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J'ai arrêté de courir devant la bibliothèque.

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Vic Taurugaux




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MessageSujet: J'ai arrêté de courir devant la bibliothèque.   Lun 16 Avr 2007 - 13:25

Souvenir-écran.



« J’ai arrêté de courir devant la bibliothèque… » : avoua enfin Jack face à l’insistance des inspecteurs. Puis, pour sa défense :
- De toute façon, aujourd’hui, il est bien tard…
Et, pour lui-même :
- …D’ailleurs, pourquoi se souvenir de tout cela?

Ils attendirent encore qu’un obscur supérieur hiérarchique prenne connaissance de la déposition qu’il avait du signer. Ensuite, ils le quittèrent sans plus d’explications. Retors comme l’étaient ce genre de personnages, ils avaient posé leurs questions sans jamais dévoiler vraiment ce qu’on lui reprochait. Sans doute, l’avaient-ils logé en enquêtant sur les nouveaux fichiers numériques. Et lui, s’était fait prendre bêtement comme le premier franc-tireur venu. Maintenant, ils lui rappelaient simplement, en toute courtoisie, l’importance à leurs yeux du « département américain ». A lui! Et la balle était soi-disant dans son camp, on lui octroyait une dernière chance, vingt quatre heures supplémentaires : tout cela sonnait comme une dernière sommation. Il repartait libre pour l’instant, suspect numéro un de ces énigmatiques disparitions.

Sur le parking de la mairie, resplendissait le luxueux cabriolet « Chevrolet ». Il se coula confortablement derrière son imposant volant, prit le temps d’extirper de la spacieuse boite à gants son précieux étui à cigarettes coincé sous un amas de vieux polars. Tout comme le mécanisme de la capote, l’allume-cigare ne fonctionnant plus, ce fut une Malboro éteinte qui, nonchalamment, releva la commissure de ses lèvres en un sourire narquois. Il était déjà dix-sept heures. Il vissa fortement son Borsalino blanc sur sa tête, tourna la clé de contact et appuya à fond sur l’accélérateur. Le moulin ronfla. Les pneus du puissant véhicule crissèrent sur l’asphalte comme pour mieux s’extraire d’une réalité aussi glauque que ce vieux chewing-gum collé à même le cuir du tableau de bord. La mesquinerie de la minable sous–préfecture défila alors bien vite du pare-brise au rétroviseur comme un mauvais film rapidement retiré du box-office. Il remonta du centre-ville sous une bruine glaciale. Arrivé à l’appartement, il jeta son feutre et son trench-coat trempés sur le perroquet, se défit de son élégant costume trois pièces qu’il pendit méticuleusement sur son valet de chambre et ne voulut plus penser à rien sous le jet brûlant de la douche.
Cela faisait une éternité maintenant que Marilyn était partie chez sa mère. Preuve qu’elle était vraiment fâchée. Aussi, lui téléphoner pour lui raconter ce qui venait de se passer risquait de la voir disparaître à jamais. Il se retrouvait ainsi seul face à cette extravagante histoire et l’unique chose qu’il entreprit fut, comme à son habitude, de mettre tout cela noir sur blanc sur son antique Remington. C’était là sa manière de digérer tout ce qui lui arrivait. Ecrire. Transformer la banalité de sa piètre existence en littérature. Il recyclait tout. Les courses au « drugstore », les railleries de ses collègues de travail, et surtout les colères de Marilyn : tout lui était bon à récupérer comme ébauches de roman. Bien sûr, il était conscient que cela agaçait au plus au point sa compagne qui ne supportait plus de vivre avec un auteur. Elle s’emportait, lui reprochant de ne pas vivre ou le suppliant enfin de répondre quelque chose alors que lui, fasciné par la force dramatique de son égérie, l’étudiait pour mieux la sublimer. La nuit le voyait se lever en cachette pour fidèlement retranscrire leurs impossibles dialogues.
-Je te donne un mois pour changer! : proféra-t-elle comme ultimatum le soir où elle avait enfin daigné lire ce premier chapitre dont elle était l’héroïne.
A la suite de quoi, elle avait entassé sa scandaleuse garde-robe dans une petite valise en simili-cuir et elle était partie. Cette sortie de scène avait eu beaucoup de classe, mais en l’abandonnant dès les premières pages, elle condamnait à mort la suite du roman. Elle savait pertinemment qu’il lui serait alors tout à fait impossible d’écrire quoi que ce soit en l’absence de sa principale source d’inspiration. Curieusement, sur le coup, il n’avait pas compris la violence de sa réaction bien qu’intuitivement il trouva cela très bon. Il en imaginait même déjà une possible adaptation cinématographique. Pourtant, il restait conscient que ses phrases peinaient à décrire la magnificence de celle qui se mettait ainsi, si artistiquement en rage. Oui! C’était sans doute cela : il était capable de disserter à loisir sur les ressorts psychologiques de son personnage, mais ce faisant, il omettait de décrire au lecteur la splendeur qui émanait, lors de ces trop rares et précieux moments de crises conjugales, de celle qui se révélait être une véritable star. Et voilà que cela se passait exactement entre elle et lui comme entre Ava Gardner et son scénariste de mari : elle aussi, lui faisait une scène pour mieux exciter son talent littéraire car elle avait bien sûr jugée ne pas avoir été suffisamment mise en valeur. Il trouva cette idée extraordinaire: c’était elle qui manigançait tout finalement, et qui l’obligerait à dépeindre avec des termes choisis la beauté fatale de son courroux s’il désirait vraiment la reconquérir. Il ne s’agissait plus que de rédiger ce deuxième chapitre qu’elle venait juste de lui jouer!
Mais d’abord, relater par le détail ce qui venait de lui arriver. Prendre bien soin d’y décrire les deux types qui l’avaient interrogé : leur ton condescendant et leurs physionomies adipeuses brillant sous les spots halogènes. Leur bureau crasseux. Insister sur cette ambiance froide et sinistre qui suintait de cette petite ville de province à jamais traumatisée depuis les disparitions. Cela pourrait toujours servir de trame pour une de ses nombreuses nouvelles policières qu’il expédierait plus tard à je ne sais quel pitoyable concours de bibliothèque municipale en mal d’évènements culturels.
Cette formalité accomplie, il déversa dans un verre douteux, le fond d’une bouteille de whisky miraculeusement oubliée et le liquide coulant d’une traite dans son arrière-gorge se voulut être le signal de départ d’une nuit d’écriture en solitaire. Une mouche insista pour lui tenir compagnie. Elle erra un long moment sur la page blanche, puis alla se désaltérer dans le demi-cercle de liquide qu’avait tracé le verre sur le formica de la table. Quelques temps plus tard, après de savants louvoiements, l’insecte alla bêtement se coller contre le papier adhésif qui pendait du plafond, rejoignant ainsi le destin de nombreuses consœurs qui l’y avaient précédée. Vers vingt deux heures trente, l’inspiration tardant, il descendit à la station-service du bas de la rue qui était la seule capable à cette heure avancée de lui fournir son précieux carburant. En guise de dîner, il acheta également un paquet de biscuits en plus des deux bouteilles de Jack Daniel. De retour au studio, il s’installa dans la cuisine pour profiter de l’éclairage cru du néon et se replongea dans la lecture captivante des aventures de « Bandini ». C’était écrit en cinémascope. D’autres mouches, sans doute également fascinées par le rêve américain foncèrent dangereusement sur les innombrables piles de romans étasuniens qui, à même la pierre de l’évier et parmi l’amoncellement de vaisselle sale composaient une vision apocalyptique d’un Manhattan détruit. Mais plus rien, pas même cette évocation de « Ground Zéro » à domicile ne pouvait désormais détourner notre auteur à la recherche de son talent parmi tous ses condisciples disparus …dans les vapeurs d’alcool.

…Sur la côte ouest, à l’extrême limite, la route sinue au-dessus des falaises. C’est dangereux la nuit, pour qui ne connaît pas l’endroit. Sous le clair de lune, Marilyn roulait à tombeau ouvert et les pneus à flancs blancs de la Chevrolet zigzaguaient d’un bord à l’autre de la chaussée, coupant chaque virage. Elle riait. La blancheur de ses dents se moquait de tout ce qui était advenu. Seule comptait cette fuite en avant traînant au vent comme fantomatique sillage, sa longue écharpe de soie gracieusement nouée sur sa gorge. Le temps défilait sous le pinceau des phares à la vitesse des bornes hectométriques fuyant la gueule cruelle de la nuit. L’insouciance de sa jeunesse la rendait invulnérable. A l’arrière plan, l’écume des terribles rouleaux du Pacifique traçait nettement l’ultime frontière. Dans la courbe qui descend traîtreusement vers Sunset Beach, le cabriolet fit une longue embardée…

Il voulut la retenir. Mais, la bouteille se fracassa sur le carrelage de la cuisine. Il s’écroula. Fin du deuxième chapitre.
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Vic Taurugaux




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MessageSujet: J'ai arrêté de courir devant la bibliothèque (2)   Lun 16 Avr 2007 - 13:27

Jack embauchait tous les matins à quatre heures. Aux ateliers municipaux, les bennes ronronnantes attendaient patiemment leurs grappes fluorescentes de rippers. Puis, la ronde commençait. Dans Tulle endormie, chaque container déversait dans le ventre des poids-lourds leur comptant d’ordures comme autant de cauchemars dont il fallait rapidement se défaire. Tout cela devait disparaître avant l’aube. L’air glacial du matin finissait ainsi de dégriser ceux qui étaient chargés de rendre la ville présentable. En remontant de la décharge, juste avant l’aurore, la lueur du gyrophare se refléta contre le mémorial du champ des martyrs. C’était là, autrefois, dans ce virage de la nationale, que se trouvait l’ancien dépôt d’immondices… Mais, la ville s’éveillait et Jack allait devoir maintenant employer son temps à fuir la vacuité de cette nouvelle journée.
Retrouver l’appartement. Y effacer les indices. Les traces de sang. Balayer les tessons de verre sans se couper à nouveau. Faire couler à grande eau le robinet de l’évier sur toute cette vomissure. La feuille de papier pendait lamentablement des rouleaux de la machine à écrire. Il ne voulut pas relire les quelques phrases qui devaient résumer ce nouveau naufrage. Il était évident maintenant celle qui avait été toute sa vie ne reviendrait plus. Disparue comme tous ceux qu’il n’avait pu garder.
Il resta longtemps sous la douche. Puis, petit à petit, devant l’armoire à glace, il ressuscita son personnage. Deux plaquettes de chewing-gum luttèrent vaillamment à l’intérieur de sa bouche pour y rappeler un semblant de fraîcheur hollywoodienne. Le Borsalino étant encore humide, il coifferait ce matin le Panama ! Le fer à repasser effaça les plis du costume aussi aisément que cet onéreux lifting qu’il ne pouvait encore se payer, gommerait de son visage les trop nombreuses rides y affichant sa soixantaine passée. Le miroir le cadra en plan américain. Il tira sur sa cigarette. La fumée créait une ambiance propice. Il enfila méthodiquement ses vêtements, essaya de nouvelles poses. Cependant, il prit bien soin de toujours accentuer son léger déhanchement sur la droite. Ainsi, grâce à la consistance de l’étoffe, la veste plissait avantageusement sur le côté gauche, laissant deviner à un public averti la présence probable d’une arme sous son aisselle. C’était un truc qu’il tenait d’Humprey Bogart. Du temps révolu où il était le projectionniste du Palace…
Entre les lames du store, il ne distinguait des passantes que leurs jambes effilées. L’agence était située en contrebas de la rue piétonne, si bien qu’il ne pouvait qu’imaginer les superbes pin-ups auxquelles elles appartenaient. Pour compléter son mi-temps à la communauté de communes, il avait ouvert ce bureau de détective privé. Mais les affaires ne marchaient pas fort. Qui aurait bien pu avoir besoin d’un tel service ici où tout le monde enquête déjà sur son voisin ? Il ne comprenait toujours pas ce qui l’enchaînait à cette ville qu’il n’avait jamais pu quitter depuis sa naissance. Sauf cette unique fois, il y a vingt ans, où il s’était offert un aller-simple pour Châteauroux afin de redescendre avec ce splendide cabriolet acheté à un surplus américain. Aujourd’hui, il songeait le plus sérieusement du monde à partir pour la « grande ville »: Brive ou, pourquoi pas, (maintenant qu’existait l’autoroute), se volatiliser dans l’anonymat de Clermont-Ferrand ! Depuis la mort des siens, plus rien ne le retenait dans cette bourgade sinistre à part peut-être le souvenir de Marylin. Il chassa définitivement ce dernier fantôme qui espérait encore l’aguicher.
-Une de perdue, dix de retrouvées! : se persuada-t-il en se plongeant dans un vieux Faulkner soutiré à l’une des nombreuses piles de bouquins qui envahissaient le bureau. Les pales de l’énorme ventilateur brassaient lourdement au plafond l’air humide et glacé de cette fin mars. Il desserra le nœud de sa cravate. La moiteur étouffante qui se dégageait de sa lecture l’obligea à servir dans le mini-bar. Il faut toujours se méfier du sud. L’âme des gens y est aussi pourrie que les bayous. Jack se laissait pourtant à nouveau capturer par l’ambiance délétère que distillait le célèbre romancier. C’est ainsi qu’il s’évadait quotidiennement de la ville, grâce aux romans américains. Chacun ici ne voyant plus de lui qu’un vieux mythomane. Or, durant toutes ces quarante dernières années, c’était pourtant lui qui avait tenté désespérément de les faire à nouveau rêver d’Amérique, de leur faire prendre la route pour L.A. grâce à son vieux cinéma maintenant désaffecté. Et voilà que depuis cinq ans, ils avaient du fermer la salle face à la concurrence du multiplex de Brive. Pour tous remerciements, la municipalité dans sa grande générosité avait fait un geste : elle avait cru le sauver du désœuvrement grâce à cet emploi au ramassage des poubelles!
Vers treize heures, il tourna la dernière page et chercha le générique sur la quatrième de couverture. Mais ce n’était qu’un livre. Il n’y avait rien à rembobiner. Aussi s’intéressa-t-il aux factures qui gisaient sur le sol depuis l’éternité où le facteur les avait glissées sous la porte. Puis, il arrêta le ventilateur et brancha sur l’unique prise le convecteur électrique. Ensuite, il ne pensa plus à rien. Face à lui, sur son guéridon, le téléphone en bakélite noire en fit autant, se gardant bien de sonner. Il faisait si froid qu’on ne pouvait espérer une quelconque mouche. Une housse poussiéreuse protégeait la machine à écrire d’un prochain plagiat. Dans cette cave, il se sentait comme dans un caveau. L’amnésie seule lui permettait d’y survivre. Comme chaque après-midi depuis tout ce temps, il éteignit la lumière et releva les lames du store. Les jambes de ses concitoyens traversaient imperturbablement l’écran du soupirail comme dans un film où le réalisateur à jamais privé d’histoire n’aurait cadré de ses acteurs que des identités tronquées.
Vers quinze heures, la pénombre aidant, les cruelles réminiscences le visitèrent à nouveau. Il coiffa son chapeau, enfila son trench-coat et partit déambuler dans sa ville. Dehors, les pavés luisaient sous le crachin et les rues faisaient semblant d’exister. Aussi stupide qu’une mouche, un chien errant l’y accompagna un temps. Il croisa d’anciens clients du cinéma. Comme d’habitude, leurs regards se détournèrent à son approche. Puis, il les sentit à nouveau s’accrocher dans son dos et il devina les commentaires que suscitait son passage. Il prit tout son temps pour sortir de leur champ de vision. A l’image de toutes ces starlettes à la beauté éphémère qui traînaient autrefois à n’en plus finir les langueurs de leurs déhanchements dans le champ des caméras, inutiles fantasmes quand tant de boys s’éternisaient dans les rizières du Vietnam. Ainsi, lui qui durant toutes ces années n’avait connu des spectateurs que leurs nuques depuis la cabine de projection, voilà qu’à son tour il sentait son dos reluqué par les chers regards de ceux de sa ville. Il lui fallait les distraire. Leur offrir une dernière séance. Coûte que coûte. Pour éviter que leurs cauchemars ne reviennent. Car maintenant que tous étaient privés des stars de la Fox ou de la Warner, il restait l’unique dépositaire du rêve. Et, il avait pour mission de l’entretenir, fut-ce en payant de sa personne. D’ailleurs, il n’était pas peu fier d’y avoir conquis une certaine notoriété. Pourtant, quelque chose clochait. Il avait un autre devoir à accomplir. Il en était sûr. Il le sentait confusément au fond de sa mémoire. Mais, impossible de se souvenir de quoi que ce soit! Il tenta de clarifier les choses en prenant un dernier verre au Café du Centre. Là aussi, son entrée fit sensation parmi tous ses habitués. Sur son fidèle tabouret de bar, sirotant son double Scotch, il joua l’attraction tournant ostensiblement le dos à son cher public, heureux d’en entendre leurs si vivants et insouciants quolibets.
Vers dix-sept heures, il remonta l’avenue Alsace-Lorraine. Ses pas le ramenaient toujours à la bibliothèque. Sur le perron, ses yeux parcoururent en vain pour l’énième fois, la prose de cet autre auteur italien sur l’affiche placardée à l’intention d’une cité ne désirant décidément rien oublier de toute sa jeunesse disparue . Devant le comptoir de l’accueil, il reconnut immédiatement la sévérité des deux inspecteurs municipaux en compagnie du conservateur en chef et de Carol, la fascinante stagiaire-bibliothécaire américaine qui officiait là tous les mardis. Un peu à l’écart, il y avait aussi deux autres types. A leur dégaine, ce n’était difficile de comprendre que ceux-là étaient de véritables flics. Descendus pour le cueillir. Des gars du F.B.I., sans doute. Leurs regards fixés sur ses mains lui indiquaient qu’il n’aurait pas le temps de se servir de son browning. Alors, d’une envoûtante démarche chaloupée, Carol s’approcha tout près de lui. Trop près. Sa jeunesse, son parfum et l’éclat de son sourire transgressèrent à jamais le souvenir ancien de Marylin. Et, avec un accent inimitable:
- Cette fois-ci , vous avez pensé à les rapporter, Mr Nicholson ? Vous n’avez pas à nouveau omis tous vos emprunts, I presume?


C’était donc cela! Il avait encore oublié de rapporter tous ces putains de bouquins de leur département de littérature américaine!

Le 9 juin 1944, trois jours après le débarquement des G.I.s sur les plages normandes, en représailles du combat de la Résistance Française qui rêvait elle aussi de la victoire, la division « Das Reich » exécute à Tulle par pendaison quatre vingt dix neuf hommes et expédie cent quarante neuf « otages » à Dachau. Cent un n’en reviendront pas.

Primo Levi souhaite que : «… vous n’oubliez pas que cela fut... »

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MessageSujet: Re: J'ai arrêté de courir devant la bibliothèque.   Mar 27 Nov 2007 - 18:17

Encore un fil que je découvre.
Quelle solitude pour ce personnage à la Nestor Burma.
A tout moment, il oscille, et le lecteur avec lui, entre un quotidien plat et son imaginaire.

Vic prévois tu une suite ? Qu'advient-il de Marylin ? Son personnage et l'ambiance de la nouvelle me font penser à la chanson La Ballade de Jim de Souchon

Juste une interrogation, pourquoi sur les deux annotations de la fin ? Se souvenir ?
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Vic Taurugaux




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MessageSujet: Re: J'ai arrêté de courir devant la bibliothèque.   Mar 27 Nov 2007 - 18:47

j'ai écrit cette nouvelle pour un concours organisé par la bibliothèque de Tulle parralèlement à une expo sur le massacre des jeunes résistants de la ville qui avait démarré la libération de la ville sans savoir que la Das Reich (Oradour) remontait de Montauban.

Les pérégrinations de mon héros se voulaient être celle de la mémoire d'une ville qui oscille pour revivre entre oublier ou se souvenir ou jouer aux américains comme les G.Is.

Je n'ai pas gagné mais espère avoir un peu participer à leur devoir de mémoire...
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MessageSujet: Re: J'ai arrêté de courir devant la bibliothèque.   Mar 27 Nov 2007 - 19:01

Participer au devoir de mémoire ? Aucun doute, en lisant les derniers paragraphes, ils m'ont surprise et du coup je suis allée jeter un cil dans wiki, alors oui à ta façon, tu l'as fait.
Mettre la lumière sur un moment de l'histoire collective, pour ne pas oublier, pour ne jamais oublier.
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J'ai arrêté de courir devant la bibliothèque.

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