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 En quête de correspondancesVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Vic Taurugaux




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MessageSujet: En quête de correspondances   Sam 8 Sep - 17:49

Préambule

La rentrée littéraire est au rendez-vous. Sur Lu, s’entend. Durant cet été pluvieux, de nombreuses plumes s’allèrent désaltérer alentour de leurs encriers comme autant de fauves qui, le soir venu, rôdent près des points d’eau. Et, avec septembre, la saison des vendanges nous est enfin venue : les diamants pullulent désormais devant nos yeux ébahis que se soit en prose ou en vers pour le bonheur de tous. Du côté des recueils, nos yeux ne savent plus où mettre les pieds, les nouvelles et les feuilletons se croisent et se multiplient à loisir, les photographes photographient, on nous annonce des sorties de bouquins véritablement édités. Sommes-nous déjà si loin des pommes et autres coupelles d’une ancienne saison.
Mais qui sont donc tous ces auteurs du forum masqués tels des Zorros sous leurs avatars et qui drapent leur modestie non sous une cape mais sous d’incompréhensibles pseudonymes ? Vous croyez les connaître en discutant avec eux : ils sont autres. Personnellement, comme beaucoup, j’ai cru rencontrer l’un d’eux. Il m’avait fait l’honneur de m’expédier par la poste, son bien le précieux : son œuvre littéraire. Honnêtement, j’eus grand plaisir à le lire et lui fit savoir par M.P. que seul, lui était capable d’un tel écrit. Il me répondit : Merci beaucoup lecteur, mais je ne suis pas celle que vous croyez. ! Pourtant les liens utiles sont des liens fiables : on ne peut se tromper d’adresse. Alors quel rapport entre un auteur et son œuvre. Votre cher Vic a voulu mener son enquête. Il ne tient qu’à vous de le suivre dans son feuilleton pour cette rentrée. Donc spéciale dédicace à Romane qui m’a enlevé des tonnes de fautes et en avant-première dans les bacs de Lu, le forum des liens vraiment utiles, l’enquête policière qui vous fera frémir le soir à la veillée : En quête de correspondances. Cœurs sensibles, accrochez-vous.




Enquête de correspondances.







Dream city, le 15 Juin 2007



Chères et tendres amies,
Si vous ne lisez qu’aujourd’hui ce courrier, ne croyez surtout pas que je vous ai oubliées. Comment aurais-je pu vous oublier d’ailleurs, vous dont le doux souvenir m’a escorté durant tout mon voyage et me gouverne encore maintenant que je suis si loin de vous ?

Il fallait que je parte. Sans pouvoir vous le dire. Que j’explore des terres inconnues sans souci de retour. Mais dorénavant, je ne peux taire davantage les regrets de vous avoir si injustement quittées. Oh ! Je n’attends de vous aucun pardon, je ne formule ici aucune excuse. Les choses se sont passées ainsi, c’est tout et nous serions bien en peine à ce jour, vous et moi, de les vouloir réparer. Il fallait que je parte. Cela ne dépendait pas de nous mais du démon du voyage qui était venu me chercher, qui encore me hante, et sans doute qui m’habitera toujours. Il me força à quitter votre réalité, la réalité de votre présence. Il m’obligea à lever les tendres amarres qui m’arrimaient à vous. Et, seule, dans le monde d’illusions où je fus entraîné et depuis lequel je vous écris, la vaine clairvoyance qu’offre la nostalgie me lia toujours, tel un fil d’Ariane, à vos visages aimés. Maintenant, ce message depuis longtemps jeté à la mer vous étant enfin parvenu, souhaite vous dire que votre cœur renferme toujours celui d’un naufragé.
Les cœurs ne se bercent pas d’illusions. Ils sont bien moins futiles que nos esprits qui divaguent sans cesse par delà le trop sérieux de leurs raisonnements. Les cœurs battent inlassablement le rythme de nos vies aussi sûrement que la vague a frappé mon étrave. Ils estampent sans relâche nos chairs de leurs pulsations. Pour autant, ils gardent toujours les pieds sur terre et habitent nos carcasses aussi pleinement que l’imposante comtoise emplissait de son tic-tac le creux de notre maison. Eux, comme elle, ne font pas de savants calculs. Ils savent que notre temps passe. Précautionneux métronomes, ils l’égrènent, y conçoivent nos mouvements à partir de nos aspirations, animent encore nos corps quand ceux-ci s’essoufflent derrière toutes ces chimères issues de tant d’élucubrations. D’ailleurs comment les cœurs pourraient-ils faire bon ménage avec l’esprit vagabond ? Avec celui qui me poussa vers ces lointains paysages. Il faut croire à présent qu’il n’avait guère de cervelle, ce vent, pour me désorienter ainsi, si loin de vous.

Mon cœur est désormais une barque qui saigne d’avoir cru que le bonheur se logeait derrière l’horizon. Or, derrière l’horizon, c’est une lune où ne m’attendent que les ténèbres. Vos yeux étaient mon seul soleil mais mon orgueil fut plus fort que la simplicité de votre amour. Je les ai désertés. Il fallait que je parte. Adieu donc et non au revoir maintenant que par ce pli je les ai retrouvés.

Cet étranger qui vous aimera toujours.

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Vic Taurugaux




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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Dim 9 Sep - 9:13

Anna replia et replaça cette lettre anonyme dans son enveloppe. Un seul timbre l’oblitérait, portant pour toute mention l’effigie d’un oiseau du paradis ; aucun cachet pour officialiser une provenance quelconque. Tous les indices marquant son origine ne pouvaient donc se trouver qu’à l’intérieur même du message. L’auteur de ce courrier qui se présentait à elle comme un ancien proche voulait paradoxalement garder l’anonymat ! Cette impolitesse irrita la jeune femme qui hésita donc un instant. Ne devait-elle pas tout bonnement oublier cet inconnu qui prétendait exister dans ses souvenirs mais n’avait pas eu pour autant le courage de se présenter en signant cette tardive et énigmatique déclaration ? Elle avait pour habitude de jeter à la poubelle dès leur réception tous ces envois inutiles qu’elle recevait chaque jour : publicités en tous genres, lettres de relance de gens à qui elle avait plus ou moins promis un article, invitations à toutes sortes de réunions, de festivités et autres vernissages qu’un agent scrupuleux lui conseillait sans cesse mais en vain de fréquenter. Pourtant, elle ne ferait pas comme à son habitude. Elle ne se débarrasserait pas si abruptement de ce courrier. Si ce fil tendu vers elle par un mystérieux Thésée du fond de son lointain labyrinthe avait un sens, c’était tout d’abord celui de permettre à son auteur de s’en sortir. Pas à elle d’y entrer. Cette lettre resterait donc là où elle venait de la poser. Sur une des nombreuses piles de bouquins qui envahissaient son bureau. Elle ne voulait plus s’en occuper. Pourquoi se prendre la tête pour quelqu’un qui ne montre pas la sienne ? Mais que faire également de son indéfectible manie consistant à ressasser tous les problèmes se présentant à elle ? Comment ne plus penser à ce qu’elle venait de lire ?

Alors, elle imagina un destin de marque-page à cet écrit qui lui avait fait l’affront ce matin-là de la surprendre au pied du lit comme pour mieux l’intriguer. Elle inséra dans le dernier ouvrage qu’elle avait choisi de lire, cette enveloppe importune dont elle allait oublier le texte grâce à la lecture d’auteurs ayant, eux, la courtoisie de signer leurs œuvres. Cette impertinente correspondance resterait bien présente sous son regard non par ses mots qui cherchaient à la troubler mais uniquement par le timbre-oiseau qui seul trouva grâce à ses yeux. L’oiseau portait le message et de cela, elle ne pouvait lui en vouloir. Satisfaite d’avoir si habilement solutionné ce nouveau et futile problème, elle se leva de son fauteuil pour aller s’habiller.



Le vieux cuir garda un instant son empreinte. Egalement, un peu de son parfum. Il savait que cela ne durerait pas. Que sa forme et son odeur allaient bientôt se volatiliser. Avec l’âge, ce vieux serviteur se trouvait des problèmes de mémoire. Lui qui avait modestement participé à l’élaboration de toutes ses œuvres, qui en connaissait, à sa manière, autant que la prétentieuse bibliothèque, qui avait supporté et soutenu ses angoisses devant la page blanche, ne pouvait plus souffrir les départs réitérés et enjoués de sa maîtresse-écrivain. Bien sûr, elle reviendrait avec le soir, le taquinerait en l’appelant « mon cher Voltaire » pour mieux se moquer gentiment de sa forme bâtarde. Il savait qu’il n’avait aucun style et pourtant, à ce qu’elle disait, c’était ce qui lui avait plu lorsqu’elle l’avait déniché dans l’entrepôt venté de cet infâme brocanteur. Du style ! Comme si toutes ces vieilleries pouvaient en avoir ! Et pourtant, il suffisait d’entendre le vieux grigou sous sa charpente glaciale vendre si bien ses sœurs comme des bergères et ses cousins comme des richelieus.
-Regardez Mesdames, Messieurs, tout est marqué sur l’étiquette !


Et les gens s’extasiaient plus sur ce qui était écrit que sur la beauté des vieux meubles. Alors, les clients achetaient au prix fort ce qu’on leur désignait comme « authentique ». De cela, Anna n’avait pas été dupe. Le commerçant avait maugréé mais il avait baissé son prix. Cela flatta le vieux fauteuil d’avoir été regardé pour lui-même. Du style, non, bien sûr, lui n’en avait pas, mais tout de suite il était tombé amoureux de celui de sa maîtresse qui peu à peu, en sa compagnie, s’était fait reconnaître par un public de plus en plus nombreux et surtout par les gens de l’édition. Alors, avec le lit « style rococo », il partageait maintenant depuis plus de quinze ans, le privilège de servir le corps de cet auteur au talent prometteur. Et croyez-moi, ce privilège, même lorsqu’on est de bois, on ne désire nullement le céder à quelqu’un d’autre. D’Anna, il connaissait les formes généreuses, mais ne craignait pas qu’elle fut dépensière. Le luxe ne l’intéressait pas. C’était tant mieux. C’était rassurant pour lui qui ne voyait que par ses pénates. Elle ne pensait jamais comme d’autres femmes à « refaire son intérieur ». A se séparer de lui pour un autre. Son intérieur, c’était ses bouquins.

Ainsi, à longueur de romans, remaniait–t-elle la complexité toute féminine de ses idées pendant que lui, discret, la tenant sur son coussin et dans ses bras au plus fort de ses créations littéraires, pensait réellement être celui qui partageait le mieux son intimité.
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monilet
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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Dim 9 Sep - 10:05

Ca démarre fort. A quand la suite ? Y a-t-il un lieu spécial pout les commentaires ?
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Novocaïne
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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Dim 9 Sep - 10:18

C'est le premier texte que je lis de toi et j'ai beaucoup apprécié. Une légère accroche pour le style qui rappelle les années 1900 sans en avoir confirmation.
L'idée de faire parler ce vieux fauteuil est succulente!

Bien à toi.
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Vic Taurugaux




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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Dim 9 Sep - 11:13

monilet a écrit:
Ca démarre fort. A quand la suite ? Y a-t-il un lieu spécial pout les commentaires ?


