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MessageSujet: C’est une erreur !   Virgule EmptyDim 27 Juin 2004 - 11:08

C'est une erreur !

Pour elle, tout était simple… Il suffisait de le désirer très fortement et puis d’attendre…Attendre, mais pas longtemps

Alors qu’ailleurs s'ouvrent des voies, des théâtres étranges…
D'images à contre temps…
Dans les pages trouées, des cahiers de l'enfance... D'un livre, ou bien d'un autre, les branches écartelées…
Le temps comme un écho, sous un rideau d'hiver
Aux voix inattendues, roulées dans l'écriture…
La vie en quelques sortes, posée comme une injure, à quelques chiens de là…....................


Elle me l’avait pourtant bien dit…


L’opération consiste à voyager dissimulé, sans notion des distances, sans gestes véhéments, presque sans mouvement…

Ce qui revient à dire se parcourir soi même, intact, à l’aventure de l'Être en voyage en dedans, Sans horloge, Sans encre, ni papier, mais loin… Très loin !

L’espace de nos accords intérieurs et du silence de nos mémoires, toutes immobiles, pelliculées sur l’invisible…

Puis tout recomposer… Se peindre des trésors, comme une œuvre de vie.

Surtout ne pas, parler, ne pas crier, Surtout ne pas céder à l’envie de dormir, à celle de nous jeter sans fin, dans l’infini d’un monde d’une infinie détresse.

Savoir se retenir, de nos démons instables, les ciments erronés, de nos tristes refuges…

Il faut voyager seul ! Et seuls les miroirs, seront notre contrat…

Sans oublie qu’un homme est aussi une femme…
Et qu’une femme ne le sait pas … Et vice versa !

Privilégier les mouvements sensibles de nos yeux fermés et de nos doigts, seulement par l’exploration fertile de notre pensée…

Et nous voilà entré dans le plus grand des territoires, celui d'un paysage fermé, dont l'apparent équilibre, cache en vérité, d’insignifiantes et surprenantes réalités.

D’infimes turbulences de notre propre « moi », et du verbe « vouloir » bientôt misent à l’épreuve par la seule force d’un esprit serein…

Et puis attendre le premier message…

Téléphonez moi m’avait–elle demandé…

Drinnng ! Drinnng ! Allo !
Oui !
Allo ! C’est vous ?
Non ! C’est une erreur !
Ah ! Excusez-moi !
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MessageSujet: On n'aime plus !   Virgule EmptyVen 9 Sep 2005 - 23:04

On n'aime plus !

Nous n'sommes plus de ce monde, nous ne le vivons plus, et c’est le monde qui nous vit… Nous sommes les spectateurs d’un monde qui survit et qui nous survivra, que par une envie de savoir…

Un besoin de connaître où nous allons, juste à nous regarder nous regarder... Juste à nous demander pourquoi, pourquoi, pourquoi…

Nous vivons dans un siècle où les histoires d’amour commencent d’un cellulaire ou bien de nos machines, branchées sur l’inconnu à chercher son étoile…

Où y’a même plus le ciel, où y’a même plus la mer, où y’a même plus de voiles…

L’amour n’est plus qu’un rêve, affalé sur la toile où poussent des folies...
On n'aime plus… On branche… On se connecte… On se télédécharge…
On se tape des codes… Son Password et son look, un scanner dans la tête, où figure Cassandre webcamée en Roxane…

« On n'aime plus, on chiffre ! »

Alors que moi je ne suis rien, je ne suis presque rien, même pas de chez vous…

Même pas dans vos livres…
Alors que moi je fais le mur, dans l’almanach de mes rêves, les portes grandes ouvertes à bâtir l’autre monde …

Un monde de lumières qui jamais ne s’arrête
Un monde, loin de nos mondes et qui jamais ne se rencontrent…Qui jamais ne se touchent

Un monde et sans les murs…
Un monde, comme on s’écrit ; pour rien et pour personne, avec une illusion qui ne m’appartient plus…

J’écris, avec dans la main droite une tenaille et dans l’autre une rose…
Puisque nous survivons d’une époque jetable, le cœur argilisé dans nos corps d’automates…

J’écris la fleur des compromis, dans l’inutile jardin cultivant nos octets, ces voix criant l’octave aux sons de nos machines.... Aux voiles sans nos actes, à ces vaines pensées, rythmant nos computers …

j’écris pour qu’on me cherche ; moi qui cherche une fille, un jour devenue femme, un chant du chant des autres, larmes contre ses rires…

Ses mots jamais écrits, doucement comme une arme, remplaçant mille peurs…

Je ne cherche rien d’autre, qu’une image sonore, pour maquiller nos murs…

Pour sommeiller longtemps dans le lit de ses phrases…

Puisque l'on n'aime plus
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptySam 10 Sep 2005 - 11:59

J'aime bien....

Un texte à dire à la "Férré"...Beau rythme !
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptySam 10 Sep 2005 - 15:15

Surprenant, tourmenté, torturé..., et.... coincidence ? je pensais à Léotard.....

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Texte offert à tous ceux qui manquent de commentaires   Virgule EmptyLun 12 Sep 2005 - 21:53

Merci merci...


Génial d’avoir enfin trouvé votre forum… Splendide ! Extraordinaire ! …
Voilà donc mon dernier forum, le seul parmi tant d’autres et que je ne connaissais pas… Il y a tant d’autres forums, ici et là… De ces forums infréquentables et d’où je n’ai jamais cessé depuis bien trois années, et de poster, de reposter, et de poster encore et encore mes… ; comment dire ? Mes beaux textes (?) Mes très beaux textes (?). J’ai tant posté, anticipant l’idée d’éloges et seulement d’éloges, cette idée qui, hélas, ne m’a laissée que seul, au mitant de ténors et tous avares d’un moindre commentaire… Ici au moins, personne ne me sait, personne ne me connaît et nul ne sait encore ce dont je suis Incapable d’écrire…

Merci ! Merci ! Merci encore ! Merci à vous tous, de votre gentillesse et de m’offrir sans contrainte l’opportunité de ma présence, soyez en sûr que je l’accepte, avec la plus haute gratitude…

Faisant maintenant partie de votre beau forum, je vais enfin et pour la première fois pouvoir « Non écrire » et « Non-poster »… Je pourrais mille fois savourer sans malaise, chacun de vos non-commentaires, cela pour tous mes nouveaux textes non écrits, tous ceux que je n’aurais jamais postés, tous ceux auxquels je pense, tous ceux que je n’écrirai pas…

Cette excellente raison pour un meilleur usage, à la fois du mensonge et de la cruauté… Ce don inaliénable, à l’autre poésie, bâti d’incertitude, de solitude et de silence, comme s'installerait la relation entre le vide et l’incompréhension… Celle à produire du désespoir noué dans les désirs cachés du rêve … Dans les textes celés, en dedans de la tête, au nez et à la barbe des pléiades et même d’artistes… Un doigt d’honneur en prime, aux méthodes anonymes… A mes phrases envolées, pelliculées dans la modernité des métaphores qui se voulaient lyriques… Un doigt d’honneur à tous les cons, avec pour seul ennui cette arme qui leur manque : « Mes Mots jamais écrits… »
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyLun 12 Sep 2005 - 22:04

Ou alors pour ceux à qui l'on demande: Pourquoi " La poésie"?

Parc'que "La poésie", ça me regarde !

La poésie ça me regarde, j’ai mes espaces d’intimité, à me dénouer de mes névroses, en faces cachées des libertés.

Je suis à moi tout seul, une maladie... Une maladie qui soigne...
Pour me guérir des différences, à me nourrir d’extravagances, de la tête à mes pieds, poétiquement parlants.

Un amoureux d’moi-même, figé dans le regard, de cet autre moi-même, où je me sens cet autre, cet autre-ci ou bien cet autre-là, qui passe, sans ne jamais bien regarder.

Celui qui comme moi, ne regarde que lui…
Que ce qu’il aime, que ce qu’il aime à détester…

Je suis le con des cons, qui marche dans la lignée du con suprême, narcissiquement parlant, le doigt pointé sur l’esthétique, poétiseur en ma faveur, comme un revers à mon propre défaut et d'une mise à l’index…

Je suis le rouge, je suis le blanc, le clown qui joue de la grimace et qui se soigne solo !

Dans mes rapports intimes avec les glaces des salles de bains…

Dans les vitrines, qui ne vitrinent plus rien, qu’un semblant de mon spectre.

Dans les miroirs des ascenseurs, conditionnés de mon unique présence. Histoire de me tirer la langue, sans y mettre les formes... Histoire de supporter, l’idée insupportable, de ne pas être encor, maître de ce putain d'monde...

De ne pouvoir m’identifier à l’image d’idéale, au moyen du langage et du rapport aux autres…

Je poétise au face à face, de miroir en miroir, pour prouver que j’existe, à m’envoyer en l’air, dans l’air d’un psychotique.

A mélanger le rire, l’amour et le dégoût, sous le trait des grimaces, à larmes déployées…

Pour m’isoler d'la vie, et d’une idée d’la mort, cette source permanente de frustrations latentes.

Avec un univers que je me dois de conquérir…
Je suis un Chat ! Un Chat, qui n’connaîtra jamais, la phase du miroir…
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyLun 12 Sep 2005 - 22:20

Et enfin ; Pour ceux confrontés à un speudo poète et soi-disant ténor de la plume et du bec, obstiné et coriace critique de vos textes...

T'es POETE ? Moi non plus!...


Je t'imagine tellement, avec ta plume au poil, te déhanchant la nuque
et parc'que tes lunettes, sont pas des varie-lux…

Avec l'écran total.... Eteint ! Pour qu'il t'allume !
D’un peu de certitude, sur la table des mots…

La vaseline pour le verbe, à rentrer dans ta tête, en surveillant l'gréfier,
miaulant l'amour en BOITE !.

Du Verbe, du Verbe et de la métaphore, à défaut d'un cachet.
Peaufinant l'adjectif, façon con christ-adore…

A faire bander les nouilles... et les fleurs d'artichaut,
branchés sur le secteur, en poète dit MODERNE !

A faire sortir les larmes, des syntaxes qu'on injecte,
au monde qu'à plus d'mouchoir...

Parc'qu'on ECONOMISE !
Sur la misère des mômes, bridés d'la tête aux yeux…

Parc'qu'on marche au KLEENE ! et qu'c'est pas prés d'finir.

Parc'que faut bien des cons, pour faire marcher l'COMMERCE. !

Je t'imagine VraiMENT !

Jouant à l'acrobate, sur des paroles en l'air
Ou y'a vraiment pas d'quoi, monter son chapiteau...

Quand les regards s'éloignent, à tous les temps qui passent…
Quitte à te retourner, la veste au portemanteaux...

A te r'garder l'nombril, des fois qu'il n's'rait plus là…
A te dorer la face, quand le ciel se fait bas…

D'te savoir dégainer, la larmes aux conjonctures
Quand seuls les mots s'enlacent, quand l'amour ça fout le camp..

Ta muse en bandoulière, quand elle te fait ceinture…
Quand ta brume se fait dense, fatale à tous le temps...

