Ma ballade devient abside :
C’est par la Naïade assoiffée
Qu’elle est maintenant Hispéride.

Envoi

Ô Nymphes du Jardin, ô Fées,
À ma Mie qui mon cœur préside,
Chantez en chœur, ô coryphées
Qu’elle est maintenant Hispéride !
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Lun 25 Juil 2005 - 13:03

La terza-rima : D’une longueur illimitée, ce poème d’origine italienne puise son intérêt dans la disposition des rimes de ses alexandrins. Il est composé d’une suite de tercets (trois vers) Le premier vers rime avec le troisième, le deuxième avec le quatrième et le sixième, le cinquième avec le septième et le neuvième… ainsi de suite jusqu’au… cent dix millième… Plus un : le dernier vers qui demeure isolé (le pauvre !)
Toutes les rimes, en effet, sont répétées trois fois sauf la première et la dernière qui riment ensemble…
ABA BCB CDC DED EFE… XYX… A !


Ô pieds entrelacés, d’où vient votre chaleur ?
De la terza-rima au parfum d’Italie ?
Qui invente des sons aux accents cajoleurs ?

La lyrique Érato ? La comique Thalie ?
Pour qui sont ces tercets et leur rythme au levant ?
Pour le savoir, Amour, point de didascalie :

Écoutez Uranie : elle embellit le vent !
Dans l’éther, au dessus de votre tête accorte
Oyez ma Polymnie et son hymne en rêvant…

Pour qui est l’hémistiche et ses pieds en cohorte ?
L’histoire de Clio vous donnera sans doute
L’indice qui vous manque et que la note apporte,

Celle qu’Euterpe joue et que le cœur écoute.
Suivez la danse aux pas qu’esquisse Terpsichore
Au son qu’offre, pincé, sa lyre sur la voûte.

Suivez-moi dans les cieux : Melpomène ou encore
Calliope à l’éloquent lyrisme s’y surpasse !
Ma plume vous dira la fleur qu’elle picore.

Vous saurez, tout là-haut, enfin ce qui se passe !
À toutes vos beautés poétiques je dis :
« Muses, une Égérie avec vous a sa place :

Elle ! En terza-rima j’atteins un paradis.
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Lun 25 Juil 2005 - 13:05

Le pantoum : Il s’appelle aussi « chant malais » et est écrit en strophes de quatre alexandrins à rimes croisées (ABAB). Mais il est construit de telle sorte que le deuxième et le quatrième vers de chaque quatrain passent dans le suivant pour en former le premier et le troisième vers.
Le premier vers de la pièce doit revenir à la fin comme dernier vers.

1A2B3A4B 2B3C4B5C

L’onde de l’océan roule son flot immense,
Peuplé d’êtres vivants aux nageaoires d’argent…
Dans la mer de papier à la blancheur intense,
L’encre se fait azur houlant des mots, nageant.

Peuplé d’êtres vivants aux nageaoires d’argent,
Le fond mystérieux nous livre son trésor.
L’encre se fait azur houlant des mots, nageant
En bancs d’alexandrins, nés d’une plume d’or.

Le fond mystérieux nous livre son trésor :
L’épave d’un bateau, vestige des vieux âges.
En bancs d’alexandrins, nés d’une plume d’or,
Les sentiments écrits deviennent un coquillages.

L’épave d’un bateau, vestige des vieux âges
Résonne étrangement pour ne pas qu’on l’oublie ;
Les sentiments écrits deviennent coquillages
Accrochés à son mât : Un vers de poésie

Résonne étrangement pour ne pas qu’on l’oublie ;
Le passé des marins, dans le pesant silence
Un poète, en rimant, en mots bleus s’en écrie :
« L’onde de l’océan roule son flot immense ! »
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Lun 25 Juil 2005 - 13:06

L’ïambe : Poème sans limite particulière, l’ïambe alterne les alexandrins et les octosyllabes. Ses rimes sont en principe croisées et forment des stophes de quatre vers (ABAB CDCD EFEF…). La violence du contraste entre douze et huit pieds qui alternent continuellement demande d’un bout à l’autre même violence dans les idées exprimées…

Volez, pigeons !

Le gris pigeon, pensif, méditait sur la tour...
Il songeait au ciel bleu que ceux
Qui l’avaient reconquis lui promettaient : vautour,
Aigle brun, au bec pernicieux...

Les rapaces avaient leur vrai duvet paré
D’un ramage doux et factice.
Le pigeon insouciant, à l’envol préparé,
Assoiffé d’azur, la malice

Des nouveaux rois des cieux n’avait point aperçue...
Mais quand il fut trop tard, son bec,
D’un roucoulis amer dit : « Si je l’avai perçue ! »
Ils s’en est réveillé avec

Un goût d’inachevé dans le cœur ; car la règle
Qu’il s’était soudain imposée,
Était de côtoyer soit le vautour, soit l’aigle
Dans le ciel du futur ! Posée

Sur l’antenne du toit la pigeonne pensait :
Il faudra redoubler d’amour,
De celui qu’un cœur vrai pourra seul dispenser ;
Pour pouvoir s’envoler un jour,

Vers des cieux plus sereins où son pigeon et elle
Auront aux pigeons de demain
Montré le noir péril que cache certaine aile,
Qui promet un lointain chemin !

De l’antenne au clocher et des arbres aux tours,
Bannissant aigles et vautours,
Les oiseaux amoureux en quêtant leur été,
Retrouveront leur liberté !
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Lun 25 Juil 2005 - 13:06

Le sonnet : Originaire d’Italie, le sonnet n’est rentré dans notre poésie qu’au 16 ème siècle. Il est composé de quatorze alexandrins, divisés en deux strophes de quatre vers sur deux rimes et deux qstrophes de tois vers sur trois rimes.

ABBA ABBA CCD EED ou EDE

Ô, Muse, prends ma plume et verse-lui ton encre,
Que ma main, en ce flux, guérisse tous ses maux,
Pose un cautère doux sur ses calleux rameaux,
Que ton divin parfum rassérène leur chancre !

Il est un bleu séjour que le corail échancre,
Embarque pour l’ailleurs, loin des frimas hiémaux,
Mes vers voilés de noir. Ô, fais-en des ormeaux !
Leur nacre veut jaillir... Ma Muse, levons l’ancre !

Ô, Muse, entre mes doigts, dissimule un baiser,
Sa rime abreuvera, dès lors, sans biaiser,
Le vélin qu’a jauni l’absence d’hémistiche.

Ô, Muse, par ce don, que mon cœur soit pur-sang,
Fasse son amble fou virevolter mon sang
Vers les alexandrins d’une ode en acrostiche !
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Lun 25 Juil 2005 - 13:07

L’ode : Divisée en deux parties, l’ode est composée de deux sixains (six vers : deux fois deux alexandrins et un octosyllabe) suivis d’un dizain (dix octosyllabes à rimes alternées ou embrassées, une féminine et une masculine)
Une ode peut comporter plusieurs fois cette disposition.

Mon essai ci-dessous donne : AABCCB DDEFFE GHGHIIJKKJ ( !!)


D’un trait doré, Phébus, l’orient ensanglante ;
Sous la goutte de l’eau que tarit l’aube lente,
L’insecte embellit le gazon.
La lune qui fut reine en la voûte nocturne,
Abdique, en un clin d’œil blafard et taciturne,
Là-bas, au bout de l’horizon.

Dans la chambre aux murs nus, immaculés, sommeille,
Sur le cœur maternel, un être à peau vermeille,
Protégé des ans à venir.
Tout neuf et sans souci des lendemains, il happe,
De ses premiers matins, le souffle qui s’échappe :
Le sein sera son souvenir…

Au midi de l’itinéraire,
Le soleil du ciel est vainqueur.
À l’autan, près du cinéraire,
Les grillons répondent en chœur.
La lune entend-elle la fête,
Depuis l’ailleurs, de sa défaite ?
À son zénith, l’homme connaît
L’été du fécond attelage ;
Pourtant, la force de son âge,
Il la laisse à celui qui naît…

Dans le septentrion, le norois s’est levé,
Taisant du noir cri-cri, le chant inachevé.
À l’ouest, vient notre soleil ;
Il n’est plus qu’un faisceau que l’horizon avale ;
En costume de miel, la lune, sa rivale,
Sonne des ourses le réveil.

Les lustres du séjour, au fond de ses yeux, garde
L’homme devenu vieux. Puis « Anchise » regarde
Ses petits « Énée » et « Thétis »,
Comme fleurs de printemps délaissant son parterre…
Il est pris de langueur, lorsque pointe par terre,
Chrysanthème ou myosotis…

Si soleil d’or et lune blanche
Savent bien se faire oublier,
L’oublieux du jour que déclenche
Le « Phébus », est fol à lier !
Éternellement, se succèdent
L’aube et l’étoile, et nous obsèdent
La céleste voûte et sa nuit.
Ô, noirs grillons, ô, frêles hommes,
Goûtez les éveils de vos sommes :
Un jour ne viendra plus minuit…
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Lun 25 Juil 2005 - 13:09

Le jezel : Poème sans limite particulière, le jézel est composé en strophes successives de quatre vers. La métrique est libre mais les trois premiers vers de chaque strophe riment ensemble (rimes féminines ou masculines). La rime du quatrième vers est immuable tout le long du poème sous forme de refrain.

AAAR BBBR CCCR DDDR ...

Mon exemple est en décasyllabes (10 pieds)

Humaine semaine…

Il naît nu, un jour d’une pleine lune.
Au sein maternel, première fortune,
Premier oreiller, rien ne l’importune.
Il puise le sang de sa vie. Lundi…

Le jour du Dieu Mars, il apprend la guerre,
Les nombres premiers, des mots le mystère,
Le secret des mers, du quadrilatère
Et la pesanteur de ses ans. Mardi…

Mercure, à son jour, ses amours éveille.
Un chuchotement vient à son oreille.
C’est un battement qu’il prend pour merveille :
Celui de ses ans qui vont !… Mercredi…

Jupiter, un jour, le met à l’usine :
Il y trouvera une Mélusine.
Un enfant naîtra de cette saisine :
La postérité de son temps. Jeudi…

Le jour de Vénus, ses doigts s’engourdissent,
Eux qu’il croyait forts. Ses amours pâlissent
Au ciel quotidien. Les enfants grandissent
Et poussent ses ans ailleurs. Vendredi…

Au jour du sabbat, naît la souvenance.
Et le vieillard croit que tout recommence
En fêtant les joies de sa descendance,
Qui lit dans ses yeux ses ans. Samedi…

Dimanche est le jour de vie éternelle,
Lui ont dit les uns, et les autres celle
Des albums jaunis. Mais de la querelle
Il n’a cure quand son an est parti…
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Lun 25 Juil 2005 - 17:48

La tanka : Ellel vient d’Asie et sa règle est l’absence de règles quant à la nature des vers, des rimes et de la structure du poème. Mais elle prescrit la plus grande concision.
Toutefois, j’ai trouvé dans un autre précis de poésie une forme de tanka ainsi définie :
Trente et un pieds obligatoires ainsi disposés :

[b]A (5) A (7) B (5) A (7) B (7)[/b]

Et j’ai « tanké » les fleurs...

« Oui renaît toujours
De mon frais parfum l’Amour »,
M’a dit l’asphodèle.
J’ai cueilli au petit jour
Un bouquet tout blanc pour elle.

Touchez le pompon
Du kerria du Japon :
Le cœur rassuré,
Vous aurez, par ce tapon,
Votre bonheur assuré.

Il rougit le champ
Le pavot frêle et touchant :
Confusion ? Timidité ?
Le coquelicot son chant
Entonna : « Félicité » !

Un camélia, dame,
Sera fort seyant, Madame,
Là dans vos cheveux.
Il vous transmettra mon âme
Et ce que pour vous je « vœux »…

Prête-lui, bignone
Lorsqu’aura froid ma mignonne
Tes gants orangés.
Les doigts de ma compagnonne
En chaleur seront changés !
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Mer 27 Juil 2005 - 9:23

et puis enfin, le findu fin du compliqué...

La sextine :

Elle est aussi d’importation italienne. Elle s’écrit en alexandris, sur deux rimes, et se compose de six strophes de six vers ( !!) suivies d’une demi-strophe de trois ( !!!).
Le premier vers de chaque strophe rime avec le troisième et quatrième, le second avec le cinquième et le sixième. Il n’y a pas d’autres mots à la rime que les six de la première strophe, mais ils figurent dans un autre ordre aux strophes suivantes, à savoir d’abord le sixième puis le premier de la strophe précédente, le cinquième puis le deuxième, le quatrième puis le troisième.
Les six mots reparaissent dans la strophe finale, à raison de deux par vers, et dans le même ordre qu’à la première strophe, mais de telle sorte que les mots des rimes impaires entrent dans le premier hémistiche, et ceux des rimes paires à la rime.
ABAABB - BABBAA - ABAABB - BABBAA - ABAABB - BABBAA - ABA

AH ! CES ROMAINS JE VOUS JURE !!! Essayons tout de même… rien que pour leur montrer… qu’on peut être aussi fous qu’eux !!

mot 1 Francesca murmurait un flux de tarentelle.
mot 2 Carmen lui répondait d’un air de flamenco.
mot 3 J’en fut bouleversé et fis la villanelle
mot 4 Que voici pour mes sœurs latines. Oui, pour celles
mot 5 Dont les voix font un chœur aux cieux, comme un écho,
mot 6 Transporté par les doux soupirs d’un sirocco

mot 6 Ibérique se fait le chaud du sirocco.
mot 1 Mais une brise d’Est mêle sa tarentelle
mot 5 À son souffle latin et se fond à l’écho.
mot 2 Il fait de l’harmonie un curieux flamenco,
mot 4 Couplant les Appénins aux Castilles, à celles
mot 3 Pour qui, bouleversé, j’écris ma villanelle !

mot 3 Pâtes et paëlla sont en ma villanelle,
mot 6 Dégustée au patio sous le chaud sirocco
mot 4 La corde au son pincé est dans les bras d’icelles :
mot 1 Carmen la mandoline en une tarentelle,
mot 2 Francesca la guitare en flux de flamenco.
mot 5 Je suis bouleversé par ce charmant écho !

mot 5 La péninsule et la botte se font l’écho
mot 3 De mon latin perdu en cette villanelle :
mot 2 J’ai ouï dans la botte un air de flamenco
mot 6 Et dans la péninsule, au troublant sirocco,
mot 1 J’ai entendu chanter un flux de tarentelle.
mot 4 Je rend grâces ici à mes deux sœurs, à celles

mot 4 Dont César fut l’aïeul, et Charles Quint ! Oui, celles
mot 5 Qui mêlaient deux enfers en faisant un écho :
mot 1 Celui de Cervantès à une tarentelle,
mot 3 Où j’ai puisé les vers de cette villanelle,
mot 6 Enivré de soleil et de blanc sirocco,
mot 2 Celui de Dante, enfin, à un gai flamenco

mot 2 Que ne suis-je chanteur dell’arte flamenco
mot 4 Pour Francesca, Carmen, mes sœurs latines, celles
mot 6 Dont les voix transportaient un curieux sirocco
mot 5 De botte en péninsule et fabriquaient l’écho
mot 3 Que j’ai, bouleversé, mis dans ma villanelle,
mot 1 Murmurant séguédille, opus et tarentelle !

A... Sangria, tarentelle, asti et flamenco
B... S’en vont en villanelle, honorer les icelles
A... Dont j’entendis l’écho au cœur du sirocco !



OUF !! J'ai les cheveux qui me "tirent"... qui veut essayer les formes fixes ???
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Mer 27 Juil 2005 - 10:30

Je veux bien...
Mais ouvre un fil "atelier", et propose une forme fixe...
Pas trop difficile, hein !
Pasdrole
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Alf
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Mer 27 Juil 2005 - 10:39

C'est fait !
À la tienne !!
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Romane
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Mer 27 Juil 2005 - 14:34

Le fil atelier, je l'ai déplacé dans "Travail de Texte", pour cohérence de classement. Wink

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Dim 2 Sep 2007 - 12:27

Alf a écrit:
Le sonnet : Originaire d’Italie, le sonnet n’est rentré dans notre poésie qu’au 16 ème siècle. Il est composé de quatorze alexandrins, divisés en deux strophes de quatre vers sur deux rimes et deux qstrophes de tois vers sur trois rimes.

ABBA ABBA CCD EED ou EDE

Ô, Muse, prends ma plume et verse-lui ton encre,
Que ma main, en ce flux, guérisse tous ses maux,
Pose un cautère doux sur ses calleux rameaux,
Que ton divin parfum rassérène leur chancre !

Il est un bleu séjour que le corail échancre,
Embarque pour l’ailleurs, loin des frimas hiémaux,
Mes vers voilés de noir. Ô, fais-en des ormeaux !
Leur nacre veut jaillir... Ma Muse, levons l’ancre !

Ô, Muse, entre mes doigts, dissimule un baiser,
Sa rime abreuvera, dès lors, sans biaiser,
Le vélin qu’a jauni l’absence d’hémistiche.

Ô, Muse, par ce don, que mon cœur soit pur-sang,
Fasse son amble fou virevolter mon sang
Vers les alexandrins d’une ode en acrostiche !


Ne me dit pas que ce sonnet est parfait !!!
je constate beaucoup de e muets à l'intérieur des vers ???
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filo

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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Dim 2 Sep 2007 - 18:59

Orion, je pense que tu n'as pas dû tout comprendre de la versification classique pour remettre en cause ce sonnet avec un tel argument !
Ici les e muets relèvent d'une liaison, donc pas de problème.

J'en profite, Alf, pour préciser que les sonnets ne sont pas tous en alexandrins, l'octosyllabe, voire le déca passe très bien aussi.

Et te dire aussi bravo pour ce travail (décidément tu es très travailleur!). Je l'ai fait moi aussi ailleurs, mais pas en écrivant des poèmes moi-même chaque fois.
Enfin je suppose que ces poèmes sont de toi, puisqu'aucun auteur n'est cité.
Compliments.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie)   Dim 2 Sep 2007 - 19:47

filo a écrit:
Orion, je pense que tu n'as pas dû tout comprendre de la versification classique pour remettre en cause ce sonnet avec un tel argument !
Ici les e muets relèvent d'une liaison, donc pas de problème.

je ne remets pas en cause "la poésie classique" de notre ami, mais je constate que son sonnet est écrit en alexandrin et comme je suis en plein dedans, j'essaie d'apprendre en lisant le travail des plus expérimentés.

je pense que l'ami Alf a choisi la forme de poésie que l'on nomme "poésie néo-classique"

cependant, le sonnet classique écrit en alexandrin (en respectant l'ordre des vers et des e muets (élision)) est appelé "sonnet régulier", toutes les autres formes d'écritures de sonnets sont appelées "sonnet irrégulier" et comportent plusieurs types...

voici un sonnet irrégulier qui a immortalisé son auteur :

L'amour caché
Mon âme a son secret, ma vie a son mystère
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés et pourtant solitaire ;
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.

A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
" Quelle est donc cette femme ? " Et ne comprendra pas !

Félix ARVERS (1806-1850)
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