Vic Taurugaux

Inscrit le : 27 Mar 2007 Messages : 2253 Localisation : 20°16'31.10"S-57°22'5.53"E
| Sujet: Des poètes. Mar 1 Jan - 16:55 | |
| Il n'y a rien de moins raisonnable que les poètes.
Que l'un dise: On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les tilleuls verts de la promenade.
On se dit, c'est beau, c'est grand, c'est généreux: on dirait du Alf. On en fait un classique.
Mais, qu'un autre de nos auteurs le plagie en écrivant: Mon Dieu ce qu'on est bête quand on a dix-huit ans Ce détournement, clin d'oeil nous grandit-il?.
Heureusement, que ce poète que je découvre a aussi bien du talent. Mais, vous vous rendez compte, l'autre-là, le classique, dans sa tombe, qu'est-ce qu'il va penser de nous, de notre irrévérence maintenant qu'il a gagné un piédestal?
Bon, pour faire bon poids, bonne mesure, je vais poster ici une oeuvre du grand maître. Comme on poste une sentinelle. Histoire d'éclairer un peu tous nos illuminés.
- Accroupissements -
Bien tard, quand il se sent l'estomac écoeuré, Le frère Milotus, un oeil à la lucarne D'où le soleil clair comme un chaudron récuré, Lui darde une migraine et fait son regard darne, Déplace dans les draps son ventre de curé
Il se démène sous sa couverture grise Et descend, ses genoux à son ventre tremblant, Effaré comme un vieux qui mangerait sa prise, Car il lui faut, le poing à l'anse d'un pot blanc, À ses reins largement retrousser sa chemise !
Or, il s'est accroupi, frileux, les doigts de pied Repliés, grelottant au clair soleil qui plaque Des jaunes de brioche aux vitres de papier ; Et le nez du bonhomme où s'allume la laque Renifle aux rayons, tel qu'un charnel polypier
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Le bonhomme mijote au feu, bras tordus, lippe Au ventre : il sent glisser ses cuisses dans le feu, Et ses chausses roussir, et s'éteindre sa pipe ; Quelque chose comme un oiseau remue un peu À son ventre serein, comme un monceau de tripe !
Autour, dort un fouillis de meubles abrutis Dans des haillons de crasse et sur de sales ventres ; Des escabeaux, crapauds étranges, sont blottis Aux coins noirs : des buffets ont des gueules de chantres Qu'entrouvre un sommeil plein d'horribles appétits
L'écoeurante chaleur gorge la chambre étroite ; Le cerveau du bonhomme est bourré de chiffons : Il écoute les poils pousser dans sa peau moite, Et parfois, en hoquets fort gravement bouffons S'échappe, secouant son escabeau qui boite...
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Et le soir, aux rayons de lune qui lui font Aux contours du cul des bavures de lumière, Une ombre avec détails s'accroupit sur un fond De neige rose ainsi qu'une rose trémière... Fantasque, un nez poursuit Vénus au ciel profond.
 _________________ L'aurore s'allume, L'ombre épaisse fuit; Le rêve et la brume Vont où va la nuit.
Dernière édition par le Mar 1 Jan - 20:09, édité 1 fois |
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Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49258 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: Des poètes. Mar 1 Jan - 19:56 | |
| Je ne sais pas ce qu'il en penserait. Certains acceptent, et même sont en attente de voir leurs oeuvres en moteur point de départ d'autres mots, tandis que d'autres en souffriraient, comme d'une trahison ou d'un irrespect.
Je ne sais pas, je crois qu'on ne pourra jamais répondre qu'individuellement par rapport à soi-même ?
Le texte que tu donnes, Vic, est très beau. J'aime particulièrement la dernière strophe. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
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