Poète ? ah ah ah ! Pas moins! Moi non plus !

J'avais deux mots à t'plaindre…Il y a si longtemps que tu me fais MARRER !

Ouais ! il y a des soirs comme ça…

Il y a même des jours, dans ton coeur supposé..
Ou j'aimerais te rire… Puisque l'âme se vend…

Combien tes maux ça-lassent... plus le cul ça fout l'camp

Je t'imagine encor !

Tremper du pain dans ton Whisky et du chagrin à porté d' PUB !
Du d' scoop en l’armes et en vrac!

Et la rime pour la soupe !

Avec l'ego en chiffres, crédité d'alphabet

Oui Toi ! Le pouet pouet !

Mais il va nous pondre un vers, Le poète !

Au pied d'l'a statistique, dans ses copiés-collés ?

T'es POETE ? Moi non plus!...
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyLun 12 Sep 2005 - 22:32

Bon sang de bonsoir, je me relis tout ça !!!
On dirait qu'tu vomis les mots, violence et coups partout.
Je sais pas pourquoi t'as mis ça en atelier, plutôt qu'en écriture prose.
Je relis.
T'es consistant.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyLun 12 Sep 2005 - 23:10

J'avais déjà pris en pleine poire (délicieuse) le non-dit d'un personnage muet d'un roman de Baricco.

Il non-disait tout, en somme. C'est la première chose frappante (me concernant) dans ton texte.


Réflexion générale perso : c'est difficile de faire un commentaire. Le lecteur reçoit une somme d'émotions négatives ou positives sans pouvoir maîtriser la force de ces impacts. Certains textes semblent insipides, d'autres interpellent pour un tas de raisons personnelles. Le regard vers l'extérieur vient forcément de l'en-dedans soi, ce que l'on est, ce que l'on pense être, ce que l'on découvre que l'on est.

L'auteur, lui, sort du fin fond de ses tripes, s'exhibe. Est-il prêt à entendre ce que le lecteur va lui dire ? On touche là deux personnalités, deux sensibilités, deux êtres peut-être fondamentalement opposés !

J'aime pas dire pourquoi j'aime. Ça relève de la torture, que de vouloir analyser l'intensité de l'amour, l'amitié, la beauté, la fureur, la misérabilité, ce qui touche à mains nues ce qu'on cache par pudeur ou par bêtise, ou par que sais-je....

Il est plus facile de dire pourquoi on aime pas. Enfin, ça n'engage que moi...
Par contre, celui qui a donné ses mots dans sa sincérité à lui, est-il capable d'entendre une critique ? C'est aussi se laisser toucher, peut-être renier ? Dévaloriser ? non-aimer ?

pffffffffff j'arrive pas à sortir de ma sieste, je ne sais pas si je suis claire ou pas...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyLun 12 Sep 2005 - 23:28

"Par contre, celui qui a donné ses mots dans sa sincérité à lui, est-il capable d'entendre une critique ?"

Oui si le critique aime prendre de gros risques ! Cauchemard
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyLun 12 Sep 2005 - 23:46

L'auteur aussi prend de gros risques ! Il s'expose...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyLun 12 Sep 2005 - 23:59

Ferré prenait beaucoup de risques aussi et je ne conçois pas vivre autrement... Le seul risque à ne pas prendre est celui de se regarder un matin dans la glace et de ne plus se reconnaître
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 0:03

Ferré avait les reins solides. Il se savait aimé pour tout ce qu'il dégageait, il se savait talentueux. Quand bien même on reste modeste, on sait tout cela.

Ceux qui s'essayent aux mots n'ont pas toujours le même talent... et se blessent bien plus facilement des critiques. Parfois, jusqu'à totale destruction et enfouissement de ce qu'ils n'oseront plus jamais dire. Sans chercher à peaufiner, ou à trouver un autre moyen d'expression.

Ferré était un Maître.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 0:48

Pour ceux à qui l'on demande c'est quoi pour toi "Ta muse" ?

Ma muse

J’avance les yeux fermés, dans cette nuit de chien…

J’avance en attendant l’amour... Ma Muse...
Ma muse, qui me dévale… accroché… au destin…
Pas celui là…L’autre !

Celui qui marche seul…
Celui qu’on ne rencontre pas..

Lui…
Mon destin et Ma Muse
Aux olympiades de mon nombril
Avec mes mises à l’heure… dans la broussaille bi-journalière d’une extraction de verbes, à lui prêter des mots.

Lui…
Mon destin et Ma Muse d’une autre destinée
Dans la sensualité, des gestes imaginaires
L’autre partie de moi, dans les matins d’un autre.
De l’autre coté des mots

Elle et cet autre…
Elle et ma triste vie
Dans l’invisible monde
Avec la sénescence de ma chienne de peau.

Elle… Ma Muse
Elle… Des toujours…Ma Muse démuselée, dans les passages étroits de mes lignes de mire…

A ses seins libérés..
Son ventre disponible
Dans l’ombre cavalière des draps d’un autre lit…

A sa bouche rassasier…de fleurs, à fleur de peau… Au centre des écumes…

A ses lèvres abusées, à la syntaxe que j’injecte, dans ses rêves à distance …

Quand se pointe mon verbe
Quand se pointent ses gorges, au piano de mes doigts…

Ma Muse comme la mer, haute dans ses trafics… Dans sa petite mort
Ma Muse comme au jusant…
Qui me va
Qui me vient
Dans mes mains… Dans le vide…
Et qui meure d’encor…

Ma Muse quand tout fout l’camp
Dans un gris cathédral
Aux semblants, sans nos gestes

Dans nos mises à l’épreuve des hallucinogènes… Ces voyages en dedans !
Ma Muse, moi et mon chien et le temps qui m’affale

Avec sa voix dissimulée, derrière mes mains aveugles
Dans nos petits papiers pliés sur l’écriture

Avec les mots que l’on avale, ruisselant nos murmures
Nos langues diluées des éclats de silence
Nos pouls synchronisés... aux rythmes des horloges

Moi et Ma Muse…
Dans la géométrie des gouffres horizontaux, nos yeux ouverts à l’aventure, d’une insatisfaction.
A peindre l’immobile…
Un rêve
Un sentiment
L’amour invulnérable

Quant tout semble d’encore
Presque de vérité…

Dans nos espaces intimes, humés d’imaginaire, où l’inconscience oblique, du coté d’un Ailleurs
L’autre coté de nous, l’autre coté des heures, à supporter le temps, d’infiniment sans elle, aveugle et sans sa voix

Des lignes Aux écritures… A peine imaginaires, qui nous parlent de nous…

Comme un rêve rêvé…
D’Amour…
A pas de loup..
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 0:57

Ouf !

C'est pas le genre de texte à lire sans souffler.
Y revenir et prendre le temps.
Très dense. A suffoquer.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 1:29

Ma Clio s'en était allée comme un coup de serpe
sur les traces de Melpomène...
Voilà que ton Erato ramène
vers mes songes mon Euterpe...
Ma Calliope s'était perdue dans les nuages d'Uranie...
Mais ta Polimnie remémore
aux abysses ma Terpsichore
et de tes pulsions renaît ma Thalie...
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 5:43

J'aime.

Suis-je sommé de dire pourquoi ?
Idées fortes, accouplements sauvages de mots puissants.

Dois-je décortiquer la magie ?
Je n'en ai ni l'envie, ni la capacité.

Encore...
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MessageSujet: Métamorphose   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 19:46

Métamorphose


Une transformation saisissante avait bouleversé le tempérament d’un de nos amis. C’était un personnage à la fois enjoué et presque ignare, amateur comme nous tous, de plaisanteries plus ou moins bouffonnes. Jyghau s'était, du jour au lendemain, transformé en un personnage attristé, à la fois silencieux et susceptible. Ses instants d'absence étaient devenus courants et son esprit semblait alors vagabonder dans un imaginaire plus ou moins glauque. Un jour, il prétendit même, avoir déjà vécu la vie d’un autre, et tout cela, sans nous donner aucune explication. Puis, il resta silencieux durant plus de trois semaines. pendant toute cette période, il resta totalement muet, nonobstant toutes mes autres tentatives de discussion Impossible, de déceler le motif véritable de ce comportement, tant il était devenu étrange, au point de ne plus répondre à nos nombreux coups de téléphone. Il m’était dès lors devenu vain, de comprendre ce changement incompréhensible de comportement. Nous nous étions tous résignés à conclure, qu’un matin notre fidèle ami commun, s’était réveillé fou.

Je me souviens de cette après-midi de la mi-octobre, comme si cela c’était passé hier. Alors que je travaillais, sur la copie d’une peinture de Luciano Rampaso, je vis soudain au travers de la fenêtre de mon atelier, la seule d’ailleurs à peine visible de la rue Charonne ; mon fidèle ami Jyghau, gesticulant en me faisant des signes. Je compris tout de suite qu’il désirait être invité à entrer, sans doute, pouvoir enfin comme dans le passé, discuter en tête-à-tête.

Jyghau, n'était plus entré dans l'atelier depuis son étrange mutation de personnalité. Il resta immobile, en haut des quatre marches, les yeux hagards, dans une éternité profonde. Il demeurait, sans bouger, planté là, dans des fringues empruntées à un as de pique, les bottillons crasseux, me fixant du regard. Puis, il huma l’air, comme pour se délecter, des odeurs d’acétones mélangées aux peintures.

Outre quelques tableaux, rien d’autre dans l’atelier, depuis sa dernière visite, de ce début d’automne, n’avait été remplacé ou seulement déplacé. Il me semblait cependant que tout objet présent, lui apparaissait comme nouveau.

Un instant, il me prit d’imaginer, que ce lieu ne pouvait être que le seul où, mon ami revenu pourrait enfin se confier et ainsi, me faire connaître, tous les secrets de sa tourmente. Parce que c’était l'endroit hors de chez lui qu’il connaissait le mieux, parce qu’il m’avait semblé que l’atelier, était pour lui l’un des lieux où il aimait se rendre, l’un des seuls en tout cas, à pouvoir lui donner encore, comme pour chacune de ses autres visites, cette même sensation de bien-être. Ce sentiment me vint, lorsque je me souvins d’une de ses confidences. Celle du jour ou il s’était hasardé, de révéler, que non seulement la lumière naturelle, mais aussi les odeurs, le rassuraient. Il jubilait, devant la singularité de chaque peinture et prétendait que chacune d’entre elles, semblait ressusciter l’espace d’un autre monde.

Je dus tendre la main, en l’appelant par son nom, l’invitant à descendre pour qu’enfin il réagisse. Le café encore chaud, fumait d’ombres et d'arôme sur le vieux poêle à bois…

à suivre


Dernière édition par le Mar 13 Sep 2005 - 19:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 19:47

Alors, que j'étais en train de l'observer, cherchant encore, la raison de ce nouveau comportement, Jyghau s’approcha…Il m’apparut de plus en plus étrange, mystérieusement son visage s’était flétri, et son corps tout entier, me sembla comme tassé, épuisé. Le plus étrange encore, me parut son regard… Ses yeux, ne lui appartenait plus. Ils étaient devenus, l’expression du regard d’un autre. Puis, je lui demandai -« Alors Jyghau ! Comment vas-tu, depuis tout ce temps, tu nous avais donc oubliés ? »

Tandis qu’il restait sans réponse, je l’invitai à s’asseoir, sur l’une des deux chaises, à la seule table de l’atelier face à l’entrée... Je lui proposai une tasse de café et m’assis, moi-même à l’opposé, tout en continuant de l’observer, quand soudain ; Il prit sa tasse et tandis qu’il la portait à ses lèvres, son corps tout entier se mit à frissonner, comme s’il grelottait.

- Que t’arrive t-il Jyghau ? Tu as tellement changé !

Puis les soubresauts s’accentuèrent, je ne savais plus quoi faire. Je dus renouveler ma question, pour qu’enfin ses tremblements s’arrêtent.- " Dis-moi, ce qui t’arrive "

C’est alors, qu’il marmonna des mots inaudibles, la tête baissée, tenant la tasse encore brûlante entre ses mains, en se redressant soudain, comme s’il venait de prendre une décision importante. Sans cesser de me fixer de ce nouveau regard, que je ne connaissais pas, il commença à me parler d’une voix chevrotante.

- Ce que je vais te raconter, il te sera impossible d’en croire un traître mot, mais il faut absolument que je t’en parle et peu m’importe d’être pris pour un fou.. Ça me délivrera, d'une énigme, que je ne puis ni résoudre, ni supporter seul.

Pendant, que je restais silencieux, sans cesser un instant de l’observer, il poursuivit.
:

- Il y a moins de quatre semaines maintenant, je me suis rendu à l’hôpital saint Claude, suite à un mal de tête incompréhensible… Une douleur atroce et soudaine, survenue dans la nuit et qui m’avait réveillé en sursaut ; J’étais entré par erreur dans une pièce vide de monde et interdite au public. Sur l’un des murs de cette pièce vide, était suspendu un large tableau, saturés de photos d’identités. Rien ne paraissait inquiétant jusqu’au moment ou revenant sur mes pas, je suis tombé nez à nez avec moi-même. Il y avait tout en haut de ce tableau, ma propre image épinglée, au-dessus de toutes les autres.

Tentant de l’interrompre en suggérant qu’il ne puisse s’agir, que d’un sosie, il continua :

- C’est ce que j’ai tout de suite pensé tout comme toi, bien évidemment…Mais c’est en lisant la fiche accolée à cette image, que je fus pris d’une sensation effrayante. Il y avait inscrit juste au-dessous, en noir sur blanc, mon nom, mon prénom et ma date de naissance, ainsi que des détails de mon anatomie. Il y avait ma taille, mon poids, la couleur de mes cheveux et le plus terrifiant, la date de ma mort…

Curieux de connaître la suite et n’osant plus l’interrompre une fois encore, je l’incitai à poursuivre.

- Je suis resté comme pétrifié, devant ce tableau, quand soudain, un type en blouse blanche est entré, en me priant avec véhémence de sortir immédiatement. Mais comme, je ne répondais pas, comme je restais sans la moindre réaction, en lui désignant la photo qui me représentait, il s’est approché de moi, en m’observant un temps interminable, puis il a regardé la photo affichée, comme s’il essayait de comparer. Pour me forcer à réagir, j’ai dû bafouiller quelque chose d’incompressible, dont je n’ai plus le souvenir. Il s’est contenté de me demander s’il s’agissait de mon frère jumeau, et de me préciser que toutes les photos placardées, appartenaient à des personnes disparues ou prétendues décédées, dont le corps n’avait pas été retrouvé. Comme je ne parlais toujours pas, il continua, en me précisant qu’il avait lui-même hier, ajouté celle de mon frère; ou du moins, celle qu’il pensait être celle de mon frère jumeau, après avoir enregistré sa fiche d’entrée …

Jyghau marqua un temps d’arrêt et reprit une gorgée de café. J’étais suspendu à son histoire, si impatient de connaître la suite je lui demandai « Et alors ! Qu’as-tu fait ensuite ? »

- Rien ou presque ! le type à dû remarquer que je n’étais pas dans un état normal. Il m’a demandé de ne pas bouger, de rester calme, et qu’il allait chercher un médecin…

- « Ensuite ? »

- Je n’ai pas attendu, je suis parti furtivement, sans rien dire, je voulais résoudre cette énigme par moi-même, puis, je me suis souvenu de ce rêve étrange…


Comme je commençais à trouver son histoire de plus en plus absurde, pour ne pas dire invraisemblable, je crus bon d’ajouter qu’il ne pouvait s’agir que d’une erreur ; que ça devait arriver de temps à autre et qu’il n’y avait pas de quoi se mettre dans un état pareil ! Il se leva brutalement en emportant avec lui la tasse de café à moitié vide, qui se brisa au contact du sol, en me vociférant - « Non! Tu ne peux pas comprendre… ! Tu ne sais rien… ! Si tu ne souhaites pas connaître la suite, je préfère m’en aller maintenant.. ! »

C’était moi désormais, qui devais rester figé, sans pouvoir ajouter un seul mot. Je l’invitai à se rasseoir, m’empressant de remplacer sa tasse et de la remplir, à nouveau, du reste de café encore chaud. Puis, je lui offris une cigarette, fort de constater que Jyghau ne fumait plus ! Lui, qui il y a moins de trois semaines, consommait jusqu’à deux paquets par jour… Il était incontestable que mon ami, avait changé, du tout au tout, tant dans son regard, que sa façon de s’habiller, et par cette soudaine abstinence à la cigarette, faisant de lui un tout autre personnage…Il était devenu, un peu comme un acteur jouant à merveille, le rôle de sa vie… « Alors ce fameux rêve étrange ? Raconte-moi, je t’écoute ! »

Je repris ma place, tandis qu'il poursuivit …


- C’était juste deux nuits avant de me rendre à cet hôpital : J’ai fait un rêve hallucinatoire tellement étrange qu’il me parut que tout était réel, un peu comme un cauchemar, mais qui ne voudrait jamais finir. Le plus étrange, c’est en ce moment, à l’instant même où je te parle. Il me semble ne pas m’être encore réveillé, et bien que je sois en face de toi, en train de tenir cette tasse brûlante de café entre mes mains, j’ai toujours ce sentiment bizarre, d’être à la fois moi-même, en chair et en os et d’appartenir encore à ce rêve…


Il poursuivit


- Ce soir là, je m’étais couché comme à mon habitude, vers les 23 heures et je me souviens, m’être endormi sur la dernière page d’un roman de Jean-François Coatmeur…Dans la nuit, j’ai entendu comme le bruit de cuir de chaussures que se frottent l’une contre l’autre et j’ai dû allumer la lumière pour me rendre compte de ce qui se passait…C’est là, que tout à commencé, tout au bout de mon lit, il y avait un homme assis, qui me regardait. Je me suis massé les yeux, pour être sûr de la réalité de ce qui apparaissait devant moi… L’homme en question, était la réplique de moi-même, mais en plus âgé, et il m’invita à ne pas crier, d’un signe de son doigt sur la bouche. Puis comme je lui demandais - « Qui êtes-vous ? » il me répondit :

- Mais tu ne me reconnais pas ? Je suis toi ! Enfin, presque toi ! En fait, tu ne peux t’en souvenir, mais je suis toi, venu d’un autre temps ; je viens d’une autre vie que tu as, sans le savoir, déjà vécu…

- J’étais tellement choqué de cette apparition qui me sembla si réelle que j’eus du mal à déglutir. Mon sang affluait jusque dans ma tête et je me mis à lui bafouiller -« Mais, mais ! Mais, pourquoi ? Mais quelle vie ? »


- Je viens te voir, parce que, c’est cette nuit que tu vas mourir

- Mourir moi ! Je dois mourir ?

- Oui ! tu dois partir cette nuit à 4 heures 26 très précisément, à la suite d’un arrêt cardiaque…Et je viens pour te prendre dans moi pour te sauver, afin que tu continues à vivre à travers moi…

- Mais comment savez-vous que je vais mourir cette nuit ? Et pourquoi, voulez-vous que je continue à vivre dans votre corps? C’est absurde cette histoire ! Et vous pouvez me dire, de quelle façon, vous allez procéder, pour que je devienne Vous, lorsque je serai mort ?

- Souviens-toi des paroles merveilleuses que l’on prête à Dieu ! A celui qui connaît le monde qui l'a lui-même créé ! Et de cette phrase - « Et tout ce qu’il a créé, vous pourrez le faire, si vous avez la foi » La foi est une baguette magique, celle de la création. Mais non pas la foi, qui quémande, qui supplie et qui mendie, mais celle qui conduit, vers mille merveilles, quiconque n’appartient qu’à un seul monde. L’astral est en nous depuis que le monde est monde et notre corps réincarné, réapparaît sans trop de différence. C’est seulement, au point de vue intellectuel ou moral que l’homme évolue par son expérience…Je vais te prendre en moi, parce que c’est l’alternative. Une autre forme de vie ou plutôt, de survie et cela est possible, parce que d’où je viens, j’ai la capacité d’exercer, d'agir sur un plan supérieur à la vie matériel et sur des êtres comme toi…

- Et une fois que je serai mort, que deviendra mon corps, Qu’allez-vous en faire…Ou plutôt non ! Que vais-je en faire ?

- Tu iras l’enterrer, là où tu voudras, où bon te semblera, ça n’a aucune importance.. Il ne te reste à peine que deux minutes à vivre dans ton corps actuel, prépare-toi à ressentir une vive douleur dans ta tête et à me rejoindre.

Je n’avais pas lâché des yeux Jyghau, tout le temps qu’il me conta son rêve. Et n’osant plus rien dire, afin de ne pas le brusquer une seconde fois: J’écoutai la suite de son récit

- Lorsque je me suis réveillé, j’étais moi-même assis, tout au bout de mon lit, là où se trouvait l’homme qui me ressemblait. J’étais habillé comme lui, mais avec en plus, le poids d’un sentiment d’immense solitude. Je me sentais épuisé, comme si je venais d’effectuer un travail de force. Alors je me suis levé, je me suis rendu à la salle de bains, pour me regarder dans le miroir, et je revu cet homme en face de moi. Il se regardait ; Il était devenu moi et moi j’étais dans lui, j’étais devenu sa réplique exacte, fidèle à son image ; j'étais tel qui m’était apparut dans la nuit, mais avec une seule différence…


Je l’interrogeai - « Une différence ! Mais quelle différence ? »

- Celle dont je me suis souvenue, ainsi que cette dernière partie de mon rêve, et qui m’avait totalement échappé, jusqu’à ce matin. C’est ce qui m’a poussé jusqu’à ta porte, afin que tu m’aides…La différence, venait de mes chaussures, ainsi que mes vêtements, qui étaient fraîchement couverts de terre. Puis, je me suis souvenu, de la fin de mon rêve, lorsque j’avais porté mon ancien corps, pour l’enterrer, au petit bois de Eboulures…

- Bien ! Mais qu’attends-tu de moi maintenant ? Il ce fait tard, et la nuit est tombée, je ne vois pas comment je pourrais t’aider ! Explique-moi Jyghau !

- Justement, c’est parce qu’il est tard, qu’il faut que tu m’accompagnes, pour que personne d’autre, ne le sache…Il faut que tu viennes avec moi, au bois des Eboulures, là où dans mon rêve, j’ai enterré mon propre corps…


- Bon ! Ça suffit maintenant, ça assez duré ton histoire ! Ça n’a ni queue, ni tête, tu délires mon pauvre ! Comment pourrais-je croire à de telles sottises ! On n’est en plein roman… Débrouille-toi tout seul avec tes histoires à dormir debout et va consulter un Psy dès demain matin ! Moi, j’ai autre chose à faire que d’écouter de telles stupidités.

Jyghau se leva, avec un calme imperturbable, se dirigea vers la sortie de l’atelier, puis, marqua un temps d’arrêt, en se retournant vers moi : il me dit, -« Ca n’a plus d’importance que tu viennes ou pas, je peux m’y rendre seul » puis il disparut dans la nuit…

Je ne sais pas pourquoi, mais Jyghau, n’était pas parti depuis plus de dix minutes que je fus pris de remords. Non seulement du fait de l’avoir d’abord considéré comme le dernier des demeurés, mais d’avoir du même coup, refusé de l’accompagner…
Aussi, attrapai-je mon pardessus et mon écharpe au portemanteau, pressé de récupérer ma voiture, et bien décidé à le rejoindre coûte que coûte. Convaincu que mon ami, était déjà rendu sur les lieux, à l’entrée du petit bois, je dus marquer un temps d’arrêt tous phares allumés. La nuit était si noire sous les arbres encore feuillus, qu’il m’était impossible de voir à plus de dix ou quinze mètres devant moi. Puis me trouvant dans la seule allée menant à l’extrémité du fameux bois et avançant au pas, que je vis soudain sous la lumière des phares, une silhouette. Me hasardant d’avancer plus en avant, je discernai enfin le profil de Jyghau.
Je dus sortir de le voiture, en prenant soin de laisser tourner le moteur, afin d’éclairer les alentours…Il était là, devant moi, figé telle une statue ; Avec dans sa main droite, une minuscule lampe de poche restée éteinte par discrétion, et tenant dans l’autre main une pelle…
Jyghau n’ayant pas encore commencé à creuser le sol, je lui demandai « Qu’est ce que tu attends pour te mettre au travail ? »… Et de me répondre qu’il craignait le pire ; Celui de se retrouver nez à nez devant la seule preuve inéluctable de vérité…
N’y tenant plus ; exténué par cette longue journée et impatient d’en finir une bonne fois pour toutes, je saisis la pelle qu’il tenait dans sa main et me mis à creuser…C’est alors que Jyghau m’attrapa par les épaules, en s’agrippant violemment, puis me secouant, il me cria dans les oreilles…

- Réveille-toi vite ! C’est l’heure ! La bagnole tourne et je suis garé en double file! Tu vas encore nous fiche en retard au boulot…..

Fin Surprised)
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 20:15

Superbe!...pas d'autres mots....
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 22:52

Plutôt surprenant. Je ne suis jamais à l'aise dans ces nouvelles fantastiques. Un p'tit relent de trouille venu de l'enfance, je suppose, quand on ne sait pas encore faire la différence entre le rêve ou la réalité, l'imaginaire et le réel...

L'histoire se tient debout. Tout s'enchaîne. Une chouette trame.

J'écrirai jamais ça. Frissons.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 22:56

Ah bon ! pourquoi, t'es mytho ?

Le Minotaure et le Matador


Sur le coffre de bois sculpté, renfermant les habits de lumière du vieux Tonio, une peinture rupestre présente des hommes et des femmes, affrontant, et saisissant les cornes d'un taureau qui charge
- Eh ! Tonio, ; d'ou vient ce tableau, je ne l'avais jamais remarqué.
- Chut petit ! il est pour toi, c'est un cadeau.
- Un cadeau Tonio ? mais pourquoi veux-tu m'offrir cette toile.
- C'est une peinture qui te revient, moi je ne combats plus depuis bien longtemps. Et ce tableau, tu dois l'accepter en tant que novilleros ; mais à quelques conditions....
- Des conditions ! Mais quelles conditions Tonio ?

- Ce tableau t'appartient, tu en es dés maintenant, le seul propriétaire ; tu ne dois jamais t'en séparer, jamais le montrer, et ne jamais le vendre... Tu ne pourras que l'offrir, quand tu auras mon âge, comme je le fais aujourd 'hui. Tu ne devras l'offrir qu'à ton fils, et si comme moi, tu n'as pas de fils, tu l'offriras à un jeune novilleros que tu prendras comme filleul.

Carlos resta un instant muet devant le tableau ; puis demanda ...

- Explique-moi la raison Tonio


- Je vais te le dire petit ! assieds-toi et écoute.... Cette peinture appartient à notre famille depuis des générations, et il y a bien longtemps, elle nous a été rapportée par un de nos ancêtres ; Un matador lui aussi ; elle vient de Knossos en Crète, et date de 2000 av. J.-C....A cette époque les spectacles de courses de taureaux étaient très fréquents,. Les Maures qui envahirent l'Andalousie en 711 devenue l'Espagne musulmane, modifièrent considérablement les règles de la course de taureaux!; le spectacle bestial qui se pratiquait avant cette invasion devint un rituel de jours de fête au cours duquel les Maures , montant des chevaux spécialement entraînés, affrontaient et tuaient des taureaux.... Mais je vais te faire une confidence, que tu seras le seul à connaître : je considère le spectacle de la corrida autant inexcusable qu'irrésistible!. La corrida, existe depuis l'antiquité... Avec le temps, les toreros à pied, qui aidaient, grâce à leur travail de cape, les cavaliers à positionner le taureau, prirent de l’ importance aux yeux du public, et la corrida commença à prendre sa forme actuelle...

- Mais pourquoi, ce tableau ? Et pourquoi me racontes-tu cette histoire aujourd'hui Tonio ?

- Parce que nous sommes à la veille de la cérémonie d'ouverture, et que demain, tu devras combattre et vaincre le taureau... Prends le tableau, et prends soin de l'enveloppe de ma vieille cape, afin que personne ne puisse voir. Ce soir, tu le disposeras près de ton lit et bien et en vue avant de t' endormir.

Il déjà tard et Carlos crédule, suivit le conseil de Tonio, disposant l'œuvre sur la seule chaise qu'il disposait, entrouvrit la fenêtre, puis s'allongea, l'observant longuement avant de s'endormit...

Carlos emprunta une route large et dallée. Puis arriva enfin au célèbre palais de Knossos qu'il découvrit avec stupéfaction. Ce qui le frappa en premier, c'était les couleurs des colonnes : noires et rouges. Un palais magnifique. Derrière une lourde porte, un homme à longue chevelure brune et brillante l'attendait :
- Bonjour, Carlos, as-tu fait un bon voyage ?

- Oui ! répondit-il, à la fois hésitant et inquiet.

-Mon nom est Dédale" mais tu ne dois pas me connaître

Le cœur de Carlos s'arrêta de battre un instant. Puis réalisa enfin, avoir déjà entendu parler de ce Dédale, le plus célèbre architecte de Crête.

- Veux-tu te désaltérer ? continua celui-ci.

Il hésita encore avant de répondre ...
- Oui ! je veux bien merci.

- Alors, suis-moi.

Une fois entré, Carlos observa les mille fresques peintes aux murs, elles représentaient des poissons, des dauphins et de nombreuses autres décorations. Curieux de connaître l'auteur et l'artiste, il questionna l'architecte:
- Est-ce toi qui as crée toutes ces peintures ?

- Non, ce sont de véritables artistes, les créateurs de ces oeuvres, sont d' Egypte et avec qui nous avons beaucoup d'échanges matériels ou culturels.

Carlos observa avec béatitude toutes ces merveilles. Dédale, resté silencieux afficha soudain un sourire et ajouta:

- Nous sommes ici dans la salle des invités. Prends cette coupe et désaltère-toi.

Carlos prit la coupe d'or offerte et but son jus de fruit. Enfin, Dédale l'invita à le suivre. Ils durent longer des dizaines de couloirs, puis de longues galeries, pour aboutir enfin devant une autre porte. Puis, Dédale lui fit signe de s'arrêter ; et ajouta.

- Le roi Minos doit m'attendre à présent.
.
- Très bien acquiesça Carlos ! sans se soucier de la suite..

Ils atteignirent alors un vaste corridor orné de têtes de taureaux.

- D'où vient cette adoration envers les taureaux ?" questionna Carlos.

- Seul un crétois averti, connaît les mystères qui entourent cette croyance.

Carlos tournant le dos à l'architecte l'interrogea encore.

- Le Minotaure existe-t-il vraiment ?
Resté sans réponse Carlos interrogea à nouveau
- Le Minotaure existe-t-il vraiment ?

Inquiet, de ce silence, Carlos se retourna, s'apercevant de l'absence soudaine de l'architecte.

Essayant de garder son sang-froid il l'appela à nouveau, encore et encore, en le priant de se montrer.. Toujours sans réponse et prenant son courage à deux mains, Carlos décida de se lancer à sa recherche, tout effrayé par la complexité de ce palais. De longs couloirs se croisaient, s' entrelaçaient. Il commença à trembler, lorsqu'il aperçu le Minotaure.... Sa respiration cessa, devant cette apparition. Le Minotaure s'approcha de lui , trop près; si près, , qu'il était impossible à Carlos de fuir.. Puis, le monstre s'inclina, ôta sa tête de taureau dorée. Carlos poussa alors un long soupir de soulagement lorsque celui qui se révéla être un homme demanda :

- Ton nom est Carlos, n'est ce pas ?

- Oui, oui ! Mais qui êtes-vous ?

- Je suis le grand prêtre de ces lieux et je viens pour te baptiser, comme pour ton parrain Tonio, il y a dix-huit ans, ainsi que tous ses ancêtres matadors... Dès demain Carlos, à ton réveil et par ce baptême ; devant tous les taureaux, tu seras invincible...


Dernière édition par le Mar 13 Sep 2005 - 23:19, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 23:12

Il y a une suite ?

La corrida me fascine. Par les passions qu'elle soulève. Non par la tuerie.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 23:16

Je viens de corriger la syntaxe au moment où tu lisais sans doute ... Moi non plus je n'aime pas la corrida... j'avais écrit ce truc lors d'un atelier d'écriture, dont le thème était "Le Minotaure et le Matador"
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MessageSujet: Re: Virgule   Virgule EmptyMar 13 Sep 2005 - 23:21

L'imagination, c'est le premier encrier...
De tout ce que j'ai lu de toi, je préfère les textes comme ceux que tu as postés hier dans l'atelier d'écriture. Ils me vrillent de haut en bas, punaisée au fond du puits de tes mots. Sensation intense.

Dans un atelier d'écriture, soumis à un thème, c'est pas pareil. On peut écrire de très chouettes textes, on n'est pas seul devant sa propre solitude, on ne puise pas les mêmes mots, dans la même violence.

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