C'est un feuilleton comme à la télé. Vous vous taisez pendant que se déroule l'épisode mais une fois votre lecture faite, vous faites comme chez vous, vous pouvez causer pendant les pubs, féliciter l'auteur où aller faire pipi.
C'est un feuilleton à la bonne franquette, même si dans l'épisode de demain... Mais, je ne vous en dis pas plus.
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Vilain
Don Juanito



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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Dim 9 Sep - 11:17

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Romane
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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Dim 9 Sep - 14:35

Je sors des fauteuils supplémentaires pour suivre plus confortablement.
Si je peux me permettre, Vic, aère ton texte car à l'écran c'est toujours plus difficile que sur papier. N'hésite pas à sauter des lignes entre les paragraphes, aussi.
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Vic Taurugaux




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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Lun 10 Sep - 8:16

-Objets inanimés, avez-vous donc une âme,
Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer…


-Qu’est ce que tu nous chantes, l’artiste, tu vises la Star Academy ?


Les gars du labo étaient fortiches pour faire parler n’importe quel objet, fut-ce un vieux fauteuil, mais étant scientifiques jusqu’au bout de leurs scalpels, ils ne possédaient pas une once de poésie. L’inspecteur Harvey appuya son postérieur sur le marbre froid qui devait servir à poser les ustensiles lors des rares occasions où le légiste venait faire là ses autopsies.
-C’est du Lamartine mes chéris. Mais je suppose qu’à des gars comme vous, le romantisme, ça ne dit rien.


Je vous le dis tout de suite pour qu’après vous ne soyez pas surpris, Harvey n’était pas son vrai nom. Mais, ça faisait roman policier américain. En fait, il travaillait comme moi depuis vingt ans au même commissariat de Périgueux ; Vingt ans, c’est long dans la vie d’un flic surtout dans une ville de province où il ne se passe jamais rien. Alors, durant les interminables planques devant la banque de France où derrière l’hôtel de passe dit « des Voyageurs »situé en face de la gare, mon collègue s’était pris de passion pour la littérature. Il bouquinait sans cesse. En fait, il s’appelait Dubuisson, mais d’après lui, ça ne le fait pas quand on désire, un temps soit peu, rouler les mécaniques. Je crois que cette bizarrerie, (la lecture) lui était venue de l’époque où il draguait la vendeuse du point presse. De l’époque où nous devions surveiller les arrivées et départs de sympathisants à la cause basque venus se mettre au vert dans notre arrière pays. Moi, depuis ce commerce, idéal poste d’observation couvrant tout le grand hall, je relisais alors consciencieusement à longueur de planques les avis d’obsèques et les exploits du CAP relatés dans le Sud-Ouest tandis que lui se servait des bouquins de poche pour mieux mater de notre hôtesse le décolleté incitant à toute sorte de lecture.
-Lavigne, tu fais plouc avec ton canard!


Lavigne, même si ça prête à toutes les blagues graveleuses dans notre métier, c’est mon véritable patronyme et il ne me serait pas venu à l’idée d’en changer. Les autres collègues m’appelaient « affectueusement » Sakavin et seul Dubuisson respectait mon identité. Moi, je respectais son jeu consistant à se faire passer pour qui il n’était pas. Son truc s’était de plaire aux dames. Coûte que coûte. Cela lui valait très cher. Je veux dire en costumes car il fallait toujours qu’il soit bien habillé. Parfois, timidement, je lui faisais valoir que ces tenues étaient quelque peu trop voyantes pour notre fonction.
Ce à quoi, il rétorquait :
-Lavigne, depuis le temps que nous faisons les mêmes planques, tu ne crois pas que tout le monde sait qui nous sommes ?

Puisque, tout comme moi il était flic de notoriété publique, autant qu’il s’appelle Harvey. D’ailleurs, ce nom lui allait bien. Vu son physique. Il était grand, élancé et ici, ses yeux bleus et ses cheveux blonds lui donnaient tout à fait le type américain. Il habitait un petit appartement au dessus de la poste. Chez lui, c’était rempli de bouquins. Je ne crois pas qu’il les lisait tous. C’était plus un décor pour épater toutes ces filles qu’il faisait monter dès que cessait le service et que je retournais à Sarlat chez Maman. Aussi, quand le commissaire nous appela dans son bureau pour nous confier l’enquête, la première chose qu’Harvey affirma :
[i]-Patron, vous n’allez pas être déçu ! Lavigne et moi, tout le monde va découvrir qui nous sommes vraiment ![/i]
Ce à quoi le patron répliqua :
-Qui vous êtes, je m’en fous ! Je ne vous connais que trop mais je n’ai que vous sous la main. Ce qui intéresse le procureur, voyez-vous Monsieur Dubuisson, est pourquoi cette femme a disparu depuis quinze jours et s’il n’y a pas un enfant de salaud qui par hasard l’aurait trucidée. Je ne vous demande pas de faire du zèle. Mais comme cette dame a le chic pour plaire aux notables, il faut bien que nous fassions semblant de travailler.
Mais, voyez comment vont les choses. J’ai découvert tout à coup que mon collègue avec qui je bullais tranquillement depuis le début de notre carrière gardait secrètement l’âme d’un flic.

-Tu comprends Lavigne, voilà notre chance. Celle de nous mettre en valeur. Voilà enfin du mystère, du vrai. Une véritable enquête: un vrai boulot. Nous mettrons le temps que ça prendra. Les moyens qu’il faut mais nous allons élucider tout cela, toi et moi. Ils vont entendre parler de nous.
-Tu sais qu’il faut que je rentre chez ma mère vendredi avant seize heures pour ne pas qu’elle s’inquiète. Et le commissaire a bien dit : pas de z…

-Fous-moi la paix avec tout cela ! C’est enfin l’occasion ! Nous n’avons pas le droit de ne pas la saisir !
-L’occasion de quoi ?
-De nous faire un nom !


Décidément, c’était une manie !
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reGinelle




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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Lun 10 Sep - 12:33

Chuuttt AngeR
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Vic Taurugaux




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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Mar 11 Sep - 8:38

Comme d’habitude, la plainte avait été déposée durant le week-end. C’est pratique! Un week-end radieux. Maman nous avait préparé un civet de lièvre. Avec des pruneaux. L’après-midi, pour mieux digérer, nous nous étions rendus à la plage de Limeuil avec son nouveau compagnon. Un Monsieur qui soi-disant avait fait fortune dans la fraise. A ce qu’il disait. Il ne m’était pas sympathique. Par conscience professionnelle, je promis à Maman d’enquêter.

« Fais comme tu veux mon grand ! » m’avait-elle susurré à l’oreille, heureuse de me savoir jaloux. Moi, ce n’était de la jalousie mais vraiment de l’inquiétude de la voir tromper ainsi sa solitude avec tous ces hommes de passage. Bien sûr, pour elle, tromper la solitude ne voulait pas dire tromper Papa. Ce lundi matin, il pleuvait sur Périgueux. Un crachin qui rendait grise cette ville comme un début de semaine. Pour notre département, passer la Vézère, c’est comme passer la Loire ! C’est notre barrière météorologique. Autant, il fait beau dans la vallée de la Dordogne qui est notre Midi, autant j’y suis toujours en vacances dès que je rentre à la maison, autant le ciel et mon moral sont souvent bas dans les hauts bocages du Périgord vert. Harvey, y était rayonnant. Nous commencions l’enquête. Du commissariat, il avait fallut filer dare-dare vers le dépôt qui jouxtait le canal. Nos collègues y avaient disposé pêle-mêle les « pièces à convictions ». Nous irions découvrir plus tard la scène du crime. Si crime, il y avait. Disons plutôt le lieu de la disparition. Après un temps à supputer sur le bric à brac de leur puzzle, nous sortîmes du labo et remontâmes à pied vers le centre-ville en empruntant les vieilles rues piétonnes. La bruine en rendait les pavés luisants. A peine si nous croisions quelques promeneurs ; nous étions fin septembre et, ici, la saison touristique était déjà terminée.

-Sale temps ! dis-je afin de permettre à mon coéquipier de penser tout haut. Mais, « sa Hauteur » ne m’entendit pas. Tout comme son cerveau gambergeait à la résolution de cette inespérée énigme, lui marchait à grandes enjambées et je peinais à le suivre. (Je dois vous confesser ici non seulement la petitesse de mes jambes mais aussi mon début d’embonpoint). J’eus beaucoup de mal à retrouver mon souffle durant notre ascension vers la place de la Clautre. Cette place généralement animée le mercredi, jour de marché était déserte. Nulle vie sinon toutes ces voitures qui, parasites modernes de nos villes, l’utilisaient ce lundi comme un simple parking. Me revinrent alors à l’esprit, les couleurs des parasols forains, les teintes criardes des fruits et légumes de saison, la blancheur immaculée du stand de la fromagère, les senteurs des fleurs fraîchement coupées mêlées au fumet des poulets rôtis. Ce kaléidoscope de sensations n’eut guère le temps de me reposer, il fallut repartir en sueur et au petit trot par la rue Limogeanne sans prendre la peine de retrouver mon souffle. Encore moins ma rêverie. Seules âmes qui vivent, les bouchers de la halle du Coderc débitant leurs carcasses et leurs grivoiseries nous saluèrent tout étonnés de notre précipitation que ne pouvait expliquer seulement la météorologie. Moi, j’aime les halles pour la sérénité qu’on y trouve. C’est une architecture faite de hauts piliers qui soutiennent une antique charpente. Une sorte d’église où les chapelles et les absides seraient autant d’étals. Sur le marbre de ces autels païens, les viandes ont quelque chose de reposant. Les monceaux de saucisses, les amas de côtes, tous ces morceaux de barbaque qui stagnent sous les vitrines simplement séparés les uns des autres par un saupoudrage de persil me rassurent. Plus rien ne bouge. Il y a là quelque chose de sacré. On prend sa place dans la file. Face à une tête de veau, on réfléchit à ce qui pourrait nous faire plaisir pour le déjeuner. Déjà on le savoure. Je veux dire : comme il suffit d’une messe par dimanche, ici, on peut encore prendre son temps.

Je réussis à rattraper Harvey alors qu’il traversait les boulevards. A ma grande surprise, il ne prit pas à gauche vers le commissariat mais à droite et, pour mon plus grand bonheur, au bout d’une centaine de mètres qui me parurent interminables, il poussa la porte du Café de Paris.
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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Mar 11 Sep - 9:27

Un (ou des) pochtron(s) ??? Dans ce valeureux corps de métier ?
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zoé sporadic
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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Mar 11 Sep - 10:58

Bon appétit !
Juste une petite remarque, vers le milieu du second paragraphe, pourquoi trois fois "autant" ? C'est une comparaison entre deux versants... d'une rivière si je ne m'abuse... Le second "autant" me semble superflu et nuit un peu à l'opposition, il dilue l'effet... la virgule suffit à articuler, voire un "et"...
Mais bon, faut soumettre aux spécialistes...
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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Mar 11 Sep - 11:32

ah..enfin un bistrot..;ça manquait..mais le reste est très bien....
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Romane
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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Mar 11 Sep - 12:03

zoé sporadic a écrit:
Bon appétit !
Juste une petite remarque, vers le milieu du second paragraphe, pourquoi trois fois "autant" ? C'est une comparaison entre deux versants... d'une rivière si je ne m'abuse... Le second "autant" me semble superflu et nuit un peu à l'opposition, il dilue l'effet... la virgule suffit à articuler, voire un "et"...
Mais bon, faut soumettre aux spécialistes...


C'est une expression et dans son emploi, un seul autant ne se tient pas, il en faut au moins deux. Trois ne sont pas gênants.
Ils ne m'ont pas dérangée, car par chez moi, on l'emploie souvent.
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zoé sporadic
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MessageSujet: Re: En quête de correspondances   Mar 11 Sep - 12:38

Bon, dans ce cas, mets-en autant que tu veux ! AngeR
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