Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Le Haïku

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91099
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Le Haïku   Dim 28 Aoû 2005 - 21:56

Le Haïku

http://www.big.or.jp/~loupe/links/frinx.shtml

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/


Dernière édition par le Mer 21 Nov 2007 - 3:44, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91099
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le Haïku   Dim 28 Aoû 2005 - 21:59

Cécile a écrit:
Je me suis achetée une petite anthologie. Mais une anthologie pas comme les autres… il s’agit d’une anthologie -promenade ! Quoi, me diriez-vous ? Oui oui, je ne plaisante pas ! Il s’agit bien d’une promenade ! L’auteur Maurice Coyaud y a rassemblé les plus grands haïkus japonais. Le livre est découpé par chapitres comme suit : Humeur flâneuse, Moments, Humour, Bestioles, Printemps, Eté, Automne, Hiver, Bruits, Couleurs, Musique, Lumière, Episodes, Durées, Humour, Fêtes, Kappa, Observata, Portraits, Métaphores, Amour, Issa, Papillons, Bouquet d’Adieu. Ce sont autant de thèmes que l’on peut trouver dans les haïkus. L’auteur explique l’art du haïku, il nous emmène dans une balade formidable dans cet admirable pays que forme à lui seul le Haïku. Voici quelques fragments recueillis au cours du premier chapitre Humeur flâneuse, sachant que ses riches commentaires sont savamment illustrés de leurs petits compagnons les haïkus…

« Les haîkus (…) font sans cesse référence à l’univers du conte populaire. Qu’on me pardonne donc ces détours. Nous savons que le haïku a longtemps trouvé sa place naturelle dans ces « récits de voyage » où il figurait un peu comme une pause au tournant du chemin : instant immobilisé où le marcheur s’arrête, où le regard capte une impression fugitive, où la fatigue trouve un baume inattendu dans le repos des choses. »

Signalons au passage que l’auteur, même s’il a consacré des chapitres aux saisons, trouve cette règle classique bien contraignante, il lui préfère la flânerie : « mais n’oublions pas que la flânerie n’est pas n’importe quelle forme de paresse ou d’errance : elle est à la fois insouciance et attention, abandon et éveil. »

« Rien de plus que la saisie éphémère d’un instant : prêt à être oublié, à jamais inoubliable. Un sentiment diffus à la clé, comme la « tonalité » en musique »

« et comme l’a tout de suite compris Roland Barthes : … »le haïku s’enroule sur lui-même, le sillage du signe qui semble avoir été tracé, s’efface : rien n’a été acquis, la pierre du mot a été jetée pour rien : ni vagues ni coulée de sens. »

Voici même ce que aurait dit un grand haïkiste, Shiki : « Vers la fin de 1891, j’avais loué une maison à Komagome, où je vivais seul… passant mon temps à lire kaïkus et romans au lieu de mes livres scolaires. Deux jours avant l’examen, je débarrassai mon bureau, remplaçant haïku et romans par mes livres de classe. Devant cette table, naguère chaos, maintenant nette, j’éprouvais un sentiment de plaisir si violent… Que des haïkus se mirent à émerger en moi, faisant comme des bulles à la surface de ma conscience. J’ouvris un manuel ; impossible de lire une ligne : un haïkus s’était déjà formé en moi. Comme j’avais écarté la moindre feuille de papier vierge (pour me consacrer exclusivement à la préparation de mon examen), je notai ce haïku sur l’abat-jour. Mais déjà un autre se formait . Puis un autre. En peu de temps, l’abat-jour entier fut couvert de haïkus. » Etonnant, non !

Donc pour Maurice Coyaud, le haïku est « Désir de retenir ce qui fuit, de ne pas laisser échapper ce qui passe. Désir surtout de manifester son assentiment à tout ce qui survient : à ce qui tout bonnement est. »

Bashô a même remarqué, un haïku « c’est simplement ce qui arrive en tel lieu, à tel moment ».

« Loin de trahir un quelconque rétrécissement de l’angle optique, une quelconque myopie de l’esprit ou des sens, joue au contraire ici comme un mécanisme libérateur, comme une véritable clé des champs : qui ouvre l’accès à un domaine ou l’homme, personnage encombré et encombrant, n’est pas facilement admis d’ordinaire. »

« L’homme masque le monde. Alors que la plus modeste bestiole peut nous ouvrir un chemin ».

« J’aime cette poésie parce qu’elle a les pieds sur terre et qu’elle se moque de tout. Et pourtant le ton n’en est jamais sec. »

Parfois aussi les haïkites ironise avec le sacré, le religieux. « Cette ironie sacrée » qui « gêne souvent le lecteur occidental » mais qui est « pourtant commune à tout l’orient. »
Voici d’ailleurs un exemple de Shikô :

Sur les fleurs de lotus
Pisser,
O – shari.

Ici : le bouddhisme à travers sa fleur sacrée et les os (shari) du Bouddha.

« On sait que la tradition veut que chaque haïku renvoie à une saison déterminée. Celle-ci est rarement nommée, parfois à peine évoquée. »

« Les haïkistes ont longtemps été fidèles à cette référence saisonnière. Elle leur était une assurance : celle de ne pas tomber dans le piège de l’abstraction. La brièveté n’est jamais pour eux une façon de concentrer l’idée. elle n’est rien d’autre qu’un dire bref. »

« Les deux infinis d coup se rejoignent, microcosme et macrocosme n’ayant d’existence propre qu’en écho. D’où l’importance que prennent ici les bestioles de toutes sortes : puces, fourmis, criquets, lucioles, chenilles, escargots, grenouilles. Leur rôle est de remettre l’homme à sa place : bestiole lui aussi, en porte-à-faux entre deux mondes également hors d’atteinte – l’un et l’autre pourtant à portée de regard. »

« Tant pis pour le rythme 5-7-5. Avec Shiki et Hekigodô, je note que Bashô lui même transgressait souvent cette règle, et je ne m’y tiens pas pour la traduction. Le souci de faire 5-7-5 en français introduit des chevilles inutiles et donne des vers contournés, bizarre sans être beaux, du charabia parfois »

Pour illustrer ce propos Maurice Coyaud donne ces exemples :

De mes père et mère
Le souvenir m’envahit
Au cri du faisan
(5-7-5)

auquel il préfère :

De mes parents
Le souvenir m’envahit
Cri de faisan
(4-7-4)

les poux et les puces
et le cheval qui urine
près de mon chevet
(5-7-5)

auquel il préfère :

poux et puces
cheval pissant
a mon chevet
(3-4-4)

Et pour finir de ce blabla, je vous recopie, ci-après quelques haïkus contenus dans le premier chapitre. Si vous le voulais je pourrais faire ainsi de chaque chapitre…

Pour écouter les insecte
Pour écouter les humains nous ne mettons pas
Les mêmes oreilles
(Wafû)

Poussant leur charrette
L’homme et la femme
Se disent quelque chose
(Itto)

Les montagnes lointaines
Dans les prunelles
De le libellule
(Issa)

Tout le monde dort
Rien entre
La lune et moi
(Seifujo)

En plein jour j’ai vu
Une fourmi
Elle me hante cette nuit
(Seishi)

Le faucon lisse
Ses plumes
Première pluie d’hiver
(Kyorai)

Je m’en souviens
La vieille laissée pleure
Avec la lune pour compagne
(Bashô)

Après l’incendie les puces
De bondir et rebondir
Quel chahut !
(Issa)

Dans mon abri
Les souris copinent
Avec les lucioles
(Issa)

J’éteins la lampe à pétrole
J’allume la lanterne de papier
Cris lointains des grenouilles
(Shiki)

Comme si elle était mon âme
Elle s’épanouit, la fleur de magnolia
Je me sens mieux
(Kawabata Bôsha)

Sorties de la cage
Elles deviennent une à une, les lucioles
Des étoiles
(Seisensui)

J’oubliais ! Les références du livre ! ! ! J’espère vous avoir donné envie de le lire ! Il s’agit de : Fourmis sans ombre, Le livre du haïku, anthologie- promenade par Maurice Coyaud, aux éditions Phébus 1978.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
bertrand-mogendre
Bienveneur bucolique
avatar

Nombre de messages : 3001
Age : 62
Localisation : ici et là
Date d'inscription : 09/03/2006

MessageSujet: sarinagara   Dim 12 Mar 2006 - 23:40

à propos du haïku, et en parfaire notre approche occidentale, Philippe Forest nous aide, dans la première partie de son roman, à décrypter quelques unes des poésies (épurées) de Kobayashi Issa.

tsuyu no yo wa - tsuyu no yo nagara - sarinagara


Je ne parle pas japonais, mais les traductions ont souvent du mal à redonner la vie d'un mot d'une oeuvre (surtout ne regardez pas en version française, Balzac ou la petite tailleuse chinoise, lisez le livre !!)

Si un individu l'entend ainsi :

monde de rosée - c'est un monde de rosée - et pourtant pourtant



un autre traducteur peut interpreter de cette façon :

je savais ce monde - éphémère comme rosée - et pourtant pourtant


L'exercice s'avère difficile, car personne ne sait transcrire la musique des mots originaux.
Alors, mes amis, un peu de courage, lisons cette poésie, sans la comprendre vraiment, mais en l'imaginant surement !
Revenir en haut Aller en bas
http://www.flickr.com/photos/mogendre/
Barnabée
La Bielle de Cadix
avatar

Nombre de messages : 2131
Age : 51
Localisation : Au sommet de la Tour des Gamelles
Date d'inscription : 28/11/2005

MessageSujet: Re: Le Haïku   Lun 13 Mar 2006 - 0:04

Peux-tu préciser de quel roman de Philippe Forest il s'agit ?
Revenir en haut Aller en bas
http://pogroms.de.liens.futiles.com
bertrand-mogendre
Bienveneur bucolique
avatar

Nombre de messages : 3001
Age : 62
Localisation : ici et là
Date d'inscription : 09/03/2006

MessageSujet: foudroyé!   Lun 13 Mar 2006 - 23:03

pardon, barnabé, ton terrible regard m'a déstabilisé !
Il sagit de Sarinagara de Philippe Forest Chez Gallimard
(ouf..., je recommencerai plus...)
Revenir en haut Aller en bas
http://www.flickr.com/photos/mogendre/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le Haïku   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le Haïku
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Littérature :: Ecriture :: Dictionnaires et outils d'écriture-
Sauter vers: