Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Soljenitsyne

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
bertrand-mogendre
Bienveneur bucolique
avatar

Nombre de messages : 3001
Age : 62
Localisation : ici et là
Date d'inscription : 09/03/2006

MessageSujet: Soljenitsyne   Jeu 30 Mar 2006 - 16:43

Khrouchtchev, est le dirigeant qui a rédigé le rapport secret sur les crimes de Staline, et permit à Soljenitsyne de publier son premier livre (parution officiellement reconnue).
Si Soljenitsyne, avec son Archipel du Goulag, en a donné un inoubliable témoignage littéraire, « une journée d’Ivan Dénissovitch », nous propose ici la vie quotidienne de centaines de zeks , avec pour toile de fonds, en filigrane suggéré, l'absurdité des arrestations, la cadence infernale des travaux conduisant à la résignation monotone des survivants s’auto dirigeant pour tenter d’aménager des stratégies de survie. Au quotidien l’auteur nous décrits les banales scènes de lever matinaux, d’appel et de rassemblement suivis de fouilles , sans mettre en avant les violences inouïes et la mort omniprésente. Les yeux de Choukov Ivan Denissovitch, sont ceux d’un personnage innocemment gentil, naïf, bon camarade et surtout bon ouvrier, malléable.
Les camps ou Kontslaguer apparurent en Russie dès 1918 comme instrument de répression politique. De la Révolution à la Glasnost, 18 millions d'individus en furent les victimes ; 4,5 millions n'en revinrent jamais., Ces camps devinrent peu à peu, une « civilisation » à part entière, avec ses propres lois, sa diversité sociologique, sa littérature (dissimulée sous la forme d’un chapelet), son argot, ses coutumes : c'est au cœur ténébreux de ce monde que nous convie l'auteur.
Bien entendu, Khrouchtchev n’a pas compris Ivan Denissovitch. Il a pensé : " Voilà un récit qui parle de souffrance, mais en même temps il y a un certain enthousiasme pour le travail, imprimons-le ». Pierre Daix dans sa préface, dit : c’est un mélange " d’audaces mesurées et de concessions à la logomachie stalinienne "
Choukov, Ivan Dénissovitch, simple paysan, est résolu à accepter la violence du système, en ayant pris soin de restreindre son humanité aux besoins élémentaires de subsistance (manger, dormir et ne pas avoir froid aux pieds et aux mains) gardant comme objectif, ses espoirs à survivre jusqu'au lendemain.
Chaque détail de ce récit, tracé comme épure d’un compagnon bâtisseur, revêt un tout autre caractère lorsque , une fois assemblées, les pièces du puzzle révèlent la lutte acharnée des fourmis contre un monstre tentaculaire couleur rouge sanglant.
Quand Alexandre Soljenitsyne arrive en Occident après son expulsion d'URSS le 13 février 1974, il n'est pas un inconnu. Auteur de plusieurs romans et du récit Une journée d'Ivan Denissovitch, première peinture d'un camp de concentration, l’écrivain soviétique est sans doute le plus célèbre des dissidents (revoir l’interview avec Bernard Pivot).

Avec son témoignage, cet auteur inconnu obligea, les communistes européens à réviser leurs positions (lire « le terrorisme intellectuel » de Jean Sevilla)
Même vidé de sa moelle, l’os reste inflexible, avant qu’il ne se brise. bertrand-môgendre


Dernière édition par le Mar 10 Oct 2006 - 8:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.flickr.com/photos/mogendre/
bertrand-mogendre
Bienveneur bucolique
avatar

Nombre de messages : 3001
Age : 62
Localisation : ici et là
Date d'inscription : 09/03/2006

MessageSujet: Re: Soljenitsyne   Dim 2 Avr 2006 - 13:14

juste un petit extrait, pour inviter les curieux à passer la porte de l'univers carcéral décrit par Soljenitzyne :

Il se sentait si content, Chouckhov, que tout ait bien marché, qu'il bourra les côtes au Commandant :
-Ecoute voir, commandant, dans vos idées de science, où vont, les vieilles lunes ?
-Où vont-elles ? Tu ne sais donc pas qu'il y a une période où la lune n'est pas visible.
Choukhov secoue la tête en rigolant :
-Du moment qu'on ne la voit pas, comment tu sais, toi, qu'elle existe ?
Il en a un coin bouché, le commandant :
-T'imaginerais-tu que, chaque mois, c'est une autre lune qui naît ?
-Pourquoi pas ? Les gens, il en naît bien tous les jours. Pourquoi, alors, il naîtrait pas une lune toutes les quatre semaines ?
Il l'a sec, le commandant :
-Je n'ai jamais encore rencontré de matelot aussi cancre ! qu'il fait. Où iraient-elles alors, tes vieilles lunes ?
-C'est tout juste ce que je te demandais.
-Où vont elles à ton avis ?
Choukhov soupire et, tout bas, à cause que c'est un secret :
-Chez nous, on dit que le bon Dieu les casse pour en fabriquer des étoiles.
Ce coup-ci le commandant se tord :
-Sauvages ! Je ne l'avais jamais entendue, celle-là. Est-ce que tu croirais en Dieu, Choukhov ?
Choukhov a l'air estomaqué :
-Et alors ? Essaye de pas y croire quand il y a du tonnerre.
-Mais pourquoi ferait il cela, le bon Dieu ?
-Il ferait quoi ?
-Pourquoi casserait-il la lune pour en faire des étoiles ?
Choukhov hausse les épaules.
-C'est pourtant pas sorcier. Les étoiles, il en tombe ; faut bien les remplacer.
-Maniez-vous, enfants de putes ! braille le sergent d'escorte. Comptez-vous cinq !
Revenir en haut Aller en bas
http://www.flickr.com/photos/mogendre/
 
Soljenitsyne
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Alexandre Soljenitsyne
» Alexandre Soljenitsyne
» liberté d'expression
» [Soljenitsyne, Alexandre] Une journée d'Ivan Denissovitch
» Alexandre SOLJENITSYNE (Russie)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Littérature :: Biblio LU :: Salon des auteurs connus-
Sauter vers: