Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Bernard du Boucheron

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
bertrand-mogendre
Bienveneur bucolique
avatar

Nombre de messages : 3001
Age : 62
Localisation : ici et là
Date d'inscription : 09/03/2006

MessageSujet: Bernard du Boucheron   Mar 4 Avr 2006 - 11:36

reliquat des damnés

Missionné par le Cardinal Archevêque Einar Sokkason, l'abbé Montagnus, doit visiter le peuple de Thulé, plus au nord que le nord limite des terres habitées. L'aventure se passe au quatorzième siècle, et l'expédition doit se réaliser avec la construction d'un navire "court serpent" suffisamment souple pour résister aux froids polaires, et ne pas se faire broyer par les glaces articales. Le voyage se révèle être de l'ordre de l'épopée, tant les conditions difficiles conduisent l'équipage jusqu'aux limites de l'humainement supportable. Tout devient impossible : naviguer, ramer, survivre, et surtout retrouver la route pour atteindre la destination. La cathédrale, monument érigé à la gloire de Dieu, sise dans un pays aride recouvert par la neige dix mois sur douze, ressemble plus à un vaisseau fantôme. Elle flotte, isolée aux fins fonds d'un fjord, tout aussi identique à la foultitude des fjords retirés, encastrés entre les monts et les falaises inhospitaliers.

Une fois le décor planté, l'auteur relate les faits, sous forme d'un rapport. Telle une "chronique de la mort annoncée" de Marquez, nous savons dès le début combien la tâche de cet abbé est voué à l'échec. Et ce constat nous incite à rapprocher cet ouvrage du film "Mission", au travers duquel Roland Joffé montre les ravages des missions religieuses, sous prétexte de civiliser les sauvages, en prêchant la bonne parole.
En fin de compte, l'ordre donné par le cardinal, n'était il pas de prendre des nouvelles de sa famille si lointaine ?

Bernard du Boucheron emploie avec justesse, une palette de vocabulaire agréable à découvrir, qui pèse néanmoins tout au long du récit répétitif. Quant aux descriptions d'horreur qu'il révèle, passé le cap des hauts le cœur premiers, elles deviennent coutumières à tel point qu'il faut se demander si la misère est synonyme d'abandon d'humanité ?

Ce livre est un travail remarquable tant au niveau de la langue qu’au niveau de l’enquête historique nécessaire à sa rédaction. L’aventure relatée reste pourtant terne et sans rebondissement.


Dernière édition par le Mar 10 Oct 2006 - 19:32, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.flickr.com/photos/mogendre/
bertrand-mogendre
Bienveneur bucolique
avatar

Nombre de messages : 3001
Age : 62
Localisation : ici et là
Date d'inscription : 09/03/2006

MessageSujet: Bernard du Boucheron   Mar 9 Mai 2006 - 13:22

Comme il a fier allure, ce monsieur de Waligny, chasseur émérite, à qui l’arrogance de sa prestance n’a d’égale que la fougue capricieuse de son étalon, l’indomptable Diamant Noir. Cavalier têtu et monture sauvage s’accordent à merveille lorsqu’il s’agit de briller lors des chasses à courre, organisées dans les années mille neuf cent dix, par Monsieur le Comte.
« Coup-de-fouet », le piqueux, (Jérome Hardouin) « coup-de-fouet » le malin, veneur fin limier devenu par sa réputation d’homme rusé, débusqueur de gros gibier, et tout à la fois coureur des dentelles frivoles, portées par la jeune Aella, promise (du à la noblesse de son rang), au mariage de raison avec Waligny.
Aella, jeune aristocrate ambitieuse, avide de pouvoir et de chair virile, trouve auprès des deux rivaux, les complémentarités de sa quête de vie facile, insouciante et légère.
Dès lors, les trois personnages principaux de ce roman, se guerroient méthodiquement, à coup de mots fourchus, de défis vantards (on peut dire viandard aussi), ou de hardiesses bon-enfant.
Seul l’appel de 1914, calme les esprits. Face aux réalités de la boucherie organisée, les cavaliers enrôlés dans le même bataillon, n’ont pour seul soucis que celui de sauver la patrie de l’envahisseur teuton, à coup de charges héroïques ou folles, à l’aide de leur sabre, arme bien dérisoire, sous la mitraille ennemie.
Le piqueux « coup-de-fouet » sous les ordres du lieutenant Waligny, brillera encore dans sa hardiesse au combat, mais à quel prix !
Le réputé vaillant Waligny gagnera la main de sa promise, mais à quel prix !
Du Boucheron est un auteur atypique dans le roman contemporain. Ce récit, « coup-de-fouet » est une louange à la gloire de l’homme, héroïque combattant, porteur de valeurs sacrées, le genre de male guerrier qui indispose les pacifistes scandant les appels au dialogue et à l’intelligence des peuples désarmés. Ne cherchez pas la tendresse de la romance, car ici l’odeur de musc sauvage règne, enivre les intrigants. La femme est reléguée une fois de plus (tout comme dans Court serpent, son premier roman), à son rôle méprisant de compagne dévouée aux services du male dominant. Cette maîtresse sournoise, tireuse de ficelles, envisage d’asservir le faible avec le dédain d’une femelle en chasse.
Les mots du vocabulaire utilisés par du Boucheron calfeutrent ce roman dans un univers particulièrement intrigant, rendant l’aventure agréable (dans le sens du dépaysement), pour ceux qui aiment la langue française. Nous sommes invités dans le monde pédant des gens oisifs, exploiteurs de manants, humiliant gueux et roturiers, ripaillant sans scrupules à l’insouciance du mieux vivre en s’amusant.
Une bonne leçon de français. Même si le sujet m’indispose, tant je répugne l’excès de violence qu’expriment ces chasses à courre, je dois avouer qu’une fois de plus, je suis tomber sous le charme de cet écrivain.
Chaque situation dépeinte avec justesse, nous entraîne dans l’action, le mouvement. Le bruit accentué de couleurs sanguines mêlé aux odeurs pittoresques des combats au corps à corps, rendent le livre vivant, presque bondissant (mais là, il faut s’accrocher pour le parcourir). Oui il faut s’accrocher pour rentrer dans l’histoire, pour y décrypter ce langage peu habituel, et c’est d’ailleurs ce qui fait son charme, ou plutôt non, sa Force !
Il n’est de nature domptée que celle qui oblige l’homme à courber l’échine (bertrand-môgendre)


Dernière édition par le Lun 14 Mai 2007 - 13:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.flickr.com/photos/mogendre/
bertrand-mogendre
Bienveneur bucolique
avatar

Nombre de messages : 3001
Age : 62
Localisation : ici et là
Date d'inscription : 09/03/2006

MessageSujet: Chien des os   Mer 2 Mai 2007 - 18:27

Chien des os de Bernard du Boucheron (29/4/07)
Edition Gallimard relié 170 pages 14,50 euros
ISBN : 2 07 078101 0 ISBN : 978 2 07 078101 0

Présentation de l'éditeur
Au XVIe siècle, l'Espagne a brutalement conquis sur les Portugais les îles enchantées de l'Atlantique. La plus grande de ces îles est dominée par le Paul, haut plateau volcanique noyé de brumes, aux pâturages et aux horizons infinis. Les misérables bergers qui y vivent haïssent, parce qu'ils sont riches, " ceux d'En-Bas " qu'ils appellent avec mépris " Chiens des os ". Ceux-ci, grâce à l'eau descendue du Paùl, ont fait du rivage un jardin doré où resplendit la capitale, le Rabaçal, corrompue par toutes sortes de trafics. Les pauvres du Paul s'opposent à l'occupant espagnol ; les riches d'En-Bas s'en accommodent et profitent de son autorité, exercée par le cruel Corregidor Faustino Bellver, tandis que Juifs et Mores se tiennent cois pour échapper à l'Inquisition, et que la Couronne d'Angleterre guette le moment de tirer parti des dissensions locales pour s'emparer de l'île. Complots, coups de main et attentats se multiplient, attisés par les machinations d'un agent secret brillant et cynique. Mais l'amour d'une jeune fille du Paul pour l'un des protagonistes, avec ses conséquences tragiques, réduira à néant bien des ambitions... Un ricanement féroce parcourt ce nouveau récit de Bernard du Boucheron, et si l'espèce humaine, sous sa plume, n'apparaît pas au meilleur de sa forme, on prend un plaisir extrême au commerce de son style impeccable, à la fois nerveux et glacial.

Mon commentaire :
L’esprit noir frappe ce paysage livresque décrit par Du Boucheron.
L’intrigue ressemble à l’épopée de la famille Pizarro ces conquistador espagnols, qui détruisirent le peuple de Cuzco (Pérou).

Tortures, malheurs, conquête, avidité du pouvoir, l’Inquisition cultive ses horreurs. Cet univers morbide rutile des exactions de la caste religieuse puant le souffre, maculant de cinabre les batailles sanglantes, s’engonce de brumes épaisses reléguant la populace dans une misère cruelle.

Conspiration, batailles, guerre, tueries, meurtres, exécutions, supplices, tortures, les riches fomentent les querelles des pauvres, avilissent la cruauté des vengeances, despotent les biens alimentaires devenus monnaie d’échange à prix d’or, par manque d’eau.

L’eau, origine de la vie, trahit ses bienfaits lorsque son manque d’elle tiraille les esprits subversifs vers les affres de l’envie, la jalousie.

Ainsi brossée, l’ambiance sanguinaire gorgée des fruits de massacres atroces, ressemble à la scène d’un tableau de Bruegel le jeune, auteur des scènes infernales, les plus fécondes à propos des exactions, ou à la mise en scène d’une œuvre de Jérôme Bosch « extraction de la pierre de la folie ».

De l’amour il n’est question que par obligation interposée, secret chuchoté, ou alcôve surveillée.
La mort plane au dessus de la totalité des chapitres : celle annoncée par l’espion délateur (apothicaire chroniqueur décrivant la situation des insulaires), celle administrée par le corregidor à ses sujets dispendieux, celle calculée par les véhiculeurs d’eau, ce peuple silencieux observateur teigneu lorsque l’injustice les frappe.

Une nouvelle fois après « court serpent » et « coup de fouet », du Boucheron administre son récit de forte éloquente manière, maîtrisant la subtilité des discours, besognant la machination des calculs mêlés d’intrigues.

Une nouvelle fois du Boucheron excelle avec emphase donnant à son écriture un style dynamique les plus passionnel.

Une nouvelle fois, du Boucheron est ennuyeux dans cette aventure qui ne séduira d’autres lecteurs que les passionnés de la langue française, mais sûrement pas les dévoreurs de romance endimanchée.
Ici l’eau de rose a le goût de sueur mêlée à l’odeur fétide d’essence de cadavres putréfiés, teintée couleur sang enivrée par les effluves de souffre balsamique.

Passons sous silence, ce roman historique chargé d’atrocités que l’on souhaite évacuer par les canaux de l’oubli.(bertrand-môgendre)
Revenir en haut Aller en bas
http://www.flickr.com/photos/mogendre/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Bernard du Boucheron   

Revenir en haut Aller en bas
 
Bernard du Boucheron
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» George Bernard Shaw (1856-1950)
» Exclusivité sur un forum français: la JWLRYMACHINE (Max Büsser et Boucheron)
» Bernard (Stetten) Jean [Illustrateur
» Goldorak, Bioman et Bernard Minet en live!!
» Les Hauts de Hurlevent (opéra de Bernard Herrmann)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Littérature :: Biblio LU :: Salon des auteurs connus-
Sauter vers: